Bonsoir pour les vampires et bonjour pour vous créatures du soleil !

Merci merci à nos reviewseuses, on vous embrasse bien mes chouchoux ! Ceux qui n'aime pas les surnoms ridicules et ben faites avec quand même :)

Bonne lecture,

PS : pour les réponses à vos reviewseuses, j'ai pas répondu sous le bon pseudo donc c'est normal qu'elles viennent de "P'tite-Yume" et non des "CrazyFeathers" ;)


Chapitre 25 :

Je suis aux Trois Balais pour la stupide fête d'anniversaire de Rossi et, en plus, en avance d'une bonne dizaine de minutes. Je crois que je suis au fond du fond, là. Ma seule chance de rédemption est de m'emmurer vivante quelque part, il n'y a plus aucun espoir pour moi en ce monde. En plus, à cette fête de merde, il y a Moore, l'écossais et Colbert –que des gens que j'adore, pour faire court. Bien sûr, je les ignore dans tout mon mépris le plus profond mais, tout de même, ça me fait chier de respirer le même air qu'eux. Et tout ça, c'est de la faute d'Edwige Pierce, Louis Weasley-Delacour et, surtout, d'Angelo Rossi. Tandis que les deux premiers m'ont tannée toute la semaine jusqu'à ce que j'ai presque le compte-à-rebours de cette satanée fête dans un coin de ma tête, Rossi l'a passé à jouer son Chevalier Servant. En jouant sur la surprise, pour être bien sûr que je ne puisse pas m'y préparer. Je ne vais pas faire la liste de tous ses petites attentions qu'il veut me faire croire gratuites mais il a, en autre, pris l'exécrable manie de me tenir les portes pour se rendre en cours quand, comme par l'acte de Satan,il était juste devant moi. Et quand je dis Satan, accordons-nous bien sur le fait que je veux parler d'Angelo Satan Rossi. Son prénom est presque une provocation. Angelo ? Sérieusement ? Il veut juste m'imprimer au fer rouge sa silhouette d'armoire à glace sexy dans ma cervelle pour qu'elle finisse par griller complètement de frustration… De toute manière, je refuse désormais de l'appeler ou même de penser à lui par son prénom –publicité mensongère, j'insiste. Voilà, je cesse toute forme de familiarité entre lui et moi, ça m'a déjà bien foutue dans la merde, ces conneries.

Evidemment, j'ai bien compris qu'Ed et Louis étaient dans le coup. Suffit de voir leurs petits regards complices et leurs irritantes messe-basses, sans parler des sous-entendus. Et ils doivent être bien fières d'eux, ces deux sales petits larbins de Cupidon, ils m'ont eu à l'usure. En plus, maintenant, je connais la date d'anniversaire de Rossi – le 11 janvier. Et j'essaye tout pour m'embrouiller l'esprit et me rendre plus bête que je le suis pour oublier cette information parce que… QUEL BIEN CA PEUT ME FAIRE, CA ?! Ca aggrave la situation qui a déjà dépassé le seuil critique depuis bien longtemps ! Je suis FOUTUE !

Mais je ne vais pas me laisser faire, oh ça, non ! Je vais me bourrer la gueule. Et oui, cela même, je vais me coller la pire murge de toute l'histoire des murges jusqu'à ce que j'en oublis mon propre nom. Oubliés les jus de citrouille glacés et les chocolats chauds, je vais battre le record que détient un petit merdeux quelque part dans le monde –plus probablement, dans un cimetière du monde- en taux d'alcoolémie. Parait que si on si prend bien, on peut faire un petit black out de plusieurs heures. Je peux même finir en comas éthylique, ce serait vachement cool ça, et me réveiller en légume, comme ça plus de Rossi, plus rien. Youpi Ya ! Trinquons à ça.

Je bois ma première gorgée de whisky-pur-feu et fais la grimace. Mais c'est que c'est dégueulasse, en plus de ressembler à de la pisse de troll. Comment font tous ces petits cons pour finir à l'envers en buvant ça ?

-C'est dégueu, dis-je à Louis qui boit un petit cocktail orangé.

Il rit. Il a été content que je commande une boisson alcoolique, il a cru que je célébrais l'anniversaire de Rossi ou que j'avais besoin de courage, ou je ne sais quelle crétinerie qui peut bien germer dans sa petite cervelle blonde de gentil rêveur romantique.

-On coupe ça avec du jus de citrouille ou avec du sirop des fées, m'apprend-il. C'est plus sucré et moins fort, ça passe plus facilement.

-Cool, va me chercher ça.

-Ok d'acc ! se réjouit-il en bondissant de sa chaise.

Si ça se trouve, je suis une vraie bête sauvage quand je suis bourrée. Ce serait cool que je foute le foutoir et pourrisse la soirée de Monsieur Rossi, en hurlant des insanités ou en montant sur le bar pour danser la danse de l'hippogriffe. Je ferai même un strip-tease, qui sait ! Bon, ok, je m'humilierais comme pas permis mais, de toute façon, même le cul à l'air, je suis toujours aussi effrayante et dangereuse, personne n'osera jamais faire un commentaire ou rappeler mon agissement. Et si j'arrange bien mon coup, je ne m'en rappellerai pas moi-même, demain.

Pour l'instant, je me fais bien chier, en tout cas. De tous les invités –l'équipe de Quidditch de Poufsouffle, Moore et l'écossais- je suis la seule assise à la grande table qu'ils ont réservée. Enfin, il y a Eric aussi mais il est plus à ranger dans les « larves » plutôt que dans les personnes assises. Il broie encore du noir à cause de Gilbert. Il ne peut pas changer de disque, sérieusement ? Il commence à me taper sur le système avec son mélodrame.

-Mais, bon sang, ils foutent quoi ? s'impatiente Moore, qui doit être bien remontée par l'attitude de son Eric chéri pleurant pour une autre. Ta copine pourrait quand même être à l'heure avec Angel, c'est elle qu'a tenu à faire ça !

-Tu peux bien attendre cinq minutes ? rétorque l'écossais.

-Même Ed et Kyle sont à la bourre ! continue de râler l'autre emmerdeuse. Ils croient quoi, que je vais attendre toute la soirée ? C'est mort !

-Si seulement, commenté-je sombrement.

Ils me lancent un vague regard mais ne soutiennent pas plus d'une seconde mes lentilles grises. Je souris, appréciant chaque miette de satisfaction que je peux avoir ce soir. C'est à cet instant que la porte du pub s'ouvre sur les épaules carrés de Rossi et de la copine de l'écossais. Et tous les invités hurlent un « SURPRISE ! ».

Evidemment, il n'est pas surpris. Il est beaucoup de choses très agaçantes mais l'idiotie ne compte parmi elle. Dommage, j'aurais plus de facilité à m'en dépêtrer. Je croise bien sûr son regard noir et j'imagine bien le sentiment de victoire qu'il doit ressentir à me voir ici.

-Et voilà, Katy ! Je t'ai prise une bouteille de jus de citrouille et une autre de sirop pour que t'essayes les deux ! Hihi ! m'apprend Louis en les posant sur la table devant moi.

Je souris, diabolique. Et ben voilà, la fête peut enfin commencer !

xOxOxO

Je rigole encore des têtes trempées au whisky-pur-feu qu'ont fait Colbert et le chinois. Sans même le savoir, je suis fabuleusement satanique. C'est tout moi, ça. Je m'adore.

-Hey, Katarina, pourquoi tu rigoles ? me demande Quinn.

-J'ai renversé mon verre sur Colbert et ton pote de Chine, gloussé-je.

-Euuh… Cal ? Il est écossais et c'était il y a une demi-heure…

-Ouais mais c'était drôle !

Et mon fou-rire s'accentue. Il me pose le verre de téquila que je lui ai demandé d'aller me chercher devant moi. J'ai décidé de tester touuuus les alcools de touuuuute la terre… comme ça, hop, c'est fait. C'est un truc à faire au moins une fois dans une vie saine et équilibrée, non ? Comme disséquer un troll ou se couper un orteil avec une scie rouillée. Histoire de pas louper sa vie, quoi. Des expériences funs, culturelles, intellectuelles. Et puis, il parait aussi que les mélanges d'alcools, c'est mauvais… et comme c'est la soirée du mauvais, allons-y FRANCHEMENT !

-C'est vrai que c'était drôle ! appuie Quinn. J'ai pris des photos !

-T'sais, mon p'tit Quinn, je t'ai sous-évalué…

Il évite le doigt que je pointais tout droit sur son œil droit avec un large sourire ravi.

-Ca me fait vachement plaisir ce que tu m'dis là, Katarina !

-… M'enfin, t'es très con quand même.

-Pourquoi ? s'accable-t-il, déçu.

-M'enfin, regarde-toi, mon garçon, fis-je en tapant sur mes cuisses avec une moue de désapprobation. Tu trainasses, tu trainasses…

Je secoue la tête, en pinçant mes lèvres avec un air excédé, et bois ma téquila. Il faut qu'il comprenne, Quinn. Ca ne peut plus aller, cette histoire. Ed va se retrouver un autre mollusque et ça va être à nouveau escargot, coquillage et crustacé, tout ça. Faut un peu de vertèbres, d'os, là-dedans… qua ça tape, que ça cooogne ! Un truc de soliiide !

Je repose mon verre à moitié-vide. Non. Ce soir, c'est la fête, soyons optimiste. A moitié-plein.

-En plus, j'ai été gentille jusque là, j'ai rien dit, repris-je. Mais j'suis désolée… John, c'est mon labrador… il est un peu, con, d'accord ! admis-je. Mais quand même, j'aime pas trop qu'on couche avec mon chien…

-Ah…

-Ah bah oui.

-Tu parles d'Eddy…, comprend-il en baissant les yeux.

-Bah évidemment, mon chou, m'agacé-je. Prends l'hippogriffe par le bec, il attend que ça.

-Katyyyy !

Louis traine une chaise entre moi et Quinn, en pleurs, et pose sa tête sur mes cuisses pour éclater complètement en sanglots. Je baisse le regard sur sa tête blonde et ses bras qui m'encerclent la taille. Sans vraiment y penser, je passe mes doigts à travers sa chevelure blonde en attrapant de l'autre main mon verre pour siroter ma téquila. Quinn observe Louis avec des yeux écarquillés et j'hausse les épaules. Mon blondinet préféré a l'alcool triste. Autour de nous, y'a plus ou moins d'agitation. Ed rit avec Amelia, Angelo et l'écossais, sous le regard jaloux de Colbert. Je souris avec un plaisir méchant.

AH, ALORS, PETASSE, CA FAIT QUOI ?! PAN DANS LES DENTS !

J'explose d'un grand rire diabolique, continuant néanmoins à caresser les cheveux de mon petit Loulou. Maintenant, c'est qui la jalouse entre nous deux ? Surtout que, moi, j'avais des raisons. Pauvre tâche, tiens ! Mon rire s'accentue.

Elle a peut-être des raisons. Je me demande s'il s'est passé quelque chose entre elle et Angelo depuis que j'ai arrêté les choses entre nous deux. Mon rire se meurt et je finis mon verre cul-sec. Puis, j'envois le verre vide s'écraser contre le mur en face de nous, entre deux hommes qui discutaient à une table. J'ignore les réactions et me retourne sur Quinn.

-T'sais pourquoi t'es con, Quinn ? demandé-je sèchement. T'aurais mérité qu'ce soit trop tard et qu'elle s'mette à fond avec l'autre mollusque-labrador. Mais comme une conne, elle t'aime encore.

Quinn me regarde sans broncher et j'ai du mal à me fixer sur un œil en particulier alors, je plisse les paupières et il se recule un peu sur sa chaise. Il a un air très con sur la gueule et je m'agace :

-Ouais, ouais, j'sais, t'as rien vu, ni au bal, ni jamais, parce que, j'te le dis, t'es trop con mais KATARINA SAIT TOUT !

Il sursaute quand je hurle ces derniers mots comme une malédiction.

-Et t'vas aller me chercher une…, réfléchis-je avant de baisser les yeux sur le blond. Louloute, alcool.

-Kire Enchanté.

-Ca.

-Okay, okay ! se dépêche d'accepter Quinn avant de s'en aller en courant.

Je soupire en me laissant tomber contre le dossier de ma chaise. Louis lève ses yeux bleus humides sur moi et me dit :

-Sam veut qu'on couche par lettre…

-M'faut encore quelques verres pour trouver ça cool.

-Mais comment-comment on faiiiit ? pleurniche-t-il.KATYYYY ! J'suis totalement perduuuu... j'suis vieeeerge de papieeer !

Je me gratte la tête, sentant bien la téquila monter. Ou alors, c'est normal que je comprenne que dal.

-Faut pt-être se protéger, proposé-je.

-Oui mais qu-quoi-oi-oi ?

-Ben une enveloppe.

xOxOxO

-DE L'ALCOOOOOL, JO !

Jo me sourit. J'ai le bras autour des épaules, ma foi, pas si faiblichonnes de mon Loulou qui est accoudé sur le bar, le menton dans les mains et papillonne ses plus beaux yeux de biches à Jo. Jo, c'est un brave gars et il est un pro des shoots. Ed est à côté de nous et elle rigole à chaque fois que j'ouvre la bouche, c'est très étrange.

-Ouais mais tu veux quoi, ma jolie ?

-HIIII ! Katyyy, il te trouuuuuve zouuuuliiiie ! roucoule Louis. Et moiii, tu m'trouves zouuliiii, Jojo ? Pa'sque moi, j'te trouveee zouuuliii, Jojoooo !

-J'veux tout, répondis-je en ignorant Loulou. Et quand j'dis tout, t'es dedans…

Je lui lance mon plus beau sourire de prédatrice et il rit avant de se pencher pour attraper une bouteille de… bref, une bouteille ! On va pas chipoter ! C'est comme, Jojo est pas un grand brun italien, monté comme un taureau nourri au sex appeal et pourtant, on m'a vu chipoter ?

-On va s'mariier, tous les troiiiis... toi, me pointe Lou par-dessus son épaule, Jojo et moiii… Et Eddy sera notre d'moiselle d'amour, et notre marraine bonne-fée…et on aura pas à faire des bébés par correspondance p'squ'on s'ra touuuus ensemble dans notre beauuuu chateauuuu…

-J'fais pas de bébé, grogné-je avec dégout. J'fais des poupées vaudou.

Et Eddy se marre. Je me tourne vers elle, lâchant les épaules de Louis qui s'est mis à pleurer parce que je veux pas faire de bébés avec lui, pour m'appuyer sur les épaules d'Eddy à la place.

-J'vais porter un toast à notr'équipe d'potion, Eddydou, l'informé-je. T'crois qu'on est plus vodka ou rhum ?

-Euh ben, tu sais, Kat, de l'eau, ce sera bien aussi…, m'assure-t-elle en souriant.

-Ah mais nooooon ! Faut quelqu'chose qui déchiiire comme t'sais… toi et moi, quoi. On déchiiiiire !

-Et moiii ? sanglote Loulou.

-Bien sûr ! lui promet Ed.

-Chérie ? m'appelle Jojo. C'est 15 mornilles !

Je me tiens à l'épaule d'Eddy pour tenir en équilibre tandis que je propulse mon pied droit sur le tabouret le plus proche et je farfouille dans ma Doc Marteens à la recherche de quoi payer. Je fronce les sourcils en trouvant rien et me déchausse pour enfoncer carrément ma main, et secouer ma chaussure dans tous les sens. Enervée, je la claque contre le comptoir, renversant la boisson d'un abruti qui arrête pas de nous coller depuis des plombes et que j'ai déjà menacé d'écarteler au minimum une dizaine de fois. J'enlève donc ma Doc Marteens gauche, fouille et ne trouve toujours rien.

-On est ruinééés ! pleure Loulou en plongeant son visage dans ses mains. Qu'est-ce qu'on va deveniiiir, Katyyyy ? Notre mariiiage, notre chateauuu, nos BEEEEBEEEES ! ON VA MOURIR SOUS UN PONT !

-Mais non, le rassure Ed en lui frottant le dos. J'ai de quoi payer, si vous voulez…

-NON !

Ils se retournent tous vers moi. Et j'espère avoir le regard aussi ferme que ma conviction.

-K't'rina paye s'dettes ! affirmé-je.

Je pousse Ed et Louis, et pose une main à plat sur le comptoir, ignorant mes Doc Marteens qui y sont toujours posés, et attrape le col de la chemise de Jojo…enfin, essaye d'attraper. Il est trop loi, c'est quoi cette arnaque ?

-Viens, putain !

En riant, il s'avance et je peux enfin lui attraper le col.

-J'veux alcool élimité... élémitié… ilé…

-Illimité ?

-VOILA, JOJO ! m'écrié-je avec satisfaction. Ilémété ! Et j'te fais un strip-tease…

-MOI AUSSIIII ! Tout pareil ! Hihi ! s'excite Loulou. Euh, c'quoi un striptize ?

-Ah, vraiment ? souris Jojo, plongeant son regard dans mon décolleté.

Je souris moi aussi et Louis a pointé sa tête tout aussi souriante à ma droite, la collant à mon bras. Je sens Eddy poser sa main sur mon bras avec un petit rire nerveux.

-Euh… Kat ? J'peux vraiment payer, tu sais !

Mais je l'ignore et grimpe sur le comptoir… enfin, j'essaye de grimper. Un type plutôt costaud m'attrape par les hanches et me soulève et j'arrive enfin à me tenir debout sur le comptoir. Mon collant colle sur le bois, remarqué-je très vite, mais je me dis que ça me fera anti-dérapant. J'ai aussi une des lumières du pub en plein dans la gueule alors je me décale en gueulant :

-C'L'HEURE DU KA-RA-TI-NA SHOOOOOW !

Tout le pub se retourne vers moi et j'ai un large sourire diabolique sur les lèvres. Après tout, j'avais prévu mon p'tit strip-tease… et je tiens toujours mes promesses. La musique grimpe de volume brutalement et je perçois surtout les basses qui tapent et tapent… alors, je suis les mouvements avec mes hanches, levant mes bras dans les airs.

-KATYYYY !

J'envois un clin d'œil à Loulou qui applaudit déjà à tout rompre tandis que d'autres hurlent et sifflent. Je vais leur faire une danse des hippogriffes, ils vont être é-pa-tés ! Avec mon Papounet, on est des pros ! On devrait se lancer dans une compèt, j'suis sûre qu'on deviendrait riiiiches mais riiiiches…

-FAIS TOMBER LA ROBE ! hurle alors une voix.

Ah ouais, merde, c'est un strip-tease. J'hausse les épaules. De toute façon, je m'en fous. Je ferai la danse des hippogriffes après. Je me déhanche donc en faisant glisser mes bretelles, essayant comme je peux de la faire tomber jusqu'à ma taille mais une fois passée le soutien-gorge –qui est déjà une étape assez ardue à cause de la dentelle noire-, ça bloque. Merde, j'aurais pas dû prendre une robe aussi moulante.

Puis, je sens une main sur mon mollet et je baisse un regard surpris. J'ouvre grand la bouche et les yeux quand je reconnais Angelo. La surprise me fait chanceler et je me retiens à sa tête qui m'arrive au niveau de mon nombril, mes doigts s'enfonçant dans ses cheveux noirs. Et je suis pratiquement certaine que je lui tire les cheveux. Il m'attrape la taille et me fait descendre. Je résiste plus ou moins.

-Ohlà, mec, tu fous quoi ?! se plaint quelqu'un. Ca commençait à peine à être intéressant !

Et c'est un vrai bordel, tout le monde parle et gueule, et la musique est toujours aussi forte. Mais je fais pas attention à grand-chose, je sais juste qu'Angelo me tire par la main et que je bouscule un tas de gens sur mon passage. Ma tête tourne. Je porte la main à mon front pour essayer de m'éclaircir l'esprit. C'est un vrai bordel.

On finit par s'arrêter et je me rends compte qu'on est de retour à la table du début mais elle est vide. Mon regard s'attarde sur les assiettes pleines de miettes de gâteau avant que je sente des doigts chauds se poser près de mon ventre. Des picotements s'étendent sur ma peau nue alors qu'Angelo essaye de me rhabiller en remontant ma robe. Je ferme les yeux puis je le sens soupirer, et je rouvre les yeux. Il est super agacé et je souris. Bien fait.

-Pourquoi tu bois comme ça ?

-J'm'ennuis.

Il plante ses yeux dans les miens, faisant une pause dans mon rhabillage. Si je le laisse faire, c'est seulement parce que c'est agréable mais, honnêtement, je m'en fous d'être à moitié à poil. Je me concentre pour réfléchir les mots avant de les prononcer, dans le bon ordre, avec toutes les syllabes.

-Et j'voulais gâcher ta soirée.

Il me fixe et je m'appuie contre la table derrière moi, parce que c'est fatiguant d'être debout mais que je ne veux pas m'assoir parce qu'il est déjà bien plus grand que moi. Puis, son demi-sourire habituel pointe son nez.

-En faisant un strip-tease ? s'enquit-il, moqueur. Tu l'as plus animé qu'autre chose.

-Ben… j'avais pas d'cadeau…

Ok, là, j'ai pas réfléchi avant de parler. Il se rapproche de moi, posant ses mains sur la table derrière moi de chaque côté de mon corps et je dois lever le menton pour continuer à le regarder dans les yeux.

-J'ai peut-être une meilleure idée.

Il plaque ses lèvres contre les miennes et mes mains se portent d'elles-mêmes à sa nuque et à ses cheveux pour le rapprocher le plus de moi. Et là, je suis formelle, je lui tire bien les cheveux. Il y a cette idée qui tourne en rond dans ma tête tandis qu'il pratique sa magie sur mes lèvres. L'idée que je devrais pas faire ça, que c'était exactement comme ça que la soirée devait pas finir mais j'arrive pas à trouver pourquoi…

Puis, il se recule et ça me revient. Je le repousse du plus fort que je peux et… euh, il fait à peine un pas en arrière. Cette histoire de différence de force est vraiment la preuve que Dame Nature est pas sport. Je lance un regard furibond à Angelo devant moi mais j'ai le souffle court, et je suis toujours à moitié défroquée, donc je suppose que c'est de là dont vient son petit sourire en coin.

-C'était quoi ça ?! m'indigné-je.T'as pas l'droit d'faire ça ! J'hallucine ! Tu l'faisais jamais quand tu pouvais et maintenant qu'c'est fini…

-C'est toi qu'as décidé que c'était fini, me coupe-t-il. J'ai même pas eu mon mot à dire !

-Narmol… euh, Normal, me repris-je en secouant la tête pour me réveiller. C'moi qu'ai TOUT fait, j'ai l'droit de choisir quand c'est fini, alors, va retrouver Colbert, et d'autres pétasses… et arrête de… de… de…

Je me passe une main dans les cheveux. Qu'est-ce que je voulais dire ? Merde…mes yeux me piquent et je dois lutter pour les garder ouvertes. J'ai une envie irrésistible de dormir et tout ce qui vient de se passer me parait déjà hyper loin, enveloppés dans un épais brouillard. Je glisse légèrement contre la table, mes bras faiblissant mais je me réveille en sursaut sur Angelo qui rit. Il passe un bras autour de ma taille et je suis trop fatiguée pour lutter. Je lui tombe mollement sur le torse et il m'attire vers un canapé dans lequel on s'assoit. Je m'installe contre lui, posant ma tête contre son épaule et il me tient contre lui. Un relan de culpabilité me saisit et je fais l'effort de marmonner :

-J'te déteste, quand même.

-D'accord, Kat.

Je ne peux pas m'empêcher de sourire au surnom et je m'autorise à m'endormir.