Saluuuuut à toutes les Eugénies et bonnes fêtes à vous ;)

Bonne lecture !

Lo : oui on a pas perdu l'habitude des deux chapitres par semaine ;) On aime pas attendre alors on suppose que vous non plus ! Le problème des parents d'élèves est fortement inspiré de l'expérience d'un collègue de Ptite-Yume... heureuses que ça fasse vrai ! On est super contente que les deux héroïnes te plaisent, comme d'habitude on essaie de les faire différentes de toutes les autres. Oh ben t'inquiète pas l'ami Murdock il sera là quoi qu'il arrive ;) Il nous fait beaucoup trop rire pour pas le faire intervenir toutes les deux secondes. Pour les reviews on suppose qu'après tout ce temps les gens sont partis et le site a perdu de sa cote de popularité... c'est un peu triste mais bon ça ne nous gâche pas le plaisir d'écrire ;) Merci de ta review !


Chapitre 18

"Oh tu crois ?! Non..."

Nialh penche un peu la tête, avec un regard qui a l'air de me dire "mais si tu sais, réfléchis bien, Nanak..." et il me fait signe de regarder de l'autre côté de la table où Murdok et Sib parlent tous les deux. C'est vrai que ces deux-là sont plus proches l'un envers l'autre qu'ils ne le sont avec les autres professeurs, à part peut-être moi et Sib, mais je veux dire, c'est normal ! Ils sont tous les deux profs d'Histoire, ça doit forcément créer des liens ! A réfléchir ensemble aux sujets des examens, à discuter des leçons... et tout ça, quoi !

"Non, franchement, j'crois pas... Murdok est sympa avec tout le monde !

-Oui mais quand même, y'a un truc !"

J'observe en plissant les yeux Murdok et Sib qui s'échangent un regard complice, et je tapote mon menton de mon index... c'est vrai que...

"Ah, tu trouves aussi ! comprend Nialh.

-Après tout, c'est ta sœur...

-Et oui, je la connais !

-Huhum. C'est intéressant...

-Ils formeraient un beau couple, non ?

-Leurs personnalités sont pas mal compatibles, maintenant que j'y réfléchis..."

Dans mon adolescence, j'écrivais des petites histoires à l'eau de rose et je sais pas... ouais, sans me vanter, j'ai un œil pour la compatibilité sentimentale ! C'est dur à croire, bien sûr, étant donné que je sors toujours avec des blaireaux... Mais il est bien connu que même les plus grands psy consultent d'autres psy ! C'est dans l'ordre des choses, notre propre expertise nous dépasse souvent nous-mêmes...

"J'ai essayé d'en parler à Sib mais...

-Ouhlà, non, malheureux ! me scandalisé-je en battant l'air des mains.

-Non ?"

Il fronce les sourcils en s'accoudant à la table et je confirme :

"NON ! Va pas la brusquer ! S'il doit se passer quelque chose, ça arrivera...

-On peut vraiment rien faire ?!

-Si... mais avec subtilité, tu vois ?

-Du genre ?"

D'une manière qui se veut très certainement discrète, il lance un coup d'oeil par-dessus son épaule pour vérifier que Sib ne peut pas nous entendre mais... il voit ce que moi aussi je vois. Kenneth et Hanabi s'embrassant un peu trop passionnément pour le contexte, installés au bar, juste sous notre nez. Comment... osent-ils ?!

Ma bouche s'est ouverte de stupeur et mon cœur, ou mes tripes, ou d'autres organes que je situe mal, me font soudainement mal. Je connais bien ce sentiment. Une bonne dose de déception avec un relan de trahison et un certain goût d'humiliation.

Nialh se lève de la banquette, et marche déjà vers eux pour aller... taper Kenneth, ou hurler sur Hanabi, ou peut-être sortir du bar, je ne sais pas mais d'instinct, je l'attrape par le coude et le fait s'arrêter. Il est tellement énervé qu'il en tremble mais il se laisse faire, et se retourne vers moi, tout en baissant les yeux sur nos chaussures. Me forçant à ne pas regarder davantage la scène ridicule qui se déroule au comptoir, je frotte le bras de Nialh pour le réconforter et me retourne vers Sib toute aussi choquée que moi, à côté de qui Murdok lâche juron sur juron.

De mon côté, je ne sais même pas quoi dire.

OoOoOo

"Et ben, quelle soirée ! lâché-je en soupirant.

-Elle avait pourtant bien commencé...

-C'est vrai.

-Tu as l'air vraiment déprimée par ce qui vient de se passer..., remarque Sib."

Je soupire à nouveau avant d'hocher la tête. Appuyée contre le mur qui encadre la porte des toilettes, je lance un coup d'oeil à la table où nos collègues continuent de boire puisque, bon, c'est quand même pour ça qu'on est venus. Kenneth et Hanabi ne sont plus au comptoir, Murdok et Valerian sont allés les engueuler, et je pense que ça les a motivé à aller se trouver un endroit plus tranquille pour finir ce qu'ils ont commencé.

Nialh est dans les toilettes depuis cinq minutes, il doit se passer de l'eau sur le visage et peut-être... se retenir de pleurer. Ce que j'ai fini par comprendre c'est que, au final, les hommes et les femmes ne sont pas si différents que ça, on préfère juste croire que c'est le cas. Peut-être que ça rassure les femmes de penser que les hommes sont trop forts pour pleurer et ça réconforte les hommes de se dire que les femmes sont trop sensibles pour ne pas être touchés par ci, ou par ça.

Personnellement, les déceptions amoureuses ne me font plus pleurer depuis quelques années déjà. Ca ne me fait pas me sentir plus courageuse, plus forte ou, même mieux... c'est juste devenu une habitude. Une sorte de lassitude. Ca fait toujours mal de voir un homme qui nous plait en embrasser une autre, mais bon... c'est la vie.

"Tu sais, celui qui m'a foutu un râteau, rappelé-je à Sib, et à cause de qui je t'ai réveillé en plein milieu de la nuit avec Chad ? C'est Kenneth.

-Oh... je suis... désolée, Anak...

-Il m'a dit qu'il était amoureux de Hanabi, c'est pas comme s'il me l'avait mise à l'envers mais... qu'il aille jusqu'à l'embrasser alors qu'elle est avec ton frère ? Il est vraiment... décevant.

-C'est vrai, accorde Sib, je ne l'imaginais pas comme ça..."

Et dire qu'il était convaincu qu'Hanabi ne voulait pas de lui parce qu'il était trop gentil. Il me trouve drôle mais je vais pouvoir lui dire que lui aussi, il en fait des bonnes, de blagues.

"Je risque de me faire virer, me lâche alors Sib d'un coup.

-Quoi ?!

-Oui, fait-elle."

Je me rends alors compte qu'elle avait cet air fatigué collé au visage. Je pensais que c'était dû à l'heure et à l'alcool, mais il y avait clairement quelque chose de plus grave.

"Un gosse de riche m'a en grippe et son père fait pression sur la directrice... apparemment, c'est un généreux donateur alors... C'est pour ça que Murdok est aussi... présent avec moi. Nialh se fait des films, mais c'est normal, je ne lui ai encore rien dit."

Abasourdie, je me décolle du mur pour poser mes deux mains sur les épaules de Sib et la regarde droit dans les yeux pour faire passer toute mon énergie spirituelle dans le sien. Mon père dit toujours que le contact visuel est le soutien le plus important !

"Ne t'inquiète pas, Sibby ! On ne renvoit pas une prof d'Ilvermony aussi facilement ! Ca ne va pas se passer comme ça !"

OoOoOo

"Si vous pouviez juste faire semblant de pas remarquer le bordel, j'vous serais reconnaissante à vie," ironisé-je.

Enfin, qu'à moitié de l'ironie puisque... Mohvo et moi ne sommes pas exactement des fées du logis, et ni lui, ni moi n'arrivons à se rappeler les sorts ménagers ! Honnêtement, c'est scandaleux, ils sont limite plus compliqué que les sortilèges d'attaques !

Je débarasse le canapé et nos deux fauteuils des fringues et des bouquins qu'on a tendance à envoyer valser au hasard dans le salon, et les bras chargés, j'invite Murdok, Nialh et Sib à faire comme chez eux, puis je fonce vers ma chambre pour tout entasser en vrac sur la chaise de mon bureau.

"Nana ?

-Oh excuse, Moh, je dû te réveiller..."

Je me retourne vers mon frère qui, l'épaule contre le chambranle de ma porte, se masse les paupières pour lutter contre son endormissement.

"Tu fais une soirée ?

-Oui, désolée, je les ai invités parce que d'habitude, je squatte sans arrêt l'appart de Sib, mais j'ai pas pensé que ça pourrait te déranger...

-Non, t'inquiète, je me suis couché hyper tôt, donc j'ai déjà assez dormi... mais pourquoi vous êtes pas resté au bar ? Il s'est passé un truc ?"

Mohvo a toujours eu un sixième sens, genre... un troisième œil ! Notre grand-mère affirme qu'il a des dons de voyance un peu rouillés mais pas mal fonctionnel... il est un as pour les devinettes, en tout cas !

"Kenneth a embrassé Hanabi...

-La copine de Nialh ? fait-il en fronçant les sourcils. Oh my god, c'est pas très propre tout ça... Pauvre Nialh. Et toi, ça va ?"

Comme je dis toujours tout de chez tout à mon frère, bien sûr, il sait pour le petit rateau, et pour à peu près tout ce qui se passe à Ilvermony... Je soupire un peu et sors de la chambre.

"J'avoue que ça m'a un peu brisé le cœur... mais bon... en vrai, je sais pas trop ce que je ressens...

-Tous des cons, plaisante-t-il. Sauf moi et Papounet."

Il me prend dans ses bras et je rigole, la joue contre son épaule.

"Vous êtes les meilleurs du monde, c'est normal !

-Ouais, ouais, ouais !"

OoOoOo

"En fait, ce serait peut-être mieux de faire des pancakes, vue l'heure..., réfléchit mon frère.

-Oh abuse pas, rigolé-je, il est que deux heures...

-Bah on est quand même plus proche du déjeuner que du diner !

-Oui, c'est vrai, ironisé-je, si tu dines à 22h et te lèves avec les poules !

-Rha chipote pas ! J'ai envie de pancakes et tu m'as réveillé !

-T'es vraiment pas du matin, bougonné-je en m'adossant au frigo.

-Ah, tu vois que c'est le matin !"

Triomphale, il lève sa spatule avant de la ranger dans la poche ventrale de son tablier assorti au mien. Murdok s'est très bruyamment foutu de nos tronches quand ils nous a vu nous vêtir diligemment de nos tabliers, mais qu'il sache que c'est une de nos précieuses traditions familiales ! C'est Maman qui ne manquait jamais de mettre un tablier quand elle cuisinait et quand elle est morte, Papa a pris la relève. On cuisine tous avec des tabliers dans la famille ! Et ce, diré-je, depuis des générations donc !

"Et faut faire une belle présentation, m'avertit Moh d'un ton professoral, parce qu'après, selphy pancakes ! #friendsfriends, #brolove, #sisterbond, #breakfastatnight...

-#tum'épuises, #j'auraispasdûteréveiller..."

Alors que Mohvo me demande de me décaler pour qu'il puisse farfouiller dans le frigo à la recherche de plus de lait, je m'en vais rejoindre les autres dans le salon.

Sur le canapé, Murdok beugle contre la télévision qui diffuse un match nocturne de Quidditch Boston-Détroit qui passe sur la chaine magique sportive, et à côté de lui, Nialh broie du noir sous le regard triste de Sib.

Je jette un coup d'œil à la télé et remarque avec satisfaction que Detroit mène. C'est une bien plus petite équipe que Boston, alors j'espère que pour une fois ils vont gagner !

"On fait des pancakes ! annoncé-je. Et on a des fraises et de la chantilly, donc si quelqu'un veut nous aider, on a de quoi le rémunérer !"

Nialh ne relève pas et continue à fixer l'écran d'un regard sombre, mais Sib se redresse aussitôt.

"Nialh adore les fraises !

-Direction les fourneaux, alors ! m'égayé-je. Les Pancakes n'attendent pas !"

Sib parvient à faire se lever Nialh qui marche de lui-même vers la cuisine, d'où j'entends mon frère me demander où on a rangé les autres tabliers.

"Je déteste le voir comme ça..., soupire Sib.

-Cuisiner en famille fait toujours du bien, parole de Freeman !"

OoOoOo

"Anak !"

Le couloir est assez bondé et donc bruyant, et je ne suis pas vraiment certaine d'avoir bien entendu mon nom, mais je me retourne, dans le doute. Quand je vois Kenneth se frayer un chemin entre les élèves qui se décalent à peine, professeur ou pas, j'ai ma confirmation. Malgré ce qui s'est passé ce week-end, je suis quand même contente de le voir. Après tout, aussi con qu'il puisse être, Kenneth est mon ami et a toujours été adorable avec moi, petit rateau épisodique mis à part. Je l'attends, un sourire tout de même mesuré aux lèvres, et lorsqu'il me rejoint, le sien est assez contrit.

"Au moins, tu me fais pas totalement la gueule..., remarque-t-il.

-Je ne te fais pas la gueule du tout, assuré-je.

-Ah vraiment ? fait-il, sceptique. Parce que tous les autres me la font plus ou moins.

-Non, le rassuré-je. Tu te fais des films, personne te fait la gueule. A part Nialh, bien sûr. Mais lui, c'est différent."

Il me regarde bizarrement, comme s'il m'accusait d'avoir prononcé ce prénom. En même temps, comment ne pas évoquer la seule victime de l'histoire ?

"Donc, tu me juges bien, comme les autres, comprend-il. Pourquoi ? On est tous adultes, on est libres de faire ce qu'on veut !

-Si vous êtes libres de faire ce que vous voulez, on l'est aussi. On a le droit de vous juger et Nialh a le droit de vous détester.

-Pourquoi tu me dis ça, si tu m'en veux pas, hein ?" m'accuse-t-il.

Je grince des dents, un pic de colère se logeant dans ma gorge et me donnant envie de hurler pour m'en libérer. Mais Kenneth a raison, d'un certain côté, on est tous adultes et crier sans raison vraiment valable en plein milieu d'un couloir rempli d'élèves ne me semble pas trop "adulte". Je tourne le regard sur la pendule murale pour me concentrer sur l'heure, puis je soupire en reportant mon regard sur Kenneth.

"On est ami, pas vrai ? demandé-je. Si je ne te dis pas ce que je pense, je suis une mauvaise amie. C'est même pas que je t'en veux, c'est que... Nialh est le petit-frère de Sib et tu vois, si quelqu'un faisait ça à Mohvo... Mais t'avais le droit, oui, tu fais ce que tu veux, et Hanabi aussi. Mais y'a des manières. Je suis désolée pour toi si tu regrettes ce que t'as fait.

-Je regrette pas ! Tu sais depuis combien de temps j'attends ça !

-Bah alors, de quoi tu te plains ?

-Anak...

-Ne t'inquiète pas, le coupé-je, ça va passer, tout le monde va pas t'en vouloir à vie, laisse-leur juste un peu de temps."

Je lui souris et lui tapote l'épaule. Il devrait pourtant être le premier à savoir qu'on ne peut pas tout avoir dans la vie. Il voudrait pouvoir prendre tout ce qu'il veut et ne pas assumer les conséquences, et d'un certain côté, je peux comprendre. Après tout, qui ne rêve pas de ça ? Mais en face, il y a d'autres personnes qui rêvent de la même chose.

Et comme, bien souvent, on veut tous les mêmes choses...

"Je suis désolé, finit-il par me dire, je n'aurais pas dû l'embrasser devant vous. Devant Nialh... et... et devant toi, mais..."

Je hoche de la tête.

"Alors, vous êtes ensemble, maintenant ? demandé-je.Comme un vrai couple ?"

Son sourire est une réponse amplement suffisante et en dépit des circonstances, je suis heureuse pour lui. Il l'aimait depuis longtemps, après tout. Et ce n'est pas une nouveauté que les gens amoureux sont les plus égoïstes, c'est surement ça qui rend l'amour si magnifique...

Mais c'est tout de même dommage.

"Tu me pardonnes ?

-Qu'est-ce qu'ya à pardonner ?" rétorqué-je.

Je ne suis pas Nialh, après tout.


Et heureusement ! ;)