Bonjour à tous, ou bonsoir à vous petits êtres pâles et nocturnes plus proches de la chouette que de la race humaine...
On tient à remercier toutes vos gentilles reviews, désolées pour le retard et le reste on a des semaines un peu chargées en ce moment :)
Nyssane : toi tu fais partie des p'tites chouettes du clan des lectrices de Sorority alors ;) désolées (ou pas) que ce soit de notre faute ! Eh eh eh c'est notre recette favorite que de faire en sorte de surprendre, on espère pas te décevoir par la suite d'ailleurs ! On aurait bien aimé tes prognostics pour les couples ;) c'est pas drôle sinon ! En tout cas merci de ta review !
Bonne lecture à tous !
Chapitre 12
Le menton posé dans la paume de la main, je remue mon chocolat chaud sans énergie, observant Sirius rire aux éclats avec Potter, Pettigrow et Jazmine. Ses cheveux d'ébène un peu plus longs que la moyenne balayent ses magnifiques yeux que je sais gris, même s'il est bien trop loin pour que je puisse en discerner la couleur. De toute façon, je connais chacun de ses traits par cœur, que ce soit son nez droit ou la courbe de ses sourcils… si je savais dessiner plus qu'une fleur ou qu'une poire, je pourrais faire son portrait les yeux fermés tant j'ai passé d'heures à le contempler. Mais que la première qui n'a pas maté Sirius Black pendant un repas entier me jette le vif d'or !
On est d'accord.
-La Terre appelle Coraly Smooter, on l'a perdu près de la planète Sirius ! se moque Elyse.
-C'est une étoile, la reprend Shan. De la constellation du Grand Chien !
-Arrête de faire ton intello, Shan, je déteste quand tu fais ça !
-Et c'est la plus brillante du ciel…, soupiré-je.
-Tu baves dans ton chocolat, Coco, me fait remarquer Dakota, sardonique.
-J'y crois pas que tu puisses même pas trouver la Grande Ours dans le ciel mais que tu puisses disserter sur une étoile à la con, tout ça parce que l'autre Don Juan a le même nom !
-Ta gueule, Ely.
Un corbeau cache un bref instant Sirius d'un battement d'aile et je me redresse un peu, avachie que j'étais sur la table. C'est l'oiseau des Black. Cette famille est vraiment dérangée. Avoir un corbeau noir comme les ténèbres aux yeux rouge sang comme « messager », c'est vraiment tenter le sort… comment peut-on croire un seul instant qu'un monstre pareil puisse être porteur de bonnes nouvelles ? La preuve, dés que les pattes griffues du volatile touche le bois de la table, tous les autres hiboux ou chouettes décollent aussitôt, même ceux qui n'ont pas encore livré leur courrier, trop effrayé par celui des Black. Même moi, j'avoue que je me retiens de me barrer de la Grande Salle en courant… mais j'ai pas envie de me lever, ni de courir. Ou même de bouger le petit orteil.
-Cory, on sèche les Sortilèges ? proposé-je à mon voisin de table qui affiche un sourire béat, Amandine lui faisant un massage.
-Cool.
-Cocooo ! me sermonne aussitôt Amandine. C'est vraiment pas une bonne idée, tu le sais bien !
-Lâche-les, Turman, fait Dakota avec mépris. Si tu crois pouvoir obliger la Coco-cool team de faire le moindre effort, c'est que t'es encore bien naïve !
-Je ne crois pas t'avoir parlé, Dakota, siffle Amandine.
-Tu crois que j'ai besoin que tu me parles pour l'ouvrir ? se moque ma meilleure amie. Bien naïve, disé-je donc…
Amandine émet une espèce de son d'indignation, je décroche un bref instant les yeux de Sirius qui analyse d'un regard prudent et suspicieux l'enveloppe que lui a remis le corbeau pour observer la mine outrée d'Amandine. Dakota est très fière de son petit effet et a son plus beau sourire provocateur collé à son visage qui, pourtant, parait tout à fait angélique. Ma meilleure amie a des yeux de biche d'une teinte brune fondante, des petites lèvres rosées et fines qui se jouent de toutes les mimiques les plus attendrissantes à la perfection et une bouille à faire craquer Rusard, et même sa stupide chatte qui hante mes pires cauchemars –cet animal est une monstruosité de la nature ! En un sourire, Dakota serait capable de se faire offrir le bon Dieu sans confession. Ne jamais se fier aux apparences, qu'il a dit l'autre… ça, je l'ai parfaitement compris quand elle a balancé à McGo que j'avais triché pendant un contrôle, tout ça parce que j'avais dit que son petit-copain avait un drôle de nez. On était en Première Année.
-Corentino ! s'écrie alors Amandine. Regarde comment elle me parle ! Dis quelque chose enfin !
-Y'a pas de souci, chérie, t'prends pas la tête…
-Pardon ?! s'offusque-t-elle en le frappant sur les dreadlocks, mettant fin à la petite séance massage. C'est tout ce que tu trouves à dire ?!
-Pourquoi t'es vénère comme ça ? s'étonne-t-il.
-Et il me demande pourquoi, en plus ! s'enflamme-t-elle. De toute façon, t'es toujours de son côté, tu prends toujours sa défense et tu te fiches bien qu'elle te tourne autour et… et tu sais quoi ? finit-elle par dire en se levant. Sèche les Sortilèges et sèche même toute la journée ! C'est vrai ça, pourquoi est-ce que je m'inquiète pour tes études et ton avenir ? Monsieur est cool alors « no souciii, man » !
-Rayon de Soleil…
-RAYON DE SOLEIL, MON CUL !
Et tandis que tous les yeux sont fixés, exorbités, sur Amandine qui tourne les talons, je regarde la mine de Sirius s'assombrir à la lecture de sa lettre. Bientôt, il la claque sur la table et se lève de table lui aussi. Je me redresse, cette fois-ci, entièrement et le regarde inquiète sortir de la Grande Salle, peu de temps après Amandine.
-Je la préfère largement quand elle est comme ça, notre miss Sainte-Nitouche, observe Elyse avec un sourire.
-Sexy, concède Shannon.
-SHAN !
-Alors, on sèche, frangine ? me demande Corentin.
-Euh… j'le sens plus trop…
-Pas cool…
Quand les journées commencent comme ça, il n'y a qu'une conclusion à en tirer
Journée de merde à l'horizon.
xOxOXxO
Selon la rumeur, la lettre qu'a reçu Sirius lui apprenait la mort du seul oncle qu'il appréciait, le conviait aux funérailles et à la lecture du testament. Tout le monde ne parle plus que de ça, de combien c'est triste et combien Sirius est fort, combien il est encore plus beau avec ce visage fermé et sombre qu'il arbore dans les couloirs. Les Maraudeurs ne rient, ni ne sourient, aujourd'hui, et pourtant, toutes les filles que je crois ne trouve qu'une façon d'accueillir la chose baver avec encore plus d'abondance et chercher tous les moyens pour l'approcher pour le réconforter. Je ne dis pas que cette dernière idée ne m'a pas effleurée l'esprit mais j'ai surtout mal au cœur pour lui. Quand j'ai perdu mon grand-père maternel, j'étais effondrée.
-Mandy me fait la gueule, m'apprend alors Cory.
-Hein ? sortis-je de mes pensées.
Il me désigne de sa plume en sucre Amandine qui note avec attention tout ce que dit Slughorn sur le devoir que l'on doit rendre la semaine prochaine pendant que Chelsea copie sur elle, incapable d'écrire assez vite.
-Ouais, désolée, frangin.
-C'est pas ta faute, frangine...
-Bon, la famille Coco-cool va arrêter de pleurnicher, devant ? s'agace Elyse. On essaye de suivre les instruction du gros Slug !
Je me tourne pour lui lancer un regard foudroyant à Elyse.
-Tu te fous de notre gueule, Ely ? T'as fait que parler avec Shan pendant les deux heures, nous, on dormait, sans même ronfler !
-Et c'est Dak qui a l'droit de nous appeler Coco-cool, man.
-Elle m'a filée le copyright, bande de nazes, et fermez-la !
Je pique la plume en sucre que mâchonnait lentement Cory et l'envoie sur le petit nez pointu d'Elyse qui s'offusque en un hoquet pile au moment où la sonnerie retentit. Toute la classe se lève et on sort de classe, Cory et moi en bons derniers. Et cette fois-ci, Amandine n'attend pas son Corentino. J'offre un sourire désolé à Cory qui fait la moue, déçu.
-J'aime pas quand elle m'fait la tronche…
-T'inquiète, elle va pas te résister longtemps !
-Hé, fait beau, remarque-t-il alors qu'on passe près d'une fenêtre, en quittant les cachots.
-Oh, putain, ouais ! Ca faisait longtemps !
On s'échange un regard puis, un sourire et on se dirige aussitôt vers les grandes portes, direction le parc rien de plus idéal que le parc pour se rouler quelques joints, au soleil ! Ca nous fera le plus grand bien, à tous les deux, après ces deux effroyables cours de potion ! En plus, on a une heure de pause.
On tenait déjà grande ouvertes les portes quand la voix que je déteste le plus dans le château retentit, derrière moi.
-Va pas te choper un rhume, p'tite sœur, on est presque en novembre et le match Serdaigle-Poufsouffle est pour bientôt !
Je me retourne, sentant la main de Corentin se refermer sur mon avant-bras pour me faire avancer malgré les paroles de ma sœur. Elle se tient à quelques mètres derrière moi, ses splendides cheveux dorés natés et pendant sur son épaule. Elle est entourée de ses grandes amies, dont Daniella qui m'offre l'un de ces sourires hypocrites. Elle va bien avec ma sœur.
-Arrête, Julie, tu serais presque crédible, grincé-je.
Elle rit un instant, suivie de ses pintades et je serre la mâchoire.
-Mais je ne veux vraiment pas que tu attrapes du mal, Cora, dit-elle avec légèreté. Je ne voudrais pas que tu sois remplacée, on risquerait de perdre si jamais on t'avait pas pour louper tous tes arrêts. Tu vois, moi aussi je peux être une grande sœur de rêve, comme ta Lysore…
-Tirons-nous, frangine…, me dit Corentin.
Mais je tremble de colère. Je la déteste tellement. Et elle continue de me regarder, comme me défiant de dire quelque chose d'aussi blessant. Et j'aimerais bien le faire mais je suis figée, incapable de trouver le moindre mot à dire.
Elle me décoche un regard de pur mépris et tourne les talons, imitée par ses godiches.
-Je gagnerai le match ! m'écrié-je alors. Tu m'entends, Julie ? Je le gagnerai ce match et tu pourras aller te faire voir !
-Qu'elle est mignonne ! l'entendis-je se moquer avant de se tourner avec grâce vers moi, sans s'arrêter de marcher pour autant, C'est dans tes rêves, petite-sœur ! Dans tes rêves que tu gagnes, sinon tu perds, à chaque fois, tu le sais bien.
Et elle me tourne le dos à nouveau, s'éloignant. Je reste plantée là, à me demander ce qui me retient de l'éviscérer ici et maintenant.
-Allez, viens, on va s'fumer un oinj…
-Ca m'a coupé l'appétit.
-Oh non, pas encore, bougonne-t-il. La sèche, maintenant, le oinj ? Mais t'as plus goût à la vie ou quoi ?
xOxOxO
Installée entre les jambes de Corentin qui est assis contre le tronc d'un arbre, roupillant à moitié, je suis aussi bien positionnée pour piquer un petit somme mais voilà, Dakota est allongée dans une chaise longue qu'elle a fait apparaître, lunettes de soleil sur le nez, persuadée qu'elle peut encore bronzer en fin octobre. Elle nous a rejoins, il y a un quart d'heure. Et je n'ai malheureusement pas encore dit à ma meilleure amie pour le sujet « délicat ».
Je lance un coup d'œil à la bouche grande ouverte de Corentin qui lui mange la moitié de son visage entourée de dreadlocks. Bon, il dort.
-Dak ?
-Hm ?
-Ya un truc qu'il faut que je te dise…
-Hm ?
-D'accord, euh…, commencé-je.
Comment aborder le sujet… ?
-Tu sais, euh, Brad ?
-Quoi, Brad ? marmonne-t-elle.
-Je lui ai parlé, ya quelque jours, et on a parlé…
-C'est pas parce qu'il me plait qu'il faut que tu me dises à chaque fois que vous échangez un mot, je suis pas une folle-dingue comme toi qui fait un bon de trois mètres à l'entente de « Sirius », « Black », « Maraudeur », « Gryffondor », « Septième année »… et même « mec », juste pour ne rien louper du grand et beau Sirius Black.
D'accord. Elle se fout de ma gueule. C'est bon signe, c'est qu'elle est de bonne humeur.
-D'ailleurs, il a fait la gueule, toute la journée, à cause de son oncle-machin… il crie sur tous les toits qu'il aime pas sa famille mais s'il peut se faire remarquer et bichonner par toutes les greluches de l'école, ah ça, il l'aime son tonton Black ! Pathétique.
Elle me traite de greluche et insulte Sirius, deuxième et troisième bons signes.
-Tu devrais aller lui faire un groooos calin, ça lui ferait plaisir, tiens ! Et si ça s'trouve, ça va l'aider pour cette histoire de pari, p't-être que ça va attendrir ta sœur…
Elle semble réfléchir un moment.
-Nan, en fait, ta sœur est pas aussi conne.
-C'est gentil, je lui dirai.
-Et en parlant de pari, t'as parlé à Kurt ? Parce que faut p't-être que tu fonces, Coco, si tu veux pas perdre !
Le rire de Julie me semble porté par le vent qui n'est pas si chaud que ça « Dans tes rêves, c'est dans tes rêves que tu gagnes, p'tite sœur… ». Je secoue la tête. Qu'elle se taise !
-Brad t'aime pas !
-Quoi ?
Elle s'est redressée et a relevé ses lunettes sur sa tête. Elle m'observe, fronçant les sourcils. Je déglutis et tapote nerveusement sur la cuisse de Cory qui s'est mis à ronfler.
-Il m'a dit de te le dire quand…, bégayé-je, en évitant son regard. Quand on a parlé… euh, il m'a dit que… qu'il aimait vraiment Julie et que… coucher avec toi, c'était une connerie qui se répéterait pas.
-Il t'a dit tout ça ? claque-t-elle. Quand ?
-Quand je lui ai…
-Parlé, oui, j'ai entendu ! Mais quand est-ce que tu lui as parlé, Coraly ?
Je croise son regard et un frisson me traverse quand je tombe sur la dureté qui est incrustée dans ses iris chocolat.
-Lundi…
-Lundi ? Quel Lundi ?
-Celui de la semaine dernière ? dis-je, incertaine.
-C'est pas vrai ! Ca fait plus d'une semaine que tu le sais ! Et c'est maintenant que tu me le dis ?! T'es vraiment…
Mais elle ne finit pas sa phrase, fait disparaitre sa chaise longue dans un claquement et s'en va, le pas rageur. Je suis complètement statufiée contre le buste de Cory et la regarde entrer dans le château. J'aurais dû lui dire plus tôt…
-Sirius Black.
-Quoi ? dis-je, en sursautant.
-T'aurais dû lui mentir, me répond Cory. Encore une connerie que t'as faite donc « Sirius Black », frangine.
Je laisse tomber ma tête contre l'épaule de Cory, en soupirant.
-J'avoue, c'est vraiment « Sirius Black » pour moi…
xOxOxO
-Hé, pourquoi elle tire cette gueule, ma gardienne ?
La réplique s'est accompagnée d'un bras qui s'enroule autour de mon cou et je force un sourire pour mon capitaine. Chris est à côté, en train de rire avec Daniella. Evidemment, il faut que cette dinde leur traine dans les pattes. Je la fusille du regard et elle fait mine de rien avoir vu. Quand il faut rire aux piques que me lance Julie, par contre, elle n'est pas la dernière à réagir !
-Journée de merde…
-Mais je m'en occupe ! assure Shan que j'accompagnais aux toilettes.
-Oh si Shannon Deglas s'occupe de ma chouchoute, alors, je suis tranquille ! Je peux mourir en paix !
Il m'ébouriffe les cheveux et s'éloigne avec Chris et Daniella, non sans m'avoir lancé un « Et journée de merde, ne veut pas dire être autorisée à sécher l'entrainement de ce soir, on est d'accord, Coco ? ». Un peu, mon n'veu, que je vais le sécher, son entrainement !
-T'aurais jamais dû m'forcer à me lever, ce matin, Shan… j'savais que ça allait être une journée pourrie…
-Tu dis ça tous les matins, ma puce.
-Ouaip. J'ai une vie de merde.
Elle éclate de son rire qui a des accents de chants d'oiseaux et du son des vagues sur des plages paradisiaques, qu'elle tient sans aucun doute de sa mère antillaise. Elle m'embrasse sur la joue.
-Hey, je suis là, non ? Comment ta vie peut-elle être pourrie avec moi ?
Je lui lance un regard et ne peut résister à ses yeux pétillants.
-Tu viens d'illuminer ma journée !
-Je le sais bien, chérie.
On pénètre dans les toilettes, au moment même où Lysore sort d'une cabine. Shannon roucoule un « coucou, Rosie ! », avec un de ces sourires fantastiques qui sont capables d'aveugler toute une salle, et entre dans la cabine des toilettes. Lysore s'approche de moi qui me suis appuyée contre les lavabos, m'observant.
-T'as la tête des mauvais jours, remarque-t-elle d'un geste de la main.
-Ouais… j'te le fais dans l'ordre ? demandé-je.
Elle hoche du menton, se lavant les mains.
-Ok, alors, c'est parti, ironisé-je. Amandine a piqué une crise ce matin et fait la gueule à Cory, et Cory déteste qu'elle lui fasse la gueule, il est tout triste et je déteste quand il est tout triste. Sirius a perdu son oncle préféré et surement son membre de sa famille préféré, et lui aussi est tout triste et lui aussi je déteste quand il est triste. Julie m'a fait chier et j'ai passé le message de Brad à Dak qui a réagi comme je m'y attendais, c'est-à-dire mal. Et elle m'en veut de pas lui avoir dit dés que je l'ai su. Oh, et j'oubliais, j'ai un devoir de merde en potion à rendre pour la semaine prochaine et j'ai rien suivi en cour, ce matin. Morale ? J'aurais dû sécher. Et pas me lever, conclué-je avant de crier à Shannon, Merci, Shan !
-J'illumine tes journées, rappelle-toi !
Je regarde ma sœur qui m'offre un sourire mi-amusé, mi-compatissant. Ces sourires que seule elle sait faire. Elle se sèche les mains et vient me coller une de mes mèches rebelles derrière mon oreille.
-Dak t'en veut pas vraiment, elle va revenir avant ce soir, me rassure-t-elle. Pareil pour Amandine avec Cory. Et t'inquiète pas pour Sirius, il a ses amis pour prendre soin de lui. Est-ce qu'il faut vraiment que je parle de Julie ?
-Brr, non, rien que son nom m'donne envie de gerber dans le lavabo…
-Bien ! Alors, en selle, Cora ! Faudrait pas que tu déçoives ton capitaine, ce soir, à l'entraînement !
-Mais vous avez que le Quidditch en tête ou quoi ?!
Elle part en riant, après m'avoir collé une bise sur la joue.
-Tu es si mignonne sur un balai, aussi… même quand tu loupes tes arrêts !
-Euh… merci, Shan… enfin, j'suppose…
Le rire couplé à la chasse d'eau me répond.
xOxOxO
-Hey, Kurt !
Il se retourne vers moi tandis que je cours vers lui. Il m'offre un mince sourire. Je ne pouvais quand même pas ne pas aller à son encontre alors que je le croise inopinément dans un couloir, en me rendant dans ma salle commune. Toute seule, en plus. Ce qui m'arrive peu souvent. Mais Dakota est allée manger à la table des Serdaigle –ce qu'elle n'a pas fait depuis des mois-, Cory est allé s'expliquer avec Amandine et j'ai perdu l'appétit alors je suis sortie de table après l'entrée. Heureusement que Shan était allée parler à Remus et que Lysore n'était pas encore arrivée parce que jamais l'une des deux aurait accepté que je ne mange qu'une salade et un bout de pain.
-T'es pas avec tes amis ? s'étonne-t-il.
-Euh non…
-C'est rare de te voir toute seule.
-J'aime pas trop la solitude, lui confié-je.
-Et la solitude t'aime pas trop, non plus, ça tombe bien, plaisante-t-il avec un sourire.
-D'ailleurs, je me demandais, ça te dirait de manger avec moi, demain midi, dans les cuisines ? proposé-je, un peu mal à l'aise.
Il ralentit en m'étudiant, visiblement pas très pressé d'accepter. Je ne supporterais vraiment pas un râteau, même pour un pari, après une telle journée pourrie !
-Faut que je te dise quelque chose, Coraly…
-Ah ?
-Voilà, c'est pas facile à dire, je l'ai jamais fait avant donc m'en veux pas si…
Mais je n'écoute déjà plus, mon regard s'est accroché à une silhouette que je reconnaitrais entre milles, adossée à un mur, un peu plus loin. Je continue d'avancer, tel un automate, mais mon cœur bat à cent à l'heure. Il est tout seul, dans un couloir désert si on ne compte pas Kurt et moi, dans les dix-neuf heures… ce serait peut-être une façon efficace d'améliorer ma journée.
-Coraly ?
-Oui, oui, Kurt ! m'exclamé-je. C'est génial, à demain midi, alors ! Faut que j'y aille, là !
-Mais non ! Coraly, tu m'as écoutée ? je t'ai dit que…
-T'inquiète pas, ça va aller ! Allez, à demain !
Et sur ce, j'accélère pour aller rejoindre Sirius qui a le regard perdu devant lui, le visage fermé et les mains profondément enfoncées dans ses poches.
-Salut, Sirius.
Il lève son regard gris vers moi et je lui souris. Il ne dit rien et détourne le regard. Ok. Il m'a pas insulté. Bon signe ?
Je me dis que je serais bien andouille de partir maintenant que je l'ai salué et je m'approche de lui, m'appuyant d'une épaule au mur, près de lui mais pas trop près pour ne pas avoir l'air d'une harceleuse ou je ne sais quoi d'autre.
-La drague passe avec Kurt ? me demande-t-il, impassible.
-Ca… passe, hésité-je.
-Cool.
-Ouais, c'est… cool, fis-je, assez indécise. J'ai appris pour ton oncle, c'est… moche.
Il ne dit rien, ne tremble pas. Il continue de fixer devant lui.
-J'ai perdu mon grand-père, l'année dernière, je l'aimais beaucoup donc… euh, si t'as besoin de parler ou… de parler, et ben… je suis là.
Un rire horriblement gêné me prend en observant le silence qui me répond. Il finit par me regarder et mon cœur loupe un battement. Je ne sais pas s'il me fusille du regard, s'il me regarde simplement ou s'il me demande silencieusement de disparaître, alors je ne fais rien, m'assurant de ne pas cligner d'un seul œil.
-Ok, finit-il par dire sèchement. Je vais pas me mettre à pleurer dans tes bras, Smooter, pour que tu me caresses les cheveux et sèches mes larmes en me chantant des berceuses. Et on va pas parler de Papi qu'est mort ou de ton premier clebs qui s'est enfui. Fous-moi la paix !
-Ah… euh, oh ! D'accord ! fis-je, embarrassée et rouge pivoine. Bonne nuit et euh… je n'ai jamais eu de chien… mais tu t'en fous, je comprends bien…
Petit coup du rire gêné face à son regard toujours aussi gris et froid.
-Ma proposition de « parler » tient toujours, au cas où…
Je toussote. Ok, il faut vraiment que je m'en aille, je m'enfonce. Je ne sais pas d'où ça me vient mais je lui fais un petit geste de la main avant de le quitter. J'ai dû battre le ridicule de ma vie et de l'école en seulement trois minutes.
Note à moi-même : en cas de journée de merde, rester le plus loin possible de Sirius Black.
Allez ! P'tite review pour la route heiiin ? ;)
