Helloooo !
On espère que vous allez bien, que vous kiffez votre vie et que vous restez bien au chaud :)
Bonne lecture !
Coralie : ooooh Coraliiiie ! On se souvient de toi, tu faisais partie des plus fidèles revieweuses ! ça fait chaud au coeur dis donc ! on est heureuse de savoir que la formule de nos écrits te plaît malgré l'âge qu'on a toutes pris ;) On espère que tu vas rester à fond et que la suite va te plaire (en effet Kenneth et Hanabi sont pas les plus... cool !) Bisous à toi :)
Chapitre 19
Les effluves des restes de ragoûts se dispersent peu-à-peu. Les rayons du soleil tiédissent le cuir du fauteuil, dehors l'herbe luit encore de l'averse. Papa abat ses cartes sur la table basse, s'esclaffant de plaisir. Mon beau-frère bon joueur accepte volontiers cette cinquième défaite. Peter a cessé de pleurer, je crois bien qu'Abaigh a réussi à le coucher pour la sieste. Maman fait la vaisselle dans la cuisine, je lui avais pourtant dit de me faire savoir si elle avait besoin de moi. Comme d'habitude, bien trop fière pour demander de l'aide et bien trop heureuse de nous avoir à la maison.
« Ta mère, tu la connais ! Une vraie tête de mule !
- On ne se demande plus de qui tient Eanna...
- Ah ça ta soeur a de qui tenir, soupire-t-il avec tristesse. »
Je sais combien Eanna lui manque. Elle qui était revenue vivre à la maison et s'occuper de le distraire. Je sais qu'il espérait qu'elle accepte le travail à la paroisse que le prêtre lui avait proposé. La savoir en Irlande loin de nous lui brise autant le coeur qu'à maman, mais contrairement à elle mon père est incapable de dissimuler ses émotions. Nialh a de qui tenir. Sa main dans la mienne est ridé et sèche, soudainement bien fragile. Lui qui m'a toujours apparu comme l'homme de tête, l'indéracinable patriarche... n'est finalement pas aussi dur qui a toujours bien voulu nous le faire croire lorsqu'on était petit.
« Je vais lui donner un coup de main.
- Si jamais elle te laisse l'aider ! »
J'embrasse sa joue. Dans le hall, Abaigh au milieu des escaliers m'intercepte. Elle a la mine inquiète et me fait m'assoir sur les premières marches. Oh, elle ne veut sans doute pas que maman l'entende. Sa main caresse doucement son ventre rond.
« Nialh a peut être réussi à faire croire à maman que tout allait bien mais on ne va pas me dire qu'il est en pleine forme alors qu'il est allongé dans sa chambre de gosse le regard dans le vide. »
Ma sœur a toujours était très lucide et d'une acuité maternelle relevant presque du pouvoir surnaturel. Elle me décoche un regard inquiet.
« Qu'est-ce qui lui est arrivé ? Je sais bien qu'il ne me dit rien à moi... »
Je perçois dans sa voix sa frustration et presque une pointe d'envie lorsqu'elle me décoche un regard. Je lui souris.
« Il a eu un weekend difficile avec sa petite-amie.
- Oh, d'accord... Je vais lui faire un chocolat chaud. »
Avec une lenteur prudente elle se relève et file vers la cuisine, guidée par cette inconditionnelle affection qui marque chaque petit geste qu'elle a toujours eu envers nous, les petits, les cadets : Sibby et Nia. Le bois de l'escalier craque sous mes pieds alors que je monte à l'étage. Tachant de ne pas réveiller mon neveu j'avance en silence jusqu'à la chambre d'enfant de Nialh. Elle n'a pas changé depuis qu'il l'a quitté pour l'université. Ses statues de Dragon Ball Z sont encore là, témoignage de sa passion pour les mangas quand il était ado. Sur le mur sont encore accrochés des posters de groupes de rock aujourd'hui complètement oubliés. Les portes de l'armoire sont recouvertes de stickers des 20 états américain qu'il a visité pendant un road trip de trois mois à la fin de ses études à Ilvermorny. Il est quant à lui allongé sur le dos dans son lit où les draps sont toujours à l'effigie de Buz l'éclair. Mon cœur se serre, mon petit frère toujours si optimiste et étourdi, que j'ai presque fini par croire intouchable, se dévoile soudainement dans toute sa tristesse.
« Hey.. »
Je viens m'assoir sur le rebord du lit, il tourne son regard vers moi. Pas une larme dans ses yeux pourtant gonflés d'une bouleversante lassitude. La colère gronde dans ma gorge, me serrant la mâchoire.
« Elle ne te méritait pas.
- Peut être que c'est moi qui la méritait pas.
- Dis pas ça, tu as été honnête et loyal envers elle.
- Ah ça ! Ricane-t-il, ça m'a bien servi dis donc...
- Si elle a pas été capable de comprendre combien c'est important...
- Personne n'a jamais compris apparemment.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? Froncé-je les sourcils.
- C'est quoi le problème des filles hein ? Tu fais tout pour être le mec parfait, tu t'investie, tu finis par presque tomber amoureux d'elle, s'étrange-t-il, tout ça pour ça. Comme toujours. C'est toujours comme ça. »
Je m'allonge à côté de lui, posant ma tête sur son épaule. Il n'a probablement pas envie de parler de ses déboires amoureux dont je ne connaissais pas l'existence. Il a honte, honte de lui-même. Derrière son sourire et ses blagues débonnaires mon frère a honte de se faire jeter sans une excuse. De s'être fait trop de fois avoir par des filles. Et c'est vrai que peu sont venus plus de trois fois à la maison.
« Ce n'est pas toujours comme ça, tu n'as juste pas rencontré la bonne personne, celle avec qui tout sera si simple que tu n'auras pas besoin d'avoir à te forcer à être le « parfait petit ami » pour lui plaire.
- C'est une réplique de Star Treck ?
- Non idiot ! Le frappé-je en riant. »
Il pousse un sourire, posa sa joue sur mon crâne.
« T'inquiète pas va.
- Heeeey... chuchote Abaigh en ouvrant la porte – suivie par trois tasses de chocolat chaud recouverte de marshmallows. Je peux venir ?
- Bien sûr, l'encouragé-je.
- En plus, t'es bien accompagnée, fait Nialh la bouche couverte de crème. »
Ma grande sœur a un sourire soulagé avant de s'assoir et de prendre une gorgé. Le marshmallow fond délicieusement sous la langue. J'ai bien envie de regarde un film...
«Ca me dit bien, j'ai pas vu le nouvel épisode de Sense8 ! Répond Abaigh. »
J'ai la meilleure grande sœur au monde.
OoOoOo
Enfin en vacances. Les chaussures valsent dans l'entrée, mon porte-manteau récupère agilement mon manteau et mon écharpe. J'agite ma baguette pour lancer un chocolat chaud, la casserole s'agite aussitôt. Renversant au passage un livre du plan de travail. Il serait sûrement temps de faire un peu le tri dans mes bouquins et mes magazines qui s'entassent dans tous les coins... On verra bien. Au moins j'ai pris de l'avance dans la correction de mes copies ce soir... Pfff commander quelque chose prendra moins de temps que de cuisiner. J'enfile mon sweat-shirt Alien et mon jogging, et m'effondre sur mon canapé.
« Tu m'ferais pas un chocolat chaud aussi ? »
Un cri de surprise, je bondis du sofa. Nialh !
« Bon sang Nialh !
- Ben quoi ? Fait-il la bouche pleine. »
Merlin... Mon frère est vautré dans mon fauteuil, à se goiffrer de glace au chocolat. Dans mon peignoir de bain lavande – je suppose donc qu'il a pris une douche... Et qu'il est probablement en caleçon dessous. Ses cheveux bruns sont encore humides sur son front. Respire Sibéal... Mon cœur retrouve peu-à-peu un rythme normal.
« Nia va falloir arrêter de venir comme ça... Et d'ailleurs, comment t'es rentré cette fois-ci ? En soudoyant Tom ?
- Naaan ta gargouille me snobe ! Pourquoi ya un problème ?
- Pas que ça me gène de t'avoir à l'appartement hein... commencé-je, mais ça serait sympa de prévenir hein...
- Pourquoi ? T'as un truc de prévu ? Fait-il suspicieusement.
- Nialh, coupé-je en m'asseyant près de lui, qu'est-ce que tu fais là ?
- Elle était à l'appart. Pour récupérer ses affaires. »
Oh. Je vois. Je le conforte d'une caresse dans le dos, dans cet accoutrement improbable, il me semble vraiment au fond du trou.
« Bon un chocolat chaud alors ? Tu as mangé quelque chose ? J'veux dire autre chose que ma glace ?
- On commande ? Propose-t-il.
- Ben écoute si... »
Tom la gargouille pousse le cri caractéristique que quelqu'un est à la porte. Hein ? A neuf heure et demi ? Probablement Nak venue voir comme s'est passé la conférence avec les septième années et Peterson aujourd'hui. D'un coup de baguette j'ouvre la porte.
« A TAAAAABLE ! Sib j'espère que t'as la dalle, c'est chaud ! »
Murdock. Balance ses chaussures, sa veste et envoie atterrir les pizzas sur ma table basse avant de s'y écrouler en moins de dix secondes. Médusée je le dévisage ouvrir la boite d'une pizza.
«Par les couilles d'Horn ! Y'a pas de sauce piquante ! Nan mais ils se foutent du monde ! Sib t'en as pas ?
- Euh, dans le placard... Du bas...
D'un pas ferme et bruyant il disparaît dans la cuisine. Je tourne les yeux sur mon frère. Sa culière de glace à mi-chemin de sa bouche, me dévisageant avec intensité. J'ouvre la bouche, qu'est-ce qu'il va s'imaginer !
« Ah d'accooooord... C'est pour ça que... tu veux que j'préviennes...
- Hein ?
- Nan mais j'comprends hein ! Fait-il moqueur.
- Ce n'est pas du tout ce que tu crois !
- SIB ! TU L'AS MIS OU CETTE MERDE ?!
- Ah ben c'est certain ! Rit-il.
- Je savais même pas qu'il...
- T'inquièèèète, se lève-t-il. Je vais pas incruster ta petite soirée avec ton copain ! »
Il se lève, son pot de glace sous la main, mon peignoir encore sur le dos et traverse la pièce jusqu'à l'entrée.
« Euh... où vas-tu habillé comme ça ?
- Oh t'inquiète, fait-il avec un clin d'oeil, j'crois que Mohvo glande ce soir... T'inquiète oas pour moi soeurette. »
Il ouvra la porte d'entrée et avec un clin d'oeil narquois lâche : « Amuse-toi biiiiien ! » Murdock me ramène à la réalité – mon frère en caleçon et peignoir vient de sortir de mon appart... et a volé ma glace !
« Ben il est où le frangin ?
- Euh... Il voulait pas déranger...
- Déranger ? Fronce-t-il les sourcils en s'asseyant. Déranger quoi ?
- C'est bien ce que je me demande... Et sinon euh...
- Ben tant pis pour sa trogne, ça en fera plus pour nous ! »
Et il me balance de pizza dégoulinante de sauce piquante dans une assiette.
OoOoOo
« Je suis désolée pour mon frère...
- T'inquiète pas ! On a passé une super soirée ! m'assure Nak.
- Avec des pancakes ?
- Est-ce qu'il existe des supers soirées sans pancakes ? s'exclame-t-elle.
- Tu marques un point !
- Du coup il voulait quoi Murdock ? avale-t-elle une bouchée de gâteau en dévisageant du coin de l'oeil notre demi-nain commander une bière à Chad
- Oh rien tu sais... Fêter les vacances de Noël. »
Et probablement me réconforter, parce que j'ai rendez-vous à la fin des vacances avec le conseil d'administration. Il paraît qu'ils veulent me coller une inspection pour voir si je fais correctement mon travail. Je ne l'ai pas encore dit à Anak, je n'ai pas envie qu'elle s'inquiète. C'est Noël.
« Et avec Peterson ?
- C'est lui qui l'a encadré lors de la conférence, heureusement... J'aurais pu le décalquer dans le mur... marmonné-je.
- Bon alors les filles ! S'exclame Murdock. Ce vol à dos de dragon, on s'le fait quand ?
- Je suis trop impatiente ! Demain ? S'écrit Anak.
- Demain ? me demande-il.
- Demain ! m'écrié-je.
- AAAAAH voilà ce que j'avais envie d'entendre ! »
Il pose ses bras sur nos épaules et beugle notre cri de guerre. Anak lève son chocolat chaud en l'air avant que je parte dans un fou rire.
OoOoOo
« Moi tant que ya pas Smog je me fiche de savoir sur lequel je vais monter !
- Smog ?
- Dans le Hobbit, le dragon qui garde le trésor sous la montagne... expliqué-je.
- Jamais entendu parler ! Claque le gobelin agacé. Bon du coup j'vous mets le rouge ! »
D'un geste sec qui m'envoie balader et me tourne le dos... Bon... Je pensais pas que parler de Biblo le Hobbit pourrait vexer le patron de la réserve à dragons. J'avais bien remarqué son petit air dédaigneux quand il a jeté un coup d'oeil à mon t-shirt – je ne savais pas que c'était un crime d'être fan d'Asimov... Murdock dans ses rangers a l'air de partir en guerre, et avec son inséparable bonnet sur la tête. Alors oui, il est petit de taille mais... qu'est-ce qu'il peut être viril. Je rougie et baisse les yeux sur mes baskets.
« Hé Sib. »
Il se gratte la barbe, oh... Il ne sait pas comment me demander quelque chose.
« Tu as pas dit à Anak pour l'inspection. »
Okay, il a dépassé le stade de la question pour aller directement à l'affirmation. Il vient s'appuyer sur le banc où je suis assise.
« Pourquoi ?
- Je n'avais pas envie de l'inquiéter. De toute façon, elle ne peut rien y faire.
- C'est le rôle d'un ami de s'inquiéter Sib, corrige-t-il. C'est naturel, okay.
- Ouais... je sais, je sais.
- Ah ben apparement pas hein ! Je t'explique, elle s'inquiète parce qu'elle tient à toi. Je m'inquiète parce que je tiens à toi. »
Une bouffée de chaleur me serre l'estomac. Toute sa confiance en lui se déverse sur moi, lui qui ne fait jamais dans le sentimental... Je souffle un faible « merci », parce que ça me touche qu'il me considère comme une amie, ça me touche qu'il fasse attention à moi, qu'il s'inquiète de mon sort. Ca me fait un bien et un plaisir fou. Je m'étouffe dans mes mots.
« On est tes amis, faut nous faire confiance. Faut que tu acceptes de tout lui dire à elle aussi, Sibby. Okay ?
- Okay... »
Il plante ses yeux bruns dans les miens, comme pour enfoncer ses paroles dans mon crâne comme il le ferait avec un marteau et un burin. Je finis par hocher imperceptiblement la tête. Un large sourire fend soudainement son visage, illuminant aussitôt le mien. Il passe son bras autour de mon épaule et lâche :
« Prête pour le rodéo ?! »
OoOo
« Ya un problème avec Murdock ?
- Oh non...
- Non parce qu'il a l'air de te jeter un regard insistant, souffle-t-elle derrière sa main, si tu vois ce que je veux dire...
- Je vois bien oui, soufflé-je la même manière. »
Ses épais cheveux sont remontés sur son crâne, mes lunettes ont été troquées pour une paire pour le vol ensorcelée à ma vue. Murdock apprend à sceller un dragon, mais ne manque pas de nous observer.
« Anak... Faut que je te dise un truc...
- Ah non hein, fait-elle, tu vas pas me faire le coup que tu as le vertige !
- Quoi ? Non, non, t'inquiète ! Répondis-je amusée. C'est pas ça. Je... je voulais pas t'en parler au départ parce que je veux pas t'inquiéter.
- Sib, c'est en me disant rien que tu m'inquiètes... »
Elle pose doucement sa sur mon bras. Ca me brise tout à coup le cœur de la voir contrariée à cause de moi, peut-être même blessée que je lui cache quelque chose. Elle doit penser que je ne la considère par comme mon amie... Mais la honte était le problème, pas elle.
« C'est juste que j'ai un peu honte, avoué-je.
- Honte ? fronce-t-elle les sourcils, honte de quoi ?
- Ben... je suis convoquée par le conseil d'administration. Apparemment ils... ils veulent me coller une inspection...
- Pff ! Laisse-les venir ces crétins ! Marmonne-t-elle, ils vont rien trouver !
- Tu sais ces gens-là ils suffisent qu'il voit mes pins sur mon sac pour dire que je suis pas professionnelle et pas qualifiée...
- Non mais d'où ils... fulmine-t-elle, Peterson j'veux le buter à coup d'uppercut dans la gueule, il va pas comprendre sa douleur le merdeux ! »
Un rire nerveux m'échappe. Elle a le visage fermé et sérieux. J'ai un regret.
« Je voulais pas que tu te prennes la tête pour ça pendant les vacances...
- N'importe quoi Sib ! »
Elle m'enfouit dans une étreinte, mes bras s'enroulent autour des siens alors qu'elle me dit à l'oreille. Elle n'a pas l'air de m'en vouloir de lui avoir cacher. Murdock avait raison, comment ai-je pu penser un instant qu'elle serait vexée de ne pas avoir été mis au courant ? Qu'elle ne serait pas compréhensive ?
« C'est à ça que servent les amis, d'acc Sibby ? »
Pensez à nous laissez votre avis !
