Coucou !
Alors, c'est bientôt le week end ? Vous allez pouvoir vous reposer c'est pas super ça ?
Gros bisous à nos fidèles reviewseuses :D
Et puis bonne lecture de ce chapitre particulièrelent long (ce qui n'est pas pour vous déplaire j'imagine !)
Chapitre 29 :
Je pousse les larges portes de la Grande Salle d'un coup de baguette brutal. La luminosité de la pièce m'agresse aussitôt avec son plafond magique qui reflète le ciel bleu qui s'étire dehors. Je déteste le bleu ! Comment, par la queue fourchue de Satan, osent-ils ne pas éteindre ce bon sang de plafond en cette satanée matinée ?
Je porte une main à mes yeux, en accentuant mon froncement de sourcils qui ne m'a pas lâchée depuis que je suis sortie de mon lit. J'ai un de ces maux de crane qui me donne terriblement envie de m'arracher les yeux ou de m'éclater le front contre un mur. J'ai pris trois-quarts d'heure à me maquiller et j'arrivais à peine à tenir debout dans la douche. Si je me demandais encore pourquoi j'ai décidé que Katarina ne boira jamais une goutte d'alcool et ne finira certainement pas bourrée, maintenant je le sais. Quand je pense que j'ai plus ou moins laissé Angelo –j'ai abandonné l'idée de l'appeler Rossi…- m'embrasser et que je me suis endormie dans ses bras… ma mission ignorons-évitons-Angelo-Rossi a été un véritable échec.
D'ailleurs, quelque chose me taraude depuis que je me suis réveillée dans mon lit, ce matin. Comment est-ce que j'ai réussi à retourner dans mon dortoir ? Mais bon, ce n'est pas franchement le détail le plus important.
Ce dont j'ai besoin surtout, là, maintenant, c'est d'une potion anti-gueule-de-bois. J'ai entendu Julian et Louis en parler pleins de fois. Les yeux à peine ouverts à cause de la douleur –et pas le bon genre-, je cherche en vain Louis du regard. Les cours commencent dans peu de temps et pourtant, il est introuvable. Quelque chose me dit que Princesse Delacour ne s'est pas levé.
Je soupire et je vais à ma table, retournant tous mes espoirs sur Julian. Je ne lui ai quasiment pas parlé depuis que cet abruti sans nom se coltine sa Gilbert du matin au soir. Hors de question que je me trouve à un périmètre de moins de dix mètres de cette sainte-nitouche ou je finirais par l'écorcher vive au bout de deux minutes et trente secondes. Je m'assois donc à côté de Julian, poussant violemment Betinson qui lui faisait désespérément les yeux doux. Pauvre fille. Il est avec une autre, ne lui portant pas la moindre attention, et elle continue de s'accrocher lamentablement. Elle ne doit pas connaître l'existence de l'estime de soi.
-Bones, déclaré-je tandis qu'il boit son café noir. M'faut de ta potion anti-gueule-de-bois.
-Ah, tiens, une revenante… ou devrais-je dire un zombi, vu ta gueule !
Sa voix prend son plus beau ton mauvais et aigre. Je soupire avec impatience. Il ne va pas me faire son capricieux, maintenant !
-Un zombi qui va te bouffer si tu lui donnes pas sa putain de bordel de merde de potion.
-Qu'est-ce que tu crois, exactement, Kata ? s'énerve-t-il. Que tu peux revenir voir ton meilleur pote que t'as ignoré depuis deux semaines, juste parce que t'as besoin de lui ?
-T'es sérieux, Julian ? Tu vas me faire le numéro du petit chiot délaissé par sa môman ? J'ai envie de crucifier ta putain de copine à chaque fois que je vois ses boucles d'angelot et ses yeux de biches.
-Moi aussi ! crache Betinson. Gilbert est une vraie conne, elle te mérite pas, Julian !
-On t'a pas sonnée, la morue punk, répliqué-je, sentant mon cerveau se rétrécir sous l'offensive de la voix de crécelle de Betinson. File-moi de ta potion, Bones, c'est vraiment pas le moment pour une de tes scènes.
-Tu peux crever, Kata-chérie, minaude-t-il, venimeux. Et depuis quand tu te bourres la gueule ? On se met à faire n'importe quoi maintenant que t'es potes avec cette bande de naze ? Tu crois que j'ai pas entendu parler de ton p'tit strip pour ton gorille ?
Je soupire. Il est obligé de me faire la parlotte alors que j'ai toute une armée d'ouvrier qui me monte un chemin ferroviaire dans mon crane, en tapant bien fort de leur marteau sur les railles ? Je m'accoude à la table, me massant les tempes.
-C'était pour le barman, avoué-je avec lassitude. Alcool illimité, ma biche, tu peux respecter ça, non, en tant que roi des dépravés ?
-Ouais, c'est ça, ricane-t-on. On se dévergonde, ma gothique ? La prochaine fois, c'est quoi, je te trouve dans un bordel à faire la promotion sur les pipes ?
Je soulève lentement la tête de mes mains, n'en croyant à peine mes oreilles. Il se croit où, le Julian Bones ? Deux semaines qu'il ne me parle plus et il ne se sent plus, pensant qu'il peut me parler comme à tous les autres détritus sur pattes qui pullulent dans ce château. Je vais lui remettre les idées en place, moi. Il y a un silence de plomb parmi les outsiders tandis que je fixe Julian qui me rend la pareille, me provoquant presque de répliquer quoique ce soit. Je me lève donc avec la même lenteur et pose une main sur l'une de ses épaules avant de lui dire :
-Ouais, tu sais quoi, mec, je m'en fous. J'ai pas autant besoin de cette potion que toi d'un shampouing.
Il me répond par un sourire moqueur et supérieur avant de se tourner vers Beckett qui ricane, l'air de dire « elle a rien de mieux que ça, sérieux ? », avant de passer sa main dans ses cheveux châtain-clairs dont il prend un soin extrême. J'attrape la petite bouteille d'huile qui est à côté du vinaigre et je croise le regard de poisson-rouge des jumelles Van Meer. L'ombre d'un sourire pointe son nez dans leurs visages disgracieux tandis que je tiens la bouteille au-dessus de la tête prétentieuse de mon meilleur ami et ça rajoute à ma jubilation. J'ai réussi à provoquer une émotion chez ces robots pervers ?
Je souris donc largement en vidant avec délice l'huile qui se déverse sur le crane de Julian. Il se pétrifie, ne faisant pas un geste et j'entends des exclamations choquées dans toute la salle. Je lui colle la bouteille dans les mains quand il se retourne vers moi, ne réalisant toujours pas que je viens belle et bien de l'huiler jusqu'à la racine des cheveux.
-Miss Collins ! s'écrie McGonagall. Qu'est-ce que ça veut dire ?! Vingt points en moins pour Serpentard et une heure de colle pour vous, jeune fille !
Ca a le don de réveiller mon mal de crane qui s'ébroue comme un cheval en fureur. Et tandis que Julian bondit du banc en me traitant de tous les noms, retenue de justesse par Malefoy et un autre Serpentard, je tourne les talons en m'exclamant :
-Y'a pas de Collins, c'est Ka-ta-ri-na ! MERLIN !
Et Katarina veut de la potion anti-gueule-de-bois !
xOxOxO
Je pousse avec humeur l'écossais qui n'est pas dans un état plus glorieux que moi mais qui m'a fait une queue de poisson devant l'entrée de la salle du cours de Potion. Il pourrait être solidaire, on est deux à avoir une gueule-de-bois carabinée, par Belzébuth ! Il me lance un regard noir en grognon et je me retiens de le mordre. De toute façon, je n'ai pas la force. Je n'ai toujours pas réussi à me dégoter de potion anti-gueule-de-bois.
-Oulà, fait Gendrick en nous voyant tous les deux. Ca va vous deux ? Vous êtes malades ? s'inquiète-t-il naïvement.
-Si, Calum va bien, il est juste un peu fatigué, répond la copine de l'écossais en caressant le bras de celui-ci. Et Katarina est… euh… fatiguée, aussi.
Je roule des yeux et me laisse tomber sur la chaise de ma table au devant de la salle, et m'écroule pratiquement sur celle-ci, la tête dans les bras. J'entends à peine Ed me saluer. Cette journée va être infernale si je ne trouve pas un blaireau pour me passer de la potion anti-gueule-de-bois. Une main chaude se pose sur mon épaule et je sais immédiatement qu'il y a de l'italien dans l'air.
-Hé, tu te sens bien ?
Je redresse un peu la tête, n'arrivant pas à retenir un sourire malgré mon mal de crane et tout le reste quand je croise le regard noir d'Angelo. Je suppose qu'on est en assez bon termes puisqu'il m'a empêchée de me foutre à poil devant une quinzaine de mes camarades et tout un pub, et qu'il m'a ensuite servie d'oreiller et, avec de grandes chances, de tiqué de retour dans mon lit. Je ne peux pas ignorer ces gestes attentionnés indéfiniment… alors, disons que… on est amis… voilà. Je suis amie avec Angelo Rossi.
Je fais la grimace. Ca sonne moyennement bien.
-T'es vraiment une garce, Katarina, siffle Beckett qui passe dans la rangée, derrière Angelo. Tu peux pas t'empêcher, hein, de faire péter les plombs à Julian ?
-Ecrase, Beckett.
Et j'ouvre de grands yeux parce que ce n'est pas moi qui ai lâché ces deux mots sèchement. J'aurais bien aimé mais ma gueule de bois freine un peu mes reflexes agressifs. Au lieu de ça, c'est la voix grave et aux accents italiens qui a envoyé Beckett se faire voir. Et il est tout aussi choqué que moi par l'intervention d'Angelo qui lui lance un regard froid. Beckett est peut-être un punk, revendiquant des idées de rebellion et de discorde, d'anarchie et de cataclysme mais c'est un vrai roquet. Il aboie, grogne et fait chier son monde en sautillant sur place mais jamais il n'a les citrouilles de mordre. Surtout qu'Angelo est une sacrée baraque, Beckett ne doit pas mourir envie de se prendre une baigne. Il s'éloigne donc sans demander sans reste. Mais je ne le regarde qu'à peine, fixant plutôt Angelo qui se retourne vers moi. Je n'ai pas franchement l'habitude qu'on prenne ma défense. C'est toujours moi qui m'en charge moi-même, à part les quelques fois que Julian a des élans protecteurs. Et je ne m'en suis jamais plainte. Après tout, je suis Katarina, je n'ai besoin de personne. N'empêche que c'est une sensation étrange et je dois me retenir de le remercier.
Angelo s'en va à son tour pour aller s'assoir à côté de Quinn qui sourit largement à Ed, à côté de moi. Gendrick commence son cours et je le regarde, l'écoutant à moitié, le menton dans les mains.
-C'est mignon ce qu'il a fait, Angel, remarque Ed avec un sourire en coin.
-Dégueu, fis-je avec une grimace. Employer le mot « mignon » salit toute la situation.
-Rho, allez, au fond, je suis sûre que t'adores ce qui est mignon…, réplique-t-elle avec un petit coup de coude taquin. Après tout, t'adores Louis !
-A peine.
-Comme t'adores Angel…
-Va donc sauter sur Quinn, qu'on en finisse.
Elle pique un fard et me demande de baisser le ton avec agitation. Je roule des yeux. Vu le foutoir qu'il y a durant chaque cours avec Gendrick, il n'y a pas l'ombre d'une chance pour que quelqu'un m'ait entendu.
-T'as de l'anti-gueule-de-bois, Ed ?
-Non, désolée, Kat…
Je grogne de mécontentement. Va falloir que je chope son prince-charmant à la sortie de ce cours, Quinn est mon dernier recours avant que je traumatise le premier que je croise.
Il me faut cette satanée potion ou je vais faire péter le toit de ce château !
xOxOxO
-Je vais donc vérifier que vous avez bien fait vos exercices personnels, nous apprend McGonagall. Je rappelle pour M. Potter qui semble rattraper sa nuit sur son pupitre que ces exercices consistaient à réussir à changer un élément périssable, tel qu'un fruit, une feuille ou encore un légume, en instrument de musique.
Je prends note de toute l'utilité de la chose, me demandant pourquoi Diable je me suis levée ce matin et n'aie pas suivi l'attitude de Louis qui est manifestement resté couché puisqu'il n'est pas à côté de moi. Il est maintenant 10h30 et je me sens un peu moins morte-vivante. Quinn n'avait pas de potion gueule-de-bois mais il m'a filé de l'aspirine. Je lui ai piqué tout son paquet et j'en ai pris quatre, sous son regard horrifié. Il a quasiment fait une crise d'apoplexie, me jurant que j'allais mourir en convulsant et en bavant comme un troll enragé. Et il a failli s'évanouir quand je lui ai dit que c'était bien que ce que j'espérais. Petite nature, ce garçon, mais, ma foi, bien utile.
Potter se redresse sur sa chaise, en remettant droit ses lunettes, sous le regard sévère de McGonagall et elle appelle sa cousine Wealsey pour venir changer une poire en cornemuse. Toute la salle regarde la Wealsey brune se concentrer et pratiquement faire des exercices de respirations et d'échauffement avant de pointer sa baguette sur le fruit qui n'a pas bronché.
C'est à ce moment qu'on frappe à la porte.
-Entrez ! lance McGonagall.
Et la porte s'ouvre sur un Louis échevelé. Il est à bout de souffle, ses cheveux sont humides et dans tous les sens. Sa chemise est à moitié entrée dans son pantalon d'uniforme, son blason de Gryffondor de travers et sa cravate rouge et or est mise n'importe comment. Ses yeux bleus sont tout rouges et son visage est décomposé par la honte.
-Je suis si désolé, professeur McGonagall, je… j'ai eu une affreuse panne de réveil, j'ai-j'ai mal dormi cette nuit et, après, il a fallu que je me douche… et j'ai glissé et je suis tombé, et…
-Bien, bien, bien ! le coupe McGonagall avec agacement. Ca ne fait rien, Monsieur Wealsey, allez donc vous assoir et en silence. Miss Wealsey, retournez à votre métamorphose.
Louis et Wealsey s'échangent un sourire de cousins avant qu'il ne se dépêche à venir s'assoir à côté moi. Il pose son sac et en sort son cours, en me chuchotant un « Bonjour, Katy ! » empressé. Il a une belle gueule de bois lui aussi.
-T'as pas de la potion anti-gueule de bois, Delacour ? me penché-je pour lui demander.
Je sais qu'il s'appelle Wealsey, officiellement, mais vue toute la tribu de Wealsey qu'il y a dans cette école, je préfère de loin l'appeler par le nom de famille de sa mère. Et je crois qu'il préfère, lui aussi. Il me lance un regard penaud.
-Non, c'est Lian qui m'en donne à chaque fois… il faut que je le trouve… j'ai vraiment mal à a tête…
-Tu lui en prendras pour moi, lui dis-je. En attendant, prends ça.
Je fais glisser vers lui deux aspirines et une bouteille d'eau. Il lance un regard agité à McGonagall qui est bien trop occupée par observer les gestes de baguette de Belinda Jackson, qu'elle a appelé sur l'estrade après que Wealsey ait réussi à métamorphoser sa poire, pour voir que Louis avale des médocs.
Le cours se poursuit avec une lenteur terrifiante mais on finit par arriver à bout. Louis et moi sommes les derniers à sortir de classe, trainant littéralement des pieds. L'aspirine, c'est gentil mais ça va pas suffire. Je vais vraiment me défouler sur quelqu'un, si ça continue comme ça. Je reprends deux aspirines.
-Hey, Katarina !
Je me retourne avec Louis pour voir nulle autre qu'Erysse Gilbert débouler devant nous. Je fronce les sourcils, lui jetant un regard menaçant. Elle veut vraiment que je la tue, cette greluche ? Louis enroule son bras autour du mien et je suis sûre que c'est pour m'empêcher de décapiter sans plus réfléchir la jolie brune qui est maintenant à moins de deux mètres de nous. Je jette un regard acéré au blondinet.
-Tu veux que je t'utilises comme massue pour l'assommer ? le menacé-je. Lâche-moi !
Louis me lâche en faisant la moue et je me retourne sur Gilbert.
-Qu'est-ce que tu veux, Gilbert ? aboyé-je.
-J'ai entendu que tu cherchais de la potion anti-gueule-de-bois alors, voilà, tiens…
Et elle me tend un flacon que j'attrape en haussant un sourcil. Elle me présente son plus beau sourire innocent et j'ai envie de l'arracher de son visage parfait à mains nues.
-Tu te fous de ma gueule, Gilbert ? m'enquis-je. Qu'est-ce qui te fait croire que je veux quoique ce soit d'une pimbêche dans ton genre ? Tu sors déjà avec mon handicapé mental de meilleur ami, je crois qu'on partage déjà beaucoup de trop de choses.
-Euuh… je peux l'avoir, si t'en veux pas ?
Je tape la main de Louis qui essayait timidement d'attraper le flacon et il jappe de douleur. Je croise les bras, dardant un regard hostile sur Gilbert qui soupire.
-Ecoute, Katarina, je sais qu'on est pas partie sur de bonnes bases mais tu peux pas juste cesser de parler à Julian seulement parce qu'il sort avec moi, je veux dire… c'est ton meilleur ami, comme tu l'as dit et…
-C'est pas son seul meilleur ami, se renfrogne Louis.
-Bichette, c'est pas le moment, claqué-je.
Je fais un pas vers elle pour la regarder droit dans ses yeux ourlés de grands cils de princesse prétendument courageuse qui vient faire face à la méchante sorcière pour qu'elle soit gentille avec son prince. Elle croit vraiment que c'est à elle de rétablir tous les problèmes sur Terre alors que c'est elle qui est à l'origine du plus grand triangle amoureux de l'école.
-C'est toi qui vas m'écouter, beauté, crissé-je. On sera pas copines, toutes les deux, alors, garde tes potions de merde. Je préfère rouler une pelle au cadavre d'Albus Dumbledore plutôt que d'accepter quoique ce soit de toi. Et Merlin sait que j'aime pas les vieux gentils pépé gâteux à la barbe blanche style Papa Noël, même morts depuis vingt ans et dévorés par les asticots.
Gilbert déglutit et je laisse tomber la potion à ses pieds, la faisant éclater au sol en milliers de morceaux. Je lui lance un dernier regard froid avant de la dépasser, entendant aussitôt Louis me suivre, en s'excusant auprès de Gilbert pour mon « tempérament un brin impulsif ».
-C'est pas la peine d'être une telle garce avec tout le monde, entendis-je Gilbert lâcher derrière moi.
Je m'arrête soudainement et me retourne vers elle, le regard plissé. Louis fait de grands gestes à Gilbert pour lui dire de ne rien rajouter mais visiblement elle ne comprend pas grand-chose puisqu'elle a pris son air le plus déterminé.
-Tu as des problèmes familiaux ? me demande-t-elle. C'est pour ça que t'es… comme ça ? Tout en noir et agressive ? Certains disent que ton père…
Elle hésite un moment avec gêne et toussote. Je la regarde faire, à présent très amusée par la situation. J'ai moi aussi entendu les échos de ce genre de rumeurs. Comme quoi le sosie de la fille de la famille Adams ne pouvait venir que d'une maison de dérangés. Mais comme ils ont vu ma sœur à Poudlard, avant moi, et qu'elle paraissait très équilibrée, la conclusion a été qu'il s'est passé quelque chose après que Miley ait quitté l'école.
-Que mon père abuse de moi et me viole sauvagement dans mon lit, en me disant bonne nuit ? proposé-je avec moquerie. Ah oui… ça expliquerait le maquillage, le noir, le rat sans poil, les poupées vaudou, les tatouages, le crucifx, les lentilles fantasmagoriques et les extensions violettes…
-C'est pas pour être méchante que je dis ça, Katarina, mais c'est pour t'aider, je peux…
-Tu peux crever, la coupé-je sèchement. J'ai pas besoin d'aide, d'assistance et que tout le monde soit mon ami comme toi. Jusqu'à ce que cet animal décide de me coller aux basques, en Quatrième année, dis-je en désignant Louis qui sourit avec fierté. Mon seul ami était Julian et il passait déjà les trois quarts de son temps avec ses attardés de potes.
Je me fais la réflexion que maintenant Ed compte aussi parmi les quelques rares êtres vivants que je considère comme dignes de mon amitié, avec peut-être un peu Quinn aussi. Et bon, admettons, un peu Malefoy aussi mais seulement quand il arrête d'être complètement cinglé avec sa Wealsey. La gueule de bois m'affaiblit…
-Et c'était mon choix, Gilbert, pas parce que j'avais une famille de détraqués mentaux, repris-je. Et toi, je te méprise profondément. Réprime tes prochaines envies débiles de m'adresser la parole ou je finirai très certainement par t'arracher la langue.
-Elle plaisante, rit nerveusement Louis.
Absolument pas. Je préfère les langues dans des bocaux. Je tourne les talons, attrapant le bras de Louis pour l'emmener à ma suite et m'impatiente :
-Et maintenant, poulette, au lieu de raconter des niaiseries pour rassurer la douce et tendre de notre crétin de Bones, va donc lui chiper de la potion pour nos gueules de bois ! Ca commence à trainasser sévère, cette histoire !
xOxOxO
-J'comprends toujours paaaas, fait Louis en baillant. Pourquoi tu sors pas de nouveau avec Angel ?
-Louis, on est jamais sorti ensemble, ok ? Et on est amis, maintenant.
-Amis ? Et c'est bien ?
-Mais oui, rho…
Je me passe une main lasse sur le visage tandis qu'on entre dans la bibliothèque pour réviser notre contrôle d'Histoire de la Magie de demain. Ca va être dur. Déjà que chaque minute de cette journée a été un supplice, dans le genre supplice pas réjouissant, et que je n'ai pratiquement rien écouté pendant les cours mais alors, devoir réviser un contrôle… Louis n'a pas réussi à convaincre notre emmerdeur de soi-disant meilleur ami, j'ai prénommé l'exécrable Julian Bones, de nous fournir ne serait-ce qu'une goutte de potion anti-gueule-de-bois. Il paraitrait que Gilbert lui ait dit que j'ai fracassé son présent de paix à ses pieds, éclaboussant ses si beeeelles chaussures, et donc, Bones a eu l'audace de dire à Louis qu'on en avait pas tant besoin que ça, de cette potion. Alors, j'ai renvoyé Louis à la charge, lui donnant la consigne de ne pas hésiter sur le gros chagrin bourrée de morve qui coule et de larmes de crocodiles dont il est expert. Et Julian n'a même pas craqué, cette vipère !
Et je ne me suis même pas trouvée la force d'aller l'atomiser. Et même Tumeur qui grignote un bout de concombre qui vient de ma salade de ce soir, sur mon épaule, ne m'agace qu'à peine. Il se trouve qu'avec Louis, nous avons littéralement vidé le paquet d'aspirine de Quinn, et, depuis midi, on ne fait que planer, en somnolant. On a pris une heure et demi pour manger, et à peu près le même temps pour grimper jusqu'à la bibliothèque… Je tuerai des bébés chats avec une pince à épiler si seulement je pouvais aller me coucher. Et, en plus, j'ai encore l'heure de colle pour mon petit assaisonnement de la chevelure de tombeur de Julian. Satan, donnez-moi la force…
J'entre donc dans la bibliothèque, en mode zombi, en attrapant Louis par le col qui n'a pas réussi à viser l'entrée à cause de ses yeux à moitié fermés et s'est payés le chambranle en pleine tronche.
-Ca fait mal…, geint-il en se massant le nez.
Je repère Quinn et Ed à une table… nouveaux frère et sœur siamois par la bouche et la langue… Je donne un coup de coude à Louis qui est à deux doigts de fondre en larme de fatigue et de douleur pour son pauvre nez. J'ai un sourire diabolique, version Katarina-très-fatiguée.
-R'garde moi ça, chaton, ça va te remonter ton petit moral…
-Oooooh…, ronronne-t-il avec une voix digne de Bob Marley dans ses plus bonnes bédaves-parties. C'est mignoooon…
Je tire donc Delacour par le gilet et on se laisse tomber aux tables du nouveau couple de Poudlard qui m'a bien fait poireauter. Entre Malefoy et sa Weasley, et Quinn et son Eddy, j'ai du courage… les deux coupables délient leurs langues –et par délier leur langue, j'entends littéralement- et se retournent vers moi. Les joues Ed rosissent d'un mélange d'embarras et d'excitation qui renforce mon air satisfait tandis que Quinn me lance un terriblement large sourire qui va surement lui laisser des crampes pour toute la nuit.
-Alooors, vous êtes ensemble ? minaude Louis en se relevant, après avoir manqué le banc d'un bon demi-mètre. On est trop content pour vous, Katy et moi ! Vous êtes trognons !
Il pose sa tête sur mon épaule et je roule des yeux. Si seulement j'avais la force de le refaire tomber du banc…
-Merci ! se réjouit Ed, les yeux pétillants.
Quinn se met à écrire sur un large parchemin tandis que je lance un Accio muet à mon livre d'Histoire de la Magie. Je l'ouvre au chapitre de la colonisation des gnomes dans une île magique au Nord de l'Ecosse… je m'accoude sur la table, la tête de Louis s'ajustant tranquillement sur mon épaule, et je rêvasse devant une illustration d'un trio de gnomes bouffant les entrailles d'un sorcier, hurlant au supplice. Je soupire, rêveusement. Voilà, des temps plus sereins.
-Mais, du coup, ça fait combien de temps ? les interroge Louis.
-Et bien… trois heures et trente-huit minutes, répond Ed en lançant un regard plaisantin à sa montre.
-Hééé ! se chagrine paresseusement mon blondinet. Comment ça se fait qu'on apprend ça seulement maintenant ?
-Dis, Barbie-concierge, tu comptes réviser ou bien… ?
Mais Louis m'ignore et continue à discuter avec Ed de sa mise en couple toute fraiche. Je lève les yeux vers Quinn qui se recule un peu pour me montrer son parchemin sur lequel il a écrit en gros « ET ELLE M'A DIT QU'ELLE M'AIMAIT ! :D :P *O* ». Je lève des yeux au plafond mais je n'arrive pas à retenir un petit sourire. Je me doutais que ce bon petit Quinn se sortirait la tête de son arrière-train un peu longuet.
-C'est cool, mon bichon, dis-je avec ma voix fatiguée et trainante. Mais t'aurais pu te passer du défilé de smiley pervers et débiles.
Ed se tourne vers Quinn qui plaque son parchemin en vitesse contre son torse pour que sa dulcinée ne puisse pas lire ses niaiseries, en me lançant un regard plein de tristesse face à ma trahison. Je ricane mollement, la main contre ma joue.
-Mais que faites-vous encore, là, vous ?! s'époumone Pince. Je ferme la bibilothèque, le couvre-feu est dépassé de cinq minutes !
Je n'ai même pas relu une seule phrase de mon cours et j'ai une heure de colle à laver les carreaux de la salle de Métamorphose, complètement shootée à l'aspirine. Youpi Ya, c'est la fête pour la Bar Mitsvahde Lucifer !
xOxOxO
Je m'appuie au mur pour rentrer dans ma salle-commune déserte, complètement lessivée. Je ne sais pas quelle heure il est mais il doit approcher les 22h30, et j'ai l'impression d'avoir passé deux nuits blanches d'affilée. Tumeur s'est endormi dans la poche de ma robe de sorcier customisée par mes soins de dessins glauques que j'ai tracé du bout de ma baguette. Pour la première fois de ma vie, je ne rêve pas de disséquer un de mes concitoyens vivant et d'en sortir le cœur encore palpitant de sa cage thoracique avec un petit air de Mozart, mais juste d'aller me coucher dans mon lit adoré.
Ce n'est qu'au bout de quelques pas que je me rends compte que je ne suis pas toute seule. Julian est appuyé contre le manteau de la cheminée, admirant les braises qui rougeoient encore dans celle-ci. Je ne l'avais pas remarqué parce que bon, ce soir, je tire plus d'un macchabé fraichement déterré que d'un être-vivant, et qu'en plus, la pièce est plongée dans l'obscurité. Il n'y a bien que les dernières traces du feu de cheminée qui permettent encore de se déplacer sans se payer un chandelier en pleine poire. Et moi, les chandeliers, je les aime beaucoup encastrer dans des cranes mais je ne suis pas encore assez atteinte pour en vouloir un dans le mien. Je tiens à mon crane. Il est diablement sexy.
Il semblerait que la fatigue me fasse m'égarer. Je me frotte mes yeux ensommeillés, me fichant complètement pour une fois de ruiner mon maquillage parfait, et je m'avance vers Julian, un sourire narquois prenant forme sur mon visage.
-Bah, alors, Bad Boy, on fait encore son boudin à cause de mon petit coup d'huile dans tes si beaux cheveuuux ? me moqué-je. J'viens de rentrer de ma colle, tu vois que les sorcières dévergondées, apprenties strip-teaseuses, finissent toujours punies alors, c'est bon, pas la peine de jouer ton beau-gosse torturé…
Même la cervelle blindée à l'aspirine, j'arrive à sortir des discours diaboliques. Je suis diabolique. Je m'aime. Mais je finis par froncer des sourcils quand il ne me répond pas et qu'il ne me lance qu'un vague regard. Je m'adosse à mon tour à la cheminée, l'inspectant. Il a définitivement sa tête des mauvais jours.
-Ah ouais, ton heure de colle…, finit-il par dire.
-Qu'est-ce qui va pas, Julian ?
-Erysse m'a larguée.
Mes yeux s'agrandissent plus ou moins, trop fatigués pour exprimer toute la surprise que je ressens. J'ai toujours attendu beaucoup de pathétisme et de superficialité de la part de Gilbert mais quitter un mec après trois semaines de plus ou moins relations, puisqu'il y avait quand même deux semaines de vacances dans tout ce merdier, c'est du haut-niveau.
-J'ai été trop con, lâche-t-il, sans émotion. J'voulais que ce soit parfait, j'me la suis jouée Roméo&Juliette, j'te jure, Kata, jamais je pourrais te faire plus pitié que ce soir. J'ai changé la salle-sur-demande en chambre ultra-romantique avec grand lit avec des putains de pétales de rose, du vin rouge et même une saloperie de tapis en poil d'ours ou j'sais-pas-quoi.
-T'as fait quoi ? m'enquis-je en éclatant de rire. Julian ! Tu devrais être expédié en urgence à Azkaban, c'est presque un crime…
-Tu crois que j'le sais pas ? s'énerve-t-il en me lançant un regard mordant. Mais t'sais, c'était Erysse Gilbert… j'avais pas envie de tout merder… elle est sorti avec le bon-garçon-couillon-et-romantique de référence, après tout…
Je l'observe un moment.
-Et quoi ? Elle a fait une crise d'indigestion de guimauve ? Si c'est le cas, impossible mais vrai, cette pouffe remonterait dans mon estime…
-Non, non, elle m'a juste repoussée en plein préliminaire en se mettant à jurer son putain d'amour pour Cho et que, elle pouvait pas faire ça ! termine-t-il en imitant une voix de jouvencelle blessée.
Et le plus atroce dans cette situation c'est que je n'arrive même pas en rire alors que, très franchement, ce n'est pas la chose la plus drôle que vous ayez entendu de toute votre vie ? Et non, je regarde avec tristesse mon ami d'enfance qui respire difficilement et a les poings tellement crispés que je suis convaincue qu'il se retient de défoncer la moitié du mobilier de notre salle-commune.
-T'as fait quoi ?
-Je l'ai insultée et l'ai démonté verbalement jusqu'à ce qu'elle éclate en larme, me répond-il sombrement. Je lui ai tout dit, Kata, je l'ai traitée de tout… au final, cette connasse est exactement comme ma pute de mère.
Je regarde son regard vert qui est obscurcit par sa fureur froide et sa douleur avant de baisser mes yeux sur les braises. Ca ne m'étonne pas le moins du monde. Julian a toujours réagi comme ça. Dés qu'il est blessé, il insulte, frappe et fait tout ce qu'il peut pour s'en tirer le moins touché des deux. Et quant à sa mère… c'est une plutôt sale histoire. Julian avait neuf ans quand elle s'est tirée avec un type plus riche, laissant son père totalement anéanti sombrer dans l'alcool. Voilà pourquoi Julian, étant mon voisin, a passé la grande majorité des dix dernières années chez moi quand on n'était pas à Poudlard. C'est assez ironique que de nous deux, celui qui a vraiment souffert d'avoir une famille merdique, c'est le beau-gosse qui les fait toutes tomber avec ses manières de mauvais garçons rebelles et non, la gothiques aux tendances violentes et légèrement tueuse-en-série.
-Ouais, finis-je par conclure. Comme si j'avais pas vu ça venir à dix milles kilomètres. Les autres passent encore mais toi, après toutes ses années, tu devrais savoir que Katarina a toujours raison…
-Tu vas sérieusement me faire un sermon ?
Je fais la moue. Bon, d'accord. Je souffle d'exaspération mais je vais le prendre dans mes bras, réveillant par la même occasion Tumeur qui sort de ma poche et va courir sur le torse de Julian.
-Si tu me chiales dessus, Bones, je jure que je te change en brochette et que j'm'improvise un barbec-cheminée.
Il rit en passant ses bras autour de mes épaules pour me maintenir contre lui. J'y crois pas que le Bad Boy de Poudlard soit si câlin… mais mes pensées dérapent quand l'appel de mon lit reprend comme un chant de sirène. Ca me fait penser…
-Alors, je peux avoir cette potion pour la gueule de bois, maintenant ?
Il éclate de rire et sans prévenir, l'un de ses bras monte à ma nuque pour me la bloquer tandis qu'il me frotte le crâne des phalanges de son poing, massacrant ma coiffure mais, surtout, faisant ressurgir mon mal de crâne qui n'était pas bien loin. J'enfonce mes ongles dans son bras en lui criant d'arrêter.
-Alors, on a mal à la têêête ? se moque Julian en continuant son cirque. Ca t'apprendra à faire ta première cuite sans moi, ma goth-chérie !
Je cesse de me débattre, à bout de force, laissant mon enfoiré de pote me poncer généreusement et joyeusement le crane, et je pousse un profond soupir. Plus jamaisje ne boirai de ma vie parce que, par Merlin, qu'est-ce qu'il ne faut pas endurer pour avoir cette foutue potion anti-gueule-de-bois !
