Alors, tout d'abord, merci pour les trois reviews du chapitre précédent qui est notre petit -mais costaud- record pour cette fic ! MERCI A TOUS ! Et nous tenons à dire que vous avoir, nos chers lecteurs abonnés fidèles au poste, vaut bien une foule entière d'acclamation !

Après cette petite phase flatterie, on vous laisse passer à la phase lecture et avec le sourire, bien sûr !


Chapitre 12 :

Sur les marches du palais, un homme maigrichon et très grand tient ce qui semble être une lettre. Il a des cheveux châtain plus courts que la moyenne et des yeux que je vois d'ici très clairs. Il a l'air anxieux au vu de la façon dont il triture la lettre. Je souris. Evidemment qu'il est nerveux ! Quel plus grand moment dans une existence que celui où l'on se retrouve face à face avec l'amour de sa vie ? Je lance un coup d'œil malicieux à Rowana. Il ne va pas être déçu !

Mon amie a passé des heures à se préparer et le résultat en vaut la peine ! Elle s'est bouclé, ses cheveux blonds pour l'évènement, et ses lèvres sont rouge carmin. Elle porte une longue robe rose pâle et serrée qui découvre ses épaules et met en valeur ses formes. Des bijoux brillent à ses oreilles et à son cou mais le plus resplendissant est son sourire qui ne laisse pas de place à l'angoisse pour ne dévoiler qu'une brûlante assurance qu'elle s'apprête à avoir ce qu'elle désirait depuis tant d'années.

Son oncle et Dérinir sont déjà près de lui mais il ne la voit pas encore, cependant les yeux brun clair de Rowana sont déjà plantés sur lui.

-Il est fantastique, dit-elle alors. Tel que je l'imaginais.

Elle tourne son regard vers moi et me déclare solennellement :

-Je vais être heureuse avec lui, Neaffa !

Je me mordille la lèvre d'émotion et de joie, et pose une main sur l'un de ses bras découverts.

-Ne le faisons pas patienter plus longtemps ! m'écrié-je.

Elle a un petit rire de jubilation et m'attrape la main pour m'attirer à sa suite. Quand nous nous mettons à monter les marches, les yeux du fiancé de Rowana se posent alors sur nous, ou plutôt sur elle. Sa bouche s'ouvre bien avant qu'on soit face à lui et qu'il dise :

-La miniature que j'ai reçu était bien loin de représenter votre véritable beauté, ma douce Rowana !

-Et vous êtes semblable à mes rêves les plus utopiques !

Il allait répondre mais mon amie prit son visage des mains et l'embrassa avec passion. L'oncle de Rowana sourit et Dérinir leva les yeux au ciel, s'avançant vers moi. Rowana avait raison sur son sujet, Dérinir n'est pas un vilain bougre ! Après le désastre du premier cours de défense à l'épée, il est revenu vers moi en me disant qu'il n'avait pas voulu se montrer si brusque et rude. Bon, ce fut par grommellement et bougonnements mais rien n'est parfait ! Alors, il a recommencé plusieurs fois à m'apprendre et il est un peu plus patient, un peu plus compréhensif. Le progrès n'est pas phénoménale mais je vois bien qu'il essaye de faire des efforts alors… et puis, c'est un bon professeur !

-Cet homme à la carrure d'une asperge, cingla-t-il à mon attention. Rowana est vraiment aveuglée par cet amour absurde !

Ce qui ne le prévient pas d'être un crétin fini.

-Aimes-tu quelqu'un Dérinir ? demandé-je.

Il me lance un regard étonné avant de froncer les sourcils.

-Bien sûr que non ! Pourquoi une telle question ?

-Pour être certaine que tu n'avais pas l'expérience nécessaire pour donner ton avis sur le sujet ! répondis-je avec une légèreté provocatrice.

Et ça ne semble pas lui plaire mais avant qu'il puisse me répliquer la moindre chose, Rowana se détache de son fiancé pour s'exclamer :

-Depuis le temps que je rêve de faire ça ! Dieu que c'est libérateur !

xOxOxO

Rowana éclate d'un grand rire cristallin en se posant la main au cœur puis elle me regarde en pointant la lettre qu'elle tient entre les mains, que lui a remise Ménéopir, et secoue la tête en riant encore. C'est une lettre écrite par les parents de Ménéopir.

-Mon beau-père est un tel plaisantin ! Sa lettre est à s'en taper le postérieur contre le sol tant elle est drôle ! Je vous la ferai lire à ma suite, mon amie, vous allez vous régaler ! me dit-elle avec joie.

Nous sommes dans une auberge du village pour le déjeuner avec Ethéol, Malaphrir, Dérinir, Mitch et Tolst, son petit-copain. Ces derniers vont vraiment bien ensemble et forment un adorable couple !

-Alors, il est tel que tu le désirais, ma nièce ?

-Même au-delà, mon oncle ! Il est formidable ! s'exclame Rowana avec un sourire lumineux, levant son regard de la lettre. Nous sommes faits l'un pour l'autre, j'en étais déjà persuadée mais désormais c'est formel !

-Je suis alors bien heureux, dit Malaphrir en posant sa main sur l'une des siennes. Et mon frère ton père le sera tout autant.

Je ne fais pas attention au regard railleur de Dérinir et sourit à Ethéol qui arbore une mine amusée. Toute cette romance autant l'ennuyer que l'attendrir même s'il essaye de le cacher. Je sais bien qu'il n'est pas comme Dérinir ! Ethéol, lui, il ne se moque pas de l'amour et il le respect, je le sais !

-Ca va être notre deuxième mariage ! lui lancé-je avec excitation. Et Rowana m'a promise d'être sa demoiselle d'honneur, Etho ! Je suis super heureuse !

Je lance un sourire à Rowana mais elle est de nouveau plongée dans sa lettre, s'esclaffant à chaque ligne et en faisant lire à Malaphrir qui se force à rire même s'il ne semble pas trouver spécialement drôles les mots du beau-père de sa nièce.

-Ouais, c'est tout bonnement idyllique, dis moi, raille Ethéol.

-Je suis jaloux ! s'exclame alors Tolst, assis sur les genoux de Dérinir. La demoiselle d'honneur est limite plus importante que la mariée elle-même ! Petite elfe veinarde que tu es !

Je regarde le blond aux reflets roux avec étonnement, tout d'abord, puis ravissement.

-Je SAIS, n'est-ce pas ?! m'écrié-je avec joie.

-Mais je dois dire que c'est aussi assez classe d'avoir une elfe comme demoiselle d'honneur, à son mariage… il nous en faudrait une à nous aussi, tu ne crois pas, mon chéri ? demande-t-il à Mitch qui éclate de rire.

-Ne vous avisez pas à me chiper mon elfe, mon cher Tolst, intervient Rowana tout en continuant sa lecture. Vous savez combien je vous apprécie mais je peux devenir agressive si besoin est ! Et je vous ai entendu prétendre que la demoiselle d'honneur serait presque plus importante que la mariée elle-même et je tiens à vous informer que c'est la plus grosse énormité que j'ai entendu depuis fort longtemps !

-Mais bien entendu, ma chère, ronronne Tolst.

Cela semble satisfaire Rowana qui sourit gentiment à Tolst mais sitôt qu'elle retourne à son courrier, l'expression de Tolst se fait prédatrice et, tout en me dardant son regard de chasseur, il se penche vers son copain pour lui souffler à l'oreille :

-On aura quand même notre elfe, n'en déplaise à cette radine égoïste !

xOxOxO

Je reviens d'une danse avec un brun particulièrement costaud qui m'a invitée à aller danser. Je souris, un peu essoufflée mais de fort joyeuse humeur. La musique des hommes est vraiment très entraînante ! Ce soir, les gens du Rohan fêtent leur charge héroïque, durant la grande guerre contre les ténèbres de Sauron, alors qu'il ne restait presque plus aucun espoir de survie pour leur peuple. Ce soir, tout est permis ! Ca se lit dans les regards, dans les danses extraverties, dans les attouchements et ça s'entend dans les rires et les chants.

Je retourne rejoindre Ethéol qui était resté assis à boire de la bière et fumer la pipe avec Mitch. Je leur souris largement en poussant un grand soupir de contentement.

-Cette soirée est géniale ! Tout le monde est génial ! Oh, et la musique aussi est géniale !

Ethéol rit tandis que je regarde Ménéopir guider les pas de Rowana au son des instruments alors que la tête de celle-ci est reposée contre son épaule. Il la tient avec toute la galanterie et tendresse imaginables et sourit comme s'il dansait avec un ange.

Mitch observe en souriant Tolst qui danse tout seul mais qui attire bien des regards par ses pas atypiques.

-Dis-moi, t'en as du succès, ce soir, Effa, remarque Ethéol avec malice.

C'est vrai que depuis le début de la soirée, je me fais proposer des danses à tout va et les enchaîne, ne connaissant pas un seul de mes cavaliers ! Et ce n'est pas moi qui vais refuser une danse alors que j'adore danser !

-La mode est à l'elfe, voilà tout ! répondis-je en souriant. Je te sens jaloux, Etho, on t'a pas demandé de danser ?

-Rare sont les femmes qui invitent, me rappelle-t-il, pas le moins du monde touché par ma boutade. Et aucune ne me refuserait une danse, toi la première !

Je lui lance un regard de défi qu'il ne manque pas et se lève, offrant sa pipe à Mitch même s'il a déjà la sienne. Etho me prend par la main et m'attire à lui avec un sourire en coin.

-Et puisque la mode est à l'elfe et que je suis soucieux de la mode, comme tu le sais bien, allons danser !

Je le suis en riant alors qu'il m'attire vers le milieu de la grande salle où tout le monde dansent. La musique est saccadée et n'appelle pas au slow, et côte à côte, on se met à bouger, sauter. On tournoie, j'envois valser mes cheveux et je lève les bras au ciel. On rit et on invente notre propre danse, parfois j'atterris dans ses bras, d'autres fois il me fait virevolter. Et finalement une danse s'éternise en deux, puis en trois, quatre…

Une éternité plus tard, on retourne vers Mitch, tous deux hilares. Mitch a été rejoint par Tolst qui l'embrasse à présent avec passion. Je souris au spectacle et échange un regard amusé avec Ethéol qui passe son bras autour de mon cou.

-Hé mais j'y pense ! m'écrié-je. C'est la première fois qu'on danse ensemble, Etho !

-C'est vrai !

-Maintenant, on sait ce qu'on a loupé ! On est un duo de choc ! On a mis le FEU !

J'agrémente ma dernière phrase d'un geste des mains théâtrale et il éclate de rire en me décoiffant les cheveux que j'ai pris environ… allez, disons une heure et demi à coiffer ?

-HE !

-Joliment dansé, nous félicite Mitch.

-HII ! merci Mitchie ! Joliment embrassé !

-Ah non, tu te trompes de destinataire, fillette, me corrige Tolst. Toute la magie et l'enivrante ferveur de nos baisers, c'est moi !

-Oh, excusez ma méprise, Seigneur Langue-magique !

-Je préfère.

J'éclate de rire et je m'assois en prenant la bière qu'avait laissé Ethéol pour la boire. Qu'est-ce qu'il fait chaud ici ! Je meurs de soif !

-Je reviens, fait alors Ethéol.

Et il se dirige vers le coin opposé de la salle. Piquée de curiosité, je me penche pour le suivre du regard et je le vois s'arrêter devant une blonde. Je fronce les sourcils mais plus encore quand je le vois lui tendre la main alors que la blonde sourit avec séduction. Et tous deux se dirigent vers la piste de danse tandis que la musique se change en un slow.

-Un problème, ma jolie Elfe ? me demande Tolst.

-Euh…

Je toussote, m'apercevant que je devais en effet faire une drôle de tête.

-Non ! Tout va bien !

Et, étrangement, j'ai l'impression de mentir. Je suis vraiment trop possessive avec mon meilleur ami, ça devient grave ! Je finis la bière à la façon naine ; cul-sec ! Bratecelle serait fière de moi si elle pouvait me voir !

Une main se pose alors sur mon épaule et je lève le regard pour tomber sur celui noir de Dérinir. Il se tient debout, juste derrière moi, avec sa mine impassible. Oh non, ce n'est pas franchement le moment pour un cours d'épée !

-Et si on dansait ? me propose-t-il.

Etonnée, je cligne des yeux. Alors, Rowana aurait raison ?

Je croise le regard de Tolst qui semble remarquer que j'hésite à accepter la danse et il me fait signe d'y aller. Je me mordille ma lèvre inférieure mais le regard de Tolst n'invite à aucune discussion, il m'ordonne fermement d'accepter.

C'est vrai qu'il ne s'agit que d'une simple danse. J'ai bien dansé avec déjà une quinzaine de garçons, ce soir, ce n'est pas comme si j'étais à présent liée à chacun d'eux ! Ce serait ridicule !

Et puis, j'ai bien envie de danser, d'abord ! Je lui souris et me lève.

-Très bonne idée !

Il a ce sourire arrogant qui m'énerve mais je décide de faire comme si je ne l'avais pas remarqué. Il pose une main en bas de mon dos et je ne peux pas m'empêcher de frissonner. Il a une telle façon d'effleurer, c'est déstabilisant. Sans réfléchir, je le laisse me guider jusque la piste de danse et il pose ses mains sur ma taille alors que j'encercle son cou de mes bras, en tâchant tout de même à ne pas être trop collée à lui.

-Je vois que tu te débrouilles mieux pour danser que pour manier l'épée, note-t-il. Mais il est vrai que ce n'est pas très compliqué…

Je lui écrase le pied puis fais mine d'être confuse, portant une main à mes lèvres.

-Oups, désolée !

Il me rapproche brusquement de lui et j'écarquille les yeux, en glapissant presque. Et son sourire est indéfinissable. Je sens ma respiration s'accélérer mais je fais tout pour le cacher, quitte à retenir mon souffle.

-De cette façon, tu m'écraseras moins les pieds, raille-t-il.

-Euh. Oui. Enfin. Euh. Je suppose.

Ca va être dur de retenir sa respiration pendant une danse entière.

Je baisse mon regard pour fixer un point sur le sol tandis que je suis bien obligée de suivre le moindre de ses mouvements puisque je suis littéralement plaquée contre lui. Je sens ses mains glisser contre mon corps, agiles mais fermes, et atteindre le haut de mes fesses. Je lève les yeux vers lui pour protester mais une de ses mains décolle se fiche dans mes cheveux, juste au-dessus de ma nuque pour maintenir mon visage tandis qu'il descend le sien.

-Oh non, gémis-je en enlevant mes bras de son cou et les poser sur son torse pour le pousser.

Mais il ne m'écoute pas et il plaque ses lèvres contre les miennes avec une telle autorité que j'en frémis. Je ne sais pas si c'est de colère, de désire, de peur ou… je ne sais pas ce qui inspire cette vague de chaleur mais je sais que mes jambes s'appuient contre les siennes et que je n'ai plus aucun contrôle. Sa main agrippe mes cheveux et ses lèvres sont féroces. Je n'entends plus que mon souffle court et les battements de cœur, et j'en ai le vertige. J'ai envie de fuir mais je m'accroche à lui.

-DEDE ! cri-t-on alors.

Et je suis tirée en arrière, haletante et l'esprit embrouillé. Ce n'était pas du tout comme avec Ethéol. C'était si brutal, si ferme… si sauvage. Je n'avais aucune prise, aucun…

Rowana me tient par les épaules et elle lance un regard sévère à Dérinir qui semble assez énervé.

-Où est ta galanterie, gougeât que tu es ?! le sermonne-t-elle. On n'embrasse pas une demoiselle comme ça, sans même lui laisser le choix ! Et n'essaye pas de me contredire, je t'ai vu ! FIFRELIN !

Il a un ricanement moqueur.

-C'est sûr qu'elle n'en avait pas envie… ça saute vraiment aux yeux ! ironise-t-il.

Et sur ce, il s'en va en me lançant un dernier regard qui ne me dit rien qui vaille et, en même temps… bref ! Rowana vient se poster devant moi et m'étudie avec suspicion.

-Ne vous laissez pas avoir par Dérinir, mon amie, il n'est pas du tout un gentilhomme ! me dit-elle avec sévérité.

-Mais je ne me laisse pas avoir, je ne pouvais rien faire ! il m'a… il m'a…

Ne trouvant pas mes mots, je laisse échapper un grognement de frustration. Je croise les bras sur ma poitrine et crispe la mâchoire. Il n'avait aucun droit de me traiter comme ça !

Quel… quel… FIFRELIN !


Allez, ne faîtes pas vos fifrelins, laissez-nous une review !