Hello,
Bon on a reçu aucun mail pour nous dire qu'on avait des reviews donc on s'est rendu qu'on en avait assez tard. Voilà on préfère poster d'abord et Clo répondra à vos reviews sur son chap quand elle pourra !
Bonne lecture sinon,
Chapitre 30
Je sais que c'est faux. Je sais qu'il ne ferait jamais ça. Tout ceci n'est qu'une horrible rumeur, j'en ai vu d'autres et ça va passer. Ça va passer. Je m'en fiche de ce que peuvent dire les autres, ya que lui qui compte. Alors pourquoi est-ce qu'il n'est pas venu s'assoir à côté de moi ? Pourquoi il m'a ignoré, comme si j'étais transparente ? Les yeux rivés sur mon assiette je constate que je n'ai pas faim. Peut être qu'il avait quelque chose de très urgent à dire à Angel. Oui c'est ça, surement. Il veut savoir comment ça c'est passé cette fin de soirée avec Kat. C'est forcément ça. Je lui jette de fréquents coups d'œil mais ne croise pas son regard. J'ai le ventre serré, tordu par un mauvais pressentiment.
« Ed.»
Je sursaute, regardant alors Deborah s'assoir à côté de moi. A la place de Kyle. Elle me sourit gentiment et pose sa main sur la mienne. La caressant un moment, sans rien dire. Je le regarde faire sans vraiment la voir.
« Je suis désolée, finit-elle par dire.
- De quoi ? marmonné-je.
- Pour le pari de Kyle, répond-t-elle doucement.
- C'est n'importe quoi, affirmé-je, il ne ferait jamais ça. C'est qu'une stupide rumeur.
- Ed, c'est la vérité, me serre-t-elle la main fermement, je suis désolée. »
Ce n'est pas la vérité, je connais Kyle. J'ai confiance en lui. Je secoue la tête et retire mes doigts de son étreinte. Elle pousse un soupir, je cherche des yeux Ky. Me raccrocher à une certitude.
« C'est tant mieux qu'il te parle plus, fait-elle avec aigreur, comme ça il fera plus le moindre mal. J'espère qu'il est fier ! Mais t'inquiète il en vaut pas la peine.
- C'est n'importe quoi ! m'exclamé-je.
- Ed ! m'attrape-t-elle le poignet, ouvre les yeux bon sang ! Tu vas encore être tournée en ridicule si tu persistes ! S'il te plait ne t'inflige pas ça !
- S'il… s'il ne m'a pas parlé aujourd'hui c'est parce qu'il devait voir Angel c'est tout, défendé-je, et pas pour autre chose. »
Je me lève brusquement, refusant de l'entendre encore dire des conneries. Je longe la table de Poufsouffle pour l'atteindre, discutant avec Angel et un batteur de l'équipe.
« Kyle, soufflé-je alors avec un sourire.
- Ah, salut, répond-t-il froidement sans m'adresser un regard.
- Je peux te parler ?
- Non, je crois pas que ça soit une bonne idée, claque-t-il en me tournant le dos. On a plus rien à se dire. »
Tous mes membres se raidissent, je reste pétrifiée sur place à fixer son dos. Les joues écarlates. Mon sourire tombe. Une main se pose sur mon épaule, trop chaude pour le froid qui me prend.
« Edwige, s'il te plait, murmure Deborah, lui donne pas cette satisfaction. »
Non. Non, ce n'est pas vrai. Je secoue la tête. C'est une erreur. Je me dégage des doigts de Debra, mes genoux tremblent. Sans me retourner je traverse la Grande Salle, j'ai les yeux qui me brûlent. Sans m'arrêter, je marche à grands pas dans les couloirs et sans savoir comment me retrouve dans la Salle Commune de Poufsouffle. Il n'y a plus personne. Je reste au milieu, debout sans bouger. Ya plus de pensée, plus d'émotion. Juste du vide.
« E… Ed ? bredouille une voix. »
Je tourne mon regard, tombe sur Cal échoué sur le fauteuil près de la cheminée. Une bouteille de whiskey dans la main. Je le fixe sans rien dire. Pour dire quoi ? Il n'y a plus rien à dire.
« Qu'est-ce que tu fous là ? se redr
messe-t-il maladroitement avant de dire avec aigreur, t'es pas avec l'autre imbécile heureux ?»
Je me vois tomber. Mais ne sens pas le choc entre le parquet et mes genoux. Mes yeux me brûlent trop, je les plaque contre mes mains. Et éclate en sanglots. Tout mon corps est secoué de spasmes, aucune parole ne peut être articulées pour répondre au grognement de Calum.
« Bordel, j'ai loupé quoi encore ? soupire-t-il avec lassitude.»
Quelque chose de froid contre ma joue, je me dégage de mes doigts humides. La bouteille de whiskey.
« Vas-y, ça fait oublier. »
OoOo
« Tu te sens pas bien Edwige ? »
Une main fraîche se pose sur mon front, je m'enfouie au plus profond de mes couvertures pour lui échapper. Etouffant de chaleur dans mon uniforme et sous la couette. Ma bouche est pâteuse et mon palais acide à cause des vomissements intempestifs. Conséquences du whiskey. Mais j'ai si mal à la tête que penser à toute autre chose que cette douleur n'est pas envisageable.
« T'es pas venue en cours aujourd'hui, tu veux pas que j'aille chercher l'infirmière ? continue Texas. »
Je secoue lentement la tête, les yeux résolument fermés. J'ai si chaud que j'ai l'impression de suffoquer, de mourir à petit feu.
« T'as de la fièvre je crois, me dit-elle doucement, il faut boire un peu. T'as mangé quelque chose depuis ce matin ?»
A la perspective d'avaler quoi que ça soit, mon ventre se soulève. Je serre les dents. Elle pose un verre d'eau sur ma table de chevet. Jusqu'au cas où, souffle-t-elle. J'ouvre les yeux et tends le bras pour l'attraper. Lorsque je soulève ma tête, j'ai l'impression de tourner de l'œil. Un marteaux frappe violement sur mon crane pour m'abattre sur mon oreiller. J'avale une gorgée, grimaçant lorsqu'elle rencontre l'acidité de mon palais.
« Eddy ! fait soudain la voix d'Amélia. Est-ce que ça va ? J'ai vu que t'étais pas venue aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe ! Tout le monde dit que… »
Non. J'enfouie ma tête sous la couverture. Je ne veux plus savoir ce que dit le monde. Je ne veux plus jamais me lever et aller l'affronter. Impossible de respirer, je transpire par tous les pores. Soudain il n'y a plus de couette pour me protéger.
« Mais t'es toute habillée là-dessous, s'exclame Mélia, tu dois mourir de chaud ! »
Laissez-moi là, mourir en paix. Qu'on m'oublie. Mais on tire sur mon gilet, et mes pieds se retrouvent soudain à l'air libre. Une onde de fraîcheur monte de mes mollets jusqu'à mon cou. Me rendant plus lucide, me rappelant ce que le whiskey a tenté de noyer. Je me débats faiblement. En vain, en quelques minutes je suis seulement vêtue de ma chemise et mes sous-vêtements. Je respire plus facilement.
« Viens, fait-elle résolument en sortant ma robe de sorcier pour couvrir ma semi-nudité, on t'emmène à l'infirmerie.
- Non… gémissé-je d'une voix rauque.
- Tu es malade enfin ! »
Je rabatte les draps sur moi. Je ne sortirai pas de ce lit pour traverser la Salle Commune et être la bête de foire de ces enfoirés. Ils se moquent bien assez sans avoir à me voir. Je ne sortirai plus jamais de ce lit. Si je pouvais je pleurerais mais j'ai les yeux si secs qu'ils me tirent. Mon visage s'enterre dans l'oreiller. Le sifflement dans mes oreilles s'atténue un peu.
« Bon…, une main caresse mes cheveux, tu nous appelles si jamais ça va pas d'accord ? Où si t'as besoin de quelque chose. »
Quitter Poudlard. Et ma maman.
Les pas s'éloignent, la porte se referme doucement.
OoOo
« J'comprends pas ce qu'elle lui trouve à ce Bouffon d'or, grogne Calum à ma droite.
- Rien, répondis-je avec lassitude. C'est toi qui t'imagines des trucs.
- Oui, alors là Ed quand j'aurais besoin de tes conseils avisés sur le sujet je te le ferais savoir, rétorque-t-il.
Ok. »
« Légère rotation du poigné vers l'extérieur puis remonter la main fermement avant de prononcer la formule » explique le manuel de Métamorphose. Fixant mon poigné, je fais le mouvement lentement allant de plus en plus vite pour me l'enfoncer dans le crâne. Transformer un objet animé en un inanimé.
« L'est- pas peu fier l'autre crétin à sortir avec la psychopathe ! »
Je relève la tête, fronçant les sourcils. Quoi ? Angel sort avec Kat ? Cherchant les deux principaux intéressés dans la classe, je finis par les retrouver – avec facilité. On pourrait croire que rien n'a changé, elle est toujours au premier rang et lui au fond mais il a un petit sourire qui laisse supposer bien des choses.
« Regarde l'autre dinde comme elle est pas contente, ricane Calum.
- L'autre dinde ?
- Colbert, tu vas voir qu'elle va y mettre son nez, sourit-il avec satisfaction, on va bien se marrer. Ta copine va nous la frire.
- Je vois que ça amuse quelqu'un au moins…
- Arrête de t'apitoyer hein, moi au moins, se vante-t-il, je passe au dessus !
- C'est ça.
- Rien à foutre du Bouffon d'or, elle va l'éjecter vite fait bien fait ! affirme-t-il.
- A part ça, ça t'atteint pas. »
Je fais même plus attention à ce qu'il raconte, de toute façon Amélia va finir par revenir lui pardonner. C'est toujours comme ça avec eux. Brienne est en effet pas de bonne humeur, elle a un petit air pincé. Faut dire quand même que la probabilité pour qu'ils sortent ensemble était faible. Mais c'est mal les connaître que de supposer que de simples probabilités allaient les arrêter. Faudra que j'aille les féliciter.
« C'est qu'un merdeux de sixième année, marmonne Calum.
- Amélia est aussi en sixième année.
- C'pas pareil ! claque-t-il.
- D'accord. »
MacGonagal passe dans les rangs pour vérifier si l'exercice avance bien, je fixe ma grenouille et me concentre pour la transformer en un vase. Celui qui apparait a la couleur de sa peau mais pas la texture, c'est pas si mal. La cloche retentie alors bruyamment, je range mes affaires pour aller rejoindre Katarina avec un sourire que j'espère pas trop minable.
« Alors, finalement tu sors avec Angel ! C'est super je trouve, depuis le temps qu'il nous bassinait avec ça… »
Et avant même qu'elle ai pu dire quelque chose, je l'enlace. Enfouissant mon visage dans son épaule. L'étreinte c'est plus pour moi que pour elle. J'avais besoin d'un câlin, ma gorge se serre. Elle est toute raide, les bras le long du corps et je m'éloigne presque aussitôt. C'est vrai, elle aime pas beaucoup les contacts affectueux. Je ravale la boule au fond de mon ventre.
« Oui bon ça va j'ai compris que t'étais contente, fait-elle en grimaçant, pas la peine d'en faire une scène de film non plus.
- Oui, tu as raison, hoché-je la tête. Désolée c'est que… je suis tellement contente !
- Va pas te mettre à pleurer, marmonne-t-elle.
- Des larmes de joie, menté-je, on se voit à midi d'accord ?
- Magne tes fesses Pierce ! beugle Cal. »
Après un dernier signe de main à Kat, je me faufile jusqu'à lui. Traçant dans le couloir pour ne croiser le regard de personne.
« Pas trop tôt ! »
OoOo
Amélia est allée parler à Cal, du coup je me retrouve comme deux ronds de flan devant cette tapisserie Moyen-Ageuse montrant un cerf se faire attaquer par une meute de chiens tandis qu'à l'arrière quelques valets des chevaliers dépècent un sanglier. Je me décide alors à ne pas rester là à attendre, parce que comme je les connais ils sont probablement allés fêter leur réconciliation comme il se doit.
Après avoir passé ma journée à éviter l'œil compatissant de Debra, les remarques consolatrices d'Eric et de regarder Ky, je suis passablement lessivée. Comme un drap humide qu'on aurait essoré trop fort, le rendant tout fripé et raplapla, incapable de se remettre d'aplomb. J'aurais bien aimé allé voir Kat ou Louis mais ils traînent dans le parc avec la bande à Julian. Et moi la bande à Julian… Reste alors la solution de filer à la bibliothèque faire mon devoir de Métamorphose avec deux semaines d'avance. En plus, c'est juste à côté.
Lorsque j'y entre ya pas grand monde et pourtant ça cancane fort, Brienne et deux de ses amies dont les langues de vipères sifflent assez haut pour que je suive un bout de leur conversation.
« … Complètement barrée, c'est évident qu'elle s'en fout ! J'vous le dit, elle ferait mieux de rester avec sa bande de névrosés !
- Ils vont pas du tout ensemble, appuie Fiona.
- Non mais c'est clair ! assure Samantha, de toute façon ça va pas durer ma chérie !
- Oh non, grince-t-elle des dents, c'est moi qui vous le dit. »
Oui et ben c'est ce qu'on verra, répliqué-je en moi-même, agacée. Non mais sérieusement pour qui elle se prend, Angel l'a remballé alors elle peut pas lui foutre la paix ? Et mieux vaut une barrée comme Kat plutôt qu'une conne comme elle. Je m'assois à une table éloignée, et soupire. Sentant s'échapper toute ma colère. D'ici on n'entend plus rien, juste le silence. Je ferme les yeux et croise les bras sur la table pour y poser ma tête. La boule toute dure dans mon ventre est toujours là latente. A se moquer de moi, de la misérable petite Edwige. Ah elle est bête cette fille, qu'elle est pitoyable.
Alvin c'était rien, une broutille à côté de ça. J'me sens mal, et compétemment perdue. Ya que la routine qui m'donne un semble de repaires. Et les devoirs qui m'empêchent de penser.
« Salut Ed, ça va ? »
Je relève lentement la tête, tombant sur la mine préoccupée de John.
« Salut, répondis-je. Ça va.
- Je peux m'assoir ? »
J'hoche vaguement la tête, déroulant un parchemin et sortant mes plumes et mon encre.
« J'ai appris pour toi et Kyle, je suis vraiment désolé. »
Je me raidis, les yeux accrochés à la table. Tout menace de déborder. Ky. Ma peau me brule de partout, me rappelant tous les endroits qu'il a touché. Kyle…
« Je ne veux pas en parler.
- D'accord, fait-il gentiment, tu fais le devoir de Métamorphose toi aussi ? J'ai pris quelques livres si tu veux.
- C'est gentil, répondis-je.
- Non, me sourit-il, c'est normal. »
OoOo
Je l'avais bien dit que ça finirait comme ça. Ça finit toujours comme ça entre eux deux, il s'énèvre, il vaucifère et elle dans toute sa maturité décide de le faire mijoter jusque ses "enfantillages" retombent. Passent quelques jours, parfois quelques heures et ils tombent dans les bras l'un de l'autre comme si une éternité s'était écoulée depuis leur dernier baiser. Et c'est reparti pour un tour. On se demande souvent pourquoi ils sont ensemble, mais eux au moins ont le mérite de s'être trouvé la bonne personne.
"Oh mon chéri, je pourrais pas te quitter, le rassure-t-elle, je t'aime."
Calum a l'air triomphant, les bras autour du corps frêle de Mélia qui est rose de plaisir. Don Ruffin ? Il a vite fait de déguerpir, parce que les yeux d'Amélia valent pas les foudres de Cal.
"Je suis contente que ça aille mieux Eddy, me dit-elle gentiment, enfin...
- Oui bon on va pas y passer la soirée non plus, la coupe Calum.
- Cal ! reproche-t-elle."
Pour toutes réponses il lève les yeux au ciel, se penche pour l'embrasser. Je détourne le regard, me pelotonnant dans mon pull, sur le fauteuil près de la cheminée. Je sursaute en sentant une main me serrer l'épaule, me retourne vivement pleine d'espoir. Ce n'est qu'Angel qui a un air préoccupé. Je lui souris.
"Alors, ça fait quoi de sortir pour de vrai avec Katarina Collins ?"
Il me fait son demi-sourire mystérieux, j'en conclus que ça se passe bien. Il s'assied alors devant moi, et je me mets à prier qu'il n'aborde pas le sujet. Je ne veux pas en parler, ça fait trop mal et c'est sûr je vais pleurer.
"Ecoute j'ai...
- Une partie d'échec ?"
Je le dévisage un moment, étonnée avant d'hocher la tête.
"D'accord."
