Hello mes poussins...

Bon rien de nouveau sous le soleil, ou plutôt sous cette pluie... c'est sympa hein mais bon.. ça annonce le froid brr Bref je divague et raconte ma vie pas intéressante au lieu de remercier les reviewseuses :)

Et de vous souhaiter une bonne lecture !

PS : comme vous l'aurez remarqué on a changé la photo de présentation de l'histoire parce qu'on se le dise, Leia et son flingue ça déchiiiire ;) vous trouvez pas ?


Chapitre 32

Je fixe de loin la silhouette allongée de Kyle. Facilement repérable, elle domine toute la masse des élèves. Ses immenses mains qui s'agitent alors qu'il discute avec Angel. Les mèches qui balaient son front et sa machoire carrée. J'essaie de raviver son odeur sur ma peau. La douleur est presque salvatrice, si je le regarde assez lontemps pour n'oublier aucun détail ça fait mal mais ça donne l'impression que c'est moins douloureux après. De peur qu'il ne me remarque, je baisse les yeux, regardant mes chaussures. Il n'a jamais fait aussi froid en janvier.

« Tu veux venir samedi ? propose Eric, on sort à Pré-au-Lard.

- Je sais pas, haussé-je les épaules.

- Ça te ferait du bien de sortir pourtant, appuie-t-il avant de se tourner vers John, si tu veux venir, tu peux hein.

- C'est cool, répond celui-ci en souriant. »

La seule façon qui me permettrait de m'amuser se serait de boire, de beaucoup boire. Mais à la pensée de retomber dans l'enfer de la cuite, mon ventre se soulève. Plus jamais je n'avalerai une goutte de whiskey. Je sais qu'Eric fait ça pour m'aider, il connait ça lui se casser les dents en amour, il sait probablement comment y remédier. Mais je préfère encore garder la tête sur les épaules, parce que boire ça n'efface pas le lendemain matin où vous vous rendez compte que l'euphorie était une chimère et que la vérité est bien réelle.

« Je connais pas vraiment tes amis tu sais, marmonné-je faiblement comme excuse.

- Mais si ! hausse-t-il les épaules, ya Théo, Fabien, Béatrice, et yaura Texas, elle est dans ton dortoir, non ?

- Je serais là aussi, me sourit gentiment John.

- Tu vois ! fait mon frère. Alors, tu viens.

- J'ai pas très envie…

- Ed, faut aller de l'avant, soupire-t-il doucement.»

Et si j'ai pas envie ? Et si je suis faitguée d'aller de l'avant ? Fatiguée de me ramasser sans cesse ? Fatiguée de faire un pas en avant pour trois en arrière ? Fatiguée d'être prise pour une conne et d'être une conne ! Si je reste comme ça, statique, il n'y aura plus jamais de tout ça. On finira bien par m'oublier et me laisser tranquille ! Adoption donc de la stratégie de l'autruche ; plonge la tête dans le sable Edwige et étouffe s'y toi.

« On en reparle après okay ? me fait-il, je vais être en retard en Botanique. »

J'hoche vaguement la tête, le regardant filer en direction de la serre. Il est bientôt suivi par les septièmes années de Gryffondor. Parmis eux se détache le sourire narquois d'Alvin.

« Eh Pierce, fais gaffe je crois que le Poudlard Express a parié pour te passer dessus lui aussi ! »

Je le regarde mornement, sans broncher. Il fronce les sourcils et tourne les talons. Je sens alors la main de John serrer la mienne. Ça ne m'affecte pas plus. Je lève les yeux sur lui, retirant mes doigts de sa prise pour murmurer un :

« La salle est ouverte, on y va ? »

OoOo

« Mais si ça pourrait être cool de sortir à Pré-au-Lard ce week end, fait Deborah avec enthousiasme, ça te changera les idées !

- J'ai pas envie je l'ai déjà dit, répondis-je.

- Ed, soupire-t-elle, s'il te plait fais un effort ! Tu crois que c'est facile pour nous ? Quand on arrive à te faire sortir une phrase intéressante c'est un exploit et tu fais une tête, on dirait qu'on t'a déterré pendant la nuit ! Je sais pas c'est pas facile mais… Si tu veux en parler… ça peut te faire du bien tu sais.

- J'ai pas envie d'en parler, claqué-je fermement.

- D'accord mais ça t'empêche pas d'aller t'amuser un peu, continue-t-elle. Et puis t'es célibataire, à toi la liberté hein ?»

Je fuis son regard, la boule au ventre. Puis me lève pour aller m'assoir en face d'Angel, puisque Ky n'y est pas. Brienne a élu domicile par contre et Angelo est passablement agacé au vue de la force qu'il met à piquer ses haricots verts de sa fourchette. Me servant des légumes je tends un peu l'oreille pour l'écouter cracher son venin sur Katarina.

« Non et puis après c'est pas étonnant, les meilleurs amis sont toujours très proches ! Et tactiles ! Ils peuvent même être amoureux sans le savoir, remarque-elle, me prenant en exemple en me montrant de la main, regarde Kyle et Ed ! Ça étonnait personne et bam, ils sortent… enfin sont sortis ensemble, sereprend-t-elle. »

Ah. Donc nous ne sortons plus ensemble. C'est visiblement officiel. Je noie mes yeux dans mon verre d'eau. A quoi tu t'attendais Edwige hein ?

« J'aimerai manger en paix, claque soudain Angel. »

Il appuit cela d'un regard ferme et Brienne pince les lèvres. Je dissimule un petit sourire en baissant la tête. Alors ça fait quoi de se faire remettre à sa place hein ? C'est alors le moment que choisit Kat pour faire son apparition derrière Angel. Elle a un regard carnassier pour Brienne qui ne bouge pas d'un pouce et soutient son regard.

« Ya plus de place, fait Brienne d'une voix fausse. Désolée. »

Kat a un air narquois avant de se glisser sur les jambes d'Angel. Je manque d'éclater de rire en voyant la tête que fait la capitaine de Poufsouffle. Surtout que la grimace s'accentue lorsqu'Angel va poser son demi-sourire sur les lèvres de mon amie. Lorsqu'ils s'éloignent l'un de l'autre, Brienne la mâchoire serrée est occupée à manger. Je salue alors Kat.

« Alors Ed, bien dormi ? me sourit-elle avec sous-entendu.

- La potion avait un goût horrible, grimacé-je.

- Je t'avais bien dit que les aspirines c'étaient mieux ! Et Quinn aurait été ravi de t'en donner ! »

Je sens mes joues brûler, je baisse la tête et avale une bouchée pour ne pas avoir à répondre. Tout en discutant, Katarina attrape la fourchette d'Angel et picore dans son assiette, Brienne ne peut alors s'empêcher de siffler pour elle-même.

« Manger en paix hein ? »

Je lui lance un regard courroucé, ne peut-elle donc pas se taire un peu ? On lui a rien demandé. Je m'apprête à répliquer lorsque je remarque Kyle qui s'approche dangereusement de ce tronçon de table. Je baisse les yeux, le front rouge. Attrape mon sac et lance.

« J'y vais, salut. »

Avant de déguerpir. Surtout ne te retourne pas Ed, ne te retourne pas. Ça ferait trop mal.

OoOo

La robe tombe sur mes pieds me faisant relever la tête de mon livre. Texas me domine de l'autre bout du lit avec un air décidé. J'attrape le vêtement, le tissu rouge foncé est agréable mais je ne la reconnais pas.

« Fais-toi belle Eddy, ce soir on va danser !

- Ecoute, soupiré-je.

- Tu vas pas me laisser toute seule avec eux quand même ? Comment je vais réussir à draguer Béatrice sans soutien moral, hein ? »

J'écarquille les yeux de surprise, dévisageant l'asiatique qui n'a pas l'air de rigoler malgré la moue amusée sur ses lèvres.

« Bon alors ? Dépêche toi on va être en retard ! »

Je finis par céder, parce qu'elle me lance son regard presque suppliant derrière son sourire. Comme si elle avait réellement besoin de moi en particulier, alors qu'elle a bien des amies qui seraient ravies de l'aider. Je préfère me taire, enfile la robe et sors ma brosse à cheveux pour remettre de l'ordre dans mes cheveux transformés en Beyrout depuis quelques jours. La robe devait être large pour Texas, mais pour moi elle me va impeccable. Je reste un instant à me dévisager dans le miroir. Me promettant que ce soir, je ne suis là que pour aider Texas. Elle me fourre alors sa trousse de maquillage entre les mains, avant d'elle-même mettre une robe bleue électrique.

« Tiens ! s'écrie-t-elle en me tendant le tube de rouge à lèvre, met du rouge, ça te va bien ! »

En quelques minutes elle a réussi à me rendre plus que présentable et nous fait descendre à toute vitesse les escaliers. Je traverse la Salle Commune au pas de course, la tête baissée, pour que personne ne me remarque. Ne s'interesse à moi. Elle passe alors un bras autour de mon coude et affiche un sourire lumineux en repérant Eric et ses amis qui nous attendent devant le portrait de Miss Maple.

« Eddy ! s'exclame mon frère ravi, je savais bien que tu viendrais ! Prête à t'amuser ?! »

J'ai un faible sourire, hoche la tête et leur emboîte le pas. Détaillant discrêtement Béa, l'une des amies d'Eric depuis la deuxième année au moins. Elle a des boucles châtain à tendance anglaises, un visage de chat et des yeux chocolat en forme d'amande. Je sais par mon frère qu'elle adore cuisiner, notamment de la patisserie. Et visiblement elle est copine avec Texas puisqu'elles discutent avec animation. On arrive au bout du tunnel, à l'air libre, en moins de temps qu'il n'en faut pour dire Quidditch. Enchevêtrement

« Je sais pas si elle aime les filles, me glisse doucement Tex.

- Tu peux aller lui demander, proposé-je, elle est sympa. Un de ses frères est gay alors elle a aucun problème avec ça.

- Je sais pas, grimace-t-elle. »

Je reste un instant silencieuse, me demandant si Eric sait quelque chose lui. Je pourrais lui dire deux mots à ce sujet… Je le propose alors à Texas, elle sourit de soulagement.

« C'est gentil… Je savais pas à qui en parler tu vois…

- Même pas à tes amis ?

- Des fois tu sais, t'as besoin de quelqu'un d'autres, explique-t-elle doucement. Tu cromprends, j'ai… »

Un peu peur ? Elle n'achève pas la phrase, se contentant me remercier d'être venue.

« Tu vas voir, la discothèque est vraiment très cool, il passe des vieilles chansons, j'adore ! s'exclame-t-elle soudain. Et tu vas danser ! Avec moi !

- C'est une tentative de drague ? demandé-je avec un petit sourire.

- Va savoir ! T'es libre je crois, donc je peux toujours me rabattre pour pleurer sur ton épaule si jamais ça va mal !

- Oui, murmuré-je tristement, c'est vrai.

- Allez, hauts les cœurs ! fait-elle avec un clin d'œil, ce soir on danse jusqu'au bout de la nuit ! »

Et j'ai à peine posé mon manteau vestiaire qu'elle attrape ma main et m'entraîne sur la piste.

OoOo

« T'y es allée sans moi ? s'exclame Deb, vexée, et sans le dire à John non plus, on aurait pu venir !

- Ouais, désolée, marmonné-je.

- Bon, soupire-t-elle avant de sourire et de recoiffer une de mes mèches, ce qui compte c'est que ça t'ai fait du bien, tu t'es amusée ?

- Ça va, hoché-je la tête.

- Yavait des mecs intéressants ? me sourit-elle malicieusement. Parce que j'en connais un qui va être jaloux ! Hihihi ! »

J'hausse les épaules, c'était plutôt une soirée pépère à boire un peu d'alcool et beaucoup de Coca en discutant avec les amis de mon frère et regardant Texas faire rire Béatrice. Elle n'a pas vraiment réussi à lui faire la moindre avance mais elle a quand même passé une bonne soirée, et moi aussi. C'est ce qui compte. Dans les couloirs déserts de ce dimanche après-midi, on croise Brienne qui a les bras chargés de ptites fioles en tous genres. Je fronce les sourcils, il me semble pas qu'on ait un devoir ou une interro de Potions. Je le saurais, je passe mes journées à travailler. Elle nous prépare peut être un poison pour Katarina, songé-je avec humour. Le poison c'est une bonne idée, c'est l'arme des lâches. John devant la bibliothèque nous fait signe, on doit réviser la DCFM avec lui.

« Moore ! Faut qu'on parle ! »

Je me fige sur place un instant, le sang me monte au visage. Ky. Et brusquement je me remets à marcher, le plus rapidemment possible, sans me retourner. C'est dix pas plus loin que je remarque que Deborah ne m'a pas suivi, je jette un regard par-dessus mon épaule pour la voir plantée les bras croisés sur sa poitrine devant Kyle qui la toise de son impressionnante hauteur. Je reconnais ensuite Katarina juste derrière lui qui a un sourire satisfait sur les lèvres. Je tourne le dos et les jambes tremblantes je continue à avancer. Les oreilles bourdonnantes. Tout à fait nonchalement.

« Eh Ed ! s'écrie soudain Kat. Attend deux secondes !»

Je me demande si je peux faire semblant de ne pas l'avoir entendu... Avec un soupir, je me retoune et lui adresse un signe de la main. Comment ça va Kat ? Qui moi ? Ah mais moi ça va impecc ! I-m-p-e-c-c-a-b-l-e. Ouais, ça le fait ça. Vraiment. Justement j'allais réviser avec John alors je suis un peu pressée tu vois hein…

« … J'en ai rien à foutre ! s'exclame Ky brutalement. T'avais pas à y mettre tron grin de sel, merde ! On t'a rien demandé !

- Désolée d'être un minimum intégre ! rétorque Deborah.

- Intégre ? INTEGRE ?! Parce que tu lui as dit bien sûr ce que t'allais faire !

- J'en avais pas besoin ! Je savais que c'était ça qu'il fallait faire ! »

Oh et toi Kat, ça se passe comment en ce moment avec Angel ? J'ai adoré ta façon de remballer Brienne à table, c'était mythique vraiment. Vous êtes vraiment très bien assortis, si, si…

« Je faisais que la protéger ! claque Deb. On peut pas en dire autant de toi !

- La prochaine fois on se passera de tes conneries ! C'est à cause de toi qu'on en est là ! Mais toi t'es contente, hein ? Parce que c'est ce que tu voulais dès le début !

- T'es qu'un rigolo ! Je savais que tu lui ferais de la peine ! Pour toi c'était qu'une passade et un jeu !

- Et c'est ça la fameuse intelligence des Serdaigle ? se moque-t-il. T'es tellement imbue de ta personne que tu penses pouvoir tout contrôler comme tu le veux ! Et ben je marche pas !»

Kyle quand il s'énerve, il a les yeux qui brillent et on a l'impression que ses cheveux se dressent sur sa tête avec colère. Il est irresistible, mon cœur s'en emballe. Ça ne me fait pas du bien je le sais, mais je suis faible.

« J'ai fait que dire ce qu'elle elle pensait ! Je la connais et je te connais ! crache Deborah.

- Ah ouais ? le fusille-t-il du regard, tu t'es pas dit à un moment qu'elle pouvait parler pour elle-même sans que t'ailles foutre ta merde ! Parce que figure-toi que je lui ferais jamais ça ! Risquer de la perdre pour un pari débile ?! MAIS REFLECHIS DEUX SECONDES ! »

Brutalement, ma cage toractique se contracte douloureusement de joie. Mes tripes se serrent à m'en faire mal. Je le savais ! Je le savais ! Je le savais ! Je le savais ! Je crois que je vais en pleurer, j'ai la lèvre inférieure qui en tremble dangereusement. Mes jambes deviennent molles comme du coton, je vais pour faire un pas dans sa direction lorsque John que je n'avais pas entendu s'approcher, pose une main sur mon épaule.

« Ed ? On y va ? T'as pas besoin d'écouter ça…

- Eh le mollusque ! aboie Ky. Touche pas à ma copine ! »

Je crois que c'est à ce moment là que j'éclate en sanglots, de soulagement, tandis que Katarina éclate d'un rire machiavélique. Tout va très vite, en un instant deux immenses mains se posent sur mes joues alors que celle de John se retire de mon épaule. Je souris à travers mes larmes. Kyle est tout flou mais il est toujours aussi beau.

« Je le savais, je le savais, j'en étais sûre, hoqueté-je. Mais je… mais… et tu…»

Il m'attire contre lui et je retrouve enfin son étreinte, m'agrippant à sa chemise pour l'approcher le plus près possible. Mes larmes vont s'écraser contre son torse. Une bouffée de son odeur familière achève de me couper la respiration.

« Je t'aime, me déclare-t-il en plantant son regard sur moi avec un immense sourire. »

Je ne sais plus bien où j'en suis, je tremble à cause des pleurs, je ris comme si je venais d'avoir une crise de nerfs et je suis à bout de souffle comme si je venais de courir un marathon. Je lui murmure, en reniflant, comme un leitmotiv, que je l'aime. Que je l'aime. Ses lèvres sont partout sur mon visage, brûlantes. Respire Ed, respire. Doucement, je me mets sur la pointe des pieds, enroulant mes bras autour de son cou. Et joints nos sourires.