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Courage à ceux qui sont en plein examen, bonnes vacances aux autre bien évident :)

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Et bonne lectuuuuure


Chapitre 16 :

-D'après mes prévisions, mon Ménéopir et ma belle-famille devraient arriver demain ! Et alors, nous nous marierons dans la semaine ! se réjouit Rowana. Oh, Neaffa, j'ai tellement hâte, mon amie !

-Oui, c'est fantastique !

Mais je dois me forcer pour écouter Rowana car mes pensées sont ailleurs alors que je range mes affaires dans la chambre que je vais partager avec elle, celle-ci n'ayant toujours pas le droit de dormir avec son fiancé. J'ouvre le tiroir de ma table de chevet pour y mettre ma dague.

Quand j'ai su qu'Ethéol avait choisi lui-même de nos chambres, j'ai cru que j'allais exploser de colère. Alors, maintenant qu'il va être le nouveau Seigneur Bidule, il n'est plus question de partager une chambre ? Monsieur a sa suite et moi, je suis avec Rowana, ah oui ? Fort bien ! Non pas que la compagnie de Rowana me dérange, c'est simplement la façon de faire qui me dérange.

De toute manière, nous sommes arrivés dans la journée et il ne nous a accordé à peine une demi-heure avant d'aller on-ne-sait où, continuer ses affaires. Sait-il ce que j'ai supporté pour venir ici ? Se rend-il bien compte de ce sont six jours sur la jument de Rowana ? Et selon lui, je n'aurais pas dû m'inquiéter, bien sûr ! Après tout, il m'a écrit avant-hier, alors… mais qu'il s'excuse, ça ne change rien !

Je vais le tuer. Le massacrer, en faire de la charpie.

-Neaffa, ma chère, me dit Rowana alors. Vous me semblez bien tendue…

-Il m'énerve ! Dieu qu'il m'énerve ! m'écrié-je. Même à Rivendell, j'étais mieux traitée ! Et c'est à peine si l'on m'adressait la parole, c'est dire !

Rowana me sourit avec amusement.

-Vous êtes mortellement soulagée, n'est-ce pas ?

-Oui,soupiré-je, ma colère s'atténuant un peu. Merci infiniment pour ce que vous avez fait pour moi, Rowana.

-Tout le plaisir fut pour moi, mon amie !

xOxOxO

Je me balade dans la demeure, ayant faussé compagnie aux autres. A vrai dire, c'était surtout parce qu'il était l'heure de dîner et qu'il était prévu qu'on retrouve Ethéol je-ne-sais-où pour manger. Et je n'ai pas envie de le voir. Je n'ai qu'une envie, c'est de l'étrangler. Ou de lui planter une fourchette dans ses chevilles qui commencent doucement mais surement à prendre du volume ! Peut-être que ça les ferait dégonfler.

Cette maison est immense et moins lumineuse que toutes les demeures de Rivendell, mais tellement plus rustique, brut et mystérieux. Et je me suis dit que je pouvais bien faire le tour du propriétaire puisqu'il me parait assez évident qu'Ethéol compte s'éterniser.

-Neaffa, est-ce bien cela ? m'interpelle-t-on derrière moi.

Je me retourne et tombe sur la femme de plus tôt, aujourd'hui, qui est venue se mêler de nos affaires quand je parlais avec Ethéol. Une blonde aux yeux verts qui ne me sont nullement sympathiques. Je ne sais pas ce qu'elle veut à Ethéol, ni à moi, mais je ne pense pas que la réponse me plairait. Je ne me suis jamais méfiée vraiment d'aucun homme qui buvait près de nous dans les nombreuses auberges dans lesquelles nous nous sommes arrêtés et pourtant, c'est cette femme qui ne me dit rien qui vaille. C'est quelque chose dans son regard, quelque chose dans son attitude et ses sourires. Et quand elle parle, ce quelque chose se retrouve dans sa voix.

-Oui, c'est ça, répondis-je en fronçant les sourcils.

-Qu'y a-t-il ? Etes-vous égarée dans cette grande demeure ? Une si petite elfe telle que vous…

J'hausse un sourcil. Et bien, c'est ça, traite-moi de bébé pendant que t'y es ! J'ai au moins dix ans de plus que toi, princesse !

-Je vais très bien ! claqué-je.

Une once de raillerie brille un instant dans ses yeux et je me retiens de lui sauter à la gorge. Ca me ferait le plus grand bien de me défouler sur cette blondasse tout droit sortie de nulle part pour venir me prendre de haut !

-Nos présentations ont été un peu bâclées, je le crains, fait-elle. Je suis Dame Mallia, fille de Rohirrim, et la veuve d'Elian, le frère d'Ethéol.

Je suis Dame Malliaaa, fille de machiiin, blablabla….

Et alors ? Je lui ai demandé quelque chose, à celle-là ? Moi aussi, je pourrais sortir des Dames trucs et fille de, veuve de… enfin, non, peut-être pas mais je pourrais mentir ! Et est-ce que je le fais ? Non ! Alors qu'elle remballe ses minauderies !

-Toutes mes condoléances, grogné-je de mauvaise grâce.

Ce n'est pas comme si elle semblait franchement éplorée. Mon père, qui est un elfe et qui est donc censé avoir un cœur dur comme de la brique, n'est toujours pas remis de la mort de ma mère. Il est anéanti, et c'était il y a vingt ans. Au fond de lui, il n'est plus que l'ombre de ce qu'il était et une éternité plus tard, ce sera toujours pareil. Il ne pourrait jamais plus aimer aucune femme comme il a aimé ma mère. Et cette gourde vient me voir, en se disant veuve, le sourire aux lèvres, deux mois à peine après la mort de son défunt mari ? Il y a des baffes qui se perdent.

Son sourire s'accentue. Mais oui, c'est ça, esclaffe-toi pendant que tu y es !

-Vous semblez bien proche du Seigneur Ethéol, Neaffa.

-Et alors ?

-Oh, rien… mais je voudrais juste vous apprendre qu'il m'a beaucoup aidée durant cette difficile période et que je lui en suis immensément reconnaissante, minaude-t-elle.

-Allez donc lui dire à lui ! m'impatienté-je.

-Oh mais c'est déjà fait, me dit-elle. Mes mots l'ont beaucoup touché. Nous connaissons la perte du même être cher et il est si bon d'être deux pour supporter cette douleur…

Je l'étudie un moment, essayant de comprendre à quel jeu cette garce joue-t-elle. Je croise les bras sur la poitrine.

-Où voulez-vous en venir ?

-Un Seigneur Rohirrim a besoin d'une femme au sang et à la lignée pures, une fille de Rohirrim, voilà tout ce que j'entends, me répond-elle avec légèreté. Bonne nuit, Neaffa.

Je la regarde, stupéfaite, me dépasser et s'en aller, visiblement très fière d'elle. Qu'est-ce qu'elle me chante ?

Elle veut épouser Ethéol ?!

xOxOxO

Je suis allongée sur le dos, dans mon lit, à me tourner les pouces pendant que Rowana est partie avec sa camériste pour se préparer et être la plus belle possible quand son fiancé arrivera. Elle n'a aucune information formelle et réelle indication pour lui assurer que c'est aujourd'hui qu'il arrivera avec sa famille mais elle n'en est pas moins certaine, pour autant. Elle me rabâche depuis tout à l'heure qu'elle a comme un pressentiment depuis hier, comme si les étoiles lui avaient appris elles-mêmes. Alors, bon, que faire face à une telle assurance ? Et puis, j'espère qu'elle a raison, un mariage me changerait les idées !

On frappe alors à la porte et je me redresse avec étonnement.

-Déjà fini ? dis-je en me levant du lit. Et ben, Rowana ! Je ne vous ai jamais connue si…

Mais j'ai ouvert la porte et Rowana n'est pas la personne qui me fait désormais face. C'est Ethéol qui me lance son sourire officiel, celui auquel je ne résiste jamais. Mais, là, c'est différent. Là, j'ai encore envie de le taper. Je redresse le menton avec défi.

-Alors, finalement, t'as réussi à trouver un peu de temps pour ta pauvre et minuscule elfe de meilleure amie, dans ton agenda de grand Seigneur ? cinglé-je. Va donc voir tes sujets, je peux bien attendre encore deux-trois mois, va !

Et sur ce, je lui claque la porte au nez. Ce qui, noté-je, me fit un bien fou et me donna presque envie de la rouvrir pour la claquer dix fois plus fort.

-Oh, allez, Etta, tu me fais quand même pas la tronche ? me fait-il avec un peu d'amusement dans la voix.

Et, en plus, il continue à se payer ma tête. On me prend vraiment trop pour une andouille, ces derniers temps, il faut que j'agisse ! Je ne lui réponds donc pas et m'adosse à la porte, en croisant les bras. Je ne lui ouvrirai pas.

-J'admets que je t'ai un peu délaissé mais j'étais débordé, il faut que t'essayes de me com…

-Ne finis même pas ta phrase, Ethéol ! m'écrié-je. Ne t'avise même pas de finir ton mot ! Il faut que je te comprenne ?! Alors que t'as fui en m'abandonnant, alors que tu m'as pas parlé depuis quasiment un mois, tu vas me faire croire que tu voulais que je te comprenne ? NON ! Tu voulais pas que je sois là, tu voulais pas que je t'aide alors, arrête-toi tout de suite avant que je m'énerve !

-Avant que tu t'énerves, hein ? l'entendis-je bougonner.

-T'es en train de te foutre de moi, là ?! m'indigné-je en frappant rageusement contre la porte.

-Je me suis déjà excusé, Effa…, soupire-t-il.

-Tu t'excuses mais tu changes rien ! Qu'est-ce que tu veux que tes excuses me fassent ? Garde-les !

Le silence me répond. Il va surement faire ce qu'il fait depuis qu'il a appris pour la mort de son frère. Il va tourner les talons et partir. Pendant une heure, ou un ou deux jour. Ou dix-neuf. Je comprends bien sûr qu'il souffre de sa mort mais je voulais l'aider, je voulais être là et il m'en a empêchée.

-J'ai un cadeau pour toi, reprend-il soudain. Sors de cette chambre que je te l'offre.

-Tu crois que maintenant que t'es Seigneur, t'auras juste à m'acheter pour que je fasse ce que tu veux ? m'indigné-je.

-Bon, tu viens ?

Bien sûr que je viens ! C'est un cadeau ! J'ai toujours eu un faible pour les cadeaux… je me retire de la porte et l'ouvre. Ethéol n'a pas l'air surpris de me voir céder et je le fusille du regard.

-T'as intérêt à ce qu'il me plaise, ce cadeau !

Il me sourit et m'attrape la main pour me guider vers la sortie du demeure. Au début, j'essaye de retirer ma main mais il me lance un regard de reproche, l'air de me dire « t'as pas bientôt fini de jouer ton bébé ?» et, piquée dans mon orgueil, je le laisse me tirer vers… les écuries.

J'arque un sourcil. J'ai comme un mauvais pressentiment.

Il me guide jusqu'à un box et en ouvre la porte. A l'intérieur, un cheval à la robe beige claire et au crin noir ébène me fixe de ses yeux diaboliques et chevalins. J'ai un mouvement de recul mais il me tient toujours par la main, me forçant à rester là.

-Qu'est-ce que c'est que ça ?!

-C'est Perle ! répond-il, visiblement très fier de lui. Elle n'a que trois ans et c'est la plus gentille jument de tout le Rohan !

-Elle ne m'a pas l'air si gentille que ça…, marmonné-je.

-Fais-moi confiance, elle l'est.

-Quoi ? C'est mon cadeau ? C'est ça mon cadeau ? m'exclamé-je en retirant brusquement ma main de la sienne. Dis-moi que c'est une blague ! Tu m'offres un bon sang de cheval alors que je les déteste ?! Tu cherches à ce que je te déteste, ou quoi ? Ou c'est une façon de me dire que tu veux plus que je prenne de la place sur Mumure ?

-Mais arrête un peu, enfin ! s'énerve-t-il. Je veux pas t'écarter de ma vie, d'accord ? J'ai eu tort, j'aurais dû…

Il souffle de frustration et j'attends en haussant un sourcil l'explication de tout ça. Son regard se pose sur la prénommée Perle qui nous regarde en broutant de la paille, assez bêtement je dois dire.

-Je veux juste que tu aies un cheval à toi, que t'aies plus de liberté, poursuit-il plus calmement. Elle est douce mais elle te portera et te protégera, quand je ne serai peut-être pas là pour le faire.

Je reste silencieuse mais perds un peu de mon animosité. J'observe avec plus d'impartialité la jument et ne la trouve plus si monstrueuse que ça. Après un moment de réflexion et essayant de rejeter les pensées comme quoi je vais regretter ce que je m'apprête à faire, je m'avance vers l'animal. Elle me regarde mais ne fait pas un geste. Quand je me trouve juste devant elle, elle lève son museau vers moi et j'effleure du bout des doigts ses naseaux. Je sursaute quand elle appuie complètement son museau contre ma paume mais finis par sourire, attendrie.

-Perle, alors..., dis-je. C'est mignon !

Je sens la présence d'Ethéol derrière moi et, après un soupir, je me retourne vers lui et le prends dans mes bras. Je pose ma joue contre son torse et il plonge sa main dans mes cheveux.

-Ca a été dur, Effa, me souffle-t-il. Je ne savais pas ce que je devais faire.

-Ca va s'arranger, Ethéo, et tu vas y arriver. J'en suis sûre !

-Et je ne te laisserai plus de côté, je ne t'abandonnerai plus, d'accord ?

Je ne réponds rien mais redresse la tête, me mets sur la pointe des pieds en me tenant sur les épaules et l'embrasse sur la joue. Je lui offre un sourire en coin.

-Merci pour Perle ! Elle a l'air cent fois plus cool que Murmure !

xOxOxO

Bon, visiblement, mon amie avait raison ; aujourd'hui était bien le jour où son fiancé et sa famille débarquerait ! Les retrouvailles ont été adorables, romantiques et passionnées ! Rowana a embrassé à pleine bouche Ménéopir dés qu'il est descendu de son cheval, faisant s'étouffer de rire son beau-père et d'indignation, sa belle-mère. Alors que le premier a l'air d'être un bon vivant au sens de l'humour infini, la seconde ne me semble vraiment pas avenante et tolérante… mais bon, ça fait une bonne moyenne !

A présent, nous sommes le soir et il est assez tard. Nous mangeons tous dans la grande salle-à-manger de la demeure. L'ambiance est aux réjouissances et aux rires, et le mariage est le principal sujet de conversation. Je suis entre Malaphrir et Dérinir. En face de moi, se trouve Léony, la mère d'Ethéol. Elle lui ressemble un peu mais elle est pâle et a l'apparence si fragile…

Je donne un coup de pied à Dérinir qui n'arrête pas de frotter sa jambe à la sienne et lui lance un regard noir. Il va bientôt arrêter avec ses petits jeux, celui-ci ? Il me répond avec un sourire goguenard. Je roule des yeux mais quand je regard devant moi, je croise le regard de Léony. Je tente un sourire.

-C'est délicieux ! complimenté-je en désignant d'une fourchette mon plat.

-Je ferai parvenir le compliment aux cuisines, ça leur fera grand plaisir, me répond-elle, en continuant à m'étudier. Pour poursuivre sur la voix des compliments, Neaffa est un joli prénom… a-t-il une signification ?

-C'est le nom d'une étoile, morte aujourd'hui, répondis-je. Elle aurait offert son éternité à un elfe malade ! C'est ma mère qui la choisit, elle aimait beaucoup les étoiles, elle connaissait le ciel par cœur.

-Oh… votre mère est-elle… ?

-Oui, elle est décédée, il y a maintenant vingt ans. C'était une humaine.

Je la vois rougir un peu et je lui souris aimablement.

-Ne soyez pas embarrassée, madame ! la rassuré-je. Vous ne pouviez pas savoir ! En outre, ça ne me gêne aucunement de parler d'elle, je suis très fière d'être sa fille !

-Elle devait être fière d'être votre mère, assurément, réplique-t-elle en me souriant.

-Oui mais j'ai dû la convaincre de ne pas faire d'autres enfants parce qu'elle s'est arrêtée là ! plaisanté-je.

Léony éclate de rire et alors, je vois combien elle ressemblait à Ethéol en vérité.