Coucou les petits choux !
On espère que vous profitez bien de l'été qui s'annonce - enfin !- et on remercie beaucoup nos reviewseuses :)
Bonne lecture,
Chapitre 17
« Je vous présente donc mes amis les nouveaux époux, Rowana et Ménéopir ! »
Tous se mettent à applaudir, moi compris. Rowana attrape le col de son nouveau mari et l'embrasse passionnément. Les invités éclatent de rire, à l'exception peut être de sa belle-mère qui n'a pas décoché un sourire. Selon ma mère qui a réussi à lui faire tenir une conversation, elle est froissée que sa bru n'en ai fait qu'à sa tête et l'oblige à faire marier son fils loin de Minas Tirith chez de parfaits étrangers.
Neaffa me lance un sourire émerveillé depuis là où elle se tient, juste à côté de Rowana. Dans une robe qu'elle m'a montrée en tourbillonnant. Aussi excitée que s'il s'agissait de ses propres noces. Je lève les yeux au ciel, dissimulant mon rire. Elle est une grande romantique au fond, elle rêve de faire un mariage d'amour comme son amie.
« A Ménéopir et Rowana ! »
On lève alors nos verres et buvons tous cul-sec à leur santé et au bonheur conjugal. Puis, les conversations reprennent et les invités vont s'assoir à la grande table pour y manger avec enthousiasme. Les deux époux ont été installés en bout de table, présidant le reste de l'assemblée. En face d'eux sont leurs pères respectifs qui discutent avec animation.
« Quel charmant couple, me glisse Mallia à l'oreille, ne trouvez-vous pas ?
- En effet, ils rayonnent.
- Enfin ! rit-elle, je me demande même si tous ces sourires sont sincères de la part de cette jeune fille, tout le monde sait ici qui portera la culotte.
- Je peux vous assurer que vos suppositions sont infondées, répliqué-je.
- Avouez tout de même que le marié est un peu… palot. Enfin, moi ce que j'en dis… J'aime les hommes qui ont de la prestance, voyez-vous, elle me lance un regard appréciateur. »
J'éclate de rire, mon pauvre frère avec une pareille épouse a dû bien s'amuser. Je prends vivement congé de ma trop persistante belle-sœur, et me dirige vers Neaffa et le jeune couple complètement perdu dans leur bonheur. S'échangeant des caresses discrètes et se murmurant probablement de la poésie.
« Rowana, Ménéopir mes félicitations, les interpelé-je. Lorsque vous désirerez vous retirer, la chambre que je vous ai attribuée Rowana est à votre disposition.
- Merci, répond Ménéopir en rougissant. »
Je m'esclaffe de sa réaction. Oh oui. Il lui est entièrement fidèle et ce depuis le tout début. Neaffa me donne un coup de coude, j'hausse les épaules.
« Et moi où je dors ?
- Il y a toujours le tapis devant la cheminée…
- Eh !
- Je plaisante Effa, passé-je un bras sur ses épaules, je te laisse la moitié de mon lit.
- La moitié ? Seulement ? C'est royal seigneur Ethéol !
- Tu préférerais la paille de l'écurie ? la taquiné-je. Au froid ?
- Perle me tiendra chaud !
- Vous êtes devenues amies ? sourié-je. Tu as commencé à la monter ?
- Non… marmonne-t-elle. Bientôt. Peut être…
- On le fera ensemble, je promets. »
Ma mère s'avance vers nous, visiblement très énervée. Je fronce les sourcils, elle me désigne du menton Mallia qui discute avec la tante de Ménéopir.
« Je me demande ce qu'elle fait ici si c'est pour jeter son venin, s'exclame-t-elle avec brusquerie. »
J'écarquille les yeux, ma mère reprend du poil de la bête. Il y avait longtemps qu'elle n'avait pas sorti les crocs comme ça. Neaffa fusille du regard Mallia.
« Ce ne serait pas drôle de jeter son venin dans une pièce déserte, répond-t-elle, l'intérêt c'est qu'on l'entende.
- Seigneur Ethéol, nous interrompt alors Fama, on vous demande.
- Très bien, soupiré-je avant de me tourner vers ma mère et Effa, essayez de ne pas l'écorcher vive pendant que je suis absent. »
Sans attendre la réponse, je suis mon bras droit dans le couloir. Je me fige sur place de stupéfaction, devant moi se tient le seigneur Rohirim Tamertin qui ne devait pas être là avant demain soir. Il s'esclaffe de ma stupeur avant de donner l'accolade.
« Alors Ethéol, de retour au pays à ce que je vois !
- Nous ne vous attendions pas avant demain, je réponds en lui désignant le fauteuil du bureau.
- Je n'en pouvais plus de serrer ma fille dans mes bras, comment va ma chère Mallia ? La mort de votre frère l'a dévasté.
- Elle se remet fort bien, vous allez pouvoir le constater, je réponds avant de me tourner vers Fama, on va aller la chercher.
- Fort bien ! Fort bien ! »
A peine Fama sorti, il perd sont ton guilleret et se penche vers moi.
« Vous devez vous douter de la raison ma venue ici en avance, je connais ma fille elle sait se remettre. C'est une femme forte ma Mallia, hoche-t-il la tête avec assurance, c'est une femme de cette trempe qu'il vous faut.
- Le mariage n'est pour l'instant pas dans mes préoccupations, coupé-je sèchement. »
Il éclate de rire. Me frappant l'épaule avec enthousiasme.
« Je crains que vous n'ayez pas le choix, demain ce sera le défilé des jeunes filles à marier dans votre bureau mon brave Ethéol.
- La réponse sera la même.
-Je crois que vous n'avez pas le choix, fait-il froidement. Et vous ne m'avez pas bien compris, je suis l'un des Rohirims les plus puissants de la région. J'ai des hommes, beaucoup d'hommes.
-Mais vos caisses sont vides, lui rappelé-je.
- Sans mon appuie, vous ne pourrez pas prendre le titre de votre père, crache-t-il brusquement. N'oubliez pas qui vous êtes Ethéol, vous êtes un vagabond qui a manqué à ses devoirs. Vous avez perdu toute considération en ces terres ! Epousez ma fille et votre mère et vous pourrez rester ici. Vous serez Rohirim !
- Osez-vous menacer ma mère ? attaqué-je.
- Mais non voyons ! rit-il, nous sommes entre amis !
- Père ! »
Mallia se précipite vers lui, l'enlace avec effusion. Fama se place derrière moi, visiblement lui non plus n'aime pas les manières hypocrites du père et de la fille. Je sais pertinemment que pour récupérer le titre de mon père il ne suffit pas d'avoir son sang. Les autres doivent m'accepter dans leurs rangs. Et beaucoup j'en ai clairement conscience ne voudront pas du fils rebelle. Si je ne suis pas accepté, nos terres seront distribuées, mes ancêtres seront déshonorés et ma mère contrainte de quitter sa maison pour une vie de misère. Je ne peux laisser cela se produire. A aucun prix. Tamertin est peut être sans le sous mais sa famille a de l'influence, des vassaux, des cavaliers. Si mon frère a fait alliance avec lui ce n'est pas pour rien, Elian avait trop à cœur le bien-être de nos terres pour songer à autre chose pour son mariage.
« Eh bien Ethéol, me sourit Mallia, fais-je apporter le vin ?
- Non, coupé-je, allons nous joindre à la fête, nous ne pouvons manquer de respect à nos invités.
- Vous avez raison, rit-ellefaussement, où avais-je la tête ?
- Notre hôte vous la fait-il perdre ? fait son père. »
Elle fait mine de rougir, me lançant une œillade significative. Je les fixe avec intensité tout les deux aussi avides de pouvoir l'un que l'autre. Je tourne les talons et rejoins les invités.
OoOo
« Ethéol ! Regarde ! Regarde !
- Je ne fais que ça Effa !
- Je trotte ! Regarde ! s'exclame-t-elle ravie. »
Au beau milieu de la cour, les bras à la verticale, droite comme une épée, Neaffa est sur le dos de Perle et trotte depuis déjà quelques minutes. J'applaudis chaudement cet exploit que je n'aurais pas cru possible des mois auparavant. Son sourire lui dévore le visage.
« A ce rythme là dans quelques semaines tu peux entrer dans la cavalerie du roi ! plaisanté-je.
- Il faudrait que je sache me battre d'abord, réplique-t-elle en arrêtant sa jument. »
Ah oui, les fameux entraînements avec Dérinir. Je jette un coup d'œil à ce dernier, assis sur les marches et qui nous observe depuis le début. Son regard noir me toise avec arrogance, je serre la mâchoire pour me contenir. Lui faire ravaler son petit air supérieur alors qu'il n'est rien d'autre qu'un homme de main d'un marchand. Mais Neaffa visiblement l'aime beaucoup aux dires de Tolst. Je ne sais pas si c'est ce qui m'oblige à me retenir ou ce qui me donne encore plus envie de lui faire mordre la poussière. Mais Effa aussi l'observe avec colère, je fronce les sourcils et lui attrape le bras alors qu'elle ramène Perle aux écuries.
« Il se passe quelque avec Dérinir ?
- Non, hausse-t-elle des épaules mais évite mon regard.
- Effa, je l'arrête alors qu'elle desselle laborieusement Perle, tu peux me le dire tu sais. C'est tes entraînements ?
- Non, yen a plus.
- Comment ça ? fronce-je les sourcils.
- Yen a plus, yen a plus qu'est-ce que tu veux que je te dise ! »
Elle se dégage pour tenter une nouvelle fois de retirer la selle de sa monture. Je soupire devant ses efforts avant de l'aider. Sinon on y est jusqu'au soir.
« Je croyais que les choses entre vous…, commencé-je sans pouvoir contenir une pointe d'agacement, allaient bien. Tolst m'a appris qu'il te plaisait beaucoup.
- Quoi ? s'exclame-t-elle en rougissant, Non ! Enfin…, se mord-t-elle la lèvre, non !
- Je suis pas ton père Effa, commencé-je lentement, tu peux faire ce que tu veux avec qui tu veux. C'est pas mes affaires mais si tu as un problème tu peux venir me voir. »
Elle hoche la tête, je lui caresse gentiment la joue. Attendant quelques instants, voir si elle se décide à se confier. Malgré ses quarante ans d'existence, elle reste encore nouvelle dans la vie. Et même si elle a l'éternité pour apprendre, tant que je suis là je la protégerai. Puis je sors de l'écurie et me rends droit sur Dérinir. Lorsqu'il me voit m'approcher, son sourire prétentieux s'agrandie. Je l'attrape brutalement par le col et l'oblige à se relever.
« Eh bien quoi seigneur Ethéol, rit-il, malgré votre scintillant statut vous n'arrivez pas à vous la faire ?
- La ferme, claqué-je, ne t'avise pas de parler d'elle comme ça.
- Ooooh, vraiment ? Et qui êtes-vous pour me menacer, hein ? Dois-je vous rappeler que c'est sur moi qu'elle se jette par amour ?
- Si elle t'aime tant mieux, grincé-jele poing brûlant de colère, mais si jamais j'apprends que tu lui as fait le moindre mal, je ne donne pas cher de ta peau. Compris ?
Il ouvre la bouche pour répliquer mais je ne lui en laisse pas le temps. Lui balançant mon poing dans l'estomac. Il se plie en deux, me lâchant une insulte. Je répète.
« Compris ? répété-je. »
Il hoche la tête et je retourne à l'intérieur. Les mains tremblantes de colère contenue.
OoOo
J'avais oublié combien mon père exécrait les huit clos avec les Rohirims dans la grande salle. Certains sont les même que de son temps, d'autres plus jeunes me sont inconnus. Je reconnais Erwon avec qui j'ai échangé une accolade amicale. Il y en une petite dizaine au total. Tamertin est au milieu d'eux comme Elwine au milieu de ses troupes. Je sais bien qu'il ralliera à sa cause la majorité par son ancienneté et mon état de fils rebelle. Je soupire, lasse de tout ça. Regardant par intermittence la plaine verdoyante qui m'appelle. Le vent s'infiltre dans la fenêtre ouverte, me caressant le visage.
« Seigneur Ethéol, commence l'un d'eux, Bohort. Nous avons mangé à votre table, bu dans vos verres et maintenant vient le moment de délibération. Vous êtes de sang noble cela est indéniable
- Mais votre comportement enfantin vous rend indigne du titre de vos ancêtres ! attaque un autre. Nous n'avons pas oublié comment vous avez abandonné tous vos devoirs pour quelques chimères ! Il n'est pas digne de confiance mes amis ! s'adresse-t-il aux autres.
- N'oublions pas qu'il n'a en aucun cas état de rébellion envers son père, temporise Erwon.
- Et envers son frère ? s'exclame-t-il. »
Et d'un coup ils se mettent à beugler, à s'écrier et à gesticuler. Je les regarde s'écharper comme des poissonnières. Alors il est là l'ordre rohir ? Elle est là la fameuse paix ? La vie des gens repose sur des disputes entre des hommes qui se prétendent guerriers mais qui ne connaissent pas la guerre ? Des braillards qui ne savent rien de la terre qu'ils prétendent gérer ? La vie de mes gens repose sur ces hommes ?!
Je frappe la table, les faisant se taire.
« Allez-vous donc cesser ?! Il ne s'agit pas du passé ! Pour ce qu'i en retenir c'est que j'ai été formé comme mon frère, que je sais tout aussi bien monter et me battre que vous ! C'est de maintenant dont il est question !
- Notre égal, hein ?! »
Je fais un écart, évitant l'épée d'un cheveu. Mais Bohort ne s'arrête pas, je dédaigne ma propre lame et pare du mieux que je peux. Les autres poussent quelques cris. Je contre attaque sur sa droite, son côté faible. Il recule de quelques pas, m'insultant. Je ne perds pas une seconde, mais sa lame vient s'opposer à la mienne. Il est déséquilibré, je lui balance un coup dans le ventre. Il perd son souffle. Un coup de pied l'envoie brutalement à terre. La pointe de mon épée se pose sur sa gorge. Je les toise tous.
« S'il y a d'autres choses à prouver, dîtes-le donc ! »
Un silence de mort s'en suit. Je les dévisage un à un, attendant une contestation. Erwon s'avance d'un pas, porte la main à son cœur tandis que l'autre se pose sur le pommeau de son arme. Je lui adresse un regard étonné. Il hoche la tête avant de déclarer.
« Seigneur Ethéol, véritable Rohirim ! Vous êtes digne de porter l'épée offerte par le roi à vos ancêtres ! »
Mon cœur s'arrête lorsqu'il est suivi peu à peu par les autres qui un à un imite le geste. Un soulagement se glisse en moi, mêlé d'une pointe de regret. Je range lentement mon arme, puis aide Bohort à se relever. Il me décoche un regard méprisant et se recule. Tamertin lui glisse alors quelques mots à l'oreille. Et bientôt tous, la main sur le cœur me reconnaissent comme l'un des leurs. On me tend la fameuse épée. Simple mais reconnaissable à ces petites gravures de chevaux. Je la fixe un instant, presque étonné de la voir enfin reposer légitimement entre mes mains.
« Allons fêter cela mes amis, s'exclame soudain Tarmertin, ainsi que les fiançailles de notre frère avec ma fille, Mallia ! »
Tous lancent des hourras avant de se précipiter sur la nourriture et le vin. J'attrape brutalement son bras.
« Je crois ne pas avoir donné mon accord ! sifflé-je avec agacement, veuillez démentir immédiatement vos propos !
- Allons mon ami, sourit-il.
- Vous savez tout comme moi qu'il n'y a pas d'amis qui tiennent ici mais des rivalités.
- Et vous si vous voulez durer tenez votre langue Ethéol, rétorque-t-il, et d'ailleurs, relisez le contrat de mariage de votre frère. Il est clairement stipulé que la veuve échoirait à l'héritier s'il n'avait pas de fils.
- Qu'est-ce que vous racontez ?!
- Votre frère avait peur que la dot soit reprise à sa mort, il se croyait invincible et ne pensait pas sérieusement mourir avant d'avoir eu plusieurs enfants. Son arrogance lui a coûté la vie. Ce mariage aura lieu. »
Ahuri je le fixe, cherchant un démenti. Il se contente de sourire.
« Buvons donc à la santé d'un mariage long et prospère. »
Je tourne les talons, ouvre en grand les portes. Faisant sursauter ma mère qui avait l'œil collé contre la serrure. Elle fronce les sourcils d'incompréhension, je la dépasse et sans m'arrêter jusqu'au bureau. Là je fouille dans les parchemins d'Elian, trouve le contrat de dot. Le lit.
Je m'affaisse sur le siège.
Tamertin n'a pas menti.
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