Salut, salut =)

On peut sans prendre de risques souhaiter de bonnes vacances à tout le monde !

Merci beaucoup à nos reviewseuses qui se reconnaitront ;)

Bonne lecture à tous et pensez à la crème solaire !


Chapitre 18 :

-… Alors, nous riions à gorge déployée, tout heureux de notre récent et prochain bonheur, en entrant dans la chambre que nous a si gentiment réservée votre Ethéol –d'ailleurs, veuillez lui faire parvenir tous nos remerciements les plus chaleureux, Neaffa ! Donc, où en étais-je ? Oh oui ! Oh que nous riions !

Je souris à Rowana, pendue à ses lèvres. Nous sommes assises sous un arbre, sous un large soleil, en ce lendemain de mariage. Très beau mariage, d'ailleurs, dix milles fois plus romantique que celui des nains –avec tout le respect qu'ils m'inspirent bien sûr ! Elle me raconte leur nuit de noce et je trépigne d'impatience.

-Il m'a alors soulevé et m'a porté sur… allez, bien trois mètres ! Il a certes un peu de difficultés, de par sa stature délicate, mais il a été très brave ! Je me suis sentie… oh, mon amie, je me suis sentie comme une princesse ! s'extasie-t-elle, rêvassant à ses souvenirs.

-Mais c'est bien naturel ! m'exclamé-je. Vous êtes sa princesse, Rowana !

-Oh, vous êtes adorable, ma chère ! Donc, nous nous sommes embrassés mais avec tellement plus de tendresse et de… profondeur, d'amour, de promesse que toutes les autres fois ! Nous avons pris notre temps et c'était fantastique, chaque seconde !

-OOOh…

-Et j'ai pris les devants parce que voyez-vous, les contes de fées sont charmants mais ils ne sont tout de même pas très réalistes… entendons-nous bien, je ne conteste pas du tout les contes de fée mais, sérieusement, le prince n'est pas toujours le déshabilleur dans l'affaire !

-Très justement parlé, mon amie, noté-je sérieusement.

-Donc, je l'ai dévêtu! Mais attention ! me prévient-elle en levant une main. Avec beaucoup de classe et de langueur ! Et on s'embrassait toujours, et l'on se caressait, et l'on gémissait nos noms respectifs… ce fut une telle poésie, une telle danse ! Et alors, nous nous sommes retrouvés dans le lit et la question était… par quoi enrayer la chose ?

-Enrayer la chose ? balbutié-je.

-Et oui, bah forcément ! Alors, je me suis dit, il vaut assurément mieux que je dorlote son petit...

-D'accord !m'écrié-je en bondissant sur mes pieds.

Je veux bien écouter combien c'était magique et fantastique, les baisers, les sensations, la lumière tamisé, la chaleur, etc, mais là, j'ai de plus en plus l'impression de me retrouver à lire ce livre érotique que j'avais trouvé dans un coin reculé de la bibliothèque de Rivendell ! Et autant dire que c'est plutôt gênant !

-Je dois aller traire Perle ! prétexté-je.

-Mais on ne trait pas les juments, enfin, mon amie !

-Je… elle est malade ! On se revoit pour le dîner, Rowana !

Et je file, vitesse grand V.

xOxOxO

Quand j'ouvre la porte de notre chambre, Ethéol est étalé sur le dos dans le lit, au-dessus des couvertures, un bras sous la nuque. Il a les paupières lourdes et a l'air harassé. En ce moment, ses journées l'épuisent, tout le monde lui saute dessus et veut qu'il fasse tout un tas de choses. Je ne cesse de lui répéter qu'il n'a pas à se donner autant et qu'il doit un peu se reposer mais, bon…

Mais j'ai autre chose en tête ! Je n'arrête pas d'entendre partout, depuis ce matin, qu'Ethéol va épouser cette sorcière de Mallia ! Je n'arrive pas à croire qu'elle réussit à persuader tout le monde de sa lubie, elle ne doute vraiment de rien… quand je vais dire ça à Ethéol, tiens, il va lui voler dans les plumes, ça va la calmer, la bougresse !

-Coucou, Ethéo ! m'écrié-je joyeusement. J'en ai une bonne pour toi ! Tu vas pas me croire !

J'enlève ma veste que je lance au hasard et me jette sur le lit, à moitié sur lui, le réveillant brusquement de sa léthargie. Ses yeux un peu endormis se posent sur moi et il me sourit, m'ouvrant un bras pour que je me cale contre lui.

-Je t'écoute.

-Ya une rumeur qui circule, depuis ce matin ! débuté-je. Mais vraiment une rumeur à tomber debout que tout le monde croit bêtement, 'fin, bref ! Tout le monde dit que tu vas te marier à cette greluche de Mallia ! Ahahaha ! En plus, je suis sûre que c'est elle qui l'a lancée elle-même !

Je ris. Cette femme est pathétique ! Mais je remarque alors qu'il ne dit rien et crains qu'il ne se soit endormi mais quand je lève la tête vers lui, son regard gris est perdu dans la chambre. Je me redresse sur un coude, arquant un sourcil, et il baisse ses yeux sur moi. Et j'y lis aussitôt un sérieux qui me fait peur.

-Quoi ?

-Ce n'est pas une rumeur, Effa, je voulais te le dire mais visiblement…

-TU QUOI ?!

J'ai bondi sur le lit, les yeux écarquillés. Il me fait une blague, c'est ça ? Mais il ne cille pas.

-Tu vas l'épouser ?! Non, arrête ! Tu peux pas faire ça ! m'écrié-je. Oh, Ethéol, réagis, putain ! C'est quoi cette histoire ?!

-Il le faut, c'est tout, c'est mon devoir.

-Ton devoir de quoi ? répété-je avec colère et n'en croyant pas mes oreilles. De salir toute la magie du mariage en épousant une garce que tu n'aimes même pas, que tu connais depuis un mois ?! La veuve de ton frère ? Tu veux pas épouser ta mère, pendant que t'y es ?!

-Neaffa ! soupire-t-il.Si je ne l'épouse pas, je perdrai mes terres.

Mes yeux s'ouvrent en grand à nouveau et je secoue la tête, ne pouvant y croire. Je le dévisage. Ca ne peut pas être le même homme qui venait me voir à Rivendell et me contait ses aventures par de-là la Terre du Milieu et qui respirait le courage. Celui qui est parti de chez lui pour réaliser ses rêves, celui qui a le sens de l'honneur, celui qui a la force de ses opinions ! Le grand rebelle, l'aventurier ! Mon meilleur ami !

-Je n'y crois pas, fis-je. Je. N'y. Crois. Pas.

-On en reparlera demain, d'accord ? me demande-t-il. Je suis lessivé…

-Et c'est la seule raison qui me retient de te taper et de te tordre le cou pour te remettre les idées en place dans ta tête de… de… crétin ! m'écrié-je en bondissant du lit, en faisant de grands gestes poussés par la colère. Tu vas te soumettre devant des seigneurs ?! Tu crois que c'est ce genre de Seigneur docile et vendu que ton village a besoin ? Tu crois que parce que tu épouseras cette vipère alors, tu seras à l'abri de perdre tes maudites terres ? NON, MONSIEUR ! Tu vas juste gâcher ta vie !

Je m'avance vers la porte, le pas rageur, mais je me retourne pour lui jeter un :

-Je ne te laisserai pas faire !

Je reprends ma route et ouvre la porte.

-Mais où tu vas, Effa ? Retourne te coucher, enfin !

-Et je te préviens, je le dirai à ta mère ! lui lancé-je en le menaçant d'un doigt. Et ta mère m'aime beaucoup !

Sur ce, je m'en vais en claquant la porte.

xOxOxO

Je déboule sans frapper dans la chambre de Mallia. Elle était visiblement en train de se coiffer sa chevelure blonde, en robe de nuit, avant d'aller se coucher et elle se retourne vivement vers moi, face à mon irruption. Je referme la porte derrière moi d'un geste sec et m'avance vers elle.

-Alors, vous avez réussi à l'harponner ! l'accusé-je. Ah, c'est bien joué ! Espèce de harpie !

La surprise qui s'était peinte sur son visage à la suite de mon entrée se dissipe pour laisser toute la place à un sourire sardonique et méprisant. Je la toise du regard, les poings serrés.

-C'est ainsi que vous venez me souhaitez tous vos vœux de bonheur avec le Seigneur Ethéol, petite elfe ? Ca ne m'étonne guère de vous, cela dit, me répond-elle, doucereuse.

-Oh, pitié, épargnez-moi ça ! m'énervé-je. De quel bonheur parlez-vous ? Ni vous, ni lui ne vous aimez ! Vous n'êtes qu'une sournoise profiteuse doublée de la pire des garces vénales !

-Mais moi, je ne suis pas une catin, très chère, rit-elle.Je suis de celles que l'on épouse, pas de celles avec qui l'on se divertit aisément… Ah vous pouvez bien réchauffer le lit de mon fiancé, si cela vous plait, ça n'a aucune espèce d'importance pour qui que ce soit. D'ailleurs, je ne me doutais aucunement que l'on éduquait des femmes de ce type, dans les douces contrées des elfes !

J'ouvre la bouche, indignée, tandis que la colère boue en moi. J'ai dû mal entendre ! Je suis une catin ? JE suis une catin ?! Moi ? La gifle part immédiatement et claque contre sa joue bruyamment. Sa joue est déjà empourprée et elle la tient d'une main avec une expression choquée au visage. Et je dois me retenir pour ne pas récidiver car je suis encore loin d'être calmée !

-Vous êtes la catin ici ! craché-je en lui présentant tout mon dégoût.Une femme qui n'a même pas la décence d'honorer le souvenir de son époux et qui bondit sur son cadet dés qu'il réapparait, comme une chienne à un os ! Une femme capable de se vendre honteusement et sans la moindre dignité pour de simples terres et pouvoir se faire appeler « Dame » ! Vousêtes la catin, et une catin détestable, de surcroit car détrompez-vous, la majorité des catins ont plus de valeurs et d'honneur que vous !

-Vous regretterez bientôt vos paroles, soyez-en sûre, l'elfe ! Je vous ferai bannir ou pendue, ou pire encore ! siffle-t-elle.

-Vous ne ferez rien du tout ! lui assuré-je. Ethéol ne vous épousera pas, je ne le laisserai pas commettre cette effroyable erreur ! Et vous serez alors en plus une catin dont on rira dans toute la Terre du Millieu !

Elle allait me répondre mais, ayant dit tout ce que j'avais à dire, je me dirige vers la sortie de la chambre pour aller certainement à la taverne, pour cette nuit. Je n'écoute pas les insultes qu'elle me jette et me retourne une dernière fois pour lui lancer :

-Mais tous mes vœux de bonheur, bien sûr, Dame Mallia !

xOxOxO

Je le repousse avec une profonde irritation et je soupire bruyamment en croisant le regard de Dérinir. Il ne se lassera définitivement jamais ! Et il ne comprend vraiment rien n'à rien ! J'ai beau lui répéter que j'en ai assez qu'il m'utiliser pour ses petits besoins, il n'en fait qu'à sa tête et continue.

Nous sommes dans la rue, devant la taverne. Je suis même adossée à la devanture, ce qui n'est pas le fruit d'une de mes propres décisions puisque c'est Dérinir qui m'y a plaquée alors que j'allais y entrer pour aller retrouver Tolst et Rowana. On s'est donné rendez-vous pour papoter et boire un verre, et puis Rowana aime nous raconter sa routine de jeune mariée… et bien sûr, Tolst et moi adorons tout autant l'écouter ! Ménéopir est tellement adorable, il est l'homme rêvé, doux et attentionné, honnête et romantique ! Il manque certes un peu d'impulsivité et de virilité mais quand on voit l'effet que ça peut avoir sur un homme qui en abuse, on décide que ce n'est pas du tout l'essentiel.

-Dérinir ! fis-je. Que veux-tu exactement ?

-Je ne suis pas assez clair ? rit-il pompeusement.

Je lève les yeux au ciel.

-Si c'est tout ce que tu veux alors, pas besoin de te fatiguer, je ne suis pas intéressée ! répliqué-je.

Je le contourne avec un dernier regard alors qu'il fronce les sourcils avec mécontentement, cependant il ne fait aucun geste pour m'arrêter à nouveau. J'ouvrais la porte quand je l'entends me lancer :

-Et si je voulais plus, tu le serais ?

Je me retourne un instant vers lui, désarçonnée par la question. Dans mon esprit, je n'ai même pas le temps de réfléchir que la réponse s'y imprime clairement ; non. Il n'est pas assez…il est trop… enfin, avec lui, il y a juste les frissons et ce sentiment permanent de culpabilité mêlé de plaisir. C'est tellement malsain et il est tellement peu… tellement peu comme Ménéopir.

J'hausse les épaules et entre dans la taverne.

Je repère presque aussitôt Tolst qui est à une table, en plein centre de la pièce. Je m'avance vers lui parmi les rires, les exclamations et les demandes à répétitions de verres de la part des clients. Je m'assois en face de lui et lui sourit.

-Où est Rowana ?

-Oh elle est allée aux toilettes ! Se repoudrer et diverses autres occupations…

-Comme si elle avait besoin de ça pour être resplendissante ! rié-je. Etre mariée lui suffit à briller plus qu'une luciole !

-C'est que le gentil Ménéopir doit être assez talentueux à l'art de contenter une femme…, commente mon ami avec raillerie. On ne croirait pas comme ça…

J'éclate de rire.

-Alors, encore une petite séance pelotage avec notre bel et sauvage Dérinir, jolie elfe ? ronronne mon ami avec un sourire entendu.

-Euh, je… qu'est-ce qui te fait dire ça ? baffouillé-je.

-Oh, allons, ne fais pas ta timide avec moi, ma fille ! Je sais que tu sais que je sais ce qu'il se passe entre lui et toi ! Je vous ai vu à l'instant, dehors, par la vitre ! Et je te prie de te rappeler que c'est moi qui t'ai décidé à accepter de danser avec lui !

-Oui et bien, tu fais bien de me le rappeler ! ronchonné-je, immédiatement de mauvaise humeur. C'est ce soir-là que tout à commencer et que c'est parti en cacahouète ! Maintenant –puisque tu veux que je t'en parle, je vais t'en parler, Toto !- et bien maintenant, il n'arrête pas de me coincer n'importe où et de m'embrasser, et de me peloter, comme tu dis ! Et après, on s'engueuler et… BRAVO, TOTO ! m'écrié-je avec colère.

Il a un sourire en coin satisfait qui m'agace et je le fusille du regard.

-Allons, ma chérie, tu sais très bien que ça te plait !

-Ok, sans doute ! Mais ça, c'est juste parce que… qui n'aime pas se faire embrasser par un homme doué comme lui ? fis-je en écartant les bras pour démontrer l'évidence du phénomène. Je veux dire, ce n'est pas ma faute, c'est presque physiologique !

-C'est bien ce que je me tue à te dire ! Pourquoi refuser un tel plaisir ? réplique-t-il.C'est insensé ! C'est un beau-gosse qui sait se servir de ce que Dieu a mis à sa disposition, que demander de plus ?

-Il est tout bonnement incorrect et sans aucune considération ! Il ne me demande jamais mon avis et ne vient que quand ça lui chante !

-Et alors ?! s'écrie-t-il.

Il a l'air réellement désespéré par mon comportement et je m'agace en croisant les bras sur ma poitrine, et en m'adossant sur ma chaise. Il s'appuie sur la table et pose ses paumes sur celle-ci, posant un « BON ! ».

-Laisse-moi t'expliquer la chose, ma chérie, dit-il avec fermeté. Tu es peut-être immortelle mais tu n'as quand même qu'une seule vie, ce qui veut dire que tu ne dois pas plus la gâcher que nous. Vis la à fond, bordel ! Comme si tu allais mourir le lendemain ! Tu es très belle, il est très beau alors, bon sang, fais plaisir à tout le monde, cède à la tentation !

-Tolst…

-Profite de la vie ! clame-t-il, ne perdant pas de vigueur.

Je l'observe, réfléchissant tout de même à ses paroles.

-Qu'est-ce tu as à perdre ?

Je suis d'accord avec lui sur tout ce qui concerne le fait que je n'ai qu'une vie, comme tous les êtres vivants, et qu'il est tout indiqué d'en profiter au maximum. Je veux être heureuse et ce qui me procure du plaisir, ne pas avoir de regret. Mais jamais je n'aurai le regret de ne pas m'être offerte à Dérinir. Je sais que je ne peux pas, je sais que ça me fera plus de mal que de bien. Je le sais aux sensations qui m'envahissent quand ses lèvres attaquent les miennes. C'est comme un poison. Un poison qui aurait un goût trompeur, un poison sucré et amer à la fois, et avec lequel on finit par se tordre de douleur.

Et pour moi, ce n'est pas en se tordant de douleur que l'on profite de sa vie. Alors, je finis par lui répondre simplement :

-Peut-être tout ce que j'ai.