Hello everyone !
Alors, un gros merci aux reviewseurs ! Voilà on vous aime pour votre soutien et tout et tout =)
Sinon que dire ? Ceci est le dernier chapitre de Katarina (en dehors de l'épilogue) donc profiez et surtout donnez votre avis sur le personnage et tout et tout, chuis sûre vous avez des trucs à dire !
Bonne lecture !
Chapitre 35 :
-JE VAIS LA FAIRE VIOLER ! VIOLER !
J'envoie le réveille-matin de Julian s'écraser contre le mur en face de moi de rage. A défaut de ne pas avoir la sale tête de garce de Colbert sous la main, il faut bien que je détruise quelque chose, n'importe quoi. Je donne un violent coup de pied dans la porte de la salle-de-bain qui était fermée et elle émet un craquement sordide qui vaut bien la douleur qui se repend dans mon pied nu. Puisque, forcément, je suis à moitié à poil, seulement en sous-vêtement et en chemise à trois-quarts déboutonné… rappelons quand même que j'allais m'envoyer en l'air avec mon meilleur ami, presque frère, à cause d'une putain de potion de désir qu'une espèce d'immonde chienne m'a fait ingurgiter pendant une semaine entière pour me piquer mon copain. Ex-copain. Voyez-vous ça, c'est que ces petits-jeux de trainée marchent bien finalement.
Je fais volte-face pour lancer à Ed qui se tient toujours debout, mal à l'aise et les joues cramoisies :
-Je vais envoyer Peeves la violer ! Ca va être terrible !
-Ok, Kata, rit Julian. Tu vas pas transformer notre bouffon d'esprit frappeur en violeur…
-Ah oui ? fis-je en haussant un sourcil.
Julian est toujours dans son plus simple appareil, vautré sur l'un des lits du dortoir, et je crois bien qu'il a pas cessé de glousser pendant que j'ai défoncé la moitié de son dortoir, après qu'Ed m'ait expliqué le pourquoi du comment de la merde dans laquelle j'ai été noyée cette semaine. Je crois qu'on n'est pas monté de la même façon, lui et moi… le gougnafier qui s'est chargé de ses connections neuronales a dû faire le boulot n'importe comment. Parce que sincèrement, comment peut-il prendre un tel merdier comme ça ? Il devrait me soutenir dans mon besoin d'administrer une violence insoutenable à Colbert ! Non. Il devrait même se proposer pour violer Colbert.
-Je ferai ce qu'il faut, Bones ! Je sais que, intellectuellement, t'as toujours été un peu défavorisé, cinglé-je. Mais il faut que tu comprennes quand même la situation ! Ce qu'elle a fait, c'est une tentative de viol ! S'il le faut, je la violerai moi-même ! Ca va la calmer tout de suite, cette petite conne !
-Kata…, pouffe-t-il. Ca va, c'est pas si dramatique… c'est plutôt comique, même…
-Tu trouves ça comique ?! On était à deux doigts de baiser, TROU DU CUL ! hurlé-je. Tu crois que j'avais envie de ça ?! Coucher avec mon putain de meilleur pote, celui que je connais depuis dix ans ! T'es limite un frère, Julian ! C'est dégueu, répugnant et... ça me rend malade.
Ma voix faiblit durant ma tirade et je me laisse juste tomber sur le lit de Julian, en face de celui-ci qui s'est redressé un peu en fronçant les sourcils. Ed vient s'assoir à côté de moi, évitant d'entrevoir plus encore la nudité de mon meilleur ami qui n'a pas la présence d'esprit d'enfiler quelque chose. Je roule des yeux. Faut vraiment tout lui expliquer.
-Julian, cache-moi ton service trois-pièces, tu vois bien que ça gêne Ed.
-Ah ouais, merde, désolé, fait-il.
Il attrape un oreiller et se le colle à l'endroit fatidique. Je l'observe tandis qu'il me lance un sourire qui se veut blagueur mais ça me donne juste envie de me pendre ici et maintenant. Je regarde ses yeux trop verts, ses cheveux châtains trop clairs et ses tatouages que je connais par cœur… plus aucune once de désir, juste la mer d'affection et d'irritation à chaque fois que je suis en présence de Julian Bones.
Je me tourne vers Ed qui me sourit maladroitement, ne sachant surement pas quoi faire et une vague de reconnaissance se déploie en moi. Sans elle, j'aurais peut-être finie enceinte de mon foutu meilleur pote alors je crois que je lui dois une fière chandelle. Je lui dois surement plus que je n'ai jamais du à quiconque, auparavant.
-Putain, Ed, je t'aime ! m'exclamé-je. Je pensais jamais le dire à un être humain vivant mais j'te jure que là, maintenant, je pourrais t'embrasser…
-C'est rien, Kat, me sourit-elle. Mais je veux bien un bisou ! plaisante-t-elle.
-Ouais, allez-y, les filles, vous gênez pas, nous encourage Julian avec un sourire pervers. Fais comme si j'étais pas là, surtout…
-Etouffe-toi avec ton oreiller.
Ed et Julian rient et je me retrouve à rire avec eux, plus de soulagement qu'autre chose. J'avais réellement fini par croire que j'avais perdu le boulon critique et avait viré du mauvais côté de la folie, en devenant une véritable obsédée de mon meilleur ami. J'aime les trucs tordus, comme la nécrophilie ou la dissection d'êtres encore gigotant de vie, mais je ne suis pas très portée dans l'inceste. Je dois dire que je préfère vraiment la version de la potion de désir versé dans je-ne-sais-combien de mes verres, c'est rassurant. Même si ça ne change pas le fait que j'ai fantasmé et sauté sur mon meilleur ami pendant une semaine, et qu'on a vraiment été très proches de la fin, i peine dix minutes.
Et que mon copain m'ait quittée aussi. Ma bouche s'empreigne d'un goût amer. Ca a vraiment été presque trop facile pour Colbert, pas vrai ? Deux-trois gouttes de potion de désir dans mon verre et quatre jours plus tard, Angelo me jetait. Pas même une baston, pas même un cri. Deux phrases de rupture, une poignée de regards mauvais et froids, et le tour était joué. Il me laissait faire n'importe quoi avec Julian en m'ignorant royalement.
Ma mâchoire se crispe, la colère revenant à l'assaut.
-Où est Angelo ? demandé-je à Ed.
-Euh… dans notre salle-commune, je pense.
-Ok. File-moi le mot-de-passe.
xOxOxO
J'entre avec Ed dans la salle-commune et les Poufsouffle me lancent des regards perplexes, et accusateurs. Après tout, je suis la fille qui a « mené en bateau » et « brisé le cœur » de leur héros de Quidditch. Bien sûr. Briser le cœur d'Angelo Rossi. Ils me font bien rire, tiens. Mais je reste avant tout Katarina, la sorcière démoniaque et psychopathe à ses heures de Poudlard, donc il ne me suffit que d'un regard acéré pour qu'ils détournent tous le leur, ne voulant pas finir le cul dans le feu de cheminée ou la tête retournée à 180 degrés. Et après, on dit que les Poufsouffle sont stupides…
-Mon p'tit cœur ! Oooh, et Katarina ! s'exclame Quinn en faisant de grands gestes de son bras pour attirer notre attention. C'est trop cool de te voir ici, Kat !
Et je m'avance vers lui mais pas exactement pour ses beaux yeux vert-gris, mais pour son pote qui ne lève même pas le regard de son magasine de Quidditch, brillant dans son projet d'ignorer mon existence indigne de ses larges épaules, de sa voix grave d'italien et de sa passivité à toute épreuve. Qu'il fantasme. S'il en est, c'est lui qui est indigne de Katarina.
Ed me lance un regard un peu fébrile. Elle a été témoin de ma montée en pression au long du trajet jusqu'à sa salle-commune et je lui ai promis de disperser de l'italien aux quatre coins de la salle. L'idée ne l'a pas emballée autant que moi. Elle m'a dit que je ferais surement mieux de communiquer de façon civile avec Angelo. Personnellement, je ne vois pas pourquoi. J'ai trop longtemps fait du favoritisme avec Angelo et c'est comme ça que je me retrouve dans ce genre de situation foireuse.
Sitôt que j'arrive en face d'Angelo, je lui arrache son Quidditch Mag des mains et le lance au feu. Et je suis récompensée par l'immense honneur qu'il me fait en levant son regard noir sur moi. Et il flamboie de colère.
-Tu joues à quoi exactement ?! gronde-t-il, criant presque.
C'est ça, bébé, crie pour moi. Mais on n'y est pas encore. Peut sérieusement mieux faire. Je le regarde se lever du fauteuil qui affiche encore mon nom sur l'accoudoir et je souris avec aigreur. J'ai marqué un pauvre fauteuil et lui, il a marqué tout le reste. Et je l'ai laissé faire !
-Wow, Angelo Rossi s'énerve, me moqué-je. Et c'est pour un magasine de Quidditch… très profond, Rossi, tu m'impressionnes ! Peut-être que t'aurais fait quelque chose si Julian le feuilletait, ton précieux magasine…
Il plisse le regard de colère, m'observant de haut du fait qu'il est maintenant à moins d'un mètre et mon sourire mauvais tombe après quelques secondes de silence. Il est tellement… frustrant ! Je le bouscule avec rage en hurlant :
-REAGIS ! Tu m'aurais laissée coucher avec Julian ! Tout aurait été de TA faute ! Alors, REAGIS, PUTAIN !
Il m'attrape le bras pour m'empêcher de le pousser à nouveau et il répète, scandalisé :
-De ma faute ? J'y crois pas…
-Oh, et ben, c'est le moment d'y croire, beau-gosse, rié-je jaune. Toute cette merde écœurante a été montée pièce par pièce par ta petite chérie ! Tu sais, Colbert ? sifflé-je, mon ton se faisant venimeux.
-Quoi ? s'enquit-il.
-C'est vrai, intervient Ed. Elle a versé de la potion de désir dans les verres de Julian et Kat, toute cette semaine, et graduellement pour que le changement ne choque pas trop…
-Et c'est toi qu'as découvert ça ? S'émerveille Quinn.
-Oui, j'avais des doutes alors j'ai mené l'enquête !
-Qu'est-ce que c'est sexy, mon p'tit cœur !
J'avais presque oublié qu'on n'était pas seuls, Angelo et moi, même si je m'en fous pas mal d'avoir un public. Ce qu'on a effectivement, vu qu'une quinzaine de Poufsouffle nous observent. Je roule des yeux avec agacement en voyant Quinn embrasser avec passion Ed et retourne sur mon ex qui a ses épais sourcils noirs froncés dans une mine mêlant incrédulité et ébahissement. Et ça m'énerve. Merlin, que ça m'énerve…
-Si t'avais dit clairement à cette pute qu'elle avait aucune chance et que t'étais pas intéressé, elle aurait pas cru que son plan débile avec sa putain de potion pouvait marcher ! accusé-je avec fureur. Et j'aurais pas été à deux doigts de me taper mon nom de Dieu de meilleur ami ! Et le pire c'est que t'allais me laisser vraiment coucher avec lui sans rien faire ! Ca t'est pas venu à l'esprit de, je-sais-pas, moi, lui péter la gueule ?! Non, c'était tellement mieux de me plaquer puis de m'ignorer !
Il me regarde un instant, relâchant un peu sa prise sur mon bras, et il soupire en se passant une main dans ses cheveux noirs.
-Et tu crois que c'est aussi simple que ça, Kat ? me demande-t-il. Comment j'étais sensé deviner que c'était à cause d'une foutue potion ? Tu t'es juste mise à être obsédée par lui, qu'est-ce que je pouvais faire ?
-Julian est mon meilleur pote ! m'écrié-je. Je l'ai vu cul-nu effrayer des grands-mères dans les parcs et chialer après s'être pété la gueule d'un arbre, pour l'amour de Satan ! Et d'un coup, quoi ? Il deviendrait mon Démon Sexuel ?
La seule façon d'avaler un truc pareil c'est soit d'avoir été victime d'une greffe de cerveau qui aurait sérieusement foiré ou alors d'être droguée à l'acide. Et moi, je suis quand même excusable, j'étais empoisonnée.
-Il se gênait pas pour te tripoter bien avant cette semaine.
J'écarquille les yeux en observant Angelo qui est parfaitement sérieux dans son accusation. Il s'arrête jamais, c'est pas possible… plus ça va, plus toute cette histoire prend des proportions démentielles parce que, sérieusement, je nage en plein délire, là. Si on continue sur cette voie, la prochaine nouvelle c'est que Julian est en réalité mon père. Je finis par éclater d'un rire sans joie, arrachant mon bras de son emprise et recule d'un pas.
-C'est quoi que vous allez m'inventer ensuite ? m'enquis-je, le ton plus tranchant encore que mon cutter. Mais je vais te dire une bonne chose, Rossi.
Je refais un pas vers lui, pas franchement tentée que ce que je m'apprête à dire soit entendu par toute la patrie Poufsouffle. Je ne suis déjà pas fan de l'idée d'avoir des faiblesses mais j'aime autant ne pas les étaler publiquement. J'ignore mon cœur qui cogne et proteste, me hurlant « pourquoi est-ce que tu m'infliges ça ?! ». Bien sûr, je l'ignore. Je comptais sur le fait qu'il n'existe pas et, maintenant, il se met à vouloir communiquer avec mon cerveau. Qu'il compte là-dessus, je ne risque pas de l'écouter à nouveau avant très longtemps, vu les directions qu'il m'a fait prendre. Tiens, si je m'écoutais, je m'arracherai moi-même le cœur, là, en plein milieu de la salle-commune des Poufsouffle. Un peu de rouge dans tout ce jaune hideux, ça ne peut définitivement pas faire de mal. En plus, argument de taille, ça traumatiserait certainement à vie la petite quinzaine de personnes présentes… mais bon, je ne peux pas faire ça à Quinn. Il a déjà du mal à gérer sa propre vie alors, si en plus, il doit faire face à un traumatisme…
Je lève donc le menton pour fixer comme il se doit Angelo dans les yeux et, vu son regard, il ne sait vraiment pas à quoi s'attendre de ma part. Et bien, au moins, c'est bien, je n'ai pas perdu mon imprévisibilité. Je pose une main sur son abdomen, m'autorisant un dernier petit contact physique avec ses tablettes de chocolat à travers sa chemise d'uniforme.
-Je savais que t'allais finir par me larguer, tôt ou tard, et plutôt tôt, d'ailleurs, lui dis-je, à peine plus fort qu'un murmure. Mais je pensais pas que t'étais le genre à avoir besoin de t'inventer des excuses bidons pour te débarrasser de moi. T'as beaucoup de chance que je t'éventre pas ici et maintenant.
Son regard est indescriptible mais je me force à le soutenir une ou deux secondes, histoire de prouver qu'il peut bien faire une tête de plus que moi, il ne m'impressionne pas. Même si, qu'on se le dise, mon enfoiré de cœur essaye de me convaincre de lui sauter dans les bras, oubliant complètement le fait qu'il l'a écrabouillé, comme je ratatine les fleurs trop roses qui ont l'impudence de se trouver sur mon chemin. Ou trop jaunes.
Comme cette salle, d'ailleurs. Il est grand temps que je m'arrache.
Je tourne les talons, échangeant un bref regard avec Ed qui se mordille la lèvre d'un air anxieux mais je détourne aussitôt les yeux. Elle n'a pas l'air d'être très satisfaite par la tournure que prennent les évènements mais elle devrait être soulagée que tout ça ne se termine pas en bain de sang. J'ai hésité. J'allais entamer ma grande sortie diabolique, accompagnée de coups de talons de Doc Marteens et d'arbalète chargée de pieux aiguisés à la place de mes yeux gris artificiels, quand une grande main un peu sèche et chaude m'encercla le poigné.
-J'ai jamais voulu me débarrasser de toi, et certainement pas après tous les efforts que j'ai fait, me rappelle-t-il.
Mon crétin de cœur s'emballe et je suis bien contente de lui tourner toujours le dos parce que, au rythme où vont les choses, je pourrais me retrouver à rougir tout d'un coup si je devais soutenir son regard noir. Et Katarina ne rougit pas ! C'est vrai que le fond de teint blanc aide pas mal mais avant que cette espèce de sale italien irrésistible ne débarque dans ma vie –ou que je débarque dans sa vie, peu importe-, je n'avais aucune raison de rougir, à part peut-être de colère, et encore. J'en deviendrais bien raciste des italiens… mais ce serait quand même con, ma mère est italienne.
Il tire légèrement sur mon poigné et, sans réfléchir, je me retourne pour lui faire face. Je déglutis, luttant férocement pour garder un visage fermé.
-Alors, pourquoi t'as rien fait ? demandé-je.
-Parce que je pensais pas que Bones et toi c'était bidon. Même avant le coup de la potion.
Qu'est-ce que je dois comprendre, qu'il était jaloux de Julian ? Ca me parait fou et débile. Je l'étudie, ne sachant pas trop quoi en penser. Il a l'air sincère dans sa mode nonchalante très Angelo Rossi mais j'ai quand même du mal à digérer. Il m'a larguée et je n'aime pas des masses me faire larguer. Si ce qu'il dit est vrai, pourquoi il n'a pas fait quelque chose ? Si les rôles avaient été inversés et qu'il s'était mis à répondre aux avances de Colbert, je les aurais tué tous les deux. Enfin, j'aurais tué Colbert et aurait enchainé Angelo quelque part jusqu'à ce qu'il comprenne qu'on est fidèle à Katarina. Lui, il a juste tout accueilli avec son air froid et, certes, furieux mais la colère peut tout vouloir dire, comme un honneur bafoué ou un amour-propre malmené. Et il m'a plaquée pour ensuite faire comme si je n'avais jamais existé. Si je n'étais pas venue régler nos comptes, aurais-je entendu à nouveau parler de lui ? J'ai de méchants doutes.
Mais quand il commence à m'entrainer vers le canapé, je le laisse faire. Je suis lasse de crier et de me battre contre tout et n'importe quoi. Cette semaine a été un véritable Enfer, et pas celui où je veux atterrir après ma mort. Et je suppose que ça a aussi quelque chose à voir avec ce maudit cœur. J'avais dit quoi, déjà ? Ah oui. Ne plus l'écouter avant très longtemps.
Que de désillusions…
xOxOxO
-Joli suçon !
Je roule des yeux, repoussant avec agacement Tumeur qui se frotte sa peau sans poil et étonnamment douce contre ma main alors que j'essaye de rédiger mon devoir d'astronomie. Ce rat est une déception. Et ça vaut pour Julian qui s'assoit en se marrant, à côté de moi, en lorgnant la trace sombre qui orne mon cou.
-Ca a rien de drôle, Bones, grommelé-je.
-Rho, ça va, c'est pas si grave, non plus ! fait-il en me donnant un coup de coude taquin. On a même pas couché, j'serais presque déçu…
Je lève ma plume avec un air menaçant, lui faisant comprendre qu'il est sur la voie qui mène à sa perte. Sanglante et douloureuse.
-J'arrête, j'arrête, rit-il en montrant ses mains en signe de reddition. Enfin, toute cette histoire est pas bonne pour nos réputations, ma pauvre Kata, je passe pour le connard qui pique les copines des autres mecs et toi, pour une salope infidèle…
Je soupire avec agacement. Je suis en train de bosser là, quand même, j'aimerais le faire remarquer. Alors, ce que peut bien penser la populace de Poudlard, qu'on se le dise, je m'en tamponne la citrouille avec une babouche…
-Tant que j'entends pas un bouffon donner son avis sur la question, ça m'va, marmonné-je. Et y'en aura pas un pour le faire, ils tiennent trop à leur méprisables et minables vies de loosers.
-C'est clair ! Quand on pense que même ton mec a eu trop peur pour ses miches et a rien fait pour m'empêcher de te chauffer allègrement…
-J'voudrais surtout pas briser tes rêves, princesse, raillé-je. Mais c'est surement pas parce qu'Angelo avait peur de toi qu'il a rien fait.
-Alors, pourquoi ?
Je lui décoche un regard avant de me rembrunir et de retourner à mon devoir.
-Lâche-moi et va faire chier quelqu'un d'autre, Bones.
-Ca s'est passé comment avec ton gorille ? Vous êtes à nouveau le parfait petit couple épanoui ?
-Je bosse, là ! Va jouer ta commère sur-hormonée ailleurs !
-Au fait, me lance-t-il, essayant de réprimer son sourire de petit malin. tu savais que tu poussais des drôles de bruits quand on te mordillait l'oreille ? On dirait un petit chiot !
-Et moi, je savais pas que t'étais tatoué jusqu'à cet endroit…
On se fixe bien cinq secondes avant d'éclater de rire devant l'absurdité de la situation. Il est presque écroulé sur la table, froissant mon parchemin et s'attirant les papouilles de Tumeur. Et ça doit être le plus gros fou-rire depuis… oh bah, depuis que je suis connement bourrée la gueule, à l'anniversaire d'Angelo, et que le premier détail débile me faisait me bidonner à un tel point que j'en oubliais de respirer. Et, bizarrement, ça fait du bien, ça évacue la frustration emmagasinée et les prises-de-têtes qui n'en finissaient pas. Je me passe les deux mains dans les cheveux en soupirant mais souriante.
-Putain, j'ai vraiment cru que j'avais pété les boulons et étais bonne pour Sainte-Mangouste… j'étais à deux doigts de me donner en pâture au Calamar Géant !
-Moi aussi, j'pigeais vraiment rien à ce qui nous arrivait, m'accorde Julian. mais…
Mais il s'arrête, marquant une hésitation et il s'accoude à la table en m'observant.
-Ok, je vais t'avouer un truc qui va surement pas te plaire, Kata, me prévient-il.
-Accouche, Bones.
-J'étais assez… content, en fait… j'ai cru que… que j'étais plus amoureux d'Erysse, que j'étais passé à autre chose.
-Ouais, j'ai remarqué que t'aidais pas franchement, fis-je, en secouant la tête avec un sourire moqueur. T'as même été une vraie chaudasse !
-Désolé, ok ?! Mais t'aurais été à ma place, t'aurais fait pareil !
-Là, tu te touches, mon p'tit, désapprouvé-je, en secouant le doigt devant son nez agacé. Même si Lucifer lui-même me garantissait une place VIP en Enfer, jamais j'aurais voulu forniquer avec un branleur dans ton genre !
-La ferme, la gothique ! Au moins, ça nous a rapprochés !
-Mouais. Tu veux un point positif, Julian ? lui demandé-je. Le voici. Je suis tellement traumatisée à vie par cette expérience qu'il y a plus de chance que notre Mademoiselle Louise tourne serial killer cannibale plutôt que moi, je sois un jour attirée par ton petit cul tatoué !
-Tatoué, ok, mais quel cul, hein ?
J'ignore son clin d'œil horripilant, entendant un bruit de collision et de livres qui s'effondrent contre le sol de la bibliothèque. Julian et moi nous retournons pour voir Ed, les joues cramoisies et l'air choqué, en face de son ex, John-le-mollusque qui se masse le crane, venant vraisemblablement de se payer l'étagère derrière lui. Par leur position, je dirais que c'est Ed qui l'a poussé contre le mur…
-T'as pas le droit de m'embrasser ! s'indigne-t-elle. Je sors avec Kyle, John ! A quoi tu joues ?!
Hypothèse confirmée.
-Mais-mais… Eddy ! Enfin, sois réaliste ! T'étais bien mieux avec moi qu'avec lui, je… écoute-moi, Ed, je sais te rendre heureuse !
-Tu sais même pas la faire jouir.
Julian pouffe de rire tandis que John pique un fard, en me lançant un regard. Pas besoin de me regarder comme ça, je dis ce qui est, mon chou.
-Ne me parle plus, John, finit par soupirer Ed.
Et elle tourne les talons, John l'observant s'éloigner tristement. Je lève les yeux au plafond en soupirant, exaspérée, et retourne à mon parchemin que Tumeur prend pour sa nouvelle couverture. Je l'envoi valdinguer et Julian continue à regarder John, derrière moi.
-Pauvre mec… faut qu'il lâche l'affaire.
-C'est un parasite et il est mou, lui expliqué-je. Il comprend rien à rien. Je crois que je vais devenir dératiseur.
Tumeur me lance un regard triste et je roule les yeux.
-J'te ferai un traitement de faveur. Peut-être. Si tu mords un pauvre innocent. Ou Colbert.
xOxOxO
J'enfonce donc bien profondément mon aiguille dans la tête blonde de ma poupée Barbie-Colbert et sa reproduction, grandeur nature et en chaire et en os, porte ses mains à son crâne. Elle lève aussitôt les yeux vers moi et croise mon regard spécial folle-à-lier à l'autre bout du parc. Elle blêmit et se lève précipitamment avant de se ruer si vite pour rentrer au château qu'elle manque de s'étaler dans l'herbe boueuse. Je me bidonne, pas peu fière de moi. Ca fait maintenant trois jours que je torture psychologiquement Colbert et je ne lui donne pas une semaine avant de virer complètement cinglée. Et, pourtant, je ne fais pas grand-chose. Je me contente de me balader avec ma poupée et de la lui montrer avec un sourire méchant à chaque fois que je la croise quelque part, et Colbert fait le reste elle-même. Elle est constamment sur ses gardes et elle hésite à manger la moindre chose, de peur que je l'empoisonne à mon tour.
Et c'est assez relaxant et jouissif, je dois dire, de laisser sa victime se torturer elle-même.
-Tu t'amuses bien, remarque Angelo.
-Beaucoup, confirmé-je, joviale. Mais faiblis pas, de ton côté, chéri !
Il rit légèrement et continue son massage de mon dos et de mes épaules. Je suis positionnée entre ses jambes, mon dos face à son torse et lui adossé au tronc d'un arbre du parc. Je souris toujours de satisfaction. Tout beau-gosse et musclé qu'il est, ça ne le dispense pas de devoir me caresser dans le sens du poil pour que j'oublis son travail pitoyable en tant que petit-ami ! Et ce qui est bien, c'est qu'il le sait.
Ed me sourit, amusée, et elle-même dans les bras de Quinn qui se dispute avec l'écossais depuis une demi-heure sur la question suivante : la saint-valentin est-elle une fête débile et sans aucun intérêt ? La réponse est non, elle a un intérêt. Elle me donne des envies de meurtre.
Louis est allongé dans l'herbe, à ma droite, et fait les mots-croisés du Quidditch Mag que j'ai arraché des mains d'Angelo quand il a eu l'audace de penser qu'il pourrait lire tranquillement, au lieu de me faire un massage. Il y en a vraiment qui croit aux Bisounours.
-Ancienne profession de Samira Vapavitt avant de décrocher son poste d'attrapeuse de l'équipe des Harpies de Holyhead…, lit Louis, en mordillant sa plume. 8 lettres et finissant par un e… euhmm… vendeuse ? postière ? danseuse ?
-Serveuse.
Je roule des yeux, en entendant la voix grave à l'accent italien donner la réponse, tandis que je coiffe ma poupée. Il ne peut vraiment pas s'en empêcher, tout ça parce qu'il a une culture extra-large mais inutile du Quidditch. Je le jure, il n'aurait pas ses épaules et toute sa panoplie, je l'éviscérerais.
-Arrête de lui donner les réponses, Angelo, m'énervé-je. C'est son jeu, toi, tu masses !
-Mais si, il faut qu'il m'aide, Katy ! C'est trop dur !
-Oh, ça me fend le cœur, tiens.
-Ouais, bah, ça m'étonne même pas de toi, MacFalarn ! lâche Quinn avant de se tourner vers Ed. Moi, en tout cas, je vais rendre une femme heureuse, le 14 février…
Ed se mordille les lèvres d'anticipation et un sourire menace de grignoter mon visage. Je n'ai jamais aimé les couples en général mais je vais définitivement faire une exception pour ces deux numéros. Quand je dis que je m'affaiblis…
-Ca m'fait flipper pour notre pauvre Ed ! rétorque l'écossais. M'enfin, c'est elle qui s'est mis dans la merde Kyle-Quinn, toute seule, donc bon…
-Je suis là, tu sais, Cal ? lui rappelle Ed avec amusement.
-D'ailleurs, Angel, me demande Louis alors que les autres continuent leurs chamailleries. Tu sais ce que tu vas préparer pour Katy, toi, pour la saint-Valentin ?
-Oui, toi, bichette, dans un cercueil. Ca faisait longtemps que j'en rêvais.
-Katy ! me dispute mon blondinet. C'est à Angel que je demandais ! Tout ça parce que tu veux même pas me parler de ta Saint-Va…
-NE DISSIPE PAS MON MASSEUR, DELACOUR !
Et non, je ne veux pas qu'on parle de la Saint-Valentin.
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