Ohé, Moussaillons, prêts à prendre le large ?

Lou dompte les vagues à bord d'un voilier, ça m'inspire... 'fin, BON, ne nous éloignons pas trop du sujet ! Un bon ptit chapitre denotre bel Ethéol parce qu'on sait qu'il vous rend foooooolles -pas la peine de nier, ON LE SAIT !

Sur ce, bon, bah, bonne lecture, comme on dit par chez nous.


Chapitre 19

Les papiers s'étalent dans tous les coins de la pièce, c'est la deuxième chandelle qui se consume depuis le début de cette soirée en tête à tête avec les archives de mon frère. Contrairement à ce dont il se vantait, Elian n'avait aucun sens de l'organisation. Il a toujours cru que quelqu'un passerait derrière lui, or quand il s'agit des archives privées de notre famille il n'y a personne d'autre pour ranger. Visiblement il s'en fichait, comme beaucoup de choses. Le problème d'Elian c'est qu'il considérait certaines choses comme inutiles. Comme signer un contrat de dot sans me prévenir que je devrais récupérer sa veuve.

Je pose mon front sur mes paumes, poussant un profond soupire. Rester cloîtrer entre quatre murs à éplucher des papiers pour essayer de récupérer un brin de liberté ce n'est pas comme ça que j'envisageais les choses. Ce n'est pas comme ça que j'imagine le restant de mes jours. Qu'est-ce que je fais ici bon sang ? A me débattre avec des morceaux de parchemins alors qu'il y a des choses beaucoup plus importantes à régler ? C'est ridicule, une véritable perte de temps. Je suis là à m'empêtrer dans des feuilles, alors que qu'est-ce qui m'empêche de renvoyer Mallia, son père et toute la clique de leurs sbires qui errent dans ma demeure ?

J'éclate de rire.

Qu'est- ce qui m'en empêche ?

Mais rien. Rien. Deux lignes signées par un mort et un Rohirim qui prétend être maître de mes terres. Pour qui est-ce que je me prends ? Je ne vais pas plier comme l'a fait Elian en acceptant d'épouser Mallia et de signer. Il pense m'avoir le Tamertin parce qu'il croit que je suis comme Elian. Parce que depuis que je suis ici j'essaye de faire ce qu'il aurait fait. Je ne suis pas lui. Je ne le serais jamais.

D'un revers de la main je fais s'envoler au sol la pile de papiers et me lève. Enjambant les parchemins, j'ouvre la porte. Pour tomber nez à nez avec ma mère qui de sa petite stature me toise comme si j'étais encore l'enfant de six ans qui jouait avec le poignard de son père. Elle me barre le chemin et pose ses poings sur les hanches.

« Tu comptes épouser cette femme Ethéol ?

- Maman…, commencé-je en souriant.

- Arrête de sourire, il n'y a rien de drôle ! C'est gave, s'exclame-t-elle, Mallia n'est pas digne de toi, tout comme elle ne l'était pas de ton frère mais lui était trop borné et à cheval sur des principes pour m'écouter. Je ne te laisserais pas gâcher ta vie ! Je ne te donnerai pas ma bénédiction quand je sais que ton propre bonheur est à deux doigts de toi !

- Maman…, rié-je.

- Et ça te fait rire ? rougit-elle de colère avant de se calmer un peu, je sais qui il est. Je sais qu'il te menace et que l'on peut tout perdre au moindre faux pas, mais l'honneur des morts ne doit pas t'empêcher de vivre ta vie et d'épouser celle que tu aimes !

- Maman, arrête.

- Non je n'arrête pas ! Je n'ai pas fini Ethéol et…

- Viens suis moi, sourié-je en lui attrapant la main.

- Non, Ethéol je sais que tu aimes…

- Murmure plus que tout ! la coupé-je, Tout le monde le sait. Bon maintenant si tu veux être aux premières loges pour le nouveau scandale du Rohan… »

Elle fronce les sourcils de perplexité. Je lui fais un clin d'œil et à grands pas traverse la Grande Salle. J'entends ses pas juste derrière moi. Je m'arrête devant la fameuse porte, ma mère écarquille les yeux. Et ouvre la bouche, je la coupe d'un geste de la main. Frappe avant d'entrer le sourire sur les lèvres. Mallia se retourne vivement vers moi.

« Bien le bonjour très chère, la salué-je avec ironie, tiens votre père est avec vous, voilà qui est plaisant je n'aurais pas à courir après lui.

- Mon ami, sourie-t-elle avec une tendresse feinte, qu'est-ce qui vous amène ?

- Je vous annonce un voyage !

- De noce ? s'exclame-t-elle ravie, oh mon cher, c'est une excellente idée. Quand donc ?

- Tout de suite, m'exclamé-je d'un ton guilleret en sortant sa valise.

- Tout… tout de suite ? Tamertin fronce les sourcils. Et le mariage ?

- Qui a parlé de mariage ? »

Ils cessent tout les deux de sourire. Je me retourne pour les fixer, la valise ouverte sur le lit.

« Eh bien ? Préparez-vous !

- Mais… bafouille Tamertin, pour où ?

- Vous rentrez à la maison, répondé-je.

- QuQuoi ? Mallia vient m'attraper la main, mais enfin Ethéol…

- Je pense sincèrement que vos verts pâturages vous permettront de soigner la douloureuse perte de mon frère ma chère Mallia, je lui souris, et puis vous y trouverez surement la chaussure qui siéra à votre avidité à votre égo.

- Je vous demande pardon ? siffle-t-elle.

- Veuillez vous excuser ! rugit son père. Savez-vous à qui vous vous adressez ?

- J'en ai très bien conscience croyez moi, je réponds calmement. »

Puis je tourne les talons, retrouvant ma mère plantée sur le seuil qui me regarde avec ébahissement et une pointe d'amusement. Mallia m'attrape alors le bras, me forçant à la regarder dans les yeux.

« C'est elle ! C'est elle n'est-ce pas ?! Je suis sûre que c'est cette petite catin ! Elle n'a aucun respect, aucune morale, elle a levé la main sur moi ! Et vous cautionnez ses actes ? »

Je lui souris, posant ma main sur son épaule pour l'éloigner de moi. Et me tourne vers son père ?

« Vous avez jusqu'à l'aube. »

OoOo

« Je le savais ! »

Je me retourne dans le couloir, pour voir courir vers mois Effa. D'un bon agile elle me saute dessus, passant jambes et bras autour de moi. Etonné je chancelle un peu alors qu'elle s'écrie.

« Tu es revenu à la raison ! C'est le Ethéol que je connais ! J'ai cru t'avoir perdu !

- Comme tu vois je suis en pleine forme. Mais si tu me lâchais…

- Quoi ? Je croyais que t'étais en pleine forme !

- On pourrait aller se balader ? continué-je.

- A cheval ? grimace-t-elle, j'ai encore mal aux fesses.

- Non à dos d'oliphant voyons, levé-je les yeux au ciel. Tu veux devenir une cavalière ou non ?

- C'est toi qui le veux !

- Non en vérité, sourié-je, c'est Murmure qui m'a glissé l'idée.

- Sale bête, grimace-t-elle.

- Tu comprends pourquoi il veut plus de toi sur son dos ? taquiné-je. Bon tu descends ou non ?

- Non, fait-elle avecarrogance.»

J'hésite un instant entre le soupire et le rire. Elle décide enfin de poser pied à terre, mais enroule son bras autour du mien m'entraînant à sa suite.

« Et où est-ce que l'on va ?

- On va se balader. »

Je lui lance un regard triomphant. Elle lève le doigt pour m'arrêter dans mon début de tirade.

« Mais pas à cheval, nous allons apprécier la nature sans cette animal sur quatre pattes que tu oses appeler ton ami !

- Ah Ethéol, s'exclame tout à coup ma mère tout sourire, les chambres son libérées ! Neaffa vous allez pouvoir vous installer dans celle qu'il vous plaira, et avoir droit à tout le confort.

- Ce n'est pas trop tôt !

- Dois-je te rappeler que c'est toi qui prends toute la couette ? commenté-je. »

Elle me tire la langue, j'éclate de rire. Ma mère me décoche un regard empli de sous-entendu, je fronce les sourcils et elle lève les yeux au ciel. Appuyant chacune de ses s'empare du bras de Neaffa, sans me lâcher des yeux.

« Bon et si on allait voir ces chambres ? propose-t-elle.

- D'accord, sourit Effa. »

OoOo

OoOo

« Non, je refuse que tu y ailles.

- Maman, il n'y a aucun danger, soupiré-je en, ceignant mon épée.

- Tu vas te battre ?

- C'est le but de l'expédition, sourié-je, non ? »

Elle pose la main sur la mienne, arrêtant mon geste. Plantant son regard dans le mien. Il y a derrière de l'inquiétude, de la tristesse et de l'affection. Je lui souris doucement. Depuis que je lui ai annoncé qu'il fallait repousser ces voleurs qui font des raids dans le nord et que j'allais m'en charger elle me poursuit dans les couloirs pour me faire changer d'avis. Et quand ce n'est pas elle, c'est Neaffa. J'ai presque l'impression qu'elles ont mis en place un système de remplacement. Je commence à croire que le fait qu'elles soient de plus en plus amies ne soit pas dans mes intérêts…

« Tout ira bien maman, je ne suis pas Elian. J'ai un très bon plan, Fama avec moi et des cavaliers très bien entraînés.

- Et si ça ne suffisait pas ? murmure-t-elle d'une voix suppliante.

- Fais-moi confiance. »

Elle soupire, hoche la tête avant de se mettre sur la pointe des pieds et de m'embrasser le front. Puis on sort dans la cour. Murmure lève la tête à mon approche, je pose ma pauvre sur ses naseaux avec affection. Mitch vérifie sa selle à ma droite, toujours aussi méticuleux. Il m'a confié qu'il comptait rester ici quelques temps, l'argent qu'il a mis de côté lui permet de construire une maison sur mes terres. Il m'a demandé ma permission, j'ai accepté. Il m'a aussi demandé de l'accepter parmi les rangs de mes cavaliers, il n'est pas le meilleur des cavaliers et n'est pas originaire du Rohan mais j'ai accepté. Je ne suis plus à une entorse près.

« Tu fais attention ! Je te préviens que si tu reviens avec la moindre égratignure…, fait Tolst à côté de lui.

- C'est une menace ? demande Mitch.

- Je suis sérieux ! siffle-t-il, il y aura un examen approfondi je te préviens !

- Approfondi… Hum j'aime tes examens approfondis… »

Je m'esclaffe, ces deux-là sont franchement des cas. Comme je ne les entends plus je suppose qu'ils doivent faires des examens approfondis de leurs bouches. Je tapote gentiment l'encolure de Murmure, lui signifiant pour calmer son impatience qu'on va partir bientôt quand tout à coup j'entends la voix suave et chantante de Neaffa m'apostropher.

« Je t'interdis d'y aller !

- Effa…

- Non ! Tu vas peut être de faire blesser ! s'exclame-t-elle en se plantant devant moi.

- Justement peut être… sourié-je, Tu n'as pas à t'inquiéter pour moi, par contre des gens sont en danger.

- Envoie quelqu'un d'autre ! persiste-t-elle en attrapant mon poigné pour m'empêcher de monter en selle. Ou je… ou je mets le feu à la maison !

- Tu mets le feu chez moi ? éclaté-je de rire.

- Je te préviens, menace-t-elle le front soucieux, je suis sérieuse.

- Je sais, posé-je mes mains sur ses joues, tu t'inquiètes sérieusement mais il n'y a rien à craindre, je sais me défendre. Il ne m'arrivera rien.

- Mais s'il t'arrive quelque chose et que je ne suis pas là ? murmure-t-elle.

- Parce que tu as des compétences en médecine ? plaisanté-je. Un de tes talents cachés ? »

Elle hausse les épaules. Je la prends dans mes bras.

« Je te promets que je reviens vite, trois jours au plus d'accord ?

- Tu as déjà promis une fois…

- Ce n'était pas la même chose, expliqué-je.»

Elle me lance un regard dubitatif. Je soupire. Ma mère s'approche de moi, j'embrasse le sommet de son crâne et lui sourit pour la rassurer. Ça ne marche qu'à moitié, elle hoche la tête puis tourne les talons, fixant un instant Murmure au passage.

« Tu ne penses pas qu'il est temps ?

- De quoi ? demandé-je à ma mère.

- De lui dire que tu es amoureux d'elle. »

Je la fixe. Puis monte sur Murmure, mais elle attend sa réponse. Tenant la bride.

« Non. »

OoOo

« Mitch à ta gauche ! »

Il se dégage au dernier moment, évitant de peu la lame d'un des mercenaires. Celui pris dans son élan ne s'arrête pas, il lui balance un coup du plat de l'épée sur la nuque. L'homme s'écroule au sol. Je pare le coup d'un grand brun, tendant mes muscles pour le repousser et lui balancer mon pied dans le ventre. Il ne fait que reculer, et contre attaque sur ma gauche. Je virvolte et lui enfonce ma lame dans la poitrine. Ses lèvres se teignent de rouge, il tombe. Mort. J'échange un regard avec Mitch qui reprend son souffle.

« Je crois bien que je t'ai évité une égratignure ! lui lancé-je. Tu me dois un verre, Tolst t'aurai tué ! »

Je lève les yeux vers le sommet de la colline, où commence la forêt. Dissimulés sous le couvert des premiers arbres, Fama et le reste de mes hommes attendent que nous repoussions les mercenaires. Les forçant à se réfugier dans leurs tanières. Je souris pour moi-même ils seront pris à leur propre jeu. Et déjà ils rebroussent chemin, je remonte sur Murmure que j'ai dû abandonner. Essuie mon front en sueur et le talonne pour les prendre en chasse. Les cavaliers qui m'accompagnent font de même, quelques uns restent. Il y a des blessés. Ce n'est pas le moment d'u penser. Murmure tire sur les rennes, je le laisse prendre de la vitesse. Puis lève mon épée, attendant d'être à la bonne hauteur. Je l'abats sur le plus proche. Il pousse un hurlement, tombe de cheval et le crin noir de Murmure est éclaboussé de pourpre.

« Ethéol, ta droite ! »

Je tire sur les rennes, Murmure répond instantanément. Collé à son encolure, j'évite la lame. Et tout d'un coup nous somme à l'orée des bois, la masse d'hommes sort du couvert en hurlant. Certain se retournent pour faire demi-tour, j'en fausse un au passage. Le hennissement d'un cheval, il s'écrase au sol. L'une de ses jambes est à deux mètres derrière lui.

Je reconnais Fama, ses yeux gris sont plus sombres. Murmure se cabre de peur, je tente de le calmer en lâchant du leste. Mitch crie, je me tourne. Il est à terre. Sa main est plaquée sur son bras, du sang suinte de ses doigts. Merde. Je talonne les flans de Murmure. Tends la main à Mitch qui l'attrape et je le hisse sur le cheval. Un homme se précipite sur nous en hurlant, Murmure fait un écart et je lui plante l'épée entre les omoplates. Je fais volteface, Mitch ne peut plus lever le bras gauche. Il est gaucher. C'est le brouhaha, Murmure s'emballe.

Nous ciblant comme proie facile, deux hommes nous saute

nt dessus, Mitch envoie son pied dans la figure de l'un, je tranche la gorge de l'autre. Il y en a un de l'autre côté, je lui balance mon poing dans le nez et puis me retourne. Trop tard.

Une brûlure au torse. Je pousse un gémissement. Cherchant mon souffle.

« Ethéol ! »

Ma main se pose sur la brûlure. Elle est froide.

Je lève les doigts. Ils sont rouges.

« Ethéol ?»

Mon épée tombe au sol. Je glisse sur l'encolure chaude de Murmure. Tout tourne. Pourtant tout semble plus lent. Plus calme. Si calme… Je ferme les yeux.

« Ethéol ?! »

Je ne me sens pas glisser à terre.