Petit chapitre tout beau tout chauuuuud, prêt à être lu ;)

Des bisous !

Coralie : On s'est tous essayé à la fanfic ;) rien d'étonnant ! Oui Sib et Murdock ont choisi l'option amnésie XD c'est bien pratiiiique mais nous on va pas laisser les gens tranquille faire leur vie la tête dans le sable. Tu nous connais. Mouhahaha Valérian suspect, j'adore... ;) mystériiiiieux quoi ! Tu nous diras !


Chapitre 28 :

Je nage à la brasse dans les profondeurs du lac de toute la force de mes jambes et mes bras qui ont été échauffés au préalable par la première étape du triathlon. Et je ne suis qu'à la moitié de la distance que je dois parcourir que je commence déjà à regretter d'avoir proposé à Sib qu'on y participe… c'est que c'est intense ! et que je ne suis pas au bout de mes peines.

Alors que je frôle le sol algueux du lac pour passer un des anneaux métalliques que nous devons traverser pour valider notre course aquatique, je regarde médusée un banc de petits poissons jaunes me dépasser tranquillement. Avec de si minuscules nageoires et une frimousse à se retrouver dans un bain d'huile de friteuse ?

Je me sens insultée !

Je redouble donc de vigueur et expire fort dans la bulle d'air que mon sortilège de tête-en-bulle a mis à ma disposition pour me permettre de passer plus de deux minutes en apnée sans frôler la mort par noyade.

Quelques longues minutes d'efforts intenses plus tard, je me hisse sur le ponton d'arrivée et je vois une seconde plus tard la tête de Nialh émerger également. Mais je n'ai pas le temps de me moquer de sa tête rouge tomate et de ses yeux écarquillés qu'une main pâle se voit tendue en ma direction, et que je dois donc lever les yeux sur Valérian qui s'est penché pour me proposer de m'aider à me sortir de l'eau.

J'accepte donc sa main et il me tire hors de l'eau. Une fois assise sur le ponton, je m'évertue à lui adresser les remerciements de convenance mais je suis bien trop essoufflée et prise de court, et je n'arrive qu'à sortir un vague amas de sons que ma bulle d'air rend encore plus incompréhensible. Ce qui propose un truc dans le style de "Chgregneugneu beaucoup, c'est chgregneu gentil de ta part"

« Prenez votre temps, nous informe-t-il, à Nialh et à moi-même dégouttant des pieds à la tête. Alicia s'est cognée la tête contre un anneau et elle est inconsciente dans l'eau, on fait une pause le temps qu'Esteban la ramène hors de l'eau. »

Et de la pointe de sa baguette, il crève nos deux bulles magiques et nous lancent un sortilège pour nous assécher avant de s'en aller aussi brusquement qu'il est arrivé. Je me lève, le regardant s'éloigner avec circonspection tout en tirant sur le col de ma combinaison bleue marine qui m'a sauvé du froid glacial de l'eau du lac mais qui désormais tente de m'asphyxier.

« Bon, bah, allons crever un peu plus loin, » me propose Nialh en pointant un banc.

En quelques enjambées, on y est et on s'affale sur le long siège en bois qui proteste dans un couinement. Nialh est plus rapide que moi et s'allonge de tout son long, sa tête rebondissant sur mes cuisses.

Bon sang de Merlin… je nourrissais le même plan…

« Il est chelou avec toi, Valérian…

-Humpf, » répondé-je avec l'éloquence qui est la mienne.

De sa position allongée, il me lance un regard piquant souligné d'un sourcil arqué inquisiteur.

« Tu me caches quelque chose ! m'accuse-t-il.

-Comment tu le sais ?! m'étonné-je.

-Ah AH ! »

Il manque de me tordre le bout du nez en dressant vers moi un index accusateur et je louche sur son doigt.

« Très bien, très bien, capitulé-je, j'allais te le dire, de toute façon. Y'a une chouette qui me rend visite ces derniers temps…»

Depuis quelques jours, le récit de mes mésaventures avec le volatile ne m'est plus excitant à raconter. Depuis l'incident des dragées, pour être tout à fait précise. Maintenant, dès que j'en parle, je revois le petit flacon. Et le visage flou de Monsieur X a pris les traits parfaits de Valérian. Ce qui est à la fois embarrassant et… très confus.

« Une chouette ?

-Oui, c'est comme un hibou mais sans les oreilles.

-Je sais ce que c'est qu'une chouette !

-Ah. Bon. Et bien, elle vient me voir pour m'apporter des lettres.

-C'est une chouette de la poste, quoi, résume-t-il.

-Oui, on peut dire ça… »

Je fais un coucou à Timothée qui passe par là mais le sacripant m'ignore et se met plutôt à courir le plus loin possible en cachant quelque chose dans son dos. Certainement sur le point de faire une connerie… comme lâcher des méduses dans le lac ou bien y pousser une petite camarade… ah, on le refera pas, celui-ci…

« Et du coup ?

-Oui ? demandé-je.

-Les lettres, Nanak ! » me rappelle-t-il.

Et dire que j'avais presque oublié… je soupire en me souvenant d'où j'en étais.

« Bah c'est des lettres d'un admirateur secret.

-Merlin ! s'écrie Nialh en se redressa. De qui ?

-D'un admirateur se-cret, séparé-je le dernier mot pour le marquer comme important.

-Ah, ça se tient, note-t-il en s'allongeant à nouveau, tu me les feras lire. Mais du coup… quel rapport avec Valérian ?

-Euh… aucun ! » menté-je effrontément.

Le regard plissé de Nialh est toujours pointé sur moi et j'ai envie de me cacher sous le banc, ou même de retourner me jeter dans le lac pour qu'il ne découvre pas le pot-aux-roses ! Je n'assume plus tellement cette partie de l'histoire…

« Moi, je vois le rapport…

-Non, non, insisté-je.

-…avec ma sœur !

-Hein ?

-Il s'est passé un truc entre elle et Murdock ! Avoue ! »

Je me lève subitement, le flanquant presque par terre dans mon élan et je bondis sur mes pieds en me mettant à m'étirer en long, en large et en travers sur la pelouse.

« Anak ! proteste-t-il.

-C'est pas le tout mais c'est bientôt l'heure de la dernière étape ! lui rappelé-je en faisant des moulinets dans les airs de mes deux bras. Faut pas faiblir !

-Nanak…

-Hop, hop, hop ! l'encouragé-je en enchaînant des petits bonds sur place, on fait dix petites foulées !»

Et je m'en vais en trottinant, accélérant subtilement la cadence quand je l'entends crier mon nom :

« REVIENS ICI, NANAK ! Je t'aurai même si tu cours ! »

Il dit ça, mais jamais il n'aura le courage d'effectuer un petit trot après ce qu'on vient de faire subir à nos corps. Moi, c'est différent, j'ai des motivations qui vont au-delà de la simple souffrance physique.

Par exemple, si je parle, non seulement, je trahis Sib mais en plus, Murdock peut être amené à me découper en lamelles.

OoOoOo

Comme pour l'épreuve de natation, nous devons encore passer à travers des cerceaux mais cette fois-ci, c'est une course de balais. J'ai toujours rêvé d'exceller dans cette discipline, et je n'irai pas jusqu'à dire que je suis mauvaise mais je suis plutôt… moyenne, peut-être moyenne plus ? Les légendes du Quidditch disent que le tout est dans la symbiose entre eux et leur balai… c'est peut-être ça le hic…

Je jette un coup d'œil à mon balai tordu que les moldus n'utiliseraient même pas pour chasser leurs moutons de poussière hors de leur cuisine. Mais c'est Tonton Dany, le frère de ma mère, qui me l'a déniché dans un vide-grenier et qui me l'a acheté pour mon douzième anniversaire et j'y suis attachée… je lui ai même donné un petit nom… balayette. Je trouve que ça lui va bien, ça lui donne un petit air guilleret.

Si c'est pour participer avec un autre que Balayette et le trahir, alors je préfère encore perdre !

"AH ! Je t'avais dit que je te ferai mordre la poussière, Freeman ! me nargue Nialh dés qu'on remet pied à terre.

-Mais tu es disqualifié, lui rappelé-je. Tu n'es pas passé dans le troisième anneau…

-Personne ne l'a vu…

-Mr O'Callaghan, l'interpelle Mme Peters tout en passant près de nous sans même prendre le temps de s'arrêter, vous êtes disqualifié.

-QUOI ?!"

Je m'esclaffe de rire devant sa mine révoltée et je frappe des mains de satisfaction. Oh, le Karma est encore bien vivant ! Ça fait chaud à mon petit coeur !

Mais le fripon dirige toute sa colère vers moi et pointe un doigt vindicatif sur moi.

"Qu'est-ce qui s'est passé entre ma soeur et Murdock ?! Crache le morceau ou je te le fais sortir moi-même !"

J'aurais mieux fait de me taire avant de parler de Karma. Je renjambe Balayette et décolle sans demander mon reste.

"FREEEEMAAAAN !"

OoOoOo

"C'est pas très juste, t'étais disqualifié, remarqué-je en faisant la moue, t'aurais pas dû en avoir…"

Nialh engouffre violemment une chocogrenouille en me fusillant des yeux. Tous les participants ont eu le droit à un paquet de chocogrenouilles, élèves et professeurs confondus. Les trois meilleurs élèves ont gagné des billets pour le prochain match de Quidditch tandis que les trois meilleurs professeurs ont eu des bons d'achats dans les boutiques du centre-ville de Salem.

Quant à la médaille d'or (en chocolat), elle pend autour du cou d'Estéban qui reçoit une bonne partie de l'attention féminine du bar.

"T'en veux un bout, mon grand ?" lui propose Murdock en lui montrant la médaille en bronze qui pend à son cou, histoire de goûter à la victoire ?

-Si Peters ne m'avait pas injustement éliminé, elle serait à moi ! affirme-t-il.

-Pas du tout, réfute Sibéal, tu n'as été bon qu'au balai, et tu as triché !

-Oh, tu n'as gagné que le sprint, et ça te monte déjà à la tête…

-Remporter une épreuve sur trois, c'est quand même déjà vachement bien, souligné-je. D'ailleurs, c'est dommage, Sib, que tu aies fini quatrième, t'étais vraiment pas loin du podium !

-C'est pas grave, je n'aurai pas su quoi faire des bons, assure-t-elle, bonne perdante, à chaque fois que j'en ai, ils finissent périmés. Je fais confiance à Murdock pour en faire bon usage.

-Et tu ne t'es pas trompé, Sibby ! la félicite celui-ci en trempant ce qu'il reste de sa médaille en chocolat dans sa bière pour l'achever d'une dernière bouchée, parce que figurez-vous que ce bar compte pour les bons ! Ce soir, c'est moi qui régale !

-Tu es notre champion !" le loué-je, tout à fait revigoré.

Il fait le modeste une brève seconde avant de se délecter ouvertement de nos applaudissements et nos acclamations euphoriques. Il se lève, nous offre une révérence théâtrale avant de m'attraper sans crier gare par le coude et de me dévisser avec une aisance déconcertante de ma chaise.

"D'ailleurs, viens avec moi, camarade ! Je vais avoir besoin de toi pour porter les verres, il est déjà l'heure de la deuxième tournée !

-Et pourquoi pas un petit sortilège de lévitation ? proposé-je, en proie à une profonde flemme.

-Tu vois, c'est exactement pour ça que tu n'as pas eu ta place sur le podium ! En avant, mauvaise troupe !"

Je ne rechigne pas plus longtemps à la tâche qui m'a été confiée de force et lui emboite le pas sous les rires de Sib et Nialh qui s'évanouissent bien vite dans le vacarme environnant. On se faufile entre les clients nombreux du pub jusqu'à s'accouder non loin de Kenneth et Hanabi, qui félicite elle aussi Esteban pour sa médaille. Je croise le regard de Kenneth, lui offre un sourire accompagné d'un geste de la main, et celui-ci me répond rapidement.

"Tu devrais pas perdre ton temps avec ce naze," commente Murdock.

Je suis un moment prise de court, ne m'attendant pas à ce qu'il remarque ce bref échange insignifiant. Je ne l'ai jamais pris pour quelqu'un d'observateur, non pas par manque de discernement, mais simplement par manque d'intérêt.

"Oh non, le rassuré-je, je ne perds pas mon temps avec lui ! Pas du tout !

-Tu le considères comme un ami, je le vois bien, rétorque-t-il, tu ne devrais pas."

Je ne réponds rien et il fait signe au barman que l'on attend de passer commande. Il ne me regarde plus, et j'observe son profil, me demandant ce qui peut bien se passer dans sa tête. Je ne sais pas si Kenneth est vraiment un ami, Murdock a sûrement raison sur son compte, mais lui, en revanche, en est un. Pourtant, il m'est quand même difficile de deviner ce que Murdock pense, ou même ressent. Je ne m'étais jamais vraiment posé la question depuis peu. Maintenant que je sais ce qui s'est passé entre lui et Sib, je m'interroge.

"Sinon, débuté-je avec hésitation, ça va, Murdock ?"

Il tourne un regard curieux vers moi et j'élabore un peu :

"Je veux dire, comment ça va, en ce moment ?

-Ca va bien, Anak, me répond-il en fronçant les sourcils, pourquoi ça n'irait pas ?

-Oh, tu sais, fais-je d'un haussement d'épaule, la vie, quoi.

-Ca va," certifie-t-il.

J'opine du menton et on écoute un moment en silence la musique du pub tout en attendant que le barman n'arrive. Je sens que mes questions ont jeté un blanc, et je me décide de préciser timidement:

"Si ça n'allait pas, tu pourrais m'en parler, tu sais… si jamais. Je serai là… au besoin."

Il me lance un nouveau regard circonspect avant de se fendre d'un large sourire rieur et de faire tomber son bras sur mes épaules. Je me mets à rire devant son exubérance alors qu'il m'annonce joyeusement :

"Maintenant, en tout cas, je le sais !"

OoOoOo

Après que la sonnerie ait annoncé la fin des cours de ce jeudi et que tous mes élèves aient déserté la salle, je rassemble toutes les affaires tout en jetant des regards frénétiques à la fenêtre au cas où la chouette ne me rende une énième visite surprise. Mais elle ne vint pas, et je me dirige vers la porte avec un mélange de déception et de soulagement que j'échoue à démêler. Bon, c'est notre jour de gym avec Sib et je compte bien occuper mes esprits sur tous les équipements sportifs que j'aurai à ma disposition ! J'ai également hâte de pouvoir vider mon sac à Sib, elle saura rationnaliser tout ça !

Mais j'ai à peine le temps de verrouiller ma salle que Nialh surgit à mes côtés, un sourire de prédateur au visage, me provoquant un mini arrêt cardiaque !

"Bah, alors, on s'attendait pas à me voir ?

-Beeen… tu ne m'as jamais attendue à la fin des cours…, remarqué-je.

-Honte à moi ! Je le ferai tous les jours à partir d'aujourd'hui !"

J'essaye de lui offrir mon plus beau sourire mais je sais que mon regard lui partage tous de mes sueurs froides. Quel démon ! Il ne lâche vraiment rien !

"Tu sais, commencé-je en partant.

-Hm ? fait-il en me suivant comme mon ombre.

-Ca tombe mal aujourd'hui…

-Awww, non…

-Si, on va à la salle avec Sib.

-Et tu crois que ça gênerait ma propre soeur que je vous accompagne ? Peut-être parce qu'elle me cache des choses ?

-Nooooon ! Mais tu n'as jamais été intéressé avant…

-Je suis toujours intéressé par tout ce qui concerne ma soeur !"

Sacre bleu, quelle plaie ! Je regarde derrière moi le couloir complètement vide, me demandant si par miracle je pourrais filer à l'anglaise… mais il faudrait que je le déconcentre avant, histoire d'avoir un temps d'avance. Est-ce marqué dans le règlement qu'il est interdit de jeter un stupéfix à un collègue ? Oh, même si ça l'est, Nialh n'est pas prof ici, donc strictement parlant, ce n'est pas un collègue…

Alors que je réfléchis à mes possibilités, tout autant offensives que défensives, mon cœur fait un soubresaut lorsque je vois Valérian qui avance vers nous, débouchant d'un corridor annexe.

"Oh, bonjour, Valérian ! le salué-je d'une main.

-Bonjour, Anak… Nialh.

-Ouais, salut," bougonne celui-ci.

J'ai envie de lui donner un coup de coude pour le pousser à la courtoisie, mais étant donné ses dispositions guerrières, j'ai bien trop peur de déclencher une tempête. Et Valérian le regarde déjà avec un drôle d'air.

"Euh… on va à la salle de gym du quartier avec Sib, ce soir, commencé-je.

-Et moi ! s'ajoute celui-ci.

-Et Nialh, accordé-je. Tu voudrais venir avec nous ?

-Je ne peux pas, aujourd'hui, malheureusement," décline Valérian.

Il nous dépasse mais se tourne pour marcher à reculons avant d'ajouter :

"Mais pourquoi pas la prochaine fois, si Sib est d'accord."

Nialh racle sa gorge et je me retiens de lever les yeux au plafond. Je suis de toute façon bien trop occupée à affirmer joyeusement que Sib sera évidemment d'accord, elle n'est pas aussi chiante que son frère -bon, je me garde bien de partager cette dernière pensée, par peur que Nialh ne me saute à la gorge. Valérian me sourit, et s'en va en nous souhaitant une bonne soirée.

N'attendant même pas qu'il se soit éloigné de plus de dix mètres, Nialh commente l'échange avec ironie :

"J'y crois pas que tu aies essayé d'inviter ton Prince Charmant pour qu'il te protège !"

Je deviens rouge pivoine et vérifie que Valérian n'ait rien entendu avant de chuchoter avec indignation :

"Nialh !

-Quoi ? Oh ça va, je rigole… et ce n'est pas comme si les vélanes avaient une ouïe hypersonic."

Ce qui reste encore à prouver, monsieur l'anthropologue !

"C'est pas marrant ! protesté-je

-Non, tu as raison, c'est pas marrant, c'est bizarre !

-Pourquoi c'est bizarre ? m'enquis-je, vexée.

-Tu sais que c'est bizarre. Pourquoi il serait ton admirateur secret tout à coup ?

-J'en sais rien, mais il est gentil avec moi maintenant.

-Et s'il était devenu gentil parce que tu as commencé à être bizarre avec lui !

-Arrête de dire ce mot !"

Il inspire un grand coup avant de lever une main pacifique tandis qu'on se remet à avancer dans le couloir en direction de la salle de classe de Sib où elle m'attend certainement.

"D'accord, d'accord. C'est juste que je sens ce genre de choses… c'est pour ça que tu as bien fait de m'en parler, parce que maintenant, je vais pouvoir t'aider ! Contrairement à ma sœur ! Elle, elle ne me dit rien, donc je ne peux pas l'aider !

-Nialh, soupiré-je. Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?

-Dis-moi ce qui s'est passé ! Je veux juste aider ma soeur ! Et puis… on était une équipe, tu te souviens du nouvel an ? Quand on les a aidés à se rapprocher ? Pourquoi, maintenant, tu m'exclues ?"

Il n'a pas tout à fait tort… je n'avais pas pensé à ça. C'est vrai que c'est lui qui m'a parlé de ses suspicions concernant Sib et Murdock, qui a tant voulu les aider à se trouver… ça ne s'est pas déroulé comme on l'espérait, mais ça reste la vérité. Il m'a fait confiance, et maintenant que je le regarde, il a l'air sincèrement blessé de ne pas savoir. Je ne peux pas m'empêcher de me sentir coupable.

"Mais non, Nialh, je ne t'exclue pas, lui assuré-je. J'aimerais te dire mais…

-Je sais qu'il s'est passé quelque chose, Anak.

-Oui, lâché-je.

-Ils se sont embrassé, ont passé la nuit ensemble ?

-Quelque chose comme ça…

-Tu vois, je le savais ! s'écrie-t-il. Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi elle te le dit à toi, mais pas à moi !

-Nialh, je t'en supplie, ne fais pas de gaffe, m'empressé-je de lui dire, Murdock ne sait pas que je sais et il serait furieux ! C'est déjà assez compliqué entre eux.

-Oh mais je ne dirai rien ! promet-il, rancunier. Et tu ne dis pas à Sibéal que tu me l'as dit !

-Je croyais que tu voulais les aider !

-Je les aiderai une fois que je "saurai". C'est pas mon genre de m'occuper des affaires des autres, figure-toi.

-NIALH ! m'exclamé-je avec une envie de l'étrangler. Ne me fais pas regretter de te l'avoir dit !

-Ah, parce que tu regrettes ?!"

Mais je ne peux me pas débattre plus longtemps avec lui parce que nous sommes arrivés dans le couloir de la salle de classe de Sibéal et qu'elle nous regarde déjà avec perplexité, nous ayant vu nous agiter et certains éclats de voix lui étant certainement parvenus. A sa vue, ma culpabilité ne fait que croître.

"Qu'est-ce que tu fais là, Nialh ?" soupire-t-elle.

Mais il ne lui décoche qu'un regard noir et s'empresse de détourner les yeux en croisant les bras. Oh, c'est pas vrai, qu'ai-je créé ?

"Je suis profondément désolée, Sib," m'excusé-je.

Je suis un être faible.

"De quoi tu t'excuses exactement ?" me bombarde-t-il sans perdre une seconde.

De ne pas t'avoir supéfixé quand j'en avais encore le temps !

"Rien," grommelé-je.

Je me fais la promesse de tout balancer à Sib à la première occasion mais j'ai le mauvais pressentiment qu'il ne va pas me lâcher de sitôt. Fort heureusement, je crois que Sib a compris de quoi il en retournant sans que je n'ai à le préciser à voix haute.

"Bon, supportons-le, puisqu'il le faut, déclare-t-elle en m'attrapant par le bras.

-Eh ! se plaint-il en nous suivant, J'entends tout !

-Le contraire serait étonnant, réplique-t-elle, acerbe, venant de la reine des commères !"

Une exclamation d'extrême scandalisation nous parvient de derrière et amusée, Sib me lance un regard complice qui fait imploser ma bulle de culpabilité et d'angoisse, et je ris avec elle, soulagée que la torture soit enfin finie.