Bon, comme nous avons des JO à gagner, catégorie "rapidité de publication" -vous connaissiez pas ? INCULTES !-, et que, malgré tout, vous avez été plutôt gentils, hein... -ON VOUS AIME, MERCI POUR VOS REVIEWS ! YAY-, et bien voici le chapitre suivant...

Et oui, c'est juste pour vos beaux yeux, ahlalala... nous sommes faibles.

Allez, profitez-en, mes coquins ! Bonne lecture !


Chapitre 20 :

Je croise le regard de Julie alors que Shannon donne le mot de passe à l'armure qui garde l'entrée de notre salle commune. Ma mâchoire se crispe automatiquement tandis qu'un fin sourire se forme sur les lèvres de celle que j'aimerais être tout, sauf ma sœur. Elle se pavane avec sa bande de dindes qui la suit partout, d'autant plus ses derniers jours puisque le match opposant les Serdaigle aux Gryffondor est pour très bientôt. Julie est déjà certaine d'apporter la victoire à son équipe. Elle n'est pas comme moi, ce n'est pas elle qui manquerait une occasion pour marquer. Mais moi, je ne suis pas si sûre de sa victoire prochaine. Elle jouera contre Lyzore et s'il fallait miser sur une équipe, je miserai toujours sur celle dans laquelle Lyzore est. Elle n'a, de toute façon, jamais eu aucun mal à affronter Julie.

Moi, c'est une autre histoire… je ne suis d'ailleurs pas pressée de jouer le match Serdaigle-Pousfouffle.

Je sens la main de Shannon se refermer sur la mienne et je m'arrache du regard de Julie pour rencontrer le sourire de mon amie, alors que Chelsea continue à faire s'éclairer le bout de sa baguette de différentes teintes de rose pour choisir celle qui ira le mieux pour la robe qu'elle portera au bal de Noël.

J'allais suivre Chelsea et Shannon à travers le passage qui s'était ouvert dans le mur, une fois que l'armure s'était décalée, quand Julie rit derrière moi.

-Alors, comme ça, tu t'es finalement rabattue sur Shannon, maintenant que tu as compris que Sirius ne voudrait jamais de toi ? insinue-t-elle, provoquant les rires de ses amies.

J'échange un regard avec Shannon qui me tient toujours par la main et elle se retourne plus rapidement que moi pour offrir un sourire amical à ma sœur.

-Je t'en pris, Julie, épargne-moi de telles scènes de jalousie, ça me met mal à l'aise… et n'en veux pas à ta petite-sœur, ce n'est tout de même pas de sa faute si elle me fait plus d'effet que toi, lui dit-elle, la voix mélodieuse, sans perdre son sourire.

Et c'est à mon tour d'éclater de rire devant la tête que tire ma sœur. Je la laisse, elle et ses dindes, dans le couloir en entrant dans notre salle-commune. Je lâche la main de Shannon pour passer un bras autour de son cou et l'embrasser sur la joue, toujours hilare.

-Tu devrais sortir ta langue de pute plus souvent, Shan ! la félicité-je. T'as un vrai talent !

Elle me fait un clin d'œil, apparemment assez fière d'elle, elle aussi.

-Et le parme ? nous propose alors Chelsea.

-C'est plus violet que rose, lui répond Shannon gentiment.

-Tu sais que tu m'stresses avec tes couleurs, Chels ? lui dis-je tandis qu'on avance vers le canapé qu'occupent mon capitaine, Chris et Cory. Toi, au moins, t'as un cavalier !

Je m'échoue en soupirant entre Chris et Cory qui sursaute. Il roupillait à moitié. Shannon s'assoit de l'autre côté de Cory tandis que Chelsea reste debout devant nous, s'enthousiasmant au mot cavalier.

-C'est tellement romantique ! Ca fait princesse !

-Excuse-moi de casser ton rêve éveillé, princesse, mais Vincent Princkles tire plus sur le crapaud que sur le prince…, bougonne Philip.

-Tiens, Capt'ain Love serait-il de mauvais poil ? rié-je en posant mes pieds sur la table-basse.

-Oh, ça va, j'crois que je vivrai tout aussi bien sans tes « je te l'avais dit »…

-Ahah, fis-je. Daniella te fait chier ?

-Tu lui avais dit, non ? s'enquit Chris avec un sourire en coin.

-Au moins autant de fois qu'elle loupe ses putains d'arrêts ! s'énerve Philip.

Je fais la moue en croisant les bras sur ma poitrine. Ca finit toujours par me revenir dans la gueule…

-N'empêche que Philip a raison, Chelsea, dit Shannon. Tu ferais mieux de te trouver un autre cavalier, Vincent est toujours le premier pour se moquer de toi…

-Mais non ! Il m'aime beaucoup ! assure-t-elle. Sinon pourquoi m'aurait-il demandé d'être sa cavalière ?

Un silence lui répond pendant lequel on s'échange tous des regards. Comment lui dire qu'un garçon peut avoir toutes les raisons du monde, autre qu'un sincère et innocent intérêt sentimental, pour inviter une fille à un bal ?

-Et le magenta ? propose alors Shannon. C'est une très belle couleur…

-Oh ! C'est du rose ? s'étonne-t-elle avec ravissement.

-Mais oui, ma chérie, lui sourit Shannon.

Toute excitée, Chelsea lance le sort pour que sa baguette fasse briller son extrémité en magenta, faisant grogner Philip qui redouble de mauvaise humeur. Quel rabat-joie ! Shannon se penche par-dessus Cory pour me souffler :

- Va falloir garder un œil sur Vincent…

-Oh, t'en fais pas pour ça, marmonné-je. J'aurai que ça à faire puisque j'aurai même pas un cavalier mal attentionné pour m'faire danser…

-T'as pas encore de cavalier ? s'étonne Chris.

-T'es bien le seul que ça surprend ! maugréé-je.

-Viens avec moi, alors !

Je me redresse un peu pour l'observer lui et ses larges boucles brunes, sa peau mate et ses yeux noirs rieurs. Sans parler de son sourire éclatant ! Ce n'est pas possible qu'aucune fille ne veuille aller au bal avec lui ! Ca m'étonnerait qu'un monde existe dans lequel les mecs comme Vincent se rendent au bal avec une idiote, certes, mais jolie blonde tandis que les mecs comme Chris en viennent à prendre les restes ! Parce qu'il faut se rendre à l'évidence, on ne se bat pas franchement pour sortir avec moi… ah, monde cruel…

-Je pensais que t'avais déjà une cavalière !

-Oh, j'aurais pu…, fanfaronne-t-il. Plusieurs filles m'ont déjà proposé, tu penses ! Mais j'avais pas envie d'une cavalière trop collante…

-Cool, ronchonné-je en me tournant vers Shan. Le seul cavalier que je peux avoir me demande déjà de pas être collante !

Shannon et Chris éclatent de rire en même temps, et je souris tandis que Chris enroule son bras autour de mes épaules pour me décoiffer.

-Je veux bien que tu sois collante seulement si tu me fais un massage ! plaisante-t-il.

-J'espère pour toi qu'elle est plus douée en massage qu'en gardienne parce que sinon, tu ferais mieux de réserver déjà un lit à l'infirmerie…

-Bon, ça va p't-être aller, Pépé ! m'agacé-je. Va voir ta putain de copine et règle tes comptes avec elle plutôt que de te défouler sur ta pauvre gardienne !

-COCO !

On se redresse tous pour regarder par-dessus le canapé pour voir débouler Elyse, Amandine et… Dakota ?! Mes yeux s'écarquillent en se posant sur son visage ravagé par une armée de pustules mais, plus encore, par une rage pure et simple.

-Dak ! m'écrié-je. Mais qu'est-ce qui t'est arrivé ?!

-JE VAIS TUER QUELQU'UN ! JE SAIS PAS QUI MAIS JE VAIS LE TUER !

xOxOxO

-Mais on va pas rester debout pendant tout le match, quand même ! s'impatiente Daniella.

-T'as qu'à aller les voir, tes copines, moi, je regarde le match, s'exaspère Philip en fixant le gardien de Serdaigle qui renvoi le souaffle avec une puissance remarquable. Tiens, tu vois, c'est comme ça qu'il faut que tu fasses ! me jette-t-il.

-Tu vas me lâcher, oui ? m'agacé-je. Je suis Pompom Girl, aujourd'hui, pas gardienne !

Je lui désigne l'écharpe rouge et or de ma sœur, et il fait la moue. On est debout à la rambarde des gradins de notre maison. Daniella harcèle Philip depuis le début du match pour qu'ils aillent s'assoir avec ses copines de Septième année… copines qu'elle a au moins trahi une ou deux fois chacune sans qu'elles ne le sachent, j'en suis certaine. Cette fille est une vipère. Et, à côté de moi, Amandine lance une exclamation d'effroi en m'attrapant le bras pour le broyer à chaque fois qu'un cognard frôle un joueur… elle m'a carrément sauté au cou quand Potter s'en est pris un sur le genou et a bien failli foncer droit dans la tour des professeurs. Et je devrais monter un autel à Merlin pour m'en être sortie sans être mortellement étranglée par cette folle furieuse ! Je n'y crois pas qu'à chaque match, Cory me la refile tandis qu'il dort, la tête sur les genoux de Dakota. Enfin, là, ça doit être sur les genoux de Chelsea puisque Dakota, cette traitresse, est allée supporter son équipe avec son Martins…

Je revois encore, d'ailleurs, la tête que Martins a tiré quand il a vu une Dakota-furax-la-tronche-pustulée lui arriver devant pour l'accuser de lui avoir transmis un virus durant leurs séances de roulage de pelles. Heureusement pour lui, il a réussi à tenir un plaidoyer plutôt convainquant et Dakota, larmoyante, a fini dans ses bras en criant « Pourquoiiii ? POURQUOIIII ?! ».

Bon, ok. Pas exactement. Mais elle était tout de même assez apitoyée quand on s'est retrouvé face à Mme Pince qui réprimait difficilement un fou-rire. J'ai toujours trouvé que cette fille était une garce… n'empêche qu'elle nous a quand même dit que ce n'était pas juste un microbe, ou un virus, mais que ça tenait plus de la mauvaise farce sous forme de potion ou de sortilège. Et lorsque j'ai croisé le regard de ma meilleure amie, j'ai tout de suite su que si je ne l'aidais pas à trouver qui est ce qui était à l'origine de son relooking, j'allais avoir le mien très prochainement et avec ses compliments.

Mais le problème c'est que c'est Dakota et c'est plus simple de savoir qui n'a pas envie de lui foutre pleins de pustules à la gueule que ceux qui en meurent d'envie –à peu près, tous ceux qui lui ont déjà adressé la parole. Même moi, il y a des moments, je serais presque tentée !

-Sycophante ! m'accuse Philip. Traitresse !

-C'est l'équipe de ma sœur !

-Mais oui, elle peut tout de même encourager sa sœur…, m'appuie Amandine.

-C'est toutes les deux, des équipes de l'une de tes sœurs, remarque Daniella.

Je lui lance un regard acerbe. Je l'ai pas sonnée, celle-là !

-Oui mais y'en a qu'une que je veux voir gagner, claqué-je. Et oui, Pépé, je veux voir gagner Gryffondor ! Mais ça nous empêchera pas de les faire perdre quand ce sera notre match !

-Pour ça, faudrait encore que t'arrêtes plus de souaffles que t'en laisses passer…, marmonne-t-il.

-Laisse-la un peu tranquille, vieux, elle va finir par te pousser par-dessus bord, rit Chris en nous rejoignant.

Il se poste entre Philip et moi pour éviter qu'on se saute à la gorge, et passe un bras autour de nos épaules, au moment où Potter marque contre Serdaigle, déclenchant un torrent d'applaudissements et de cris auquel je me mêle, sous le regard meurtrier de mon capitaine chéri. Gryffondor est toujours de toute manière la maison la plus encouragée et ça doit surement avoir quelque chose à voir avec la présence des Maraudeurs parmi leurs rangs.

Je regarde Julie piquer le souaffle à Potter, en évitant agilement un cognard lancé par Kurt. Un peu plus haut, les deux attrapeurs, Sullivan et Lyzore, sont au coude à coude, traquant le vif d'or. Allez, grande sœur, botte-lui le cul !

-PHILIP ! s'écrie Daniella.

-Mais vas-y les voir, tes copines, et lâche-moi la baguette, Merlin ! crie celui-ci à moitié, sur les nerfs. Je suis capitaine, par le string d'Helga ! Ce match m'intéresse !

Je regarde la mine de Daniella pâlir de honte. Elle vient de se faire hurler dessus par son petit-copain et la moitié de nos gradins la regarde. Elle reprend contenance et souffle quelque chose à Philip qu'il reçoit d'un mouvement désinvolte de la main pour la presser à s'en aller. Elle s'exécute avec toute la dignité qui lui reste et je suis bien contente qu'elle le lâche. A chaque fois qu'elle lui porte sur les nerfs, c'est sur moi qu'il se défoule donc, à un moment donné, ça va !

-T'y as été fort, Phil, lui dit Chris.

Mais Philip ne l'écoute pas, pendu aux commentaires de Rita Skeeter sur le match et aux jeux des deux équipes. Chris soupire avec agacement et retire son bras de ses épaules. Il a toujours été proche de Daniella, alors, ce n'est pas étonnant qu'il la défende… je me demande comment il peut apprécier une telle peste. Quoiqu'elle est très douée pour faire mine d'être la sympathie incarnée.

Chris sort alors un bonnet dans le style que les bouffons du Moyen âge portaient, multicolore, et me l'enfonce sur le crâne. Je lui lance un regard consterné tandis qu'il me répond par un large sourire.

-Je suis venue réchauffer ma cavalière ! me dit-il en resserrant sa prise sur mes épaules.

-Et t'avais pas un bonnet plus moche ?

-Bah, y'avait bien celui de Chelsea…

Je lance un coup d'œil à Chelsea qui, à quelques rangs derrière nous, sert en effet d'oreiller à Cory. Et elle porte aussi un bonnet rose bonbons décoré de petites fleurs orange qui tournent sur elles-mêmes. Bon, ok, je préfère le bonnet de bouffon.

Des ongles se plantent alors dans mon avant-bras droit tandis que des hurlements retentissent. Je me retourne, Amandine continuant à faire tout son possible pour me lacérer le bras.

-Amandine ! m'indigné-je. Tu m'arraches le…

-Ta sœur ! fait-elle en me pointant du doigt les airs.

Et je vois ma sœur chanceler sur son balai et tomber dans le vide. Je m'entends à peine crier en m'accrochant à la rambarde mais un sort ralentit sa chute et je me penche pour la voir atterrir au sol. Et ni une, ni deux, je me rue vers les escaliers.

xOxOxO

-L'école devrait vraiment faire payer à vos parents un abonnement à l'infirmerie, grince Pompom en bidouillant le bras de Lyzore. J'ai l'impression de soigner des Smooter, tous les jours !

-C'est pas comme si ça nous faisait franchement plaisir ! m'offusqué-je.

Elle me lance un regard sceptique. Ah bah oui, tiens ! Qu'elle dise que je le fais exprès aussi !

-En tous cas, vous remportez la palme, miss ! réplique-t-elle.

Je m'adosse à ma chaise, ravalant les piques qui me démangent. Elle a quoi, dans les vingt-cinq ans ? Et pourtant, elle est déjà aigrie ! J'ai même l'impression de repérer quelques cheveux gris parmi les blonds. Ca n'a pourtant pas l'air si difficile d'être infirmière, après tout, dans l'histoire, c'est nous qui souffrons et sommes obligés d'avaler des mixtures plus dégueulasses les unes que les autres, allongés dans des lits inconfortables, dans une infirmerie mal chauffée !

-Bon, vous allez devoir rester cette nuit par prudence, diagnostique-t-elle en se levant. Je vous rapporte une potion pour réparer vos os, ne bougez pas !

-Et moi, qui aurais bien fait un salto-arrière par la fenêtre…, me fait Lyzore en langage des signes.

Pompom la regarde, suspicieuse, avant de me demander :

-Qu'est-ce qu'elle dit ?

-Qu'elle aurait bien fait un peu de gymnastique.

Pompom hausse les épaules en levant les yeux au plafond, l'air de dire « toutes crétines, dans cette famille ». Elle s'en va vers le fond de l'infirmerie. Lyzore n'est pas la seule à occuper un des lits de l'infirmerie, il y a aussi un deuxième-année de Serpentard qui est assommé depuis qu'il s'est reçu un cognard en plein sur le crane et le gardien des Serdaigle qui s'est démis une épaule pendant le match.

-Ca va, pas trop mal ? demandé-je à ma sœur.

Elle me lève le pouce avec un clin d'œil et j'éclate de rire. Je me demande, de toute façon, ce qui pourrait bien mettre à terre Lily-Rose Smooter plus de deux minutes !

-Alors, comme ça, j'ai entendu que t'avais un cavalier ! me dit-elle avec ses doigts et sa mine malicieuse. Et tu me l'as cachée, petite cachotière !

-Oh, oui ! J'irai pas toute seule, quel soulagement ! ironisé-je. Je te l'ai pas dit parce que c'est Chris qui y va avec moi, alors…

-Alors, quoi ?

-Bah c'est un pote ! Pas de quoi s'exciter !

Elle acquiesce en souriant.

-Et toi, qui t'a demandé ?

-Kurt, fait-elle en éclatant de son rire muet. Pas de quoi s'exciter non plus !

-On est des causes perdues !

Et on rit à l'unisson, et je sors de mon sac son walk-man que lui rends avec un clin d'œil.

-Monte à fond, ça rendra Pompom plus supportable !