Bien le bonjour à tous !
Alors, on vous a senti fébriles suite à notre dernier chapitre... ? :P Ce chapitre vous fera-t-il plongé dans les abymes du désespoir ou vous fera revivre ?
...Le suspens demeure entier...
HIHIHIHI MOUAHAHAHAH !
yen a-t-il qui ont eu l'audace de passer l'intro pour commencer à lire alors que je n'ai PAS fini de parler ?!
Bon, allez, je vous libère...
Chapitre 21
Une vague brûlante se propage. Un coup brutal sur mon cœur. Une douleur monte à mes tempes. L'air a disparu, je me noie. Je sens le tissu doux sous mes doigts crispés. Mes yeux refusent de s'ouvrir. Je suffoque. Mes paupières sont si lourdes, j'ai les lèvres sèches. Un filet d'air s'infiltre alors entre elles, se jette dans ma trachée et ouvre en grands mes poumons. Un gémissement de douleur m'échappe. J'ouvre enfin les yeux.
Ma vision tangue quelques instants. Se stabilise. Il fait sombre dans la pièce. Quelques bougies percent la pénombre. Ça sent le renfermé, les rideaux sont tirés. Une chaleur sur ma main droite, je tourne les yeux. Ma mère est assoupie sur le bord du lit, ses doigts sur les miens. Elle a les traits tirés et la peau translucide. Elle a l'air si malade et si fragile que j'ai l'impression un instant de voir un cadavre. Un frémissement me parcoure. Elle ouvre instantanément les yeux.
« Salut…, murmuré-je d'une voix roque. »
Elle reste statufiée, sa main m'agrippe à m'en faire mal. Ses lèvres pâles tremblent. Ses yeux sont si clairs qu'on a l'impression qu'ils se sont vidés de toute substance. Je tente un sourire.
« Qu'est-ce qu'il y a ? Quelqu'un est mort ou quoi ? »
Elle éclate en sanglots. Embrassant tendrement mes doigts un à un. Je fronce les sourcils, lui caressant gentiment la joue.
« Les Valars soient loués, merci, merci, merci, gémit-elle.
- Maman…
- Tu étais mort, sanglote-t-elle, tu étais mort.
- Quoi ? »
Elle me prend délicatement dans ses bras. Mes membres semblent si lourds et raides que je n'ai pas la force de répondre à son étreinte. Ses cheveux sont secs et sa peau sent la poussière. Interloqué je lui laisse le temps de se calmer. Regardant danser la flamme d'une bougie. J'étais mort ?
« Quand ils t'ont ramené… souffle-t-elle enfin, et le guérisseur a dit qu'il n'y avait plus d'espoir.
- Je suis là, en vie.
- Tu étais mort Ethéol, tu ne respirais plus il y a une heure, tremble-t-elle. Je… Je… J'ai cru t'avoir perdu toi aussi.
- Je suis mort, balbutié-je. Mais…
- Chut, s'éloigne-t-elle en posant sa main sur ma bouche, je ne sais pas, je ne veux pas savoir pour l'instant. Ce qui compte c'est que tu sois là, avec moi. En vie. Oh merci, merci, caresse-t-elle ma joue. Merci… »
Elle me fixe avec intensité, un sourire sur le visage. Son regard est humide de larmes. Elle paraît sur le point de se briser. Non. Elle s'est brisée. Je touche doucement son genoux et lui sourit pour la rassurer. Elle soulève alors ma chemise, et un pan du bandage. Elle ferme les yeux et murmure encore quelque chose. Je crois qu'elle remercie encore les Valars. Puis, elle rajoute du bois dans le feu. Ramène son châle sur ses épaules maigres et va ouvrir la porte. Je l'arrête en l'appelant.
« Je vais bien maman. Je t'assure. Tu es épuisée, repose toi.
- Toi aussi, fait-elle en revenant vers moi. »
J'hoche la tête et lui sourit, l'invitant d'un geste à venir. Elle s'allonge à côté de moi, posant sa tête sur mon épaule. Puis je la regarde la voir sombrer dans le sommeil. Mais je ne suis pas fatigué, je suis reposé comme après une bonne et longue nuit. Mort ? Mais on ne revient pas comme ça des morts. Personne n'en revient.
Jamais.
OoOoOoOo
« Effa ? »
En fait je ne vois même pas d'où vient la question, c'est bien elle sur le seuil. Une elle édulcorée. Elle a l'air fatigué, les traits tirés et la poussière du voyage sur ses vêtements. Ses jambes tremblent un peu, je ne crois pas que se soit dû au choc de me voir en vie.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? On dirait que tu reviens d'entres les morts, fis-je en une tentative d'humour. »
Elle traverse la pièce, et m'enlace vivement avant d'éclater en sanglots. Et de rire. Je souris, lui caressant gentiment le dos. Eh oui… Je sais, je fais beaucoup d'effet en ce moment. Elles me tombent toutes dans les bras.
« Eh… Eh… C'est bon Effa, je suis vivant.
- Je… Je t'aime, bafouille-t-elle.
- Oui, je sais, sourié-je, moi aussi je t'aime.
- N… Non, sanglote-t-elle, je t'aime vraiment…
- Je devrais mourir plus souvent, rié-je.
- T'es un vrai crétin ! s'exclame-t-elle en se relevant pour me toiser. Je t'avais bien dit ! Je t'avais dit de ne pas y aller ! Pourquoi tu m'écoute jamais ?!
- Désolé…
- La prochaine fois… la prochaine fois, renifle-t-elle.
- Je serais prudent, je sais…
- Non ! Tu n'iras pas ! me secoue-t-elle, tu m'entends ?! Je te l'interdits !
- Je t'entends très bien, je n'ai pas perdu mon ouï, sourié-je en l'attirant contre moi, c'est bon, tout va bien maintenant. Calme-toi.
- Je suis très calme ! »
Je secoue la tête. Le silence se fait. J'ai comme l'impression qu'elle a l'oreille collée à mon cœur pour vérifier le rythme de ses battements. Elle ne pleure plus. Sa respiration est profonde et apaisée. Elle sent le vent de la plaine. Je ferme les yeux.
« Je ne comprends pas comment…, murmuré-je.
- Je suis allée voir les mages bleus.
- Qui ? froncé-je les sourcils.
- Pallando et Alatar, des magiciens du premier âge, on a fait un marché, me sourit-elle.
- Quel marché Effa ? demandé-je sérieusement. Qu'est-ce qu'ils t'on demandé ?
- Mon immortalité, sourit-elle, alors j'ai dit oui.
- Tu… Qu… Quoi ? m'écrié-je.
- C'était le seul moyen pour te faire revenir à la vie, défend-t-elle avec une moue décidée.
- Effa…, écarquillé-je les yeux, tu es folle. Tu es folle ! Je suis humain je suis destiné à mourir tôt ou tard ! Tu n'avais pas à interférer parce que c'était tôt !
- Je ne pouvais pas te laisser mourir !
- Si ! Si tu pouvais ! m'exclamé-je, mais comme d'habitude tu n'as pas réfléchi, tu es parti sur un coup de tête ! Je serais mort avant toi quand même ! Tu avais l'éternité pour te faire des amis ! Qu'est-ce que tu as fait par les Valars ?!
- Je t'ai sauvé la vie ! crie-t-elle blessée en se relevant.
- En échange de la tienne ? attaqué-je, tu n'avais… tu… Tu aurais dû me laisser mourir en paix ! Maintenant je suis obligé de vivre en sachant que tu vas mourir ! Ta vie Neaffa !
- Ma vie n'avait pas d'importance sans toi ! me crache-t-elle au visage, les joues ruisselantes de larmes. Qu'est-ce que c'est l'éternité si on la passe seule à enterrer ceux qu'on aime ?!
- Tu n'es pas seule Effa, tu ne le sauras jamais bon sang ! Tu as les elfes ! Tu es une elfe !
- Les elfes ne sont pas toi ! Tu comprends ça ? Non, hein ? »
Elle tourne les talons, s'arrête sur le seuil. Se retourne pour me fusiller du regard.
« Tu regrettes mais pas moi ! Jamais ! Je ne regretterai jamais ! »
Elle sort et claque la porte.
OoOo
Je suis enfin sorti de la chambre. Il a fallu tout ma persuasion et celle d'Athia pour que ma mère me laisse enfin quitter son giron. Et encore, je suis sûr que si je me retourne elle sera à la fenêtre à me regarder anxieusement traverser la cour pour rejoindre les écuries. J'entre, Murmure relève la tête. La tête vivement vers moi. Je lui souris et caresse son encolure. Il me fourre ses naseaux dans les cheveux.
« Eh oui mon vieux, je suis encore en vie. Etonné hein ? lui frotté-je l'oreille droite, tu n'es pas le seul.»
Il frappe ma main avec insistance.
« Bon très bien on va aller se balader, hoché-je la tête, ça nous fera du bien à tout les deux.
- Ethéol ! »
Je me retourne, intrigué de voir débarquer dans l'écurie Rowana dans une aussi jolie tenue. Le blanc n'est pas vraiment la couleur idéale pour aller faire une promenade en plein air.
« Qu'est-ce qu'il y a ?
- Vous être un ingrat voilà ce qu'il y a, attaque-t-elle. »
Par les Valars, je lève les yeux au ciel.
« Je crois que cela ne vous concerne en rien, grincé-je.
- Au contraire ! se plante-t-elle devant Murmure. Vous êtes aveugle ou quoi ?
- Non j'ai parfaitement vu que Neaffa a fait une idiotie monstrueuse qui lui a coûté son immortalité à cause de moi, sur un coup de tête, maintenant si vous avez fini j'aimerai sortir mon cheval.
- Vous n'avez pas compris ! s'exclame-t-elle en attrapant les rennes de Murmure, elle a fait ça pour vous !
- Croyez-moi, sifflé-je froidement, je n'en ai que trop conscience.
- C'était une preuve d'amour enfin ! Ouvrez les yeux, vous êtes faits l'un pour l'autre ! »
Je me retourne vers elle. Ses yeux bruns brillent de détermination, ses poings sont sur ses hanches. Je soupire, passant ma main sur mon visage. Puis déclare avec agacement, en la fixant avec détermination.
« Rowana, je comprends bien que vous êtes dans l'euphorie de votre beau mariage, que vous êtes une grande romantique et que les histoires d'amour vous soient montées à la tête mais c'est à vous d'ouvrir les yeux. Il n'y a rien entre Neaffa et moi, arrêtez de nous imaginer des tensions sexuelles et concentrez-vous sur votre bonheur !
- Vous êtes têtu ! s'offusque-t-elle.
- C'est drôle, sourié-je avec ironie, je pense exactement la même chose de vous. »
Elle écarquille les yeux, choquée. Je la dépasse, tirant Murmure derrière moi. Elle me poursuit dans la cour. Je l'ignore et monte lentement à cheval, passant distraitement ma main sur la cicatrice sur mon torse. Rien, pas même un tiraillement. Comme si elle n'existait pas. Et ça a coûté sa vie à Effa. Mais à quoi est-ce qu'elle pensait… Maintenant elle a au mieux soixante ans à vivre ! Et ces projets, ses horizons, tout ce qui aurait pu lui arriver de magique, de merveilleux… Pour moi ? Je serre les dents, je ne méritais pas ça. Ma vie ne valait pas la sienne.
« Ethéol, écoutez-moi ! »
Je talonne Murmure et la plante là. Je crois bien qu'elle m'insulte de fifrelin.
OoOo
OoOo
C'est fou ce que quelques jours d'absence et de mot peuvent accumuler comme retard. Fama et moi nous sommes enfermés dans le bureau, il m'étale les listes des jeunes gens de mes terres en âge de commencer leur entraînement pour devenir un combattant. Il me pointe du doigt les noms des jeunes qui auraient leur place comme écuyer dans ma demeure. Tous sont de nobles famille, avec un parcourt lisse. Le meilleur pédigrée possible.
« Télém est un peu faible mais il apprendra vite, je connais le père, assure Fama. »
Je soupire. Aucun de ses noms ne me dit quelque chose. Comment de simples lignées peuvent-elle m'assurer de bons combattants ? De bons candidats ? Sont-ils réellement les meilleurs ? Je balaie une nouvelle fois la liste des yeux. Et la repousse. Fama fronce les sourcils.
« Je pourrais choisir si vous…
- Ce n'est pas le problème, coupé-je avant de lui présenter la liste, qu'est-ce que vous voyez ?
- Eh bien, les prénoms de jeunes gens, répond-t-il avec perplexité.
- Et que savez-vous d'eux ?
- Eh bien que leurs pères…
- Exactement, coupé-je, vous ne savez rien d'eux personnellement.
- Qu'est-ce que vous attendez de moi Seigneur Ethéol ?
- Vous allez me les convoquer, commencé-je en écrivant la convocation, eux et tous les garçons en âge de tenir une arme.
- Tous ? écarquille-t-il les yeux.
- Oui, même le fils du paysan, appuyé-je en plantant mes yeux dans les siens, en fait… surtout le fils du paysan.
- Mais enfin seigneur Ethéol, la tradition…
- Non, la tradition est une chose que je respecte Fama, mais pas aveuglément. Maintenant faites ce que je vous dis. Je les testerai et vous m'aiderez. Nous saurons alors que nous avons pris les meilleurs, expliqué-je.
- Comme vous voudrez, serre-t-il les dents. »
J'hoche la tête, lui tendant la lettre d'ordonnance lorsque Mitch, le bras en écharpe, déboule dans le bureau essoufflé et visiblement très angoissé.
« Ethéol, il faut que vous veniez voir cela.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? froncé-je les sourcils.
- Dans la cour, fait-il, c'est assez urgent. »
oOoO
« Qu'est-ce qui est arrivé à ma fille Ethéol ?! Que lui avez-vous fait ?!
- Seigneur Orawin, commencé-je, laissez moi vous…
- Je veux voir Neaffa, je n'ai que faire de vos explications !
- Elle arrive, ne vous inquiétez pas !
- Je vous préviens que si vous lui…
- Papa ? »
Effa se précipite vers lui et le serre contre elle. Il a l'air soulagé, du moins autant que son air d'elfe peut permettre de le voir. Je me rassois. La discussion qui va suivre risque de déclencher la pire colère à laquelle j'ai été confronté. Mieux vaut être bien installé. J'attends patiemment qu'elle se détache de lui, il me fixe alors. Attendant une réponse.
« Ce n'est pas moi qu'il faut regarder Seigneur Orawin mais bien votre fille, lui présenté-je Effa de la main.
- Neaffa…, se tourne-t-il vers elle.
- Je lui ai sauvé la vie !
- Ma chérie, fronce-t-il les sourcils en posant une main sur sa joue, tu es toute pâle.
- Peut être parce qu'elle n'a rien trouvé de mieux que d'offrir son immortalité en échange ! grincé-je. »
Son parfait masque de granite se fendille. Il pose ses deux mains sur les joues de sa fille, approchant son visage du sien pour fixer au plus profond de ses prunelles bleues. Je reste une minute à les regarder, en dehors de leur monde. Je soupire, passant ma main sur mon front. Il ferme les yeux mais elle ne baisse pas les siens. Il se tourne alors vers moi, et je crois bien que s'il avait le pouvoir de me tuer pour lui rendre son immortalité il le ferait. S'il savait combien moi aussi j'aimerai.
« Vous avez conscience de ce que cela représente ?!
- Croyez moi j'en ai conscience. Et je regrette.
- Il est un peu tard pour regretter ! s'exclame-t-il, vous auriez dû y penser avant !
- Avant quoi ? grincé-je, de mourir ?!
- Neaffa, se tourne-t-il vers elle avant de murmurer quelque chose en elfique. »
Elle répond dans la langue en un sourire. Il soupire. Je n'entends pas ce qu'ils disent, mais lorsqu'il se retourne vers moi c'est pour venir plus près et me dire avec une menace froide qui me hérisse le poil.
« Elle refuse de revenir à Rivendell par votre faute.
- Qu…
- Taisez-vous, coupe-t-il sèchement, elle a perdu son immortalité par votre faute. Faîtes en sorte qu'il ne lui arrive rien et qu'elle soit heureuse. Ce n'est plus de mon ressort mais croyez moi, si j'apprends que le moindre mal lui a été fait…
- Seigneur Orawin ! s'exclame soudain ma mère en entrant dans la pièce, j'ai appris que vous étiez dans ma demeure, quelle plaisir ! Neaffa m'a beaucoup parlé de vous…
- Dame Léony, la salue-t-il d'un hochement de tête.
- Venez, allons tous nous rafraichir. Nous en avons tous besoin. »
Elle appuie un regard nullement dupe. J'hoche la tête et sort, prenant la direction inverse.
