Mes chers petits,
On vous aime fort, on vous embrasse et tout et tout, merci de vos reviews mais on suppose que le suspence est insoutenaaable donc...
BONNE LECTURE !
Camirette : Tomates pourries tomates pourries mais c'est quoi cette famille de violent et malpoli roooh ! Promis on se rattrape sur ce chapitre alors pas taper ! ;D
Chapitre 23
Un rayon de soleil me brule les paupières, j'enfouie mon visage dans mon oreiller. Un léger frisson me parcourt l'échine. Je cherche à tâtons la couverture, tire d'un coup ayant la surprise de la voir se rabattre sur tout mon corps sans la moindre résistance. Je tourne la tête et ouvre un œil. L'autre côté du matelas est déserté. J'étends ma mains sur les draps froissés, ils sont encore tièdes. Et Fama m'attend au plus tôt pour aller voir un petit seigneur sans héritier qui souhaite me mettre dans son testament. Apparemment il a beaucoup ri quand j'ai renvoyé Tamertin et sa fille. Je soupire et sors un pied du lit. L'air est frais, pas si désagréable.
Je me relève et m'étire. J'enfile ensuite une veste et sors en claquant la porte. J'ai faim. Bon sang, je serais bien resté au chaud sous la couette. Et où est Neaffa ? Ce n'est vraiment pas son genre d'être une lève-tôt. Je tourne au coin du couloir pour rester soudain figé sur place. Effa est plaquée contre un mur, les yeux écarquillés d'horreur. Et Dérinir a sa bouche sur son cou, ses mains sur sa peau.
Mon sang ne fait qu'un tour.
Je suis sur eux en un instant. L'arrache à elle. L'envoyant bouler contre le mur d'en face. Ayant la joie d'entendre son crane percuter la pierre. Je lui attrape le col de sa chemise, lui sifflant au visage.
« Qu'est-ce que tu crois que tu fous exactement ?
- J'vois pas en quoi ça t'regarde ! crache-t-il avec arrogance.
- Ah ouais ?
- La p'tite elfe et moi on est s'offrait juste…
- La ferme, coupé-je brutalement, tu te la fermes.
- Pourquoi tu veux pas entendre combien elle adore fourrer sa langue dans ma bouche, dis moi est-ce qu'elle a ce petit gémissement ? »
Je lui balance mon poing dans la figure. Il pousse un cri et porte la main à son visage. Un torrent de sang s'échappe de ses narines. Il fusille du regard.
« Tu m'as cassé le nez abruti !
- Si tu ne prends pas tes affaires et n'as pas disparu de mes terres avant une heure je te casserai autre chose ! menacé-je.
- Tu veux te battre ? ricane-t-il. Parce que je crois que de nous deux celui qui a réussi à ne pas mourir c'est moi.»
Mon poing va à la rencontre de son estomac, il se plie en deux et pousse un grognement. Je le relève brutalement, et lui adresse un sourire mauvais.
« Ça te parait assez vivant ? lui sifflé-je à l'oreille. Maintenant dégage et ne remet plus jamais les pieds ici. Ne l'approche plus jamais, énoncé-je distinctement les derniers mots.»
Un homme déboule alors, brandissant un poignard. Probablement alerté par le bruit. Je lui balance Dérinir et ordonne qu'on le foute dehors. Et toise de haut son regard assassin. Une fois qu'il a disparu de ma vue, je me tourne vers Effa. Elle prend de longues inspirations, tremblant légèrement. Je m'approche lentement et pose ma main sur sa joue. Elle lève les yeux sur moi.
« Est-ce que ça va ? »
Elle hoche doucement la tête, avant de se laisser glisser dans mes bras. Je lui le caresse le dos et pose ma joue sur ses cheveux doux.
« Tu veux retourner te coucher ? »
Je sens son sourire contre ma peau, elle se pelotonne contre moi et hoche à nouveau la tête.
« C'est dommage, j'ai faim, lui embrassé-je le front, on va manger ? »
OoOo
« Non, secoue-t-elle la tête, tu ne pars pas.
- Effa…
- Tu as promis !
- Je ne vais ni me battre, ni en terrain ennemi, j'ai Fama pour m'accompagner et je serais rentré avant la tombée de la nuit, expliqué-je.
- Je viens avec toi, fait-elle. »
Je soupire, tente de l'embrasser. Elle se dégage et me plante un regard déterminé, croisant les bras sur sa poitrine. Je grimace, elle ne va pas lâcher le morceau.
« Voir un vieux grabataire pour signer un papier ? explicité-je, est-ce que ça vaut la peine que tu reste une demi-journée à cheval ?
- J'adore Murmure ! s'exclame-t-elle.
- Tu peux aller lui dire en face si tu veux, rié-je. Je suis sûr que ça lui fera très plaisir.
- Je viens.
- Effa…
- Non ! La dernière fois… sa voix s'étrangle, je viens avec toi.
- Bon, soupiré-je. Va t'habiller, on part dans dix minutes.
- Tu partiras pas sans moi de toute façon ! assure-t-elle en tournant les talons.
- Tu veux qu'on parie ? »
Elle me lance un regard partagé. Mais sort en accélérant le pas. C'est alors au tour de ma mère d'entrer quelques minutes plus tard, en fronçant les sourcils. Visiblement elle vient de croiser Effa dans les couloirs.
« Tu vas l'emmener ? demande-t-elle, est-ce que tu es sûr que c'est une bonne idée ?
- Elle refuse de me laisser partir ! levé-je les bras en l'air, tu veux que je l'attache à une chaise ?
- Ethéol…, soupire-t-elle en posant la main sur mon épaule. Je suis vraiment contente pour toi et Effa, vraiment. Elle est quelqu'un de merveilleux et toutes évidences elle est assez folle amoureuse de toi, pour sacrifier son immortalité il n'en fait pas moins.
- Je suis au courant, marmonné-je.
- Mais… tu as des responsabilités, achève-t-elle.
- Et pour l'instant ça se passe bien, non ? lui sourié-je.
- Pour l'instant ! Mais je te connais comme si je t'avais fait, explicite-t-elle d'un mouvement de sourcil, tu vas batifoler.
- N'importe quoi ! »
Murmure calme depuis le début, me frappe le dos du museau. Impatient. Ou… accusateur ?
« Tu ne peux pas céder… Tu peux faire des erreurs si tu es trop concentré sur Neaffa.
- J'ai passé l'âge d'avoir ma mère sur le dos la dernière fois que j'ai vérifié, non ? demandé-je avec ironie.
- Je suis prête ! »
Elle déboule devant nous, un large sourire sur les lèvres. Qu'est-ce que je peux faire à part lui sourire et l'embrasser ? Je jette un coup d'œil à ma mère qui semble dépassée par les évènements. Hausse les épaules et embrasse Effa. Si ça peut la rassurer de me voir signer un bout de papier et discuter avec un vieux seigneur qui a le sens de l'humour…
« Je savais que tu ne partirais pas sans moi ! Je te l'avais bien dit ! me nargue-t-elle.
- Pour cette fois, je la préviens. »
Elle me sourit, me laissant clairement deviner qu'elle ne me lâchera pas plus la fois suivante. Je soupire, je sens que ça ne va pas être du gâteau. Ma mère me décoche un regard. Et je ne suis pas le seul à le penser.
OoOo
« C'était horrible !
- C'est toi qui a voulu, précisé-je. »
Elle se laisse tomber sur le lit pour éviter de répondre à l'attaque. Je l'avais pourtant prévenu qu'il n'y aurait rien d'excitant. Et même si ce fameux petit seigneur s'est révélé très drôle en fin de compte, et qu'elle a d'ailleurs tellement ri avec lui que je me suis même demandé à un moment si je n'avais du souci à me faire. Qu'elle lui tombe dans les bras et qu'il me raille du testament pour l'y mettre à ma place. Mais elle est bien rentrée avec moi, s'est endormie dans mon dos.
Elle est de plus en plus fatiguée, plus rapidement. J'en ai parlé à Orawin avant qu'il ne parte, il m'a juste dit que c'était normal. Mais qu'il ne savait pas combien de temps ça pouvait prendre à Effa pour s'habituer à sa nouvelle condition. Etant donné que c'est une première dans le monde elfique.
Je me déchausse et m'allonge. Fatigué certes, mais j'aime cette fatigue. Celle qu'on a après une journée à cheval, au grand air à se laisser bercer par la cadence de Murmure. Je me tourne vers Effa, l'attire contre moi. Embrassant le creux de son cou, elle glousse un peu. Je souris, j'ai remarqué qu'elle était chatouilleuse à cet endroit.
« A propos de Dérinir…
- J'ai pas trop envie d'en parler, murmure-t-elle.
- Comme tu veux, je réponds en lui caressant le front. »
Quand je pense à que cette enflure a tenté de lui faire ce matin… Je serre la mâchoire, j'aurais dû frapper plus fort. Si ça se trouve ce n'était pas la première fois. Et elle ne m'a rien dit. Et elle continue à ne rien vouloir me dire. Ça m'inquiète. Je continue à déposer distraitement des baisers le long de sa jugulaire.
« On fait quoi demain ? demande-t-elle soudain.
- Toi je ne sais pas, mais il faut que je me penche sur les tests des jeunes qui arrivent dans une semaine.
- Je peux t'aider si tu veux, propose-t-elle en relevant la tête.
- Ah bon ? Parce que tu sais comment on se bat maintenant ? rié-je, il s'en est passé des choses pendant que j'étais mort !
- Arrête d'en rire, gronde-t-elle en me toisant. »
Elle a les lèvres pincées et les sourcils accusateurs. C'est absolument impossible de lui résister quand elle fait mine d'être très énervée et qu'elle ne cédera pas. Je lui attrape la nuque et pose mes lèvres sur les siennes. Je souris contre sa bouche en la sentant céder et répondre. La plaque contre le matelas alors qu'elle proteste plus ou moins.
« C'est sérieux Ethéo !
- Je n'en doute pas…
- Bon, soupire-t-elle en se pelotonnant contre moi, on fait quoi demain ?
- Je ne sais pas, fis-je plus concentré sur ses lèvres, ce n'est pas plus intéressant de penser à : que faire maintenant ?
- Eh bien maintenant que tu le dis, sourie-t-elle narquoisement, j'ai faim. Pas toi ?
- Absolument ! »
Je dévore ses lèvres alors qu'elle éclate de rire.
OoOo
Mitch fait la liste des jeunes qui vont venir, et se plaint depuis plus d'une heure de l'écriture de certains. Mais la plupart ne savent même pas écrire. Il faudra que je trouve une solution à cela, ça ne peut pas durer. Ceux-là ont fait en sorte de m'envoyer leurs noms par l'intermédiaire des autres. Je souris devant tant d'enthousiasme. Fama n'a pas déridé mais je suppose qu'il va lui falloir du temps. La plupart de mes décisions seront probablement mal digérées et il me contestera. C'est toujours bon d'avoir une autre opinion.
Il ne s'entend pas non plus avec Mitch mais cela c'était à prévoir. Il vient de l'Itilien, il est beaucoup trop détendu et joueur. Mais Mitch est quelqu'un de confiance et je me méfie assez de ceux que je ne connais pas, même s'ils sont du Rohan et ont un pédigrée digne de confiance selon Fama. Ce pédigrée a coûté des sommes d'argent à mon frère aux vues des fuites qu'il y a eu dans son dos. Les caisses ne sont pas vides, loin de là même mais à ce rythme là il se serait retrouvé sans ressource par bêtise. Mon frère et son devoir, son respect des traditions…
« Je continue de penser que ce n'est une bonne idée, marmonne Fama, où allons nous les loger ?
- Il y a toujours de la place, je réponds, et puis savoir monter une tente de camp fait aussi partie des compétences de base requises.
- Ce n'est pas la peine, il a réponse à tout mon vieux, lance Mitch. »
Fama lui décoche un regard agacé mais reprend consciencieusement son travail fastidieux consistant à me faire l'addition de ce qui manque et de qui était le plus susceptible de l'avoir volé. Je m'esclaffe en silence derrière mes feuilles. Les regarder se lancer des piques permet de surmonter l'ennuie d'une journée enfermé entre quatre murs.
« Quand est-ce que tout ce beau monde arrive ? demande Mitch.
- S'il n'y avait que du beau monde, marmonne Fama.
- Après demain les premiers devraient arriver, les coupé-je.
- Il y a en un qui s'appelle Sloarftovsk ! Comment on peut prononcer ça !?
- M'en parle pas, soupiré-je. »
On entend alors frapper à la porte. Nos regards s'y tournent mais avant que je n'ai eu le temps de répondre, on ouvre. Effa apparait sur le seuil, l'air préoccupé. Je fronce les sourcils et me lève pour aller à sa rencontre.
« Quelque chose ne va pas ?
- Oui, est-ce qu'on peut… elle balade son regard sur Fama et Mitch, en parler en privé ?
D'accord, hoché-je la tête, je reviens. »
Je referme la porte, elle m'attrapa la main et m'entraîne plus loin dans le couloir. Je l'arrête, inquiet de son comportement.
« Effa, qu'est-ce qu'il se passe ? »
Elle me lance un sourire lumineux. Et passe ses bras derrière mon cou. Surpris, je la regarde se mettre sur la pointe des pieds pour déposer un léger baiser sur mes lèvres. Lorsqu'elle se dégage, j'éclate de rire.
« C'était si urgent que ça ?
- Absolument ! assène-t-elle en secouant la tête. Tu crois qu'on a combien de temps avant qu'ils viennent te chercher ?
- C'est qui le maître ici ?
- Oh, donc tu peux faire ce que tu veux…
- Exactement, sourié-je en l'emprisonnant dans mes bras. »
Je l'embrasse brusquement pour faire taire toutes répliques. Elle glisse ses mains dans mes cheveux, les tirant presque à m'en faire mal. Je glisse mes doigts sous son gilet, elle rit. Elle est aussi chatouilleuse des hanches donc. Elle frisonne, je ne sais pas si c'est parce que mes mains sont froides. J'espère que c'est pour mes talents en matière de baiser.
« Eh ! Je vous signale juste qu'on a encore du travail ! »
Nous nous retournons sur Mitch qui nous dévisage à quelques mètres, l'air amusé. Je soupire, Effa me glisse un sourire moqueur.
« Qui c'est déjà le maître ici ? »
Aaaah quel chapitre tout mimi et paisible... le calme avant la tempete ? Allez savoir !
