Bonjour, bonjour !
On vous aime tous, vos review sont superbes donc merci à tous :)
Bonne lecture !
Chapitre 24 :
Je flanque un peu tout ce qui traine dans ma chambre sous mon lit, la radio jetant les derniers hits moldus, et je me laisse tomber sur mon lit, satisfaite. Et bien voilà, ma bonne vieille chambre a l'air presque propre et impeccable ! Je souris à mon plafond en lattes de bois clair, un bras sous ma nuque avant de faire couler mon regard sur mes murs beiges tapissés de posters et de photos. Un bureau –sur lequel j'ai fait tout, sauf des devoirs !- est encore un peu en fouillis et la fenêtre sous laquelle il est, laisse entrer des vagues de lumière dans la pièce tandis que dehors, il neige à gros flocons. Une autre fenêtre, plus haute, est encadrée de rideaux pourpres et ma bonne vieille armoire magique en acajou, faisant près d'un mur entier de ma chambre, contient tout aussi bien ma garde-robe bordélique que ma collection de BD et de CD, et toutes mes autres babioles. Mon balai est appuyé contre le mur, juste à côté.
Ah, ya pas à dire, qu'est-ce qu'on est bien chez soi !
La porte s'ouvre alors et je ne m'étonne même pas qu'on ait pas frappé. Personne ne prend jamais la peine de frapper avant d'entrer dans ma chambre, malgré la tête de Bob Marley sévère qui est placardée sur celle-ci et le « DO NOT FREACKING DISTURB, MAN ! » qui l'accompagne. Et l'injustice est telle que, par contre, personne n'oserait pénétrer l'humble demeure de Julie sans en demander l'entrée préalablement… je devrais vraiment me faire plus respecter, j'ai un manque flagrant d'autorité…
Et c'est Maman qui apparait en face de moi, affublée de son immonde tablier rose à dentelle que Chelsea seule serait susceptible d'aimer. Ses cheveux blonds sont relevés en une queue de cheval désordonnée et ses yeux bleus me sourient autant que ses lèvres soulignés de rouge à lèvres.
-Salut, M'man ! l'accueillis-je avec joie. T'as vu, j'ai fait le ménage !
-Je ne te ferai pas l'affront de regarder sous le lit, me répond-elle avec un clin d'œil.
J'éclate de rire et elle vient s'allonger dans mon lit deux places, juste à côté de moi.
-Ah ! Je suis tellement contente que vous soyez rentrées à la maison ! Ca fait tellement de bien de vous avoir avec nous !
-Tu nous manques trop aussi avec Papa ! assuré-je.
-Mais, au moins, comme ça, quand vous rentrez vous avez pleins de choses à nous raconter…
Je la regarde me lancer son regard innocent que je connais entre milles. Oh non… séance interrogatoire ! Pitié, non ! Je n'ai absolument aucune résistance contre les pouvoirs de dissuasion de Maman !
-Oh, tu sais, tenté-je. C'est Poudlard, hein… s'passe pas grand-chose… fait froid, y flotte pas mal… bon, y'a bien Pré-au-Lard, le Quidditch et le bal mais… et puis, les cours, bien sûr…
Maman continue de me fixer en souriant de plus en plus largement.
-On a beaucoup de cours, tu sais ?
-Mon bébé ! passe-t-elle à l'attaque. Je veux tout savoir ! Comment est ce Chris ? Il est mignon ? Oh, je sais déjà qu'il est mignon ! Blond ou brun ? Et ses yeux ? C'est un sportif, Julie nous a-t-elle dit ! Il doit être musclé…
Je grimace face au haussement de sourcil entendu de ma mère. Je n'ai pas vraiment de preuve mais je suis sûre que c'est Julie qui est allée vendre la mèche pour Chris ! Elle a beau jouer les filles toute souriantes et pleines de bonnes intentions depuis qu'on est montés dans la voiture, je la connais. Elle est toujours la petite ange devant Papa-Maman, leur soufflant toutes les infos à mon sujet… déjà qu'elle n'arrêtait pas de leur dire que j'étais folle de Sirius, précisant bien que c'est « le beau-gosse de l'école –un de mes exs !- qui ne la regarde même pas ! Ah, pauvre petite Cora… ». Elle sait bien comment Papa ne supporte pas l'idée que ses filles puissent être approchées par des garçons pleins d'hormones et de testostérones. Jusque là, je dois dire que je n'ai pas été celle à le tourmenter le plus…
Devant le regard insistant de Maman, je craque.
-Il est brun !
Elle me crie de continuer à cracher le morceau et je ris avant de tout débiter.
-Il a les yeux noirs et oui, il est musclé… et grand !
-Ah ! Mon bébé a bon goût ! applaudit-elle. Car il est mignon, pas vrai ?
-Ouais, rié-je. Très !
-Tu as intérêt à me le présenter très rapidement ! me prévient-elle. Fais pas comme notre ingrate de Julie à nous cacher son copain !
-Brad est très beau aussi, la rassuré-je.
-Comme s'il pouvait en être autrement pour le copain de ma poupée ! s'exclame-t-elle. Et dis voir, ce garçon… avec Rosie… ?
-Maman ! m'écrié-je. Va lui demander à elle, par Merlin !
-Mais elle veut pas m'en parler…, se lamente-t-elle. Allez, Cora, mon bébé… ma petite dernière…
Elle joue des yeux de cocker et des lèvres de bébé implorant et dés cet instant, je sais que je suis foutue. Désolée, Lyzore, mais je ne peux pas résister à Maman !
-Très bien ! cédé-je. C'est Philip Perry, mon capitaine ! C'est aussi un sportif, aussi un beau-gosse brun aux yeux bleus ! Et il est intelligent et… très chiant ! Un vrai emmerdeur !
-C'est les meilleurs, me confie-t-elle sur un ton d'experte.
Et comment ! Elle a épousé Papa !
-Et dooonc… que se passe-t-il entre eux ?
-Euh… pour l'instant, c'est-à-dire que… c'est en phase d'expertise…, dis-je en hésitant sur le terme. Elle veut pas lui dire qu'elle est folle de lui depuis… depuis belle lurette !
Et il est temps que je prenne les choses en mains parce que si ça continue comme ça, Philip va se retrouver une autre Daniella –ou pire ! Retourner avec l'originale !- et Lyzore va continuer à se lamenter derrière son walk-man… et qu'on se le dise, ça ne peut pas continuer comme ça !
-Je suis sûre qu'il va lui tomber dans les bras ! déclare Maman.
-Oh, ça manquera pas !
xOxOxO
Appuyée contre la table, je lis la lettre que m'a envoyée Chelsea tandis que la spatule mélange magiquement la casserole de pâtes. C'est mon tour de cuisiner et, comme d'habitude, je ne sais pas quoi faire alors je fais des pâtes… et j'improvise pour la sauce !
La lettre de Chelsea est longue, pleine de fautes d'orthographes mais tellement mignonne et marrante, sans même qu'elle le fasse exprès, que je la relis plusieurs fois ! Elle s'ennuie tant chez elle qu'elle nous envoie des lettres presque tous les deux jours, ses parents sont des cinquantenaires casaniers et elle est fille unique… et plongée dans la campagne profonde de l'Irlande.
A cet instant, Julie et Lyzore entrent en papotant. Lyzore, baguette en main, pour écrire dans les airs. Julie a beau avoir fanfaronné avec ses « j'ai appris le langage des signes, hihihi ! », elle parle aussi bien que moi, je sais parler espagnol… ¡ Sí, señor, el gato esta bueno ! Je ne sais pas vraiment ce qui lui prend, ces derniers temps. Elle serait presque crédible dans la sœur aimante et sincère... il lui arrive même de me sourire. À moi. Sans moquerie, sans arrogance, sans mépris. Ca me ferait même presque peur, je dois dire. J'aurais bien envie de croire qu'elle veut se rattraper ou que l'on se réconcilie, ou je ne sais quoi d'autre. J'avoue, ce serait cool. Je n'aurais plus à éviter son regard pour ne pas y voir tout le peu d'estime qu'elle me porte. Je n'aurais pas à refreiner les envies qui me prennent de rebrousser chemin à chaque fois que je m'aperçois que je vais la croiser. Je n'aurais pas à chercher une insulte dans chaque parole qu'elle m'adresse et je n'aurais pas à redouter de revenir à la maison, en sachant que je vais être avec elle, dans la même maison, même si je fais tout pour l'éviter. Mais ce serait trop beau. I peine quatre jours, au bal, elle se fichait encore de ma robe et me susurrait qu'elle était étonnée que Chris n'ait pas déjà pris les jambes à son cou, j'veux dire… c'est suspect, quand même.
Mais je suis visiblement la seule à le penser puisque Lyzore semble avoir accepté ce revirement de comportement et y croire. C'est vrai aussi que Julie n'a jamais été la même avec Lyzore. Ok, elle ne lui consacrait pas beaucoup d'attention mais elle ne l'insultait pas, ne la méprisait pas et ne cherchait pas toujours une opportunité pour la descendre. Et quand on était petites, elle ne la manipulait pas non plus, ne la prenait pas comme son elfe-de-maison, l'idolâtrant et prête à tout pour lui faire plaisir…. Je chasse violemment ces pensées de mon esprit.
-Alors, qu'est-ce que notre cordon bleu nous fait de bon ? me sort Lyzore en langage des signes.
Elle fait mine de laisser planer le suspensealors que je la regarde s'approcher de la casserole et se pencher par-dessus.
-Oh ! Des pâtes ! Quelle surprise !
Julie rit et ça ne parait ni forcé, ni moqueur. Je la fixe un moment, n'arrivant pas à m'y faire, avant de me reprendre pour bougonner :
-J'savais pas quoi faire d'autre…
-Mais faut dire aussi que tu les réussis très bien, tes pâtes, Cora ! me lance Julie.
Lyzore lui sourit et j'essaye de l'imiter, même si je ne pense pas que mon sourire soit très réussi. Je ne sais pas quoi lui répondre, de toute manière. Bon, changement de sujet…
-C'est fou, il arrête pas de neiger depuis hier ! fis-je.
Celui qui a dit que la météo ne sauve pas des conversations n'a jamais eu une vipère/sœur /étrangère devenant tout d'un coup sympathique/sœur/souriante ! C'est bien simple, c'est soit je parle météo, soit je m'enfuis en courant en criant « Maaamaaaaan ! ».
-C'est vrai ça, m'appuie Julie avant d'attraper le bras de Lyzore. Bataille de boule de neige !
J'ouvre des yeux ronds mais elle a déjà entrainé Lyzore à sa suite et la porte d'entrée a déjà claqué. Bataille de boule de neige ? Non mais elle se fout de ma gueule, pas vrai ? Elle n'a jamais voulu faire de bataille de boule de neige, ni même de Bonhomme de neige, pour ce que ça vaut… et j'avais beau la harceler quand on était gosses, elle m'envoyait toujours… bah bouler, c'est le cas de le dire ! Elle trouvait ça ringard et débile, et puis, surtout elle n'avait pas envie de jouer avec moi. Ni avec Lyzore, d'ailleurs. Et on se retrouvait, Lyzore et moi, à se bombarder en duo, ou avec Papa et Maman, ou avec les gosses du quartier.
Et pourtant, par la fenêtre, je vois bien Julie se pencher pour former des boules de neige tandis que Lyzore l'imite. Mais moi, je n'arrive pas à m'y faire, quelque chose bloque. Quelque chose sonne faux.
Enfin, y'a surtout ma casserole qui déborde !
xOxOxO
Aujourd'hui, c'est le 31 décembre 1977.
Noël est passé, Grand-mère a pu brûler des cierges pour Sainte-Rita et essayer de tirer d'affaires ses trois causes perdues que sont ses trois plus grandes petites-filles… enfin, j'ai dans l'idée qu'elle pense surtout à moi, se prenant les pieds dans tous les tapis et s'endormant à table, quand elle prie. Les vacances ont filé à toute allure comme à leur habitude et il ne nous reste encore que la fin de la semaine. Mais ce n'est pas une raison pour déprimer et ne pas en profiter comme il se doit ; les vacances, c'est sacré ! Et ça tombe bien, j'ai organisé ma petite fête habituelle pour le nouvel an !
On s'est mis d'accord que, dans la bande, c'était chez moi qu'on fêterait le nouvel an parce qu'il faut bien admettre que j'ai les parents les plus cool… ou bon, peut-être pas, c'est vrai que ceux de Cory sont super cool ! Même un peu trop, c'est ça le problème… enfin, bref ! J'invite donc tous mes potes et on passe une soirée tranquille, avec mes parents, leurs amis et quelques uns de nos voisins. La baraque est pleine à craquer mais c'est comme ça que ça se fête, la nouvelle année !
Julie, comme depuis qu'elle a quatorze ans, le fête chez diverses amis à elle et je ne vais pas mentir, je ne m'en plains pas ! Cette année, elle a invité Lyzore à l'accompagner mais celle-ci a sympathiquement refusé. Je pense qu'elle a peur de se faire chier avec pleins de gens qu'elle ne connaît pas et, à mon avis, elle a bien fait de pas y aller ! Ca sent le piège. Qui sait, Julie va faire l'un de ces coups foireux et cesser son petit numéro… ce sera le grand final, comme dans les films où la méchante révèle en ricanant son plan démoniaque qui a berné tout le monde : « Mouahahaha, je vous ai bien eu, bande de cons ! Ah vous croyiez que j'avais changé ! Ah, couillonne, moi, gentille ? Mouarfmouarfmouarf ! ». Et on rira tous en se tapant dans le dos : « merde, c'est bien vrai ça, on y a presque cru ! Sacrée Julie, tiens ! ». Et tout reviendra à la normale et je pourrais à nouveau dormir la nuit, en paix, sans ressasser tous les gestes presque gentils que Julie m'aurait adressé dans la journée…
Je sors de mon rêve éveillé en entendant la porte d'entrée s'ouvrir et mes parents saluer des gens, la rumeur de leurs réponses, derrière. J'attrape le plateau de gâteaux apéritifs que Maman a préparé et sors de la cuisine, au moment où Lyzore descend des escaliers. Elle est vêtue d'une petite robe brune et d'escarpins, et a relevé ses cheveux en une queue de cheval. Moi, j'ai fait plaisir à Maman en enfilant aussi une robe, l'une que j'ai d'ailleurs achetée avec elle à notre shopping d'avant-hier. J'avais prévu de me mettre en pantalon pour être vraiment à l'aise mais ses yeux de cocker sont vraiment redoutables… mais bon, j'aime beaucoup ma robe donc je survis ! Elle est en laine bleue et m'arrive mi-cuisses.
Lyzore me rejoint et pioche un gâteau.
-Eh, c'est d'abord pour les invités ! protesté-je.
-En parlant d'invité, je crois que Papa a déjà repéré Chris…
-Quoi ?! m'écrié-je en me tournant vers la porte. Mais comment il a fait ? Il a une boussole ou une boule de cristal, c'est pas possible ! Ou, alors, c'est Julie qui lui a filé sa photo !
Car, en effet, Papa, accompagné de Maman, fait bien face à Chris qui n'a pas l'air mal à l'aise pour un sou et sourit avec assurance à mes parents. Il est au passage tout bonnement à tomber alors qu'il a quand même osé la chemise noire à paillettes, la cravate et le Jean blancs et des chaussures de ville en cuir rutilantes. Et il a même sorti le chapeau style borsalino qui trône sur sa tignasse noire et bouclée. Ca sent le nouvel an !
Je dois dire que j'ai un peu hésité à l'inviter… le présenter à mon père qui n'a pas cessé d'écouter ses Moa's et passer dans la maison en trainant des pieds, marmonnant des « bien trop jeune… » et « c'est encore un bébé ! », ne me paraissait pas franchement l'idée du siècle. Sans parler de Maman qui le harcèlera, c'est sûr. Mais bon, je ne pouvais pas inviter tout le monde sauf lui, je n'avais pas du tout envie de le vexer ou qu'il pense que je ne voulais pas le voir. Et puis, en plus, je voulais le voir !
-Allons voir ça ! me fait ma sœur.
Elle me prend par le bras et je me laisse trainer, bien que je n'aie pas trop envie de suivre l'altercation entre mon père et Chris… OUI, je suis lâche et alors ?! Je m'assume parfaitement ! On traverse le salon qui commence à se remplir tandis que les invités continuent d'arriver. Je repère plusieurs de mes voisins, le parrain de Julie et sa femme, et même le facteur ! Il y a aussi Philip, Elyse et Dakota, main dans la main avec Derek, qui se marrent non loin en me voyant arriver, plateau d'hors-d'œuvre dans les bras, à reculons vers Chris et mon père… ah, j'ai bien fait de les inviter, ceux-là !
-Ah, tiens, mon bébé ! On te cherchait ! m'accueille Maman.
-Mais on a trouvé Chris à la place, grince Papa en prononçant son prénom d'une façon qui ne m'indique rien de bon.
Mais Chris s'en porte plutôt bien et me sourit largement. Je me poste à ses côtés après l'avoir embrassé sur la joue… avec Papa dans les environs, on va la jouer soft, c'est le mieux pour que le monde tel qu'on le connait continue d'exister. Mais ça a l'air de suffire à Chris qui me passe un bras autour du cou en me lançant un clin d'œil.
-Votre fille est très jolie ! dit Chris à mes parents. Mais maintenant ça ne m'étonne plus… je vois qu'elle a de qui tenir !
Et sur ce, il lance un clin d'œil à mon père qui ne sait pas trop comment réagir entre s'offusquer et être flatté. En tout cas, Lyzore et Maman sont d'accord pour rire à gorge déployée !
Dakota débarque alors à nos côtés, Derek à son bras qui sourit à nous tous et nous salue.
-Et moi aussi, j'aimerais vous présenter Derek, mon petit-ami ! leur sort-elle en mettant son copain en avant.
-Humhum, j'suis content pour toi, Dakota…, marmonne Papa en continuant d'étudier Chris du regard.
-Oh mais c'est fabuleux, ma puce ! s'extasie Maman en attrapant la main de Dakota qui sourit avec satisfaction. Je suis enchantée, Derek ! Vraiment très heureuse de te rencontrer ! Tu sais, Dakie est un peu notre quatrième fille, elle passe toutes ses vacances d'été avec nous, sa mère étant un peu… enfin, l'as-tu rencontré ? s'interrompt ma mère.
Derek lance un regard à Dakota qui fait mine de rien, comme si on ne parlait pas de sa mère, puis il revient à Maman.
-Je n'ai pas encore eu ce plaisir, dit-il.
-Ah ? Je suis ravie de te rencontrer, en tout cas !
xOxOxO
-Cette connasse s'est mise à être gentille ? répète Dakota, sceptique. Avec toi ?
-Ouais, j'te jure… elle me fait même des sourires et tout, c'est flippant…
-Et Rosie gobe ça ? Elle tombe vraiment dans le panneau ?
J'hausse les épaules et bois une gorgée de champagne. Autour de nous, les bavardages se mêlent à la musique dont j'ai chargé Philip. Ca l'occupe, comme ça, il ne vient pas me soûler avec ses plans stratégiques de Quidditch et ses conseils pour arranger mon jeu. Lyzore aurait pu aussi s'en occuper mais elle ne pourrait pas danser… et une soirée sans danse revient à une soirée ratée pour elle, donc… je la vois d'ailleurs danser avec Kurt qui a l'air épuisé. Je compatis. Etre entrainé par ma sœur sur le dance-flore, c'est encore pire que quand c'est Amandine parce que, bon, Amandine, elle accepte que tu te balances bêtement sur tes pieds en attendant que ça se passe. Lyzore, elle te fait danser à coups de pied dans le cul !
Je le sais, je l'ai vécu.
Pleins de fois.
Pleins de fois.
-Ca m'étonne d'elle, elle peut pas la piffrer ! fait Dakota. C'est d'ailleurs une des choses sur lesquelles je m'entendais avec elle !
J'hausse à nouveau des épaules tandis que Dakota semble réfléchir. Je continue d'observer les environs. Chris semble avoir piqué un CD que Philip aime particulièrement parce qu'il lui grimpe presque sur le dos pour le récupérer. Elyse, Shannon et Chelsea sont en pleine discussion, tandis qu'Amandine a réussi à piéger Cory sur la piste de danse. Papa et Maman sont assis dans le canapé avec leur bande de potes du quartier. Les autres sont éparpillés un peu partout, grignotant, gigotant au rythme de la musique et discutant.
Et Derek est parti aux toilettes.
-Profite de sa soi-disant « gentillesse » pour lui faire une belle crasse à cette garce ! me lance ma meilleure amie.
-Dak… je vais pas lui faire d'crasse, soupiré-je. On est pas en guerre !
-Bien sûr que si ! Faut lui faire payer tout le mal que cette sorcière fait à l'humanité !
Je la regarde frapper du poing sa paume. Bon, c'est vrai que je n'ai surement pas choisi la personne la plus objective pour parler de Julie… d'un autre côté, c'est cool de parler avec quelqu'un d'encore plus extrémiste et paranoïaque que soi ! Ca libère. Et d'un coup, on a beaucoup moins l'impression d'être une cinglée…
-Plus que trente secondes ! s'écrie Maman, toute excitée. Allez, vite, vite, tenez-vous prêt !
Des rires et exclamations d'approbation lui répondent. Tout le monde se lève et les couples se rejoignent pour le célèbre baiser de minuit. Je croise le regard de Chris tandis que Dakota crie à travers la salle pour dire à Derek, qui sort du couloir, de courir la retrouver. Un drôle de sentiment m'agrippe l'estomac et ça me fait tout drôle. Ce sera bien la première fois que j'embrasserai un mec pour la Nouvelle année ! Et dit de cette façon, on pourrait penser que j'en embrasse pleins les autres jours… mais même pas ! Un mythe s'effondre, pas vrai ?
Je vais vers lui tandis que Phil fait la grimace en comprenant ce qui va arriver.
-Quand vous avez dit que vous iriez au bal en potes ensemble, j'pensais vraiment pas que ça allait finir comme ça…
-DIX ! NEUF ! scande-t-on tandis que Chris donne un coup de poing dans l'épaule de Phil. HUIT !
Je lève les yeux pour rencontrer ceux noirs de Chris qui me sourit. Tout parait si simple avec lui, c'est tellement reposant !
-J'vais avoir le droit à plus qu'une bise sur la joue, cette fois-ci ? plaisante-t-il.
-SIX !
-Pas si tu continues de faire ton malin !
-TROIS !
-Tu pourrais pas me résister, de toute façon…
Mes yeux glissent le long de sa mâchoire masculine couleur café au lait et remonte sur ses lèvres foncées, un peu gercées, mais attirantes à souhait. Ok, possible qu'il ait raison…
-UN, ZERO !
Des bruits de sifflet et de trompettes retentissent alors qu'une musique de fanfare joyeuse explose dans la pièce. Je sens une pluie de confettis et de serpentins me tomber sur la tête mais je suis déjà ailleurs, les yeux fermés et les lèvres et la langue, euhmm… occupés. Des papillons pleins le ventre et les mains s'accrochant à la chemise de Chris.
Quand je reviens sur terre et que je rouvre les yeux, j'explose de rire en voyant que le chapeau de Chris affiche un grand « HAPPY NEW YEAR 1978, MONKEYS ! » qui clignote en rose, orange et jaune. Il fait danser ses sourcils pour me montrer combien il est fier de lui et ça ne fait qu'accentuer mon hilarité. Je suis même tellement jalouse que je lui pique le chapeau pour le mettre sur ma tête.
-Ca t'irait presque aussi bien qu'à moi ! me dit-il. Mais je le récupère !
Je fais la moue tandis qu'il me reprend son chapeau puis, me tourne vers Phil qui échange ses vœux de bonne année avec l'une de mes voisines de trente ans qui a l'air, d'une façon assez flippante d'ailleurs, de lui faire du gringue.
-Bonne année, Sylvia ! dis-je à ma voisine puis à Phil, Bonne année, Pépé !
-Capitaine, rectifie-t-il.
-Ouais, Cap'tain Love, tu veux dire ! fis-je puis je glisse malicieusement, J'espère que ta bonne résolution sera de choisir mieux ta future copine ! J'ai pleins d'idées pour t'aider, si tu veux…
-Allez, tais-toi, Coco, et occupe-toi plutôt de tes cerceaux, ma gardienne préférée, me coupe-t-il en m'attrapant le cou avec son bras. Et bonne année, quand même ! A toi aussi, vieux ! ajoute-t-il, en prenant aussi Chris par le cou. Et pas de connerie, vous deux ! J'veux pas être parrain, cette année ! C'est une bonne résolution, ça, non ?
Chris lui réplique que ce ne sera juste pas lui le parrain et je lance un coup d'œil à la salle. Ma mère m'adresse ses deux pouces en l'air en signe de félicitationet j'éclate de rire tandis que Papa affiche un air bougon, pourtant assailli par les « Bonne année, bonne santé et pleins de bonnes choses ! » de ses amis. Dakota et Derek sont encore en train de s'embrasser. Au beau milieu de la piste de danse, Kurt, rouge tomate, crie à Lyzore :
-Mais pourquoi tu m'as embrassée, Merlin ?!
-Mais c'est la tradition, Kurt ! lui rappelle-t-elle d'un coup de baguette, hilare. Bonne année !
Elle se tourne ensuite vers moi et me souhaite, en langage des signes :
-Bonne année, sœurette !
Je lui réponds avec mes mains, moi aussi, et on se sourit. Un truc me tombe alors sur la tête tandis qu'une ficelle me fouette le menton, me faisant gueuler un « AIIIL ! » tandis que Chelsea apparait devant moi, pleins de chapeaux de fêtes en cônes pointues de toutes les couleurs dans la main. Bon, je sais maintenant ce que j'ai sur la tête. Elle me souhaite bonne année puis bondit sur Philip pour lui coller un chapeau sur la tête à lui aussi, le faisant me lâcher.
-Coco ! me bondit dessus Dakota. Je peux t'emprunter ta chambre ?
-Euh… j'suis pas sûre…
-Fais pas ta pute ! me dit-elle en sautillant presque sur place d'impatience. Allez, après tout ce que j'ai fait pour toi !
-Faudra que tu trouves plus convainquant…
-Cocooo !
-Putain, Dak, t'es sérieuse ? m'énervé-je. Tu peux vraiment pas faire ça chez toi !
-Oh bah oui, je vais ramener Derek chez ma mère ! fait-elle en levant les yeux au plafond. Allez, ça va faire un mois qu'on est ensemble, faut vraiment qu'on saute le pas, là !
J'essaye de résister à ses yeux insistants et perçants mais c'est un peu comme la technique des yeux de cocker de Maman, c'est infaillible avec moi.
-Bon d'accord ! Mais tu changes les draps ! Hors de question que vous fassiez ça sur mes p'tits chatons…
-T'as encore ces draps-là ? me fait-elle. Pas étonnant que tu sois encore vierge ! Mais merci, ma poule, dit-elle en me plaquant une bise sur la joue. Je te revaudrai ça ! Et bonne année, au fait !
Ouais, ouais, bonne année…
Et parce que l'on sait que tu -oui, toi, ô magnifique et incomparable lecteur de notre humble fanfiction- es génial, on sait que tu ne nous quitteras pas sans avoir laissé une petite review...
*sait-on jamais, sur un coup de bol, ça peut marcher ;)*
