Hello !

On vous annonce qu'il reste 11 chapitres avant la fin de l'histoire et les deux épilogues. Voilà c'est dit ;)

Bonne lecture !

Coralie : la Wanda elle nous vend trop du rêve aussi XD on s'amuse beaucoup à lui faire dire des trucs absolument grotesque mais hilarant... petit plaisir coupable ! On est super contente que le couple Sibok (oui on fait comme dans les gros ship, on a un nom de code !) te plaise et que tu les trouves bien ensemble.. héhéhé pour Nanak et Valérian ben c'est vrai qu'ils pourraient être bien ensemble mais là ils sont surtout amis :) Merci encore de ta review 3


Chapitre 35

L'effervescence fourmille dans les couloirs, des élèves tout rougissant tentent des roses rouges à d'autres tandis que d'autres moins téméraires ont fait venir des membres du CVE pour distribuer leurs fleurs de façon anonyme. Ces membres sont attendus et scrutés avec insistance par tous les élèves qui les croisent. Pia a eu un petit cri de surprise en se faisant tendre une rose rouge, ses amies se sont aussitôt mis à conjecturer de qui elle pourrait bien venir. Je les regarde un peu attendrie par tant d'enthousiasme tandis que je supervise Lydia qui tient la permanence – Anastasia a demandé à ce qu'il y ai un roulement de profs pour contrôler tout cet échange d'argent.

« Deux roses orange ! commande Olivia Cortez au stand accompagnée de ses deux meilleurs amis.

- ça fera deux galions, répond Lydia. »

J'agite la baguette pour regrouper des roses orangées dans un seul vase lorsque Nialh entre dans la réserve d'un air triomphal. Il agite devant moi une rose d'un rouge intense.

« Je me demande bien qui est assez dingue pour t'offrir une rose rouge... taquiné-je

- Ce n'est pas à moi! Sourit-il narquoisement en me la tendant, c'est pour toi.

- Pour moi ? En quel honneur ?

- Pas en quel honneur, corrige-t-il, mais pour quel objectif !

- Qu'est-ce que tu es allé encore t'im-...

- Pour rendre jaloux Murdock, réfléchis Sib !

Je me sens instantanément gênée par cette rose, il remarque aussitôt mon malaise.

« C'est p-a-r-f-a-i-t comme plan.

- Oublie ce plan, marmonné-je je ne vais pas prendre ta rose.

- Quoi ?! Alors non seulement tu veux pas me dire ce que vous vous êtes dit sur MON balcon mais en plus tu refuses mon aide ?

- Je n'ai pas besoin d'aide Nialh, à moins que tu veuilles m'aider à tenir les comptes des stocks de fleurs le temps que Wanda vienne prendre mon relais, proposé-je en ignorant ses allusions. »

Il prend un air consterné et soupire en s'emparant du calepin des stocks.

« Murdock deviendra jamais mon beau-frère, se lamente-t-il en un rajoutant dans le ton dramatique.

- Arrête ça, soufflé-je en rougissant lorsque je sens le regard attentif de Lydia sur nous deux. »

Heureusement, Anak, Miss Peters et Wanda arrivent à la permanence du CVE, les bras chargés de papiers kraft pour emballer les fleurs. Nanak me saute dessus en me tendant une rose orangée en s'écrit avec plaisir « Tiens c'est pour toi ! ». Mon cœur fait un bond dans ma poitrine. Je la prends délicatement C'est assez incroyable la rapidité avec laquelle elle est devenue quelqu'un de si proche, quelqu'un qui compte autant et à qui j'ai l'impression que je pourrais tout dire sans jamais être juger. Il y a pourtant pas si longtemps on se croisait à la pré-rentrée où elle renversait son thé ! Je lui tends une rose à mon tour avec un large sourire.

« Je suis heureuse qu'on soit amie ! »

Elle pousse une exclamation d'assentiment avant de me serrer très fort contre elle, manquant d'écraser sa fleur. Nialh prend un air boudeur.

« Alors comme ça tu acceptes sa rose mais pas celle de ton frère ? »

Vexée, il tends sa rose rouge à Mrs Peters et s'en va d'un pas rapide. Wanda se retourne instantanément sur elle, la fusillant du regard les lèvres pincées. Sarah a un air bienveillant mais légèrement désabusée pour notre collègue de divination. Mon frère revient vivement et rend brusquement le calepin à Lydia avant de repartir en se drapant dans son indigné. J'ai un petit rire moqueur.

Nanak me propose d'aller manger et en moins de deux on abandonne nos collègues à leurs tâches. Je lui propose de nous arrêter à mon bureau tout proche pour mettre nos fleurs dans l'eau avant d'aller en salle des profs. Après avoir trouvé un pot à crayon propre, je le remplis d'eau et y glisse ma rose. Avec surprise je la voie sortir une deuxième rose orangée de son sac. Elle a un petit air heureux et gêné. Je ne peux pas m'empêcher de lui demander qui la lui a offerte.

« Valérian.

- Valérian ? Répété-je surprise. Vous vous êtes finalement parlé ?

- Oui, enfin... il m'a pas trop laissé le choix ! réplique-t-elle, il m'a pris en traître !

- Je vois... Et qu'est-ce qu'il a dit ?

- Il s'est excusé, rougit-elle. Il s'en voulait que les élèves s'en prennent à moi à cause de lui.

- Oh... c'est, c'est gentil de sa part, murmuré-je doucement.

- Oui. »

Le regard rivé sur la rose de Valérian, elle la pose délicatement dans le pot. Est-ce que c'est tout ce qui se cache derrière ça ? De l'amitié ? J'ai un peu du mal à croire à cela mais peut être qu'elle n'a pas envie de m'en parler. Ou peut être que ce n'est rien du tout. Je respecte ce choix et garde le silence.

« Mais bon c'était aussi de ma faute, je lui ai dit que je m'en voulais, raconte-t-elle. Et bon ben voilà ! On retourne au yoga et on est ami quoi ! »

Son petit rire gêné esquisse un sourire sur mon visage.

« Je suis contente pour vous Nanak, ça aurait été trop bête de plus vous parler à cause d'une blague douteuse de gamins. Je crois qu'il aime bien ta compagnie en plus... ajouté-je doucement.

- Tu crois ?

- J'en suis sûre ! A qui d'autres a-t-il proposé une sortie depuis qu'il est arrivé à Ilvermorny ? Personne ! Tu es quelqu'un de spéciale pour lui. »

Elle n'ajoute rien mais semble ravie de ma remarque. Un gargouillement bruyant d'estomac brise un peu la tension de l'échange et elle s'esclaffe.

« Bon allez, je meeeeeeurs de faim moi !»

OoOoOo

J'agite ma baguette pour remuer mon café au lait, appréciant le dernier quart d'heure de pause avant mon cours. Wanda se plante à côté de moi, toute proche pour me murmurer innocemment par-dessus son cappuccino en me désignant la table près de la fenêtre où Anak et Valérian corrigent des copies.

« Tu penses qu'elles sont vraies ces rumeurs ? »

Je sens bouillonner sa curiosité derrière le ton badin, et secoue la tête tout aussi innocemment qu'elle.

« De quelle partie tu parles ? Tu sais, je m'y intéresse pas vraiment.

- Anak amoureuse de Valérian ! S'agace-t-elle en remuer vivement sa boisson. C'est évident !

- Ils sont juste amis, haussé-je les épaules, et de toutes les manières ça ne regarde personne d'autres qu'eux.

- Juste amis ! Et je ne suis pas prof de divination ! Lève-t-elle les yeux au ciel, Valérian est quand le mec le plus introverti d'Ilvermony, derrière Yvain Brandwigh et...

- N'exagérons rien, m'esclaffé-je.

- Moi je dis qu'il n'a jamais été aussi proche de quelqu'un ici ! Et de vouloir l'être, assure-t-elle, enfin il a bien voulu être proche de moi aussi mais bon... il est vraiment trop coincé !

- Vraiment ? Ironisé-je. »

Elle darde ses yeux bleus sur moi, je m'abstiens d'en rajouter plus. Je glisse un regard sur mes deux collègues concentrés sur leurs copies, du moins Valérian car je surprends Nanak en train de lui jeter des petits coups d'œil réguliers. Wanda les a remarqués aussi, elle m'adresse une remarque désabusée que j'écoute d'une oreille avant qu'elle ne retourne discuter avec Mrs Peters et Esteban. Elle ne me lâche pas du regard. Je vais m'asseoir avec Anak et décide de l'ignorer.

« Elle te voulait quoi Wanda ? demande Nanak.

- Oh, c'est à peu près le même délire que Nialh, la rassuré-je, sans importance t'inquiète !

- Lequel de ses délires ?

- C'est vrai qu'on est en droit de se poser la question, me moqué-je. »

La porte de la salle des profs s'ouvre brutalement nous faisant sursauter, Murdock fait une entrée fracassante dans la pièce. J'ai dû mal à dissimuler mon sourire amusé et attendri. Il nous rejoint en grandes enjambées.

« Faut arrêter de bosser autant, s'exclame-t-il en s'asseyant, vous m'faites mal au cœur à vous épuiser comme ça.

- J'en ai maaaarre, gémit Nanak.

- Ne la décourage pas, fait Valérian, on arrive pas à avancer depuis tout à l'heure. Et le rendu c'est demain.

- Vous m'faites pitié ! D'toute façon ils lisent pas les commentaires, à quoi ça sert de gaspiller votre temps et votre encre ? »

Il m'adresse un petit clin d'oeil qui déclenche une vague de chaleur dans ma poitrine. Il ouvre sa sacoche et me tend une rose. Laissant ses doigts effleurer un instant les miens. Puis en tend une deuxième à Nanak.

« J'me suis fait harcelé par l'comité, apparemment s'ils vendent pas tout pas de voyage à New York le mois prochain. Or de question qu'on puisse pas avoir notre sortie gratos ! »

Je fixe sans broncher les pétales chatoyants et orangés de la fleur qu'il m'a offerte, la gorge nouée. Mes paupières se mettent à papillonner vivement tandis qu'Anak s'écrie.

« Ooooh merci ! C'est trop gentil ! Mais j'ai oublié de t'en acheter une !

- T'inquiète pas va je m'en fiche, hausse-t-il des épaules. Pas trop jaloux princesse ? J'suis sûre que t'as déjà eu un bouquet complet, sois pas déçu.

- Je m'en remettrai, répond Valérian.

- Faut que j'y aille, murmuré-je, je vais être en retard à mon cours. »

- La sonnerie a le bon ton de retenir sur mes mots, je les salue du meilleur sourire que je puisse trouver et m'éloigne un peu trop rapidement dans le couloir.

D'accord. D'accord. La couleur orange, la couleur de l'amitié. La tige de la rose est enfoncée dans ma paume crispée. Mon ventre est noué. La gifle vient de me remettre brutalement les idées en place. Oui, j'ai envie de plus avec Murdock, j'ai envie de tout faire avec lui. Mais ce n'est pas forcément ce que lui pense, et je ne peux pas lui en vouloir. Je n'ai pas le droit de lui en vouloir. On ne s'est pas dit grand chose de la nature de notre relation, de ce que ça signifie vraiment pour lui et pour moi de s'embrasser dès qu'on est seul tous les deux ou de passer des soirées entières dans mon lit. On s'est dit qu'on avait juste de voir. Voir où ça peut nous mener. Et peut être... peut être que ça ne va pas mener là où j'en ai envie. Et c'est de ma faute si ça fait si mal, la déception me brûlant les paupières de larmes. Est-ce qu'il ne me verra jamais que comme son amie ?

Merlin, quelle idiote !

Je relève les yeux sur mes sixième années sagement rangés contre le mur, les salue faiblement avant de leur ouvrir la porte. Je mets dans l'eau la rose à côté de celles de Nanak. Plus qu'une heure de cours. Plus qu'une heure de cours et je vais pouvoir rentrer chez moi.

« Sortez votre exposé, on va écouter ce que vous avez fait. »

OoOoOo

« Hum, c'est délicieux ! Soupiré-je avec délectation.

- Je t'avais dit ! « Un vin fruité, avec des tons de mûres et de cerise », lit-elle l'étiquette. »

Je trinque avec elle avant de boire encore une gorgée de vin rouge. La lumière tamisée se reflète sur les lustres en cristal de ce bar à vin d'un hôtel branché de Chicago, chaudement recommandé dans un magazine qu'a lu Anak. Elle et moi nous sommes mises sur notre trente-et-un pour venir, elle dans une petite robe bordeau et moi dans un caraco satiné. Maquillées avec attention, j'ai un peu l'impression d'être une héroïne de film d'espionnage.

« C'était une bonne idée de venir !

- Carrément ! »

Je reprends un peu des tapas commandées, ce poulpe est cuit à la perfection ! Et le serveur avait raison, il va parfaitement avec le vin qu'on a choisi de tester en deuxième. Les elfes de maisons qui jouent un air de jazz en fond et la compagnie de Nanak me remontent le moral, la journée a été longue...

« Apparemment, Lydia a annoncé que le CVE avait récolté un peu plus que prévu, le voyage pourra avoir lieu. Les élèves étaient tout excités, ça fait des mois que Mrs Peters l'organise.

- Tu crois qu'on sera prises comme accompagnatrices ? demande Nanak.

- Bien sûr ! On a contribué à la vente, on a sûrement le droit à une petite compensation ! Et puis je la vois mal demander à Cornélius... les élèves feraient un boycott !

- C'est clair... Oh ! S'écrit-elle soudainement, j'ai oublié de te dire, Murdock nous a dit qu'il avait réservé l'hôtel pour les vacances cet aprèm ! Apparemment il y a un espace spa avec vue sur les montagnes... »

Son impatience est communicative, c'est vrai qu'on va avoir bien besoin de vacances. Cette période hivernale a été très fatigante... Les conseils de classe, la surveillance du triathlon, l'inspection de Cox, le peu de luminosité, les réunions et examens blancs... J'attends avec impatience le sauna, la neige et les grasses matinées ! J'ai hâte d'être à la fin de la semaine... La mention de Murdock me ramène à des pensées moins légères. Silencieuse, je bois à nouveau une gorgée de vin. Anak me décoche un petit regard étonné.

« ça va Sibby ? T'as pas l'air dans ton assiette... »

J'ai l'air d'une idiote surtout, son regard inquiet fait s'abaisser mes réticences. Elle ne va pas me juger.

«Non ça va, marmonné-je honteusement, c'est juste, c'est cette histoire de rose... J'espérais bêtement une autre couleur... »

Je me sens rougir à mesure que je prononce les mots, incapable d'en dire plus mais elle comprend tout de suite et écarquille les yeux en me prenant les mains vivement.

« C'est parce qu'elle était pas rouge ! S'écrit-elle.

- Oui voilà, évité-je son regard avant d'essayer de dire avec légèreté, c'est un peu bête hein ?

- Mais non ! me rabroue-t-elle, c'est pas bête du tout ! Vous sortez ensemble, c'est normal !

- C'est juste que... continué-je, je me demande si peut être on veut pas la même chose qu'on attend pas la même chose de tout ça... tu sais j'ai déjà été avec quelqu'un... et on voulait pas la même chose. Et je suis restée avec lui quand même... parce que j'avais des sentiments moi aussi mais pas assez, ou pas autant je sais pas... je lui ai brisé le cœur je crois. J'ai peur... j'ai peur que là ça soit moi qui finisse avec le cœur brisé. »

Elle serre plus fort mes doigts, ses jolies yeux bruns me regardent avec douceur et sa bouche a un accent déterminé.

« C'est normal d'avoir peur ! Tu sais j'ai eu plein de râteaux, plein de mecs qui m'ont jeté à chaque fois en me faisant croire à des trucs ou en se servant de moi..., explique-t-elle avec un peu de tristesse, mais Murdock il est pas comme ça Sib, tu le sais ! »

Oui c'est vrai je le sais, et c'est encore plus risible de ma part de douter. Je me sens soudain très stupide, je reprends du poulpe tandis que Nanak continue, sa main toujours sur mon avant-bras. Je me suis pas servie de Thomas, il voulait juste plus et je ne pouvais pas. Et je lui ai brisé le cœur, je n'ai jamais voulu lui faire de la peine et au final c'est ce qui est arrivé. Peut être que c'est pareil avec Murdock.

« Puis t'sais, réfléchit-elle, il a p't'être été pris de court par le CVE hein, et comme il nous l'a donné en public et vu que vous voulez être discret hein... ça aurait pas été compatible !

- Oui tu as raison, je suis une idiote !

- Puis les gamins aiment bien tout savoir de ce que font ou pensent leurs profs alors vaut mieux éviter de lancer une autre rumeur, marmonne-t-elle.

- Ils vont oublier, ils ont déjà sûrement oublié, lui assuré-je. Et si ce n'est pas le cas, les vacances vont s'en charger. »

Elle hoche la tête, avec un air serein. J'ai l'impression que peu importe ce que disent nos élèves maintenant le fait d'avoir poser les choses à plat avec Valérian l'a apaisé. C'est ça qui compte vraiment pour elle.

« Et tu sais, il était tout attentionné Murdock quand il te l'a donné ! commente-t-elle.

- Ah bon ? demandé-je avec espoir, Tu trouves ?

- Ouiii ! Moi je vous trouve a-d-o-r-a-b-l-e-s ! »

Sa remarque m'arrache un sourire.

« Il pensait sûrement pas à te faire de la peine Sibby, au contraire ! ajoute-t-elle.

- Tu as sûrement raison, acquiescé-je, j'ai été bête.

- On est un peu bêtes quand on est amoureux !

- Oui, voilà, je me sens un peu rosir. »

Le serveur nous propose de tester un petit verre de champagne de France pour finir avec le dessert. On échange un regard qui n'a pas besoin d'en dire plus, évidemment ! Et avec des tartelettes aux framboises et du gâteau épicé à la citrouille que j'ajoute à notre commande. Anak a sûrement raison et ça m'a un peu rassuré mais je ne peux pas m'empêcher de me dire que Murdock est loin d'être lui amoureux de moi. Je ne veux pas trop y penser, peut-être que ça peut arriver quand même.

« Et vous comptez rester secrets longtemps, demande-t-elle.

- Discret, corrigé-je, pas secret !

- Oui mais pour moi c'est la même galère, gémit-elle, je subis le harcèlement de ton frangin. Il vous ship trop, j'en peux plus !

- Je suis tellement désolée, il peut être tellement relou... grimacé-je, mais je sais pas trop, pour le moment c'est vrai qu'on est bien comme ça, j'ai l'impression que comme personne ne sait ça me libère d'un poids... »

Elle hoche la tête, compréhensive.

« Comme ça si ça ne marche pas entre nous tu vois... on aura pas à avoir à s'expliquer et personne ne fera de commentaire. On pourrait peut-être rester amis. »

Elle me prend la main à nouveau, la serre fort et m'offre un sourire confiant.

« ça ne peut que marcher Sibby ! Je le sais ! »

OoOoOo

Sur la pointe des pieds je me déplace dans ma chambre, farfouillant dans le tiroir de ma commode à la recherche de ma paire de gants. La forme musculeuse de Murdock est confortablement lovée dans les couvertures de mon lit, il a un air paisible et je n'ai pas eu le cœur à le réveiller. On est samedi quand même.

« L'est quelle heure, marmonne-t-il. »

Je sursaute, me cognant au passage le petit orteil dans le pied du lit et pousse un gémissement avant de m'effondrer sur le bord du matelas en me massant le pied. Merlin ! Je vais être en retard !

« Sib, ça va ? Tu t'es fais mal ? Se redresse-t-il.

- Non, t'inquiète, grimacé-je en me retournant vers lui, ça va aller, rendors-toi c'est pas encore neuf heures.

- Pourquoi tu pars ? fronce-t-il les sourcils.

- Tu peux rester, t'inquiète assuré-je maladroitement, il faut que j'aille faire quelques courses avec Nialh pour le ski. J'avais oublié et comme on part dans pas longtemps... »

Je renfile ma chaussette sur mon orteil écarlate, bon tant pis pour les gants. La main chaude de Murdock se pose sur mon poignet, me rapprochant de lui.

« Prends pas froid.

- A plus tard, soufflé-je sur ses lèvres, quand tu pars claque juste la porte. »

Il grommelle un peu avant de s'enfoncer sous la couette, poussant un soupir de contentement une fois confortablement installé. Mon cœur se serre de tendresse à la vue de ses épaules s'affaissant au rythme de sa respiration. Mes yeux se posent sur le réveil, Merlin ! Je file mettre mes Doc Marteens basses, mon manteau long, écharpe et bonnet prête à affronter le froid glacial de Salem. Je transplane pour rejoindre mon frère et me dépêche dans les rues de la ville pour le retrouver devant le magasin de sport.

« Hé, Sib ! On est là ! »

Je me retourne pour le voir me faire signe depuis le perron du café d'en face. Il a une tête fatiguée, on dirait qu'il n'a pas dormi de la nuit. Je rentre au chaud et il m'amène jusqu'à sa table où sont assis Fran et Appolo guère plus en état que lui pour affronter la journée. Fran a les yeux rivés sur son café, visiblement encore en phase zombie, et Appolo me salue vaguement en mâchant un pancake.

« Qu'est-ce qui vous est arrivé ?

- M'en parle pas, encore un plan foireux de Nialh, fait Appolo.

- C'était super cool ! Conteste-t-il, On est allé voir Parcels en concert !

- Jusqu'à ce que le vigile se rende compte qu'on avait des faux billets et nous fiche dehors sans nos manteaux et vos baguettes..., marmonne Fran, oui jusqu'à ce moment là c'était super ouais.

- Okay bon à ça a mal fini mais c'était cool, le groupe était incroyable ! Et j'pouvais pas savoir qu'ils étaient faux...

- Mais ça sert à quoi d'être un sorcier alors ? grommèle Fran.

- Bon, coupé-je, faut quand même qu'on aille acheter des combi, sinon on pourra pas skier la semaine prochaine.

- Vous allez skier ? Où ça ?

- Attends si ça se trouve c'est un faux plan, se moque Fran, qui a organisé ça ? Nialh ?

- Oh non ! T'inquiète, gloussé-je, on aurait pas osé.

- Hé ! S'insurge le concerné vexé. Je suis là ! »

Il prend son air blessé, Fran lève les yeux au ciel. Appolo l'ignore. Je vois qu'ils maîtrisent parfaitement toutes les facettes des drames chez mon frère.

«Enfin, skier est un bien grand mot ! continué-je, on emmène quand même un demi-nain, un vélane et une sorcière pure jus. Je suis pas sûre qu'ils sachent réellement dans quoi ils se sont embarqués...

- Ah ben ça promet ! rit Fran. J'aimerai bien voir ça tiens !

- Vous pourriez passer une journée, propose Nialh.

- Ouais, pourquoi pas, sourit-elle, ça peut s'arranger. »

Une fois leur petit déjeuné fini, on se sépare. Fran s'en va prendre le métro avec Appolo qui nous dit aller retrouver sa salle de boxe. Nialh et moi entrons dans le magasin de sport, je l'entraîne dans les rayonnages pour trouver celui du matériel de ski. Il semble bien pressé d'abord un autre sujet de conversation... Hélas.

« Booon, apparemment Valérian aurait offert une rose à Nanak...

- Ah non ! Tu vas pas recommencer toi aussi hein ! Soupiré-je.

- Avec toi c'est toujours la même chose, se renfrogne-t-il. Tu m'dis jamais rien. »

Je sens que cette matinée va être bien longue...

« Bon par contre, il va falloir qu'on retourne chercher ma baguette... ils me l'ont pas rendu au bar... Apparemment on été trop bourré pour transplaner... »

Super...