Coucou à tous ceux qui suivent cette fic ;)
Merci beaucoup aux reviewseurs du premier chapire, on espère que cet élan se tarira pas par la suite ^^
Tout de suite pour vos beaux yeux, Lena Gonzales ! L'opposé d'Emily en quelques sortes.
Pour ceux que ça interresse, sur notre blog dont l'adresse est dans notre profil, les bios détaillées des personnages sont mises en ligne. Pour pas vous perdre et mieux les connaitre ;p
Sur ce :
Bonne lecture à tous !
Chapitre 2 : Putain de Catalogue
Au son du ballon qui rebondit, implacable contre le sol cimenté, je zigzague entre eux, fais une manœuvre, trompe, glisse à droite puis à gauche, puis j'accélère, le sang battant à mes tympans, et je saute, tendant les mains vers le ciel. Un petit geste de ma main droite, un frémissement des doigts et le ballon ocre s'élève. Panier !
-Et elle marque ! s'écrie Bartolome en me présentant son poing.
-Encore, ajoutais-je, avec un clin d'œil, en faisant ricocher mon poing contre le sien.
S'ensuit une poigné de main et d'un coup d'épaules virile notre marque de fabrique. Celle des gagnants ! Bartolome, avec ses cheveux bruns, très courts et son regard vert anis aussi pétillant que moqueur, se retourne vers Damian et Estevan.
Le premier a un air grognon, bien repris par ses yeux vert mélèze. Le second, plus grand que nous tous, aussi bien entaille qu'en âge, du haut de ses vingt-quatre ans et de son bon mètre quatre-vingt-quinze, il arbore un sourire de bon perdant, sage et plein de félicité… L'ange de la famille ! Pas besoin de se demander pourquoi sa femme est plus prude qu'une nonne et qu'il est bénévole dans une association qui vise à vacciner les africains. Il part au moins quatre mois chaque année, là-bas, mais le reste du temps, il est pédiatre à Londres. Il adore les enfants, la famille et connait les dates d'anniversaires de tout le monde, même du facteur. Voilà, mon plus grand frangin dans toute sa béatitude et sa grandeur ! Un cracmol qui assure dans le monde moldu et qui fait la fierté de nous tous. Il est le seul de la famille à ne pas avoir les cheveux noir encre et a une tignasse frisée et châtain impeccablement coiffée. Il tient ça de notre mère elle avait elle aussi une longue chevelure châtain mais tout à fait lisse. Et de très beaux yeux bleus. Pour ce que je m'en rappelle. Elle est morte quand j'avais huit ans et je sens son souvenir devenir flou. Petit à petit. Tout doucement. Ça ne fait pas mal, ça ne blesse pas… le temps l'use mais je me souviens envers et contre tout que je l'aimais et qu'elle m'aimait. Et au fond, qu'elle ait les yeux bleus ou noirs, que ses cheveux soient bouclés ou non, ça ne vaut rien. Et y penser ne me fait pas pleurer, au contraire, j'ai envie de me battre pour elle, de sourire à la vie et de lui survivre ! Et je suis en bonne voie !
Damian n'est mon ainé d'un an seulement. L'année dernière, il était encore à Poudlard, à Poufsouffle, pour me chercher des noises, me faire des croches-pattes dans les couloirs et être mon adversaire aux matches de Quidditch. C'était batte contre batte, à celui qui mord la poussière ! Et souvent, je gagnais haut la main ! Une fois, je l'ai même assommé ! J'étais très fière de moi et je n'ai même pas essayé de le cacher. Il est toujours celui contre qui je me bats, avec qui des disputes éclatent et contre qui la compétition est permanente. Il est le plus musclé de mes frères, il a une grosse touffe de cheveux noirs bouclés qui préside sur sa tête toujours plus prétentieuse. Il veut devenir auror, ce qui m'échappe assez puisqu'il est loin de vouloir répandre la paix dans le Monde… mais les contradictions de pensées et d'actes, Damian, ça le connait !
Et le meilleur pour la fin, mon gros nounours –il déteste quand je l'appelle comme ça ! Il est le seul de mes frères à ne pas avoir le corps athlétique et à avoir de bonnes joues. Mais ça le rend tellement adorable que j'en connais plus d'une qui fondent devant sa petite bouille qui le rajeunit d'au moins cinq ans. Sachant qu'il à vingt-et-un ans, on peut dire qu'il a l'air plus jeune que moi… en plus, il n'est pas beaucoup plus grand que moi. C'est mon équipier, mon copain de jeu. Avec lui, j'écrase tout le monde parce qu'on a nos manœuvres, nos techniques, nos bluffs. C'est celui qui est le plus protecteur avec moi. Il y a quatre ans, j'avais un béguin monstre pour notre voisin et pour la saint valentin, je lui avais envoyé une lettre. Il est venu me la déchirer juste devant moi. J'ai eu tellement le cœur brisé que pour me venger, je lui ai cassé le nez… et ben, Bartolome y a rajouté sa droite ! Alors que Damian était écroulé de rire toute la journée en y repensant et qu'Estevan nous moralisait, concernant le respect de l'autre et l'amour des crevettes roses. Bartolome, lui, est architecte.
-Alors, vous en revoulez ? leur jette Bartos, un air de défi collé à sa figure ronde.
-C'est ça, fous-toi de notre gueule, mais tu vas voir, maintenant, c'est fini de faire mumuse, on va vous foutre la raclée de votre vie ! réplique Damian, le regard flamboyant, le corps déjà prêt à foncer dans le tas. Allez, Bibi, on se bouge ! J'en ai marre de perdre à cause de toi qui leur donne tout le temps la balle ! se plaint-il avec un coup d'œil accusateur à Estevan.
-On ne joue pas pour gagner, répète Estevan.
L'une de ses grandes phrases qu'il nous sert à chaque fois qu'il fait n'importe quoi avec nous qui se conclu par une défaite ou une victoire. Mais le plus fort c'est surement qu'il nous la lance même quand c'est lui qui gagne ! Damian me lance un regard désespéré, mêlé de reproche, l'air de dire « t'as vu avec quoi, je joue ? C'est facile de gagner dans ces conditions ! ». Oui, c'est sûr, que coller le mauvais joueur par excellence avec un grand esprit, c'est pas une super idée… ça a toujours fait des étincelles !
-On joue pour quoi, alors ? Se muscler les phalanges ? lançais-je avant de pouffer moi-même de ma blague.
Devant moi, un mur d'incompréhension consternée se forme. Mais j'ai l'habitude, personne ne comprend jamais mon humour. A part, Bartos et Douglas… ah, mon Douglas, qu'est-ce qu'il me manque !
-Magdalena ! m'appelle mon père, sur le seuil de la porte de notre petite maison de ville.
Le genre de maison qui ressemble à la centaine d'autres qui l'entourent, les barrières de jardin collées les unes autres aux autres. Un étage chacune, un petit garage pour la voiture, une piscine gonflable laissant sa marque sur la pelouse mêlée aux graviers ou un panier de basket mural, juste à côté de la petite fenêtre de la cuisine. Une maison tout à fait banale mais qui nous suffit largement, famille nombreuse mais qui n'avons pas besoin d'espace, plus souvent en sortie qu'autre chose entre Poudlard et le boulot des autres –sans compter Estevan qui ne vit plus ici depuis des années. Et puis, ce n'est pas comme si nous avions l'argent. Mon père s'occupe de la pelouse du stade de football Londonien. Il est moldu. Ma mère était la sorcière de la famille, ce qui a causé un grand vide dans la famille… mon père devant assumer l'entrée de moi et Damian à Poudlard, seul, et Bartos qui n'était qu'en deuxième année. Estevan l'a beaucoup épaulé, bien qu'il ne l'avouera jamais, bien trop modeste pour ça.
-Quoi ?
-A ton avis ? Tu vas pas aller au lycée à pieds et le train part bientôt ! grommelle-t-il.
-J'arrive ! le prévins-je.
Je saute dans les bras de Bartos qui me rend mon étreinte et je lui promets de gagner tous mes matches de Quidditch. Puis, je me dirige vers Estevan qui se met presque à genoux pour me serrer contre lui… bon, ok, je suis beaucoup plus petite mais je fais quand même un mètre soixante-neuf ! Et demi ! Et je me retourne enfin vers Damian qui arbore un air renfrogné.
-Vous avez perdu par forfait, me déclare-t-il, boudeur.
-Remercie plutôt le Poudlard Express d'être prévu pour onze heures et demi, ou t'aurais pas compris ce qui t'arrivais que je t'aurais déjà enfilé une vingtaines de paniers, Dam-Dam ! répliquais-je en l'embrassant sur la joue. Revois tes lancés francs pour ce Noël !
-Va te faire !
Je vais rejoindre mon père qui a déjà descendu mes valises et me demande de l'aider à les porter à notre petite Volkswagen beige. Je me retourne une dernière fois Estevan et Bartos me regardent encore Damian fixe ses chaussures. Ils vont me manquer. Tous. Et Papa.
xOxOx
On rentre enfin dans la Grande Salle, trempés. Moi et Douglas sommes en plein délire, étouffés dans un profond fou-rire et à chaque fois, on en rajoute une couche en racontant une autre connerie liée à la précédente. Jared appelle ça « le cercle plus grotesque que vicieux ». Jared et ses grands mots… D'ailleurs, celui-ci parle avec Owen et Allan qui triture sa Gameboy dans sa poche, je le sais.
On est évidemment les derniers arrivés et les regards qu'on nous lance sont assez variables. La plupart de ceux masculins sont goguenards et rieurs, amusés. La plupart des regards féminins sont agacés, irrités, excédés, méprisants et hautains, tout en gardant cette touche de mièvrerie suave portée à Jared.
Car oui, mon meilleur ami, cette espèce de mannequin, est le beau mec par excellence, à Poudlard. Bon, il est loin d'être le seul mais d'après les filles, il est celui qui dégage le plus de magnétisme avec ses beaux cheveux noirs et ses yeux noir profond, son corps fin et aux épaules larges bien qu'il ne pratique, comme sport, que celui de ne pas dormir pendant les cours. Ce qui, en soit, est déjà crevant, je veux bien l'admettre ! Seulement, manque de pot pour ces cruches, Jared n'est pas du tout intéressé… mais quand je dis pas intéressé, c'est pas intéressé ! Autant les sentiments et les relations sérieuses le gonflent, autant le sexe… le gonfle encore plus ! Il reste poli face aux avances tout sauf subtiles de ces filles mais il n'en demeure pas moins indifférent, implacable et froid. C'est arrivé qu'une bande de pintades gloussantes l'ait suivie du saut du lit jusqu'au couché, et ce sans décrocher un seul instant de ces talons ! Et lui, patient mais blasé, n'a rien fait pour essayé de les décrocher mais ne leur a pas porté un seul regard… il s'est contenté de vivre sa journée, comme s'il n'y avait pas cet amas de niaiserie scotché à ses basques. J'avoue, c'est très fort ! J'en aurais assommé la moitié, moi, à sa place… faut dire, je ne risque pas d'être à sa place !
C'est pas que je sois franchement laide. En soit, je suis même plutôt belle. Mais je suis un peu un mec dans un corps de femme. Ouais, je sais, dis comme ça, ça fait flipper, pourtant c'est la vérité ! Je ne peux pas tenir plus d'un quart d'heure avec du maquillage ou du vernis. D'ailleurs, je me ronge les ongles toute la sainte journée. Jusqu'à ma démarche, je suis un mec… le jour où vous me verrez en train de remuer du cul comme un top modèle c'est que j'aurais un pantalon trop serré. Ce qui ne risque pas d'arriver puisque je ne suis qu'en baggui déchiré –à force d'engendrer des bastons à tous les coins de Poudlard -, des tee-shirts très amples ou des polos, des sweet à capuche et des baskets à moitié déchiquetées. Les fringues, c'est loin d'être ma passion… je prends toujours la première tenue qui me vient sous la main. Et je vis assez mal de devoir me trimbaler dans la jupe de l'uniforme toute la semaine… j'ai fait une pétition pour autoriser le port du pantalon, en Troisième Année. Ya eu deux signatures la mienne et celle de Tonks. Mais Tonks, ça compte pas vraiment… quand on est aussi maladroite, on aime jamais tellement les jupes. Bref, je suis pas féminine et ne désire pas l'être ! Plutôt crever quand je vois où en sont menées celles qui se disent « filles jusqu'au bout de mes ongles manucurés… hihihi ». J'en suis même allergique. Aux filles, j'entends. Je ne peux pas me les encadrer, je ne les supporte pas, elles me filent de l'urticaire… c'est physique, je ne peux tout simplement pas échanger deux mots avec elles ou les regarder sans que je n'ai envie de leur filer une bonne droite. Belles ou moches, grandes ou petites, grosses ou maigres comme une batte de Quidditch, souriante ou non, intelligente ou conne comme Cindy Spencer… elles me rendent toutes dingue ! Et c'est plus que réciproque. C'est dire comme je vis un martyr dans mon dortoir !
Alors, qu'avec les mecs, le courant passe beaucoup mieux. En fait, ils me considèrent tous comme un membre de leurs rangs… pour eux, je suis un mec comme eux, ni plus, ni moins, mais surtout pas moins ! Faut dire je les écrase au Quidditch et que je me suis battue avec la moitié d'entre eux… en en envoyant autant à l'infirmerie que moi, j'y suis souvent allongée. J'y ai même un lit réservée par l'infirmière qui est surement la personne de l'espèce femelle que je préfère ici. A Poudlard, on en oublie presque que je suis une fille… je serais tentée de dire, à mon plus grand plaisir, mais ça n'aide pas dans les relations amoureuses. Car oui, ok, je n'ai pas la fibre féminine mais j'ai souvent des béguins qui m'arrivent d'on ne sait où et comme je ne suis pas le genre à rester dans l'ombre, éplorée, je m'enfile les râteaux. A trop me considérer comme un mec, ceux-ci ont l'impression franchement désagréable que s'ils sortaient avec moi, ils se découvriraient gays. Charmant, n'est-ce pas ?
Jared et Allan se dirigent tout de suite vers leur table de Serdaigle, tandis que Douglas et Owen avancent vers celle de Poufsouffle. J'échange un dernier regard complice avec Douglas et lance un clin d'œil à Allan avant de me ramener vers Gryffondor avec un grand sourire. Sur mon trajet menant au bout de la table où sont ceux de mon année, j'échange des poignées de mains avec les trois quarts des garçons de ma maison. Enfin, je m'assois à la place à côté d'un blond super craquant qui m'a filé un râteau l'année dernière, vers Noël.
-Toujours à la bourre, Lena ! me salue Conrad.
-Qu'est-ce que j'ai loupé, vieux ? répliquais-je, en m'asseyant à côté de lui.
-Quasi rien. Le seul truc de cool c'est un gamin qui avait tellement les pétoches qu'il en a gerbé sur les godasses de McGo, me dit-il, moqueur, tandis que toute la table aux environs rit à ce souvenir. Devine sa maison !
-Serpentard ! annonçais-je, le plus fort possible, en espérant que cette table m'entende.
-Et non… ouais, on sait, c'est deg ! C'est un p'tit Serdaigle, m'apprend Sean. Ah, ceux-là, je suis prêt à parier qu'ils seront derniers aux matches de Quidditch, cette année !
Ce qui est bien avec les mecs, c'est qu'il n'y a aucune prise de tête. Ceux qui me collent des râteaux, n'y pensent déjà plus le lendemain et ils agissent exactement de la même manière avec moi comme avec un pote, quoi. C'est un peu pareil pour ceux avec qui je me bastonne, à tout bien y réfléchir…
Charlie Weasley, capitaine de notre équipe depuis cette année et attrapeur depuis la Deuxième année, lance un regard désapprobateur à Sean. Il n'est pas compétitif et n'apprécie pas d'entendre des joueurs rabaisser les équipes adverses.
-Moi, je suis prête à parier qu'on remportera la coupe ! déclarais-je, la voix portante dans toute la salle, en me levant et en montant sur les bancs.
Par contre, moi, je suis compétitive comme personne ! Je joue pour l'amour du sport mais je préfère largement gagner que perdre ! Ce pourquoi je ne dépenserais jamais assez d'effort pour ça, je suis prête à toutes les douleurs et dangers mais je ne tolère pas de louper un tir ou une balle, de ne pas être à la hauteur. Mais je veux gagner sans triche et sans coups bas, à la loyale… comme si j'avais besoin de truquage pour gagner haut la main ! Je ne suis pas une Serpentard, moi !
-Ouais ! m'appui Conrad en montant à son tour sur le banc, bientôt suivi de Sean et deux-trois autres joueurs de notre équipe.
-Pas vrai, Cap'taine ? lançais-je à Charlie.
-Ouais…, marmonne-t-il, gêné par notre prestation, se forçant à sourire.
-Ah ouais ? s'écrie Stendford, l'attrapeur de l'équipe de Serpentard, en se levant à son tour sur son bout, à l'autre bout de la salle. Non mais regardez-moi, ces bouffondors ! Ils se croient tellement supérieurs mais qui s'est pris la déculotté de sa vie, l'an passé ? lance-t-il, triomphal, à sa table entière.
Aussitôt des applaudissements et des brimades pour ma maison retentissent le long de la table des verts-et-argent. Je vois du coin de l'œil McGonagall, furieuse, être retenue par Dumby, à la table des professeurs.
-On est arrivés troisième, pauvre nul ! Ton capitaine doit bien s'en rappeler puisqu'il a gagné de justesse la deuxième place en truquant nos balais ! accusais-je en jetant un regard provocateur à Handon qui me lorgne d'un œil noir, à deux doigts de monter sur son banc lui aussi.
-Ouais, Handon, t'es qu'une tapette… ! commence à crier Conrad, goguenard.
-Ca suffit, oui ! hurle finalement McGo. Où vous croyez-vous, exactement ? A la foire aux dragons ? Rasseyez-vous immédiatement ! Quant à vous, Collins, Barley, Strefur et, surtout, vous, Gonzalez ! insiste-t-elle en me pointant d'un doigt tremblant d'indignation, Je suis bien gentille de ne pas vous coller toute la semaine ! Ayant été en retard –comme tout le temps, jeune fille- je vous conseillerez de faire profil bas, pour une fois !
Grommelant et grinçant des insultes pour les Serpentard, on se rassoit. Je croise le regard de Jared qui, à la table des Serdaigle, me fixe d'un air sévère. Bah quoi ? J'ai jamais pu voir ces Serpentard… et ce satané Jeremy Handon… un jour, que Merlin soit béni, mais je vais me le faire !
xOxO
-Sérieux, Lena, allez, dis-moi ! Comment je peux faire pour qu'elle s'intéresse à moi ? me demande pour la millième fois Douglas.
-Oui, dis-lui, à la fin ! Yen a marre de l'entendre parler que de sa midinette…, râle Allan, marchant à nos côtés, la tête plongé dans un journal de Hight Tech publié aux U.S.A.
-La ferme ! s'énerve Douglas, vexé.
-Mais j'en sais rien, moi ! m'énervais-je.
-Mais t'es une fille, bon sang !
-J'ai rien demandé, moi, faites pas chier ! m'indignais-je.
-La seule fille qui veut bien nous approcher est un vrai mec ! se plaint Douglas, grincheux. J'me demande bien pourquoi tu viens pas pisser dans nos toilettes !
C'est pas comme si j'avais jamais essayé, pensais-je en me revoyant, à onze ans, tenter de viser la pissotière… seulement, voilà, cette garce de Dame Nature m'a pas fourni les bons outils ! J'ai essayé une fois mais pas deux !
-Tes lacets, Lena ! me fait une voix dans mon dos.
Romuald Figures. Le prof de Quidditch de l'école mais aussi celui qui s'occupe du club d'Entretient Musculaire et Athlétique. Dont je fais partie, bien sûr. Il me dépasse en me jetant un regard amusé et… si sexy ! Ce mec c'est une bombe ! Et faut le voir en train voler sur son balai… Il me fait craquer depuis ma Quatrième et j'ai même essayé de l'inviter au bal, il y a deux ans. Il m'a gentiment –mais fermement !- envoyer balader. Alors qu'il n'est même pas marié ! Ça craint !
-A vos ordres ! raillais-je, tout en jetant un sort sur mes baskets pour qu'elles se lassent toutes seules.
-10 points en moins pour Gryffondor, pas de magie dans les couloirs, m'apprend-il, toujours souriant, avant de pénétrer dans une salle pour je-ne-sais quoi faire.
-Qu'il est beau ! m'écriais-je.
-J'ai toujours dit que t'étais un mec… mais un mec pédé, ce qui est très fort pour une nana ! lâche Douglas.
On échange un regard avant d'éclater de rire tandis que Jared, Owen et Allan pressent le pas pour éviter qu'on ne s'accroche à eux afin de nous retenir de tomber, tant on se marre. La dernière fois, je m'étouffais de rire, j'ai perdu l'équilibre dans les escaliers et j'ai essayé de me rattrapé à Owen. Du coup, lui et moi on s'est dévalé les escaliers, genre sac à patates et on s'est retrouvé à l'infirmerie. Depuis, il a une peur bleue des escaliers et s'accroche tout le temps à la rampe en les descendant –et même en les montant ! Faut dire, Owen a peur de tout… du noir, du silence, des araignées, des serpents –dont les Serpentard, bien sûr !-, de la nuit, des inconnus, des champignons, des Dragées Surprises, des Chaudrons… il a, en prime, des allergies innombrables, doublée d'une claustrophobie ahurissante et d'un vertige qui le prend même parfois quand il est assis sur une chaise trop haute ! En plus de ça, il est d'une paranoïa incroyable ! Il ne fait confiance à rien ni personne, suspecte des poisons dans chaque aliment qu'il mange, trouve toujours qu'il n'y a pas assez de verrous aux portes et pense qu'il peut attraper une insolation sous un arbre alors qu'il pleut et qu'on est en Angleterre ! Il pourrait surement sortir avec des filles plutôt jolies avec ses grands yeux bleus, ses cheveux courts et châtains, bien qu'il soit pâle comme un fantôme et maigrichon comme mon auriculaire… le truc c'est qu'à l'approche d'une fille, il prend ses jambes à son cou ! Le jour où je l'ai rencontré, il se cachait de sa sœur d'un an de moins que lui qui voulait lui demander si Jared accepterait de la déflorer –cette fille est légèrement… spéciale-, il était accroupie entre deux bancs des gradins pendant l'un de nos entrainements de Quidditch. Quand je l'ai découvert et que j'ai explosé de rire, il a pris la tête du moldu qui voit un fantôme et s'est barré en criant. Il m'a tout de suite charmée ! C'était en Quatrième Année.
Toujours dans mon fou-rire partagé avec Doug', je me sens bousculée par un type à la coupe très spéciale qui court comme un dératé, accompagné d'une blonde qui me dit vaguement quelque chose… Il fallut que la blonde tourne sa tête en arrière et que je voie son visage plutôt joli pour comprendre qu'il s'agit d'Emily Bolkanski et d'Harold Brontey. Elle bouscule à son tour Owen qui fait un bond de deux mètres de haut de surprise et de terreur. Bolkanski et Brontey sont les souffre-douleurs de l'école. Tout le monde leur en fait voir de toutes les couleurs. Leur pourrir la vie est un peu LE loisir par excellence à Poudlard. Même ceux qui ne sont pas populaires, et qui sont aussi ridiculiser par les élèves qui font la loi dans l'école, les maltraitent avec gaieté, comme pour se venger de leur propre situation. Personnellement, je ne leur ai jamais parlé. J'ai bien essayé de faire la conversation à Brontey, après tout il est dans mon année et je me suis retrouvée plus d'une fois dans sa classe, mais il m'a jeté à chaque fois un regard en biais, comme les hiboux, avant de m'ignorer. Quant à Bolkanski, rien que le fait que ce soit une fille me refroidit…
-Et merde…, grogne l'une des filles qui, visiblement, les poursuivaient. Ils perdent rien pour attendre, ces bouseux !
Mon fou-rire s'est éteint, de même que pour Douglas qui regarde cette bande pimbêches, béatement. Cindy Spencer et ses acolytes manucurés. Elles m'avaient manquées, ces cruches… c'est fou ! Cette pétasse est dans mon dortoir et j'ai dû lui balancer mon poing dans sa gueule de brune siliconée au moins une fois par mois, depuis notre Première année. Cependant, ici, à Poudlard, elle fait la loi, tout le monde est à ses pieds, parce qu'elle est la meilleure de notre promo et est aussi la plus canon. Et je suis bien la seule à lui cracher au visage… ce qui m'a valu mon lot de coups-bas venant de cette sale garce !
-Lena, tes vacances se sont… ? ronronne-t-elle en m'apercevant.
-Va te faire foutre !
-Je comprends, dit-elle alors que ses copines me foudroient du regard, en me détaillant de la tête au pied avec mépris. Je sais que nos rapports n'ont pas toujours été florissants mais je veux que nous repartions sur de bonnes bases…
-Gné ? fis-je, le nez froncé. Ya pas marqué « deux neurones et trois-quarts », ici, dis-je en désignant mon front, Va plutôt draguer le Calamar ou je te refais la face ! Viens, Doug !
-Salut, Cindy…, bave celui-ci avec un air d'admirateur fanatique.
Je l'embarque violemment de mauvaise humeur. Cette fille est vraiment gonflée de venir me sortir son discours Peace&Love alors qu'elle était la première à me coller de la morve de Troll à la place de mon dentifrice ! Sale garce ! Et puis, en plus, elle fait rêver des pauvres mecs qui n'ont rien demandé… mon regard s'attarde sur Douglas. Pesant plus de cent kilos et pas spécialement bien petit, je suis certaine que vous êtes amènes à imaginer sa silhouette. Il n'est pas ce qu'on appellerait un sex symbol dans un corps parfait digne de la plus réputée boîte de mannequinat. Les filles lui portent toutes ce regard entre le dégoût, le dédain et l'indifférence. Et il en souffre derrière ses sourires à répétitions. Il a plusieurs fois essayé de faire un régime mais… il aime trop manger, particulièrement ce qui est pleins de matière grasse, et il exècre jusqu'au principe de pratiquer un effort alors essayez donc de lui parler de faire du sport et il vous convaincra que se lever de son lit est déjà un sport en soi méritant sa place aux J.O. On a quelques divergences d'opinion à ce sujet, je vous le cache pas… Toujours est-il que Douglas rêverait de seulement une chance avec Spencer et qu'il n'en aura jamais aucune.
De toute manière, on est tous dans cet immense catalogue. Jared est le Beau-Gosse-Mystérieux- Irrésistible. Allan est l'Obsédé-de-l'Informatique-Moldue, soit un Traitre à Son Sang. Owen est le Névrosé-Chochotte-Insupportable. Douglas est l'Obèse-à-l'Humour-Lourd. Conrad et Sean sont les Joueurs-de-Quidditch-de-l'équipe-de-Gryffondor. Bolkanski et Brontey sont les Ringards-Nazes-Souffres-douleurs tandis que Cindy Spencer est la Reine-de-Poudlard-Intelligente-talentueuse-et-sexy. Et moi, je suis l'espèce de Garçon manquée qui est vulgaire, parle, marche et vit comme un mec, qui déclenche des bastons et collectionne les râteaux. Putain de Catalogue.
Alors alors ;p ? On adorerai avoir votre avis sur les personnages, si vous avez besoin de les mémoriser ou d'en savoir plus courrez sur le blog fait pour ça ;p
