Coucou les gens ! :D
Voici le chapitre trois, pdv Emi dans son aide pour la quête à la popularité qui va s'avérer ardue XD
On espère que vous aimerez ^^
Bonne lecture,
Chapitre 3 : Plus jamais je ne volerai ! Plus jamais !
« On les a semé, je souffle en m'affalant contre le mur.
- Gé… Génial, siffle Harold en sortant son inhalateur –il est asthmatique-.
- Ça va ? je demande en lui caressant le dos.
- Impec ! J'avais oublié qu'il fallait courir vite à Pouldard, marmonne-t-il. »
Je hoche la tête d'assentiment avant de glisser un coup d'œil dans le couloir. Heureusement Cindy Spencer et sa bande de mangemorts sur talons semblent avoir abandonné l'idée de nous faire manger de la colle. Je soupire de soulagement tout en écoutant Harold reprendre sa respiration avec difficulté. Le mot reste gravé sur mon front, loosers. C'est sûr, comparé à Miss Spencer Cindy, la reine de Poudlard, préfète, idole des filles et fantasme des nuits des mecs, Harold et moi tenons plus de la boue que d'êtres humains aux yeux des autres élèves. Mais nous avons finis par nous y habituer, tout comme les crasses quotidiennes et les regards mauvais et moqueurs sur notre passage. Je me colle contre le mur, pour ne faire plus qu'un avec les pierres, alors que passe sans nous voir Magdalena Gonzales et ses amis. Ils ne s'arrêtent pas pour nous donner un coup de pied comme l'aurait fait toute autre personne. Secrètement, je leurs en suis reconnaissante. Il y a peu de gens à Poudlard qui ne trouve pas en nous la victime idéale, ces cinq-là en font partie. Je suis leurs silhouettes des yeux, regardant Magdalena sauter sur Jared Knightly sous les éclats de rires d'Allan Lennox, Owen Collins et Douglas Fortland. Un petit pincement au cœur se fait sentir, j'aurais moi aussi aimé avoir pleins d'amis et aucun souci pour ma sécurité au sein de l'école. Avoir droit à être anonyme et normale. Juste moi-même. Mais les autres en ont décidé autrement.
« Je nous ai inscrit pour les sélections ! annonce soudain Harold.
- Les sélections ? j'écarquille les yeux.
- De Quidditch ! explique-t-il avec entrain, si on veut réussir à devenir populaire il faut commencer dès maintenant et comme l'équipe de Quidditch est LE groupe adoré par excellence je me suis dit qu'il fallait qu'on l'intègre !
- T'es sérieux ? je ris, je te signale que je suis aussi douée sur un balai qu'un hippogriffe avec des palmes !
- On peut toujours tricher au pire ! fait-il avec un sourire malicieux sur les lèvres.
- Et tu penses sérieusement que ça se verra pas ? je soupire.
- On peut toujours essayer, hausse les épaules mon ami.
- C'est hors de question, je réplique avec un frisson, j'ai le vertige je te rappelle.
- J'ai concocté une potion hier pour t'en guérir ! affirme-t-il.
- Pourquoi faire autant d'effort ? je murmure tristement, c'est sans espoir.
- Hey Princesse, m'enlace Spok avant de marmonner, j'ai besoin de toi, tu sais ? J'ai… j'ai vraiment besoin de devenir convenable… C'est… c'est à cause de quelqu'un.
- Ton père ? je demande.
- Non. Je suis… en fait je, il bafouille à ma plus grande stupéfaction, Voilà, une personne me plait, vraiment beaucoup, confesse-t-il, Mais si je reste le looser de Poudlard jamais je ne pourrais espérer lui demander de sortir avec moi.
- Tu es amoureux ? je fais avec étonnement, de qui ?
- Ben, il rougit vivement.
- Ils sont là ! hurle soudain une voix. »
L'instant d'après nous courons à perdre haleine en direction de la salle d'histoire de la magie. Quelques garçons portant des ballons pleins d'eau à nos trousses. Amoureux… ce mot m'est totalement inconnu. Et tant mieux ! La pire chose qui puisse m'arriver ici, à Pouldard, est de tomber amoureuse. Ça signifierait que mon armure a été fendue et que j'ai baissé la garde, que l'on peut m'atteindre et me faire du mal en se servant de mes sentiments. Si je ne veux pas souffrir, je dois rester libre. Jamais, jamais, jamais, répète mon cœur. Car je sais très bien que personne ne voudra jamais du souffre-douleur, de la mauvaise herbe, de la fille unanimement méprisée des élèves. Se serait se rabaisser que de lui jeter un regard. Oh je sais bien que je suis de loin la fille qui n'aura jamais personne. Je suis pourtant jolie mais la beauté ne suffit pas. En tout cas pas dans mon cas. J'adore lire des poèmes sur les passions déchirantes, lire des romans sur des couples maudits, regarder des films aux histoires tendres mais je souhaite que cela ne m'arrive jamais. L'amour est fait pour les poètes, les musiciens et les écrivains, pas pour moi. Et je m'en accommode très bien.
Alors qu'on déboule devant la salle de classe, entre deux respirations sifflantes Harold m'explique que les sélections auront lieu cet après-midi. Son regard implorant me fait craquer et je lui souris.
« C'est bon Spok, je lui lance, tu peux compter sur moi !
- Je t'adore Princesse, s'écrit-il en me collant une bise sur la joue. »
J'ouvre la porte et soudain mon pied glisse sur un liquide rose non-identifié. Je bloque mon cri dans ma gorge avant de m'affaler sans bruit au sol. Une explosion de rire survient la seconde suivante ainsi que des sifflements méprisants. Harold se précipite pour m'aider à me relever, je constate que mes vêtements sont tachés et collants. Mon regard froid passe sur chacun des visages moqueurs, sans la moindre émotion à part un mépris profond. Je reste fière et le menton accusateur. Sans un mot, je vais au fond de la classe emportant avec moi le peu de dignité qu'il me reste. Les rires me poursuivent.
« Alors Bolkanski ? crache une fille. On sait plus marcher ?
- Si tu te la fermais Daniella ! rétorque Harold avec hargneux.
- Oh ! Mais il mord ton chien de compagnie la russe ! rit un Poufsouffle.
- Et il va t'en coller une ! s'enflamme Spok prêt à lui sauter à la gorge.
- C'est ça gringalet ! ricane l'autre. Je t'attends !
- Ah ouais !? bondit mon ami.
- Laisse tomber Harold, je le tire par la manche avant de dire avec froideur, ils en valent pas la peine.
- Ouais fais comme ta copine, appui Daniella, ferme-là ! »
Spok bouillonne de rage et crispe les poings avant de s'asseoir à côté de moi. Je me contente de les ignorer. Il n'y a guère que Mary White, la sainte nitouche de Poufsouffle qui tente de toucher une perfection d'âme qui me donne envie de vomir, Jared, le beau-gosse, Allan, le geek et Owen, le froussard qui font comme si l'altercation n'avait pas eu lieu. Je m'essuie la figure avec un mouchoir et constate avec une grimace que mes cheveux sont constellés de rose et tout gluants. Mr Binns entre alors et les rires se tarissent. Pas les regards.
« Miss Bolkanski ! s'écrit le petit homme en m'apercevant, que vous ait-t-il arrivé par Merlin !
- Elle sait pas tenir sur ses jambes, lance Daniella en retenant ses gloussements alors que je tente de décoller mes doigts les uns des autres.
- Voulez-vous aller aux toilettes ? me demande-t-il avec bienveillance.
- Non merci, je lâche avec fierté. »
Je me contente de lancer un sort pour décoller mes mains et leurs montrer ainsi que la matière gluante et rose ne m'importune pas. Qu'ils ne m'atteignent pas. Que quoi qu'ils fassent, ça ne me fait rien. Même si au fond de moi, c'est tout le contraire.
OoOo
Ce n'est définitivement pas une bonne idée. Mais alors, vraiment pas ! Je suis statufiée sur le terrain de Quidditch, incapable de retenir mes tremblements de peur qui me secouent comme une feuille morte emportée par le vent. Je fixe mon balai pour ne pas avoir à rester inflexible face aux rires discrets qui naissent dans les gradins. Harold me cri des encouragements qui me paraissent bien lointains. Mais qu'est-ce que je suis venue faire dans cette galère…
« On a pas toute la journée ! Bouge tes fesses Bolkanski ! m'aboie Joshua Wagner.
- Allez ! Qu'on se marre un coup ! ricane le gardien. »
Je déglutie difficilement et enjambe le balai par un effort de volonté. Je ferme les yeux et tape le sol faiblement. Je décolle aussi et le hurlement reste coincé dans ma poitrine. Je fixe le sol terriblement loin et me crispe sur le manche. La seconde suivante, l'engin fonce vers le ciel. Je gémis d'horreur et manque de tourner de l'œil lorsque l'herbe s'éloigne de plus en plus. Ça bouge en tout sens et je m'agrippe comme une possédée au balai, mes jointures sont blanches tout comme ma figure. Incontrôlable, je vole n'importe comment et sans la moindre cohérence. J'entends à peine les rires et ne voient pas les doigts pointés dans ma direction. Soudain, sans que je comprenne comment, le balai fonce vers le sol. Le hurlement sort enfin de ma gorge alors que je ferme les yeux et m'agrippe désespérément au manche en bois. Je ne sais pas ce qu'il se passe mais il y a un choc qui se répercute dans tout mon corps et soudain je tombe brutalement au sol. Lorsque mes yeux veulent bien s'ouvrir, je contemple de très près les brins d'herbes du stade de Quidditch.
O douce terre ferme… Sweet Hoooome.
« Mily ? Mily ? s'écrit Harold en me relevant.
- Ici, je gémis avant de marmonner en m'accrochant à lui aussi blanche qu'un linge, plus jamais… plus jamais… par Merlin plutôt mourir…
- Promis Princesse, soupire-t-il avec soulagement. Est-ce que ça va ?
- Amène moi vers un banc, je supplie en regardant avec horreur le balai.
- Pas de problème, il me traine jusqu'aux gradins parce que mes jambes sont incapables de me soutenir. »
Quelques minutes plus tard il m'abandonne au confortable banc froid. Je prends de profondes inspirations pour calmer les tremblements convulsifs et les battements désordonnés de mon cœur. Harold passe après cette armoire à glace d'Harry Nort, il semble très confiant. Je l'envie. Il s'envole avec aisance, alors que ça fait bien des années qu'il n'est pas monté sur un balai, et fait quelques tours de terrains sans la moindre difficulté. Du moins c'est ce que tout le monde croit. Il y a quelque chose qui cloche… Son visage semble verdit au fur et à mesure que les secondes de vol s'écoulent. Je le vois alors atterrir en catastrophe. Les gens s'étonnent et je me lève vivement en le voyant se pencher en avant. Tout à coup, il vomit ses trippes et tout les autres explosent de rire. Les ricanements me donnent envie de leurs arracher les yeux. Je me précipite vers mon meilleur ami flageolant et terriblement vert.
« Spok ? je lui caresse gentiment le dos rageant car mon mouchoir est gluant et rose donc non-utilisable.
Besoin d'aide ? demande alors une voix par-dessus les remarques méchantes et ricanement. »
Tandis qu'Harold, plié en deux, régurgite son steak je lève des yeux méfiants vers le visage amical de Magdalena Gonzales. Ses yeux bruns semblent sincères mais je reste sur mes gardes alors qu'elle me tend un mouchoir. Je l'attrape après un bref moment d'étonnement qui ne transparait pas sur mon visage. Je fais s'asseoir Harold sur un banc et lui essuie le visage avec le mouchoir et la bouteille d'eau de Magdalena. Celle-ci reste à côté de nous, comme s'inquiétant de l'état de mon meilleur ami. Je lui lance des regards furtifs qui ne la gênent nullement.
« Qu'est ce que tu veux ? je demande.
- Rien, hausse-t-elle des épaules. Il avait besoin d'aide c'est tout.
- On aurait pu se débrouiller, je réplique sans méchanceté mais avec froideur, on sait faire.
- Merci Gonzales, coupe Harold avant de m'entrainer vers la sortie du terrain.
- Salut, répond-t-elle sans broncher et retourne s'asseoir. »
Tout en soutenant Spok, je ne peux m'empêcher de lui lancer de furtif regard méfiant. Pourtant ma méfiance n'a pas lieu d'être. Il n'y avait en elle aucune volonté de nous faire du mal. Qu'attend-t-elle de nous alors ? Des votes pour le meilleur joueur de Quidditch de l'année ? Je ne crois pas en la gentillesse gratuite. Elle doit forcément trouver un intérêt à nous tendre la main. Si elle croit que je vais me laisser avoir, elle se trompe. Elle ne sait pas à qui elle a affaire !
« T'aurais pu être sympa, fait Harold, elle voulait juste aider.
- Peut être que oui, peut être pas, je marmonne en ouvrant la porte des toilettes.
- Elle ne nous a jamais de crasses tu sais, remarque-t-il en s'essuyant le visage.
- Et alors ? je réplique. Ça veut pas dire qu'elle nous veut du bien. Elle ne nous a jamais défendu non plus.
- Personne ne l'a jamais fait, hausse des épaules Harold.
- Raison de plus pour ne compter que sur-nous même, je réplique tristement. »
Il soupire et passe juste un bras autour de mes épaules alors qu'on retourne clopin-clopant vers le château. Riant de nos prestations catastrophiques qui auront au moins le mérite de faire rire tout Poudlard.
OoOo
Je la hais. Comme je n'ai jamais détesté quelqu'un. Je hais son déhanché étudié, sa démarche de battante et la façon qu'elle a de passer sa main dans ses cheveux. Je ne supporte pas cette suffisance avec laquelle elle toise tout le monde, avec laquelle elle me détaille les lèvres pincées en un rictus de mépris, avec laquelle elle se moque d'Harold. Je hais cette beauté solaire qu'elle affiche et étale avec élégance. Je déteste cette supériorité qu'elle impose dans tous les domaines. Je déteste Cindy Spencer. Qu'a-t-elle qui fait s'enflammer l'admiration et la dévotion de Poudlard ? Elle est belle sans vulgarité mais elle est mauvaise comme la galle. Derrière ses sourires mielleux et regards bienveillants se cache quelqu'un d'égoïste qui se délecte de la souffrance des autres. Non ça ne peut définitivement pas être cette peste qu'Harold aime.
Je porte mon regard sur chaque fille qui mange dans la Grande Salle. Mary White m'interpelle par sa candeur écœurante, sur quelle planète vit celle fille ? Les bisounours ? Tout lui sourit, elle est jolie, sérieuse, studieuse, aimée de tous. Moi elle me sort par les yeux. Il faut dire qu'elle traîne avec Cindy, comme toute fille populaire qui se respecte. La seule chose qui ne semble pas encore lui apporter ses trésors, c'est l'amour. Célibataire endurcie, elle vit sereinement cette situation. En réalité, tout le monde sait qu'elle en pince pour Jeremy Handon, un poursuiveur de l'équipe de Serpentard. En parlant des serpentard, j'aperçois Gwen Spencer, la petite sœur en sixième année de Cindy.
Elle est respectée pour une seule raison : la popularité de sa sœur. Mis à part le nom de famille, rien de la rattache à Spencer. Elle n'est pas jolie, a de longs cheveux blonds sans grâce, des yeux bruns et est ronde. Contraste parfait avec sa sœur Cindy grande, brune aux yeux gris et à la minceur renversante. Gwen est timide là où Spencer à de l'assurance, et mis à part une certaine lâcheté, elles n'ont rien en commun. Je soupire d'ennuie et décide de me pencher sur ce que mon hibou Speedy, m'a apporté. –Speedy est le surnom trouvé par Harold moi je l'appelle Cosaque-. Un gros carton et une lourde lettre qui fait palpiter de bonheur mon cœur. L'encre qui se détache forme l'écriture cyrillique si familière de Nikolaï.
Salut Emi !
A la maison, tout va bien. Papa nous a emmenés à Londres ce week-end pour monter dans la grande roue. Même maman a pu sortir, elle a mis la robe bleue d'été qu'elle portait à St Petersburg pour aller à l'église. Elle est restée assez sobre et a câliné Piotr, il était ravi. J'ai trouvé un boulot à Haworth, je tiens le vidéoclub avec une amie -je ne crois pas que tu la connaisses- c'est Anna Smith. Tu nous manque, même maman dit qu'elle n'aime pas le silence et l'absence du bruit de ton violon. Piotr te réclame sans cesse.
On t'embrasse fort,
Nikolaï
A l'intérieur je découvre des dessins de Piotr où des « Mily » et plein de cœur se détachent sur la blancheur du papier. Nikolaï a joint une photo de ma mère en robe bleue portant Piotr et enlacée par mon père, mon grand-frère sourit à l'appareil. Je souris de plaisir avant de remarquer que Nikolaï m'a envoyé mes partitions et mes essais de composition. Je caresse les notes et les ratures avec amour avant d'ouvrir le carton et de déballer mon violon que je m'empresse de cacher au fond de la mousse qui le protège des chocs. Des coups d'œil furtifs me détendent : personne n'a rien vu, même pas Harold qui dévore son gratin au potiron tout en lisant une dépêche américaine sur la physique nucléaire. Je ne veux pas qu'on sache que j'aime la musique, que c'est une libération de jouer. Ils feraient tout pour me briser ma passion, juste pour s'amuser de ma douleur.
« Votre attention s'il vous plait, s'élève la voix de Dumbledore faisant se retourner les regards des élèves dans sa direction, merci. J'ai une annonce à vous faire ! Depuis plusieurs années nous avons le projet de permettre aux élèves de visiter comme les jeunes de leurs âges un pays. Cette année, c'est la réalisation de ce souhait que je suis heureux de vous annoncer.
- Ce sera où ? s'écrit une voix.
- En Espagne, répond le directeur, début décembre nous partirons pour une dizaine de jours en Andalousie ! Mais je vous laisse découvrir le programme, fait-il les yeux malicieux en tapant des mains pour faire apparaître des dépliants dans le ciel et la rumeur excitée secoue les élèves enthousiastes.
- Emi ! La lambra, s'excite Harold en brandissant le prospectus sous mon nez, ses yeux rieurs impatients me font sourire. Et Séville ! Regarde il y a même une escale à Barcelone !
- Ça va être super ! je fais en parcourant avec avidité les différentes visites prévues.
- Je dois apprendre à parler espagnol d'ici-là ! s'exclame-t-il.
- En plus des cours de physique chimie et maths par correspondance ? je soupire, je vais plus tu voir maintenant que tu as aussi décidé de te mettre dans un club ! Franchement « Entretien musculaire » ? T'es sûr que c'est dans tes cordes ?
- Il faut ouvrir nos horizons pour conquérir la popularité, assure Harold. On va montrer notre sociabilité !
- Sociabilité, je grogne nullement convaincue. T'as pas vu qui il y a dans le club de musique… »
En effet, mon premier cours de musique remonte à deux jours et j'en garde encore un souvenir triste et cuisant. On m'a laissé à l'écart, seule sur un banc, me fuyant comme si j'avais la peste. Ça encore ça peut paraître normale mais en plus Harold n'était pas là. J'étais toute seule et terriblement mal à l'aise. Je n'ai même pas osé m'approcher du piano parce qu'une fille de Gryffondor ne voulait pas le lâcher et montrer son « don ». Elle a fait cinq fautes sur un morceau si facile qu'il ne vaut même pas la peine que je l'énonce. Et elle a regardé l'assistance avec suffisance et mépris. Comme si elle venait de montrer qu'elle pouvait marcher sur les mains sur un tapis de braises. Et moi j'ai baissé la tête et caché mon propre don. J'ai juste écouté les conseils du prof et sitôt la sonnerie, je suis sortie en trombe rejoindre Harold. Quand il n'est pas là, le manque d'amis et regards me transperce la poitrine.
OoOo
Je me glisse dans le couloir silencieusement. J'ai appris à connaître par cœur la ronde des préfets, je ne tiens pas à croiser l'adorable préfète de Gryffondor Cindy, et me promène en toute liberté. Et plus en sécurité qu'en plein jour. Mon violon sous le bras je me faufile jusqu'à la salle de musique située entre la bibliothèque et les toilettes du deuxième étage. Elle n'est pas utilisée car Madame Pince a fait remarquer que le bruit des instruments gênait les élèves qui étudiaient. De nuit, je sais qu'il n'y a personne à la bibliothèque et j'ai trouvé un sort permettant de diminuer la mélodie des instruments. Je passe devant la bibliothèque et farfouille dans l'étalage à la recherche de recueils de poèmes. J'en sors un couvert de poussière et manque d'éternuer. Puis j'ouvre la salle de musique et allume la lumière faible qui se diffuse dans tous les recoins. L'ombre des instruments endormis danse sur le mur à la lueur mouvante des bougies.
Je sors délicatement mon violon de sa valise. Je caresse, un demi-sourire sur les lèvres, la boiserie familière et les cordes dures et rêches. Mon cœur tambourine d'impatience et tout mon être palpite lorsque je pose l'instrument sur mon épaule et ma joue contre lui. L'archet s'anime et mes doigts dansent. Je ferme les yeux et laisse la musique transpirer hors de mon être. Les émotions dégoulinent en torrent furieux tandis que ma main souffre du contact meurtrissant des cordes. Tout mon être se transcende, et les notes s'enchainent d'abord avec rage puis de plus en plus lentement pour finir par s'égrainer avec mélancolie dans l'air froid. Je respire au rythme de la mélodie. Lorsque mes yeux se rouvrent, la musique finie résonne encore en moi. Je souris de bonheur et m'assoie à même le sol, sortant de ma poche des partitions vierges que je m'empresse de recouvrir de notes serrées. La plume coure le long des lignes, fébrile, la mélodie coule hors de moi pour se poser sur le papier. Je rature et recommence encore et encore. Puis, reprend mon violon et recommence, encore et encore. Jusqu'à ce que mes oreilles ne soient plus capables de différencier les notes et que je sois gorgée de musique jusqu'à ras-bord, jusqu'à demain qui me parait bien loin.
La tête me tourne, comme si je venais de me droguer ou que j'avais trop bu. Ma démarche est presque aérienne dans le couloir, je chantonne le bout de mélodie composée et mes pas dansent en rythme. Je reprends le chemin de mon dortoir, mon violon au bras et mon recueil contre moi. Je monte silencieusement les escaliers menant au dortoir des filles que j'évite toujours le plus possible et où mes affaires sont barricadées sous une multitude de sorts car l'année dernière elles avaient été éparpillées dans tout Poudlard –retrouvez sa petite culotte dans le dortoir des mecs de Serdaigle n'est pas du tout amusant, encore moins essuyer les regards moqueurs des garçons et celui indifférent de Jared Knightley qui vous la tend poliment-.
Je pose ma main sur la poignée et fronce les sourcils lorsque celle-ci reste fermement droite et refuse de me laisser entrer. J'ai beau forcer et marmonner des sorts, la porte demeure close. Mes efforts pour forcer la poignée réveillent quelques filles mais aucune ne vient m'ouvrir. Je perçois juste leurs rire et gloussements étouffés. Je serre les dents et tourne les talons pour descendre quelques marches et retenter ma chance avec la porte du dortoir des garçons. Celle-ci s'ouvre instantanément sur des formes endormies. Je la referme et me glisse à tâtons entre les lits. Je manque m'étaler sur le lit d'Allan Lennox en me prenant les pieds dans un caleçon qui traîne. Je retrouve au toucher le lit d'Harold, pose mon violon sous son matelas, me déchausse et me retrouve bientôt en culotte et pull. Je me glisse alors sous la couverture de Spok et tire les rideaux du lit à baldaquin. Mon ami marmonne quelques paroles en ouvrant des yeux embués de sommeil. Je lui murmure que c'est moi et il se rendort aussi sec. Je me calle contre lui et ferme mes yeux.
Les respirations et ronflement qui s'élèvent me bercent tandis que mes pensées dérivent vers le voyage en Espagne qui se profile à l'horizon. Je ne suis jamais sortie d'Angleterre depuis sept ans et partir hors du cadre sécurisant et familier me fait frémir autant d'appréhension que d'excitation. J'ai pourtant traversé beaucoup de pays en train et en bateau pendant cette fuite de l'URSS mais ce voyage reste flou. Seuls les pleurs de maman et le regard craintif de Nikolaï ont marqué mes souvenirs. Espagne… Je tends l'oreille pour essayer de découvrir quelle musique émane de ce mot mais aucune ne me vient. L'impatience de la découvrir me fait bondir d'excitation. Je finis par me plonger dans les mélodies mélancoliques de ma Russie et de sa terre noire. Mes yeux se referment sur la neige et les églises colorées de St Petersburg.
Et voilà, on discerne mieux Emily non ? :D qu'en pensez-vous ? ;p D'elle ? Et d'Harold (Spok pour les intimes !) ?
On attends vos avis parce qu'on voudrait savoir ce que vous en pensez !
