Bonjour à toutes et à tous !
Bon on va pas faire dans le tralalala vous nous connaissez, des ptits bisous pour nos reviewseurs - on vous aime !
Et... tout de suite les résultats du match de Quidditch !
Bonne lecture !
Chapitre 34 :
En position devant mes anneaux, je suis des yeux le souafle qui passé des mains de Potter à celles d'Elyse et je souris. Ah, voilà. Il faut qu'elle marque ou Philip va nous péter une durite, sans tarder ! On perd déjà de plus de cinquante points et je vois à ses regards que les souafles que je loupe, c'est lui qui les sent passer et qu'il va m'assassiner si je continue sur ma lancée. Pourtant, je suis là et j'essaye de me concentrer mais mes pensées n'arrivent pas à rester en place !
Les fesses de Dakota ont circulé dans tout Poudlard, hier. Celles de Derek, aussi, il faut bien le reconnaître mais il se trouve qu'elle a visiblement la manie de ne pas rester en place gentiment quand elle… je secoue vivement la tête pour chasser ses pensées. J'aurais bien aimé ne jamais être amenée à visionner une sex-tape de ma meilleure amie, je crois que je ne me suis jamais sentie aussi mal de toute ma vie. Je n'ose imaginer ce qu'a dû ressentir Dakota.
On les a vues ensemble. On sortait de notre cours de Sortilège et on avait un peu trainassé avec Cory, et quand on est arrivés devant les portes de la grande Salle, il y avait un énorme attroupement qui faisait un tout un tintamarre. On a essayé de se frayer un chemin mais dés que nos camarades se sont retournés sur notre passage, en reconnaissant Dakota, alors, ça a explosé avant même que l'on voit placardée sur les portes les photos mouvantes des ébats de Dakota et de Derek.
Ca a été atroce. Leurs regards ne nous lâchaient pas, déshabillant littéralement ma meilleure amie. Il y avait du dégoût et de la moquerie, du mépris et de la suffisance, de la jubilation et même… une sorte de perversion chez certains qui m'a pétrifiée. Les rires étaient tonitruants mais ils n'arrivaient pas à camoufler les commentaires crachés ou susurrés. Des « salope »et « trainée »écoulés à la quinzaine, des « écoeurant ! »et « alors, c'est comme ça que Fanning a l'air à poil ? » tournant autour de nous, harcelant.
Au milieu de toute cette foule, il était même difficile de discerner ceux que l'on connaissait, de ceux dont on ignorait le nom. On aurait juste dit qu'on était plongés en plein cauchemar. En tout cas, c'est ce qui m'a semblée. Je me rappelle être restée figée, les yeux rivés sur les photos, étouffant dans le bruit et la chaleur de ces adolescents qui se bousculaient, tandis que Dakota les a fait bruler d'un coup de baguette.
Après, je sais qu'elle a hurlé et qu'on a fini dans les toilettes mais j'avais surtout du mal à réfléchir. J'ai caressé le dos de Dakota tandis qu'elle vomissait dans la cuvette, des sanglots la secouant. On est restés des heures avec Cory, dans les toilettes de Mimi Geignarde qui venait chouiner avec sa voix stridente, séchant toute l'après-midi de cours. La plupart du temps, c'était d'ailleurs bien la seule qui faisait du bruit. Dakota n'a pas dit un mot pendant plus d'une heure tandis que j'essayais maladroitement de la réconforter et que Cory fixait notre ami avec inquiétude. Il n'a même pas sorti un joint.
Dakota a fini par se lever et se remaquiller devant le miroir, la mine impassible, avant de dire :
-Derek va le payer cher.
Et elle m'a jeté ce regard à travers le miroir que je connais très bien. Coco, t'es avec moi. Pas une question, pas une proposition, juste un rappel. Un rappel bien inutile. Bien sûr que je serai là pour m'assurer que Derek comprenne ce qu'il en coûte de faire un truc pareil à ma meilleure amie !
-COCO !
Je sors de ma rêverie et repère Phil qui descend droit vers moi tandis que les joueurs de Gryffondor font des cabrioles sur leurs balais, en chantonnant et criant, imitée par leurs gradins.
-Eh bien, muette ou pas, il semblerait que l'attrapeuse des Gryffondor ait une meilleure vue que son nouveau petit-ami ! ricane Skeeter dans le micro. Les amours de Quidditch… ils survivent rarement plus d'un match !
-Mais elle va se la fermer, celle-là ?! rage mon capitaine en se postant à mon hauteur.
Je regarde Lyzore qui, les bras levés vers le ciel, est assaillie par Potter qui promet de faire d'elle une femme riche si elle continue comme ça et lui offre la coupe. Je ris, heureuse de voir le large sourire de ma sœur, et applaudit sa victoire.
-Non mais on a perdu, t'as pigé ?! s'indigne Philip. Veux-tu bien cesser d'applaudir ! Déjà que si t'avais été plus concentrée, hein !
-Oh, ça va ! C'est Zozore ! lui rappelé-je en roulant des yeux. Sois plus romantique, Cap'tain Love, tu…
Mais ma phrase est coupée par un choc brutal contre mon crane qui me propulse en avant, me faisant décoller du balai, et tout est clair. Je ne vois plus que les nuages, que du blanc et je ne sens que du froid.
Et puis, tout s'éteignit.
xOxOxO
Je déteste les matchs officiels. C'est pas une nouveauté mais c'est une vérité qui aime se renforcer à chaque nouveau match que je fais. Philip me harcèle et me pompe l'air deux semaines avant, inspectant tout ce que je mange et me répétant encore et encore ce que je dois faire, ce que je ne dois pas faire, comment il faut que je joue et que je suis la gardienne, un élément clé de l'équipe « si tu ne laisses rien passer alors, c'est obligé qu'on gagne, réfléchis, me harcèle-t-il avec ça, donc qu'est-ce que tu dois faire ?! RIEN LAISSER PASSER ! ». Le stresse est donc à chaque fois à son paroxysme parce que je sais qu'à chaque souafle que je laisserai entrer dans mes anneaux, ça rapprochera un peu plus notre équipe de sa défaite et que Philip veut gagner. Et j'aimerais bien qu'il gagne, c'est pas le souci, mais il croit franchement que c'est si facile que ça de renvoyer tous les souafles ? Non, franchement, les gardiens sont toujours assaillis de toute part et ils doivent être constamment sur le qui-vive !
Mais le pire c'est que je ne finis quasiment jamais un match ! Un match sur deux, je suis bonne pour quatre-cinq jours derrière à me payer Pompom et ses médicaments gluants, dans son infirmerie victime des courants d'airs ! Dans le meilleur des cas, c'est un souafle que je me paye un peu trop fort ou alors je dérape et me prend le bord des anneaux… et dans le pire, c'est directement le cognard qui me fonce dedans.
Comme pour ce match. Mais je dois dire que c'est bien la première fois que je me fais assommer par un cognard alors que le match est déjà fini. C'est quand même une provocation, là. Je peux servir l'utilité de m'envoyer valser de mon balai quand Gryffondor a déjà gagné ? Non, franchement, en étant sérieux deux minutes, je peux quand même savoir pourquoi il faut toujours qu'on essaye de me foutre la tête, ou autre chose, dans un plâtre ! Tous les moyens sont bons, c'est hallucinant !
Ma tête enrubannée, je lance un regard noir à mon plâtre autour de mon bras droit taggé. Elyse y a écrit « Cocatastrophe, si tu sors de l'infirmerie, je te ramène par la peau du cul ! » et Lyzore « I believe I can flyyy, I believe I can touch the skyyy », entouré des petits cœurs de Chelsea et de la bouche en rouge-à-lèvre de Shannon qui me l'a embrassé. Dakota a dessiné un gros chat –je ma déteste- et Cory, une feuille de cannabis. Philip a même tenu à me délivrer un petit message personnel à l'encre rouge et sinistre, ressemblant d'une manière effroyable à du sang, qui tient en deux mots : « BIEN FAIT ! ». Chris, enfin, a lui aussi pris un stylo pour marquer « Je sors avec un Dieu ! Oui, je suis une putain de chanceuse… HIHIHI !» et pleins de « VIVE CHRISTOPHER SAWYER, ROI DE L'UNIVERS ! ». Autant vous dire que leur atelier dessin ne m'a amusé qu'un temps.
Surtout qu'ils m'ont obligés, grandement aidées par Amandine, à rester dans cet antre de l'Enfer alors que, dés que je suis revenue à moi, j'ai bien fait comprendre clairement que j'allais très bien et que je n'avais besoin que d'une poche de glace pour aller me reposer dans ma chambre. Non mais c'est vrai, je déteste cet endroit !
Tout ce que Chris a trouvé à dire c'est :
-C'est comme ça de trop me mater, on ne voit pas arriver les cognards et on finit à l'infirmerie… quand j'vous disais que j'étais à tomber !
Ca a bien fait glousser tout le monde. C'est le principal. Il a même réussi à me faire dire que c'était vrai. Me demandez pas comment, il est tellement doué que j'ai oublié. Enfin, nous sommes le lendemain et j'ai passé une nuit affreuse. Il doit être dans les onze heures du matin et alors que je pourrais voir les choses comme si j'avais gagné une grasse mat en bonus, je me retrouve bien éveillée, à me faire gentiment chier dans cette infirmerie de malheur alors que tous les autres sont en cours.
Je pousse un profond soupir en fermant les yeux. Bon. Essayons de compter les dragons…
Un dragon, deux dragons, trois dragons, quatre dra…
-Je dérange pas, j'espère.
J'ouvre les yeux et les écarquille carrément quand je vois Julie écarter les rideaux, un bouquet de fleurs dans les mains. Je me redresse, grimaçant à peine face à la douleur. Qu'est-ce qu'elle fait là ?!
-Il ne peut pas rien t'arriver pendant plus d'une semaine, hein, petite-sœur ? fait-elle en faisant apparaitre un vase.
-Euh… quoi ? dis-je, perdue.
Elle éclate de rire et y met les fleurs, le remplissant ensuite d'eau. Puis, elle se retourne vers moi et vient s'assoir sur mon lit. Je la regarde faire, estomaquée.
-T'as bien la tête d'une fille qui s'est prise un cognard…
-Quoi, c'est toi qui l'as ensorcelé ? bondis-je.
-Bien sûr que non ! rit-elle. C'est le batteur des Gryffondor mais, comme d'habitude, tu n'as rien vu venir avant qu'il ne soit trop tard…
Bon. Pour les fleurs, je ne vais pas prendre mal cette remarque.
-Cela étant dit, tu n'es pas la seule dans ce cas, continue-t-elle. Les fleurs te plaisent ?
-Les fleurs ? répété-je, sourde.
Comment ça, je ne suis pas la seule ? Son sourire et son regard me mettent soudain en alerte. Bien sûr qu'il y a quelque chose caché derrière tout ça, les fleurs et surtout sa présence ici. Je dois vraiment avoir très mal dormi pour ne pas m'être rendue compte de ça immédiatement.
-Je comprends pas ! Pourquoi pas la seule ?
-Ta meilleure amie, cette trainée vulgaire, dit-elle sur un ton qui me fit frémir. Elle non plus, elle n'a rien vu venir.
Je la regarde, bouche-bée. Elle s'arrange soigneusement ses longs cheveux blonds et parfaits, un sourire suffisant sur les lèvres. Ce n'est pas possible, elle n'a pas…
-C'est toi ! m'écrié-je. C'est toi, les photos ?!
-Ne sois pas ridicule, sœurette, tu crois sérieusement que je me serai abaissée à me dissimuler pour les photographier tandis que cette garce faisait ce qu'elle sait le mieux faire ? dit-elle en haussant les épaules, roulant des yeux. Derek l'a fait pour moi. A vrai dire, fait-elle avec un rire. Il est même sorti avec elle parce que je lui ai dit de le faire !
Mes pensées se bousculent dans ma tête et j'aurais tellement de choses à dire mais je ne sais juste pas par où commencer.
-Oh, et, reprend-elle en posant une main sur l'un de mes genoux, à travers les draps. Toutes les petites farces d'avant, c'était moi aussi…
Je la fixe, sans-voix. Alors, les furoncles, la valise et le T ? Tout ça, c'était elle ? Et elle a monté une mise en scène avec Derek pour briser le cœur de Dakota et la montrer nue devant tout Poudlard… je réentends Dakota s'exciter à l'idée qu'elle puisse être vraiment amoureuse de Derek et des larmes me montent aux yeux. Merlin… Merlin !
-Julie ! lâché-je. Comment est-ce que t'as pu faire… ?
Mais je ne prononce pas un mot de plus. Bien sûr qu'elle en est capable. Julie est comme ça. Ce qu'elle veut, elle l'obtient, peu importe ce qu'elle doit détruire au passage. Elle m'a fait ce coup-là.
Avant je l'adorais et l'aimais comme toute sœur aime sa sœur. Lyzore était ma grande sœur complice, à qui je confiais tout et vers qui je courrais à chaque fois que j'avais peur, ou mal. Mais Julie était… mon idole, mon modèle. Il y avait quelque chose en elle, qu'elle a toujours, qui attire l'attention et l'admiration. C'est comme ça. Mais elle a toujours refusé de jouer avec moi ou de m'accorder de l'attention, alors j'essayais de mériter ça. Je disais à l'époque que je devais juste faire mes preuves ou je ne sais quoi d'autre. Qu'elle m'aimait quand même, à sa façon. Alors, je la suivais et la collais autant qu'elle me le permettait, et faisait absoluement tout ce dont j'étais capable pour lui plaire.
Ca a plus ou moins duré jusqu'à mes douze ans. Je dirais qu'à mon entrée à Poudlard, après un an loin d'elle sans qu'elle ne réponse à aucune de mes lettres, mon adoration n'était plus aussi aveugle mais jusqu'à la moitié de ma Deuxième Année, je ne désirais encore rien plus fort qu'elle m'aime vraiment enfin. Et alors, vers la fin novembre, Julie m'a dit qu'elle avait besoin d'un ingrédient très rare, une sorte de champignon-camouflage, très difficile à repérer mais qu'il était absolument nécessaire pour la confection d'un filtre d'amour. Bref, j'ai tout de suite su que ce serait à moi de me le procurer. Il suffisait de lire son regard. Elle me l'a confirmé en me disant d'aller dans la forêt interdite et de le lui ramener. J'ai protesté, bien sûr. Aller dans la forêt interdite ne me disait franchement rien avec tout ce qu'on racontait sur elle et puis, en plus, elle est parfaitement interdite ! Mais elle n'a pas lâché le morceau. C'est Julie, après tout. Il a suffit qu'elle commence à me parler plus méchamment que d'habitude pour que je cède et j'y suis allée, la nuit, pour éviter de me faire prendre.
La pire nuit de ma vie. Elle m'a parue une semaine. Le ciel était noir, le vent violent et il faisait horriblement froid. J'avais l'impression que les arbres bougeaient et me faisaient trébucher avec leurs racines, je voyais des yeux reluisants dans l'obscurité partout et il y avait sans cesse des bruits effroyables. J'ai couru, je me suis pris des troncs en pleine figure une bonne dizaine de fois et je me suis étalée encore bien plus. Je me suis même fait agresser par un énorme corbeau ! J'ai fini par retrouver la sortie, à l'aube, je ne sais comment parce que je m'étais vraiment complètement perdue… et bien sûr, sans aucun champignon avec moi.
Et quand je suis arrivée en pleurs, écorchée de partout et les vêtements déchirés, crevée et tremblante encore de peur, la seule chose que Julie a trouvé à me dire, entourée de ses copines gloussantes, c'est :
-Tu n'es même pas foutue de me ramener un champignon ? Je me demande vraiment quand tu sauras faire quelque chose !
Alors, je suis allée me réfugier dans les bras de Lyzore qui m'a consolée sans vraiment insister pour lui dire ce qui m'a mise dans cet état. Et je ne lui ai jamais dit. La dernière chose que je voulais c'était rajouter de la tension et de la distance entre nous et Julie. Mais depuis ce jour-là, j'ai cessé d'espérer, j'ai même cessé de vouloir. Julie serait la grande-sœur hautaine et méprisante que je ne voudrais plus jamais à mes côtés et qui ne voulait, de toute manière, pas être aux miens.
Et c'est exactement cette sœur que je vois quand je regarde Julie me regarder avec jubilation tandis que mon visage se décompose et que mes yeux s'embuent.
-Tu lui diras bien à ta meilleure amie adorée, qu'elle goûte aux conséquences de ces actes, dit-elle en se levant. Coucher avec mon petit-ami n'est pas quelque chose que je cautionne.
-Elle aimait Brad et elle aime maintenant Derek et… tu n'es qu'une immonde garce ! craché-je.
-Allez, remets-toi, petite sœur… c'est comme ça, je ne suis pas de ceux qui perdent.
Et elle disparaît derrière mes rideaux tandis que je tremble de rage et de tant d'autres sentiments. Je finis par me lever, ne supportant plus d'être allongée et les fleurs accrochent mon regard.
D'un coup de plâtre, je fais voler le vase qui éclate contre l'un des murs, entre deux fenêtres.
Ca a assez duré !
xOxOxO
-Cette pute va enfin payer pour tout ce qu'elle a fait !
-J'me demande vraiment pourquoi on a attendu si longtemps, on est trop connes, dis-je sombrement avant de m'adresser à la gargouille. Sucre d'orge.
Le mur se sépare en deux, révélant un imposant escalier en colimaçon. Et oui, nous sommes bien sur le point de commettre une effraction dans le bureau de Dumbledore. Je m'y suis déjà rendue plus d'une fois, au cours de ma scolarité, pour diverses raisons telles que des heures séchées trop régulièrement ou des professeurs qui se plaignaient de mon manque d'assiduité, et du fait que je roupillais en cours. Et pourtant, il a toujours été fort sympathique avec moi, me proposant des bonbons que j'acceptais toujours avec joie et me disant qu'il me convoquait seulement pour calmer un peu ses charmants collègues. Et on passait dix minutes à bavarder. Ah… c'était le bon temps, où les profs prenaient encore la peine de se plaindre de moi à Dumbledore. Maintenant, ils ont passé le cap. Ils s'y sont faits, plus ou moins.
Tout ça pour dire que ça me chagrine beaucoup de devoir faire ça à notre directeur. Dakota et moi ont passé la deux heures, après le couvre-feu, à se cacher derrière une statue, hier soir, à attendre qu'il rentre et donne le mot de passe pour qu'on puisse le connaitre.
Donc, oui, c'est mal et ce qu'on compte faire est dix fois pire mais voilà, j'en ai marre. Julie nous a pourries la vie depuis des années. Elle nous a brisées le cœur plusieurs fois, chacune de façon différente. Je n'ai jamais mérité aucun de ses mauvais coups et paroles de vipères et, pourtant, elle ne s'est jamais lassée, voulant toujours frapper plus fort aux endroits les plus douloureux. Et, maintenant, elle vient de salir ma meilleure amie de la pire façon qu'il soit. Je peux comprendre qu'elle n'a pas apprécié qu'elle couche avec son copain mais ce qu'elle a fait… jamais je ne pourrais le concevoir.
Elle m'a toujours considérée comme une moins que rien ? Une fille inutile et dérangeante qui était malheureusement aussi sa petite sœur, incapable en tout ? Maladroite, dénue de talent et d'ambition. Elle m'a eu de cesse de me répéter combien je n'arriverais à rien dans la vie, que je serai toujours la perdante et elle, celle qui gagne.
Elle gagne avec ses tours de passe-passe vicieux et mauvais, lâches et traitres. Et bien, d'accord. C'est elle qui a fixé les règles du jeu.
On arrive alors dans le bureau et Dakota a l'air de le connaitre comme sa poche parce qu'elle trouve directement vers quelle armoire il faut se diriger. Je ne fais aucun commentaire et la suis. Dakota est toujours au courant de tout et, la plupart du temps, croyez-moi, il ne vaut mieux pas savoir comment elle se débrouille…
Elle lance un sortilège et elle se retrouve avec un dossier, fermé par un fil d'or, sur lequel il y a marqué le nom de ma grande sœur. Julie, bien sûr. Ma mâchoire se crispe et mon regard se durcit.
-Alors, elle voulait jouer avec des T et des photos de cul ? ricane Dakota. Qu'elle fasse mumuse, nous, on passe aux choses sérieuses.
Le dossier qu'elle tient entre les mains est celui qui sera envoyé à la fin de la semaine. On est en mars et, pour les bons élèves qui veulent continuer vers des études supérieures, il faut envoyer les demandes d'inscription, très tôt avant les ASPICS. Julie veut devenir médicomage et ce n'est pas pour soigner les gens, ça c'est sûr.
Dakota lève les yeux vers moi et je fais de même, quittant le dossier du regard.
-Je sais que c'est ta sœur…, commence-t-elle.
-Ca veut pas toujours dire quelque chose, la coupé-je. Elle me l'a fait comprendre de toutes les façons dont elle pouvait, d'ailleurs. Pourris son dossier comme si elle était la pire cancre de sa promo et foutons le camp. Une fille comme elle mérite pas d'être médicomage.
-Merci, Coco.
Elle me sourit, de cette façon qui est rare à Dak, avec gratitude et sincérité. Je lui rends son sourire.
-Vas-y, Dak !
Elle opine du menton et pose le bout de sa baguette sur le dossier. Ca n'arrangera pas la situation, ça ne rendra pas Derek plus correct, ni soignera le cœur de Dakota. Ca n'effacera pas tout ce que Julie a pu me faire et me dire.
Mais, putain, qu'est-ce que ça fait du bien d'arrêter d'être la victime qui ne fait qu'accuser les coups !
-Et bien, quel service d'accueil !
Dakota et moi levons subitement le menton, sans nous retourner pour autant. Bien sûr. Fallait que ça arrive. Le propriétaire des lieux est rentré et doit se trouver, dans sa robe bleue nuit étoilée, derrière nous, à nous observer derrière ses lunettes en demi-lune, posées sur son nez aquilin.
-Asseyons-nous donc quelques instants, jeunes filles ! Je suis sûr que nous avons beaucoup à parler…
Note à moi-même : ne plus jamais jouer à la James Bond Garce. Mauvais casting.
La fin est proche mes très chers mais ne vous inquiétez point, on a encore des as dans nos manches ;)
