Bonjours, bonsoir,
On remercie Bizzz et ma tite gat qui ont été les seules à avoir posté une review au chaître d'avant : / Merci infiniment les filles T.T ça nous rassure de savoir que des gens suivent et nous le font savoir. On parle pas à un mur comme ça :D
Bonne lecture !
Chapitre 4 :Premiers contacts
-Bon, les enfants, il faudrait songer à se dérouiller… les grandes vacances sont finies, nous rappelle mon Romy –à comprendre mon prof d'EMA, Entretient Musculaire et Athlétique.
Autour de moi, les trois quarts des élèves sont allongés, ventre contre l'herbe du Parc, après une seule quinzaine de pompes. Dont Owen qui s'est arrêté, éreinté, après la seconde. Je le regarde en riant tandis que j'enchaine la trente-cinquième à la trente-quatrième, le souffle devenant tout de même assez court. Mon essoufflement aggravé par mon brusque rire, je retombe au sol, cinq pompes plus tard, toujours hilare et respirant difficilement. D'habitude, j'en fais le double, les mains dans les poches, mais, essayez avec un fou-rire et vous verrez que c'est nettement moins facile !
-J'avais dit soixante, Lena ! râle Romy, gentiment sévère.
De toute manière, ce mec est physiquement incapable de se mettre véritablement en rogne ou de prendre un ton méchant. Il est si adorable, pensais-je.
Mais celui-ci ne me regarde déjà plus et s'est tourné vers l'un des seuls encore sur ses bras, enfilant les pompes avec aisance. Handon. Ce mec est insupportable ! Je l'observe avec agacement continuer son exercice, à peine rouge de fatigue. Il est quand même craquant… sacrément craquant. Il est très grand, musclé, les épaules carrées et un torse qui, parait-il, est à se damner –ses rares exs ne cessent de s'en vanter. Et son piercing au coin de sa lèvre inférieure qui fait si sexy… Ses cheveux châtains, parfaitement lisses, et qui lui retombent devant ses superbes yeux verts… un vert qui ressemble étrangement au Serpent qui décore son blason de son uniforme de sale Serpentard ! A cette réflexion, je fronce le nez de dégoût à l'idée que j'ai pu mater cette espèce de Mangemort en puissance ! Yeurk, Yeurk, Yeurk !
-Maddy…, m'appelle, Owen, les yeux larmoyants fixés sur moi, la joue droite contre l'herbe. Je vais avoir de grosses plaques rouges, demain tu sais bien que je suis allergique à l'herbe.
-Oh, arrête, Winni, dis-je. T'as toutes les crèmes possibles et imaginables, doublées d'un énorme bouquin avec tous tes sorts bizarroïdes, me fais pas croire qu'y a pas un remède contre ton allergique ! Faut faire du sport, dans la vie ! Le sport c'est la santé, la Santé c'est la force, la force c'est le pouvoir… et le pouvoir, bah c'est le sport !
Il me regarde avec découragement avant de pousser un profond soupir et de fermer les yeux. Vous devez vous demander pourquoi un type comme Owen, aussi sociable qu'un ermite et aussi courageux qu'une autruche, peut bien faire, non seulement dans un club, mais dans un club de sport ? Bah, en fait, j'y suis pour quelque chose, je ne vais rien vous cacher… Disons que si on laisse Owen faire ce qu'il veut, il s'enfermerait dans son dortoir, resterait dans son lit toute la journée, la passant à renouveler ses sorts de sureté et d'autoprotection au risque que Poudlard soit le théâtre d'une attaque de Mangemorts. On sait jamais. Donc, moi, j'agis ! Je l'ai inscrit de force à l'EMA.
J'allais le réveiller quand je croise le regard d'un autre nouveau de notre année Harold Brontey. Je trouve ça admirable de tenter sa chance dans notre club alors qu'il a régurgité son petit-déj' aux essais de Quidditch des Serdaigle.
-ça va pas fort ? me lance-t-il, en jetant un regard à Owen.
-Oh, tu sais, vieux, c'est du chiqué, tout ça ! Hein, mon Winni ? m'enquis-je en donnant une tape à celui-ci sur l'omoplate.
Il bondit sur ses jambes, des brins d'herbe collés à sa joue droite, en quête d'un quelconque danger qui lui aurait tripoté l'épaule. J'éclate de rire.
-Tu pourrais arrêter de beugler comme un troll, Gonzalez ? On n'entend que toi ! se plaint Fatima Lover, une peste de Poufsouffle.
-Vaut mieux se marrer comme un troll que d'en avoir le Q.I !
-Han ! fait-elle avant de me gifler. Quand on est un vrai mec, on se passe de toute remarque ! Tu t'es déjà regardée dans le miroir, avec tes espèces de cheveux horribles… ?
-Lena, écoute, ne…, me souffle Owen, en posant déjà une main sur mon épaule, dans l'idée de me retenir d'étriper cette salope.
Mais trop tard. Je ne supporte pas que l'on me touche, qu'on lève la main sur moi ! Mon père ne m'a jamais frappée, c'est pas pour que des sales garces s'en donnent le droit ! Je lui ai déjà bondi dessus et je lui écrase son visage dans la terre humide du Parc. Des bras me prennent par la taille et me tire violemment en arrière alors que je ne veux pas lâcher la tignasse de cette sale…
-Lena, lâche-la, enfin ! Lena ! Lâche-la tout de suite ! me demande, presque suppliant, mon prof.
C'est lui qui me tient. Désarmée par cette pensée, j'obéis, bien que très difficilement. Owen et Harold sont les seuls à rester à l'écart. Les autres mecs du club sont littéralement écroulés de rire et j'en entends plus d'un me féliciter, tandis que toutes les filles sont amassées autour de Lover et s'inquiètent de son état. Celle-ci, pour bien faire les choses, sanglote, quasiment hystérique… pauvre tâche ! A mon plus grand agacement, je croise le regard cinglant et méprisant de Handon qui reste le seul gars – à part Harold et Owen- à ne pas se bidonner. Je le fusille du regard.
xOxOxO
-Une pastille à la menthe ?
-Faut pas trop vous en gaver, M'sieur, vous savez… Je suis sûre que c'est pas si bon que ça pour la santé. C'est pas plein de sucre, ces trucs-là ? fis-je en observant avec méfiance le récipient qui contient les bonbons.
-Certainement. Sinon, où est le bénéfice de la chose ? réplique Dumby, souriant à sa manière.
-Rester en bonne santé, p't-être, nan ?
-Soit ! dit-il, en riant.
Il me regarde à travers ses lunettes en demi-lune, ses yeux éclairés de malice. Directement après ma petite altercation avec Fatima, Romuald a cru bon de nous emmener toutes les deux chez le directeur mais comme il se trouvait que Fatima n'avait pas fini de pleurer, je suis entrée dans le bureau, seule.
-Pourquoi le professeur Figures vous a-t-il menées à moi, toi et ta camarade ? Et pourquoi pleure-t-elle ?
-Je lui ai enfoncé la tête dans le gazon du parc.
-Original, je le concède, mais pour quelle raison, cette fois-ci ? me demande-t-il, ne perdant pas son sourire pour autant.
Je suis une grande habituée de ce bureau. Depuis le début de ma scolarité, il n'y a pas eu un seul mois où je n'y ai pas été conviée. Et quand je parle par mois, je suis gentille avec moi-même… Je sais déjà que je vais écoper d'heures de colle. Génial, Rusard m'avait manqué pendant les vacances.
-Elle m'a foutue une beigne, l'informais-je en regardant toujours le récipient de pastilles mentholées. Vous êtes sûr de ne pas vouloir offrir ça à quelqu'un de moins âgé ? Sans vouloir vous vexer, M'sieur, mais je suis certaine que ça vous bousille un truc entre le cœur et la cervelle, ces machins sucrés. Ya d'autres trucs hyper bons, genre… les carottes !
-On va faire un marché, Magdalena j'arrête les friandises si, de ton côté, tu cesses de te battre constamment. Qu'en dis-tu ? me propose-t-il.
-Euuuuh…
C'est pas que je n'en ai pas l'envie mais c'est les bagarres qui viennent à moi, pas le contraire. Tout le monde, dans cette école, ne fait que me chercher des poux !
-Je m'en doutais, dit-il avec un sourire satisfait, en piochant un de ses bonbons.
-Bon, finissons-en ! m'agaçais-je. Alors, c'est combien d'heures, cette fois ?
-Vois-tu, Magdalena, tu m'inspires. Si, si, insiste-t-il devant mon air suspect. Alors, pendant les vacances, j'ai réfléchi à la façon dont je pourrais apaiser tes envies de violence… et j'ai trouvé le remède parfait !
-Bravo, M'sieur,grommelais-je.
-Tu vas t'inscrire à la chorale-orchestre de l'école, me révèle-t-il.
-Quoi ?
xOxOxO
-Ouais, non mais franchement, soit c'est le sucre, soit c'est l'âge, mais Dumby perd la boule ! râlais-je en trainant des pieds dans le couloir, les mains enfoncées avec humeur dans les poches de mon sweet vert.
-C'est peut-être pas si horrible que ça…, tente de me rassurer Owen.
-Je sais même pas faire de la flûte ou du tambourin !
-M'en parle pas… la dernière fois que j'ai fait de la musique, c'était de la batterie et j'ai bousillé une dizaine de baguettes, m'avoue Douglas, piochant dans son paquet de Choco-Grenouille.
Mes sourcils se froncent à la vue de ces cochonneries et d'un geste rapide, j'attrape le paquet et le balance par l'une des fenêtres on va voir, si ces grenouilles-là ont des ailes ! Ah bah non… elles s'écrasent trois étages plus bas… pas de chance !
-Lena ! T'es casse-couille, putain, un paquet tout neuf ! gémit Douglas en se penchant par la fenêtre pour voir le désastre.
-Bah, quoi ? Elle t'aide pour ton régime, ironise Allan en lisant une des lettres anonymes qu'une fille lui envoi depuis notre Quatrième Année.
Il m'en fait lire souvent les meilleurs passages, ceux qui le fait rire ou qu'il trouve intelligents. Avec le temps, il en est devenu accro et je crois bien qu'il en est tombé amoureux, même si jamais il ne nous l'admettra –Douglas se fouterait de lui, Owen le préviendrait de tous les dangers auxquels il s'expose « C'est surement un Espion de Qui-tu-sais ! » et Jared ne dirait rien mais n'en penserait pas moins. C'est pour ça qu'il ne m'en parle quasiment jamais devant les autres, il connait leurs réactions… alors que moi, il sait que j'étais folle amoureuse de Marvin Coover, le batteur des Salvajes Chispas, l'équipe de Quidditch Espagnole. Tout de suite, ça rassure !
-Ce n'est pas parce que Dumbledore t'as inscrite à la chorale que tu dois tyranniser Doug, me sermonne Jared.
-Et si tu t'inscrivais aussi, Dada ? m'exclamais-je en lui sautant dessus et en prenant mon air le plus implorant.
-Non, Lena.
-Pourquoi, non ? m'indignais-je. S'il-te-plaaaaaaaait !
-Alors que je suis parfaitement d'accord avec le choix du directeur ? Surement pas ! Tu sais très bien que je veux que tu arrêtes d'échanger des coups de poings avec tout Poudlard !
-Tant que j'en échange pas avec toi, qu'est-ce que ça peut te faire ? m'agaçais-je, boudeuse.
-Jareeeed ! cri une voix de fille que je connais bien.
Une espèce de furie aux cheveux auburn et aux yeux bleus à l'expression effrayante fuse en notre direction Alexandra Collins. La tarée de petite sœur d'Owen, Poufsouffle de Sixième, folle de Jared. Cette fille aurait payé pour se faire dépuceler par lui mais, malheureusement, Jared s'est montré impossible à soudoyer. Mais Alex a tout de même décidé de ne s'offrir à aucun garçon, se réservant à Jared… qu'elle doive patienter encore des années. Je pencherais plus vers l'option « Jusqu'à la mort », parce que Jared n'est vraiment pas intéressé. Alex n'est pas du tout son genre de fille, d'ailleurs, je le comprends. Cette fille est une folle furieuse ! En plus, pas très futée… Owen en a une peur bleue et la fuit comme la peste. Mais c'est une des seules filles qui me fait rire, dans cette école elle est vraiment hors norme. Elle s'habille comme une prostituée mais ne tolère pas qu'un garçon ne la frôle ou essaye de la draguer, elle colle des gifles à la pelle. Elle est une abrutie finie mais a un égo surdimensionné et marche avec le menton si haut qu'au début je croyais qu'elle avait un torticolis. Et, au fond, elle a le cœur sur la main, un peu trop d'ailleurs, puisque Cindy la mène par le bout de son nez…
La suivant avec peine, une blonde aux cheveux plats et à la figure fade, avec toujours ce même sourire banal sur le visage, Gwen Spencer est sa meilleure amie mais aussi la sœur cadette de Cindy. Elle est plutôt son ombre mais est assez populaire grâce à son nom de famille, bien que celui-ci ne lui offre pas que des fleurs. J'ai déjà assisté à bien des humiliations que Cindy inflige à sa sœur, la traitant comme un chien et celle-ci baissant les yeux, obéissante.
Owen, à leur arrivée, recule discrètement pour s'éloigner le plus possible de sa sœur qui déboule comme un ouragan.
-Tu veux venir avec moi à la prochaine sortie à Pré-au-Lard ? s'excite-t-elle, en se collant contre sa chemise sur laquelle elle plante ses ongles manucurées, un sourire gigantesque collé au visage.
-Non, merci, répond-il, sans faire le moindre geste.
-Pourquoi, non ? s'enquit-elle.
A cette réplique, j'ai un affreux et ignoble sentiment de déjà-vu. Oh, Merlin…
-C'est-à-dire que j'y vais avec… Lena, se justifie-t-il.
-Oh…, fait-elle en se tournant vers moi. Et tu ne veux pas que je vienne, c'est ça, Lena ? Tu fais semblant de bien m'aimer mais, en fait, tu ne m'aimes pas du tout ! m'accuse-t-elle, en lâchant Jared et en commençant à s'avancer, les sourcils froncés, en ma direction.
Malgré moi, je recule à chaque pas qu'elle fait c'est vrai qu'elle est effrayante, cette cinglée !
-Mais si, si ! Mais… c'est son anniversaire et on préfère le fêter sans… toi, dis-je.
-Vous me brisez le cœur ! Oweeeen, crie-t-elle en se jetant dans ses bras tremblants alors que celui-ci pousse un cri, le visage blanc comme un linge.
-T'es un salaud, Dada ! soufflais-je à Jared en lui jetant un regard noir.
-C'est toi, la Gryffondor de la bande, non ? me réplique-t-il posément.
Que le choixpeau en crève !
xOxOxO
-Comment ça ? minaude le prof qui régit le club de musique, Dicksen.
Avec son Jean's moulant, sa chemise à moitié déboutonnée sur son torse épilé et sa coiffure laquée, je me demande bien de quel instrument il joue… de la trompette ?
-Bah, tout est marqué, dis-je avec un coup d'œil sur le papier que Dumbledore m'a chargé de remettre au prof.
Il se décale, de sorte que je ne puisse pas le lire, en me jetant un regard courroucé comme si je venais de le traiter de canard déplumé. De toute manière, je l'ai déjà lu.
-Je sais lire, Miss ! s'indigne-t-il. Mais j'aimerais, s'il-vous-plait, connaître par quelle prétention on me force à accepter une espèce de… sportive ! (lâche-t-il sur un ton presque écœuré) dans mon orchestre !
Une vague d'approbation gagne les élèves musiciens qui sont déjà répartis sur les bancs, dans la grande salle. Ils me regardent, choqués et énervés à l'idée que je gagne leurs rangs. Ça a le don de m'énerver…
-ça me branche pas plus que vous ! m'agaçais-je à l'assemblée avant de revenir au prof qui, avec une petite moue crispée, attend apparemment que je m'excuse, Et vous n'avez qu'à aller vous plaindre à Dumbledore !
-Insolente, en plus de ça ! grince-t-il.
-Quoi, ça ? répliquais-je.
-Allez vous assoir et que je ne vous entende pas ! Pas un geste, pas un mot ! Et ne touchez à rien !
-Et je fais quoi, moi ? me plaignis-je.
-Vous écoutez la musique, vous vous en imprégnez… et vous cessez de me répondre !
Grommelant, je me retourne et, mon sac de sport en bandoulière et mes cheveux, attachés en ma haute queue de cheval habituelle, trempés –je sors d'un entrainement de Quidditch et de la douche-, je me dirige vers les bancs. Mais, à mesure que j'approche, les élèves s'étalent sur les bancs, prennent le plus de place possible, de fait que je me retrouve bientôt, comme une conne, à chercher une place. J'y crois pas ! Que les filles me fassent ça, ok, mais je connais bien une dizaine des mecs dans cette salle avec qui je m'entends bien ! La prochaine fois que je les croise, ils vont voir ! Je réprime ma puissante envie d'aller m'assoir sur le grand tambour, l'instrument de cette peste de Michelle Meens, avant de remarquer que, derrière eux, se trouve un autre banc, occupée par une seule personne. La voyant mal, je me décale un peu et, enfin, je la reconnais Emily Bolkanski. Je sens que l'année va être joyeuse, dans cette salle… cette fille ne m'a jamais adressée la parole et quand, de mon côté, je lui ai parlé, ça a jamais été vraiment l'éclate. Mais, après tout, je vais pas m'assoir par terre –Quoique…- et j'ai peut-être mes chances de la dégriser. Sur un malentendu. Je viens m'assoir juste à côté d'elle et elle me jette un coup d'œil très étrange… comme si elle trouvait ça suspect que je vienne m'assoir aussi près alors que tout le banc est vide –d'ailleurs, elle n'est pas la seule étonnée, beaucoup d'autres me regardent de travers. C'est pas parce que c'est leur souffre-douleur personnel qu'elle a la galle !
-Wahou ! Violon ! Ça, c'est chaud comme instru ! dis-je avec un sourire.
-Suffit de s'entraîner, me répond-elle, plutôt froidement, en détournant le regard pour le porter sur le prof.
-Ouais mais, moi, même avec de l'entrainement…, pouffais-je.
-Gonzalez ! J'ai dit, pas un mot ou je vais dire au directeur que vous déconcentrez ma talentueuse et brillante violoniste !
-Comment je pouvais la déconcentrer ? Elle ne jouait même pas ! me défendis-je.
-Ne me répondez pas !
Révoltée, je croise les bras et, avec un air buté, je fixe d'un œil noir le prof qui sort ses baguettes, demande le silence puis, commence à faire jouer toute la smala, tandis que Mary White, avec sa voix d'ange, et un Serdaigle de Quatrième année chantent je-ne-sais quelle connerie. Je veux mon balai !
xOxOxO
Une heure doit être passée ou alors les secondes s'effilent si lentement que je deviens folle. En plus, j'ai l'impression que le trompettiste –ou je-ne-sais-quoi – tente de battre son record personnel du souffle projeté dans son espèce de long tuyau doré. Merci bien mais moi je veux garder mes tympans intact, j'en ai besoin pour entendre les scores pendant les matchs ! Toujours est-il que j'en suis venue à m'allonger sur le banc, un bras sous ma tête, l'autre pendant et les jambes croisées avec nonchalance. En plus, ce n'est même pas du rock. Mais je dois dire que ma voisine assure avec son violon… le plus impressionnant c'est qu'elle fait avec les yeux fermés… moi, la dernière fois, que je me suis dit « allez sans les yeux ! », sur mon balai, je me suis prise le poteau de l'anneau tout à droite, au bout de trois tours de terrain réussis.
Et, enfin, la musique s'estompe pour disparaitre complètement et des applaudissements prennent le relai. Ah, c'est fini ? Je me relève alors et me mets à applaudir à mon tour, prise par une euphorie que me transmet l'idée que je suis liiiiibre !
-Silence ! aboit le prof, faisant cesser les applaudissements brusquement.
Un train en retard, je me retrouve la seule à acclamer la fin de la séance à grand coups d'applaudissements et de « Yeeaaah ! ». Tout le monde se tourne vers moi et je me rends enfin compte qu'il serait peut-être le moment d'arrêter…
-Vous êtes fières de vous ? reprend le prof. Quelle arrogance ! Une arrogance aveugle ! Vous avez été nuls… nuls mais nuls… Comme si c'était ça, de la musique ! Comment avez-vous trouvé le baragouinage instrumental de vos camarades, Miss Gonzalez ? me demande-t-il alors.
Et à nouveau, tout le monde se retourne vers moi.
-Euh… moi ? Bah, c'était… c'était cool ! fis-je en hochant de la tête. Très cool !
-Cool ! Vous voyez un peu le désastre ? s'écrie le prof en foudroyant ses élèves.
-Quoi, c'est pas bien, cool ? m'inquiétais-je auprès d'Emily qui me jette un regard cinglant. Ah ok…
-Foutez-moi le camp et essayez donc de me ramener un peu de talent la prochaine fois, ça ne vous fera pas de mal ! nous congédie-t-il en faisant claquer sa baguette contre le chevalet.
Tout le monde se lève instantanément mais je suis la première sortie, zigzaguant entre eux et donnant de puissants coups de coude aux mecs qui m'ont ignorée et toisée alors que, dans les couloirs, ils me jettent un « Saluuuut Lena ! ». Quelle belle bande de tête à claque ! Mais… Ô liberté !
xOxOxO
-Tu sais que le Lac est le lieu d'habitation d'un Calamar Géant, répugnant et gluant, mais tu y plonges quand même tes pieds ? me demande Jared, derrière son livre Fantastique, écrit en Italien.
Jared sait parler un nombre de longue impressionnant, entre l'italien, l'espagnol, le portugais et le français… sans parler de l'anglais ! Il veut devenir interprète, ce qui n'est pas vraiment étonnant au vu de sa passion pour les livres et tout ce qui existe par écrit. Ce qui n'empêche pas que, même en lisant, il est capable d'être empêcheur de tourner en rond, moralisateur et fais-attention-Madgalena-Gonzalez-je-t'ai-à-l'œil-toi-et-ta-manie-de-faire-des-conneries. Oui, chef !
-Qui sait ? Peut-être qu'il voudrait bien me faire un massage…, dis-je avant de me pencher au-dessus de l'eau et de ronronner, hein, Paulo, viens me faire des guilis !
Douglas éclate de rire tandis qu'Allan commente :
-Quelle exercice d'esprit.
-Non, elle a raison, il fait bon, affirme une voix féminine, c'est une excellente idée !
Je me retourne juste au moment où Cindy Spencer vient s'assoir telle une princesse, avec l'élégance et la grâce qui va avec, tout près de moi. Elle me sourit puis se déchausse et trempe ses pieds, à son tour.
-Qu'est-ce que tu fous ? m'enquis-je, éberluée.
-Et toi ? me rétorque-t-elle, toujours aussi souriante.
-Moi ? Bah moi, je fais ce que je fais tout le temps ! Je suis moi, quoi ! Toi, t'es… bizarre ! Hein, les gars ? demandais-je à l'assemblée.
Jared lève à peine les yeux de son livre pour hocher affirmativement du menton, tout à fait indifférent. Owen se cache presque derrière l'arbre le plus proche quand Cindy tourne son regard vers lui. Il n'y a qu'Allan et Doug qui se prononce et ce, en même temps :
-C'est clair ! Depuis quand la Reine de Poudlard se vautre près de nous ? m'appuie Allan.
-T'es trop belle, Cindy ! lâche Douglas, rouge pivoine, le visage barré d'un sourire aussi béat que gêné.
-Merci, Douglas, répond-t-elle, en ignorant Allan, en papillonnant des cils comme une biche avec une poussière dans l'œil.
-C'était pas la question, Doug ! m'énervais-je.
Mais il ne fait plus attention à moi. Il s'en évanouit presque et ouvre la bouche tant il n'en revient pas que la beauté ici présente lui ait adressé la parole et ce comme si elle le draguait. Mais, moi, je n'y crois pas une seule seconde ! Renfrognée et de mauvaise humeur, je fixe mon regard sur la surface lisse du lac… Allez, sois, sympa, Paulo, débarque et viens becter cette sale pouffe !
-Je te l'ai dit, Lena, je veux qu'on oubli tout ça… J'ai été mauvaise mais, pendant ces vacances, j'ai réfléchi et je me suis écœurée. Je veux devenir meilleure et je veux vraiment que tu m'aides…, me dit-elle avec son air le plus apitoyé et sincère qu'elle a au placard.
-Si tu le dis…, maugréais-je, pas vraiment convaincue.
Je vais me faire avoir là, non ?
