Coucou !

Hey ben on sens que c'est les vacances :/ c'est désertique niveau reviews donc on remercie beaucoup beaucoup Nais, my little Sunshine, Your-Godness et Bizzz :D Merci les filles vous nous remontez le moral en ces temps durs ;p

Sinon, apparemment Jeremy a beaucoup de succès alalalalala c'est pourtant pas un bad boy .. Etrange.. XD

Bonne lecture !


Chapitre 5 :Révélation

J'aime Poudlard le matin, tôt. Les couloirs refroidis par la lune sont quittés par la nuit, les pas sont solitaires, le sommeil embrume encore les esprits alors que le soleil caresse les pierres du château comme une mère réveille son enfant. Je vais d'un bon pas en direction de la volière pour renvoyer une réponse à la lettre de Nikolaï. Mes lettres ne sont jamais très longues car j'y cache le mal-être que j'ai d'être à Poudlard et les mauvaises blagues que j'y subis, mais je sais qu'elles sont reçues avec joie par mes frères et mon père, et ma mère quand elle n'a pas trop bu de vodka. J'ai joint avec ma réponse quelques cadeaux, des crayons qui brillent dans la nuit pour Piotr et un enregistrement d'un morceau de piano et violon pour papa et Nikolaï. Leurs avis sur mes compositions sont toujours très utiles, tout comme celui d'Harold.

J'ouvre la porte et reste un instant interloquée. Gwen Spencer semble avoir elle aussi décidait d'éviter la foule pour envoyer son courrier. Je reste sur mes gardes, l'épiant du coin de l'œil alors qu'elle ne m'a pas encore aperçue. Je n'ai en théorie rien à craindre d'elle mais elle reste tout de même le chienchien éperdu d'amour pour sa salope de sœur. Pour Cindy, elle serait prête à se montrer méchante. Que ne ferait-on pas pour l'admiration de sa famille ? Je repère Speedy, mon hibou blanc, et lui caresse tendrement les plumes. Je lui tends mon paquet et sourit à son regard d'ambre teinté d'intelligence.

« Bolkanski ! s'écrit soudain Gwen apeurée en se plantant devant moi, qu'est ce que tu fais ici !

- Pourquoi ? C'est interdit de venir ? Ta sœur t'as ordonné de m'empêcher de communiquer avec le monde extérieur ? je fais froidement.

- Non… Non pas du tout ! se défend-t-elle. Je croyais être seule c'est tout…

- T'as quelques chose à cacher ? je demande en me penchant pour ramasser un morceau de papier au sol. C'est quoi ça ?

- Rend-le moi, elle m'arrache la lettre des mains, pas assez vite car j'ai pu lire quelques morceaux de phrases. Tu as lu ?

- Non, je mens avec aplomb.

- N'en parle à personne ! Personne, s'emballe-t-elle empourprée.

- Qu'est-ce que j'en ai à faire moi de tes histoires de cœur, je lâche avant de passer devant elle et sortir de la volière.

- Tu as lu ! m'accuse-t-elle alors que je m'éloigne dans le couloir. »

Je ne fais pas mine d'avoir entendu. Qu'est ce que ça peut faire que j'ai lu sa lettre emprunte d'un amour pas assez dissimulé pour un œil comme le mien, aguerrie aux romans et poèmes de passions ? Absolument rien puisque je ne sais pas qui est le destinataire. A vrai dire je m'en fiche. Et si elle croit que je vais utiliser cette info, elle se trompe. Je ne suis pas du genre à faire du mal aux gens, on m'en fait bien assez pour que je sache que ça n'apporte rien. En passant devant quelques élèves, je rase les murs. Les couloirs se remplissent trop vite à mon goût, je baisse les yeux et prie pour qu'on ne remarque pas ma présence.

Cette situation de méfiance constante, d'harcèlements perpétuels et d'insultes à mon égard, et à celui d'Harold, est une véritable torture. Avec le temps, j'en suis venue à me remettre en question. Peut être suis-je réellement aussi insignifiante qu'ils le croient. Mais pourquoi ? Je ne comprends pas pourquoi à cause d'une première année solitaire, j'en suis réduite à subir leurs attaques toute au long de ma scolarité ? Depuis cette semaine, dès qu'ils me voient ils s'écrient des Swirdus Numbus à tout va, me scandant de prononcer le mot. Parce qu'en cours de Sortilèges j'ai été incapable de prononcer correctement le sort demandé. Parce que mon accent russe me faisait torde les mots et rester en échec pour la plus grande hilarité des autres élèves. Mais ils ont eu beau se moquer, me montrer du doigt en ricanant, je n'ai pas bougé. Le bloc de glace que je suis devenue contre ma propre volonté me hérisse le poile. Je ne suis certes pas la fille la plus avenante qui soit mais être ainsi sur mes gardes et toujours inflexible, ne jamais me laisser aller, me coûte plus que je ne veux bien l'admettre.

OoOo

« Magdalena Gonzales est dans ton club de musique ? s'écrit Harold alors qu'on entre dans le cachot pour le cours de Potions.

- Euh oui…

- Tu déconnes c'est ça ? fait-il nullement convaincu mais très intéressé apparemment.

- Pas du tout, il paraît que Dumbledore voulait lui faire changer d'air et calmer son sang d'espagnol, j'explique sans comprendre son excitation.

- C'est Génial ! Génial ! sourit-il tout emballé par la nouvelle.

- Ah bon ? Est-ce que…

- Bien ! Bonjour à tous, tape des mains Slughorn pour faire taire les derniers chuchotements. Veuillez ne pas vous asseoir, c'est valable pour vous aussi Miss Durkeim, merci. Bien ! Je vais passer dans les rangs pour que vous piochiez un numéro correspondant à votre table de travail. Vous partagerez votre paillasse avec un partenaire mais je crois que ceci n'est pas nouveau pour vous. Commencez Monsieur Brontey ! Allons, approchez !»

Je jette un coup d'œil à la masse de Serdaigle et de Gryffondor. Je frisonne, je ne pourrais jamais être avec Harold. Mes regards craintifs ont eu l'air d'alarmer Spok assis sur la paillasse numéro trois avec Allan Lennox, un rouquin dont la seule passion connue est les nouvelles technologies. Certains le traite de geek. Mais j'ai tendance à ne pas trop écouter ce que « certains » disent à propos des autres, encore moins à propos de moi. Je plonge à mon tour ma main dans le chapeau et en sort le numéro cinq. Sans un mot je vais prendre place vers la paillasse encore vide de coéquipier. Parmis les personnes restantes, mon regard accroche la silhouette longiligne de Cindy Spencer et mon être frémit à l'idée de l'avoir toute l'année dans mon équipe. Fort heureusement Merlin en décide autrement car elle va s'asseoir à côté de Magdalena, derrière son sourire envers l'espagnole je devine des dents de carnassier. Spencer jette un coup d'œil déçu à la dernière personne encore debout. Jared Knightley. Il se retourne pour chercher sa place et son regard indifférent se pose sur moi. Je me crispe avant de baisser les yeux. Il pose ses affaires sans un mot, je ne lui adresse pas plus la parole.

« Poudre d'oubli aujourd'hui ! annonce Slughorn apparemment satisfait. »

J'ouvre mon propre livre de mon côté du bureau, il en fait tout autant sans me prêter la moindre attention. Je me détends et me plonge dans le découpage de la queue de mandragore. Tout en m'appliquant à ma tâche, je jette un coup d'œil à ce qu'il fait et constate que le partage du travail c'est fait de lui-même. Je remarque aussi que Cindy Spencer –quant elle n'est pas occupée à minauder (très étrange ça d'ailleurs) à la figure de Gonzales-, se retourne fréquemment pour lancer des clins d'œil et sourires à un Jared plus intéressé par sa grenouille morte. Il n'est pas difficile de comprendre qu'elle, en revanche, est très intéressée par mon partenaire.

Je me surprends à le détailler, c'est vrai qu'il est beau avec ces yeux noirs, mystérieux et bruts comme la terre de ma Russie, qui abritent une flamme de désintérêt profond pour presque tout, qu'il est grand et que lorsqu'il doit sourire, ça illumine certainement la pièce. Mais il semble être fait de la même race que moi, ceux qui ne sourient que pour ceux qui le méritent. Apparemment Cindy Spencer et ses œillades –ainsi que la plupart des filles de cette classe c'est sûr- ne fait pas partie de cette catégorie. Il se retourne brusquement vers moi mais ne me fait pas perdre contenance pour autant. Je reste de marbre, ma spécialité.

« Il faut mettre la poudre d'Ukraine en premier, fait-il en désignant du menton le pot. Tu t'en charges ?

- Après c'est les pattes de grenouilles, je réponds simplement avant de mettre une pincée de la poussière argentée dans l'eau de notre chaudron. Et on fait bouillir pendant cinq minutes.

- Ok. »

Ce sont les seuls mots que l'on échange pendant deux heures, cette ambiance de profond désintérêt me va très bien. Nous obtenons un Optimal sans un sourire ce qui a pour effet d'agacer Slughorn préférant du coup vanter les mérites de sa chère Cindy Spencer. Je glisse un coup d'œil à Harold et avec étonnement remarque qu'il est en grande conversation avec Allan. Ben au moins, il y a au moins l'un de nous deux qui franchit la première marche vers la popularité : agrandir son cercle de connaissances.

OoOo

« Bonjour Emily, fait Mary White.

- Bonjour, je lâche. »

C'est l'unique personne qui m'adresse la parole mais son regard condescendant empli de pitié me donne envie de crier. Je ne supporte pas la pitié. Surtout pas envers moi, la pitié c'est penser que je suis faible, que je suis misérable, que je vaux que des regards peinés. La colère bouillonne en moi. Je préfère qu'on me traite comme une moins-que-rien plutôt qu'avec la pitié qu'on offre aux infirmes. Je détourne mon regard de son rire parfait et son sourire mielleux envers les autres membres du club de musique. Cette fille est miss-parfaite. Rien qui dépasse, rien qui déborde, la candeur incarnée. Je laisse dériver mes yeux dans la pièce, les gens parlent et rient entre eux. Et moi je reste seule, sur ce banc déserté par le fait de ma simple présence. Je caresse le bois doux de mon violon, tant qu'il est là avec la musique qui résonne en moi comme la chanson de mon âme, je ne serais jamais seule. Soudain, le banc tressaute sous le poids d'une silhouette qui s'écroule dessus. Etonnée je lève les yeux pour rencontrer ceux de Magdalena Gonzales. Elle a les cheveux humides et sent le savon, elle sort sans aucun doute de son entraînement de Quidditch.

« Salut ! me lance-t-elle en étirant ses jambes.

- Salut, je réponds éberluée qu'elle revienne s'asseoir à côté de moi. »

Je me rends vite compte qu'elle ne fait pas ça par choix mais plutôt parce que le reste des musiciens et des chœurs ne lui laissent pas de place sur le banc. Imperceptiblement, ils remplissent les vide et lance de faux regards désolés à la jeune fille. Evidemment… ils ont peur qu'elle prenne leurs places au sein du club. La compétition est rude et j'en connais plus d'un qui me tuerait pour avoir ma place de soliste. Je me mords la joue pour avoir cru un instant qu'elle ne me prenait pas pour la looseuse de Poudlard. Idiote.

« Ah ! Miss Gonzales ! Encore ici…, soupire Dicksen, bon et bien nous devrons faire avec vous puisque sans ne semble pas possible.

- Je dirais pas non ! réplique la jeune fille, mais c'est Dumbledore qui veut pas !

- Hélas oui, marmonne-t-il, bon les autres on s'échauffe, il se dirige vers notre banc et soupire une énième fois en dévisageant Magdalena, et vous… de quoi savez-vous jouer ?

- De la batte au Quidditch ! fait-elle du tact au tact.

- Je vois…, répond-t-il sans un sourire alors que moi-même je dissimule le mien. Et en dehors de ça ? Vous y connaissez quelque chose en musique ?

- Euuuh, elle semble réfléchir intensément, j'ai joué du xylophone une fois…

- Une fois ? cingle Dicksen. Je vois… Et le chant ?

- Vous voulez que je chante ? s'écrit-elle toute trace d'humour disparu. Pas question !

- Allons ! Ne faîtes pas la timide ! Miss Bolkanski vous accompagnera très bien au piano.

- Bien, je rougis imperceptiblement, pas à l'aise avec des compliments si rares.

- Non pas bien ! Je refuse ! continue ma voisine.

- Miss Gonzales, veuillez cessez vos enfantillages ! la coupe Dicksen.»

Vexée et une lueur de défi dans les yeux, elle se lève et je la suis. Quelques instants plus tard l'attention des autres élèves se concentre sur sa silhouette de garçon manqué qui lève haut le menton. Je pose mes doigts sur le clavier après qu'elle m'ait soufflé le titre d'une chanson. Je ne fais aucun commentaire et laisse mes mains danser sur les touches noires et blanches. Je pense à ma mère alors que je m'immerge dans cet univers qu'elle ne peut plus atteindre. Ma gorge se noue. La mélodie s'envole dans l'air au moment où la voix de Magdalena s'élève pour se joindre à elle. Je fais abstraction du reste du monde et chaque inspiration est imprégnée de notes et de tonalités harmonieuses. Ma tête s'envole et je n'entends même pas la voix de Magdalena. La corde en moi vibre et chante, me faisant perdre pied. Et puis, lentement les notes s'éparpillent et le silence m'envahie de sa froideur. J'ouvre les yeux pour voir la mine horrifiée de Dicksen. Certains visages sont soulagés, d'autres rieurs. Magdalena les toise avec arrogance.

« Ce fut…, commence le prof avant d'hésiter, intéressant…

- Je vous l'avais bien dit ! rétorque la jeune fille.

- Certes… Certes…, il soupire à court d'idée, bon et bien trouvons pour vous un instrument puisque votre… hum… voix ne se prête pas au chant.

- Pas du tout même ! Une vraie casserole Gonzales !

- T'as quelque chose contre ma voix Zuerk ? fait la fille en avançant d'un pas menaçant dans sa direction, les poings serrés.

- Que diriez-vous du triangle ? la coupe Dicksen en l'entraînant vers l'instrument. Voilààà vous avez votre place parmi nous maintenant ! Bon ! Commençons ! Mary auriez-vous l'obligeance de commencer à la page quatre ? Les autres ont suit ! »

Magdalena grommèle quelque chose que je ne comprends pas, avant de regarder la partition rythmique pour son triangle comme s'il s'agissait d'un mangemort vêtu à la façon de Superman. Je glisse un coup d'œil sur les notes et sur son visage. La méfiance est toujours là mais… Elle ne semble pas méchante et puis si je peux aider…. Mais, voudra-t-elle de l'aide de la raclure de Poudlard ? Je me tripote les cheveux un instant avant de me lancer.

« Tu veux de l'aide ? »

Elle me fixe avec étonnement, puis semble réfléchir un instant comme pour me jauger du regard. Je me crispe et détourne les yeux. Elle va refuser c'est sûr.

« D'accord parce que pour moi c'est du chinois !

- Oh non, je réplique -éberluée qu'elle accepte-, le chinois c'est beaucoup plus dur quand même.

- Tu parles chinois ? demande-t-elle visiblement impressionnée. En plus du russe et de l'anglais ?

- Oui et toi l'espagnol, non ? je demande poliment, ça va être pratique pour le voyage en décembre.

- J'ai hâte ! me confit-elle un sourire dévorant son visage et me déstabilisant.

- Sinon, tu as déjà fait du solfège ?

- Euuuh, ça compte si c'était qu'un cours ? J'ai fait manger la partition à mon voisin, raconte-t-elle non sans dissimuler un sourire à ce souvenir, un vrai emmerdeur ! »

Je retiens un sourire et explique la signification des notes à mon élève indisciplinée. La froideur ne manque pas de me reprendre lorsqu'une des choristes lance à Magdalena « Tu fais ami-ami avec la russe pour refroidir tes pulsions meurtrière envers les autres Gonzales ? » Mon être se referme comme une huitre et je fais mine de les ignorer sans pour autant ne pas les entendre.

OoOo

Pré-au-lard est un nid à emmerdes. Harold et moi sommes toujours obligé de redoubler de prudence parce que chaque année il nous arrive quelque chose. L'année dernière, Cindy et quelques copines avaient fait en sorte que lorsque l'on touchait un verre aux Trois Balais, ils explosent. Mais il semblerait que cette fois-ci ils aient décidé de nous laisser en paix. Si Harold semble y croire moi-même je n'en mène pas large. Patience est mère de sûreté.

« Tu t'es pris une retenue ?

- Ouais, trop de T en Métamorphose apparemment, fait-t-il sans la moindre émotion.

- Spok, je soupire en farfouillant parmi les romans du fond de la librairie. Si tu veux être pris à Harvard faudra que Dumbledore te fasse une lettre pour te recommander… Comment tu veux qu'il le fasse si toi tu fais aucun effort pour apprécier la magie ?

- Je lui en ai déjà parlé, m'apprend-t-il en passant sa petite tête à lunettes par-dessus le rayonnage pour s'emparer du roman d'un inconnu allemand que je tiens entre mes mains. C'est quoi ça ?

- Tu lui en as déjà parlé ? je m'étonne en essayant de récupérer le livre, comment ça ?

- Ouais j'ai eu un rendez-vous dans son bureau et lui ai expliqué, explique-t-il en lisant quelques lignes, fronçant les sourcils et me le rendant, il a dit qu'il y aurait pas de problème. Il a même compris mon point de vue sur cette foutue magie.

- La magie a du bon tu sais, je souris, on a l'impression d'être les héros de notre enfance tu ne trouves pas ?

- La magie Princesse, c'est la seule chose inexplicable physiquement et chimiquement, il plante sérieusement ses yeux dans les miens, la magie c'est ce qui me tient en échec.

- Ce n'est pas un échec Harold, c'est un mystère. C'est beau un mystère, je murmure en soufflant sur la poussière d'un roman. Et un jour, tu seras content de savoir que quelque chose est hors de ta portée, qu'il existe encore un mystère. ça permettra au physicien surdoué que tu seras d'avoir encore des rêves, des buts, je lui souris doucement. Il faut avoir des rêves pour avancer.

- Tu sais que je t'adore Princesse ? s'écrit-il en m'enlaçant brusquement, t'es la meilleure ! C'est pour ça que je suis sûr qu'on va arriver à montrer à tous ces abrutis de sorciers ce qu'on vaut ! D'ailleurs, elle est gentille Lena ?

- Magdalena ? je réfléchi avant de répondre, oui. Elle est gentille, elle a le cœur sur la main. Et un peu tout feu, toute flamme, comme Nikolaï.

- Je trouve aussi ! sourit-il, c'est cool que tu te sois faîte une amie !

- J'ai jamais dit que c'était mon amie, je corrige en me dirigeant vers la caisse un livre de poèmes russes sous le bras, j'ai juste… Hey ! Pourquoi tu tiens tant à ce que je sois amie avec elle au fait ? C'est pour la popularité ?

- Entre autres, rougit-il en évitant mon regard.

- C'est de cette fille que tu es amoureux, je demande doucement.

- Hein ? Non ! Non pas du tout ! rit-il nerveusement. C'est pas d'elle non…

Je retiens sa manche alors qu'il se dirige vivement vers la sortie, mon regard bleu glacier se plante dans le sien couleur caramel. Comme toujours il soutient mon regard. Je te fais confiance souffle notre échange. Il me sourit nerveusement avant de se gratter la tête. C'est un chuchotement qui parvient à mes oreilles.

« C'est Owen.

- Owen ? je reste un instant interdite, Owen Collins ?

- Ouais…, il est aussi rouge qu'un coquelicot –ma fleur préférée- mais soutient mon regard.

- Pourquoi ça te gène de le dire ? je demande abruptement. Pour moi ça ne fait aucune différence qui tu aimes ou ce que tu es. Je t'aime Harold, ça risque pas de changer parce que tu es homo.

- Emily…, soupire-t-il de soulagement.

- Je ne sais pas si on va réussir à attirer son attention et à devenir populaire pour qu'il te remarque mais je te jure de tout faire pour ! je promets en découvrant mes dents du bonheur en un large sourire. »

Bras dessus, bras dessous on sort de la librairie. Harold semble plus léger dans sa démarche comme s'il venait de se décharger sur mes épaules d'un secret trop lourd à porter. Nous n'avons pas fait un pas dehors qu'un cri retenti suivie par des sortilèges. Je me sens soulevée de terre et je pousse un hurlement lorsque la tête à l'envers je quitte le sol. Je ne comprends réellement ce qu'il se passe que lorsque je me retrouve suspendue par les pieds au toit de la boutique de laquelle nous venons de sortir. Je constate avec horreur que mes jambes sont à l'air mais qu'on peut discerner ma culotte à travers mon collant noir. Je tente de cacher cela en les regardant avec un mépris aussi froid que l'hiver en Sibérie.

« Bande de connards ! cri Harold tout en se débattant pour atteindre sa baguette.

- C'est ça que tu cherches Brontey ? ricane l'attrapeur de Serpentard en jouant avec la baguette de mon ami. Tu n'en as pas besoin, tu n'aimes pas la magie à ce qu'il parait !

- Accio Baguette ! je m'écris alors que le sang qui afflue dans mon cerveau me fait tourner la tête.

- T'as besoin d'une fille pour te défendre Brontey ? rit Cindy qui observe la scène depuis le bout de rue déserte. Et quelle fille !

- Laisse-nous tranquille pétasse ! insulte Spok en se débattant comme un beau vers.

- De quoi tu m'as traité là ? demande Spencer en arquant un sourcil de mauvais augure.»

Les yeux gris de Cindy virent à l'orage et sa baguette se lève. Je ferme les yeux et protège mon visage tandis qu'Harold crache des insultes qui transfigure le visage de Cindy en un masque de colère. Je le supplie mentalement de ce taire, trop tard. Des litres d'eau glacée nous abrutissent. Je cri de surprise et Spok s'étouffe avec ses injures. Il y a un tonnerre de rires qui me donne envie de leurs arracher les yeux. Je n'ose pas nous libérer de peur d'envenimer les choses. L'eau froide me raidit et fait éternuer mon ami. Les rires ne semblent pas vouloir se taire. Cindy range sa baguette avec satisfaction.

« Qu'est ce qui se passe ici ?

- Par Merlin Jared ! s'écrit Cindy se jetant sur lui et ses amis, tu arrives enfin ! Ils s'en prennent à eux comme des possédés ! J'ai besoin de ton aide ! »

Ses amies hochent la tête en se composant la même tête horrifiée que Spencer tandis que les autres lui lancent un regard étonné qui leurs vaut un coup d'œil sans équivoque. Harold juge bon de se taire pour ne pas recevoir les foudres de la Reine de Poudlard. Profitant des larmes de Cindy, de l'étreinte de ses amies pour la consoler, de la convergence de regards vers elle et de la fuite des autres garçons sous la menace de retenu du préfet de Serdaigle –Jared Knightley- je murmure un sort et nous libère. Nous atterrissons lourdement au sol, crachant l'eau qui est entrée dans nos bouches. La voix sifflante et grelottante, Harold marmonne des insultes en foudroyant Spencer appuyée contre l'épaule de Magdalena qui apparemment semble au summum du mal à l'aise. Ma tête restée trop longtemps à l'envers me tourne mais je suis capable de voir la tristesse et la honte dans le regard de mon meilleur ami lorsqu'il se rend compte qu'Owen Collins nous dévisage.

« Ça va Emi, me souffle-t-il en m'aidant à me relever.

- Tirons-nous d'ici, je lui glisse.

- Je demande pas mieux, grince-t-il. »

On remonte en courant main dans la main la rue pour déboucher sur l'avenue principale. Lorsque je jette un coup d'œil en arrière je constate que tout le monde est agglutiné autour de Cindy qui leurs joue la grande scène du quatre les larmes aux yeux. Pour un peu on croirait presque que c'est elle qui s'est faite pendre par les pieds et arrosée sous les rires des autres. Comme toujours nous n'avons aucune importance… Je grelotte mais c'est seulement à cause du froid qui se transforme en pointe de glace au contact de mes vêtements trempés. Harold nous arrête une fois éloignés du groupe et je lève ma baguette pour nous sécher. Un soupir de soulagement s'échappe de mes lèvres lorsque mon pull redevient sec et tiède. Mon regard croise celui désespéré de Spok. Je lui serre plus fort la main.

« Ça va pas être de la tarte de séduire Owen, je marmonne.

- C'est sans espoir, souffle-t-il tristement. Même si lui est gay, jamais il voudra…

- Il y a toujours de l'espoir Spok, je le contredis vivement, il suffit d'y croire.

- Tu crois vraiment qu'on se fera accepter un jour Emi ? il lève des yeux suppliant. »

Incapable de soutenir son regard, je détourne le mien. Je reprends notre marche vers Poudlard, je n'ai pas réussi à lui mentir. Je n'y arrive jamais.


Alors alors, que pensez vous de ces deux personnages qu'on commence mieux à connaitre non ? Et de ce que vous envisagez comme choses à advenir ;p