Coucou !
Voici donc le dernier chapitre de Coco, très long en plus :D c'est'y pas trop cool !?
Bref, pour tous ceux qui demandent si on a des projets pour d'autres fics sachez que oui, dont une suite pour sorority même si pour l'instant on est plus à fond dans une nouvelle fic, on vous délivre le titre en direct ? Allez soyons fou " Arrête de geindre princesse et bouge tes fesses !"
Merci beaucoup à Crack's, Boub's et Yéti pour leurs reviews, on vous aime les filles !
Bonne lecture !
Chapitre 36 :
Il faut que je gagne.
Assise sur un des bancs du vestiaire, j'enfile mes chaussettes tandis qu'Elyse et Valentina médisent sur les filles de l'équipe adverse. Celle qui va entrer dans le terrain en même temps que nous. L'équipe des Serdaigle.
L'équipe de Julie.
Je sors mes baskets de mon sac et m'emploie à les glisser sur les pieds pour les lacer, fort. Aujourd'hui, c'est Serdaigle contre Poufsouffle. Le dernier match de cette année, le dernier match de la scolarité de notre capitaine.
Mon dernier match contre ma sœur.
Je me lève et attrape mon polo jaune que je passe par-dessus ma tête. J'ai perdu toutes les autres fois que je l'ai affronté, que ce soit sur le terrain ou ailleurs. Elle a de meilleures notes, des cheveux blonds plus soignés, plus d'admirateurs. Elle est plus intelligente et plus talentueuse, plus ambitieuse et plus charismatique. Et elle s'est acharnée toutes ses années à bien me l'imprimer dans ma cervelle creuse.
Et quand j'ai essayé de lui faire payer, de la même manière qu'elle m'a pourri la vie, c'est-à-dire lâchement et sans dignité, je me suis faite prendre la main dans le sac par Dumbledore. J'ai voulu jouer la garce et même à ça, elle me bat.
Dumbledore nous a demandé pourquoi on touchait au dossier de l'une de mes sœurs et je n'ai pas cherché à lui mentir. Je lui ai dit la vérité. On voulait se venger. Il nous a regardés, Dakota et moi, mais surtout moi. Et il nous a dit que ce genre de vengeance ne satisfaisait jamais vraiment, qu'on avait toujours l'impression de rester sur sa faim. Et que, au final, on continuait toujours à vouloir en faire encore et encore. Et il a raison.
J'aurai saboté le dossier de ma sœur et elle n'aurait jamais été une médicomage, et quoi ? Qu'est-ce que ça aurait changé dans ma vie ? Je l'aurais vu plus sournoise et aigrie, méchante et haineuse, parce qu'elle aurait su ce que j'aurais fait. Et elle se serait vengée à son tour, de façon dix fois pire. Et j'aurais riposté. Je lui aurais donné toute l'attention qu'elle recherche et ma vie aurait fini par être centrée que sur la haine et la rancœur que je ressens pour elle, et j'aurais fini exactement comme elle.
Or, c'est la dernière chose que je désire. Je ne veux plus fournir le moindre effort dans notre relation, que ce soit en bien ou en mal, que ce soit pour l'arranger ou lui faire payer. Je veux juste qu'elle s'écarte de mon chemin, que je finisse par me ficher de son existence comme d'une guigne et que ma vie n'ait plus la moindre accroche à la sienne.
Et pour ça, il faut que j'arrête de lui accorder autant d'importance, que j'arrête de me dire que je ne peux jamais l'emporter sur elle et que je lui serai toujours inférieure. Juste une fois, pour prouver que je peux le faire.
D'un geste sec et déterminé, je pose ma cape sur mes épaules et attrape mon balai. On nous dit que c'est l'heure de faire notre entrée et Elyse, Valentina et moi sortons, sous les applaudissements et regards de tout Poudlard, rejointes par les garçons.
Je lance un regard ferme à Julie qui m'observe avec son sourire en coin.
C'est pour ça que, aujourd'hui, je vais gagner.
xOxOxO
-… et PERRY ATTRAPE LE VIF D'OR ! hurle Skeeter. Poufsouffle l'emporte ! QUARANTE A DEUX CENTS QUARANTE ! DU JAMAIS VU POUR L'EQUIPE !
Des acclamations assourdissantes ébranlent nos gradins et j'entends d'ici Amandine et Chelsea crier nos noms, des pancartes brandies dans les airs. Celle de Dakota m'a d'ailleurs bien fait rire, elle dit en énorme « ELY ET COCO SONT LA ET VONT MANGER DU PIAF ! ». Et oui, aujourd'hui, Dakota n'a plus rien de Serdaigle. Entre Julie qui l'a affichée telle une star de porno, Derek qui s'est prêté au jeu et tout le reste de sa maison qui l'évite ou l'insulte à la première occasion, Dakota est officiellement une anti-Serdaigle.
Avant que j'entre dans les vestiaires, elle m'a attrapée par les épaules et m'a dit, droit dans les yeux :
-Ridiculise mon équipe pour moi, ma poule ! Je veux que Coraly Smooter devienne leur pire cauchemar ! Ou c'est moi qui deviendrai le tien ! Bien reçu, Smooter ?
Parfaitement reçu, même ! le souafle a su percer ma défense seulement quatre fois ! Une vraie déculottée !
Je souris en regardant le capitaine de Serdaigle hurler de rage à ses joueurs, s'arrachant presque les cheveux, aux parfaits antipodes de Philip qui tient le vif d'or triomphalement, plus fier que jamais. Chris, à côté, joue des mécaniques avec sa batte qu'il fait virevolter. Elyse et Val lancent des commentaires moqueurs à Julie et la deuxième fille de l'équipe de Serdaigle, revanche bien méritée par rapport à toutes ses années où on perdait lamentablement, finissant à la dernière place.
Cette année, on sera troisième et Serdaigle, bon dernier !
A peine, je descends à terre que Phil me saute dessus pour me prendre dans ses bras.
-MERLIN, Coco, je t'aime ! crie-t-il. Qu'est-ce que t'as attendu toutes ces années ?!
-On s'en fout, Pépé ! fis-je. On a gagné !
Toute notre équipe hurle en réponse, faisant écho à ma phrase et des « ON A GAGNE ! » remue le terrain, enfonçant encore plus nos adversaires dans leur défaite toute fraiche. Mais, aujourd'hui, pas de place à la gentille victoire ! Pas de place à la compassion !
On a trop longtemps perdu !
Peu de temps s'écoule avant que Zozore, Kurt, Amandine, Shannon, Chelsea, Cory et Dakota se ruent à notre rencontre, suivis de près par le reste de notre maison. Ma sœur embrasse Phil et le baiser devient vite passionné. Il faut dire que Phil est de bonne humeur ! Elyse et Val se mettent à raconter chaque détail aux filles, à Cory et à Kurt, au risque qu'ils aient pu louper le moindre détail. Chris a passé son bras autour de mon épaule après m'avoir embrassé et lui non plus, ne tient plus en place, reprenant Ely et Val dans leurs comptes-rendus et les interrompant.
Dakota vient se poster à ma gauche et me sourit, fière de notre victoire.
-Elle doit l'avoir mauvaise, cette pute !
Je lance un coup d'œil à Julie qui nous fusille du regard.
-C'est dur de se faire laminer par la larve qu'on a comme frangine, faut la comprendre…, dis-je en jouant la compréhension.
-Ce soir, les Pouffys, s'exclame Chris en élevant la voix par-dessus toute la cohue et levant un poing dans les airs. Préparez-vous pour la fête de votre vie ! Ce soir, c'est nous qui faisons la loi ! VIVE LES POUFFYS !
-VIVE LES POUFFYS ! reprenons-tous.
-ET VIVE PHILIP PERRY ! crié-je.
Mon capitaine me sourit, le bras autour de la taille de Lyzore.
-VIVE PHILIP PERRY !
xOxOxO
Je suis dans les vestiaires, un large sourire scotché au visage, tandis que j'enfile mon Jean. Elyse et Val viennent de sortir, en me disant que puisque j'étais trop lente, elles partaient organiser les festivités de ce soir, dans notre salle-commune, avec Phil et Chris, et les autres. La soirée risque d'être phénoménale, chaque Poufsouffle veut faire la fête comme jamais ! Ca va partir dans tous les sens mais, pour une fois, que ce n'est pas la victoire des Gryffondor ou des Serdaigle qu'on célèbre, on ne va pas s'en plaindre !
Ce soir, ça va être nous les Rois de Poudlard et, ça, même les Gryffondor le savent !
-Cette victoire ne change rien, petite sœur, j'espère que tu ne te fais pas trop de faux-espoirs.
Je m'immobilise alors que j'allais enfiler mon tee-shirt, mes cheveux trempés par la douche que je viens de prendre, dégouttant dans mon dos. Alors, voilà le grand moment. Notre dernière confrontation, celle durant laquelle je clôturais tout. C'est ce que j'ai décidé et, pour une fois, je vais faire en sorte que ce soit irrévocable.
Je veux que ça s'arrête et je veux que ce soit qui arrête tout ça, maintenant.
Je finis de mettre mon tee-shirt et me retourne vers Julie qui est déjà fraiche comme la rosée du matin, alors que le match s'est fini il y a tout juste un quart d'heure.
-C'est dur à avaler, pas vrai ? répliqué-je en la regardant bien droit dans les yeux. Que j'ai gagné et que toi, t'as perdu. Quelque part, ça doit faire bizarre, non ?
-T'as gagné, cette fois-ci et cette fois-ci seulement, me dit-elle. Tu continueras à perdre comme t'as perdu toutes les autres fois.
-Non, t'as pas compris, Julie, fis-je en m'avançant vers elle. Cette victoire veut dire que quand je veux gagner, je peux gagner. Et bien, proprement. Avec deux-cent points de différence. Voilà ce que ça veut dire.
Julie me regarde, étonnée par mon attitude calme et assurée. Je lui fais face sans baisser les yeux, ni essayer de fuir le plus vite possible de son périmètre. Et ça, elle a pas l'habitude.
-Ya quelques jours, j'ai essayé de foutre en l'air ton dossier d'étude sup, lui avoué-je.
-Tu as quoi ?!
-Tu peux te venger, si tu veux, parce que ça, tous tes coups de putes à répétition, ça, ça changera jamais rien, continué-je. C'est déjà trop tard, tout est fait, tout est fini. Tu veux que j'te dise le pire dans tout ça ? C'est que, depuis le début, t'as fait comme si j'étais la coupable, ou le parasite à éradiquer, alors que tout ce que je voulais c'est que tu sois ma sœur. Je t'aimais vraiment, je t'aimais comme j'aime Lyzore. Et toi, tu m'as jamais aimée.
Elle continue à me fixer, ne disant rien. Mais qu'aurait-elle à dire ? Pendant toutes ces années, c'est elle qui a parlé, c'est elle qui a réglé ses comptes innombrables avec moi. Chacun son tour, je suppose.
-Maintenant, je ne t'aime plus. Tout est réglé donc, tu vois ? conclué-je. Mais merci d'être passée me féliciter !
Je me retourne et attrape ma baguette pour envoyer toutes mes affaires dans mon sac, puis j'attrape l'anse de celui-ci pour le coller sur mon épaule.
-Verrouille la porte en sortant, lui dis-je avant de me diriger vers la sortie.
Et je ne prends même pas la peine de fermer la porte, encore moins de la claquer.
xOxOxO
-Et cet arrêt, Merlin, cet arrêt…, se remémore Phil. mais nom d'un scrout à pétard, Coco, je veux cet arrêt à tous les autres matchs que tu joueras !
On est assis dans notre canapé officiel, devant la cheminée qui sert, ce soir, à faire bruler divers aliments et à cramer le derrière des plus bourrés d'entre nous qui trébuchent, dans les environs des flammes. Lyzore est dans les bras de Phil et moi, je suis entre lui et Dakota. Celle-ci est en pleine réflexion, sirotant un des cocktails que nous a servi Chelsea –et étonnamment, c'est délicieux ! Je n'ai aucun doute qu'elle pense à Derek.
Depuis plusieurs jours maintenant, il la harcèle pour qu'elle l'écoute et lui pardonne. Parait-il qu'il ne serait pas dans le coup des photos de nu. Il se serait laissé convaincre par Julie pour sortir avec Dakota –pourquoi, je ne sais pas, il n'a pas donné plus de détails- mais que petit à petit, il serait tombé amoureux. Qu'il voulait que tout soit clair avec Julie mais que manifestement celle-ci l'ait mal pris. Et donc, voilà, elle a réussi à étaler la vie sexuelle du couple dans toute l'école !
L'explication me parait crédible, personnellement, et j'ai toujours trouvé Derek plutôt cool mais tout ça est tellement tordu. Faut-il vraiment lui faire confiance ? Le risque vaut peut-être bien d'être pris, après tout, Dak semble s'être attachée à lui, donc…
-Tu seras plus là l'année prochaine, rappelé-je à Phil.
-Ouais mais toi, t'y seras encore et je veux que tu me fasses honneur ! T'es ma chouchoute et j'veux que tu joues bien, pigé ?
-Oui, Cap'tain !
-Ah, faut la remuer, ta sœur…, se plaint-il à Lyzore.
-Et encore, t'arrives pas toujours à quelque chose comme ça ! plaisante celle-ci.
Autour de nous, c'est un véritable bocson. Les sièges sont entreposés n'importe comment et tout le mobilier est bougé constamment. La salle est bondée, bouillante et bruyante. Les lumières sont tamisées et la musique retentit, encourageant les élèves, majoritairement de notre maison, à danser. Enfin, il y a aussi des Gryffondors, attirés par la perspective de boissons gratuite et de faire la fête ! Bon, ma sœur, c'est la perspective de se lover dans les bras de mon beau capitaine… ah, ces Gryffons !
Chris se plante alors devant moi, ayant un de ces sourires qui me dit qu'il a quelque chose derrière la tête.
-Toi, tu viens avec moi un peu ! établit-il.
Et sur ce, il m'attrape par la main et me fait me lever sans effort du canapé.
-Hé ! Tu vas pas me piquer ma gardienne après le seul match qu'elle a réussi ?! proteste Phil. J'ai encore pleins d'choses à lui dire !
-Oui, bon, ça va, vieux, on a gagné ! fait mon copain. J'croyais qu'on fêtait ça, pas qu'on faisait soirée-canap ! Alors, c'est bon, profite de ta copine et laisse-moi sa petite sœur, par le calebut de Merlin !
Lyzore se jette alors sur les lèvres de Phil pour le distraire et Chris en profite pour m'emmener à l'écart. Il me tient par la main et on traverse la salle. Je repère dans un coin Cory et Amandine qui s'embrasse avec douceur et tendresse, Shannon qui flirte avec Val qui semble se laisser convaincre doucement mais surement et d'autres couples de cet acabit. Je repère même Kurt qui caresse le bras d'un garçon de Sixième Année de ma maison et souris, alors c'était ça son secret ?
Des amoureux depuis des mois ou des années déjà, d'autres qui ne le seront que pour cette nuit ou quelques suivantes et d'autres pour qui, ça durera bien plus longtemps. Ce soir, ce parfum de victoire embaume toute la pièce et les regards des autres n'importent plus autant. On peut se lâcher et en profiter. On est en mars et la fin de l'année approche à grands pas, ce n'est plus le moment de se retenir… encore plus pour les élèves de Septième Années qui voient les ASPICS comme le dernier obstacle qui les retiendrait encore à Poudlard. Après ce sera les études sup ou le boulot. Et on sera tous éparpillés. Il n'y aura plus beaucoup d'opportunités pour tenter sa chance auprès de celui ou celle qui aurait pu emballer notre cœur en secret.
Je remarque alors la présence des Maraudeurs, dans un coin de la pièce. James et Lily s'échangent des sourires amoureux, tandis que Sirius drague Daniella et que Remus et Pettigrow discutent. Sirius est tout aussi beau mais mon cœur ne loupe plus de battement lorsque je lorgne sa silhouette. Je me détourne alors et observe la nuque mate, dissimulée par endroits par ses boucles brunes, de mon copain qui m'entraine par la main au cœur de la pièce. Et cette fois-ci, une vague de chaleur me submerge, mélange de bien-être et de bonheur. Je n'ai pas la moindre envie de lâcher sa main chaude et réconfortante, je n'ai pas la moindre envie de le quitter, lui. Il m'énerve et peut me rendre complètement folle mais il me fait aussi rire et sourire.
Il me décoche un sourire malicieux accompagné d'un haussement de sourcils suggestif puis, il s'engage dans le passage qui mène aux dortoirs des mecs. Un gloussement m'échappe et je ne fais montre d'aucune hésitation, le laissant me guider. On s'arrête devant la dernière porte, tout au fond, sur laquelle est inscrit en lettre d'or « Septième Année », surplombée d'un blaireau sur ses quatre pattes.
Il ouvre la porte et m'attrape par la taille pour m'embrasser, nous faisant pénétrer à reculon. Je l'entends seulement refermer la porte, derrière moi, trop occupée que je suis à l'embrasser. Je connais à présent ses lèvres par cœur et je ne m'en lasse pas !
-J'me disais bien que t'avais quelque chose en tête ! rié-je tandis que ses lèvres posent des baiser le long de ma mâchoire pour descendre vers ma gorge.
-Rappelle-toi, bébé, j'ai dit que ce s'rait la fête de notre vie…
Des papillons s'envolent dans mon ventre tandis que je ne peux m'empêcher de rire d'excitation. Je ne m'en rends compte qu'on se déplace dans la pièce que lorsque le derrière de mes cuisses tape contre un rebord de lit. Je n'ai pas le temps de réagir qu'il m'allonge sur le lit, en me poussant, me suivant de près. Je me retrouve alors coincée entre lui et le matelas, l'une de ses mains posées à côté de ma tête et l'autre se faufilant sous mon débardeur. L'un de ses doigts se glisse sous ma jupe de mon uniforme –j'ai eu la flemme de chercher un autre vêtement…- puis, sous l'élastique de ma culotte
Et j'ai alors un sursaut de panique tandis que des frissons se propagent le long de tout mon corps. Je me redresse, me sentant rougir et le cœur allant à milles à l'heure.
-Hé, Coco, détends-toi…, me souffle-t-il en me regardant.
Ce n'est pas que c'est la première fois qu'il me caresse mais ce n'était jamais dans un lit, comme ça… je n'ai jamais fait ça. Il est mon premier copain, mon premier véritable flirt, le premier garçon qui s'intéresse à moi. Je n'ai que seize ans ! Ok, je sais, pleins de filles ont déjà passé ce cap mais, bon sang, pas moi !
-Je… j'ai jamais…, commencé-je.
-Je sais, rit-il. Tu vois bien que j'ai attendu !
Oui, c'est vrai que… ça va faire quand même quatre mois, bientôt. Si ça n'est pas déjà le cas ! Pour être tout à fait honnête, je n'ai jamais encore fait le calcul.
-C'est moi, Coco, tu sais que tu peux me faire confiance, me promet-il.
Je lui souris tandis qu'il me caresse la peau, en dessous de mon nombril. Je me sens m'apaiser petit à petit et j'opine du menton.
-Je te jure que ça va bien aller, poursuit-il. Et faut me comprendre, je tiens plus, moi ! plaisante-t-il. Si tu veux vraiment attendre parce que tu te sens pas prête, alors j'attendrai, mais sache que je vais être frustré…
Il me lance un regard de chiot battu très convainquant et j'éclate de rire. Je me mordille la lèvre, me plongeant dans son regard foncé et rassurant. Je lui fais confiance mais ça ne m'empêche pas d'avoir peur. Mais je sais aussi que je veux que ce soit lui parce que je me sens bien dans ses bras et que ses doigts sur ma peau ne me donnent pas l'impression d'être autre part qu'à leur place.
Je ne sais pas si je suis vraiment amoureuse de lui. Peut-être que je ne le suis pas encore tout à fait mais je suis en bon chemin, ça je le sais. Et s'il se révélait ne pas être l'homme de ma vie, si tant est qu'il en existe réellement hein, on est d'accord… alors, si c'est le cas, je ne regretterai pas pour autant qu'il ait été mon premier.
-Tu serai vraiment de mauvais poil, en plus, remarqué-je en riant, passant mes bras autour de son cou.
-Tu le regretteras pas, crois-moi ! Je suis vraiment un Dieu du sexe ! m'assure-t-il. Après ça, c'est toi qui me sauteras dessus pour en redemander !
J'éclate de rire et l'embrasse. Mais deux secondes après, je m'éloigne, frappée par une révélation et j'écarquille les yeux d'horreur.
-Je suis pas épilée !
-Merde, moi non plus ! réplique-t-il en mimant sa propre mine horrifiée. Tant pis, hein, on f'ra avec, qu'est-ce tu veux !
Et il fait voler mon débardeur tandis que je suis littéralement pliée de rire, sur le lit. Ca promet !
xOxOxO
Quand on revient dans la salle commune, il est dans les environs d'une heure du matin et… bon, d'accord, on n'a pas vu le temps passer ! Faut dire, on a dû prendre une douche d'environ euh… une heure et demi, quelque chose comme ça !
Nos mains sont liées et Chris a cette démarche qu'il a quand il est particulièrement fier de lui, c'est-à-dire qu'il pourrait facilement enfiler des lunettes de soleil et proposer de signer des autographes à tout le monde. Pour ma part, je redoute sérieusement le fait que je ne vais pas tarder à avancer en pain chassées, en chantonnant un bon petit Hakuna Matata !
Dans la salle, la musique a redoublé de volume et le pourcentage moyen d'alcool dans le sang de nos camarade a bien dû suivre la même allure. Tout le monde rit et embrasse n'importe qui, ça frôle l'orgie collective mais tout ça, dans un esprit joyeux et convivial !
Chris se tourne vers moi et m'embrasse avec un air prétentieux avant de me déclarer presque cérémonieusement :
-Je te donne même pas vingt minutes pour revenir me supplier pour une autre manche, chérie.
-Ah oui ? fis-je en dessinant des courbes du bout des doigts sur son torse. Je pencherai plus pour toi, me suppliant, dans… allez, dix minutes ?
Il me regarde de haut, semblant réfléchir.
-Ok, c'est possible ! admet-il.
J'éclate de rire et l'embrasse avant de le regarder s'éloigner vers Vincent et sa bande de potes. Chris a vraiment des amis discutables, mis à part Phil. Heureusement que je n'ai pas à les supporter !
J'entends alors des éclats de voix derrière moi et me retourne pour voir Amandine hurler sur Manon qui la défie du regard avec son air d'enfant-gâtée. Puis, l'une et l'autre se jettent dessus et finissent au sol, se tirant les cheveux et s'enfonçant les doigts dans le nez. Shannon, Val et Philip débarquent tels des héros pour essayer de séparer les deux teignes tandis que Cory semble au bord du désespoir et ne sait pas quoi faire.
Je m'approche de lui tandis que Val vient de se prendre l'un des talons de Manon dans le menton, et la traite de tous les noms.
-Mais, rayon de soleil, lâche les ch'veux de Manon…, fait Cory parfaitement inutilement.
-Mais laisse-les, frangin ! Ca leur fait du bien ! fis-je avant de crier, les mains en porte-voix. Vas-y, Mandy, arrache-lui les yeux !
-Arrête, frangine, tu l'excites encore plus !
Elyse se plante à côté de moi, jubilant tout autant que moi à la vue d'Amandine faisant bouffer le sol de notre salle-commune à cette petite allumeuse de Brancouvère.
-C'est ça, trésor, mords-la ! l'encourage-t-elle.
-Bon, ça va, les filles ! s'énerve Phil qui essaye de tirer Amandine de Manon.
Ely continue néanmoins d'encourager Amandine et je passe un bras autour de Cory qui se lamente sur l'état dans lequel vont se retrouver les deux tigresses qui se griffent.
-Ah, fallait pas laisser Brancouvère te draguer…
-C'était rien, man, grommelle-t-il. Elle sait bien que c'est elle que j'aime… Bébé, tu l'étrangles !
-Au moins, maintenant, on sait qu'on aura pas à s'en faire pour toi, Cory ! remarque elyse en ricanant. Elle tient à tes miches ! P'tit veinard, va !
Phil et Shannon arrivent enfin à les séparer. Elles sont toutes deux folles de rages et à bout de souffle mais c'est sans aucun doute Manon qui a perdu le plus de cheveux !
-Remue une nouvelle fois tes fesses toutes plates devant mon Corentino, sale aguicheuse, et j'en ferai des grillades, une bonne fois pour toutes ! la menace Amandine.
Elyse et moi éclatons de rire tandis que Shannon, qui tient encore Amandine, sourit avec amusement avant de lui glisser que c'était très sexy, ce qui parait rendre particulièrement fière d'elle notre catcheuse officielle. Les élèves qui s'étaient attroupés se dispersent et reprennent leurs activités ; piaffer ; se bourrer la gueule ; danser ; se bécoter.
-Et ben, maintenant, je saurai qu'il vaut mieux pas que je drague Corentin pour ma survie, s'affichent la phrase devant moi en lettre de feu.
Je me retourne et souris largement à Lyzore qui semble avoir trouvé le spectacle tout aussi divertissant que nous.
-Pour ma part, j'ai toujours évité de chercher trop Mandy… pour toutes les fois où elle m'a engueulé pour des histoires de sèche ou de devoirs pas rendus ! Cette fille est une vraie plaie mais, au fond, on l'adore tous ! Mais c'est vrai que ce serait reposant de s'en passer quelques journées !
-Je te trouve bien euphorique et bavarde, dis donc, Cora, remarque-t-elle avec un sourire en coin. Et vous avez disparu un sacré bout de temps, Chris et toi…
-On avait une victoire à fêter !
-Je vois ! rit-elle avant de poser une main sur mon bras et d'ajouter d'un air cachotier : Tu me raconteras tout ça, plus tard, alors !
-Compte sur moi, grande sœur !
On s'échange un coup d'œil complice.
-On va danser ? propose-t-elle.
-Euuh…
-Le point d'interrogation, c'était pour la forme, m'indique-t-elle.
-Qu'est-ce que tu peux être autoritaire, parfois, zozore, c'est dingue ! me plaignis-je. Bon, ok, mais je vais nous chercher à boire avant !
-Mouais, fait-elle. Mais au pas de course, allez, allez !
Je rigole et traverse la salle pour me rendre vers l'open bar que Chris a eu l'ingénieuse idée d'installer pour attirer tout le beau monde de Poudlard. Ce qui a marché parfaitement ! Je m'attrape un verre et verse du punch. Je me rappelle soudainement du coup du punch-ensorcelé qui avait collé tous les opposés de l'école ensemble et je ris. C'était une bonne idée, finalement ! Et ça parait tellement loin ! Il s'en est passé, des choses, cette année !
-Alors, Smooter, un pari, ça te dit ?
Je me retourne subitement pour voir Sirius, appuyé contre le bar, en mode play-boy. Et je ne sais pas pourquoi, au lieu de me retourner l'estomac d'excitation ou de me faire piquer un fard, je trouve plutôt la situation tellement cocasse que j'en éclate de rire.
-Merci de proposer, dis-je en souriant. Mais j'vais être obligée de décliner… cette fois-ci, j'ai vraiment beaucoup trop à perdre !
Ne manque plus que l'épilogue très chers, c'est le moment de vous lâcher :)
