Coucou à tous !

Désolées pour le retard mais les vacances sont déconnectantes ^^

Bref, merci à Rukie, Bizzz et my Sushine pour vos reviews T.T ca nous rassure beaucoup :D

Sur ce, que la fète commence !^^


Chapitre 9 : Quand Estein rencontre Mozart

Harold sourit à son reflet réfléchi dans la vitre, examinant minutieusement les détails de son costume d'Einstein qu'il porte avec beaucoup de classe. Je ne jette pas un regard au mien trop préoccupée par la fête d'anniversaire de Cindy qui s'annonce imminente. M'entortillant nerveusement ma mèche rebelle autour de mon doigt, j'ai un mauvais pressentiment. Spencer nous déteste –c'est réciproque- et nous voir à sa soirée ne risque pas de l'enchanter même si c'est sur invitation de Lena avec qui elle semble très amie. Mais Spok est sur sa planète, complètement excité à l'idée de pouvoir aller à LA fête, comme tous les gens populaires et les VIP. Ce qu'il semble oublier c'est que nous ne somme pas populaires, tout le contraire même, et que ça risque d'avoir des conséquences. L'unique chose qu'il voit c'est la possibilité d'approcher Owen qu'il ne peut d'ordinaire que dévorer des yeux en cachette et rire de ses manies avec tendresse. Je soupire, de toute façon j'ai promis. Une promesse est une promesse dans la famille Bolkanski.

Je scrute le couloir avec attention, attendant de voir débarquer Lena et tous les gens qu'elle a invité à s'incruster. Spok trépigne d'impatience et de stress à l'idée de ne pas savoir comment aborder Owen. Il est tellement adorable à se décoiffer les cheveux de nervosité que je n'ai pas le cœur à lui gâcher son entrain en lui faisant part de mon appréhension. Soudain, un brouhaha monstre se fait entendre et Lena accompagnée d'une dizaine de mecs débarque dans le couloir de la Salle sur Demande. Inconsciemment je me ratatine sur moi-même, presque en m'arrêtant de respirer pour ne pas qu'on nous remarque. Du moins pas trop.

« Emi ! Harold ! Il manquait plus que vous, s'écrit Lena alors que tous les autres nous dévisagent avec méfiance et froideur.

- Comment t'as fait pour avoir tout l'attirail d'un rugbyman professionnel ? répond Spok impressionné.

- Secret de famille ! fait-elle en un clin d'œil, mais c'est toi le cerveau, Einstein, non ? »

Harold rit mais ça ne dégivre par pour autant la plupart des amis de la jeune fille, il n'y a guère qu'Owen et Lena qui sourient. Alors qu'elle nous entraîne à la Salle sur Demande, je me glisse à l'arrière aussi silencieuse qu'une ombre et lève le menton avec dédain pour les regards méprisants de quelques personnes. Harold me lance un regard interrogateur et m'intime du regard à venir à l'avant avec lui mais j'hausse les épaules et lui fait signe de m'oublier pour profiter de la conversation d'Allan et Owen. Un demi sourire glisse sur mes lèvres quand je vois derrière ses lunettes ses yeux pétillaient de joie. Je traine les pieds à la suite de Conrad en plein discussion quiditchienne avec le gardien de Poufsouffle. Je porte mon regard d'une personne à une autre en détaillant les tenues, Owen est en armure comme un chevalier, Douglas en Jack Blues des Blues Brothers, Conrad en loup-garou et Allan a enfilé le déguisement de Luigi du jeu Mario.

Alors qu'on entre –moi et Harold en nous ratatinant pour qu'on nous reconnaisse pas malgré nos déguisements-, je remarque avec stupeur que quelqu'un s'est même déguisé en Shakespeare et aussitôt la voix de papa lisant Hamlet et Roméo et Juliette résonne à mes oreilles. Je me rends compte aussi qu'il s'agit de Jared Knightley, mon partenaire de potions avec qui une entente silencieuse s'est instaurée et décide de parler malgré le fait qu'il puisse me remballer car non-contraint de m'adresser la parole comme en cours.

« Shakespeare ? je demande en détaillant sa tenue exacte réplique de celle que porte le dramaturge au dos de la couverture de mon Macbeth.

- Oui, répond-t-il en tournant son regard plus blasé que méprisant vers moi, et toi Mozart c'est ça ?

- Oui ! je fais en retenant mon sourire de contentement parce que quelqu'un a deviné qui je représente.

- Pas mal, réplique-t-il en souriant à moitié.

- Toi aussi. »

L'instant d'après, la pièce nous a engloutis dans sa demi-pénombre qui dissimule un peu les visages que l'on a peine à reconnaître. De peur de le perdre, je m'accroche discrètement à la manche de Spok. Il me prend la main en souriant.

« T'inquiète, me souffle-t-il en replaçant une mèche rebelle de mes cheveux, on se quitte pas.

- Il y a intérêt ! je réplique en frissonnant, on est dans la cage aux lions.

- Heureusement qu'il y en a de notre côté ! fait-il en désignant Lena qui cherche dans la foule quelqu'un.

- C'est étrange, je murmure en détaillant la silhouette élancée de Magdalena.

- De quoi ?

- Pourquoi elle est gentille ?

- Tu as peur ?

- De quoi ?

- Me fais pas celle qu'a pas compris, me fait-il, je te connais ! Tu as peur de t'attacher.

- C'est pas ça, je mens en haussant les épaules, juste… Pourquoi elle agit comme ça maintenant ? Je veux dire… Alors qu'avant…

- Peut être parce qu'on ne lui a pas donné sa chance avant ? rétorque-t-il tristement. »

Je dévisage Lena qui me fait de grands signes à ma plus grande perplexité. Elle… Elle ne semble pas avoir peur de toucher les pustules de Poudlard que nous sommes. Elle est juste… elle-même. Et à ma plus grande terreur je commence à m'habituer à son attitude gaie et entraînante de plus en plus présente à mes côtés. Si au départ je me suis montrée froide et distante envers elle, peu à peu je me prends à sourire et rire avec elle. Ça me fait peur. J'ai peur de perdre ce qui m'est acquis, peur qu'elle recule sous la pression de ses amis, de Cindy Spencer et de tous les autres. Mais même si j'ai peur de souffrir de ce que je commence à aimer, je suis encore plus terrifiée par ce qu'il pourrait lui arriver si au contraire elle ne recule pas. Sur ce qui pourrait s'abattre sur sa tête en fréquentant les deux raclures de l'école. La crainte qu'elle subisse notre sort me serre les trippes. Elle ne mérite pas de souffrir autant que nous et de devenir froide juste par gentillesse envers Spok et moi. Personne ne mérite le même sort que celui qui nous a été assigné.

« M'accorderez-vous cette danse mon cher Mozart ? demande galamment et pompeusement Harold en faisant la courbette.

- Avec plaisir mon cher Einstein ! je réponds en le laissant m'entraîner dans le coin de la piste de danse le moins éclairé pour qu'on ne nous remarque pas. »

Le son de « Crazy Little Thing Called Love » de Queen s'élève au moment où nous commençons à danser selon nos propres pas. Je ris parce que ni lui ni moi ne sommes doués pour l'exercice, heureusement tout le monde est trop occupé par son voisin ou ses œillades pour accorder la moindre attention à Einstein et Mozart qui dansent comme des pieds, affolés par la musique du groupe qu'ils vénèrent. Je dévore des yeux mon meilleur ami, quand il a cette petite étincelle dans les yeux je me sens voler. Pour qu'il ait toujours ce regard joyeux et entraînant je me damnerai. Nous enchaînons les pas de rock que nous connaissons non sans éclater de rire parce qu'on a un temps de retard sur les autres, notamment sur Lena qui danse avec Owen ou encore sur Jared et une Poufsouffle qui traine souvent avec Gwen Spencer, la sœur de Owen il me semble… Alexandra ou Marina Collins… Un truc comme ça. Harold me fait tournoyer et on manque de percuter la colonne à côté de laquelle nous sommes. Il éclate de rire et –remarquant qu'Owen et Lena sont au bar avec Douglas et Conrad- il me propose un verre nonchalamment. Nullement dupe, je lui souris et nous nous dirigeons vers eux. Je me dissimule derrière sa maigre carrure pour ne pas attirer l'attention tandis qu'il salut avec aisance. Pas un regard ne lui est accordé, je le pousse légèrement en avant pour qu'il parle à Owen.

« Tu crois qu'il va survivre ? demande nerveusement Owen.

- Pas sûr ! rit Lena en s'étouffant à moitié avec son verre. Alex est du genre étouffante ! Pauvre Dada…

- Je paris cinq galions qu'elle le lâche pas de la soirée, s'esclaffe Conrad.

- Tenu ! répond un mec que je ne connais pas.

- C'est ta sœur non ? demande Harold à Owen nerveusement –il se décoiffe tt le temps quand il est nerveux-.

- Ouais, répond-t-il, bien qu'on soit pas fait pareil.

- C'est le moins qu'on puisse dire ! s'exclame Lena.

- Lena ! s'élève une voix cristalline qui me fait frissonner de terreur. Tu as pu venir ? Très…, sa voix se fait légèrement pincée, original ton déguisement. »

Tandis qu'elle distribue des compliments d'une voix câline, elle jette un regard à la piste et ses yeux se plissent de mécontentement en apercevant Alexandra Collins pendu au cou d'un Jared ennuyé. Ses lèvres se pincent pour faire la grimace lorsqu'elle se rend compte de la présence d'Harold et moi. Je bloque ma respiration devant la colère et le mépris qui couve en elle comme une vague hurlante.

« Qu'est-ce qu'ils font là eux ? crache-t-elle.

- Tu m'as dit d'inviter qui je voulais, répond Lena. Mes amis quoi !

- Et c'est deux… elle ravale l'insulte pour se contenir, là sont tes… amis ?

- Ouais, ça pose un problème ? demande avec étonnement Lena.

- Aucun, fait-elle suavement, absolument aucun. »

Si Lena se contente de cette réponse, moi-même je sais très bien ce que signifie le regard qu'elle nous jette. J'agrippe la main d'Harold. L'étincelle de méchanceté et colère qui brille dans les yeux de Cindy me glace de part en part. Il faut qu'on parte ! Soudain elle se glisse de sa démarche de reine vers nous alors que Lena entraine le reste de ses amis sur la piste de danse pour les Rolling Stones. Une fois sûre qu'ils sont hors de vue, Spencer enfonce sa baguette dans mes cotes m'arrachant un petit cri aigu et un regard froid. Elle m'ignore et fusille Harold qui déglutie sans la moindre peur apparente et la toise.

« Je vous laisse dix secondes. »

Sans plus attendre, j'attrape la manche de mon meilleur ami et l'entraîne vers la sortie en courant, bousculant les gens sur notre passage. Certains crient, d'autres nous insultent mais je les ignore, fonçant au dehors. Harold tente de me faire ralentir, de me calmer mais je ne l'écoute pas. Lorsqu'on arrive à la porte, elle reste fermée.

« Trop lent, rit Cindy qui nous toise.

- Oooh, Didi, soupire une fille en brandissant sa baguette, des parasites infestent ta fête !

- Il est temps de faire le nettoyage, ricane un garçon.

- C'est clair, ça pue la crasse par ici, répond un troisième. »

Je n'ai le temps que de fermer les yeux. Quelque chose de gluant s'abat sur nous, et des morceaux durs tentent de percer mes paupières je tousse et le goût me rappelle l'œuf. Les rires résonnent ainsi qu'un « oups je me suis trompée de sortilège, attend j'arrange ça ». Quelque chose de glacée qui n'est pas de l'eau me tombe sur la tête. Je retiens mon cri. C'est de la glace. Les secondes me paraissent des minutes. Lorsque mes yeux s'ouvrent enfin je suis toujours immobile et droite malgré le vent furieux de sorts qu'on nous balance à la gueule. Mon dédain fait sortir Cindy de ses gongs mais elle garde, par un effort de volonté, son calme. Elle se plante devant nous, Harold grâce à ses lunettes voit mieux que moi et attrape ma main pour s'enfuir en courant sans lui laisser le temps de nous insulter.

La dernière chose qui me parvient alors qu'on déboule dans le couloir, couvert de jaune d'œuf, de glace et d'une mélasse improbable et douteuse c'est leurs rires. Harold ravale ses larmes et je le serre contre moi, lui caressant le dos et le consolant mais c'est sans espoir. Il ne pense qu'à une chose : jamais, jamais, jamais il ne sera à la hauteur d'Owen.

OoOo

Le bruissement des pages que l'on feuillette et les murmures bercent mon esprit alors que je suis adossée à une étagère au fond de la bibliothèque. Me cachant des élèves entre les rayons de Potions et d'Histoire de la Magie. J'attends qu'Harold revienne du club d'échec où il s'est inscrit en trouvant un adversaire à sa mesure en la personne d'Allan Lennox. Ils passent des heures à se scruter sans broncher, et Spok fait même un effort et accepte de jouer avec un jeu version sorcier. Il adore se mesurer à Allan, la première personne qui est de son niveau. Je souris pour lui malgré la solitude qui me pèse dans ce coin de pièce oublié, alors que l'après-midi touche à sa fin. Harold se fait des « amis » ou du moins il essaye, pour pouvoir grimper les échelons de la hiérarchie de Poudlard. Bien que je ne sois pas sûre qu'Allan Lennox soit la clé de la popularité vue le niveau de la sienne. Enfin, ce sera toujours mieux que notre statut de souffre-douleur attitré.

Je me délasse dans ce silence réconfortant tout en parcourant mon roman avec avidité. Sherlock Holmes parcoure Londres à un rythme effréné. Plus que quelques pages et je serais bientôt le nom du meurtrier ayant démembré Miss Rose la belle herboriste dans sa cuisine. Un recueil de poèmes norvégien est le prochain sur la pile de mes livres. Harold peut bien faire trois parties d'échec que ça me dérangerait pas. J'ai de la lecture après tout. En parlant de lecture ! Il faut que je relise la partition que j'ai faite pour Harold et la joue au violon avant que l'on parte en Espagne ! En parlant d'Espagne… Je pose mon roman et sort de mon sac le papier couvert d'encre et de ratures. Le rire de Lena revient à mes oreilles et les notes que j'ai jetées sur ce parchemin résonnent en moi. Des notes qui ont la sonorité de son rire, qui danse sur son dynamisme. Des notes que je n'ai pas su retenir et qui sont sorties d'elles-mêmes. Comme pour me faire comprendre que cette fille était quelqu'un de bien et que je pouvais m'ouvrir à elle. Et l'envie qu'elle soit mon amie est si forte qu'elle étouffe presque ma méfiance envers tout le monde.

« Tortionnaire ! grogne soudain la voix de Lena, me faisait sursauter.

- T'exagère pas un peu là ? soupire une autre que j'identifie comme celle de Jared.

- J'ai raté les dix dernières minutes de mon entraînement pour un foutu devoir de Métamorphose ! continue-t-elle boudeuse.

- A rendre demain et que tu n'as toujours pas commencé je te rappelle, réplique-t-il. Vu tes notes vaut mieux pas rajouter en plus un T !

- Un de plus un de moins, marmonne–t-elle. »

Je ne les vois pas mais apparemment ils s'assoient derrière moi. Incapable de me concentrer sur autre chose je les écoute. Riant discrètement de leurs altercations. Soudain le rire de Lena retenti, et sans perdre un instant je fais sourire ma plume sur le parchemin encore étalé sur mes genoux. L'inspiration rend ma respiration saccadée. Sans m'en rendre compte je suis entraînée dans le rire de Jared qui retentie à la suite de son amie. Mes yeux se ferment et je laisse mon esprit se faire bercer par leurs voix et conversation qui me font sourire. La plume danse sur les lignes de partition tracées à la va-vite. Je manque d'éclater de rire à l'une de leurs altercations à propos d'une question qu'elle ne comprend pas car n'écoute pas en cours. J'ai un peu l'impression d'être une voleuse à être assise au sol dissimulée derrière des romans, à écrire ce que je ressens en les écoutant, à leur voler un instant dont je suis exclue et simple auditrice. Harold peut prendre tout son temps, les voix de Jared et Lena me tiennent compagnie.

OoOo

Slughorn passe dans les rangs et regarde nos chaudrons d'où s'échappe un gargouillement paresseux. Je jette un coup d'œil au nôtre qui correspond parfaitement à ce que nous devrions avoir si tout était bon. Satisfaite je glisse ma main dans mon sac et en retire mon recueil à moitié entamé pour me plonger dans les vers envoûtant de ce norvégien, de toute façon Slughorn met toujours des plombes à venir jusqu'à notre table, passant toujours dix ans à féliciter Cindy Spencer et ses dons incrôôôyables pour mélanger des pattes de grenouille avec de la bave de limace. Ce qu'il faut pas entendre, je grince en silence. Le prof en arrivant à notre table ne s'y attarde pas, ayant vite compris que Jared Knithley et moi sommes imperméables à ses remarques mièvres. Ça l'a vexé de ne pas nous voir nous confondre en adoration devant l'attention qu'il nous porte, du coup il lâche sèchement un « Optimal » avant de s'éloigner vers Harold et Allan Lennox.

« Bien allez chercher une fiole pour que les prélèvements de vos potions, nous verrons si le résultat sera probant dans une semaine, lâche-t-il après quelques minutes que je passe à dériver dans des alexandrins. »

Je glisse un regard à Jared qui me signifie en se levant qu'il va chercher le flacon que distribue Slughorn. Je le remercie d'un mouvement du menton avant de me replonger dans mon recueil. Soudain, alors que quelques élèves, dont Lena, entourent le prof, Cindy se retourne. Je sens immédiatement son regard sur moi, un regard mauvais. Qui crache du mépris sur la moindre parcelle de ma peau. Je ne lève pas les yeux, alors qu'elle me parle. Violemment sa main se pose sur mon livre.

« Je te parle Bolkanski ! »

Je lève la tête, plantant mon regard bleu dans le sien gris. Un sourire satisfait s'étire sur ses lèvres alors qu'elle se penche vers moi. Aucun sourcillement de mon être ne trahit l'affolement qui s'est emparé de moi.

« Ben voilà, tu vois quand tu veux…, fait-elle avant de cracher, je ne sais pas à quoi tu joues mais saches que je ne vais pas te laisser faire !

- De quoi tu parles ?

- De ta soi-disant soudaine amitié avec Lena, rétorque-t-elle en pinçant ses lèvres, si tu crois parvenir à te faire des alliés à Poudlard tu es pathétique, rit-elle. Personne ne voudra être ami avec la raclure de l'école ! Mais si tu persiste, son ton se fait plus pénétrant, je te promets que ta nuit à la belle étoile ne sera plus qu'un joyeux souvenir à côté de ce que tu subiras. Lena est mon amie, alors pas question qu'elle fréquente la looseuse c'est clair ? Ne t'approche pas d'elle tu pourrais ternir sa réputation… Ce serait regrettable n'est-ce pas ? »

Lena revient en brandissant fièrement son flacon et me lançant un sourire auquel je ne réponds pas, me contentant la baisser la tête pour éviter le regard satisfait de Cindy. Jared revient et me tends le flacon tout en attrapant une pipette, me permettant de me focaliser sur autre chose que mes pensées qui s'affolent et mon cœur qui se serre. La cloche retentie bruyamment, me faisant sursauter. Je rebouche machinalement la fiole et vais la rendre à Slughorn. Alors que je ramasse mes affaires, Spencer me bouscule violemment. Son regard mauvais me plante là. Je pâlis.

« Tout va bien Miss Bolkanski ? demande le prof voyant que je reste figée.

- Oui, je réponds en ne lui accordant aucun regard. »

Lorsque la porte du cachot se referme, et qu'Harold me sourit la voix emplie de pitié de Slughorn me parvient « pauvre fille vraiment… Quel dommage…». Je m'emmure et attrape la main de Spok pour courir loin des autres.

OoOo

Les valises s'entassent dans la Grande Salle débarrassée des tables et bancs. Les gens sont les uns sur les autres, surexcités par le départ imminent pour l'Espagne. Ça rit, ça s'emballe, ça regarde avec attention et impatience le porte-au-loin que Dumbledore a posé dans un coin, il est en forme de chaussure usée. Je suis assise sur ma valise à côté d'Harold qui cherche dans la foule Lena et Owen. Nous sommes tout au fond de la salle, près de la Grande Porte, légèrement à l'écart. A l'image de notre position dans l'école. Les derniers, ceux qui sont séparés du reste des sorciers par une barrière invisible qu'ils ne peuvent pas et ne doivent pas franchir. Cindy me l'a clairement rappelé par ses menaces. Je ne dois pas espérer quoi que se soit de la part de Lena, je ne dois pas espérer quoi que se soit de quelqu'un ici.

Je déteste Spencer, si fort que ça m'étouffe, mais je ne peux pas me dresser contre elle. Elle a toute l'école de son côté, elle contrôle les actions par ses battements de cils, elle est préfète. Elle est bien plus forte que moi et je sais parfaitement que même avec toute ma volonté, elle me touche à chaque moquerie ou sortilèges. Je ne peux pas m'élever face à elle. C'est peine perdue. Je suis obligée d'obéir pour ne pas que mon sort s'aggrave, tout comme celui de Lena. Conséquence de tout ça ? Je l'évite et sèche les cours de musique où de toute façon je n'ai rien à apprendre. Je ne lui parle plus et baisse mon regard dès qu'elle tente de m'adresser la parole. Mais elle ne semble pas avoir compris, elle ne semble pas s'arrêter. Ça me fait peur. J'ai envie de repousser Lena mais j'en suis incapable. J'ai tellement besoin de sentir cette petite étincelle d'amitié qui a jailli dans mon cœur en béton armé. J'adore qu'elle rit et s'enflamme pour un rien, s'énerve contre les Serpentard, s'agace pour les cours et papillonne dans son univers bien loin. Trop loin du mien. Nous ne sommes pas faites pour être amies. Je constate avec horreur que ça me fait mal de l'admettre, je constate que j'ai baissé ma garde comme une niaise digne de concurrencer Mary White. Je ris jaune, faisant se retourner vers moi Harold.

« Ça va Emi ? demande-t-il.

- Oui t'inquiète, je mens en souriant

- Arrête de mentir Princesse, soupire-t-il. Qu'est ce qu'il y a ?

- C'est Cindy, je réponds tristement.

- Qu'est-ce qui se passe, s'inquiète-t-il en s'asseyant sur sa propre valise pour me faire face. Elle t'a fait quoi cette pétasse ?

- Elle…, je déteste me sentir si mal-assurée. Elle a juste dit qu'on avait pas le droit de devenir ami avec Lena parce qu'on devait rester à notre place.

- Pour qui elle se prend elle ? s'énerve-t-il en bondissant sur ses pieds. Depuis quand elle décide avec qui on doit parler ?

- Depuis qu'elle est amie avec Lena, je souffle.

- Qu… quoi ? Lena est amie avec… Cindy Spencer ? s'exclame-t-il horrifié en se rasseyant aussitôt, les jambes coupées.

- Si amies qu'on est de trop dans ses relations.

- Ah d'accord… je vois. »

Ses yeux bruns rencontrent les miens, sans rien dire on se comprend. Il se place à côté de moi et m'enlace. Je laisse aller ma tête sur son épaule. Je n'ai besoin que d'un seul ami et depuis toujours c'est lui. Je n'ai pas besoin d'avoir plus, ça me suffit largement. Je tente de m'en convaincre mais ça me fait mal, tellement mal de me sentir si méprisée. De me sentir rejeter sans cesse depuis sept ans. J'espérerais tellement que Lena… Mais non. Je suis pathétique, à la moindre lueur d'espoir je m'enflamme. Je croyais pourtant m'être bien protégée.

« Si elle est amie avec cette salope il n'est pas question qu'on le devienne avec elle. Pas si ça Cindy la considère comme sa chasse gardée.

- Oui, je murmure. Tu as raison.

- C'est pas grave, marmonne Spok, on s'en fiche !

- Mais et Owen ?

- On trouvera quelque chose d'autre que la popularité, assure-t-il sans y croire un instant. Puisqu'on ne peut devenir ami avec personne ici…

- J'en suis sûre ! je lui souris. »

Je perçois la tristesse qui émane de lui mais suis incapable de le consoler. J'aperçois Lena dans la foule, qui s'avance vers nous apparemment surexcitée. Je me crispe et baisse les yeux.

« Saluuuuut ! s'écrit soudain Lena en bondissant vers nous. Prêts à partir ?

- Salut, lance Harold en détournant son regard.

- Vous allez voir c'est génial l'Espagne ! fait-elle sans se formaliser de notre manque d'entrain.

- Lena ! s'exclame alors la voix de Cindy qui nous rejoint, tu viens ? On fait les chambres et tu n'est pas encore inscrite ! »

J'attrape la main d'Harold et de l'autre la poignée de ma valise, il prend la sienne au vol alors que je nous enfonce dans la foule des élèves. Pour foncer vers le porte-au-loin où Dumbledore annonce qu'il est temps de partir. Spok bouscule les autres élèves et nous sommes les premiers à lui faire face pour le départ. Un sourire malicieux se glisse sur ses lèvres et il nous invite tout les deux à toucher la chaussure magique. Mes doigts serrent forts ceux de mon meilleur ami lorsque nous effleurons ensemble l'objet. Je ne lâche pas sa main de tout le voyage même quand brutalement les élèves et la Grande Salle de Poudlard s'effacent sous mes yeux. Je ferme les yeux et m'accroche à lui et ma valise. Soudain nous sommes sous un soleil brûlant, nous atterrissons violemment au sol.

« Miss Bolkanski, Mr Brontey, veuillez venir ici pour laisser la place aux autres de venir, fait MacGonagall en notant nos noms sur un parchemin.

- Princesse, regarde, me souffle Harold à l'oreille en montrant du doigt la ville aux couleurs de l'été qui s'étend en contrebas.»

Mais je ne regarde pas, je ferme les yeux et écoute. Tend l'oreille vers les sons qui dansent jusqu'à mes oreilles. Les voix des personnes me viennent, des voix chantantes et chaudes comme le soleil, le son des cigales me berce un instant et le vent dans les oliviers finit de me conquérir en une seconde. J'ouvre mes yeux sur le ciel bleu. Alors c'est ça… c'est ça le son de l'Espagne.


VIVA ESPAÑA ! so... what else ?