On espère que vous avez profiter au maximum de ce long weekend, ensoleillé pour notre part !
Bonne lecture :)
PS : ceci est le dernier chapitre d'Anak avant son épilogue !
Chapitre 46 :
"Cherry vient ce week-end !
-Non ?!
-Si, elle a pris son vendredi exprès ! Elle ne pouvait plus attendre de vous rencontrer avec Papa, m'explique Moh. Du coup, si ça te dit, on prend un port-o-loin vendredi soir pour aller chez Papa et tu pourrais emmener Valériiiian…"
Il chantonne son prénom et je glousse tout en regardant mon copain qui est à l'autre bout du réfectoire à donner une précision à deux élèves qui l'ont alpagué alors qu'on se dirigeait vers la table des professeurs -que Moh squatte sans arrêt- pour manger notre déjeuner. Mon regard tombe sur Murdock un peu plus loin qui se vante à qui veut l'entendre d'avoir fait très forte impression auprès de la famille de Sib, surtout auprès de sa mère. D'après ce que Sib m'a rapporté, c'est le moins qu'on puisse dire… mais je plains surtout la mère de Sib, si elle pense pouvoir se débarrasser de notre Demi-Nain préféré aussi facilement ! Elle n'est pas au bout de ses peines !
"J'ai hâte d'enfin rencontrer Cherry ! m'enthousiasmé-je.
-C'est rien à côté de Papa, réplique Moh, quand je lui ai dit que t'avais toi aussi un copain, il m'a ordonné de le ramener lui et Cherry pour avoir sa bénédiction…
-On y croit ! plaisanté-je avant de redevenir sérieuse. Mais je sais pas si c'est pas un peu trop tôt pour emmener Valérian à la maison…
-Il t'a bien présenté sa sœur !
-Ouais mais là, c'est Papa…
-Ya-t-il un problème ?"
Mon cœur se cogne contre mes côtes à la voix soudaine de Valérian qui fait son apparition à nos côtés, enfin libéré de ses devoirs professoraux pour le repas.
"Non, non, me pressé-je à dire avant de lui proposer un peu d'eau pour changer de sujet, Les filles ont tout bien compris, c'est bon ?
-Oui, j'ai répondu à leurs questions, affirme Valérian après avoir accepté son verre d'eau fraîchement remplie, au fait, est-ce que tu voudrais qu'on aille au restaurant, ce soir ? Il y a un indien que j'aimerais bien tester…
-Oh oui, oui.
-Ou alors, peut-être l'italien devant lequel on est passé la semaine dernière ?
-Oui, comme tu veux !"
Il me regarde un peu étrangement mais mon esprit est bien trop préoccupé par l'idée de week-end de Moh pour y accorder toute mon attention.
Comment je vais bien pouvoir lui présenter la chose…
OoOoOo
"Tu as réfléchi pour ce soir ?"
Frappée de confusion, je tourne un regard arqué vers Valérian qui m'a débarrassé de la moitié des petites planètes dont je me sers pour présenter le système solaire à mes Premières Années. Mes bras sont si chargés que j'ouvre péniblement le placard, et là encore, il vole à ma rescousse.
"Tu sais, pour le restaurant, me rappelle-t-il, je t'en ai parlé ce midi.
-Oh oui ! et c'est toujours avec plaisir !
-On peut faire autre chose qui te dise plus, sinon, me propose-t-il.
-Non, non !"
Je jette Saturne pour qu'elle rejoigne ses cousines, Jupiterre et Mars, et je rattrape de justesse Vénus qui se faisait la belle.
"Mais tu veux qu'on aille à quel restaurant ? m'interroge Valérian.
-Oh, celui que tu veux, répondé-je, tu avais parlé d'un Indien, non ?
-Si, mais ce n'était qu'une idée. J'aimerais qu'on aille quelque part qui te plaise.
-Oh, tout me plait !"
Je ferme rapidement les portes du placard pour éviter l'effondrement de notre système solaire sur le parquet de ma salle de classe et je suis si focalisée sur le risque encouru que j'ai cru mal entendre la phrase que Valérian m'a adressé :
"Comme la galerie d'art de ma sœur, par exemple ?"
Je reste un instant figée, espérant avoir mal entendu, puis je me retourne lentement vers Valérian. Raide comme un des gardes de la reine d'Angleterre, il me toise avec accusation et le souffle me manque soudainement. Ca fait si longtemps que je n'ai pas perçu une quelconque négativité sur son visage me concernant que j'ai l'impression d'avoir été aspirée dans un trou de vers qui m'aurait fait voyagé plusieurs mois en arrière lorsqu'il n'était jamais le dernier à pointer de son doigt parfait mes faux-pas.
"Pourquoi tu dis ça ? parvins-je tout de même à articuler.
-Je pose la question, puisque la réponse m'intéresse.
-Je ne pensais pas que…"
Mon esprit est complètement brouillée et je sens mes joues chauffer, là où mon sang est monté. Il est si sérieux et grave que j'en oublie ce que j'allais dire. Jamais je n'ai imaginé qu'il avait mal pris mon incompréhension totale vis-à-vis de toute chose artistique, il n'y a jamais refait allusion jusqu'à maintenant. Et il m'a même dit que sa sœur m'avait beaucoup appréciée…
"Tu m'en veux ? finis-je par demander. J'ai vraiment essayé d'aimer sa galerie, mais c'est juste que j'y comprends vraiment rien… Depuis toute petite, je…
-Et pourquoi tu ne m'as rien dit quand je t'ai proposé d'y aller ?
-Je… voulais juste te faire plaisir…
-En me mentant ?"
Il ne hausse pas le ton, mais j'aurais préféré. La froideur calme de son ton ressemble à celui d'un juge pour le criminel qui le fait encore hésiter sur la sentence qu'il mérite.
"Je suis désolée, Valérian, fais-je en joignant les mains pour démontrer ma sincérité, je ne pensais pas que c'était important… et je ne savais pas que ce serait la galerie de ta sœur…
-Tu ne vois même pas où est le problème ! s'impatiente-t-il alors. Tu n'étais pas comme ça avant !
-Comment ?"
La question s'est échappée par miracle par ma gorge étranglée, mais je l'ai sentie passée avec douleur. Je vois dans ses yeux que le juge s'est décidé, et que le criminel ne sera pas acquitté.
"A dire "oui" à tout, à faire tout ce que je veux, répond-il, rien que pour me plaire."
Toute capacité de raisonnement s'évapore dans mon cerveau et je reste, les bras ballants, la bouche muette, suffisamment longtemps pour qu'il décide que je suis sans espoir et qu'il s'en aille.
Ce n'est que lorsque la porte se referme et que j'entends le bruit de ses pas qui s'éloignent que je pense à une réponse. J'aurais pu lui dire qu'il se trompe, j'étais déjà comme ça avant, je l'ai toujours été.
Pas avec lui, c'est tout.
Je m'adosse mollement contre le placard qui renferme mes précieuses planètes alors que je me rends compte que cette réponse n'a rien de flatteuse, et qu'elle ne l'aurait certainement pas fait rester.
OoOoOo
"Can you feeel the loveee tonighht, chante Sib avec passion, It is where we are."
Murdock la couve d'un regard fier comme Mufasa observe Simba depuis son trône céleste. Nous sommes retournés au bar karaoké puisque c'est la soirée spéciale Disney, où les chansons de la franchise rapportent le double de points pour le tournoi du soir, et qu'aucun de nous ne voulait la louper.
Mais finalement, je n'ai pas vraiment le cœur à la fête et chaque regard que je porte à Valérian en pleine discussion avec Célestin de l'autre côté de la banquette m'alourdit un peu plus mon humeur. Nous sommes venus séparément et vu le peu d'attention qu'il me consacre, je pense qu'on va partir de la même façon. Pour être honnête, je ne sais même pas si on est encore ensemble ou si notre échange consistait pour lui en une forme de rupture. Et j'ai bien trop peur de poser la question à haute voix, surtout que je ne comprends toujours pas ce que j'ai fait de si mal. D'accord, c'est vrai, je lui ai plus ou moins menti, et ce n'était pas très malin, et je devrais sûrement tirer de tout ça une bonne leçon, mais est-ce que je mérite vraiment qu'il me parle comme il l'a fait, et qu'il m'ignore ensuite ?
Si je ne me trompe pas, une étude sérieuse a démontré qu'on mentait tous plusieurs fois par jour. Alors, oui, peut-être bien qu'il ne fait pas partie du commun des mortels, mais il me semblait plutôt clair depuis le début que moi, j'étais bien une mortelle et tout ce qu'il y a de plus ordinaire !
Plus la soirée s'allonge dans la nuit, plus la justice de ma situation m'apparaît et si je n'avais pas trop peur de regretter mon impulsivité demain, je l'aurais déjà trainé dehors pour en découdre.
"T'es bien silencieuse, Nanak."
Je tourne un regard surpris vers Murdock qui me détaille des yeux de son regard plissé et je secoue la tête, tout autant pour nier les théories que je lis sur son visage et pour me sortir de mes idées noires.
"Je profite de la prestation de Sibby, c'est tout, éludé-je avant de plaisanter, Elton John n'a qu'à bien se tenir, la relève arrive !
-C'est Sib qui devrait trembler, intervient Nialh, et vous tous, d'ailleurs ! Parce que quand je vais ramener Yvanna, vous allez gouter au gout amer de la défaite !
-Tu parles de ta patissière ? demande Murdock, dubitatif, c'est pas un peu tôt dans votre relation d'une semaine pour connaître ses talents au karaoké ?
-Deux semaines et demi ! conteste Nialh vigoureusement. Et certes, je ne l'ai jamais entendu chanter mais elle a tout d'une Christina Aguilera !
-Connais pas, répond Murdock en bon sorcier de pure souche.
-Je suis outré ! s'indigne Nialh avant de me prendre à parti, t'es pas outrée, toi, Nanak ?
-Un peu, j'avoue.
-Viens, on va lui montrer !"
Et Nialh m'embarque vers le micro que Sib vient de reposer, me laissant l'honneur de chercher une bonne chanson de Christina Aguilera, tandis qu'il révèle à sa sœur que nous sommes en mission pour diminuer un peu l'inculture alarmante de son copain. Je fais l'erreur de lever les yeux un instant de l'écran et croise le regard froid de Valérian, et c'est en serrant les dents que je rabaisse les yeux pour cliquer sur Genie in a Bottle.
La musique démarre et Nialh me tend le micro pour le premier couplet, et alors que je m'en empare, je prends la ferme décision de profiter comme il se doit et j'entonne de ma plus belle voix :
I feel like I've been locked up tight
For a century of lonely nights
Waiting for someone to release me
OoOoOo
Alors que les autres élèves se pressent jusqu'à la porte de sortie quitte à jouer des coudes pour être le premier dans le couloir pour profiter au plus vite de la pause qui les sépare de leur dernière heure de cours de l'après-midi, et donc de la journée, Pénélope se campe devant mon bureau, les mains derrière le dos.
"J'ai quelque chose pour vous, Madame.
-Ah oui ?
-Oui, affirme-t-elle, tenez."
Et elle sort une feuille de derrière elle, avec une timidité mêlée à de la fierté, et je m'en empare avec surprise. La page est foncée de noir et de bleue, et barrée de fins traits argentés. Un gros cercle blanc me fait penser à la lune, et je devine alors qu'il s'agit d'un ciel nocturne.
"C'est très joli, ça, Pénélope, la félicité-je.
-Vous nous avez dit qu'il y avait une pluie d'astéroïdes ce week-end, et on l'a regardé avec mon papa.
-C'est vrai ? m'émerveillé-je.
-C'était trop bien ! Et mon papa m'a dit que je devais vous remercier, alors je vous ai fait un dessin au cas où vous n'avez pas vu le voir.
-Je n'ai en effet pas pu le voir ! Merci, Pénélope, c'est tellement gentil, j'ai l'impression d'y avoir assisté moi-même grâce à ton dessin !"
Mon élève rougit à ma flatterie mais je n'ai pas l'opportunité de poursuivre notre petit échange puisque je remarque quelqu'un se tenant dans l'espace de la porte laissée ouverte. Et qu'il ne s'agit de nul autre que de Valérian. Sa vue seule balaye toutes mes pensées avec une facilité déconcertante, et je dois me concentrer pour me rappeler de quoi on parlait Pénélope et moi un peu plus tôt.
"Oh, professeur Kello'han, l'aperçoit Pénélope.
-Bonjour, Pénélope, le salue Valérian en faisant quelques pas dans la salle, ne vas-tu pas profiter de la récréation ?
-Si, j'y vais, dit l'intéressée avant de se retourner vers moi, à demain, Madame !
-A demain, Pénélope !"
Je dessine un peu de force un sourire sur mes lèvres et fais un petit coucou à mon élève tandis qu'elle s'éloigne. Mon sourire disparait en même temps que Pénélope et j'analyse Valérian avec méfiance. Qu'est-il venu me dire ? Que j'étais la pire lavette qu'il connaisse et qu'ayant quelques critères concernant sa petite-amie, en honorable vélane qu'il est, il compte donc me jeter comme une vieille chaussette ? Parce que si c'est ça, autant qu'il m'envoie une lettre, je pourrais la faire lire à Chad entre deux vodkas comme celle de Gauthier.
"J'espère que je ne te dérange pas," s'inquiète-t-il.
Il a la courtoisie de paraître gêné.
"Ca dépend, rétorqué-je avec une certaine amertume, tu es venue pour me faire d'autres compliments ?"
Il abaisse son regard un bref instant mais continue d'avancer vers moi et supportant mal la tension qui règne dans la pièce, je m'occupe les mains en ordonnant mes affaires sur mon bureau, espérant me distraire l'esprit du même coup. C'est un échec cuisant, bien entendu.
"J'ai… j'ai vraiment honte de moi," admet-il finalement.
Et je perds un peu de ma rancune pour le regarder avec davantage d'ouverture d'esprit. C'est vrai qu'il a un air un peu honteux, et il m'offre un regard embêté.
"Je me suis montré injuste avec toi, la dernière fois, poursuit-il, et… cruel, également. Je n'aurais jamais dû te parler comme ça. Tu penses pouvoir me pardonner ?"
J'abandonne l'inutile tâche de classer mes crayons par ordre de taille que j'avais entrepris vaillamment et je m'adoucis complètement sous l'air de chien battu de Valérian. Je fais le tour du bureau pour m'approcher de lui et il me regarde avec espoir.
"Bien sûr que je peux te pardonner ! m'exclamé-je, mais avant, il faut que tu m'expliques, parce que je n'ai rien compris à ce qui s'est passé, et je ne comprends toujours pas ! Je suis désolée de t'avoir menti, j'aurais dû être plus honnête mais est-ce que c'était vraiment si grave ?
-Evidemment que non, soupire-t-il, mais… c'était plus fort que moi. Ca m'a rappelé toutes mes exs qui faisaient tout pour me plaire et mes questionnements constants sur la sincérité de mes sentiments. Je sais que ça doit te paraître ridicule, mais je ne peux pas m'empêcher de me demander si mes pouvoirs ont une quelconque influence sur toi ou si…
-Valérian, le coupé-je, je trouve pas ça ridicule ! Du tout. Et je comprends que tu puisses douter, mais tu t'es vraiment montré blessant…
-Je sais…"
On va s'asseoir sur deux chaises des bureaux de mes élèves et il s'appuie sur le dossier du siège dans un soupir, tout en passant une main dans ses beaux cheveux blonds. Je niche mon menton dans le creux de ma main et laisse le silence occuper la salle pendant quelques instant avant de le briser.
"Mais tu n'as fait que tu dire la vérité, constaté-je finalement, c'est vrai que j'ai tendance à dire "oui" à tout et à vouloir sans cesse faire plaisir. Tu as pris du temps à t'en rendre compte parce qu'avant… bah, j'avais vraiment du mal à te supporter et tu éveillais chez moi un esprit rebelle !"
Il rit à certaine phrase mais croit bon de contester :
"Non, Anak, c'est vraiment pas ce que je pense de toi. Je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça.
-Tu vois, toi aussi, tu sais mentir pour faire plaisir ? remarqué-je d'un air taquin. Non, je suis vraiment comme ça, c'est sûrement pour ça qu'aucun de mes exs ne m'a jamais respecté. Mais ils n'étaient pas vélanes pour autant, donc, rassure-toi, c'est pas toi, c'est juste qui je suis et je ne pense pas pouvoir changer.
-Je ne veux pas que tu changes, Anak."
Il se saisit de ma main en travers de l'allée qui sépare les bureaux auxquels nous sommes assis.
"Je suis sincèrement désolé," insiste-t-il.
Je lui souris pour lui faire comprendre qu'il est tout pardonné et je rapproche ma chaise de la sienne en prenant un air conspirateur. Il me regarde avec étonnement alors que je me penche vers lui comme pour lui partager un secret :
"Et puisque tu trouves que je ne suis pas assez entreprenante…
-Ce n'est pas ce que j'ai dit !
-... et si ce week-end on faisait un truc que je veux faire ?
-Quel truc ?"
J'arque un sourcil et ajoute :
"Et si je te le disais pas ?"
Il sourit avec amusement avant de répondre :
"Il me tarde d'y être."
OoOoOo
"Ainsi donc, il s'agissait d'un guet-apens, réalise Valérian.
-Il fallait bien que je me venge de celui que tu m'as tendu à la galerie d'art ! riposté-je.
-Je n'ai rien à dire pour ma défense."
Nous rigolons et je jette un coup d'œil à mon paternel qui est en plein débat sur la cuisson des saucisses avec Murdock, alors qu'il surveille le barbecue. Après avoir rencontré Cherry et Valérian, tout à l'heure, il nous a avoué qu'il était allé à quelques rencards avec notre voisine Sandy et avec Moh, nous lui avons ôté tout début de culpabilité en lui assurant que non seulement on se doutait que ça allait arriver mais qu'il avait également notre bénédiction et qu'on l'encourageait même à approfondir la relation. Il a toujours accepté nos copains et copines, et n'a jamais eu de jugement de valeur, les a toujours accueilli avec chaleur, et on lui doit bien ça. Maman, où qu'elle soit, n'aurait voulu rien d'autre que son bonheur.
"Il fait toujours aussi chaud ici ? me demande Valérian en bon New-Yorkais.
-Oh non, il fait souvent bien plus chaud ! assuré-je.
-Je vous ai sauvé quelques chips, nous annonce Sib avec héroïsme. Murdock et ton père avaient la main lourde !
-Ohh merci !"
Et elle vient s'installer sur le dernier transat libre à nos côtés tandis que je pioche avec bonheur et gratitude quelques chips.
"Cherry est vraiment sympa, déclare Sib. Et elle nous prépare une sacrée salade dans la cuisine !
-Moh n'a de cesse de vanter tous ses talents et apparemment, la cuisine compte parmi eux, rapporté-je, donc j'ai hâte de goûter ça !
-Je devrais peut-être proposer mon assistance, songe Valérian, j'ai moi-même quelques talents dans ce domaine.
-Ce serait très honorable de ta part !" le complimenté-je.
Il secoue la tête avec dérision face à ma flatterie puis se lève et m'embrasse sur la joue avant de partir en direction de la maison. Sib arque un sourcil en ma direction, se protégeant les yeux du soleil qui se montre très généreux aujourd'hui.
"Ca a l'air de s'être arrangé à merveille entre vous !" remarque-t-elle.
Je lui avais tout raconté le soir même de la dispute mais je n'avais pas eu l'occasion de lui relater en détails la réconciliation. Ce week-end sera l'occasion parfaite pour ça !
"Oui, me réjouis-je. On a tous nos faiblesses et parfois, j'imagine que ça fait quelques étincelles quand elles se croisent trop brusquement…
-Ne m'en parle pas ! fait-elle mine de soupirer avec gravité. On aurait bien besoin de quelques Himalaya…"
Je ris au doux souvenir de nos glaces alcoolisées adorées et je plussoie énergiquement du menton.
"Dans quelques mois, ce sera les grandes vacances, pensé-je, mais ça a quand même été une sacrée année…
-C'est clair…, s'accorde Sib avant de lever le bol de Chips comme pour porter un toast, aux prochaines et aux surprises qu'elles nous réservent ?
-Chears ! célébré-je, ou devrais-je dire "Chips!"
-Chips !"
Et dans un éclat de rire, on s'enfourne de nouvelles chips en s'allongeant sous le chaleureux soleil de Californie.
