Hello hello,

Les vacances c'est bientôt finiiiiiiiiiies T.T

BIG THANKS TO : My Suuuushine et Rukiiiie pour leurs reviews ! On vous z'aime !

Bonne lecture !


Chapitre 11 : It's a pleasure to meet you

C'est une odeur de musc, une odeur de lavande séchée et d'huile d'olive. Une odeur chaude et forte qui embaume chaque pierre des ruelles de Barcelone. Qui s'infiltre dans nos vêtements et nous fait voyager dans les murmures des gens. Les voix sont chantantes et agréables, différentes du ton anglais si plat, différentes du russe si dur. Barcelone résonne de soleil et de rythmes endiablés. J'ouvre tous mes pores pour profiter de chaque sonorité, de chaque image. Mes yeux ne savent plus sur quoi se poser, il y a trop de choses dont je veux me rappeler. Mon regard glisse sur le ciel d'un bleu profond, différent de celui si gris de l'Angleterre, différent de celui de ma Russie qui s'efface dans un coin de ma mémoire.

Je n'écoute absolument pas ce que raconte Dumbledore à propos des jeux par équipes de quatre, je ne regarde même pas son regard pétillant et ce n'est que lorsque que Lena me saute dessus brusquement que j'émerge de ma bulle qui explose au contact des bras de l'espagnole.

« On est ensemble pour les équipes ! s'écrie-t-elle, avec Jeremy et Dada !

- Fabuleux, grogne le Serpentard en s'approchant à reculons de nous.

- Salut ! répond-t-elle d'une voix plus tendre qui me fait arquer un sourcil. Ça va ?

- On a d'abord des mini-jeux « découverte » par équipe de deux pour récupérer des points, explique Jared en lisant le papier distribué par Macgo. Et une course d'orientation dans l'Alhambra.

- Super ! C'est quoi les jeux ? s'enflamme Lena en lui arrachant des mains la feuille, Tennis et vélo ! Trop cool, j'adore le tennis ! Je suis trop forte ! Hey Doug ! l'apostrophe-t-elle faisant se retourner tout le monde vers nous, on est ensemble pour le tennis !

- Allan Lennox, s'étouffe Jeremy en lisant le prénom de son coéquipier pour les matchs, génial ! C'est ma journée on dirait ! D'abord Gonzales puis l'autre…

- On est ensemble Emily, le coupe Jared pour éviter une esclandre.

- D'accord, j'acquiesce alors que les quelques filles qui ont entendu ça me lance un regard noir. »

Génial... Sur tous les élèves de Poudlard il a fallu que je fasse équipe avec le seul qui a des admiratrices aux dents acérées et qui vont certainement me faire payer cher « l'honneur » dont je me serai franchement bien passé ! Comme si j'avais pas assez d'ennemis dans cette foutue école ! Ben non, faut aussi que je me mette à dos les fans hystériques du BG de service ! Génial. Je lance un regard désespéré à Harold qui parle avec Tonks et me sourie pour me rassurer, lui a eu plus de chance dans la répartition.

Cindy me plante froidement son regard sur le front. Je détourne le mien. Qu'est ce que j'y peux si je fais équipe avec Jared Knightley ? Si elle est pas contente cette pouf, elle n'a qu'à se plaindre à Dumbledore ! C'est pas moi que ça gênerait de changer de coéquipier. Le seul point positif c'est que Jared est sympa. Sinon, yen a aucun.

« Bien, rejoignez vos terrains, le professeur Slughorn distribuera des raquettes pour tout le monde ! annonce le directeur, je vous souhaite à tous un excellent après-midi ! N'oublie pas de vous amuser ! »

A ça pour s'amuser, ça promet ! Je grince en trainant les pieds à la suite de Jared. Je déteste le tennis.

OoOo

J'ai la respiration sifflante et les membres tremblants. Mes mains se crispent sur le manche de la raquette. A la tête de Maxence et Dexter, c'est absolument délectable de me voir ramer pour rattraper des balles et éviter celles qu'ils m'envoient dans la tête. Leurs ricanements me font serrer les dents et camper solidement sur mes positions. Je jette un coup d'œil à Jared pas plus doué que moi pour le tennis, il se débrouille pour renvoyer mais ne court absolument pas après les balles. Il se contente de jouer quand c'est nécessaire mais sans le moindre dynamisme ce qui me fait un peu rire. On est en train de perdre en beauté !

« Hey Bolkanski, t'es autant une merde sur le terrain qu'en dehors on dirait ! rit Dexter.

- Ta gueule, je murmure pour moi-même en russe.

- Tu t'attendais à quoi venant d'une sang de bourbe ? demande Maxence en se préparant pour son service.

- J'avoue ! Une vraie loque cette fille !

- Ta gueule, je répète si bas que je suis la seule à l'entendre.

- Et si tu te la fermais un peu ? l'interrompt Jared posément et avec une certaine froide amabilité qui me fait sourire.

- On dit juste la vérité ! se défend Dexter en haussant les épaules.

- La tienne, donc garde-la pour toi, répond le préfet sans changer de ton.»

La vérité… Je crache des insultes en russes en silence. Et renvoie avec beaucoup plus de force la balle qui manque de m'éborgner. Ils l'ont fait exprès et vu leur sourire mauvais, ils savent que je sais. Ça semble beaucoup les amuser de s'acharner sur ma partie du terrain et à viser ma tête. Ma respiration s'accélère, je ne suis définitivement pas une sportive ! On perd le point sans que ça n'affecte le moindre trait de Jared. Ce qui est bien quand vous faîtes équipe avec lui c'est qu'il ne vous tient rigueur de rien. – étant donner son entrain à participer, il a pas intérêt !-

« Dada ! Milou ! Qu'est ce que vous fichez par le caleçon de Merlin ? s'époumone Lena sur le banc de touche en agitant sa raquette dans notre direction. Vous perdez ! On se bouge !

- Hey Bolkanski, s'écrie la voix de Dexter, c'est à toi ! »

Je n'ai pas le temps de détourner mon regard de Lena, l'impact me coupe le souffle. La surprise du choc me fait tomber sur les fesses. Je pousse un gémissement douloureux et porte ma main à ma tempe. Grimaçant du contact pénible. Va y avoir une bosse… Je lance un regard glacial et méprisant à Dexter et Maxence qui se tapent dans la main de satisfaction. Une main se tend devant moi et je croise les yeux noirs de Jared. Méfiante, je reste un instant figée. J'hésite encore alors qu'il s'empare de ma main pour me remettre sur mes jambes.

« Ça va ? demande-t-il poliment.

- Ça va, je réponds sans un sourire et baissant les yeux. Merci.

- Si vous arrêtiez de la prendre pour cible on pourrait peut être jouer correctement, non ? apostrophe-t-il calmement nos adversaires.

- C'est elle qui sait pas jouer ! attaque Maxence avec mépris –à mon égard-, elle sait pas tenir sur ces jambes la pauvre chérie. »

Je les ignore pour reprendre ma place, me massant discrètement la tempe pour faire taire la douleur. Les hurlements d'encouragement de Lena m'arrachent un sourire et je lui adresse un signe de la main lui signifiant que tout va bien. Elle me présente le V de la victoire avant d'attraper Douglas pour l'entraîner vers ses adversaires : Stendfort et Gwen Spencer. Ils jouent très bien tout les deux, et je suis impressionnée par Lena autant que par Douglas qui malgré sa corpulence se montre être plus doué que je ne l'aurais cru.

Mon regard accroche alors ceux de quelques filles gloussant dans un coin, raquettes à terre. Elles me lancent un regard noir et menaçant, et vue comment elles dévorent des yeux Jared c'est surement parce que j'ai osé toucher à leur st Graal –sauf que techniquement parlant c'est lui qui m'a aidé à me relever ! Je vous jure, les filles… - Je détourne les yeux en haussant des épaules, elles peuvent bien me mépriser. De toute façon, j'ai l'habitude.

OoOo

« Sur votre droite vous pouvez apercevoir le Mercado Goderico, construit en 1562 sous l'ordre d'Isabelle de Castille, la reine catholique qui envoya Colomb en…, déblatère notre guide. »

Je l'écoute d'une oreille distraite. Plus occupée à manger les bonbons qu'Harold a achetés. Je suis contente que Spok parle un peu espagnol, bien qu'il soit encore un peu malhabile. Lui au moins il se fait comprendre contrairement à moi qui bien que parlant la langue suis incompréhensible pour les espagnols, mon accent russe prononcé me joue encore des tours. Pourtant, malgré les moqueries qu'il soulève, je l'aime cet accent, et bien que je pourrais faire un effort pour l'atténuer je préfère le laisser vivre. Mon accent ça me rappelle mes racines. Ça me rappelle qui je suis et d'où je viens, et que quoi qu'il puisse arriver personne ne me fera m'effondrer. Jamais. Même pas Cindy qui minaude entre Jared et Lena apparemment aussi intéressés l'un que l'autre par sa voix suave et ses battements de cils copyright Bambi.

Lena est apparemment bien plus occupée par la contemplation du profil de Jeremy Handon. Ses yeux ne le lâchent pas, et l'air sur son visage reste un peu béat. Je souris, alors comme ça elle est intéressée par le batteur de Serpentard ? C'est vrai qu'il est pas mal. Mais la concurrence est dure pour l'obtenir. Mary White et son innocente candeur –surement héritée des Barbapapa- est aussi dans la course. Beurk ! Je frisonne. Cette fille et son monde couleur rose bonbon me donnent envie de gerber. Je porte pas Handon dans mon cœur mais à mon avis il a intérêt à éviter l'univers bizounours de cette fille s'il veut pouvoir s'amuser. Et Lena est beaucoup plus belle que Mary, même si elle cache ses attraits sous des larges sweet-shirt, des baggies et une volonté de fer pour garder ses cheveux attachés. En plus, elle a de l'humour et elle est gentille. Peu de gens possède cette qualité, j'en sais quelque chose. Cette fille est géniale, et en continuant à nous fréquenter Spok et moi elle m'a prouvé sa sincérité. Elle veut vraiment devenir amie avec nous ! Ça me fait tellement plaisir. Ça me fait tellement de bien que je refuse de la rejeter. Même si les menaces de Cindy résonnent encore à mes oreilles.

Je chasse de mes pensées le visage de statue grecque de cette garce pour profiter du soleil et des sons qui jaillissent comme des fontaines à chaque angle des rues. J'ai l'impression de me ressourcer, d'absorber par tous les pores l'Espagne et sa chaleur. Il faut que j'achète une carte postale et des cadeaux pour Piotr, Nikolaï, maman et papa. Ils me manquent terriblement mais c'est bientôt les vacances de Noël et je pourrais enfin les voir et retrouver ma maison étriquée et la lande au vent qui hurle. Même si l'Espagne m'hypnotise, mon chez-moi reste l'endroit que je préfère au monde, avec les bras de papa, Harold et Nikolaï –enfin quand il a pas sniffé sa coke-.

« Comme vous semblez avoir bien écouté notre chaleureux guide je vous propose une petite pause, fait la voix amusée de Dumbledore, une petite heure dans le quartier pour découvrir la culture, il manque de dire moldue et ça le fait sourire, me semble être méritée par tous ! N'est-ce pas ?»

Il a à peine achevé cette phrase qu'Harold m'attrape le poigné et nous fait dévaler la côte pour nous éloigner le plus vite possible du reste du groupe. En quelques secondes, le groupe d'élèves a disparu et nous débouchons sur une petite place. Essoufflés et rieurs. Nous achetons des cartes postales et des glaces, et c'est au moment où nous commençons à les manger qu'elle déboule sur nous.

« Roldy ! Milou ! Arrêtez ça tout de suite ! s'écrit Lena en attrapant mon cornet, ya rien de pire pour s'abimer les dents ! Vous êtes inconscients ou quoi ?

- C'est que de la glace, fait remarquer Spok en souriant, juste de l'eau, du colorant et…

- Du sucre ! Donnez moi ça, elle attrape son cornet et les jette dans la poubelle la plus proche sous nos yeux médusés, faut pensez à votre corps, la gourmandise est l'un de ses ennemis ! Il était temps que j'arrive ! Vous faîtes quoi sinon ?

- On se balade, réponds Harold boudeur avant de demander, tu viens avec nous ?

- Evidement ! Je connais tout les supers coins de Barcelone ! »

Elle attrape à chacun l'un de nos bras et nous entraîne à sa suite dans une rue bondée. Elle s'excite à propos des matchs de tennis d'hier et du fait que Jared et moi avons été mauvais –c'est pas une nouveauté ça- et qu'heureusement qu'elle avait été là pour récupérer des points. Elle me complimente sur mon sweet-shirt « I love España » -c'est Harold qui me l'a acheté, le problème c'est qu'il n'y connaît rien en taille et au lieu du XS, m'a pris du XL, mais ça ne fait rien je l'adore !-. Lena blague, s'enflamme, décrit et sourit. Je suis étonnée d'avec quelle assurance et facilité elle s'ouvre à nous. Harold semble y être très réceptif mais moi je n'arrive pas à être aussi exhaustive qu'eux deux.

« Vous avez pas mangé à notre table hier !

- Il n'y avait pas de place, je fais remarquer –Cindy avait invité deux autres de ses amies-.

- Ben ce soir yen aura ! assure-t-elle. On dégagera les deux dindes du bout pour vous.

- Je ne sais pas si…, je commence en songeant à Spencer.

- Super ! Merci Lena ! s'emballe Harold –être amoureux vous fait perdre toute forme de raison-»

Ok, emballés comme ils sont je vois mal ce que je pourrais dire pour les faire changer d'avis. Et puis apparemment Lena n'a rien eu comme retour en nous fréquentant, alors pourquoi l'éviter ? Soudain, on débouche sur un vue dégagée et venteuse. Spok et elle continuent de marcher en discutant à propos du club d'entretien musculaire.

Je reste plantée au milieu de la rue, les yeux rivés sur l'étendue infinie qui se dévoile mes yeux écarquillés. Alors c'est ça… C'est ça la mer.

« Princesse, souffle Harold en me touchant l'épaule, ça va ?

- Spok, je souffle hypnotisée, la mer…

- Oui, c'est beau hein ? il me sourit.

- Qu'est ce qu'il se passe ? demande Lena intriguée.

- On te laisse d'accord ? me murmure Harold compréhensif, Lena, ça te dit un chocolat chaud ?

- C'est plein de calories Roldy !

- Bon alors tu me regarderas le boire alors ! hausse-t-il des épaules en l'entraînant dans le salon de thé le plus proche. A tout à l'heure Mily.

- Elle vient pas avec nous ? s'étonne Lena en lançant un regard dans ma direction.

- Elle a besoin d'être seule. »

Quelques minutes plus tard, assise sur le banc au bout de la jetée, je suis immobile, à l'écoute. Comme je n'ai jamais écouté. La moindre fibre de mon être est tendue en avant, vers les murmures de l'eau verte et bleu. Les roulements des vagues se fracassent contre les rochers, l'embrun de la mer se dépose sur mon visage aux yeux clos. J'inspire profondément, m'emplissant du parfum iodé du vent. La plainte lancinante des vagues semble être éternelle, profonde. Cette musique me fait me sentir vivante, et minuscule, faisant partie d'un tout et pourtant à côté. Mes inspirations se calquent sur les rouleaux marins. Je n'ai jamais entendu quelque chose de plus beau, de plus grand. Quelque chose d'aussi apaisant. Irrésistiblement attirée par la mélodie de la mer, je me laisse dériver sans but dans les méandres des sonorités qu'apporte la brise à mes oreilles. Il n'existe plus que la mer et moi. Le reste se dissout.

« Hey Princesse, fait Harold en prenant place à côté de moi.

- Spok, je murmure en ouvrant les yeux sur les écumes mousseuses se découpant sur la lame des vagues.

- On t'a pris une salade de fruits ! annonce Lena en s'asseyant à ma droite. C'est diététique et super bon en plus ! Tu en veux ?

- Oui, merci, je lui souris en m'emparant du bocal qu'elle me tend. C'est gentil.

- Tu fais quoi ? demande-t-elle en croquant dans une pomme.

- Je…, je rougis un peu avant de bafouiller, j'écoute. J'écoute la mer. »

Elle hoche la tête, comme si elle comprenait. Je souris à nouveau en réponse à ses fossettes. Je me cale contre Harold qui dévorer sa tablette de chocolat sous le regard désapprobateur de Lena, et tend l'oreille. Les vagues chuchotent à nouveau.

OoOo

C'est surement l'une des pires idées qu'a jamais pu avoir Lena. Faut être totalement irresponsable pour me faire manger à la droite de Cindy Spencer et en face de Karin Malley –la meilleure amie de la préfète de Gryffondor-. Je tente de me faire le plus petite possible, de devenir invisible. Et c'est pas Cindy qui m'en empêche au contraire, elle fait tout pour m'effacer, m'écraser et me faire taire. Du coup je fixe mon assiette vide sans ouvrir la bouche, si je capte la moindre attention je suis foutue. Elle me fera payer. Je ne tiens pas vraiment à être pendue par les pieds au balcon de notre chambre dès que Lena s'endormira. Spencer a compris que Lena ne lâcherait pas le morceau avec Spok et moi, alors en contrepartie elle me fait disparaître et m'étouffe. Ça marche plutôt bien en plus. Mon ventre émet un gargouillement sonore, je me tasse sur moi-même pour le faire taire. Harold à l'autre bout de la table me sourit, aux anges – il est entre Owen et d'Allan. Yen a qu'on de la chance dans la vie. A côté de moi, Lena tombe sur mon assiette vide. Ses sourcils se froncent alors qu'elle parle à Douglas avec autorité.

« Doug, met pas trop de fromage râpé ! elle plante ensuite son regard dans le mien, Milou ! Faut manger et prendre des forces pour demain, on fait une balade à vélo ! Mange des pates ça tient au ventre !

- J'ai pas faim, je marmonne.

- C'est pas ce que ton estomac dit ! fait-elle en me servant des pates à la sauce tomate. Il faut manger !

- Que lui arrive-t-il encore ? soupire Cindy en se penchant vers moi avec une fausse condescendance qui me laisse de glace. Laisse-là si elle n'a pas faim, t'occupe pas d'elle Lena, les derniers mots sont un murmure méprisant que je suis seule à entendre, elle en vaut vraiment pas la peine cette sang de bourbe.

- Milouuuu, allez, l'ignore Maddy en me souriant, faut que notre équipe gagne et pour ça faut que tu sois en super forme ! »

Le talon de l'escarpin de Cindy se plante dans ma voute plantaire et je retiens un gémissement de surprise et de douleur. Un sourire satisfait nait sur les lèves de la préfète. Les dents serrées je me lève de table, lançant un regard de dédain à Spencer.

« Je me sens pas bien Lena, je vais aller me coucher je pense.

- Quel dommage ! susurre Cindy avec dépit, bonne nuit alors.

- Emi, qu'est-ce qu'il y a ? s'inquiète Lena en m'agrippant le poignet.

- C'est rien, je murmure en lui souriant. »

Je me détache doucement d'elle. Harold me fixe avec perplexité, à moitié levé pour me suivre, je lui intime du regard qu'il peut rester avec les autres et d'un sourire lui assure que tout va bien. Je tourne les talons non sans entendre Cindy minauder à l'oreille de Lena, les gloussements d'Alexandra Collins accrochée à Jared, la réplique acerbe d'Allan, le rire d'Harold et le « Milou… » inquiet de Lena qui tente de me retenir, en vain. Je suis déjà dehors, la faim au ventre.

Je fais un crochet au buffet pour me ravitailler et montre quatre à quatre les marches pour récupérer mon roman d'horreur d'Edgar Allan Poe avant de me terrer dans un coin de couloir désert au troisième étage et lire en paix. Je gribouille ma carte postale en songeant aux vacances de Noël pour oublier Spencer. Je me rappelle du son de la mer pour oublier les autres et plonge dans ma lecture pour couper les ponts avec cette vie.

OoOo

Je rase les murs en silence, je sais bien que les préfets sont démis de leurs fonctions le temps du voyage mais mieux vaut rester prudente. Je finis enfin par arriver à la chambre 452, celle d'Harold –ainsi que de Jared, Allan, Owen et Douglas-. Je souris au souvenir de l'excitation de Spok en apprenant qu'il dormirait à moins d'un mètre d'Owen. Apparemment il peut lui parler plus souvent, et ça le fait atteindre le Nirvana vu son humeur ces derniers jours. Je frappe en priant pour que la porte s'ouvre sur Harold et pour une fois Merlin exauce mes prières. Son sourire ravi m'apparaît et il m'entraine dans la chambre déserte.

« Ya personne ?

- Cindy organise un truc dans une chambre avec d'autres mecs et ils y sont allés, il hausse des épaules pour cacher sa déception.

- Je vois, je lui souris en m'asseyant sur le premier lit.

- SI j'étais toi, je ferai pas ça, conseille Spok en s'allongeant sur son propre lit. C'est la couchette de Douglas et il mange au lit.

- Okayyy, je fais en me relevant aussi sec pour squatter le lit qui me parait être le plus propre –mais certainement pas le mieux rangé, des tas de livres trainent dessus-.

- Pourquoi t'es partie ce soir ? demande-t-il en jouant avec une Gameboy.

- La réponse tient en un mot, je réponds en m'étalant sur le matelas pour ouvrir mon roman. Spencer.

- Etonnant, grince Harold en appuyant vivement sur les manettes. C'est Allan qui me l'a prêté ! c'est sympa, non ?

- Ouais ! j'acquiesce devant son enthousiasme, t'as l'air de bien t'entendre avec lui !

- Ouais, enfin un mec qui comprend la logistique d'un ordinateur. Dans ce monde de sorciers ça fait vraiment du bien ! il tire la langue alors qu'une « Game-over » résonne, Il a un score de malade sur tetrix ! Owen est super nul à ce jeu, sa voix s'attendrie un peu.

- Tu m'en diras tant ! je ris en quittant mes chaussures et plongeant entre les pages.

- Roldy ! bondit une voix à l'intérieur de la chambre me faisant sursauter. Milou ?

- Lena ? s'étonne Harold toujours vautré sur son lit, qu'est ce qu'il se passe ?

- Ben je te cherche, pourquoi t'es pas venu avec les autres ? s'étonne-t-elle avant de sourire, ça va mieux Milou ? Tu viens aussi ?

- Hein ? je m'exclame avant de me recroquevillera sur l'oreiller, non… j'ai pas trop envie.

- Allez ! ça va être marrant et ça posera aucun problème à Cindy ! elle s'écrie en me tirant hors de la chambre. Tu viens Roldy !

- Bien sûr ! il bondit à sa suite. »

Je lève les yeux au ciel, me laissant trainer de force dans la chambre 473. S'ils se mettent tout les deux contre moi, je n'ai pas l'ombre d'une chance ! Même si je sens que je vais amèrement e regretter. Mais de toute façon je ne laisserais pas Harold aller dans la fosse aux lions sans moi. C'est Karin, la meilleure amie de Cindy, qui nous ouvre et instantanément ses yeux se plissent en nous apercevant Spok et moi. Lena ne lui laisse pas le temps de nous claquer la porte au nez, et en moins d'une minute je suis assise entre Harold et elle, la pièce est seulement éclairée par une lampe faible. Je me ratatine sur moi-même et tente de trouver une occupation beaucoup plus distrayante que de voir une bouteille de vodka tournée sur elle-même et désigner des gens pour des gages puérils et stupides.

Je retrouve des visages connus dans la pénombre, notamment celui de Spencer, Alexandra Collins, Gwen, Handon et j'en passe. La crème de Poudlard au grand complet, comptant même Charly Weasley, le capitaine des Gryffondor et Jared Knightley le préfet en chef. Mais par Merlin, Harold se rend-t-il compte qu'on ne fait pas partie de ces personnes ? Qu'on est pas du bon côté de la barrière ? Apparemment pas, il est trop occupé à débattre avec Allan du nouveau Mario Kart. Génial. Je les regarde prendre des rasades de vodka, tentant de calmer l'horreur qui me sert les trippes à l'odeur de cet alcool qui m'a pris ma mère. Une envie de vomir me monte au ventre. Je laisse dériver mon regard sur les figures plus bien fraîches des gens, Gwen est toute rouge… Qu'est ce qui la met dans un tel état ? Handon donne l'impression d'être en enfer, je vois pas en quoi la compagnie de Lena est une torture. Ce mec ne s'est jamais fait trainé par les pieds dans le parc de Pouldard apparemment, ni pendre pendant trois heures au fond d'un placard. Owen ne boit pas et rien que pour ça je trouve que c'est quelqu'un de bien. Douglas contrairement à ce que son physique pourrait laisser penser est assez populaire. J'arque un sourcil étonné en constatant que Mary White est également de la partie, papillonnant comme une luciole. Alexandra Collins enlève son débardeur pour nous présenter une poitrine opulente qui fait dériver les paires d'yeux masculin dans sa direction. J'étouffe mon rire, c'est moi ou on peut lire « Jared forever » sur le haut de son sein gauche ? Ce dernier n'a même pas levé son regard vers la figure dégoulinante d'amour d'Alexandra, le nez dans un livre dont je déchiffre le titre. Dix petits nègres. Tiens ! Un Agatha Christie ! Un des meilleurs en plus, ce mec a bon goût ! Je me demande quel est son avis sur l'identité du meurtrier… moi je me suis trompée tout du long ! Cette femme est la reine des rebondissements, tout comme Arthur Conan Doyle. -Sherlock reste l'un de mes grands amours- Est-ce qu'il a deviné qu'il s'agissait du juge Wargrave ? Je suis sûre que non, personne ne peut deviner que le coupable est l'une des personnes déjà mortes ! Je m'amuse de la concentration de Jared, essayant d'en déduire ce qu'il pense de ces meurtres.

« Vas-y fais la tourner ! ordonne Cindy à un des poursuiveurs de Gryffondor. »

Je reporte mon attention sur le goulot de la bouteille de vodka pour constater avec appréhension qu'il vient de désigner Harold. Ma main retrouve celle de mon meilleur ami et la serre. Fort. Il dégluti et me sourit discrètement.

« On a plus d'alcool, fait Bryan Horton sans même lui adresser un regard, va en chercher !

- C'est tout ? s'étonne Spok.

- Cap ou pas ? rétorque Karin, narquoise. »

Harold se lève et ouvre la porte sous leurs regards ravis et mauvais. Mon ventre se tord, je fais le geste de me lever mais Lena me retient par le bras. Elle ne comprend pas, si on a demandé à Harold de voler de l'alcool ce n'est surement pas pour rien ! Je dois aller avec lui ! Le dernier sourire confiant de Spok fait taire mon anxiété. Son regard un peu triste me permet d'éclaircir mes pensées alors qu'il sort de la chambre. Il n'a pas tord, ils ne veulent pas le mettre en danger en lui faisant faire un truc gore. Non ils font bien pire, ils le prennent pour leur larbin. Une humiliation qui me fait serrer les dents. Mes poings se crispent alors que la bouteille de vodka tourne sur elle-même.

« Jared ! s'exclame Sonia Cameron –visiblement ravie que ça tombe sur lui-, elle fait mine de réfléchir un instant, hum… Embrasse Cindy ! »

Il lève les yeux de son roman à peine étonné de ce gage. Cindy lance à Lena un regard timide et béat de reconnaissance pour ce cher hasard qui fait si bien les choses. Je ricane intérieurement en la voyant se faire prude. Pitié… Elle va quand même pas nous faire gober de la candeur maintenant ? Elle a embrassé bien plus de personnes que toutes les filles de cette pièce réunies et ouvert ses cuisses à plus d'une dizaine de gars ! Et parce que le BG de Poudlard va l'embrasser, elle nous joue l'effarouchée ? Toutes les filles voudraient être à sa place. Cette fille est la plus mauvaise comédienne que j'ai jamais vue, et le pire c'est qu'apparemment je suis la seule à m'en rendre compte. Je vois Lena lui rendre son sourire – un peu crispé- et mon regard se voile.

Je rapporte mon attention sur Jared qui se lève pour s'approcher de Spencer dont on devine le plaisir même dans le noir. Le voir se pencher sur les lèvres de cette peste me retourne le ventre. Un frémissement me parcoure le dos, je détourne le regard. Un gros nœud se forme dans ma gorge, ça va durer encore longtemps ? Lorsqu'il se détache d'elle, mes trippes se tordent et je m'entortille ma mèche rebelle pour me calmer. Qu'est-ce qui t'arrive Emi ? Tu t'en fous de Spencer, de Jared et de tous ces connards qui sourient comme s'ils assistaient à un mariage ! Tu t'en fous tellement que tu vas lever tes fesses et te tirer ! Je m'apprête à le faire quand rentre Harold, essoufflé, décoiffé mais serrant contre lui trois bouteilles de vodka sur lesquelles se précipitent deux mecs. Je soupire de soulagement de le revoir. Il se rassoit mais je lui agrippe le poignet.

« Ça va pas ? il reprend difficilement son souffle.

- Viens on s'en va, je murmure en le suppliant du regard.

- Qu'est ce qu'il s'est passé Princesse ? s'inquiète-t-il en me caressant la joue.

- Rien. J'en ai marre d'eux. Allez on s'en va…

- D'accord, cède-t-il en m'aidant à me relever.

- Hey Bolkanski, m'apostrophe l'attrapeur de Serpentard, tu t'en vas ? Tu te défiles ?

- Pardon ? je fais.

- La vodka imbécile, désigne Bryan Horton la bouteille me pointant du goulot. T'as un gage ! »

Je détourne le regard et fonce vers la porte lorsque le murmure de Cindy se glisse jusqu'à mes oreilles.

« Je l'avais bien dit, c'est une looseuse comme Brontey. »

Ma mâchoire se crispe de colère, personne n'a le droit d'appeler Harold un looseur. Il est le meilleur d'entre eux. Et je vais leur prouver qu'elle a tord.

« Vas-y ! je lâche froidement à Bryan en me retournant vers eux.

- Attends, c'est au tour de Cindy de choisir, sourit-il d'une joie mauvaise, les regards s'accrochent à ma peau se délectant d'avance de ce qu'il va arriver.

- Ah bon ? s'étonne cette dernière en ne me jetant aucun coup d'œil. Laisse-moi réfléchir alors. Qu'est ce que je vais bien pouvoir te faire faire Emily…»

OoOo

Le froid du couloir me mord les mollets et les cuisses tandis que je ferme la porte. Mes poings sont si serrés que mes ongles se plantent dans ma peau. Je tourne les talons et me dirige vers l'ascenseur en priant pour que ne croiser personne. Je ne tiens pas du tout à ce que l'on me dévisage et regarde mes sous-vêtements, mes formes exposées à la vue de tous et qu'on me fasse la moindre remarque perverse. Je maudis encore et encore Cindy Spencer, tout en rasant les murs, aussi gênée qu'en colère. Heureusement j'atteins l'ascenseur sans croiser personne et conserve un peu d'intimité. Merlin soit loué… Mais lorsque les portes s'ouvrent c'est sur un homme. Je me crispe et porte mes bras autour de ma poitrine. Je pique un fard alors que son regard appréciateur se balade sur ma peau nue.

« On est perdue ? susurre-t-il en s'avançant vers moi.

- Non, je rétorque en levant le menton avec assurance. Laissez-moi passer.

- Hey, du calme… T'es pressée toi ? son regard séducteur me donne envie de vomir.

- Dégage, je crache en fonçant dans l'ascenseur pour appuyer violemment sur le bouton « 2 ».

- Je vais pas te manger, rit-il. Et t'as pas l'air farouche à ce que je vois…

- T'es pas mon style, je suis lesbienne. »

Son visage se tord en une grimace de dégoût. Il recule et les portes de l'ascenseur se referment violemment sur sa répugnance tandis que je pousse un soupir de soulagement et que mon angoisse se dénoue. Je glisse au sol et cache ma tête entre mes mains pour oublier l'humiliation que je suis en train de subir.

Je répète silencieusement comme un leitmotiv « je te hais Spencer, je te hais ».


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