Coucou à tous !
Et oui c'est le joli moi d'août avec sa drôle d'odeur de cahier et de crayons... La rentrée n'est plus loin hélas...
ça fera bientôt un an que Clo et Lou se connaissent ;) Et nous sommes toujours là !
Bonne lecture et merci à tous pour vos review !
Chapitre 12 : Run, Joey Run !
-Alors… oh, tiens ! fait Cindy. Tu n'as qu'à te mettre en sous-vêtements et faire le tour de l'hôtel.
Les rires des mecs résonnent aussitôt et les gloussements légers des filles les accompagnent. Emily est encore debout, aux côtés d'Harold qui la regarde, ahuri. Je l'entends lui souffler « tu vas pas faire ça, quand même ? » et je grimace. Moi, personnellement, ça ne m'aurait rien fait la pudeur et moi, on ne s'est jamais croisés ! Mais rien qu'à voir la mine horrifiée d'Owen qui se retourne dès qu'Emily commence à se déshabiller, passant ses fringues à Harold, je me dis que c'est peut-être pas si anodin que ça…
Jared se replonge dans son livre avec encore plus de motivation, prenant bien la peine de ne plus lever son regard pour ne pas rajouter au malaise d'Emily, tandis que Jeremy continue de parler avec Mary White comme s'il ne se passait rien de plus.
-Décidément, dés que tu as le choix, Spencer, le verbe « se déshabiller » a tous les hommages, fait remarquer Allan en toisant celle-ci avec moquerie.
-Dis-toi que c'est comme se balader sur la plage en maillot-de-bain, Milou ! lançais-je à Emily.
Elle m'offre un sourire un peu fébrile, hochant de la tête, puis, sous les rires de la chambre, elle sort dans le couloir, refermant la porte derrière elle. La bouteille est à nouveau lancée et s'arrête devant Sean –que j'ai embarqué de force, sans l'assentiment de Cindy. C'est une amie de Cindy, plutôt intéressée apparemment, qui lui lance le défi de nous faire un strip-tease. A l'énonciation du défi, Sean a le même regard qu'Emi quand elle a appris qu'elle allait se balader en soutif et petite culotte dans l'hôtel. Je n'ai qu'à échanger un regard avec Conrad pour que l'on ôte nos propres tee-shirts, solidaires. Jared me regarde comme si j'étais folle alors que je me retrouve en soutien-gorge simple et noir mais, sérieusement, je m'en fiche complètement. Conrad et moi, on se lève et on se met à frapper des mains, en lançant des « allez, Sean, montre-nous tes pec' ! », comme si on supportait de foot –c'est-à-dire, le plus bruyant et provocateur possible. Jared se tient la tête je le désespère. Les filles bavent devant le torse dévoilé du blond. Doug, Harold et Allan sont écroulés de rire tandis qu'Owen est blême. Je lance un regard ambigüe à Jeremy qui hausse un sourcil, moqueur… okay, autre technique de drague à prévoir…
Boosté et à moitié hilare, Sean se met à dézipper son gilet à capuche. Quand il en arrive au caleçon, un moment de suspens prend toute la salle et il finit par lâcher :
-Naaan !
Avec Conrad, on éclate de rire et, alors que la copine de Cindy qui a lancé le défi à Sean soupir de frustration, Sean se rhabille. Jared me force à me rassoir et me file mon tee-shirt d'autorité. Des bribes de fou-rire coincées dans la gorge, je le renfile. C'est ce moment que trouve Emily pour refaire apparition. Devant le spectacle qu'on forme, Sean, Conrad et moi à se rhabiller, elle ouvre de grands yeux mais elle s'exempte de tout commentaire, se dépêchant plutôt de reprendre ses vêtements à son tour. Elle a l'air même plus à l'aise depuis qu'elle a vu mon soutif et le caleçon de Sean oh, bah si je peux rendre service, moi…
Emily revient s'assoir entre moi et Harold. Sean fait tourner la bouteille qui finit par pointer Owen de son goulot. Celui-ci se recroqueville, me lançant un regard de détresse et je lui réponds par une mimique confiante. Ça va le faire. Sean est sympa, 'va pas être bien méchant…
-Embrasse Doug, dit-il.
Voilà, c'est ce que je disais, ce n'est pas la mer à boire ! Mais, visiblement, Owen n'a pas du tout le même avis que moi et il fait une tête telle que je me demande s'il ne va pas régurgiter son dîner… Après pratiquement une minute d'intense concentration pour se mettre dans l'esprit qu'il va toucher les lèvres de Doug –qui pouffe dans son coin-, Owen se tourne vers lui et s'approche lentement avant de déposer furtivement sa bouche contre la sienne. Je lui fais le V de la victoire mais il semble tout déboussolé… Oh, Winny…
Quelques défis plus tard, c'est au tour d'Alex de faire tourner la bouteille et celle-ci s'arrête sur Jeremy. Il a l'air assez inquiet quand elle se met à réfléchir. Son regard bleu s'arrête sur moi et se mettent alors à briller comme si des ampoules s'allumaient dans ses yeux, à la façon des cartoons.
-Sept minutes au Paradis avec Lena ! décrète-t-elle avec un clin d'œil en ma direction.
-Au Paradis ? répète Jeremy, paumé.
Pas étonnant qu'il ne connaisse pas, c'est un jeu moldu. D'ailleurs, je me demande bien comment Alex peut le connaitre puisque les Collins sont une famille de sang-pur. Mais bon, rien ne m'étonne avec elle ! En tout cas, promis, je vais la vénérer pour le restant de ma vie ! Le but du jeu est que deux personnes doivent rester enfermés dans un placard, ensemble, pendant sept longues minutes et durant tout ce temps, il peut se passer n'importe quoi, rien ne doit être divulgué par la suite. C'est bon, là, Alex est ma déesse ! Elle doit surement savoir que j'en pince pour lui puisqu'elle me lance sourire sur sourire pendant qu'elle explique le principe à Jeremy qui refuse catégoriquement de rentrer dans un même placard que moi.
Mais c'était sans compter sur Conrad, Sean et Stendford –qui se fait traiter de traitre par Jeremy qui hurle à s'en décrocher les cordes vocales- qui le traine jusqu'au placard de la chambre où je suis déjà, grand sourire. La porte se referme avant qu'il n'ait pu se défiler et il s'adosse contre celle-ci, me jaugeant du regard. Mais je ne perds pas une seconde et me jette sur lui dans l'idée de l'embrasser mais il me repousse.
-Je te conseille pas ! me fait-il.
-Oh mais c'est que sept minutes ! me plaignis-je.
-Ouais, sept minutes de trop !
Je retente ma chance en le prenant d'attaque par la gauche mais il m'intercepte directement et cette fois-ci m'attrape les poignets pour me tenir à distance. Je soupire, frustrée. Mais il n'a pas le droit ! Il pourrait jouer le jeu, quand même !
-Non c'est non, Gonzalez ! assène-t-il en me lançant un regard noir.
-Mais, allez…
-Non !
C'est comme ça que je me retrouve, maintenant, assise dans un coin du placard, les bras croisés, en train de mater le mec le plus sexy de Poudlard alors que celui-ci regarde la grande aiguille de sa montre…
xOxOxO
Nous sommes tous par deux, tenant nos tandems et faisant face à la très longue route qui s'efface à l'horizon, en haut d'une colline. Elle dure quatorze kilomètres, d'après Dumbledore et ne fait que monter et descendre. L'ensemble des élèves de toutes les années commence au même point de départ mais les points sont valorisés par rapport au niveau. Faut dire contre un Septième Année quand on est seulement en Première Année, pas moyen de faire long feu… mon regard vire du côté d'un minuscule tandem sur lequel deux fillettes s'accrochent, excitées et apeurées à la fois.
Tandis qu'Harold fait mine de s'échauffer les muscles, je continue mon tour d'horizon. Un peu derrière moi –pour l'instant, on forme un gros tas de cycles et de jambes, en se bousculant les uns les autres-, Allan tire une tronche d'enterrement tandis que Cindy s'attache les cheveux. Il a l'air ravi d'être avec la Reine de l'école, ça crève les yeux. Quand il croise mon regard, il pointe le doigt sur sa partenaire avant de passer son index sur sa gorge avec un air entendu… il va jouer le boulet ! Il l'a déjà fait avec Jeremy, au tennis. Il se mettait toujours devant ses balles, lui tirait dessus alors qu'ils étaient partenaires et renvoyait les balles toujours en dehors du terrain. Jeremy en a piqué des crises ! Celui-ci est d'ailleurs avec sa Mary White. Je sais bien que c'est le hasard qui les a réunis dans cette épreuve mais, bon sang, pourquoi il est toujours avec elle, en ce moment ? En plus, ils ont l'air vachement complice… Renfrognée, je me force à dévier mon regard et tombe sur le couple de tandem que forment Owen et Emily. Le premier, tout tremblant, enfile ses gants de protection, son casque, ses protèges-genoux et protèges-coudes tandis qu'Emily boit déjà la moitié de sa bouteille, tellement elle semble avoir chaud sous le soleil brûlant. On a beau être en début décembre, c'est une belle journée, il est quatorze heures, il fait donc tout sauf froid. Surtout cette année puisque l'hiver est retardé… d'après McGonagall, il fait 21 degrés. Bref, c'est rien, en aout, j'ai connu du 35 à l'ombre, facile, mais bon, quand on n'est pas habitués… De toute manière, j'ai promis à Owen que s'il galérait et n'arrivait pas à finir, je revenais le chercher dés que j'avais atteint l'arrivée. Il angoissait tellement, ce matin, qu'il en a vomi dans les toilettes. J'entends « Mais tu vas la fermer, glandu ? » et je remarque Sean qui a l'air au bord de la crise de nerf tandis que Zuerk, un parfait abruti, prend ses airs d'homme politique pour déclamer je-ne-sais-quel truc pompant et qui sert à rien… pauvre Sean, il est tombé deux fois de suite sur cet intello snobinard, la chance n'est pas de son côté. Un peu comme Jared qui essaye de parer les étreintes surprises de sa partenaire qui se trouve être Alex ! J'ai été écroulée de rire sans pouvoir m'arrêter quand Jared a appris qu'il serait avec elle ! Cette fille est cool mais l'avoir comme admiratrice, c'est pas un cadeau ! Enfin, mon regard se porte sur Doug qui mange l'une de ses barres chocolatées en parlant légèrement avec Gwen Spencer, la petite sœur de Cindy.
-Tu te sens comment ? fis-je en revenant à Harold qui appui sur ses chevilles.
-J'me sens super ! Et toi ?
-Pareil ! Bon, alors, voilà ce qu'on va faire, faut qu'on donne tout ce qu'on a pour arriver premier mais je sais que tu fais du smath donc…
-De l'asthme, me coupe-t-il en riant.
-Ah oui, oui ! Donc, dés que tu le sens venir, même un tout petit peu, même si tu crois que tu vas tenir, t'arrêtes de pédaler et tu reprends ton souffle, le temps qu'il disparaisse complètement. Pendant ce temps, je pédalerais toute seule. T'inquiète, en vélo, j'assure, je me déplace qu'avec ça à Londres et je gagne toutes les courses de mon quartier ! Par contre, si c'est en côte, faut que tu continues quand même à pédaler un peu parce que sinon, je pourrais pas nous tirer sur toute la longueur même si t'es assez léger, exposais-je. Ou ça va me fatiguer trop vite et faut qu'on tienne jusqu'au bout, coûte que coûte !
-ça marche !
Je lui tends mon poing et, avec un sourire entendu, il me le frappe avec le sien. On va les écraser ! En plus, Harold et moi, comme on est sang-mêlé, on a l'avantage de connaitre le principe du tandem... Slughorn se place devant le peloton à l'arrêt et nous demande de monter sur nos vélos. Au taquet, Harold et moi, on est l'un des premiers prêts à partir et c'est d'ailleurs ainsi que, lorsque Slug fit retentir un son de flûte –ou de trompette, aucune idée-, on se faufila entre tous les couples, en poussant à la renverse quelques uns qui n'avaient pas encore démarrer et qu'on se retrouva déjà quatrième de la course. D'un commun accord, on n'accéléra pas en début de la première côte, laissant les premiers s'essouffler un peu et n'essayant pas de les rattraper. Certains nous doublèrent, grand sourire aux lèvres, mais on garda notre vitesse, stable. On passa les cinq premières côtes sans difficultés, n'essayant pas de rattraper les autres. Lâchant d'une main le guidon, je lance un sort –que m'a rencardée Jared avant que l'on aille sur place- et le nombre de kilomètres apparu en chiffre faits d'étincelles planantes 6, 7. J'attends encore un peu, au douzième kilomètre, on accélère. Je compte rapidement ceux qui sont devant nous. Ils sont une dizaine. Un autre tandem nous gruge et je reconnais Stendford qui me fait un doigt d'honneur au passage. Ouais, c'est ça, rigole, mon pote ! Harold cesse de pédaler plusieurs fois mais jamais plus d'une ou deux minutes, ce qui ne change rien à notre allure puisque je me contente de pédaler un peu plus vite sur ces intervalles. Sur le court passage de plat, j'en profite pour lancer le sort à nouveau 11.6. Le début d'une côte plutôt longue et pointue se profile.
- On se met en danseuse, Roldy, et on turbine, il reste plus que quatre kilomètres ! On les dépasse tous ! lançais-je à mon coéquipier.
-Les doigts dans le nez !
Aussitôt, on pédale plus fort et on prend de la vitesse. Dés que la montée commence, je me mets en danseuse et je sens Harold qui se calle sur mon rythme. On accélère encore et encore alors que la pente devient de plus en plus difficile, le souffle d'Harold s'accélère et j'ai peur un instant qu'il lâche mais il tient bon. On redépasse d'abord Stendford, puis un autre et encore un autre. Arrivés en haut de la côte, on les a presque tous effacés, il n'en reste plus que trois.
-Allez, allez ! encourageais-je alors qu'on entame la descente. On reste en danseuse, Roldy !
Il ne répond rien mais je sais qu'il m'écoute. On continue à pédaler à toute allure alors que la sueur coule dans mes yeux et commence à me les brûler. On dépasse les deux autres en un rien de temps et on va si vite qu'à peine quelques minutes plus tard, je vois la ligne d'arrivée où nous attendent les profs.
-Dernière ligne droite, on y va ! hurlais-je en accélérant à fond, je sens Harold m'imiter.
Je reconnais le dernier couple Charly et Samuel, un poursuiveur de Serdaigle. A quelques mètres de la fin, on les dépasse et Harold crie de plaisir. Mauvaise idée puisque son souffle se met en branle et que je le sens arrêter aussitôt de pédaler. Merde, merde ! Charly et Vancouver nous rattrape mais heureusement pas assez vite puisqu'il n'arrive qu'en même temps que nous.
-Premiers ex eaquo trente-trois minutes cinquante cinq ! déclare Dumbledore. Bravo ! Somptueuse et trépidante arrivée !
Je descends du vélo avec un grand sourire on a gagné ! Je frappe dans la main de Charly qui m'attire dans ses bras et me félicite. Mon capitaine adoré ! Sam ne cesse d'hocher de la tête, en marchant, les mains sur les hanches, en répétant « j'ai un putain de point de côté, les gars ! ». Je me retourne et reviens vers Harold qui est allongé au sol, une mine d'extase collée au visage.
-T'as réussi, me lance-t-il alors que je m'agenouille, près de lui. Grâce à toi, j'ai bien eu mon asthme !
-Non, non, on a réussi ! On est une équipe, mec !
Il me lance un gros sourire et je le lui renvois au centuple. Je tourne la tête vers les couples qui sont arrivés Jeremy et Mary Stendford et une Serpentard de Sixième Année Jared et Alex. Sur la dernière ligne droite, Doug et Gwen arrive bientôt et, à l'horizon, on peut voir Cindy qui pédale toute seule tandis qu'Allan est avachi sur son dos, les pieds ballants, même pas posés sur les pédales ! J'éclate de rire, il a bien dû la faire chier, la pauvre ! Plusieurs équipes de Sixième années, Cinquième et Quatrième années sont aussi arrivées, difficilement pour la plupart. Ça fait maintenant une heure et quart qu'on est partis, les trois quarts sont arrivés. Owen et Emily ne sont pas encore là. Je reprends le tandem et me mets en position de repartir.
-Hé ! mais qu'est-ce que tu fais ? me lance Harold.
-Je vais chercher Winny ! Et Milou, au passage !
-Mais t'es pas crevée ?
-Non, ça va. Et toi ? Tu m'accompagnes ? Ce sera plus facile à deux.
-Et comment ! assure-t-il en venant s'assoir derrière moi. Par contre, on va moins vite, hein ?
-C'est plus une course, là ! plaisantais-je avant de démarrer. C'est une mission de sauvetage !
xOxOxO
A la fin de la côte, j'aperçois enfin deux silhouettes sur le bas côté, assis dans l'herbe. Je souris, ça y est !
-Winnyyy ! Milou ! hurlais-je avant de lancer à Harold. On y est !
-On est à combien ? bafouille-t-il, littéralement exténué.
Il a fait beaucoup de plus de pauses qu'à l'allée et son asthme s'est réveillé souvent. Enfin, c'est bon, là, ya plus qu'une descente. Je lance le sort 8.9.
-On est à cinq kilomètres, l'avertis-je.
On s'arrête enfin à côté d'Owen et Emily. Cette dernière a l'air plutôt bien et s'est levée en nous voyant arriver, rayonnante. Owen, par contre, a les genoux repliés contre lui, ses épaules affaissées et des larmes coulent sur ses joues. Il a sa tête des mauvais jours. Je m'assois à ses côtés et l'attire contre moi. Il est en sueur et tremblant. A mon contact, il éclate en sanglot et enfonce son visage dans mon cou tandis que je lui caresse le dos. Emily me lance un regard coupable mais je lui souris pour lui faire comprendre que ce n'est pas de sa faute… Owen est très fragile.
-T'as bien tenu, quand même, Winny ! Presque neuf kilomètres ! Emily et moi, on est très fières de toi, hein, Milou ?
-Oh oui, beaucoup ! s'empresse de répondre la blonde.
-Je… Je suis nul… et j'ai mal… j'ai mal, Lena…, sanglote-t-il, à voix basse.
-Allez, bois ça, ça va allez mieux et après, je te ramène au bercail, d'accord, Winny ?
-Oui.
Il boit un peu d'eau et me rend la bouteille que je tends à Emily. Celle-ci boit bien plus. Je pense qu'elle a dû pédaler un ou deux kilomètres toute seule… Elle me la tend ensuite mais je lui dis de la garder. Je me lève alors.
-Allez ! En route ! m'écriais-je en attrapant la main d'Owen.
Je le force à se lever alors qu'il continue à sangloter. Je le traine vers mon tandem en gloussant et le fais s'assoir, lui déposant une bise taquine sur la joue. Je lui dit de m'attendre et vais voir Emily et Harold.
-Je vais le tirer là-bas. J'en ai pour un quart d'heure à mon avis donc si tu veux Emily, je peux revenir te chercher dans une demi-heure à tout casser, proposais-je.
-Non, non, ça va, Lena, merci, me fait-elle.
-On va y aller à pied et len-te-ment ! ajoute Harold.
-Je vous attends là-bas avec de l'eau et je vous trouve une glace, promis ! Je suis sûre que Dumby en a de réserve !
xOxOxO
On est dans une espèce d'immense villa dans le style d'architecture musulmane. Dumbledore nous a dit que c'était la cité palatiale de Grenade. Il y a des colonnes, des arabesques, des fontaines et des étendues d'eau partout. Une verdure luxuriante serpente de ci, de là, donnant un air envoutant et exotique à l'ensemble. C'est décidé… ma maison sera pareille ! Et je veux le soleil d'Espagne en complément !
Sur chaque visage espagnol, j'ai l'impression de voir les yeux de mon père et le même sourire. L'odeur de ma famille est partout dans les rues, leurs rires résonnent dans tous d'ici. C'est comme s'ils étaient juste à côté de moi, à chacun des pas que je fais dans n'importe quelle ville d'Espagne alors qu'ils sont de l'autre côté de l'Europe. Chacun de mes séjours ici est un rêve éveillé… en plus, avec Dumby, on fait du sport ! Il a beau être intoxiqué au sucre, il a quelques bonnes notions à garder !
Je suis à côté de Doug qui me raconte la blague qu'un Quatrième Année lui a lancé dans le train et, à la chute, j'éclate de rire sous le regard railleur d'Allan et imperturbable de Jared.
-Très bien, les enfants ! débute Dumbledore. Alors, afin de profiter pleinement de l'Alhambra, nous vous avons organisé une immense chasse au trésor. On vous distribuera des cartes et une boussole. Vous resterez avec vos équipes originales… mais ouvrez l'œil et gardez les oreilles à l'affut, sait-on jamais que vous trouviez de quoi vous aiguillonner.
-Aiguille au nez? fis-je.
-Laisse tomber, Lena, soupire Allan. Bon, sois sage, hein ?
-Bah oui !
Lui et Owen s'éloignent en direction de Conrad et Gwen, tandis que Douglas rejoint Sean, Harold et Charly. Je fais de grands signes à Emily qui s'approche de nous, Jared et moi. Prenant tout son temps, Jeremy s'avance à son tour. Il tient la carte et le GPS que lui a donné McGo.
-Salut, Jeremy !
-Gonzalez, claque-t-il avant de se tourner vers Jared. Salut, Jared… et Emily.
-On commence ? les pressais-je en tendant une main pour attraper les objets que tient toujours Jeremy.
Mais il se retire de ma portée, aussitôt, en me lançant un regard noir. Un frémissement agacé me prend mais je me retiens de l'étriper. Il a de trop beaux yeux verts, c'est injuste ! Il passe le GPS à Jared qui le prend avec un sourire. Ces deux-là, grâce à leur poste de préfet respectif, sont assez amis… c'est frustrant, vous ne pouvez pas savoir ! En plus, j'ai beau demander –supplier, menacer, grogner- Jared de m'arranger une touche avec le Serpentard, il refuse à chaque fois. Ça aussi c'est injuste, tiens ! Ils se mettent alors à polémiquer –apparemment, il y aura une sorte d'énigme gravée dans la carte où il serait question d' « aboyer » et de « mort »-, tous les trois, tandis que je fais un tour sur moi-même. Chaque équipe chuchote, vérifie que personne ne les espionne et s'agite. Je ne sais pas trop où il faut aller mais je serais d'avis qu'on bouge ! C'est surement pas ici qu'est le trésor. Armée de ma décision, je me retourne vers eux.
-Bon, on a qu'à aller vers l'espèce de piscine, là-bas !
-Chut…, s'agace Jeremy.
-Quoi « chut » ? Ya pas de chut qui tienne ! On va pas rester plantés là, quand même ?
-… « Là où aboya la mort, drapée de pluie, qui vint la chercher pour l'emmener à sa nouvelle demeure » , se répéte Jared, en proie à une intense réflexion. « Là où aboya la mort, drapée… »
-ça sert à quoi d'avancer sans savoir où on va ?
-Un décès, donc…, dit Emily à Jared qui hoche la tête.
-On tombera peut-être dessus ! m'impatientais-je.
-… et le verbe « aboyer », c'est étrange…
-Ah ouais, Gonzalez ? Mais on sait même pas ce que c'est, abrutie ! T'es vraiment conne ! lâche Jeremy, irrité.
Je fais un pas rageur en sa direction mais Jared me retient aussitôt, tout à fait calme. Il me fourre le GPS dans les mains, en me demandant de m'en charger dans le but que ça m'occupe. Il déclare alors qu'avec Emily, il croit bien avoir une piste. Il nous explique qu'à quelques mètres vers l'Est, il y a une fontaine décorée de sculptures de chiens. La légende veut qu'une des résidentes du palais a, il y a quelques siècles, déplut aux Dieux qui ont empoisonné l'eau de la fontaine et que quand elle y trempa ses lèvres, par un été de canicule, elle en mourut aussitôt.
-Ouais mais où est la pluie ? m'enquis-je.
-C'est l'eau, Maddy, la pluie, m'éclaircit Jared.
-L'eau de la fontaine, ajoute Emily.
-Idiote…, marmonne Jeremy.
Hey ben ça promet !
