Hello Hello people !
Tout d'abord : MERCI à vous, nos petites reviewseuses :D
Ensuite, Dairy nous a parlé de l'origine des noms de famille de nos personnages et donc les voici :
Lena Gonzales - Speedy Gonzales vous connaissez ? il ressemble un peu à Lena non ? ;) Énergique et fou-furieux.
Emilie Bolkanski - c'est le nom de famille d'un personnage russe du roman Guerre et Paix, doux, en quête d'assurance, renfermé comme Emi
Harold Bontey - le nom de famille est un peu arrangé mais provient de celui de Charlotte Brontë (une grande écrivain anglaise). Une passionnée comme Spok.
Jared Knightley - nom de famille du gentleman intelligent et sérieux du roman Emma de Jane Austen
Owen Collins - nom de famille du cousin maladroit de Lizzie Benett dans le roman Orgueil et Préjugés, un timide et gauche, gentil. :)
Allan Lennox - nom de famille d'un personnage de Nord et Sud, qui ne ressemble pas du tout à Allan par contre xD
Mary White - pour la connotation "Blanche colombe" qui va à ravir à ce personnage ! Vous trouvez pas ? ;)
Les autres noms de famille n'ont pas une origine particulière :)
Sinon, sur le blog il y a maintenant la bio de Nikolaï, le frère d'Emi :D
Après tout ça,
Bonne lecture
Réponses aux reviewseurs à qui le site ne nous permet pas de répondre
- pomegranatesss : c'est bizarre qu'on puisse pas te répondre par mp ! mais bon, alors... on est super contente de savoir que tu aimes et que tu nous suis depuis si longtemps :) on espère recevoir tes petites reviews au "compte-goutte" comme nos chapitres ;) Merci de ta review !
- Alicette : coucou ! :D ça fait plaisir de relire ton avis enthousiasme ! Pas besoin de rafraichir 5000 fois, la voilà la suiiiite xD MDR ta peluche s'appelait Milou ? je comprend mieux pourquoi tu adores Emi ;) Et j'avoue que les moments de transe d'Emilie sont quelque chose de particulier ! Spooooooooooook (excuse la fan xD) Merci de ta review !
Chapitre 15 : Niko-vomito
Lorsque je sors du bâtiment, il est sept heures et je suis vraiment en retard au match auquel Spok et moi avons été invité par Lena. Je n'avais pas prévu en vérité que l'entretien prenne autant de temps. Le stress qu'il m'a généré s'évacue peu à peu tandis que je repère la voiture rouge de mon frère. Mes doigts se détendent et je tente de positiver quant à la réponse pour ma candidature à l'examen du Conservatoire de Londres que je viens de passer. Plusieurs des examinateurs se sont déridés lorsque je me suis mise à jouer le morceau imposé. C'est bon signe, non ?
« Mily ! Dépêche! s'écrit Nikolaï depuis le siège conducteur de l'auto, ca fait une heure que je poireaute moi ! Qu'est ce que tu foutais bordel ?
- A ton avis ? je soupire en ignorant sa mauvaise humeur et posant mon violon sur la banquette arrière.
- Je dois encore t'amener à ce match en plus ! grommelle-t-il en démarrant bruyamment sa voiture dont la radio se met à cracher un air d'ACDC, j'en ai marre de faire le chauffeur de taxi ! »
Je soupire à nouveau et fais mine de ne pas entendre ses jurons russes lorsqu'il klaxonne violemment une petite vielle chevrotante au volant d'un voiture guère plus véloce. Je dénoue mon chignon et retire avec soulagement les chaussures aux talons vertigineux de ma mère pour me chausser de mes confortables ballerines.
« Et alors ? Tu dois acheter tes cadeaux de Noël de toute façon pour tes potes, non ?
- Ouais ouais, marmonne-t-il en grillant un feu rouge, bon alors, ca c'est bien passé ?
- On verra bien, je réponds, ils m'ont fait interpréter du Verdi...
- Ben ca va alors ! Au fait tu comptes rester habillée comme ca ? demande-t-il en détaillant du coin de l'œil ma veste de costard, ma jupe courte et noire et mon chemisier strict. C'est pas tout à fait adapté à un match de foot ! »
Je me retiens de lui lâcher que de toute façon tout le monde si fiche bien de moi, et que du coup je ne vois pas pourquoi je devrai faire un effort vestimentaire même si là je ressemble plus à une femme d'affaire qu'à une supportrice ordinaire de l'équipe de Manchester United.
« Prend au moins ma veste alors, ordonne-t-il, ca évitera d'abimer la tienne toute neuve. »
Tandis que par quelques manœuvres non réglementaire il nous fait débouler devant le stade de foot de Londres, je me glisse dans sa large veste en cuire imbibée de son odeur de tabac et de café. Elle jure de façon criarde avec le reste de ma tenue mais compense par sa chaleur sécurisante qui me rappelle Niko. En un affreux grincement de pneus, la voiture s'arrête et nous en sortons pour nous fondre dans la foule excitée qui s'amasse devant les portes du stade. Je me dévisse le cou dans tous les sens et c'est finalement Laïko qui repère Harold et Lena entourés d'Allan, Douglas, Owen et de deux autres garçons que j'identifie comme les frères de Lena, venus la chercher à la gare. Il y a aussi Jared, mais je ne m'attarde pas sur sa silhouette pour ne pas emballer les battements de mon cœur outre mesure. Niko arque un sourcil avant de m'attraper le bras, me stoppant dans mon élan pour rejoindre Spok.
« Ya que des mecs ?
- Euuh, Lena est pas très branchée comportements typiquement féminins ! j'explique.
- Pas branchée comportements normaux tu veux dire surtout ! son sourire s'efface et ses yeux sérieux se plantent dans les miens, Mily, fais attention d'accord ? T'es la seule vraie fille et t'es entourée de beaucoup de...
- Emi ! Harold me bondit dessus pour m'enlacer sous les yeux suspicieux de mon frère -dès qu'il s'agit d'un garçon qui m'approche d'un peu trop après il est toujours suspicieux, malgré le nombre d'années, il a toujours un doute quant à la nature de ma relation avec Spok-. Te voilà enfin ! On t'attends depuis une demi-heure ! Salut Niko ! Wow, t'es super bien sapée Princesse !
- Je viens de passer l'entretien d'entrée au Conservatoire de Londres, je fais en un large sourire.
- Et alors ? s'enflamme-t-il en me secouant comme un prunier, comment ça s'est passé ?
- Milou ! T'es la dernière, s'écrit Lena en déboulant sur nous avec énergie, elle sourit chaleureusement à mon frère, Hey, salut Noukie ! Ca va ? »
Surpris par ce surnom aussi inattendu que ridicule, Niko éclate de rire. Tout en s'éclaffant de ce rire franc et mélancolique qui me plait tant, il la jauge du regard. Essayant de retrouver dans les traits de Lena les qualités et la spontanéité que je lui ai décrite. Ce qu'il voie semble lui plaire car il se prend aussitôt au jeu de Maddy.
« Très bien Mag' ! réplique-t-il hilare avant de retrouver un peu de sérieux, Je te confie Emily d'acc ? Surveille-la bien. »
Je lève les yeux au ciel de consternation, cette protection à outrance ne cessera-t-elle donc jamais ?
« Evidemment ! assure-t-elle en brandissant son poing, je m'occupe de la protéger Noukie ! »
Niko explose à nouveau de rire, aussitôt rejoint par Harold et je ne peux m'empêcher de pouffer discrètement devant le spectacle qu'offre Lena, butée et la mine bagarreuse en brandissant son poing comme une épée. Monfrère se tourne alors vers moi pour parler en russe.
« Je te retrouve ici vers vingt trois heures sans faute ok ?
- Pas de problème, j'acquiesce.
- Et fait attention a Mag', rit-il, elle a l'air un peu barg !
- T'as même pas idée ! je m'exclame en souriant. »
OoOo
Ils préparent un mauvais coup c'est évident rien qu'à les voir comploter assis l'un à côté de l'autre. Les regards enjoués et conspirateurs qu'Harold et Lena me lancent me confortent dans l'idée de me tenir sur mes gardes. Il se trame quelque chose avec ces deux là et à mon propos en plus. Ca n'augure rien de bon.
Je l'ai sentie tout de suite que Lena voulait prendre les choses en mains et m'empêcher d'éteindre en moi ce que les yeux noirs de Jared ont enflammé. Je soupire de lassitude, assise au bout de la rangée que nous occupons, à côté de Douglas qui fait mine que je n'existe pas. De là où je suis il est impossible d'entendre ce qu'ils se racontent tout bas. Mais pourquoi suis-je allée voir Harold et lui ai fait part de ma consternation suite à la découverte de mon obsession musicale en la personne de Jared ? Certes, il a pu me calmer et me réconforter parce que la panique m'étouffait. Mais il a mis des mots là où ils n'ont pas lieu d'être et où je refuse de les voir. Amoureuse ? Le mot m'hérisse le poil. Jamais !
Je ne le suis pas, ce ne sont que des frissons et un peu de rouge aux joues comme toutes les midinettes de Poudlard ont face à lui et son charme. Ce n'est rien de plus que cela. Il m'a obsédé pendant des jours et la seule façon que j'ai eue pour y mettre un terme à été de composé et enregistré un morceau au violon. Mais c'est tout. Pas de quoi utiliser les grands mots tels que "amoureuse". Lena est au courant pour ma compo, mais elle a promis. Et heureusement que j'ai sa parole de Gryffondor sinon ca ne fait aucun doute qu'elle s'empresserait d'aller raconter à Jared ce qu'elle croit savoir mais qui n'est pas la vérité. Je ne suis pas amoureuse de lui. Je ne suis pas Alexandra Collins, Cindy Spencer, ni l'une de toutes ces autres filles qui se pâment d'amour pour lui. Il y a erreur sur la personne. Ce ne sont que des frémissements et une compo au violon par Merlin ! Rien de plus.
Mais j'ai beau le leur répéter, ils ne veulent rien entendre. Ils me contredisent sans cesse, se serrent les coudes pour me faire reconnaitre des sentiments qui n'existent pas. Je l'aime bien mais ca s'arrête là et l'unique raison pour laquelle j'ai composé sur lui c'est qu'il dégage quelque chose de fascinant, troublant et irrésistiblement attirant. Ils y voient de l'amour. Ils refusent de comprendre l'évidence : il ne se passera jamais rien entre lui et moi. Et même si ca me fait mal de le reconnaitre -non pas à cause de prétendus sentiments mais parce que je suis lucide sur mon statut de souffre-douleur-looseuse-ratée à Poudlard-, c'est la vérité. Point à la ligne.
Je pousse à nouveau un soupir et baisse les yeux pour tenter de suivre le match de foot auquel je ne comprends rien si ce n'est qu'on court après un ballon pour l'envoyer dans les cages de l'adversaire. Le brouhaha qui se dégage du stade ne me permet pas d'écouter comme je le voudrais. J'ai beau tendre l'oreille à la recherche de sons intéressants, les seuls qui me parviennent distinctement sont les hurlements d'encouragements et les sifflements stridents. Lena prend part avec allégresse aux deux, bondissant au moindre mouvement de l'arbitre et s'exclamant de mécontentement dès que son équipe est en difficulté. Elle est parfaitement dans son élément entourée de ses frères et amis, vêtue d'un large t-shirt de foot et les joues aux couleurs de l'équipe qu'elle supporte.
Je me sens minuscule et seule au milieu de cette masse compacte de supporters aussi soudés qu'inconnus les uns entre les autres. Et je me sens terriblement mal d'être aussi éloignée de Spok qui lui semble beaucoup s'amuser et profiter de sa proximité avec Owen pour lui parler et lui sourire. Une angoisse sourde m'étreint alors que je le regarde la gorge nouée de tristesse. La peur qu'il m'oublie, qu'il se détache de moi et me remplace, cette peur viscérale m'étouffe.
Lena crie à la "holà" et la vague humaine secoue le stade et les spectateurs. La chaleur qui se dégage de ce mouvement collectif ne me réchauffe pas, surement parce que je n'y ai pas pris part. La compagnie froide de Douglas qui m'ignore royalement est aussi glaciale que le vent de cette nuit de décembre. Mes dents claquent les unes contre les autres et j'ai la chair de poule malgré la veste en cuire large de Nikolaï. Je farfouille dans ses grandes poches et en ressort des mitaines informes et délavées que je m'empresse d'enfiler tout en regrettant l'absence de bonnet pour couvrir mes oreilles rougies par le froid tout comme mon nez dont je ne sens plus le bout. Mais la seule chose qu'il reste dans sa poche c'est un tube de rouge à lèvre d'une couleur criarde très à la mode en ce moment. Surement celui de son ex, Wendy.
« Milou ! Milou ! m'interpelle Lena de par dessus les têtes d'Allan, Douglas et Jared. Tu peux aller chercher des boissons chaudes s'teu plait ?
- Et du pop corn ! lance Harold d'un sourire malicieux qui ne me dit rien qui vaille.
- Pas mal de pop corn, ajouter Douglas sans me regarder.
- Douggy ! Avec tout le chocolat et les confiseries de Noël c'est pas le moment d'acheter plus de sucre ! le réprimande Lena avec autorité. C'est pas bon pour ton motobolisme !
- Métabolisme Lena, la reprend Jared mi-amusé mi- las.
- C'est pareil Dada, réplique-t-elle en haussant les épaules.
- Pas vraiment non !
- Bon tu comptes me faire une leçon de vocabulaire alors que Milou a besoin de ton aide ? bougonne-t-elle en me tendant un billet en un clin d'œil. »
Stupéfaite, je reste un instant figée : alors c'est ca leur plan de "mise en relation dada-milou" ? On aura vu plus discret. Il est hors de question que je me laisse faire.
« Ca ira, je vais m'en sortir.
- Aaah Milou ! me coupe Lena en souriant malicieusement, dis pas n'importe quoi ! Tu vas pas porter tout toute seule non ? Tu as besoin de quelqu'un de grand et fort ! Dada est l'homme idéal ! »
Je ne serais dire si elle parle vraiment des boissons mais je n'en mettrai pas ma main au feu. Et si je n'étais pas aussi rouge et gênée j'aurais surement éclaté de rire comme Allan lorsqu'elle ajoute avec conviction comme une vendeuse soldant sa marchandise :
« Et en plus, il est super canon ! »
Jared lève les yeux au ciel tout en secouant la tête avec consternation. Avant que je n'aie eu le temps de rejeter son aide, il est déjà debout en un sourire, auquel je suis incapable de ne pas répondre, il m'emboite le pas vers le stand de boissons au dessus des tribunes.
OoOo
« Emi ! Emi ! s'écrit Spok en s'élançant derrière moi et m'agrippant le bras. Qu'est-ce que tu fais ?
- A ton avis ! je marmonne en grelottant. Je vais chercher cet abruti de camé de frangin !
- Quoi ? Où ça ?
- Par là, je désigne une ruelle digne d'une scène de meurtre morbide de Poe. Plus loin.»
Harold regarde avec horreur le chemin que je m'apprête à emprunter pour essayer de retrouver dans les bas-fonds racoleurs de Londres mon imbécile de frère qui ne tient pas ses promesses pour aller chercher sa came dans quelques bars à stripteaseuses. J'aurais du m'en douter, depuis le temps je commence à connaître Niko. Il cède toujours à la tentation. Et après c'est à moi de le retrouver, le ramener et le récurer. Je sens qu'une joyeuse nuit m'attend !
« Je t'accompagne ! s'exclame-t-il fermement.
- Hors de question, je réplique. C'est pas un endroit…
- Pour moi ? lance-t-il avant de passer son bras autour de mon cou, si ça l'ait pas pour moi, ça l'ait surement pas pour toi non plus. Tu n'iras pas toute seule là-bas ! répète-t-il sans sourciller. Je t'accompagne.
- Bon d'accord, je murmure doucement dans un demi-sourire. Merci.
- Je t'en pris Princesse, il m'embrasse la joue et m'entraîne dans la ruelle. Que la chasse commence !
- La chasse ? La chasse à quoi ? Quelle chasse ? s'exclame Lena que je n'ai pas entendu arriver.
- A Nikolaï, je soupire, on va le chercher. Mais on se revoie pour le nouvel an, hein ?
- Hey ! elle lance un regard de défi, pas question de vous laisser y aller tout seuls !
- Quoi ? je m'exclame en ouvrant la bouche pour refuser, Non Lena je crois pas que se soit vraiment pour…
- Super ! s'écrit Harold en lui tapant dans l'épaule, je te paris que je le trouve avant toi !
- Tenu Roldy ! Tenu ! »
C'est un blague n'est-ce pas ?
Apparemment non car ils m'emboitent le pas quand je me glisse dans la pénombre brumeuse de cette nuit de décembre. Je n'ai pas le temps de les renvoyer vers le stade et les garçons car ceux-ci sont déjà à côté de nous prêts à suivre Lena dans le moindre de ses délires. Certains pour l'encadrer, d'autres pas. Je grince des dents et grommelle pour moi des jurons russes qu'aucun ne comprend fort heureusement. C'est la merde. Moi qui voulait la jouer discrète pour gagner du temps, raté. Je peux encore essayer de les semer. Après tout je connais bien mieux qu'eux ce coin miteux de Londres. Je renonce bien vite à l'idée, Harold me tient un bras et Lena l'autre. Je vois mal comment les empêcher de me suivre maintenant qu'on s'engage vers la place Pigalle londonienne sous les yeux ébahis de Spok qui ne comprend pas comment j'arrive à me repérer ici en pleine nuit.
Je ressasse mes souvenirs et bifurque deux fois à gauche avant de tomber sur la ruelle faiblement éclairée et à l'enseigne sexuellement évocatrice qui clignotante dans le noir. La voiture d'un rouge terne garée plus loin, me tape dans l'œil. Nikolaï est bien au Divina Calor. Au moins il a eu la présence d'esprit de mettre mon violon dans le coffre pour un vol. Peut être n'est-il pas irrécupérable en fait de compte… Mais lorsque je retombe sur l'enseigne et que je me remémore le nombre de fois que j'ai franchi cette porte pour m'enfoncer dans la masse d'ivrogne et de filles nues, mon regard se voile et se durcit.
Je me dégage de l'étreinte de Lena et Spok, retire mes mitaines pour sortir des poches de la veste le rouge à lèvre carmin de Wendy. Je l'applique sur ma bouche sous le regard incrédule de Maddy et suspicieux de Spok. J'ébouriffe mes cheveux savamment et ouvre la veste pour dénouer quelques boutons de mon chemisier. L'expérience m'a appris que pour être discret il vaut mieux ne pas attirer l'attention et leur ressembler. Je regrette de ne pas avoir mes chaussures à talons du coup.
« Qu'est ce que tu fais Emily ? gronde Harold en me détaillant.
- ça se voit pas ? je réplique en me dégageant doucement de sa main. J'y vais.
- Pas sans moi ! Je viens aussi, il fait quelques pas pour me suivre.
- Et moi ! bondit Lena qui ne semble pas se rendre compte de quel genre d'endroit il s'agit.
- Hors de question, je rétorque fermement. J'y vais seule ce sera plus rapide ! Vous m'attendez dehors, j'en ai pas pour longtemps !
- Mais ! commence l'un.
- Milou ! finit l'autre.
- Faîtes moi confiance, je murmure en plantant mon regard dans le leur.
- Emi, c'est pas une question de confiance là ! T'as vu l'enseigne de ce bar ?
- Et le nom, rajoute Lena en secouant la tête.
- Ecoutez… C'est adorable, je chuchote en leur souriant, mais vous ne m'aiderez pas en entrant avec moi là dedans. Je connais bien, j'en ai pour cinq minutes.
- Lena, elle a raison, fait Jared à qui j'envoie un regard reconnaissant.»
Sans plus attendre, profitant de l'altercation Lena-Jared qui pointe à l'horizon je traverse la rue et m'élance nonchalamment vers la boite. Le murmure de demande de prudence de Spok me parvient à peine tant mes genoux tremblent de froid, d'appréhension et de colère. J'ouvre la porte du bar et m'y engouffre sans soulever plus de regards qu'il ne faudrait. Juste assez pour voir que je suis une fille, maquillée et apparemment en quête d'un ou plusieurs mâles en chaleur dans cette atmosphère gonflée de tabac, de râles érotiques et d'alcool mêlé à une haleine putride. Je soupire, c'est bon. Ils me prennent pour une fille habituée de ce genre d'endroit, aucun doute ne nait. Heureusement sinon je me serais faite jetée dehors pas le patron qui a tendance à porter des soupçons sur tout le monde. Je m'enfonce dans la foule en grimaçant au toucher de leurs mains sur mes hanches et souffles contre mes oreilles.
Je l'aperçois enfin, pas difficile d'ailleurs c'est le celui qui braille le plus fort. Tout au fond de la pièce étriquée et mal éclairée, Nikolaï est presque en train de baver sur une fille rousse qui retire son soutif dans un roulement de hanche faisant tourner toutes les têtes. Je traverse la masse de gens en jouant des coudes pour le rejoindre. Il est attablé avec de parfaits inconnus et scande en cœur avec eux pour encourager la fille dans ses mouvements racoleurs. Ses déhanchés semblent l'hypnotiser. Mes yeux se portent sur les verres qui s'amoncellent sur la table et ma mâchoire se crispe. Je croyais qu'il ne touchait pas l'alcool parce que maman l'en avait dégoûté. Il m'avait juré que c'était le cas. Je lui attrape le bras pour l'éloigner du déhanché provocateur de la rousse.
« Mily ? bafouille-t-il en russe en levant ses yeux brillants sur moi, tu fous quoi ?
- Je viens te chercher ! A ton avis ? je gronde. On rentre, viens.
- Non, allez encore un peu, supplie-t-il la mince pâteuse en faisant onduler son regard sur les seins nus de la rouquine, juste un peu… Tout p'tit peu Mily…
- Non mais tu t'es vu ! je m'exclame en le forçant à se relever, tu es beurrée comme une tartine ! Qu'est ce que dirait papa ? Je croyais que tu…, ma gorge se noue, tu m'avais promis ! Merde Niko ! T'es un abruti !
- Moins fort Mily, geint-il en se rasseyant pour porter à nouveau son verre à sa bouche.
- Debout ! Je le tire plus fort alors que les regards commencent à se porter sur nous.
- Laisse-moi merde ! T'es chiante ! s'écrit-il énervé. Tu comprends pas !
- Nikolaï ! Debout ! je fais avec colère.
- Il a pas envie ma belle, souffle une voix dans mon cou, tu vois bien non ? Mais si tu cherches quelqu'un pour cette nuit, sa main glisse sur mon ventre et son haleine se rapproche de ma bouche, je suis ton homme chérie.
- Lâchez-moi, je crache froidement sans broncher.
- Dis donc tu vas pas jouer l'effarouchée maintenant, ricane-t-il en passant sa main sous mon chemisier. N'est-ce pas ?
- Lâchez-moi ! je m'écrie en tentant de me dégager.
- Lâche-la connard ! bondit Nikolaï comme s'il venait enfin de se réveiller, lâche ma sœur ou je te bute ! »
Il aperçoit la main du type qui remonte sous mon chemisier, ma mine irritée et horrifiée. Sa détente est automatique. Son poing s'abat brutalement sur la mâchoire du brun. Le mec recule et je me dégage de ses doigts baladeurs pour attraper le bras de mon frère et foncer vers la sortie. Mais on ne m'en laisse pas le temps, le gars se relève, la bouche en sang et fonce comme un bœuf sur Nikolaï en un hurlement vengeur. Je n'ai même pas le reflex de m'interposer, je suis éjectée sur la table en un cri tandis que Niko, le souffle coupé, tombe à terre. Il roule au sol entrainant l'autre dans sa chute, les autres lèvent leur verre et scandent des encouragements. Mon frère ne fait pas le poids. Je me jette sur le brun, plantant mes ongles dans sa peau pour le faire lâcher prise.
« Lâche-le ! je m'exclame, affolée, lâche-le !
- Ta gueule toi ! Il me repousse violement et je gémis de douleur en me prenant le bord de la table dans le dos.
- Enfoiré ! beugle Nikolaï semblant retrouver ses forces et abatant ses poings sur le brun. »
Mais il est trop bourré pour être rapide et sa lèvre se fend soudain en deux. Je pousse un cri en voyant l'autre s'acharner sur lui alors que Nikolaï n'arrive plus à se défendre. De toutes mes forces je le frappe violemment au visage. Il ricane et m'envoie une gifle qui me fait tourner la tête. Je tombe à terre, sonnée. Deux secondes me suffisent pour que ma vision s'arrête de tanguer et que je plante mes dents dans le poignet du brun qui hurle de surprise autant que de douleur. Il se retourne vers moi et un gout métallique d'hémoglobine coule sur ma langue lorsqu'il m'envoie son poing dans la mâchoire. Niko, la bouche en sang et l'œil noir, en profite pour lui balancer son genou dans le ventre et reprendre l'avantage.
Autour de nous, les autres, enflammés, beuglent et la bagarre se propage entre eux. Je crache mon sang sur la moquette, la rousse aux seins nus pousse des cris hystériques en voyant le liquide pourpre dégouliner de ma bouche sur mon chemiser. Elle s'enfuit en coulisse alors que je tente de me relever pour trainer au dehors un Nikolaï acharné contre le brun au sol. Mais il est comme possédé. Je me jette sur lui pour le raisonner, il m'envoie promener. L'alcool le faisant perdre le peu de raison qu'il possède. Les autres mecs se lancent dans la bagarre et je me retrouve bientôt noyée sous les coups qu'ils s'échangent, l'alcool renversé et l'horreur de voir Niko aux prises avec deux garçons bien plus costauds que lui. J'ai beau les frapper pour qu'ils le lâchent, rien n'y fait.
Un gars échauffé m'attrape pour me plaquer contre la table, les yeux brillants. Terrifiée, je crie et me débat. Soudain, un poing fend l'air pour s'abattre sur son plexus solaire. J'écarquille les yeux de surprise. Lena. L'instant d'après, je me sens soulever de terre. Je reconnais la carrure de Spok avec soulagement. Il me serre contre lui tout en m'emportant au dehors en courant.
« Nikolaï ! je m'exclame comme une folle alors qu'il sort de mon champ de vision. Nikolaï ! »
OoOo
Je n'ai plus froid, la fureur noire qui m'habite me brule de part en part. Je tremble de colère contenue, dans un état lamentable. Mon chemiser est plein de sang –le mien-, mêlé à de l'alcool et au vomi de Nikolaï qui vient de me dégobiller dessus. Je le traine d'un pas rageur vers la voiture, ayant distancé les autres, enfin sauf Spok qui soutient mon frère pour l'aider à marcher. Je ne tiens vraiment pas à subir leurs regards. Mais je sais pas si c'est pas plus préférable de supporter leur dégout que les élucubrations que mon frère beugle –fort heureusement en russe-.
« C'te connard j'te jure j'lui aurais refait son portrait ! s'exclame-t-il la voix enraillée par la téquila. Fallait m'laisser faire Mily !
- Si je t'avais laissé faire, Jared et Bartos t'auraient ramené en petits morceaux ! je rétorque. T'es un imbécile !
- Pourquoi t'ai méchante, geint-il en faisant mine de pleurer. J'voulais juste te défendre !
- Le mieux ça aurait été de ne pas y aller du tout ! je grince en soufflant -parce que bon sang qu'il a beau être maigre comme un bâton il est lourd comme un masse. Il y aurait pas eu de bagarre et on serait déjà à la maison !
- Roooh ça vaaaaa ! On s'en est sorti ! rigole-t-il, je les ai massacré hein Mily ? Hein que je suis le plus fort ?
- T'es surtout le plus con ! Si Lena avait pas été là, on serait en train de se faire rétamer !
- Mag a une droite de malade ! scande-t-il soudain avant de se retourner vers elle pour lui crier –en russe-, et des fesses de malade ! Est-ce que t'as vu ses fesses Mily ? Des fesses de déesse…, il éclate de rire en se retournant vers moi pour faire mine de me confier un secret, c'est une timbrée cette meuf' ! Mais putain qu'est ce qu'elle est canon ! Et sa droite Mily ! Une droite de diiiingue !
- Oui… oui…. je sais, je soupire fatiguée de lui donner la réplique.
- Tu crois qu'elle accepterait de sortir avec moi ? fait-il en tanguant sur ses jambes maladroites. Je sortirai bien avec elle et sa putain de droite ! Et ses putains de fesses ! Bordel de merde, t'as vu ses fesses ?
- Laïko, calme-toi, je murmure en le voyant prêt à se jeter sur Lena pour lui rouler la pelle du siècle, t'es pas en état là. Laïko ! Arrête !
- Mais euuuh ! gémit-il boudeur en lançant un regard appréciateur à Lena. Pourquoi… ? Toi tu te fais bien Harold !
- Quoi ? je réplique interloquée.
- D'ailleurs j'espère que tu t'protèges Mily, c'est important hein tu sais ! il se tourne alors vers Harold pour lui dire, tu fais attention à elle, hein ? Tu mets des préservatifs, hein ? il se met alors en colère, parce que sinon j'te bute ! Mets pas ma sœur enceinte compris ?
- Il dit quoi ? demande Spok éberlué par les gesticulations de mon frère.
- De la merde.
- C'est pas de la merde Mily ! reprend-t-il en russe. Tu dois faire attention ! Comme moi ! S'tu veux j'te montre ! Attend j'te montre, il tente de défaire sa ceinture.
- Non, non sans façon, je l'arrête fermement en soupirant. Ça ira Laïko.»
On va éviter cette dernière humiliation. Après m'être faite exploser la lèvre, vomie dessus et secourue parce que je suis une incapable je ne tiens franchement pas à ce que Niko déballe ses attribues dans la rue sous les yeux des sept autres qui doivent me prendre pour une minable. Pas tout d'un coup quand même ! Déjà savoir que Spok, Lena et Jared ont assisté à une partie de ma vie que je tenais à garder secrète… Savoir qu'ils savent tous ce qu'est mon frère et la honte que je me suis prise… Je me mords la lèvre.
« Vous êtes des pauvre petits pois bande de blaireaux ! beugle Niko aux sept autres, des petits pois dans une boîtes de conserve magique !
- Laïko, je m'écris, la ferme ! Ils t'ont sortis des emmerdes !
- Pas toi Mily hein… toi t'es une perle dans cette boite de petits pois hein…
- Tu m'écoutes là ? je marmonne désespérée.
- J'veux pas rentrer, geint-il, tu vas encore me laver à l'eau froide ! J'veux aller chez Mag' ! Elle partagera bien son lit avec moi, hein ? il éclate de rire avant de rouler des yeux, outch… mal à la tête…
- Bien fait !
- T'es méchante Mily ! gémit-il.»
On espère recevoir vos avis ;) *sortant leurs yeux de chiots battus* xD
