Coucou à tous ! :)

Tout d'abord, merci à Nais pour avoir poster la 100ème review ! :D Et à tout les autres sans quoi ça n'aurait pas été possible. MERCI BEAUCOUP à tous pour votre soutien et enthousiasme ! ^^

Bon, nous n'avons pas grand chose à dire xD -et il est tard aussi donc pardonnez le côté concis !-

Bonne lecture à tous !

Réponses aux reviews auxquelles le site ne permet pas de répondre,

pomegranatesss : Fufufufu tu vas être servie, la première partie c'est pile le point de vue d'Emi pendant et avant la danse avec Jared ;) (notre dadaaaaaa international ! XD) Alalala Lena pourra surement se reconvertir en agence matrimoniale.. Finira-t-elle avec ce si sexy Jeremy ? *O* Who knows... ? FUFUFUFU. Bref ! Pour les photos des bios, hey bien elles viennent pour la plupart de Deviantart (sauf Nikolaï il me semble...) On est super contentes de voir que ça sert à quelque chose ce blog ! :D Pour le nombre de chapitres on sait pas mais on a pas finie d'écrire la fic et nous en sommes au chapitre 27 ! Encore merci beaucoup de ta review ! =)

Alicette : ben les gentils garçons sont pas cons quand même... ils se doutent surement que ya un truc de louche xD Mais comme on est dans la tête de Lena on peut pas savoir :/ Vouiiiiii tout sur le slow dans le chapitre suivant ;) ! MDR pour la blonde, inconscient évidemment ! xD Et ouiiii alex qui se réservait pour sa nuit de noce avec Jared T.T Le rêve est devenu un affreux cauchemar... Pauvre p'tite fille ;) Un grand lit ET un tapis ? WOW quel luxe, prend tout ceux que tu veux alors XD ! Merci beaucoup de ta review ;)


Chapitre 17 : Come on !

C'est tout à fait comme ça que j'imaginais la maison de Lena. Recouverte de neige, mais enrubannée de part en part par des guirlandes de Noël ostentatoires. Je promène mes yeux sur les murs du salon recouvert de photos. On y voit Lena, Bartolome, Damian et Estevan s'ébattre et jouer dans la boue, plus loin ils construisent une cabane dans leur jardin, Bartos se faisant assommer par une planche que tient fermement Lena du haut de ses sept ans. Près du sapin, une femme aux yeux aussi bleus que ceux de Damian qu'elle tient dans ses bras, rit face à l'objectif. Les photos recouvrent tout le mur, dévoilant des moments tendres et chaleureux. Ces instants qui fondent une famille. Je souris, les Gonzales ont l'air d'être soudés malgré leurs différences et disputes qui s'étalent sur la tapisserie jaunâtre. Mon cœur se pince lorsque je songe à ma propre famille, à ma mère. A ses yeux roulant dans leurs orbites et son rire de folle. A la claque qu'elle m'a donné le jour où il n'y avait plus d'alcool dans le tiroir de la cuisine, à ses pleurs hystériques enfermés dans sa chambre et à son sourire si triste lorsque j'ai joué une mélodie entrainante au violon pour Noël.

Un Noël de plus ici à contempler de derrière la vitre du salon la lande enneigée. A jouer dans le jardin avec mes frères, emmitouflée dans l'un des grands manteaux de papa alors que le vent hurle dans nos oreilles rougies. Un Noël de plus qui m'éloigne de ceux d'autrefois dans le salon bleu près de l'âtre de la grande cheminée blanche alors que maman jouait du piano, et que Laïko et moi dansions une valse du haut de nos six et huit ans. Un Noël de plus qui me fait peu à peu oublier les forêts russes aux si grands sapins. Et l'odeur de la terre noire.

J'émerge brutalement de ma rêverie lorsque j'aperçois Niko échoué dans un coin en compagnie de Stendfort, sirotant ce qui n'est surement pas du jus de pomme. Je serre les dents et m'élance pour lui passer le savon de sa vie. Prête à lui balancer à la figure mon verre pour le faire prendre conscience que c'est un crétin fini quand il veut. Il a insisté pour venir parce qu'il pouvait pas sortir à la fête de ses amis à cause de la neige, c'est pas pour venir se bourrer la gueule dans le salon des Gonzales ! J'ai du m'occuper de son cas ya deux jours, je ne compte pas devoir à nouveau le récurer ce soir !

« Emily, m'apostrophe Jared en se plantant devant moi, tu veux danser ? »

Je reste figée sur place de surprise, à le dévisager. Le temps pour mon cerveau de comprendre -en voyant Lena me lever un pouce victorieux-. Ah oui d'accord… C'est encore une nouvelle phase du plan foireux et délirant de la coalition Brontey-Gonzales. J'avoue que je l'avais pas vu venir celle-là, j'en reste bloquée et toute rouge. Du canapé, Harold me lance un immense sourire qui finit de me rendre mal à l'aise. Génial.

J'ai soudain envie de rire de moi-même, non mais je suis ridicule là ! Qu'est ce qui me prend à être incapable de rester calme en face de Jared ? C'est qu'une demande à danser ! Et en plus provoquée sans le moindre doute par Lena. Pas de quoi me rendre aussi affolée ! C'est franchement rien du tout Emi, calme-toi un peu.

« D'accord, je réponds en souriant. »

Je le suis sur la piste tout en lançant un regard désabusé à Harold pour lui faire comprendre que leur plan ne me fait ni chaud ni froid, que c'est juste voué à un lamentable échec. S'il pouvait lui, au moins, ouvrir les yeux ça m'arrangerait vraiment. Je ne pense pas réussir à convaincre Lena mais si lui au moins pouvait faire un effort pour enregistrer et me ficher la paix avec ses délires d'amour entre Jared et moi… Je comprends que j'ai choisi la mauvaise solution pour lui faire comprendre à l'instant même où je me laisse entrainer dans la danse. Je me crispe en entendant la mélodie. Manquez plus que ça ! Un slow ! Le monde est contre moi. A coup sûr Spok va y voir une déclaration éperdue et muette d'amour. Génial.

Il n'y a pas qu'Harold qui nous fixe avec insistance. Je déglutie avec difficulté alors qu'un tremblement me traverse. J'espère que la main de Jared dans mon dos ne l'a pas sentie. Je baisse les yeux sur nos pieds, me mordant la lèvre. J'avais oublié que Spencer était aussi de sortie ce soir. Elle, bien au contraire, ne m'a pas oublié. Et si à cet instant elle pouvait me tuer d'un regard, nul doute que je serais réduite en poussière en une seconde. Ma gorge se noue de peur. Mais aucun regret. Je ne peux pas la laisser me diriger. Si j'ai envie de danser, j'ai le droit. Elle n'a pas un veto sur lui ni quoi que se soit de ce genre que je sache ?

Comme pour me donner du courage, je fixe Jared et son regard noir qui me fait frissonner. Et ferme les yeux sur son sourire pour me laisser emporter par les notes qui s'éparpillent lentement dans la pièce. Le rythme berce mes paupières, et la chaleur de ses mains m'enveloppe d'une sécurité calme. J'ai envie que rien ne s'arrête. Que cette sensation douce et chaude reste lovée dans ma poitrine.

Mon ventre se tord lorsque la musique s'éteint et que ses doigts quittent mon dos. Je chasse vite la déception qui m'étreint un court instant, pour lui lancer un sourire et tourner les talons vers Harold qui m'accueille excité et en me lançant de grands regards qui en disent long sur ce qu'il pense de tout ça. Je soupire.

Il n'a absolument rien compris.

OoOo

Je ne sais pas comment ni quand à peu près tout ça a commencé à dégénérer. Est-ce au moment où Alex a beuglé en sautant sur la table un « Bonne année » ? Ou quand Stendfort a vidé le frigo des bouteilles de bières ? Ou quand Damian a sortie la téquila cachée d'on-ne-sait-où ? Ou quand Harold et Lena se sont mis à jouer à saute mouton dans le couloir ? A mon avis tout part du moment où Sean a tiré avec la carabine dans le plafond du salon. Ça a sonné le coup du départ de la dégénération progressive de leurs cerveaux maintenant imbibés d'alcool. Je suis juste sidérée par la vitesse avec laquelle tout est devenu incontrôlable. La musique hurle toujours, mais les cris et rires lourds sont aussi très sonores.

Harold fait la chenille avec Douglas et Allan dans le salon, deux personnes que je ne connais pas sont si collés l'un contre l'autre que j'ai du mal à savoir comme ils peuvent respirer, Jeremy et Niko font un concours du « qui tient le mieux l'alcool » sous des applaudissements décuplés par l'excitation et les rires. Quelques filles se déhanchent langoureusement sur la piste de danse désertée, Jared tente de calmer un Owen effaré, qui semble à la limite de la syncope face à ce spectacle de débauche qui s'offre à nous. Et encore ! Il ne sait même pas que sa sœur, Alexandra Collins, est plaquée contre le mur de la montée escaliers par un Stendfort sans chemise. Dont les mains entrepreneuses sont sous sa jupe, remontée jusqu'aux hanches. Et si je ne m'abuse ça m'a tout l'air d'être sa culotte pendue à la rambarde d'escaliers.

« J'l'ai démoli Mily ! beugle Niko en levant son verre et entourant mes épaules de son bras, il croyait m'avoir ce mioche ! Pau've type ! il part dans un grand éclat de rire, Viens Mil' ! On fête ça ! Les Bolkanski vaincront !

- C'est cela ouais ! réplique un ami de Lena les yeux embués.

- Tu m'cherche là connard ? s'enflamme Laïko en brandissant son poing.

- Ça se pourrait tapette ! »

Il n'en faut pas plus pour que mon frère lui écrase le nez. Je reste scotchée alors que le garçon s'effondre au sol sous les rires des deux filles se bécotant dans le hall. Niko lance un regard victorieux à son adversaire à terre. Et qui ne se relève pas. Je grogne de colère et m'empresse de me pencher sur lui pour voir si c'est grave. C'est le temps qu'il faut pour que Laïko parte dans la cuisine en hurlant « Champagne pour tout le monde ! ». Je soupire de soulagement en constatant que le garçon est juste sonné par le poing de mon frère conjugué aux litres d'alcool qu'il a surement englouti.

« Où est Mag' ? s'exclame Niko en passant à nouveau sa tête dans le hall, faut qu'elle boit à ma victoire sur c'te p'tite merde !

- Elle s'fait Conrad ! répond Sean écroulé de rire devant la fenêtre.

- Wow, ricane Laïko en se penchant pour mieux voir, elle est en feu l'espagnole ! »

QUOI ? Je le pousse sans douceur, sous ses protestations pâteuses, pour apercevoir dans le jardin obscure deux silhouettes dans la neige. Et en sous vêtements. Alors qu'il fait au minimum moins dix dehors ! Bordel de merde ! Le juron sort en russe alors que je me précipite dans le salon. Je fonce sur Jared pour lui agripper le bras. Il est aussi surpris que je suis affolée.

« C'est Lena ! je m'écrie en l'entrainant avec moi, Elle est complètement malade ! Faut que tu viennes !

- Quoi ? gronde-t-il en m'emboitant le pas suivi de près par Owen. »

Dehors, il neige très fort et le violent coup de vent manque de me faire perdre l'équilibre. Je m'accroche au bras de Jared alors qu'Owen lui tient l'autre, incapable de décider s'il préfère rester seuls avec les fous-furieux ou affronter le froid de cette première nuit de 1991. C'est Jared qui décide à sa place en fonçant vers Lena qui tourbillonne dans la neige. Lorsque je suis assez près je remarque qu'elle est toute bleue. Je pousse un cri et me jette sur elle pour lui mettre de force ma veste trop petite pour elle.

« Milouuuuu ! elle s'écrie toute excitée. Oooh mon Winnyyy ! Pleurs pas ! Vous v'nez jouer aussi ? Faut enlever ses vêtements et celui qui a trop froid il a perduuu ! Tu joues Dada ?

- Je crois pas non, réplique-t-il en la relevant d'autorité.

- Conraaaaad, geint-elle en se débattant, il est méchaaaaaant ! »

Son ami est aussi bleu qu'elle, et aussi beurré sans aucun doute. Il claque des dents mais je l'ignore pour ramasser les vêtements de Lena qui s'excite dans les bras de Jared la trainant à l'intérieur suivi par Owen en pleurs et affolé. Je rentre ventre à terre suivi par un Conrad grelottant mais beuglant sa victoire aux étoiles. Je retrouve Jared et Owen au premier étage dans la petite chambre de Lena.

Je m'accroupie près d'elle alors qu'elle chante à tue-tête l'hymne de Poudlard. Sa tête se balance lourdement sur ses épaules alors qu'elle me sourit béatement. Je m'apprête à fouiller dans ses tiroirs à la recherche de vêtements secs lorsque débarque Cindy, la mine horrifiée et mimant bien une inquiétude pour Lena qu'elle est pourtant très loin d'avoir. La seule chose qui l'intéresse à l'instant c'est de briller devant Jared qui sort un t-shirt pour sa meilleure amie et qui ne se retourne même pas vers elle à son grand dame.

« Oh par Merlin ! s'écrit-elle. Lena ! Tu m'as fais peur ! Quand je t'ai vu dehors… »

Dans un mouvement digne d'une tragédie grecque elle se laisse aller à de lourds sanglots pour s'apitoyer sur l'épaule de Jared avant de s'emparer de Lena. Irritée par tant de fioritures inutiles je ne m'éloigne pas de Maddy. Cindy me pousse et la mort dans l'âme, je laisse mon amie dans les bras de mon ennemi. Mais Lena se dégage aussitôt, comme une possédée. Elle se jette sur moi nichant son nez dans mes cheveux et barbouillant de neige mon t-shirt estampillé « The Russian Girl Rules » -offert par Niko-.

« Tu sens bon Milou ! s'exclame-t-elle ravie. »

Je manque d'éclater en sanglots en sentant ses bras autour de moi. Et l'enlace en retour de toutes mes forces même si elle n'a pas l'air de comprendre ce que ça signifie pour moi. Je ne jette aucun regard à Spencer, ni à Owen, ni à Jared. Je murmure juste un :

« C'est bon, je m'occupe d'elle. »

Le regard de Spencer se pose sur moi à la fois haineux et stupéfait. Je ne lui accorde pas la moindre importance, lui intimant fermement de dégager. Jared sort suivi par Owen sanglotant beaucoup plus sincèrement que Cindy accrochée délicatement au bras du préfet en chef. Je me tourne vers Lena puant à plein nez une odeur forte de tequila que je reconnaitrais entre mille. Doucement je m'occupe de la sécher alors qu'elle gigote et s'excite en tout sens. Sa tête est lourde et ses yeux brillants, elle chantonne et sourit pour rien. J'éclate de rire. Elle écarquille les yeux, comme surprise que je puisse rire aussi franchement. Je ris plus fort de son étonnement.

« Je t'adore Lena. »

Je crois qu'elle ne l'a pas entendu quand je lui ai dit. La fatigue et l'alcool ont eu raison d'elle, elle s'est endormie contre moi avant que je ne sèche ses cheveux. Je l'enveloppe dans une couverture et la frotte sur sa peau pour qu'elle ne s'endorme pas froide et attrape du mal. Mais je suis incapable de la soulever pour la mettre sur son lit, en désespoir de cause je mets juste son oreiller sous sa tête et glisse des chaussettes sur ses pieds encore un peu bleuis. Discrètement je sors de la pièce, jetant un dernier regard à sa silhouette groggy et assommée avant de fermer la porte.

« Jared ? je souffle en tombant nez à nez avec lui dans l'escalier où surgisse des cris de joie provenant de la cuisine.

- Lena ? demande-t-il cachant son inquiétude sous un masque d'exaspération.

- T'inquiète, j'assure, elle dort.

- D'accord, je m'en vais avec Owen et Allan, m'apprend-t-il non sans que je sois un peu affolée de me retrouver toute seule avec ces malades dans le salon, et toi ?

- Je reste. Ya Harold et mon frère à surveiller.

- D'accord, hoche-t-il la tête, si tu vois Alexandra dis-lui de rentrer parce que Owen menace l'infarctus.

- Bien sûr. »

J'acquiesce avant de le dépasser dans l'escalier pour filer vers le salon. Je me jette sur mon frère pour l'arrêter dans son striptease qu'il annonce « maitriser à mort mesdames ! ».

OoOo

J'ouvre les yeux sur le cou de Spok où ma tête est callée. Je tente un mouvement pour me relever. Niko, Harold et moi sommes avachis sur le canapé des Gonzales, je suis tordue dans un drôle d'angle et à moitié étouffée par mon frère. Douloureusement je me dégage pour poser mes pieds au sol. Sur lequel plusieurs personnes ont trouvé un lit idéal. Heureusement que c'est de la moquette ! J'esquive quelques corps échoués dans tous les sens pour trouver la cuisine dans un état lamentable.

« Lena ! je m'exclame en la voyant se faire un jus d'orange, tu te sens mieux ?

- Mal à la tête, grommelle-t-elle, papa va me tuer et ya eu une partie de jambes en l'air dans ma baignoire…

- Tu veux que je te fasse mon cocktail spécial anti-gueule de bois ? je demande gentiment. Recette familiale !

- J'men doute bien ! rit-elle avant de gémir. Outch…

- Assis-toi, je conseille doucement en redressant un siège, reste tranquille sinon ça va empirer.

- J'ai mon jogging ! s'exclame-t-elle outrée de remettre en question cette habitude sacrée.

- Pas avec cette neige, je fais catégorique en ouvrant le frigo à la recherche des ingrédients secrets. Tu vas attraper froid, va mettre un pantalon Lena pendant que je te prépare ma potion faîte maison ! D'acc ? »

Elle se lève avec précaution comme pour ne pas briser sa tête douloureuse et s'engouffre dans le couloir tandis que je passe au mixeur pour brouiller tout ça. Quelques minutes plus tard, sa queue de cheval est dressée sur sa tête et elle porte un jogging trop large pour elle. Je lui tends le verre, lui intimant de le boire cul-sec. Mes yeux se promènent dans la pièce alors que la théière siffle que eau est prête à être infusée. Je me sers mon thé alors que Lena découvre l'art primitif ornant son frigo et son mur, fait à partir d'un rouge à lèvre violet. Un portrait de vielle dame –ou de patate desséchée j'ai du mal à savoir- surmonté d'un chapeau bizarre est intitulé « MECHANTE PAS BELLE » d'une écriture un peu tremblante que Lena reconnaît comme la sienne.

« Tiens même MacGo a décidé de squatter ! s'exclame-t-elle.

- C'est MacGo ? je demande un peu septique.

- Ben ouais ! ça se voit pas ? fait-elle étonnée qu'on ne reconnaisse pas le portrait.

- Pas vraiment non ! J'aurais dit un pruneau ! j'éclate de rire.

- Milyyyy, gémit Niko en apparaissant dans la cuisine pour s'écrouler sur la chaise qu'a délaissé Lena. Ton cocktail pitié… J'vais mourir cette fois, c'est sûr !

- Faut pt'être pas exagéré ! je soupire avant de gronder, et c'est bien fait, tu sais très bien que c'est mauvais pour la santé !

- Pas dès le matin Mily, pitiééé…, grogne-t-il la tête collée contre la table. Et pas si fort…

- Elle a raison ! s'exclame Lena que son anti gueule de bois à requinquer.

- Alors toi, ricane-t-il en plantant son regard moqueur dans le sien, tu peux parler ! J'me rappelle pas de grand-chose Mag' mais j'peux te dire que t'étais aussi fraiche que la bouteille de téquila !

- N'importe quoi ! réfute-t-elle.

- Emiiii, geint Harold se trainant jusqu'à une chaise.

- Je m'en occupe, je soupire en secouant la tête de lassitude.»

OoOo

« Tu triches ! s'exclame Laïko. C'est forcé !

- N'importe quoi ! je réplique la moue moqueuse, je suis juste la plus forte c'est tout.

- Mon cul ouais ! il grince en se renfrognant. Fait chier !

- Papa ! Niko il dit des gros mots ! s'exclame Piotr sur mes genoux. C'est pas bien ! Hein papa ?

- Rien à battre ! continue mon frère alors que papa est lui aussi en mauvaise position –nous jouons au poker sur la table à manger-.

- Nikolaï, maitrise ton langage veux-tu ! il lui jette un regard autoritaire qui fait grommeler mon frère mais a le mérite de lui boucler le clapet. Ce n'est qu'un jeu.

- Et puis tu sais ce qu'on dit, je souris en mélangeant les cartes, malheur au jeu, bonheur en amour ! Où tu en es avec Wendy au fait ?

- C'est fini depuis un bout de temps, il hausse les épaules tout en se concentrant pour faire une grimace à Piotr qui éclate de rire. Elle était trop chiante.

- Les femmes… soupire papa avec une pointe de tristesse et de compréhension.

- Hey ! je proteste en abatant ma carte avec triomphe, pas toutes !

- Crois-moi Mily, je me maquerais jamais –et je dis bien jamais- avec une chieuse ou une folle. J'veux être pépère !

- Pour avoir rien à glander ! je complète en un sourire.

- Et au fait, comment va Harold ? demande mon père dans une approche qu'il espère surement très discrète. Il ne vient pas à la maison ? Vous vous êtes disputés ?

- Papa…, je soupire, Harold est mon meilleur ami. Ce n'est absolument pas ce que tu crois.

- Je n'ai rien dit ! fait-il en haussant les épaules, c'était juste une question… Comme ça. »

Apparemment dans ma famille, l'obsession –mis à par les crêpes, la roulette russe et le poker- c'est ma relation avec Spok. L'amitié entre fille et garçon n'entre même pas en ligne de compte. Pour eux, je couche forcément avec lui. J'en deviens blasée. Niko amuse Piotr qui ronronne dans mes bras tout en tenant mes cartes –surement que Laïko fait diversion pour y jeter un coup d'œil d'ailleurs…- tandis que papa me lance de longs regards suspicieux. Non mais je suis vraiment pas aidée. Entre Lena et Harold qui croient en une romance entre Jared et moi, et mon père et mon frère qui la voient plutôt avec Spok… Franchement ya de quoi désespérer.

« En fait elle a quelqu'un d'autre en vue, lâche irrité Laïko en fixant ses jetons.

- Quoi ? papa et moi nous exclamons d'une même voix.

- J'te dis pas le type ! Un blanc-bec BG et coincé !

- C'est du grand n'importe quoi ! je m'exclame rouge de colère, je ne suis pas sur Jared par Merlin ! Qu'est ce que vous avez tous avec lui à la fin ! Yen a marre !

- Mily sérieusement, il arque un sourcil blasé, on me la fait pas à moi… J'ai très bien vu comment tu le regardais.

- Ah ouais ? Et je le regarde comment ?

- Comme si tu te liquéfiais sur place, annonce-t-il sérieusement.

- C'est du délire !

- Papa ça veut dire quoi « liquéfié » ? demande Piotr à mon père qui préfère se taire pour laisser exploser la dispute.

- En tout cas je suis allé lui dire qu'il avait pas intérêt à te toucher, même si t'étais à fond sur lui. J'fais pas confiance aux gars dans son genre !

- Tu as fait QUOI ? je bondis de ma chaise, Piotr s'accrochant à mon cou. Qu'est ce que tu lui as dit ?

- Pourquoi c'est important ? son irritation est perceptible, il a bien compris ma façon de penser. Ce type est louche c'est clair !

- Tu n'as pas à te mêler de mes affaires, je crache en lâchant mes cartes pour monter dans ma chambre, furieuse. Ça te concerne absolument pas !

- T'es ma sœur ! Tout ce qui te concerne, me concerne aussi, contre-t-il, je te protège Mily c'est tout ! Il t'aurais fait du mal, il est pas intéressé !

- Je sais ! Merci ! je crache froidement, et ça tombe bien parce que moi non plus ! Tu n'avais pas à mettre le bordel là où il n'y avait rien.

- C'était juste pour te protéger ! se défend-t-il en m'attrapant le bras alors que je grimpe les escaliers.

- Je sais me défendre toute seule, je réplique, et jusqu'à preuve du contraire c'est plus moi qui te protège de toutes les emmerdes que tu ramènes des night clubs le samedi soir.

- J'te demande jamais de venir ! explose-t-il. Tu sais bien que je te préfère que tu reste ici, tu es mieux à la maison Mily !

- Mieux à la maison ? Mieux à la maison ? Alors que je me fais un sang d'encre pour toi et tes conneries !

- On se calme, tonne la voix grave de papa alors qu'il pose sa main sur l'épaule de mon frère, doucement mais avec fermeté. Arrêtez. On est une famille, quoi qu'il arrive. On se protège mutuellement, peu importe si c'est nécessaire ou non. C'est clair ?

- Ouais… souffle Niko en évitant son regard.

- Pourquoi vous gâchez le peu de temps qu'Emily est ici à vous disputez ? sa voix triste me calme d'un coup. C'est ridicule. »

Je me glisse dans ses bras, rejoint l'instant d'après par Niko. Notre réconciliation silencieuse est un peu fragile mais je ne tiens pas à briser les instants que je passe avec eux. Je fais taire ma colère, de toute façon Jared prendra surement ça pour un délire d'ivrogne. Pas de quoi s'inquiéter.

« Et moi ? geint Piotr en tendant les bras vers nous. »

OoOo

« Cours ! Tu vas le louper bordel !

- Je fais quoi à ton avis ? je m'essouffle, tout ça c'est de ta faute !

- Comment je pouvais savoir que cette putain de caisse de merde aller tomber en panne ?

- T'as repoussé trop souvent la visite annuelle !

- Yen avait pas besoin !

- Ah ouais ? Si je loupe le train tu vas voir si yen avait pas besoin ! »

Ma valise sous son bras, il est dix mètres devant moi. Le train siffle et démarre lentement alors que nous déboulons sur le quai bondé de familles un brin triste. Je lâche un juron en russe.

« Magne-toi ! s'écrit-il en balançant ma valise dans le premier compartiment pas encore fermé. Il a démarré ! Qu'est ce que tu fous ?

- Je… je…, mon souffle saccadé m'étouffe.

- Vite ! Grimpe merde ! me coupe-t-il en me soulevant par les hanches pour me poser sur le marchepied bougeant avec le train en marche. Il pose ses lèvres sur mon front. Salue Harold, Allan et Mag' pour moi ! Écris-moi !

- Laïko ! Laïko ! je m'écris alors que sa silhouette s'éloigne sur le quai. Prend soin de papa et Piotr !

- Promis ! cri-t-il les mains en porte-voix, ne t'inquiète pas Mily !

- Et maman ! Fais attention à maman ! je lance mais il est déjà trop loin pour m'entendre. »

Seul son sourire large et lumineux me parvient. J'agite ma main dans sa direction, mon cœur se serre douloureusement. Il me manque déjà. Lorsque je rentre enfin dans le train, je suis surprise de ne pas trouver Harold dans le compartiment bagage comme à notre habitude. Je dépose ma valise pour tourner les talons et partir à sa recherche en rasant les murs. Mais les élèves sont dans leurs compartiments et les couloirs sont vides pour la plupart. J'ose marcher au milieu, sans crainte.

Mes yeux s'agrandissent de surprise, je reste clouée sur place.

Soit c'est un mauvais film à l'eau de rose, soit c'est un cauchemar. Mais ça ne peut pas être vrai. Jeremy Handon n'est pas en train d'embrasser Mary White dans un coin discret du compartiment 14. Pourtant si ! Si ! Mon dieu, c'est pas possible ils sont si…

Oh mon dieu !

Je tourne brutalement les talons, et me mets à courir.

Il faut que je trouve Lena !


Plait-il ?

Je n'entends point ! xD