Coucou les gens !
On espère que vous allez tous bien et que vos rentrées ne sont pas trop "brutales" XD
MERCI à tous ceux qui fidèlement nous review, merci encore vraiment ^^
Sur ce,
Bonne lecture !
Réponses aux reviews
Alicette : coucou ! alors ouais pauvre Emi mais bon, tkt ya Lena qui va s'en mêler ;) Sacrilège d'avoir oublier la formule habituelle ! ça nous dérègle tout maintenant ! XDEmi avec Damian ? A vrai dire c'est une idée pas si farfelue ^^ même si vu leur caractère pas sur que ça puisse marcher longtemps ! Lena Bond ? Tu vas le savoir tout de suite ! On espère aussi que ta rentrée c'est bien passée ! Bisous et merci *O* !
pomegranatesss : (c'est quoi l'origine de ton pseudo au fait ?) Coucou ! Alalala l'impatiente ! et pourtant on poste toujours deux chapitres par semaine ! L'un le mardi et l'autre le samedi avec fidélité T.T raah c'est jamais assez XDSi Emi n'en parle pas à Spok c'est pour pas gâcher son plaisir à s'ouvrir au autres en lui montrant que ça la fait souffrir, ce serait égoïste de sa part de lui demander de ne pas le faire pour elle. Merci pour ta review ! :D
Chapitre 20 : Pré-au-Lard, on t'aime !
-Pourquoi t'as fait ça, hier ? s'enquit Conrad, critique, en venant s'assoir à côté de moi pour le cours de DFCM.
Ce qui ne sert pas à grand-chose puisque l'on va se relever bientôt. On ne reste jamais bien longtemps assis en DFCM, c'est pour ça que c'est le seul cours que je supporte. Sean s'assoit directement sur notre table et Charly me tapote l'épaule au passage, pour me faire comprendre qu'il me soutient dans la conversation qui va suivre. Crevée d'avance, j'allonge mes bras sur la table et y plonge le visage. Déjà que j'ai eu le droit au sermon de Jared pour avoir « agressé publiquement » Mary White et que j'ai croisé les regards noirs de toute la gent féminine de Poudlard, en à peine un jour et demi, je vais avoir le droit aux remarques de Conrad… Pour moi, agresser une teigne, c'est pas exactement ça… j'aurais dû aller au bout des choses, ils auraient compris la différence.
-Arrête de faire la gueule ! s'agace-t-il. White, depuis qu'elle a rien pigé à mes tentatives de drague, l'an dernier, j'peux pas la voir alors tu sais bien que je suis de ton côté, Lena ! Et c'est pour ça que j'me dois de te dire que ton plan « je remets en place la Sainte-Nitouche qui m'a chipé mon mec, devant tout Poudlard et Handon », c'est loin d'être une bonne idée… ça craint carrément, je dirais !
-J'voulais juste lui parler et… elle m'a énervée, lâchais-je.
-Et on connait tous ton sang chaud, la Gonzalez ! plaisante Sean, avant d'éclater de rire. J'ai adoré le spectacle, pour ma part, c'est dommage que Bolkanski et Jared t'aient arrêté !
Je quitte l'obscurité de mes bras et croise le regard bleu de Sean qui me lance un clin d'œil. Je regagne le sourire qui m'avait échappé dés que Conrad avait mis le sujet sur la table et j'échange une poignée de main avec Sean.
-Ouais, bah, je continue à dire que c'était vraiment d'la merde, ton plan ! Il faut que ce Serpent te désire, poulette, alors, bordel, fais-toi désirer ! s'énerve Conrad. Déjà, change ton look, montre un peu ton potentiel –qu'on a jamais vu- et arrête de le harceler, ça marche pas le mode Cinglée en Liberté !
-Hé ! Je suis pas cinglée !
-Non mais tu joues à quoi, vieux ? s'écrie Sean en bondissant de la table, tandis que le prof n'est toujours pas arrivé. C'est très bien, comme ça ! Faut pas qu'elle sorte avec ce sale Serpentard de mes deux ! Alors, tu te la boucles et tu la laisses capoter toutes ses chances comme une grande –c'est pour ton bien, Lena, ajoute-t-il en se tournant vers moi.
-Vous voulez que j'vous tape, tous les deux, ou quoi ? m'indignais-je, en me levant de ma chaise brusquement.
La porte s'ouvre alors pour laisser entrer Breeman et son cheveu sur la langue qui fait pouffer toute la classe, à chaque fois qu'il ouvre la bouche. Il est tout le temps en retard, certains disent qu'il a une liaison secrète avec Dicksen, le prof de l'orchestre… ça m'étonnerait pas vraiment, ils vont assez bien ensemble…
-Bah, tiens, Barley et Gonzalez, venez donc nous faire un compte-rendu du dernier cours au tableau, déclare-t-il en posant ses affaires sur son bureau.
-Euuuh, d'accord, marmonne Sean avant que je m'enquisse :
-Quel cours ?
xOxOxO
On sort enfin de la diligence et, tout naturellement, les groupes se forment Owen, Doug et Allan prennent la direction des Trois Balais Jared et Emi s'en vont on-ne-sait-où. Je me retourne, un grand sourire aux lèvres, vers Harold qui me lance un haussement de sourcil malicieux.
-On les espionne ? me propose-t-il, trépignant à cette simple idée.
-Ah non ! répondis-je, catégorique. Faut les laisser tous les deux, Jared veut apprendre à la connaitre –je sais, il la connait déjà mais c'est Dada, toujours à devoir réfléchir pour rien- et si on leur traine dans les pattes, alors, ce sera fichu !
Il fait la moue en les regardant s'éloigner. Je ne pouvais pas dire à Emily que Jared avait découvert que c'était elle la créatrice de la cassette parce qu'il m'a fait promettre de ne pas vendre la mèche –pourquoi tout le monde me fait promettre n'importe quoi ? – mais je ne pouvais pas garder ça pour moi. C'est un secret trop lourd à garder, vous ne vous rendez pas compte ! Alors, je l'ai dit à Harold qui a bondi de joie… on est sur la même longueur d'onde !
-Okay… J'espère vraiment que ça portera ses fruits, Emi le mérite, dit-il.
-C'est sûr, t'inquiète pas ! assurais-je, confiante.
-Bon, on fait quoi, nous ?
Je regarde autour de nous. Les élèves de Poudlard piétinent la neige qui recouvre les rues de Pré-au-Lard, pénètrent dans les nombreuses boutiques éclairées… ils se croisent, se rencontrent, se séparent et reviennent. Je fais la moue, pensive. Qu'est-ce qu'on va bien pouvoir faire… ? J'ai amené mon frisbee à dents –sans le dire à Jared parce qu'il me l'aurait confisqué…- dans mon vieil East Pack jaune qu'Abuela m'a offert pour mon entrée à Poudlard. On peut se faire une partie. J'allais lui proposer quand me revient une conversation qui avait débuté durant un de mes entraînements de Quidditch. Ulrick, le deuxième batteur de Quatrième Année, nous a appris qu'une nouvelle boutique avait ouvert ses portes. Elle s'appelle Votre sort, un Tatoo ! Ça veut tout dire ! J'ai toujours voulu me faire un tatouage sur la cheville gauche, c'est l'occasion rêvée !
-J'ai une idée !
xOxOxO
-Une glace… en hiver ? Vous êtes vraiment dérangés, tous les deux ! décrète Allan, alors qu'on se rencontre devant le petit salon de thé de Madame Pieddodu.
-Et vous m'en avez même pas pris une, bande d'égoïstes ! nous accuse Doug, en louchant particulièrement sur celle d'Harold aux pépites de chocolat noir.
Faut dire, la mienne n'entre pas dans ses critères. C'est une glace au soja et au lait de coco, pleins de fibres et de nutriments ! Ou truc dans le genre. En tout cas, excellent pour la santé ! Donc, Doug déteste. Après plus d'une heure à jouer à mon frisbee avec un groupe de Premier Année qui nous a rejoint, Harold m'a sorti qu'il avait besoin de reprendre des forces. Donc, on est allés se prendre une petite glace !
On s'assoit, dans la neige, contre la devanture du salon de thé dans lequel je me suis jamais risquée. Tout est rose et sent la camomille. C'est pas trop ma tasse de thé, si je puis dire. Allan sort son échiquier qu'il avait miniaturisé et débute une partie avec Harold. Doug et moi, on commence un concours de celui qui arrive à former les plus beaux ronds avec la buée qui se forme à chacune de nos respirations, tandis que je partage ma fin de glace avec Doug –même s'il ne l'adore pas, tant que ça se mange…- et Owen, assis entre moi et Harold, regardent nos occupations, noyé sous son écharpe et son bonnet.
-Et vous avez fait quoi, à part jouer au frisbee débile de Lena et vous payer de quoi vous geler les gencives ? nous demande Allan, à Harold et à moi.
J'échange un regard complice avec Harold et, d'un même mouvement, j'ôte ma basket puis ma chaussette gauche tandis qu'il enlève son anorak, ouvre son gilet et détend son tee-shirt au niveau de l'omoplate pour dévoiler la petite surprise. Un télescope merveilleusement bien dessiné, si bien qu'on a l'impression que le verre du tatouage brille vraiment. Il est rose bonbon, présentement, mais d'après le tatoueur, il change de couleur selon son humeur… ce qui explique surement pourquoi il était rouge sang pendant l'application… ça fait hyper mal ! L'aiguille est ensorcelée et se plante avec ardeur dans la peau, avec un bruit qui ressemble à s'y méprendre à un ricanement. Saleté. Mais, au moins, ça n'a pas duré bien longtemps, ni pour Harold, ni pour moi. Seulement quatre minutes. Normal, on a choisi l'option « tatoo en quatre minutes ! ».
Le mien est un koala –mon animal préféré !- bleu ciel qui vole sur un balai, cette fois-ci bleu marine, sur le côté droit de ma cheville gauche. Et petite touche magique, le dessin est animé, le koala ne fait que sautiller sur son engin en battant des bras. Bref, a-do-rable !
Owen est à deux doigts de s'évanouir, Doug s'éclate à faire la causette à mon koala –qui ne répond pas, j'ai pas pris cette option… coûtait trop cher…-, en tenant ma cheville des deux mains, écroulé de rire, et Allan a repris sa partie d'échec après avoir déclaré :
-C'est bien, au moins, maintenant, vous êtes marqués physiquement par votre folie, ça évite tout malentendu.
xOxOxO
Quand ils rient, c'est discrètement. Quand ils sourient, c'est tendrement. Quand ils parlent, c'est simplement pour eux. Et quand ils s'embrassent, c'est doucement, sans passion.
Une certaine amertume s'empare de moi. Ils ont raison ces gens qui disent qu'« entre Mary et Gonzalez, ya pas photo ! ». Je n'ai pas sa spiritualité et sa délicatesse. Quand je ris, il parait qu'on dirait que les vitres des alentours vont voler en éclat et le toit de Poudlard, s'effondrer. Quand je souris, il parait qu'on dirait que je m'apprête à mettre un gros Hamburger dans la bouche. Quand je parle, il parait que personne ne loupe la moindre parole à moins de cinquante mètres à la ronde. Et quand j'embrasse alors je me laisse emporter et la perte de contrôle… il parait que ce n'est pas très élégant. Moi, je fais des scandales, je hurle, je dis souvent n'importe quoi, je ne réfléchis jamais avant d'agir et je me bas constamment. Elle, elle est discrète, gentille, intelligent, réfléchie et elle est contre la violence. Quand elle parle, mange, chante, sourit et rougit comme une fille, je parle, mange, marche, souris et vis comme un mec.
Oui, entre White et moi, ya pas photo. Mais je suis sûre que j'ai encore mes chances. Rien n'est jamais perdu. Jamais.
Je détourne le regard du couple qu'ils forment, en me répétant cette phrase, inlassable, et je reporte mon attention sur mes amis. Allan et Harold semblent raconter un film moldu à Jared, Owen et Doug. Je n'ai pas suivi et ne me rappelle même pas duquel il s'agit. Emily est un peu plus en retrait, c'est quasiment imperceptible mais il y a ces centimètres en trop qui la séparent de nous. Comme toujours depuis qu'elle est avec nous. Elle ne parle jamais, ne fait qu'écouter, ne sourit que très rarement. Au début, je ne m'en apercevais pas. Je ne suis pas très observatrice mais vers la fin de la première semaine, ça m'est apparu comme ça, d'un coup. J'ai senti ce mur, cet isolement. Alors, ça fait maintenant deux semaines que j'essaye de le détruire à gros coups de marteau piqueur ! Je ne sais pas trop à quoi il est dû… peut-être à cause de Jared, ou alors une indigestion alimentaire qui se prolonge… ou alors, elle s'est disputée avec Nikolaï –à qui j'ai écrit pour lui raconter le coup du tatouage, il m'a répondu qu'il était super content de nous compter dans son club des tatoués, Harold et moi, et que lui avait une tête de mort, clope au bec, dans le dos. J'ai été choquée. Il ne sait pas que fumer tue ?
Je me lève et elle me regarde m'approcher, en souriant. Je m'allonge dans la neige à côté d'elle et pose ma tête sur ses genoux.
-Tu penses à quoi, Milou ? demandais-je.
-A rien de spécial.
-C'est bien ! la félicitais-je.
Elle rit un instant et mon sourire s'accentue. Je lui dis alors :
-Tu devrais rire plus souvent. En plus, parait qu'une minute à se marrer, c'est une minute de plus à vivre !
-Une vie longue n'a jamais valu une belle vie, déclare-t-elle, en souriant doucement.
-Comment on peut avoir une belle vie sans des rires ?
Elle acquiesce silencieusement et je me redresse pour lui souffler à l'oreille :
-Ce soir, j'ai une surprise pour toi !
xOxO
-T'es vraiment sérieuse ? s'enquit-elle, en faisant la moue devant la statue de la sorcière borgne.
-Oui, bon, okay, elle est pas très sexy, ça donne pas envie de passer par là mais j'te jure que c'est très bien ! Je l'ai pris pleins de fois, ce passage, un peu long, un peu boueux et un peu dans le noir, mais sinon, ya rien à redire ! Et puis, le mieux c'est surtout qu'il mène à Pré-au-Lard ! Faut au moins une fois dans sa vie aller là-bas, la nuit…
Elle me jauge du regard et je lui fais remarquer que si on tarde trop à rentrer, c'est là que ça va risquer de craindre parce que si Jared nous chope pendant l'une de ses rondes, déjà il me tue mais, en plus, il nous colle en retenue. Enfin, surtout moi parce que, encore, je pense qu'Emi peut y échapper… leur sortie à Pré-au-Lard a été très réussie d'après ce que chacun m'a dit. Jared a été galant, lui a payé à boire et s'est intéressé à sa vie. Bon, il ne le sait pas encore mais moi, je dis que ça va pas tarder à conclure tout ça… Emily non plus ne le sait pas, visiblement. Bon, disons que je suis convaincue pour trois… avec la grande aide d'Harold qui est tout à fait d'accord avec moi !
Emily finit par décider que oui, on y va, à Pré-au-Lard et je lui saisi le bras, en riant pour l'entrainer dans le passage dont la hauteur de plafond ne fait que changer, nous obligeant à nous baisser souvent. On s'éclaire de nos baguettes et je raconte à Emily la première fois où j'étais allée à Pré-au-Lard illégalement. C'était vers la fin de la Deuxième Année et j'ai fait le pari, avec Stendford, de m'y rendre alors que seulement les élèves à part de l'année supérieur y étaient autorisés. Seulement, ce traître de Serpentard m'a balancé à Rusard qui m'a coursé pendant une heure et demie dans tout le village, me coinçant enfin du côté de la Cabane Hurlante. A cette époque-là, je n'aimais pas vraiment les Serpentard mais ce fut à partir de cet évènement-là que j'eus vraiment une grosse dent contre eux ! Aucune morale ! En plus, j'ai dû astiquer les cuvettes des toilettes de Mimi Geignarde, pendant la semaine qui a suivi… Emily manque de trébucher tant elle rigole quand je rajoute que quand j'ai essayé de coller un pain dans la tronche immatérielle de la fantôme, je me suis écrasée le poing contre le mur qui était dans son dos –tout aussi immatériel… un fantôme, quoi.
C'est au tour d'Emily de me raconter une anecdote alors que l'on se rapproche du village. Elle me conte la première fois où elle a dû récupérer son frère dans un night club. C'était il y a deux ans. Elle a dû prendre un taxi qui lui a valu un quart de son argent de poche en moins. Et quand elle est arrivée au lieu concerné, elle a trouvé Niko allongé, ivre mort et ronflant, sur la scène des Stripteaseuses qui étaient obligées de l'enjamber pour continuer leur numéro. Elle me raconte qu'elle a dû lui donner une demi-douzaine de gifles pour le réveiller et qu'elle a eu mal au poigné, les deux jours qui ont suivis. Elle rejoint mon fou-rire qui durait depuis quasiment le début du récit et secoue la tête, désabusée et amusée par ce souvenir.
On débouche enfin dans la petite pièce d'Honeydukes, par la trappe habituelle. A chaque fois que Doug m'accompagne dans nos virées, il y a toujours un conflit. Il essaye de chiper un paquet de bonbons et moi, contre le vol et les calories, je m'acharne à l'en empêcher. Allan compte les points. Et je mène de 44 à 29. On sort discrètement de la boutique alors que j'essaye de retenir le fou-rire qui revient quand je pense à Niko, pionçant entre les Stripteaseuses. On se met alors à marcher le long des habitations et le clair de lune prône dans le ciel, rayonnant par son halo blanc sur la neige qui accueille chacun de nos pas. Pour une fois, je marche lentement, m'accordant au rythme d'Emily.
-Parfois, il y a une fête au village et on y va. Jamais rien de grandiose. Un feu enchanté près de la forêt et les habitants qui jouent de leurs instruments tous plus bizarre les uns que les autres. Ou alors, on va à la mini-discothèque que Rosemerta a installée dans la cave de son pub. Mais la plupart du temps, on se contente de s'balader dans le village. Ce soir, j'crois que ya aucune fête…, exposais-je à Emily.
-C'est pas grave, je n'avais pas envie de danser, me répond-elle, en me lançant un sourire.
Je passe un bras sur ses épaules et je lui tire sur son bonnet pour l'enfoncer plus profondément sur sa tête. J'éclate de rire, en voyant sa tête.
-La prochaine fois qu'on y va, avec Doug et Lanou, tu viens ! lui assurais-je quelques instants plus tard. Et Roldy aussi, d'ailleurs !
-Tu sais, Lena… tu n'es pas obligée d'essayer de m'incruster dans ton groupe…
Je cesse d'avancer et me retourne vers elle, mettant illico mes mains sur les hanches et fronçant des sourcils.
-C'est quoi, c'te délire ? sermonnais-je, sévère. T'es ma meilleure amie, c'est pas une question de groupe, ça !
Ses yeux semblent s'éclairer et je me demande un instant si c'est dû à la clarté de la lune. Un sourire s'étend sur ses lèvres et elle me dit finalement :
-Tu es ma première meilleure amie que je n'ai jamais eu… je n'ai toujours eu qu'Harold, tu sais ? J'ai aucune envie de perdre ça.
-Même si tu l'voulais, ce serait impossible ! assurais-je.
-Parfois… enfin, en ce moment, j'ai l'impression de… j'ai vraiment peur. Peur de perdre Spok, qu'il m'oublie, qu'il passe à quelque chose d'autre…
Une larme coule le long de sa joue tandis qu'elle secoue de la tête, en se mordant al lèvre inférieure, levant les yeux au ciel. Elle renifle puis achève :
-Je sens qu'il m'échappe, Lena, et ça fait… ça fait si mal !
Mes yeux s'écarquillent et je la prends dans mes bras, alors que j'essaye de réfléchir sur la façon dont des pensées aussi saugrenues ont pu s'infiltrer dans son cerveau. Harold adore littéralement Emily. Ils sont super proches, unis plus que jamais ! Comment il pourrait vouloir la remplacer, l'oublier ? L'amitié, ce n'est pas rien. Sans elle, que serions-nous vraiment ? Moi, en tout cas, je ne serais rien. Quand je vois Owen, Jared, Doug, Emily, Harold, Sean, Allan et Conrad, je me dis que je les aime vraiment trop pour imaginer ma vie sans et je ne regrette pas une seule fois le fait que je sois collante, butée et une vraie traqueuse –selon Lanou. Quand on a la chance d'avoir de vrais amis, on ne prend pas le risque de les perdre… Harold a cette chance.
-C'est complètement faux, Milou ! Vous êtes trop soudés pour ça, crois-moi ! Il t'aime beaucoup, beaucoup, beaucoup… et c'est pas parce qu'il se fait d'autres amis qu'il t'oubliera, toi. Tu seras toujours sa Emi.
Elle acquiesce contre mon épaule et je cherche un argument…
-C'est un peu… euh… ah, voilà ! Imagine deux joueurs de Quidditch, super potes, qui veulent tous les deux devenir pros… disons… pff… Marvin Coover –il est trop génial, c'est le meilleur- et Sam Ficher ! Bah, voilà, donc ils deviennent pros mais ils avaient l'habitude de jouer que tous les deux, tu vois ? Mais le Quidditch ça se joue pas qu'à deux, hein, donc ils entrent dans une équipe… disons, au hasard, les Salvajes Chispas et Marvin, lui, il charme direct toute l'équipe qui l'adore –faut dire… Marvin…-, bah c'est pas pour autant qu'il oubliera ses parties avec Sam. Parce que ça fait partie des choses qu'on peut pas effacer, tu vois ?
-Oui ! répond-elle, partagée entre le rire et les sanglots.
-Donc, faut pas que t'aies peur qu'on te vole Harold parce que c'est pas possible ! Il sera toujours celui qui est là quand t'as besoin d'aide ou de rire… il sera toujours là, tout court.
Elle me serre très fort contre elle et me souffle :
-Merci, Lena.
-Bah pourquoi ? m'étonnais-je.
-De rester ce que tu es.
La réponse m'échappe mais je décide de sourire, quand même. Lorsque l'on reprend notre route, je me dis qu'il y a un endroit qui me manquera à jamais, après Poudlard, c'est Pré-au-Lard car…
Pré-au-Lard, nom d'un Troll, qu'est-ce qu'on t'aime !
