Hello everybody !

Alors, tout d'abord merci à tous, nous avons atteint la 150ème review grâce à vous ! Merci particulièrement à my lovely Sunshine qui l'a posté ! :)

Bon, Clo et moi sommes un peu débordées donc on fait vite :D

Bonne lecture !

PS : pour ceux qui ne le savent pas encore, nous postons généralement le mardi et le samedi ! ;)

Réponses aux reviews :

pomegranatsss : il ne fait jamais céder à ses envies :) *sort son cours sur l'épicurisme : recherchez le plaisir en satisfaisant vos désirs !* Pour tes jolis yeux voici la sortie pré-au-lard pdv Emi ! Lol pour l'origine du pseudo ^^ Et nous aussin on aimerait être ami avec quelqu'un comme Lena! Merci de ta review !

Miss June : Dis donc, il t'en a fallu du temps pour te manifester XD On mange pas promis ;) (on a pas encore trouvé comment le faire vis internet en fait !) Et on te remercie d'avoir posté une review si gentille :D Merci ! On espère que se sera pas la dernière.


Chapitre 21 : This is 5% of pleasure, 50% of pain

Ça a totalement capoté. En même temps, c'était couru d'avance. D'ailleurs je me demande même pourquoi j'ai fait l'effort de passer autant de temps dans la salle de bain pour essayer de coiffer mes boucles et mèches alors que je savais très bien qu'au premier coup de vent elles n'en feraient de nouveau plus qu'à leur tête. Mais c'était psychologique, je devais me coiffer, faire quelque chose pour me rendre jolie parce que c'est la première fois que je vais à Pré-au-Lard avec un garçon. Autre que Spok s'entend. Parce que Spok c'est différent, vraiment différent, à des années lumières même de Jared. Et c'est surement pour ça que je suis aussi affolée. J'ai très envie de m'accrocher à la manche de Lena, de reculer, d'annuler, de faire quelque chose pour éviter ça parce que je ne comprends pas pourquoi. Je glisse mes doigts sur sa robe de sorcière et l'agrippe sans qu'elle ne s'en rende compte. Faisant marcher à deux cents à l'heure mes neurones pour trouver une excuse, pour rester avec elle et Harold. En sécurité. Ne pas me retrouver toute seule face à lui. Parce que c'est trop déstabilisant et que je suis tout, sauf calme et détendue. Qu'est-ce qui m'arrive ?

Le trajet en diligence me parait beaucoup plus court que les dernières fois. Mon regard s'assombrit au souvenir de notre dernière sortie à Pré-au-Lard où Harold et moi avons finis pendus par les pieds à nous faire arroser d'eau glacée. Une aura froide m'enveloppe soudain, je n'aurais pas du accepter de venir avec lui. Je suis Emily Bolkanski, souffre-douleur et looseuse officielle de Poudlard. Il y a erreur sur la personne, je ne peux pas être la fille qui va avec Jared Knightley - préfet en chef et BG de l'école- à Pré-au-Lard. Mon cœur se serre, je me mord la lèvre inférieure et contemple mes pieds ballottés par la cadence de la diligence. Ça n'a aucun sens par Merlin. Je lève enfin mes yeux sur Jared, face à moi en train de discuter avec Lena et Allan, et m'apprête à résoudre cette erreur en annulant tout, lorsque soudain on s'arrête. On est déjà arrivé. Mes doigts se resserrent sur la robe de sorcière de Lena, mais elle ne prend pas conscience de mon désarroi, se levant et m'entraînant derrière elle avec entrain. Tout mon être s'affole. Non ! Je ne peux pas y aller ! Je lance un regard suppliant à Spok qui se contente de me lancer un sourire rayonnant.

« Harold, je souffle paniquée, je…

- C'est génial pour toi Princesse, me coupe-t-il. Tu vas voir, tu vas t'éclater !

- Non mais attend, tu comprends pas, je tente alors qu'il s'éloigne en me faisant un petit signe de la main.

- A tout à l'heure !

- Reviens ! je supplie dans un souffle. »

C'est trop tard, il est déjà loin en train de rejoindre Lena, Douglas, Allan et Owen. Traitre ! Faux-frère ! Je me fige sur place, comme pour faire comprendre à Jared que je peux pas aller avec lui. Il ne semble pas le comprendre du tout, me souriant gentiment.

« Faut pas t'en faire pour Harold, fait-il en se méprenant sur l'origine de mon angoisse. Avec Lena, il sera pas mis à l'écart et je crois qu'il s'entend bien avec les autres aussi, non ?

- Oui c'est vrai, je réponds en lui emboitant le pas un peu plus détendue par son calme. C'est juste que… c'est la première fois qu'on ne va pas ensemble à Pré-au-Lard… C'est bizarre.

- C'est la première fois que j'y vais sans Lena, m'apprend-t-il.

- Ah bon ? je m'étonne, vous êtes amis depuis votre première année ?

- Je sais pas si le terme conviendrait à la fille qui m'a poursuivie dans tout Pré-au-Lard –jusque devant les toilettes !- et m'a renversé sa bière-au-beurre sur la tête en voulant s'assoir à côté de moi aux Trois Balais !

- Elle te poursuivait ? je contiens à grand peine un rire.

- Quand elle veut quelque chose, soupire-t-il. On peut difficilement résister très longtemps.

- C'est Lena quoi ! j'affirme avec chaleur en souriant. Elle est incroyable !

- C'est le mot ! ses yeux se portent dans la direction de Maddy avant de soupirer, et incontrôlable aussi.

- Elle va s'en sortir, t'inquiète, je fais en souriant de son appréhension à laisser Lena seule, mais je suis pas sûre qu'Harold l'aide à se maitriser…

- J'en doute aussi ! »

J'éclate de rire. Non, c'est certain qu'avec ces deux-là faut s'attendre à tout ! Ils sont incapables de faire dans la demi-mesure quand ils sont ensemble, comme si la présence de l'un galvaniser l'énergie de l'autre. Lena et Spok disparaissent de mon champ de vision, mais ça ne me panique pas outre mesure, je suis beaucoup plus détendue. Et le fait que mes cheveux sont toujours autant en désordre à cause du vent froid n'est, tout à coup, plus un problème. Ça n'a aucune importance de quelle image je lui renvoie, il est dénué de préjugés. Il s'en fiche totalement de ce que les autres pensent de moi, sinon il ne m'aurait jamais invité. Il se moque des regards qui me brulent le cou, comme accusateurs, mauvais. Parce que pour eux je ne suis pas à ma place. Mais pas pour lui apparemment. Un sourire fleurit sur mes lèvres, et j'ai soudain très chaud à la poitrine.

« Et comment va ton frère ? J'ai vu qu'il envoyait des lettres à Lena, remarque-t-il tout en coup alors qu'on slalome entre les rues.

- Nikolaï ? Oui, il s'entend bien avec elle apparemment ! je réponds, ravie, Et ça a l'air d'aller, enfin…, je murmure avec fatalité, tu as bien vu comment il est. J'imagine pas ce qu'il me cache quand je suis pas là… Papa n'en sait surement rien, il doit s'occuper de mon petit frère, Laïko est censé être un « adulte » maintenant.

- Pourquoi ne l'est-il pas alors ? demande-t-il curieux. »

La réponse se bloque dans ma gorge. Je baisse les yeux, les souvenirs défilent devant moi. J'avais quinze ans, lui dix-sept. Maman venait de se faire opérer et ça c'était mal passé. Son univers a perdu les sonorités qui me plaisent tant. Et elle a sombré. L'alcool est devenu son amant, sa passion, son refuge pour fuir un monde où toute musique avait irrévocablement disparu. Elle ne touchait plus à son piano. Elle frappait comme pour briser les murs de sa prison mentale. Elle frappait au hasard. Je porte ma main à ma joue. Surtout moi… Parce que je ne résignais pas à la laisser toute seule dans son désespoir. Elle avait des crises effrayantes. Je tentais de la calmer, de faire preuve de courage et de force. Niko n'a pas supporté. Il a fui cette femme qui brisait ses souvenirs de sa mère si joyeuse, si pleine d'entrain et d'amour. Il s'est brisé. La drogue est devenue sa source de soulagement et malgré toutes mes forces, tous mes efforts et mon amour pour le sortir de la dépendance où il est tombé, il reste fragile. La moindre peine le mine. Derrière ses airs fiers et forts, Niko reste démoli, fragilisé. Anéanti par une enfance d'où on nous a arrachés, par ce pays qui nous rejette pour des préjugés, par la perte de notre mère.

« A cause de…, mais la réponse qui n'est jamais sortie se bloque, je me fais violence, de l'accident de ma mère.

- Qu'est ce qu'il s'est passé ? demande-t-il doucement comme pour ne pas me braquer.

- Ma mère a…, ma voix se noue, elle était pianiste. Elle vivait à travers la musique, et… elle… elle a tout perdu. Elle a changé. Et Laïko… il… il n'a pas supporté.

- Je suis désolé, murmure-t-il.

- C'est bon, je lâche en haussant les épaules. »

J'ai envie d'éclater en sanglots. Je me mords la lèvre pour bloquer les larmes et lève mon regard vers lui, désolé qu'il assiste à ça. Je souris le moins tristement possible. Il me sourit gentiment et change de sujet. Je le remercie intérieurement.

« Je dois passer à la librairie récupérer un livre, m'apprend-t-il, ça te dérange pas ?

- Pas du tout ! je réponds en songeant qu'il faut que je récupère celui que j'ai commandé. Moi aussi en fait !

- Ah bon ? C'est lequel ? demande-t-il en m'ouvrant la porte –ah ben bravo maintenant je suis toute rouge !-.

- Euh, Les misérables…

- De Victor Hugo ?

- Tu connais ? je m'étonne ravie.

- Bien sûr ! hoche-t-il la tête en souriant.»

OoOo

Je tiens fermement mon bonnet d'une main tandis que de l'autre je serre fort mes livres. Le vent est violent, si froid que mon nez semble avoir totalement disparu de ma figure. Mais ce n'est pas la bise qui me fait m'envoler en ce moment. L'origine des palpitations effrénées de mon cœur est à ma droite, marchant lentement pour me permettre de suivre sa cadence.

Ça m'effraie un peu de l'admettre mais je suis bien obligée de me rendre à l'évidence. Le pire est advenu. Je ne sais pas comment. J'ai pourtant fait attention, mais le fait est là. Je l'aime. Je vous le fait pas dire, c'est la merde. Non seulement Harold et Lena avaient raison mais en plus je me suis faite avoir. En beauté. Lamentable… Je suis lamentable me répète ma raison alors que je glisse de discrets coups d'œil à Jared m'ouvrant la porte des Trois Balais. Et voilà que ce con de cœur s'emballe un peu plus.

Pourtant il peut s'emballer, n'est-ce pas ? Jared m'a bien invité à Pré-au-Lard, non ? Moi, Emily Bolkanski. Et même si j'ai l'impression que c'est surtout pour mieux connaître la fille qui a réussi à attirer l'intention de Lena, je veux croire que c'est aussi parce qu'il m'apprécie bien. Que peut être j'ai une chance. Cet espoir qui éclot tout doucement dans ma poitrine alors que l'on discute. Cet espoir me fait du bien. Parce que grâce à lui je me considère enfin comme quelqu'un d'autre que la ratée. Parce que lorsque Jared me sourit, j'ai enfin l'impression qu'on efface le « looseuse » inscrit depuis si longtemps sur mon front. Je suis moi. Juste moi. Et je crois bien qu'il me voie vraiment pour ce que je suis, et non pas comme les autres veulent que l'on me voie. Ça m'a pris du temps pour l'admettre, surement parce que j'ai peur de devenir plus fragile, surement parce que je ne veux pas souffrir. Mais c'est vrai. Je suis amoureuse de lui. Je suis enfin honnête, et apaisée parce que je lâche enfin le morceau. Je me laisse aller.

« Elle s'est prise un des poteaux des anneaux ? je répète, prise d'un fou rire.

- Tu rigoles mais j'te jure sur le coup c'était pas drôle ! réplique-t-il amusé, Plutôt flippant même… Elle est totalement inconsciente !

- C'est ce qui fait le charme de Lena non ? je sirote ma boisson chaude pour calmer mes gloussements.

- Ouais… Mais ça m'inquiète tout le temps, marmonne-t-il. Elle s'en rend pas compte je crois…

- Je suis sûre que si, je réponds, elle t'adore ! Elle ne le fait surement pas exprès pour te faire peur. C'est juste dans son caractère d'être impulsive.

- Tu crois ? grommelle-t-il me faisant sourire à cacher son inquiétude pour son amie derrière de l'irritation.

- Evidement, j'assure en appuyant ma réponse d'un signe de la tête. Elle n'est surement pas folle volontairement, c'est de nature chez elle ! »

Je souris de contentement en dévorant son rire qui éclate soudain. C'est un rire franc et posé. Apaisant. Qui me serre l'estomac avec chaleur.

Constatant que j'ai de la crème de mon gâteau sur les doigts, je lui fais signe que je vais me laver les mains avant de me lever. Il insiste pour payer et je rougis, un peu gênée, en rangeant mon porte monnaie.

J'ai à peine le temps de m'essuyer les mains qu'elle est déjà devant moi. Glaciale et pourtant tremblante de colère contenue. Spencer n'a jamais été aussi furieuse. Ça le rend laide. Sa main s'abat brutalement sur le marbre du lavabo et elle m'oblige à la regarder droit dans les yeux. Je ne bronche pas, la toisant froidement.

« Tu peux m'expliquer ce qu'il se passe Bolkanski, crache-t-elle.

- De quoi tu parles ? je demande calmement alors que je sais pertinemment de quoi il s'agit.

- Qu'est-ce que tu fiches avec Jared à Pré-au-Lard ?

- En quoi ça te concerne ? je gronde soudain beaucoup plus sûre de moi.

- A quoi tu joues Bolkanski, grince-t-elle les yeux plissés, tu crois que parce que Gonzales t'incruste de force dans son groupe tu vas me dépasser ? Tu es pitoyable, lâche-t-elle avant de s'avancer plus près de mon visage impassible, Jared est à moi. C'est clair ? Ce n'est pas la moins-que-rien qui ne sait pas où est sa place qui va me le piquer t'imprimes ?

- Je sais très bien où est ma place, je rétorque, ce n'est surement pas à toi de me dire laquelle c'est. Ni à toi de décider pour Jared.»

Cindy a un imperceptible tressaillement, sa colère se fait plus noire. Mon cœur s'affole de peur mais il n'a aucun regret. Il est rendu tout à coup beaucoup plus fort. Lena et Jared ne sont surement pas étrangers à ce regain de détermination qui me submerge. Mais je suis encore lucide et me faufile vivement dehors, laissant Cindy figée dans sa fureur qui me brûle le dos. Il en va de ma survie.

« Tout va bien ? me demande avec étonnement Jared alors que j'arrive précipitamment vers lui.

- Tout va bien, j'assure avec un sourire. On y va ?»

OoOo

« Où on va ? demande Lena pour la énième fois.

- Chuuut on va se faire prendre, je murmure me retournant pour la rassurer, c'est une surprise.

- Une surprise ? s'étonne-t-elle, pourquoi ? Qu'est-ce que c'est ?

- Si je te le dis, c'est plus une surprise !»

J'aperçois enfin la salle de musique et la fait presser le pas, je n'ai pas envie de rencontrer un préfet. J'ai depuis toujours réussi à les éviter, je ne tiens pas à me faire prendre ce soir alors que c'est un soir important pour moi. Lorsque je ferme la porte, je suis convaincue que c'est l'une des choses plus incroyables que j'ai jamais faite. Je ne suis pas sûre que se soit une bonne idée mais j'ai envie de le faire. De faire partager à Lena quelque chose de moi, comme elle l'a fait en m'emmenant à Pré-au-Lard de nuit. Juste moi. Sa meilleure amie. Je frisonne de bonheur. Gonflée à bloc de cette joie qui ne me quitte plus depuis qu'elle me l'a annoncé simplement en me rassurant pour Spok, débordante de son soleil intérieur qui me réchauffe.

Je me retourne vers elle, lui offre un large sourire auquel Lena répond, bien qu'intriguée par ce tout ce que cela signifie.

« Assis-toi, je fais en me laissant glisser au sol. Je veux te faire écouter quelque chose.

- Ecouter ? elle m'obéit. Quoi ?

- Je…, je prends une grande inspiration -parce que je vais m'ouvrir, mais j'ai confiance, parce que c'est Lena-. Je… Je veux te montrer quelque chose moi aussi. Tu m'as fait aller à Pré-au-Lard de nuit avec toi, c'était génial ! Alors moi aussi je veux te montrer quelque chose.

- J'attendais rien en retour, fronce-t-elle les sourcils avant de sourire, c'est quoi ?

- Ferme les yeux, je suis en face d'elle. Fais le vide dans ta tête. Détend toi.

- On va faire du yoga ? Non parce que si c'est ça je te préviens, je suis pas très douée, fait-elle remarquer une moue désolée sur les lèvres.

- Non, non, je ris, ce n'est pas ça Lena. C'est autre chose. Ferme les yeux, elle m'obéit et je glisse mes mains dans les siennes. Ecoute. Simplement. N'utilise que tes oreilles. Il n'y a que les bruits qui existent maintenant. »

Elle hoche la tête. Et je me concentre sur les sons qui émergent de ce silence de façade. Et je décris, espérant qu'elle comprenne mon monde. Où il n'y a que des mélodies crées parce ce que tous entendent mais que personne n'écoute.

« Tu entends le vent ? je murmure laissant passer les secondes pour qu'elle puisse distinguer la bise puissante, il se mélange avec la pluie. Ecoute la pluie contre la vitre. C'est un joli son, non ? Cristallin et calme. On dirait qu'elle chante. Et tu entends les craquements du toit ? ma voix est un simple souffle et Lena est un masque de forte concentration. Détend toi. Laisse les bruits venir. Il faut juste écouter ce que tu entends. Écoutez-les, ils chantent. »

Les secondes passent, imperceptiblement. Je me force à ne pas me laisser aller aux mélodies des soirs de pluie qui m'appellent irrésistiblement. Ces sons qu'elle perçoit sans s'en rendre compte, qui murmurent à ses oreilles sans qu'elle n'y prenne garde. Ces sons que je chéris, qui m'envolent dans un univers détaché de tout. Et où je veux qu'elle entre. Parce que c'est là que je cache tout ce que j'aime, et elle en fait partie.

« C'est ça ta passion à toi Emi ? demande-t-elle en ouvrant les yeux après une minute de silence.

- C'est la musique, oui. C'est grâce aux sons que je compose. Chaque personne, chaque objet diffuse un bruit. Il suffit d'écouter et d'associer avec tes émotions pour créer une mélodie, je réponds doucement en lui souriant.

- Tu as fais ça pour moi ? murmure-t-elle les yeux ébahis, tu m'as écouté ? Quels bruits je fais ?

- Tu sonnes comme un vent d'été dans les branches d'un peuplier, je murmure, les yeux à demi-fermés, c'est un son fort et chaleureux. Gai. Entrainant. Ton rire surtout, il est incroyable. Il illumine, c'est comme un soleil, je rougis et baisse les yeux un peu gênée de dire tout ça. Et puis les émotions aussi sont importantes dans la musique.

- Mon rire est pas si beau, elle hausse tristement les épaules, on dirait qu'il va tout casser.

- Parce qu'il est fort, je réponds fermement. C'est pas dans la demi-mesure, ça se cache pas. Ça résonne. Ton rire il est fort parce qu'il se partage Lena, un sourire nait enfin sur ses lèvres.

- Milou…, souffle-t-elle émue.

- Et tu sais, il y peu de rires qui m'inspire, le tien si, je continue avec sérieux. Et celui de Jared aussi, je rougis et baisse un peu les yeux.

- C'est pour ça que tu as fait une cassette pour lui ? demande-t-elle. Tu aimes son rire ?

- Non, je rougis encore plus, c'est parce que je l'aime lui. Pas seulement son rire.

- Tu avoues ! s'exclame-t-elle. C'est super Milou !

- Chuut, je murmure, on va se faire prendre.

- M'en fiche, elle me serre contre elle, je suis trop contente pour vous ! Faut lui dire !

- Non ! Non ! je panique, pas question !

- Pourquoi ? fait-elle déçue.

- Il faut que je réfléchisse à ça, c'est… Enfin il est… Et moi je suis…

- Ah non ! Pas de réflexion ! Tu es parfaite pour lui ! »

OoOo

« Tu as montré à Lena ? s'enflamme Harold. C'est super Emi !

- Oui ! j'acquiesce, mais je sais pas si…

- Ah ! Arrête, me coupe-t-il en passant un bras autour de mes épaules et déposant un bisou sur ma joue, même si elle a pas tout compris, -c'est quand même éloigné du sport tu remarqueras !- je suis sûr qu'elle est touchée ! C'est vraiment super Princesse ! Je suis content que tu te sois faite une amie, en plus celle-ci est carrément géniale !

- Ah ça, je soupire, vous avez l'air fins maintenant avec vos tatouages !

- C'est la classe ! m'apprend-t-il en me tirant la langue. Et toi ? Ton Pré-au-Lard ?

- C'était super ! je sourie avant de marmonner, enfin ya quand même eu Spencer…

- Qu'est-ce qu'elle a encore celle-là ? grince-t-il.

- A ton avis ? Jared est sa chasse gardée.

- Plus pour longtemps, assure-t-il en m'ébouriffant les cheveux, t'es en piste toi aussi !

- Oui, je pique un fard. J'ai vu que tu avais sympathisé avec Owen, alors ? A quand la grande déclaration ?

- Je sais pas, soupire-t-il en se grattant le crâne. Il… J'ai pas envie qu'il s'enfuie tu sais… Après c'est sûr que jamais il voudra sortir avec moi.

- Pourquoi il voudrait pas ? Owen a l'air de t'apprécier, il lui faut un peu de temps je pense. C'est quelqu'un de craintif.

- Je sais, soupire-t-il tendrement.

- Si c'est pas miiignon, cingle une voix.

- Attendrissant je dirais, continue la seconde que je reconnais comme l'attrapeur de Poufsouffle. Brontey, un gay !

- C'est pas étonnant, t'as vu avec qui il traine ? fait le troisième en me coulant un regard mauvais. Alors comme ça, on en pince pour Owen Collins, espèce de tante ?

- En quoi ça te regarde ? réplique Harold en se détachant imperceptiblement de moi.

- Parce que je suis un mec, crache-t-il. Un vrai ! Et que ça m'écœure de voir des tapettes dans ton genre !

- Je suis gay, lâche Spok sans broncher, et alors ? ça ne regarde que moi. Dégage connard. »

La réponse est instantanément et m'arrache un cri d'horreur. Le Poufsouffle balance son poing dans la mâchoire d'Harold qui n'a pas le temps de couvrir son visage parce le Gryffondor qui l'accompagne lui écrase le ventre d'une droite rivalisant avec celle de Lena. Spok sonné, trébuche. Sans réfléchir, je me jette devant lui, écarte mes bras pour tenter de le protéger.

« Dégage Bolkanski, grince l'attrapeur.

- Toi dégage ! je m'écrie. Il ne t'a rien fait ! Va-t-en !

- Je rêve où c'est une rébellion, s'exclame son pote de Serpentard.

- On va vite calmer ça ! »

Il me balance violemment contre le mur, je gémis de douleur. Ma tête m'élançant. Ils se jettent sur Spok, frappant mon ami sans qu'il puisse faire autre chose que protéger son visage. Incapable de répliquer, ses cris me glacent le sang.

« Harold ! je hurle en me relevant pour frapper le premier mec de Gryffondor. Lâchez-le ! Connards ! Lâchez-le ! »

Je frappe leurs dos, plantant mes ongles dans leurs cous pour les faire lâchez prise. Hurlant comme une possédée. Ils se délectent de la faiblesse d'Harold, ils se moquent, ils le frappent. J'ai envie de leur arracher les yeux, de me jeter entre eux pour protéger Spok en le serrant contre moi. Son sang gicle sur ses vêtements. Ses lunettes volent en éclat. Je crie. Plus lui. Il serre les dents mais ne lâche pas les cris qui me déchirent la poitrine.

« Arrêtez ! Arrêtez ! ARRETEZ ! je mord le bras de l'un deux.

- Ta gueule connasse ! s'exclame le Serpentard en écrasant son poing sur mon visage. Il a que ce qu'il mérite. »

Je crie de douleur, mon œil gauche se ferme brutalement. Je tombe au sol, en un bruit lourd de sac qui se renverse. Ma tête cogne violemment le sol, je tangue une seconde avant de sortir de ma poche ma baguette.

« Roldy ! hurle alors la voix de Lena. Lâchez-le ou je vous bute connards ! »

Non !

Sans plus attendre je me retourne pour la voir débouler, folle furieuse. Les poings déjà prêts à frapper. Ma baguette s'agite et la stupéfie, son expression de rage se mêle à l'étonnement avant de se figer. Je me détourne, sachant que si je ne l'avais pas fait elle aurait pu être blessée. Le sort lancé rapporte sur moi l'attention des garçons qui délaissent soudain Harold, à terre et évanouie. Je me précipite sur lui, mais ils ne me laissent pas atteindre sa silhouette inanimée. Je suis violemment propulsée contre le mur, l'un d'eux tord brutalement mon poignet m'arrachant un cri de douleur. Ma baguette roule à terre. Je me débats et balance mes pieds dans le ventre du premier, l'un d'eux lève sa main. Sur son visage, la colère se mêle à l'excitation de voir mon regard horrifié et apeuré.

« Arrêtez ! TOUT DE SUITE ! »

Ils se figent instantanément, trois stupéfix les atteignent. Je tombe au sol, les genoux tremblants, mon poignet en miettes pend mollement dans le vide, je suis incapable de bouger ma main. Je rampe jusqu'à Harold, aucun son ne s'échappe de ma bouche lorsque je voie son visage en sang, des bouts de verres se glissant dans les ecchymoses de sa joue. Sa lèvre est fendu et son bras dans un angle horrible. Je gémis, comme une bête blessée et porte ma main à sa figure bleuie par les coups. Il y a de l'effervescence tout autour de moi, mais je ne bouge pas. Comme si l'air ne pouvait pas entrer dans mes poumons.

« Harold, je gémis les larmes pleins les yeux, Harold, s'il te plait répond moi. Je t'en supplie… Répond moi.»


Chapitre riche en émotions, n'est-ce pas ? :D

On veux touuuut savoir sur vos réactions ;) !