Coucou !

Enfin le week eeend T.T ... Well, sinon on espère que tout le monde va bien, vit sereinement sa rentrée et si ya des examens à la fin de l'année, n'est pas trop oppressé par ça. ;)

Bref, profitez s'en bien !

Sinon, merci aux revieweurs pour leur soutien :D On a toujours autant de plaisir à vous lire !

Bonne lecture !

Réponse

pomegranatsss : Hello ! Lena, le personnage comique par excellence ;) Toujours là pour sortir ce qu'il faut pas ou se tourner au ridicule mais c'est pour ça qu'on l'aiiime ! Un choc à Roldy ? Nooon penses-tu ! xD Tu nous connaiiis... Te sentant un peu impatiente, je te laisse découvrir la suite ! Bisous et Merci pour ta review :D

PS : on a eu quelques doutes sur les réponses aux reviews, si on a oublié de vous répondre toutes nos excuses vraiment ! Et dîtes le qu'on répare cette erreur :)


Chapitre 23 : Rebellion

J'ouvre les yeux difficilement. J'ai mal dormi. L'angoisse, la douleur et le désespoir m'ont torturé toute la nuit. Je m'étire lentement, essayant de chasser les pensées noires qui m'obsèdent depuis qu'Harold a été tabassé. Ce souvenir me glace, me hante comme un cauchemar. Je frisonne, et me force à reléguer dans un coin de ma mémoire l'horreur de ce moment. La vision de son corps inanimé au sol. Le sentiment d'avoir tout perdu en un instant. Je m'extirpe hors des couvertures du lit d'Harold pour attraper mes vêtements de rechange et les enfiler rapidement. Je quitte le dortoir des garçons sur la pointe des pieds. La porte se referme sans bruit sur leurs têtes endormis et je dévale les escaliers pour récupérer mon sac dans la Salle Commune et courir à toutes jambes vers l'Infirmerie.

Finalement rien n'a vraiment changé. J'ai cru pendant un temps que c'était bon, qu'Harold et moi avions enfin eu droit à nous défaire du statut de souffre-douleur en devenant amis avec Lena et en sympathisant avec Owen, Allan, Jared et Douglas. Je me suis trompée. Rien ne change. Nous serons toujours les victimes idéales. Et pourquoi ? Pourquoi ? Parce que je ne savais pas parler anglais, parce que j'étais chétive, apeurée et débarquée dans un monde inconnu. Parce qu'il m'a gentiment tendu la main, parce qu'il n'aimait pas la magie, parce qu'il était différent. Les enfants sont cruels. Mais les ados ne sont pas mieux, ils sont ancrés dans des mentalités rigides. J'entre dans l'Infirmerie doucement, Pompom ne s'étonne pas de ma présence à cette heure. Elle a vite compris que je ne pouvais pas m'éloigner d'Harold dans cet état. Hier j'ai veillé très tard et elle a été obligée de m'expulser de force du chevet de Spok inconscient.

« Emily ? Déjà là ? s'exclame Pompom en souriant gentiment, Vous tombez bien, il vient de se réveiller. »

Je m'élance précipitamment vers son lit. Il a les yeux grands ouverts, son regard triste se pose sur moi. Lorsqu'il m'aperçoit, un faible sourire se dessine sur ses lèvres gonflées par les coups. Je lâche mon sac et l'enlace doucement. Soulagée de sentir ses bras répondre lentement à mon étreinte. De le voir réveillé.

« Salut Princesse, fait-il d'une voix rauque. Comment ça va ?

- C'est plutôt à moi de te demander ça ! Oh mon Dieu Spok, j'ai eu tellement, tellement peur, je gémis le nez dans ses cheveux en bataille. Ils se sont jetaient sur toi ! Ils n'arrêtaient pas ! J'ai… j'ai rien pu faire…

- C'est pas grave, souffle-t-il en me caressant la tête pour me consoler, s'ils t'avaient touché…

- Tout va bien maintenant, je le coupe pour éviter de lui dire que mon poigné n'a pas survécu à la bagarre –inutile de l'énerver alors qu'il est convalescent-. Tu vas bien. C'est tout ce qui compte. »

Il hoche la tête, mais le cœur n'y est pas. La douleur de le voir aussi abattu me serre la gorge. Je décide de changer de sujet en montrant sa table de chevet.

« J'ai réparé tes lunettes ! Tu as plein de bonbons ! je demande gaiement. Tu as remarqué ?

- Lena ? murmure-t-il faiblement.

- Et Jared, et Allan, et Douglas, j'ajoute alors que son sourire s'agrandie, et Owen évidement !

- Ah, ça n'a apparemment pas l'air de lui faire plaisir parce qu'il pâlit soudain, il est courant maintenant hein ?

- Pour ton homosexualité ? je demande, il hoche la tête nerveusement, oui. Je lui ai dit, ils m'ont demandé pourquoi… Je suis désolée. Il fallait pas ? Mais tu sais ça va se savoir. La rumeur commence à s'être rependue maintenant. Au moins c'est moi qui leur aie appris…

- T'as raison… Bon, soupire-t-il, de toute façon il fallait bien qu'un jour ça se sache. Je dois assumer. Et tu sais Emi, je n'ai pas peur d'eux maintenant, m'annonce-t-il en souriant enfin sincèrement. Et toi ?

- Moi non plus, je souffle fermement. »

Parce que je veux me battre contre eux, je veux arrêter de me taire. Je veux me dresser, leur montrer que moi aussi j'ai droit au respect. Parce que c'est injuste. Parce que Lena m'a offert ce qui me permet maintenant de dire que non, je n'ai pas peur de me rebeller. Elle est à mes côtés, alors que je suis encore la ratée. Alors que je suis encore méprisée. Elle s'en fiche des autres, elle s'impose comme elle est. Je dois faire pareil.

« Spok, je fais doucement, ça va pas te plaire mais je pense que dans pas longtemps tout le monde va savoir que tu es amoureux d'Owen.

- Qu… Quoi ?

- Ces trois connards le savent. Je ne crois pas qu'ils vont garder le secret…

- Il… il sait ? hoquète Harold aussi pâle que ses draps.

- J'en sais rien, je murmure. Peut être.

- Oh non… »

Il enfouie sa tête dans ses mains. Marmonnant que c'est pas possible, que si Owen l'apprend il ne voudra plus être ami avec lui. Que maintenant il pourra plus le regarder en face. Que ça va attirer à Owen des ennuis, des répliques mesquines. Je tente de consoler Spok mais il est trop affolé pour entendre la moindre de mes paroles.

« Princesse, geint-il, qu'est ce que je vais faire ? »

OoOo

Elle lui a vraiment demandé de sortir avec elle ! Devant toute l'école ! Il y a un blanc. L'attention est en suspens. Je cherche désespérément ma respiration en fixant intensément mon assiette alors que tout le monde a les yeux rivés sur Cindy et Jared. Moi je ne peux pas, je ne peux pas. Je ne veux pas voir le regard qu'il porte sur elle, et sa beauté de jeune fille studieuse. Non je ne peux pas. Je suis horrifiée et terrifiée. Tout mon être se tend comme un arc. J'entends leurs pas s'éloigner. Mais je ne les regarde pas sortir de la Grande Salle. Une boule dure me noue la gorge et étouffe mon cœur.

« Je… Je dois aller voir Harold ! »

Sans plus attendre et le plus discrètement possible je sors. J'ai l'impression de tomber dans un gouffre très profond et très froid. De ne plus respirer. Ce n'est que lorsque que l'on emprunte les escaliers mouvants et qu'il fixe les marches avec insistance que je remarque la présence d'Owen.

« Tu as le vertige ? je demande en détaillant son manège.

- Oui, souffle-t-il effrayé.

- Moi aussi, je souris gentiment, le truc c'est de pas regarder les escaliers. Faut fixer les tableaux, ça change les idées. Moi je me concentre sur le chaudron du gnome qui fait une grimace, tu le vois là-bas ?»

Il lève lentement les yeux et se met à fixer intensément le point à l'horizon. Je fais de même tandis que les secousses des escaliers s'arrêtent au deuxième étage. Alors que j'ouvre la porte de l'infirmerie, je me retourne vers lui et remarque que ses joues sont très rouges. Et ses mains fébriles. Je souris doucement.

« Ça va faire plaisir à Harold de te voir tu sais, je fais dans le but de le détendre. »

Ça n'a pas l'air de le détendre du tout. Il doit surement être au courant qu'Harold est amoureux de lui. Je n'imagine pas combien ça doit être gênant de devoir aller lui parler normalement alors qu'il sait quels sont ses sentiments à son égard. Oh par merlin ! S'il veut lui foutre un râteau, pitié qu'il attende que Spok soit remis sur pieds et en pleines possessions de ses moyens. Là il vient juste de prendre enfin confiance en lui ! Pitié Owen, je supplie mentalement. Il n'encaissera pas le rejet !

Harold a retrouvé ses lunettes et des couleurs mais ses cheveux sont encore en bataille et son corps porte encore les traces d'hier matin. Il est penché sur des exercices de physique, son crayon à papier coincé derrière son oreille tandis que ses mains pianotent sur sa calculette pour vérifier un calcul. Le sourire radieux qu'il m'adresse pour m'accueillir se change en quelque chose de beaucoup plus gêné lorsqu'il remarque la présence d'Owen. Ses joues se colorent un peu alors qu'il se passe nerveusement une main dans ses cheveux. Il croise mon regard et inspire profondément.

« Salut ! lance-t-il gaiement. Vous en faîtes une tête qu'est-ce qu'il se passe ?

- Rien, rien, répond lentement Owen comme incertain du comportement à avoir. Ça va.

- Super ! Bon alors, qu'est-ce que j'ai manqué ce matin ? Pompom est aussi sourde aux ragots que mon oncle Bart !

- Spencer vient de demander à Jared de sortir avec elle, j'annonce en baissant les yeux.

- QUOI ? il lâche soudain son stylo et me regarde, ébahi, mais qu'est-ce que tu fiche ici alors Emi ? Va lui coller la gifle de sa vie ! Retourne défendre tes chances ! Bat-toi !

- Ça va Spok, je suis un peu rose parce qu'Owen me dévisage –mais Harold se fiche bien apparemment de gueuler à la cantonade que je veux sortir avec Jared-. Elle a le droit de faire ce qu'elle veut… Et c'est pas à moi de décider pour lui non plus.

- Princesse, si tu veux qu'il choisisse faut qu'il ait un choix. Montre-toi ! »

Je suis toute rouge, Owen me regarde abasourdi et un peu gêné. Harold lui au contraire est ferme et me fixe derrière ses lunettes. M'ordonnant mentalement de me bouger les fesses. Ce que je ne fais pas, bien sûr. A la place je m'assoie sur la chaise et l'ignore. Il est hors de question que j'aille voir Jared. Pour lui dire quoi en plus ? « Jared, je t'aime à en mourir, alors pitié ne sors pas avec cette connasse si tu veux que je survive ? » Ridicule. On dirait Alexandra Collins. Qu'est ce que je peux faire moi, hein ? C'est Cindy Spencer après tout. La meilleure fille de la promo, la plus belle aussi si on est objectif. La plus salope également mais ça personne, et surement pas lui, ne le sait. Moi je suis qui ? Emily Bolkanski, à peine jolie, souffre-douleur de Poudlard, et même si j'ai envie de changer je ne pense pas qu'il hésiterait une minute entre moi et cette fille.

J'ai l'impression qu'un gros nœud bloque douloureusement ma gorge et mon ventre. Gonflé de larmes. Voilà pourquoi je ne voulais pas tomber amoureuse.

« Roldy ! s'exclame Lena en déboulant sur nous un sachet sous le bras, je t'ai apporté pleins de bonnes calories, très diététique, elle enlève discrètement un paquet de choco-grenouilles, voilàààà. Tout pour te remettre sur pieds !

- Rend moi ça ! s'écrie Spok qui ne peut pas se mouvoir beaucoup et regarde partir amoureusement ses chocolats, tortionnaire !

- Alors Milou, se retourne-t-elle vers moi narquoise, on se défile ? Fallait pas ! Dada a collé un de ces râteaux à Cindy ! C'est con t'as tout loupé ! »

Elle me lance un sourire lumineux, un sourire qui croit dur comme fer à mes chances. J'ai la délicieuse impression de pouvoir à nouveau respirer à plein poumons. Avant de me renfrogner aussitôt. Il a dit non à Spencer. Qui –en apparence- est la fille idéale –Mary n'est qu'une cruche sans caractère-. Qu'est ce que je peux avoir qui pourrait l'intéresser en comparaison ? Pas grand-chose. Rien même.

« Promis dès que je sors d'ici je vais défoncer ces enfoirés d'homophobes ! Ma batte est prête !

- Non, Lena, supplie Owen, effrayé, tu vas t'attirer des ennuis.

- Rien à battre Winny, ils avaient pas le droit de s'en prendre à Roldy juste parce qu'il t'aime. »

Je crois bien qu'Harold est devenu aussi livide qu'un cadavre et Owen aussi pourpre qu'une tomate. Lena ne semble pas s'être rendu compte de ces paroles et se retourne vers moi pour chercher un soutien dans son ambitieuse vengeance. Mais à la vue de mon visage soudain elle atterrit et lance un « oups ». Son sourire reste pourtant ravi, comme si c'était un plan. Quant à Spok, il s'accroche désespérément à mon regard, je lui souris pour l'encourager. Maintenant il n'a plus rien à perdre. Le comprenant, il se tourne vers Owen, pousse un soupir pour tenter de calmer le malaise ambiant.

« Bon... Maintenant tu sais tout apparemment, lâche-t-il lentement en essayant de ne pas croiser le regard d'Owen, alors… euh… je…, toute son assurance s'envole, en un instant il devient cramoisi, oui c'est vrai, je suis homo. Et oui c'est aussi vrai que je… que je suis amoureux de toi. »

Owen, les joues en feu, le fixe alors que Spok garde résolument les yeux rivés sur ses exercices de physique que j'ai soudain envie de balancer par la fenêtre. Lena aussi muette que moi, m'agrippe la main, fébrile et impatiente.

« Et je sais bien que je ne suis pas…, il rougie encore plus. Quelqu'un de parfait, -j'ai envie de hurler de protestation-, Je suis désolé si on s'est moqué de toi à cause de… de mes sentiments… Je ne voulais pas… Je suis désolé…

- Non, murmure lentement Owen que Lena fixe avec fierté. Sois pas désolé. S'il te plait…

- Tu…, Harold lève brusquement les yeux vers ceux d'Owen qui est au bord de la syncope. »

Spok se tait, semblant ne plus savoir quoi dire, cherchant ses mots. Owen fébrile et les yeux fuyant a apparemment très envie de disparaître.

« Alors si… Si ça ne te gène pas alors…, Harold regarde enfin Winny, est-ce que tu veux bien sortir avec moi ? »

La réponse est lâchée instantanément.

« Oui »

Lena et moi retenons nos cris. Le regard d'Owen est perdu au sol, celui de Spok le fixe, ébahi. Il semble ne pas comprendre. Ne pas y croire. Enfin, un large sourire –comme jamais je n'en avais encore vu- illumine son visage. Sa main attrape maladroitement les doigts d'Owen qui pique un fard. Celui-ci lève enfin ses yeux sur Spok. Un sourire timide et tendre éclot sur ses lèvres en réponse à celui de mon meilleur ami.

Spok tente alors de se redresser mais un gémissement douloureux lui échappe et il retombe aussitôt sur ses oreillers. Owen lui adresse un regard inquiet. Harold grimace et murmure, les joues légèrement roses de gêne :

« Est-ce que tu peux t'approcher s'il te plait ? J'aimerai bien t'embrasser…»

Owen vire au rouge brique. Tous ses membres tremblent d'appréhension. Et de peur surement. Fébrilement, il se penche sur Spok qui le dévore tendrement des yeux. Il mange les derniers centimètres en fermant les yeux. Leurs bouches se trouvent tout doucement, sous nos yeux hurlant de joie. Je croise le regard de Lena, et partage avec elle mon bonheur. Quelques secondes plus tard, leurs lèvres se détachent mais leurs yeux s'accrochent toujours. Harold sourit à nouveau et répète.

« Je t'aime Owen. »

Je suis sûre que si on pouvait voir le tatouage de Spok, à cet instant, il serait aussi étincelant que son regard.

OoOo

« Je le savais que ça marcherait ! répète Lena accoudée à mon chaudron.

- J'en doute pas ! je réponds en mélangeant les ingrédients.

- Faut jamais douter Milou, elle me lance un clin d'œil.

- Je doute là de ta préparation de polynectar, je m'écrie en voyant son mélange bouillonner de façon anormale.

- Merde ! jure-t-elle.

- Je t'avais dit de faire attention Lena, soupire Jared.

- J'ai fait attention ! grommelle-t-elle. »

Les regardant se disputer, je note quelques observations sur mon parchemin. Cindy Spencer est de dos, ne nous accordant pas la moindre attention. Tant mieux. Je mordille ma plume, songeuse. Laissant mon esprit divaguer. Les sons se glissent doucement jusqu'à moi, résonnent dans ma tête. M'obsèdent. J'ai bien envie de composer. Comme muée d'une volonté propre ma main griffonne sur le papier. Et des notes raturées se dessinent. J'en oublie ma potion, irrésistiblement attirée par des sensations qui me submergent.

« Emily ? s'impose la voix de Jared par-dessus mon épaule. Tu fais quoi ?

- Rien ! »

Précipitamment j'efface les notes de musique. L'encre bave sur ma main et s'étale sur le papier. Je suis toute rouge. J'ai failli me faire prendre comme une débutante ! Je ne doute pas que Jared aurait eu la puce à l'oreille en voyant l'amie de Lena griffonner des notes de musique sur son parchemin alors qu'il a reçu par Maddy une compo au violon d'une anonyme ! Je ris nerveusement et m'empresse de me plonger dans la contemplation de notre chaudron qui gargouille paisiblement. Evitant ainsi son regard. Il n'a pas le temps de répliquer quelque chose car la cloche retentie et que je me précipite pour chercher un flacon et rendre un échantillon de notre potion à Slughorn.

Lorsque je sors du cachot, je passe aux toilettes me laver les mains et perd ainsi de vue Allan, Jared et Lena. Mais ils doivent surement être allé dans la Grande Salle, c'est l'heure du déjeuner. Je m'élance à leur suite et lorsque j'arrive enfin à la porte de la Grande Salle, je ralentie le pas et baisse les yeux. Spencer et quelques un de ses fidèles acolytes sont adossés au mur.

« Alors, Bolkanski, ton copain le PD se remet de sa p'tite altercation avec Farmer ? ricane Cindy. Le pauvre chou… Une vraie loque, pas capable de se défendre à ce que je voie. »

Je m'arrête instantanément. Et la colère monte alors que je me retourne lentement vers elle. La toisant du regard avec froideur. Je fais deux pas dans sa direction, elle hausse un sourcil d'étonnement. Lorsque je ne suis plus qu'à un mètre de son si beau visage je crache, glaciale :

« Tu peux parler toi. T'es incapable de t'en prendre aux autres sans ta suite de gardes du corps pour assurer tes arrières. T'as peur de moi ou quoi ?

- Répète ça Bolkanski, grince-t-elle en faisant glisser ses doigts dans sa poche, et je te ferais ravaler ton arrogance.

- Et ben vas-y, je lâche sans sourciller, parce que elle ne partira pas. Tu pourras faire ce que tu veux Spencer, mais je ne me laisserai plus marcher sur les pieds. Parce que tu n'es qu'une prétentieuse minable et manipulatrice. Et si t'as encore une remarque de ce genre à faire à propos d'Harold, je te jure que je me chargerai de te faire ravaler ton sourire de vipère.

- Pour qui tu te prends, rugie-t-elle furieuse en sortant sa baguette pour la pointer vers mon front. Tu n'es qu'une merde Bolkanski. Un misérable parasite que je pourrais écraser d'un coup de pied, soudain elle éclate de rire avant de faire une grimace, tu crois que Jared et Lena te protégeront c'est ça ? Tu crois que parce qu'il m'a dit non à moi, c'est pour dire oui au moucheron de Poudlard ? T'es vraiment bête !»

Son rire se fait hystérique mais je ne bronche pas. La fixant droit dans les yeux. Mon cœur bat la chamade, mais ma fermeté ne s'ébranle pas de sa panique. Je serre les dents. Je ne me laisserai plus jamais piétiner. Je suis forte moi aussi. Comme Lena.

« Je n'ai besoin de personne pour me protéger d'une connasse dans ton genre, je lâche. Et je sais très bien que Jared ne me dira jamais oui, merci bien. Grace à toi j'ai jamais eu aucune chance en rien, je fulmine, mais je te jure que ça va changer maintenant !

- Tu veux parier ? lance-t-elle en un sourire mauvais, amusée. Je te croyais plus lucide Bolkanski. C'est regrettable pour toi.»

Elle lance un sort mais ma baguette est déjà prête. Je le contre sans broncher, la fixant avec froideur. Cindy grogne de mécontentement et je me campe sur mes positions, brandissant ma baguette. Il n'y a que ses potes. Aucun préfet, ni profs. Soudain, mes poumons se vident de leur air. Je me plie en deux, un des garçons vient de me frapper à l'estomac. Ma baguette quitte mes mains pour rouler aux pieds de Cindy qui la jette plus loin. Son regard satisfait ne me fait pas perdre mes moyens, je la toise en reprenant mon souffle. Elle croit que sans magie je suis sans défense ?

« T'as si peur de moi que t'es obligée de me désarmer pour m'affronter ? je crache.

- Non, tu m'ennuies. Je veux en finir avec toi Bolkanski, sans avoir à me rabaisser en te touchant. »

Je n'ai pas le temps de répliquer. Brusquement mes pieds quittent le sol. Je regarde avec horreur le sol s'éloigner. Le regard de Spencer se tord en un sourire tandis que ses amis ricanent en me montrant du doigt. L'instant d'après je suis secouée en tout sens. Tourbillonnant comme une poupée de chiffon dans l'air, je hurle de terreur. Je me retrouve la tête en bas, ballottée violemment de gauche à droite. Des tremblements secouent mon corps alors qu'ils rient tous de l'habilité de Spencer. Les murs tanguent et tout devient flou. Je ferme les yeux en gémissant. Je vais mourir ! Je vais mourir ! La peur me serre si fort les trippes que j'en oublie ma résolution de rester impassible. Je crie, la tête à l'envers, à cinq mètres du sol qui se rapproche brusquement. Pour s'éloigner aussitôt. Les larmes me montent dans la gorge. Je porte mes mains à mes yeux et les recouvrent pour ne plus voir le gouffre sous mes pieds. Le vide qui va m'avaler. Je me mords la lèvre violemment.

« Alors Bolkanski, on en mène moins large à ce que je voie ! »

Je ne parle plus, les mains plaquée sur mes yeux pour occulter les mètres qui me séparent du sol. Je gémis. Pitié. Pitié. Pitié ! Ses amis prennent le relais et je virevolte en criant une nouvelle fois. Je ressemble à une feuille morte tremblotante et secouée par le vent. Soudain, il y a un grand bruit et je sens que le nombre d'élèves autour de nous a augmenté. Les rires fusent et j'entends qu'on ouvre mon sac pour éparpiller et déchirer mes affaires.

« Qu'est-ce qu'il se passe ici ? Faite la redescendre tout de suite bande de trolls ! »

Mais le vide ne se restreint pas et je sens deux mains tenter de me descendre au sol. Rusard. Il peste contre les élèves qui continuent de glousser et se moquer de moi. Il tire plus fort sur mes épaules –j'ai toujours la tête à l'envers et tout le monde a une vue imprenable sur ma culotte-. Je lui gémis de m'aider. Il grogne à nouveau et ordonne à un élève de l'aider. Mais personne ne bouge. Personne. Je serre les dents.

« Poussez-vous ! gronde la voix de Macgo, Miss Bolkanski ! Que vous arrive-t-il ? »

Incapable de lui répondre je suis secouée de convulsions. Mes mains toujours plaquées sur mes yeux roulant dans leurs orbites. J'entends des voix s'élever et je manque de hurler en reconnaissant celle de Lena qui crie « Milou » comme une possédée. Non ! Non ! Je ne veux pas qu'elle me voie comme ça ! Si faible. Si misérable. Soudain je me sens bouger doucement et redescendre dans des bras rugueux. Tout le monde rit, j'ouvre les yeux sur le visage crasseux de Rusard. MacGo, baguette en main se retourne vers les élèves massés autour de moi. Ordonnant le silence alors qu'un bruit de coups et de cris, retenti. Je reconnais Lena qui se débat de la poigne de Jared. Il m'a vu lui aussi.

Je me mords la lèvre, rouge de honte. Attrape ce qu'il reste de mes affaires et détale sous les appels de MacGonagall. Je ne me retourne pas. Mon ventre retourné me serre la gorge, et mes mains tremblantes ouvrent la porte de toilettes désertes. La nausée me monte au nez. Je manque de m'effondrer. Secouée par une terreur revenant par vagues. Je m'accroche au lavabo pour ne pas tomber et ferme les yeux. Prenant de longues inspirations pour faire fuir le vertige. Lorsque je croise mon regard bleu, plus calme, un brin de fierté y est logé -entre ma honte et l'horreur de savoir que Lena, Jared et Owen ont tout vu de cette humiliation.-

J'ai tenu tête à Spencer.


Alors, qu'avez vous donc à exprimer :D ? On adoore lire vos réactions et suppositions XD