Coucou petites lectrices :D

Bon alors prise de temps je suis désolée, je fait vite : MERCI pour les reviews !

My sunshine a fait un fanart des héroïnes, si cela vous intéresse allez sur le blog ;) (le lien est sur notre profil)

Sinon, bonne lecture et bonne semaine à tous :D

Alicette : une vraie pro des onomatopées XD Et oui et oui un râteau et une mise en couple, elle est pas belle la vie ;) ? D'accord, en coup de vent quoi ^^ Merci quand même d'avoir pris le temps de laisser une review, ça fait plaisir :)


Chapitre 24 : L'antre aux serpents

-Salut, Jeremy ! fis-je avec entrain, m'asseyant à ses côtés, dans l'herbe humide du parc.

-Pas encore ! se plaint-il en levant un regard implorant au ciel nuageux.

Je fais la moue mais me mets en tête de garder mon plus beau sourire. Romuald nous demande alors à tous de faire des étirements et tout mon club d'EMA lui obéissent à l'instant, malgré les quelques remarques râleuses de Fatima Lover qui grommelle qu'elle aurait bien aimé rester au chaud, ce soir, plutôt que se rouler dans la boue du parc. Vive l'esprit du sport ! Ya pas de temps idéale pour l'entretien physique, nan mais oh !

Alors que j'étire mon dos, je lance un regard autour de moi et je déplore avec tristesse l'absence d'Harold. Je passe tous les soirs –après les cours, les entrainements de Quidditch, le club de musique et l'EMA- et matins –après mon jogging- lui rendre visite, souvent avec Emily, et son rétablissement est parfait selon Pompom. Owen, juste à ma droite, se contente de faire des ronds avec ses poignets et son regard est perdu dans la pelouse, alors qu'il renifle, enrhumé.

-Je t'ai trouvé vraiment cool au match contre Serdaigle ! lançais-je à mon voisin de gauche qui s'exercent les jambes.

-Gonzalez…, grince-t-il. Au fait ! J'aimerais assez que t'arrêtes d'harceler Mary à tout bout de champs ! Elle me revient tout le temps en pleurant ! C'est chiant !

Je marmonne un juron. C'est vrai que je ne suis pas très sympa avec White… mais c'est plus fort que moi ! Dès que je la vois, mon sang ne fait qu'un tour et je ne peux pas me restreindre à seulement la dépasser. C'est ainsi qu'à chaque fois que je la croise, je la bouscule d'un coup d'épaule, qu'à chaque fois que je croise son regard, je plisse le mien férocement et qu'à chaque cours que j'ai en commun avec elle, je lui demande si elle compte s'accrocher à Jeremy encore longtemps. Et à chaque fois, elle fond en larme et je regrette d'avoir fait ça mais… est-ce que, franchement, ça mérite des pleurs, tout ça ? A cette pensée, je me sens devenir grognon. Ça m'énerve.

-J'veux pas la faire pleurer, bougonnais-je.

-J'm'en fous, t'arrête, c'est tout !

-Tu m'as toujours pas dit c'que tu lui trouvais !

-Normal, ça te regarde pas !

-Si !

-Non !

-Mais si ! m'écriais-je, furieuse, en cessant mon échauffement.

-Lena ! Tiens, commence donc les tours du parc, me lance Romuald.

J'allais essayer d'esquiver l'ordre, bien décidée à ce que Jeremy finisse par me répondre quand celui-ci, me voyant prête à la rébellion, se met à courir. S'il croit pouvoir m'échapper ! Je démarre au quart de tour et me lance à sa poursuite ! Tant qu'il ne me dira pas clairement pourquoi il me préfère cette Mary White, il peut toujours rêver pour que je lui foute la paix, foi de Gonzalez ! Et s'il croit que je serais la première à me lasser, c'est qu'il me connait très mal !

xOxOxO

Je mets le point final à la lettre que j'irais donner à Marvin, mon hibou, aussitôt après que ma demi-heure de visite sera passée, pour qu'il la porte à Nikolaï. Il m'a fait savoir qu'il avait acheté le dernier disque de Micheal Jackson, qu'il avait pris trois kilos en s'empiffrant de chips et popcorn au ciné, qu'il avait battu son record de clientes essayant de le draguer en une semaine –vingt-deux, visiblement- à son boulot et qu'il plaçait en moi le devoir de protéger sa sœur de tout mec suspect qui s'approcherait de trop près. Evidemment, je lui ai répondu que pour mon Michy chéri, il pouvait toujours essayer de se vanter parce que j'ai tous ses disques - y compris le dernier !-, qu'il ne devait pas connaître toutes les répercussions néfastes sur son motobollisme –« et le film c'était quoi ? »-, que vingt-deux ce n'était pas un chiffre si génial que ça puisque moi, mon record de paniers réussis, au basket, d'affilé, c'était cent trente-trois –et toc !- et qu'il n'avait pas à s'inquiéter pour Emily, j'étais de garde !

Je plie donc le long parchemin et le glisse dans l'enveloppe. Je relève mon regard vers la tête du lit où se trouve celle toujours aussi ébouriffée d'Harold, emmitouflé sous les couvertures. Emily et moi sommes assises au bout du lit, limite sur ses pieds. Emily compose –enfin, je crois-, Harold lit sinistrement les notes de cours qu'ils loupent et que lui a apportées cette dernière, et moi… bah, je viens de finir mon courrier –je le fais en plusieurs fois parce que sinon…- entre la lettre pour Niko, celle pour Estevan, celle pour Bartos, celle pour Abuelita, celle pour Sullivan –mon correspondant français, rugbyman de son état- et celles pour quelques mecs de mon quartier. Je n'écris plus à Damian et Papa ils me répondent jamais ! Allan me dit toujours, en me voyant passer près de deux heures à répondre à tout ce beau monde, au moins une fois par mois, que c'est bien fait pour moi puisque je harcèle tout le monde pour qu'on m'écrive… c'est même pas vrai, d'abord, j'harcèle personne, moi !

Harold croise alors mon regard et je lis dans le sien…

AU MEURTRE ! LES COURS VEULENT ME ZIGOUILLER !

Connaissant très bien le penchant très violent des cours – « c'est inadmissible », comme dirait ma grand-mère… bon, ok, jamais à propos des cours mais plutôt des moldus, de Papa, des sang-de-bourbes-, de Papa, des cracmols et de Papa-, je me porte volontaire pour le sauver. Je me penche discrètement vers lui, prends toutes les feuilles et les fourre sous le lit, avec un clin d'œil stratégique. Ni vu, ni connu !

-Je t'ai vu, Lena, m'avertit Emily, placidement, toujours plongée dans ses feuilles. Rends-lui mes notes.

-Rho…, grommelais-je en me balançant hors du lit, la tête la première pour aller les récupérer.

Décidemment, Milou et Dada, c'est plus que le destin qui les a liés, c'est les forces de la nature ! Quand je reviens à la surface, Harold secoue de la tête avec affolement et me fait signe de les laisser sous le lit… bon, très bien mais alors, c'est pas moi qui me ferai engueuler, il est prévenu ! Je les laisse retomber sous le lit et reviens m'assoir.

-J'ai un peu peur, Lena, lâche-t-il alors, quelques minutes plus tard.

-Oh, t'inquiète, Roldy ! La prochaine fois qu'ils t'approchent, je les bourre comme un punching ball !

Il rit en me faisant signe que c'est pas ça dont il parle. J'hausse un sourcil avec étonnement. Bah, je vois pas alors…

-C'est Owen.

La blague ! J'éclate de rire bruyamment, écroulée à moitié sur Emily qui est obligée de décaler ses feuilles pour pas que je les écrase. Mais là, franchement, c'est irrésistible ! Encore avoir peur des schtroumpfs ou d'un ballon de foot, je veux bien mais de Winny… mon fou-rire redouble.

-Pas dans ce sens, là, rho ! s'enquit-il, boudeur. J'veux dire que j'ai peur de le faire fuir… je… je sais pas comment faire avec lui…

Pompom vient jeter un coup d'œil et me prie de cesser de rire aussi fort parce que des malades ont besoin de repos. J'essaye de cacher mon rire derrière mes mains mais elle lève les yeux, sourire en coin, avant de s'en aller, visiblement peu convaincue du résultat… Une fois calmée, je migre du bout à la tête de lit et vais m'assoir à côté d'Harold qui me fait une place. Je passe un bras autour de ses épaules et lui déclare, sous le regard amusé d'Emily :

-Alors, écoute-moi bien, je vais te donner les règles fon-da-men-tales pour pas faire fuir notre p'tit vif d'or préféré… Winny, quoi ! T'es prêt ? C'est parti !

xOxOxO

-Quoi, la bibli ? m'indignais-je.

-On a une dissert' en métamorphose et en histoire de la magie pour après-demain, espèce de troll ! me rappelle Allan, moqueur.

Je lui lance un regard noir avant de bougonner que je préfère jouer au Quidditch avec Sean mais Jared vient à la rescousse et me fait remarquer que ce n'est pas le sport qui fera mes devoirs. Je veux bien les faire, ces foutus devoirs, mais je suis nulle… jusqu'à ma Troisième Année, j'essayais vraiment d'avoir des bonnes notes mais je confondais et oubliais tout, je m'endormais en cours et à chaque fois que je levais la main pour répondre à des questions des profs, ceux-ci faisaient mine de ne pas me voir, ayant trop l'habitude des vagues d'hilarités qui secouaient la classe à chacune de mes réponses, tant elles étaient absurdes. Et ils me rassuraient tous, à chaque fin de de trimestre, que ce n'était pas bien grave, que j'avais toujours le sport pour moi. Donc, j'ai fait ce qu'ils disaient. Et dès que j'ai remplacé mes heures d'études par le club d'EMA et des parties de Quidditch avec Sean et d'autres mecs, ils se sont mis à m'envoyer chez Dumbledore pour cause d'absence d'application au travail… avouez que c'est à en perdre la boule ! Je ne comprendrais jamais les adultes.

Allan et Jared étaient donc en bonne voie de me trainer bon gré, mal gré à la bibliothèque –où Pince va encore bien m'accueillir, je le sens- quand Dacarta, une pimbêche de Serdaigle, appelle deux de ses copines qui elles aussi se dirigeaient vers l'antre du savoir –et du désespoir :

-Hey, les filles ! Venez un peu voir qui est pendue par les pieds et bichonnée par Rusard, c'est trippant !

-Qui ? demandais-je, en chœur avec les deux autres.

-Bolkanski !

J'échange un regard incrédule avec Jared puis on se met tous les trois à courir dans le sens inverse où nous allions. On a seulement à tourner au coin du couloir pour assister à un spectacle vraiment déplaisant. Une tonne d'élèves, riant à gorge déployée, encerclent de près Emily qui est pendue par les pieds par une corde invisible accrochée au haut plafond. La masse d'élève est si épaisse que je ne vois pas bien ce qui se passe et n'aperçoit Emily que par la hauteur où elle se trouve. Convaincue que celui qui a osé faire ça est en-dessous de mon amie, je fonce à travers foule en lançant à ceux qui empêchent mon avancée de dégager avant que je ne leur refasse le portrait. J'arrivais enfin au centre d'attention quand McGonagall fit retomber Emily dans les bras de Rusard et que Jared, aidé d'Allan, m'attrape pour m'empêcher d'avancer plus loin. Celle-ci est toute blanche et m'apparait aux bords de l'évanouissement.

-Vous allez me lâcher, oui ? m'énervais-je en me retournant vers mes deux amis.

-Te mêle pas de ça, Lena ! déclare avec autorité Allan tandis que Jared m'assure :

-McGonagall s'occupe déjà d'elle et avec ton tact, tu risques encore d'aggraver la situation.

-Comme tu le fais tout le temps !

-J'ai beaucoup de tact ! me défendis-je, vexée.

-Tu restes ici, un point c'est tout, compris ? s'impatiente Allan en me tirant violemment en arrière.

Quand je lance un regard vers l'endroit où se trouvait auparavant Emily, je ne trouve qu'un morceau de couloir vide où Rusard et McGonagall semblent parler avec sévérité. Etonnée, je me demande un instant où elle est passée, me débattant un peu moins face à sa disparition. Ce qui est sûr, c'est que je ne compte pas laisser passer ça ! Il ne sera pas dit qu'on aura touché à Emily Bolkanski impunément, en fuyant lâchement, l'acte perfide accompli ! En plus, j'ai donné la parole à Nouki que je protégerai sa sœur et on me fera pas parjurer ! La guerre est ouverte !

xOxOxO

J'attends qu'une sale vipère vienne ramper jusqu'à l'entrée de sa caverne… sauf si les serpents n'ont pas de caverne, dans ce cas-là alors… euh, sa maison ? Bref, revienne chez lui ! Décidemment, l'art de la méta fort filée –ou un truc dans ce goût-là, d'après ce que m'a racontée Jared, un jour que j'étais partie dans un délire avec Doug-, c'est pas pour moi. En simple, je suis devant l'entrée de la salle-commune des Serpentard qu'un de ces derniers ait enfin la décence de se ramener et que je puisse lui soutirer le mot de passe !

Emily n'a pas voulu me dire qui l'avait pendu au plafond. Je ne sais pas pourquoi, m'enfin… toujours est-il que j'ai dû employer d'autres méthodes pour découvrir le coupable… que je n'ai toujours pas découvert mais je suis toute proche d'un filon, là ! J'ai essayé de trouver des témoins mais tout le monde m'a fait croire qu'il n'avait rien vu –d'autres m'ont dit qu'ils avaient vu mais ne me le diront pas et je leur ai cassé la gueule… et ils n'ont toujours pas voulu me le dire, ces emmerdeurs !- donc, j'ai fait preuve d'une logique imparable ça ne peut être qu'un Serpentard ! Particulièrement, Stendford.

Un couple de Quatrième Année arrive alors et au moment où j'allais leur bondir dessus, ils se mettent à s'échanger un baiser passionné. Oh, c'est mignon ! Bon, je vais prendre les suivants…

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Je sors des toilettes, renfrognée et bougonne. Je viens de passer vingt minutes à cracher des limaces, sous les rires suraigus de Mimi Geignarde qui en est venue à me composer une chanson –« Oooh, la Gonzalez, ya plein d'limaces qui lui sortent du bec ! ». Okay, elle est peut-être inédite mais vous parlez d'un honneur ! En plus, elle chante faux, cette espèce de peste ! Tout ça à cause de ces Serpentard ! Je suis sûre que c'est eux le coup d'Emily !

Dès que j'ai réussi à rentrer, je suis montée sur l'une des tables de la salle-commune et je leur ai dit que je voulais le nom du coupable. Une seconde plus tard, une trentaine de baguettes étaient pointées sur moi… et je préfère ne pas raconter la suite, j'ai déjà assez la honte comme ça… mais tant pis, ils l'ont voulu, ce week-end, je les attendrais avec ma réserve de bombe-à-bouse et quand ils sortiront pour aller petit déjeuner, ils vont avoir une petite surprise à la Gonzalez !

Je me dirigeais vers la salle commune des Gryffondor avec l'idée de me prendre une bonne douche quand, dans le couloir, un couple –décidemment, c'est ma journée !- me rentre presque dedans, enfiévrés par leur bécotage. Ils ne me jettent même pas un regard et fonce littéralement dans une porte avant de l'ouvrir. Ils s'engouffrent alors dans la salle qu'ils ont surement choisie au hasard. Peu désireuse de passer devant la porte béante –parce que je me connais, je ne pourrais pas m'empêcher d'y jeter un coup d'œil-, je fais demi-tour… et je suis vraiment de trop mauvaise humeur pour voir la face de Serpentard de Stendford, quoiqu'elle doit surement être cachée sous la jupe ou dans la poitrine d'Alex… après ma baignoire, presque au beau milieu du couloir… Y'en a qui ont la belle vie !

Je deviens encore plus grognon quand, cinq minutes plus tard, je croise Mary dans le couloir. Je lui lance un regard incendié. Maintenant, c'est bon, je ne peux plus m'empêcher d'imaginer Mary et Jeremy à la place des deux autres… ma douche, je vais la prendre froide, je crois !

xOxOxO

-Vous ai-je prévenus que notre travail doit aboutir à un concert ? nous répète Dicksen, en frappant de sa baguette son chevalet.

-Ouais…, maugréais-je.

Son regard cinglant se pose sur moi et je remarque avec agacement que j'ai été la seule à répondre. La plupart des élèves me lancent des coups d'œil indignés. Qu'est-ce que j'ai encore fait ? Quand on pose une question, c'est bien dans le but qu'on y réponde, à ce que je sache, non ?

-Au moins, il y a une personne qui suit ! Et je vous laisse prendre connaissance vous-mêmes de son identité, bande d'ingrats incompétents ! Vous devriez avoir honte !

Emily, à mes côtés, a un air parfaitement indifférent. Faut dire, je ne pense pas que les réprimandes lui soient destinées. Elle joue tellement bien qu'on ne peut pas douter qu'elle sera prête pour je-ne-sais quel concert. Et certainement pas Dicksen qui est fou d'elle !

White, un peu plus loin, a les mains jointes sur sa robe et fixe, penaude, le sol. Elle non plus, je ne pense pas qu'elle soit la cible des remontrances. Elle a une si belle voix que c'en est frustrant… surtout depuis qu'elle sort avec Jeremy ! Je grommelle un juron en me rappelant toutes les fois où je chantais sous la douche et que Damian, victime de mes vocalises, tirait la chasse d'eau pour rendre bouillante l'eau, juste pour que je hurle au lieu de chanter ! Peut-être que si j'avais une plus belle voix, Jeremy arrêterait de tirer la tronche dés que je lui parle…

Les autres se partagent entre la honte, l'agacement et l'insolence muette. Et moi…

Bah moi, je fais ce que je fais, chaque semaine, même heure. J'essaye de tordre mon triangle, d'assassiner White du regard –et avec des boulettes de parchemins-, j'écoute Emi jouer et, parfois, je fais des pompes sur le banc. Ça m'arrive aussi de lire mes revues de sport ou d'essayer de déconcentrer cet emmerdeur de Zuerk pendant qu'il chante, en lui faisant des grimaces. Et quand Emily ne joue pas, je parle avec elle mais… elle joue tout le temps ! En bref, je m'emmerde et j'essaye de mieux que je peux de m'occuper. Ce qui plait moyennement au prof qui m'a dans le collimateur.

-Hey, Milou ? fis-je, totalement tournée vers elle. Tu veux toujours pas m'dire c'est qui ?

-Non, Lena.

-C'pas juste ! Pourquoi je peux pas savoir ? Au moins, il recommencerait pas !

Elle me sourit, amusée, et j'allais continuer à plaider ma cause quand un truc fin et dur ricocha sur mon crane. Les sourcils froncés, pariant que c'est Zuerk qui m'a attaqué par derrière –cette sale fouine !-, je me retourne mais perds mon air offensif en reconnaissant Dicksen.

-Le Triangle peut-il cesser de distraire le Violon ?

xOxOxO

-Un saucisson !

-Une batte !

-Un sau-cis-son !

-J'te dis que c'est une batte ! m'énervais-je.

Je tourne la tête vers Doug qui me lorgne de son regard buté. Tous deux allongés dans l'herbe, on se dispute la formes des nombreux nuages qui, défilant lentement au-dessus de nous, laissent tout de même un peu de bleu au ciel. On finit bien rapidement par se bondir dessus et faire des roulé-boulé, en arrachant de grandes poignées de pelouse. Quelques minutes plus tard, on est de nouveau allongés dans l'herbe, l'un à côté de l'autre mais essoufflés et morts de rire… et notre saucisson-batte-de-Quidditch a eu la bonne idée de filer à l'anglaise.

-C'est cool pour Owen, finit par déclarer Douglas.

-Avec Roldy ? Oui, c'est super cool ! m'excitais-je aussitôt. C'était dur d'être le seul homo dans le bahut mais, en fait, y'avait le mec parfait juste là et il l'avait même pas vu !

-Ouais… ils vont bien ensemble.

-Ils sont trop adorables ! Tu les as vus, une fois, à l'infirmerie, tous les deux ? C'est trop chou… avec Milou, on fond !

-Adorables.

Je me redresse sur un coude, surprise par le ton dur et froid qu'il prend. Je le regarde sous toutes les coutures. Doug n'est jamais comme ça... il est toujours joyeux et blagueur, et… horrifiée, je comprends tout ! Il est homo, lui aussi, et amoureux d'Owen ! Ou d'Harold ! Oh non, mon Douggy… je me couche sur son ventre rebondi et appuis mon menton sur son torse.

-C'est pas grave, Doug, on t'en trouvera un autre, d'accord ? T'en fais pas…

-Hein ? Un autre quoi ? s'étonne-t-il, ahuri.

-Euh… un autre… un autre copain ? hésitais-je.

-Hé ! Espèce de cinglée ! Mais non ! J'suis pas homo ! Lena…, se plaint-il, bougon.

Ah. Bon, j'ai peut-être pas tout compris, alors…

-Mais quoi alors ?

-J'ai toujours pensé qu'Owen était comme moi, tu vois ? me souffle-t-il, en détournant le regard vers le ciel. Un désespéré du cœur et du sexe… complètement en dehors de tout ça mais, en fait… il est avec Harold et, au final, ya que moi qu'est seul. Pas parce que j'le veux comme Allan et Jared, mais parce qu'aucune fille veut de moi. Je suis moche et gros… et j'suis pas gentil, pas intelligent, pas riche, pas…

-Quoi ? Pas quoi ? le coupais-je, furieuse.

Je me redresse soudainement sur le ventre de mon ami, les bras croisés sur ma poitrine. Je suis super énervée ! Doug est quelqu'un de génial et pour chacun de ses kilos, il a une tonne de paillette dans ses beaux yeux bleus ! Si aucune fille ne veut de lui, c'est qu'aucune ne le mérite et je ne vais pas le permettre d'en douter !

-Si j't'entends redire des trucs comme ça, j'te préviens de suite que j't'emmène jogger avec moi tous les matins avec Winny ! T'es beau, Doug ! Et si les filles ont de la merde dans les yeux, moi, pas ! Le poids fait pas tout, ni les diplômes, ni le fric… et t'es très gentil ! Je te promets que tu trouveras quelqu'un, ok ?

Il m'attire contre lui en riant, rasséréné, et alors que je le câline, il m'écrase une grosse poignée d'herbe et de terre dans la figure.

-Ok, bon, tu trouveras quelqu'un si j'te bute pas dans les trente secondes qui suivent !

xOxOxO

-T'attends quoi, exactement, maintenant ? demandais-je, aussi curieuse qu'agacée.

Nous sommes en Etude de Rune et les élèves, pour la grosse majorité, sont pendus aux lèvres de Sarazad, notre prof. Moi, je comprends rien à ce qu'il raconte alors il peut bien causer… Accoudée à mon bureau, le menton appuyé sur ma main gauche, j'observe Jared depuis le début du cours. Cinq minutes. Et je ne tenais plus, fallait que je lui pose une énième fois la réponse et j'espère que, pour une fois, il aura la décence de me répondre parce que moi, j'veux bien être gentille mais j'aimerais bien qu'on arrête d'ignorer mes interrogations ! Entre Jeremy, Emily, White et Jared, j'en ai ras le bol !

Il ne tourne même pas son regard vers moi et me répond, stoïque :

-Rien, Maddy, je prends simplement en note le cours –ce que tu devrais faire, également.

-Oui, oui ! m'impatientais-je. Je vois ça ! Je te parlais de Milou !

-Qu'a donc Emily ?

-Elle a rien, je…, commençais-je alors qu'il continue d'écrire avec application.

Je lui chipe sa plume des mains et le fixe d'un regard sévère quand enfin il lève le sien –aussi austère que le mien- vers moi. Nan mais oh !

-Tu m'écoutes, maintenant ?

-Je t'écoutais ! se défend-il. Rends-moi ma plume.

-Après !

Il me fait le coup du regard « Lena, tu sais que c'est mal ce que tu fais, écoute Papa ! » mais je ne flanche pas. Moi aussi, je sais faire les gros yeux ! Je pare chacune de ses tentatives pour récupérer son bien et je commence donc mon discours :

-J'te comprends pas ! Elle t'a composé un morceau, tu l'as invité à Pré-au-Lard… euh, ça se voit que vous vous aimez ! Et tout ça, tout ça ! Alors, bon sang, j'peux savoir pourquoi tu conclus pas, Dada ? Et arrête de me zieuter comme ça, c'est moi qui suis pas contente !

-As-tu remarqué combien ta seule présence dégrade n'importe quelle situation ? me réplique-t-il, calmement.

-Gné ?

Je ne comprends rien. Ce n'était pas le sujet, si ?

-Je pense que ça met fin à toute discussion. Sur ce, je te prierai de bien vouloir utiliser ma plume à bon escient et profiter de ton rapt pour écrire le cours, poursuit-il en me tournant vigoureusement vers le bureau et me tapoter mon parchemin d'autorité.

-Mais j'ai pas fini ! me plaignis-je.

-Tu n'as pas commencé, en vérité.

Et là-dessus, il plonge dans son sac pour en sortir une plume de rechange. Je fronce le nez, boudeuse.

Ce coup-là, j'aurais dû le prévoir.


Une tite review pour la route ? :D