Bonjour, Bonsoir :)

Alors euh, on espère que votre week end s'est bien passé !

Un GRAND MERCI à tous car grâce à vous nous avons atteint les 200 reviews WOW :D Merci à Plumette pour avoir posté la 200ème ^^

Sinon, Bonne lecture à tous !

Réponses aux reviews :

- L.I.E : Hello ! Alors tout d'abord merci beaucoup pour ta review et ta critique très positive qui nous fait très plaisir :D Ensuite, t'inquiète si tu ne t'es pas manifestée jusqu'alors, c'est déjà très gentil de l'avoir fait ;) Il y en a peu, crois nous ! A une prochaine alors ? En tout cas merci !

- Alicette : Wow que de façons diverses et variées de vengeance ;) Superbe liste, je ne sais quelle option choisir xD Faut pas être si mal pour Emi, elle est beaucoup plus forte qu'on ne peut le penser :) Spok + Winny breeeef ! xD C'est vrai que peu de gens l'appellent par son prénom et encore moins par son surnom ^^ c'est en effet un exploiiiit ! Tu n'as pas posté la 200ème mais c'est pas grave ! Toutes les reviews comptent ! Bisous encore et merci !


Chapitre 26 : Même à Poudlard, une vipère ne devient pas colombe

-Tu l'auras pas, tu l'auras pas ! chantonne l'homme Elastique.

Sa main tient Owen, en larme, par le col de son tee-shirt, grâce à son bras extensible qui me surplombe d'au moins dix mètres. J'ai beau sauter le plus haut dont je suis capable, je n'effleure même pas l'une de ses baskets. Je vais me le faire, le Super-Méchant-Héros-en-collant, moi ! M'faut mon balais… où j'ai mis mon balai ? Les mains sur les hanches, je tourne sur moi-même… il était là, ya deux secondes !

-Hihihi !

Je lève les yeux au ciel, en direction du rire aigu et je vois Catwoman qui fait des loopings avec mon balai ! Bah, faut pas se gêner, surtout !

Les pleurs d'Owen deviennent de plus en plus forts. Assourdissants. D'ailleurs, ses larmes me tombent dessus… Ou alors, il pleut… en tout cas, ça mouille !

Je fronce les sourcils. Ya un truc mouillé sur mon épaule. Un truc lourd et chaud. Qu'est-ce qui est lourd, mouillé et chaud ? Et ça me chatouille le menton, aussi. Je fronce le nez. Je suis où, d'ailleurs ?

J'ouvre les yeux et je découvre mon dortoir plongé dans une obscurité assez épaisse. Je cligne des yeux, la bouche pâteuse. Ah, je dors dans mon lit ! Enfin, je dormais… Le truc tressaute sur mon épaule et ma main se pose automatiquement dessus. Des cheveux ? Bon, alors, ça doit être une tête… logiquement…

-C'qui ? marmonnais-je. Marvin ?

C'est alors que je remarque les sanglots. Une main a emprisonné l'une des miennes, la droite, et la serre par intermittences. Au rythme des hoquets de pleurs. Je tourne ma tête vers celle qui est appuyée contre mon épaule, près de mon cou et sur mes cheveux.

-Lé… Lén'…

La voix chevrotante est féminine et… Emily ? Je me redresse, la forçant à quitter mon épaule mais elle garde ma main dans la sienne. Merlin, s'passe quoi ? Je fronce les sourcils et je m'assois sur le bord du lit, quittant mes couvertures. Plus que surprise et horrifiée par ses pleurs, je profite qu'elle me tienne la main pour l'attirer à côté de moi et je la prends dans mes bras. Elle a peut-être fait un cauchemar. Je lui caresse le dos pour la calmer, comme je fais avec Owen, et je me félicite de lui avoir donné le mot de passe de l'entrée de ma salle-commune pour qu'elle puisse venir me voir quand elle veut, Harold étant à l'infirmerie.

-Qu'est-ce qu'ya, Milou ? Pourquoi tu pleures ? lui soufflais-je.

-C'est quoi c'bordel ? râle une fille de mon dortoir, de son lit.

-Rho ! Tu vois pas que quelqu'un pleure ? m'énervais-je.

Elle pousse un juron, tire les rideaux de son lit à baldaquin et lance un Silencio. C'est ça ! Les pleurs d'Emi se sont un peu calmés mais je sens toujours ses larmes qui coulent le long de mon cou.

-C'est bon, Milou, j'suis là, la rassurais-je. Ça va mieux ?

-Je… J'ai plus rien. Elle m'a tout pris, elle a tout détruit… elle… elle l'a cassé… brisé… saccagé…, souffle-t-elle, la respiration courte et la voix plaintive.

-Qu'est-ce qui est cassé ?

-Mon-mon violon ! gémit-elle, un sanglot bref la faisant suffoquer un instant.

Mes yeux s'exorbitent tandis qu'une exclamation de surprise m'échappe. Elle joue si bien de son violon. A chaque cours de musique, j'aime l'écouter. Comment c'est possible que… ? Un violon, ça se brise pas facilement, si ?

-T'es tombée dessus ? hasardais-je.

-Non, c'est elle ! crache-t-elle avec haine.

-Qui ?

-Spencer !

-Cindy ? m'étonnais-je. Mais… comment elle est tombée dessus ?

Un rire la prend. Mais pas un rire joyeux. Pas un rire amusé. Pas le genre de rire qui fait sourire ou qui appelle à le rejoindre. C'est ce rire… qui glace et qui gèle.

-Elle est pas tombée dessus, Lena. Elle a levé sa baguette et elle l'a déchiqueté, sous mes yeux, alors que je lui hurlais… que je la suppliais… de tout… de me frapper… tout… tout plutôt que ça… pas ça… mon violon… ma… ma musique…

La sentant plus fébrile, je la serre plus fort alors que j'essaye de comprendre ses paroles chuchotées. Cindy aurait détruit son violon, exprès ? Mais pourquoi ? Littéralement perdue et affligée, je lui pose la question. Un silence me répond. Quand elle prend la parole, plusieurs minutes plus tard, sa voix est froide et claque à mes oreilles.

-Depuis toujours, elle me hait. Elle s'amuse à me faire mal, à se jouer de mes souffrances, à me salir tant qu'elle peut… depuis ma première année, elle fait de ma vie, un enfer.

-Quoi ? m'étranglais-je. Elle fait QUOI ?

Je bondis du lit et me place, debout, en face d'Emily qui me regarde, alarmée.

-Je… Je sais qu'elle est ton amie, j'aurais pas dû… Je…, s'empresse-t-elle de dire.

-Elle te fait quoi ? demandais-je, rageuse.

-Tout et n'importe quoi, souffle-t-elle, en baissant les yeux.

-C'est elle qui t'a pendu par les pieds dans le couloir, cette semaine ?

Elle ne me répond pas mais, cette fois-ci, je n'ai pas la patience d'attendre. Je me penche vers elle et pose mes mains sur ses épaules, mon visage en face du sien. Elle me lance un regard avant de me souffler la réponse. Une réponse qui ne me plait vraiment pas. Mon sang ne fait qu'un tour et ma mâchoire se crispe. Au même instant, des pas font grincer les escaliers menant aux dortoirs des filles et se dirigent vers le mien. Dans lequel, la seule qui manque est justement celle avec qui j'ai un compte à régler. Maintenant.

Je lâche Emily, lui dis de rester là et que je reviens avant de faire demi-tour, les poings crispés. J'étais sur le point d'ouvrir la porte à la volée, la main déjà sur la poignée quand j'entendis Emily se lever de mon lit avec précipitation en s'écriant, suppliante :

-Lena ! Reste avec moi !

-Milou, dans mon lit ! ordonnais-je. Et tu bouges pas de là, d'accord ?

-Et si Spencer…

-ça, c'est mon affaire ! Au lit, allez !

Quand j'ouvre la porte, je me retrouve face à Cindy. Elle a l'air surprise de me voir mais un sourire se dessine sur son beau visage. Je prends sur moi pour ne pas réagir aussi violemment que j'en ai envie.

-Salut, Lena ! me fait-elle.

Emily m'appelle alors à nouveau et je vois Cindy grimacer, en se penchant de façon à l'apercevoir, debout, devant mon lit, dans la pénombre du dortoir. Son regard devient furieux et elle commence à s'écrier :

-Mais qu'est-ce que… ?

Mais mon poing s'est déjà écrasé dans sur sa joue gauche, la faisant reculer en chancelant de plusieurs pas, ahurie. J'avais prévu de me retenir encore un peu mais, en fait, c'était trop ambitieux. Je frappe, puis je discute. Ça évite tout baratin superflu. Je ferme la porte sans douceur et m'avance vers Cindy, toujours ébahie, pour l'attraper par le bras et la pousser en direction des escaliers.

-T'vas me raconter ta soirée, hum ? grinçais-je. Descends !

-Attends, Lena ! contre-t-elle avec empressement, alors qu'elle a déjà descendu quelques marches. Si c'est cette garce qui t'a…

-La ferme ! Pourquoi t'as fait ça ? Pourquoi tu lui as fait tout ça ? claquais-je avec colère.

-Elle est si… Qu'est-ce qui te plait tant chez cette merde ?

-Evite ça, Cindy, c'est pas un bon plan, la prévins-je avec un regard menaçant. T'avais pas à toucher à son violon, et encore moins à elle ! T'as pas intérêt de recommencer, pigé ?

Elle me regarde, les lèvres tremblantes de rage, alors qu'on est au beau milieu de l'escalier et que j'ai le poing qui me démange.

-Je croyais qu'on était amies, Lena, cingle-t-elle.

-J'croyais que tu voulais être quelqu'un d'bien, répliquais-je, la voix reflétant ma déception. Mais t'as jamais changé, en fait.

-Et tu crois quoi, toi ? Qu'elle est sincère ? Arrête, Lena, c'est pathétique ! Elle se sert de toi ! Espérant devenir un peu plus populaire grâce à toi ! Tu es si naïve, articule-t-elle avec mépris.

-Pas assez pour te croire une deuxième fois. T'approches plus d'elle.

Sur ce, je fais volte-face et la laisse sur sa marche, retournant au dortoir. Emily n'a pas bougé, debout devant mon lit. Je lui souris et lui prends la main.

-Viens, on va dormir, ailleurs, d'acc' ?

-Où ?

-Fais-moi confiance, répondis-je en l'entrainant vers la sortie.

Quand on passe devant Cindy, dans les escaliers, elle évite mon regard et darde le sien sur Emily. Je lui conseille de cesser de la regarder et elle remonte vers les dortoirs, sans rien dire. Je lance un sourire rassurant à Emily et on sort de la salle commune. Alors que l'on marche dans les couloirs, je l'attire contre moi et passe mon bras autour de ses épaules.

-T'inquiète plus, maintenant, lui assurais-je, avec un clin d'œil. Elle te touchera plus. Mais, franchement, pourquoi tu m'l'as pas dit avant ? C'aurait été direct fini !

-Merci, Lena. Merci beaucoup.

-Pas la peine ! Et pour ton violon, tu sais… c'est qu'un violon. C'est…, dis-je, hésitante et réfléchissant. C'est comme ma batte ou mon skate ! J'y tiens beaucoup mais si un jour, je les ai plu, je continuerai quand même à faire du sport parce que… c'est ma passion, tu vois ? Et j'ai besoin de rien, pour ça ! Tout est là – fis-je en tapant ma poitrine au niveau du cœur- et dans les jambes ! Toi, c'est pareil… c'était pas ton violon qui faisait la musique, c'était toi. C'était pas lui qu'écoutait ou qui m'a montrée comment on écoutait, l'autre fois, c'était toi… et un violon, ça se remplace, pas ton talent ! Donc, t'inquiète, t'as rien perdu, en fait. Cindy t'a rien cassé.

Un sourire nait sur ses lèvres et elle hoche du menton, me répétant ses remerciements. J'ai légèrement froid dans mon –long, heureusement- tee-shirt FC Barcelone et je suis bien pressée d'arriver à destination ! Quelques minutes plus tard, on entre dans la tour des Serdaigle, en répondant à l'énigme du mois –Jared me la soumet tout le temps pour me forcer à réfléchir et, au bout d'un moment que je passe à galérer, il me file la réponse… sadique…

Je balaye les interrogations d'Emily d'un sourire et la traine à ma suite vers le dortoir d'Allan et Jared. Comme ya le lit d'Harold, c'est impecc… On déboule donc, tandis que j'allume les lumières d'un sort –oui, oui, j'ai pensé à ma baguette ! Je dis à Emily de m'attendre dans le lit d'Harold et, cette fois-ci, elle m'obéit –aaaaah, je suis contente ! Je me dirige donc vers Jared qui se retourne, grimaçant dans son sommeil à cause de la lumière, et…

-DADA ! DEBOUT !

-Plait-il ? s'enquit-il, en grognant.

Même en dormant, il parle comme un vieux ! Je me mets à le secouer –héhé, je me venge de l'autre fois !- et il se redresse enfin, ouvrant difficilement les yeux.

-S'passe quoi ? grommelle l'un des autres mecs.

-Sale emmerdeuse de Putain de Gryffondor à la con ! s'écrie Allan, en se tôlant méchamment alors qu'il essayait de sortir de son lit.

-Ohé !

-J'te fais ta fête, Lena, dés que j'tiens debout !

-C'est ça, c'est ça !

Je me retourne vers Jared qui émerge peu à peu et lui dis :

-Dada, faut que j'te cause d'un truc très important…

-Dis-moi, m'invite-t-il, en bâillant.

-Cindy - pas ta grand-mère, l'autre- bah, demain, tu vas aller la voir, ok ? Parce que, figures-toi que cette sale…

-GERONIMO ! hurle Allan en me bondissant dans le dos pour m'écraser sur Jared.

xOxOxO

-Etais-tu réellement obligée de m'accompagner, Lena ? me demande Jared, en lisant son numéro de la Gazette.

Nous sommes à l'entrée de la Grande Salle dans laquelle Emily prend encore son petit-déjeuner avec Allan et Harold qui est enfin sorti de l'infirmerie, à notre plus grande joie ! Avec Jared, on l'a vite expédié -notre petit déj, hein !- on a d'autres projets. Héhé ! Enfin, je finis encore mon trognon de Granny Smith, adossée contre un mur à côté de Dada qui me fait la lecture des rares articles de Quidditch.

-Bah oui ! Pourquoi ? m'étonnais-je.

-Tu ne la frappes pas, ni ne l'insultes, on est bien d'accord ?

-Oui, oui ! m'agaçais-je, en faisant une croix sur l'idée de lui enfoncer mon trognon dans l'œil qui m'avait effleurée il y a quelques minutes.

-Bon.

-J'te laisse faire, M'sieur le Préfet-en-chef, grommelais-je.

-Bon, répète-t-il en tournant une page.

Bon, bon… c'est vite dit ! J'ai encore quelques pulsions meurtrières à l'encontre de cette menteuse persécutrice et fausse Gryffondor ! Comment je fais, moi, pour me défouler ?

Enfin, la voilà qui débarque aux côtés de White et Malley au coin du couloir. Mouais… la tentation est trop forte et mon trognon est un trop bon projectile. Mais sur White ou sur Cindy ? Dur choix… Dommage que ce ne soit pas un boomerang, j'aurais pu me les faire, toutes les deux, à la file. Quoique j'aime pas Karin Malley, non plus…

Le sourire de Cindy, à notre approche, se crispe légèrement et White parait au bord des larmes dés qu'elle me voit. Je lui offre un regard féroce.

-J'aurais à te parler, Cindy, et je pense qu'il vaille mieux que ce soit en privé, annonce Jared sèchement.

-D'accord, se force-t-elle à dire d'un air dégagé. Je vous rejoins les filles.

-On connait le refrain, se moque Malley, en embarquant White.

Je me retourne pour la suivre du regard… c'est ma dernière chance… qu'est-ce que je vise ? La tête ou le cul ? Par derrière, c'est pas très loyale… j'hésite. Mais qu'est-ce qui me force à être loyale avec cette pimbêche ? Rien ! Prenant mon élan, je vise et… une main s'abat sur mon bras droit en pleine préparation de lancé de trognon et je me retrouve en face des yeux noirs et sévères de Jared… Bon, d'accord… Je me retourne vers Cindy, boudeuse. Ya aucune justice dans ce monde.

-Je n'irai pas par quatre chemin, Cindy, parce que, tout d'abord, et avec le regret de devoir te vexer, parler avec toi n'est pas un de mes plaisirs personnels et de deux, c'est tout simple. J'ai appris que tu persécutais une camarade, Emily Bolkanski.

Elle ouvrit la bouche mais elle n'eut pas le temps d'en placer une. Mon Dada est trop doué pour discourir !

-ça ne te servira à rien d'essayer de nier. D'ailleurs, il n'y aura aucune répercussion pour le moment si tu t'en tiens à là. Je ne dirais rien, Lena ne dira rien. Aucun professeur ne sera donc au courant. Mais si jamais tu retentes ne serait-ce qu'une seule fois de t'en prendre à Emily, j'aurais l'immense satisfaction de poser ce sujet à la prochaine réunion… puis dans le bureau du Directeur lui-même, achève-t-il, aussi poliment tranchant qu'il a débuté, son regard sombre fixé dans celui de Cindy qui n'en mène pas large.

-Elle vous a tous ensorcelés, cette sa…, commence-t-elle, la bouche tordue dans un rictus pas très élégant.

-Biiip ! m'exclamais-je en lui lançant mon trognon en pleine face.

-Lena a raison, pas d'injure, commente posément Jared, avec un sourire amusé.

Cindy, la démarche furieuse mais fière, se dirige vers la Grande Salle, en nous contournant, sans plus un regard. Le mien glisse sur le trognon qu'elle a laissé au sol. Ben, dis donc, c'est des manières, ça ? Je le ramasse et le lance sur Cindy qui, quand le détritus de fruit rebondit sur son crane, se fige.

-C'quoi ça ? On pollue Poudlard ! Tss !

-10 points en moins pour Gryffondor, Cindy.

xOxOxO

Il doit bien y avoir un livre, dans ce rayon, sur la révolte des Gobelins de… euh… c'est quelle année, déjà ? Je me masse la nuque, essayant de me souvenir. Puis, je me ronge un ou deux ongles. Ça veut pas venir ! Bon, comment je fais ? Jared et Allan vont me tuer si je reviens pour leur demander la date alors que ça fait une trentaine de fois qu'ils me refont le scénario de cette révolte… Je pousse un profond soupir. Je crois bien que ça finissait par un huit… puis dans les années 1300… ou peut-être bien que c'était plutôt dans les 1700… Bon, allez, faisons au milieu ! Dans les 1500 ! Voyons ce qu'on peut trouver dans les révoltes des Gobelins en 1500… les années, en huit…

Oh, parfait ! Ça fera l'affaire ! En plus, le livre est rouge et doré –Gryffondooooor !-, c'est bon signe ! J'allais m'en retourner, très fière de moi, à la table où m'attendent mes deux Serdaigle d'amis quand une chevelure châtaigne accrocha mon regard. White. Je fais la moue, agacée. Je la vois partout, c'est pas possible… bon, si c'est ça, autant aller lui rendre une petite visite.

Je m'assois en face d'elle qui recopie son brouillon avec ce sérieux que je n'arrive jamais à avoir. La dernière fois que j'ai essayé d'être la plus concentrée possible, le prof a distribué des copies de mon devoir à ses Premières Années pour leur donner un exemple de parfait hors sujet, de syntaxe pourrie et d'orthographe… très originale. Alors, maintenant, je m'abstiens. Quand elle lève son regard vers moi, il s'y éveille une lueur de peur et elle n'ose plus bouger. Je soupire. Sa phobie commence à me lasser… c'est bon, je l'ai jamais frappée, faut pas exagérer.

-J'te ferai rien, maugréais-je avec humeur.

-Tu sais, Lena, je suis…

-Désolée ? Ouais, je sais, tu me l'as écrit… j'sais pas combien de fois mais pleins.

J'ai un stock impressionnant de lettre d'excuse… en état de cendre, dans la cheminée de la salle commune.

-Mais je m'en fous, poursuivais-je. J'aime Jeremy et c'est pas juste.

Elle ne répond rien.

-Bref ! repris-je, avec plus d'entrain et souriante. J'ai eu une idée pour rendre tout ça plus juste ! Un bras de fer !

-Comment ? s'étonne-t-elle, en battant de ses longs cils.

-Quoi ? Tu connais pas ? Oh, c'est simple ! On s'met en face sur une table –comme on est là-, on s'prend la main bien fort, on pose le coude et… celui qui arrive à plaquer la main de l'autre sur la table a gagné ! exposais-je.

-Oh ! Et quel est l'enjeu ? fait-elle, curieuse.

-J'ai pensé à Jeremy, bien sûr… mais bon, y'va pas être d'accord, j'suis sûre donc, bon…, bougonnais-je en faisant la moue. Alors, si je gagne, j'aimerais que tu lui demandes pourquoi il est avec toi et pas avec moi. Il veut jamais me répondre ! Et si tu gagnes… ce que tu veux !

Elle se mordille la lèvre inférieure et une moue d'excuse se peint sur son visage.

-Je suis désolée mais… ça ne m'a pas l'air honnête…

-Hein ? m'enquis-je, plissant le regard, menaçante. Qu'est-ce qu'est pas honnête ? C'est lui qui veut pas me répondre, même pas m'expliquer ! J'demande juste qu'on me dise pourquoi !

-Ce serait le tromper, souffle-t-elle, les larmes perlant à ses yeux.

-Mais pourquoi tu chiales ? m'enflammais-je en me levant, rageuse. Tu m'énerves !

A mon mouvement de colère, ses larmes redoublent et des sanglots la prennent. Je bouillonne. Je lui demande de cesser de pleurer, essayant de ne pas m'énerver plus, et à chaque fois, ça devient pire… et j'ai les nerfs à fleur de peau. Pourquoi faut-il tout le temps qu'elle pleure quand je lui parle ? Elle ne comprend pas que je ne supporte pas ça ?

-Lena ! gronde une voix derrière moi.

Je me retourne et me retrouve face à Jared et Allan. L'un a la mine sombre et sévère, l'autre a l'air particulièrement énervé.

-Qu'est-ce que tu lui as encore fait ? claque Jared.

-Rien ! Je lui ai juste proposé de…, commençais-je.

-Yen a marre, Lena ! grince Allan. Laisse-la maintenant ! Ça a assez duré ! Handon, il ne veut pas de toi, c'est pourtant clair ! Tu comptes les harceler combien de temps encore, lui et sa copine ? Tu comprends pas que ça tourne à la psychose, ton affaire ?

-Je l'aime ! m'écriais-je, blessée et une boule se formant dans ma gorge.

-Mais pas lui, bordel ! hurle-t-il.

-Tu n'avais déjà aucune chance au début mais là, ça ne fait que se certifier, décrète Jared, sans l'ombre d'un sourire. Tu prônes l'esprit du sport mais depuis que tu t'es entichée de Jeremy, ton attitude reflète tout le contraire. Il faut que t'acceptes la défaite, Lena, c'est le mieux pour toi. T'as perdu, il faut te faire à cette idée.

Figée devant eux, j'ai l'impression qu'un marathon s'est déclenché dans tout mon corps, que l'on piétine mon cœur, mon cerveau, mes intestins. Je suis face à leurs regards froids et j'entends encore les pleurs de Mary, derrière moi. Je suis allée trop loin. Trop loin, beaucoup trop loin. Ils ont sans doute raison. Ils ont toujours raison. Peu importe ce que je ressens, peu importe le pourquoi du comment, Jeremy a choisi Mary et moi… moi, personne ne m'a choisie. Et c'est comme ça. Bonne perdante. Sois bonne perdante. Si tu loupes ton shoot, c'est de ta faute, il ne faut s'en prendre qu'à toi-même… Si tu loupes à panier… Si tu craches sur l'arbitre… c'est le sport.

La bibliothécaire arrive à la suite des élévations de voix mais je n'écoute pas les remontrances qui vibrent dans la sienne. S'il faut que je perde, je préfère perdre ailleurs que dans une bibliothèque. Au pas de course, je contourne Jared et Allan qui ne disent rien pour l'arrêter et sors de ce lieu qui ne me va pas. Qui ne m'est jamais allée, moi qui n'ai que le sport, nulle pour toute autre chose. Et surtout les relations amoureuses. Aimer sans être aimée, ça m'allait mais au bout d'un moment, ça pèse. Je dévale les escaliers, sautant les marches quatre à quatre, les larmes me brûlant les yeux. Quand je pense que la dernière fois que j'ai pleuré, j'avais huit ans… et ma mère mourrait. J'aimerais bien avoir un conseil, Maman. Comment on fait pour perdre dans la vraie vie ?

-Lena ? Oh, Lena, attends ! s'écrie Sean que je croise à un couloir.

Mais je ne m'arrête pas. Je n'ai pas envie qu'on me répète les paroles de Jared et Allan. Une fois m'a suffit, j'ai saisi. Il faut juste que… j'encaisse et après, je reviendrais et ce sera bon, j'aurais accepté. Je ne regarderai plus Jeremy, je ne dirai plus rien à Mary mais je resterai la même. Celle qui se prend les râteaux mais les accepte, habituée. Qui ne tente rien n'a rien mais quand on tente, on a quoi ?

Je traverse les vestiaires des filles, toujours ouvertes de l'extérieure et débarque sur le terrain de Quidditch. C'est ici qu'on gagne et qu'on perd. Aujourd'hui, je perds.