Coucou les gens,
Ayant des DS demain matin toutes les deux, on publie plus en avance ;) On remercie nos quelques revieweuses du chapitre dernier, merci les filles ! (qui seront se reconnaitre !)
Sinon, vous avez les biographies des nouveaux personnages qui apparaissent dans ce chapitre sur le blog, à la suite de celle de Nikolaï + un dessin de my Sunshine sous le premier ;) Mettez vous en plein la vue !
Bonne lecture !
Chapitre 29 : Give me my mum !
Le mot est sorti tout seul, comme une prière, comme un cri. Ils sont restés. Parce que je ne pouvais pas affronter le mutisme de papa, l'effondrement de Laïko, les questions de Piotr, toute seule. Parce que porter à bout de bras la maison menace de me faire craquer. J'ai besoin d'eux. Ils sont les seuls personnes qui m'aiment et me soutiennent en dehors de ma famille. Mon foyer vole en éclats. Sans eux, je ne peux pas m'en sortir. Ils sont comme une bulle d'oxygène. Comme le feu dans la cheminée. Ils amènent de la vie qui s'étouffe entre les murs de notre maison.
J'ai mis notre lit de camp dans ma chambre, entre mon matelas et celui de Piotr. Harold et Lena ont prévenu leurs parents. Je ne sais pas ce qu'ils ont dit ni combien de temps ils resteront mais je ne veux pas envisager leur départ. Maintenant, alors que la maison dort, que Nikolaï qui partage son lit avec moi est profondément endormi, je peux enfin relâcher la pression de mes épaules. Je peux enfin fermer les yeux pour me faire engloutir.
A cet instant j'ai l'impression d'étouffer d'un trop plein de larmes refoulées. De regrets et de douleur muette. La perte de mon violon se fait plus cruelle. Spencer m'a arraché mon mode de communication, mon mode de soulagement. Pourtant c'est dérisoire. Maman a été emmenée. Loin de nous. Par une ambulance blanche, par des gens en blanc. Alcoolique. Instable. Folle. Chacun des mots chuchotés dans ma tête me provoque de violents frissons. Les images défilent à un rythme saccadé. Maman le jour de notre départ de Saint Petersbourg, son visage ravagé par les larmes, ses jérémiades dans le train. Maman, le jour de notre emménagement ici, faible, effacée. Maman le jour de son opération, fébrile, apeurée. Maman après. Les crises, l'alcool, les hurlements. Et son rire, son rire déformé, devenant monstrueux, effrayant. Ses yeux perdus dans ses souvenirs. Ses doigts fuyant le piano. Ses pleurs.
Je me relève brusquement, posant mes pieds sur le plancher froid pour calmer mes tremblements. Mais ça ne fait qu'empirer. Il fait froid. Froid comme la solitude de papa dans la chambre au bout du couloir. Je délaisse le lit, reposant la couverture sur le corps de Nikolaï. Je ne peux pas lui parler, le réveiller, pleurer. Je dois être forte, ne pas lui demander de m'aider alors qu'il est perdu. Qu'il compte sur moi. Enfumé par ses cigarettes et ses pleurs cachés derrière ses cheveux blonds cendre. Il a besoin de me savoir forte pour deux.
Je traverse le couloir, rentre dans ma chambre pour retrouver à l'aide des rayons lunaires les silhouettes couchées de Lena, Spok et Piotr. Les lits de mes amis sont collés l'un contre l'autre. Je me glisse sur les matelas conjoints. Me recroqueville sur moi-même, m'accrochant au t-shirt Star Wars d'Harold, me collant contre son torse mince pour y trouver de la chaleur. Lena marmonne dans son sommeille et roule contre moi, ses bras m'enserrant brusquement. Son nez se niche dans mon dos. Son souffle brulant caresse ma peau glacée. Atténuant mes tremblements.
« Emi ? souffle Harold dans le noir.
- C'est moi…
- Tout va bien Princesse ? ses mains retrouvent mes joues.
- Maintenant que vous êtes là, je réponds en me lovant contre lui. Oui.
- On partira pas Milou, fait Lena par-dessus mon épaule. On te laisse pas.
- Jamais, appuie Spok. Promis, juré.
- Craché ! continue Maddy en caressant mes cheveux.
- Merci, ma voix s'étrangle, Merci… »
Ils ne répondent pas mais m'enlacent en même temps. Je me roule en boule entre eux, apaisés par leurs bras autour de moi. Mes yeux se ferment, bercés par leurs respirations profondes. Dans mes rêves, le salon bleu de Saint Saint-Pétersbourg résonne de rires et de mélodie. Et maman sourie, de son sourire d'autrefois que je veux garder comme unique. Celui qui me dit qu'elle m'aime, qu'elle ne veut que mon bonheur. Et que jamais elle ne m'abandonnera.
Ce sourire qui n'a pas tenu ses promesses.
OoOo
J'y suis. Il n'y a pas le moindre doute, c'est le bon endroit. Reconnaissable par son odeur proprette de menthe et de médicaments au goût de plâtre. Tout est blanc, et vide. Vide comme les sourires des infirmières, comme leurs regards cernés que le fond de teint ne rend pas plus frais. Je lis le nom de celle, petit et boulotte qui me lance une expression amicale. Christelle Karns. Est-ce que c'est vous, Christelle, qui vous occupez de maman ? Est-ce que c'est vous qui l'abrutissez de piqures pour la faire taire ? Est-ce que c'est vous qui êtes venue la chercher pour me l'arracher ?
« Bonjour, me dit-elle aimablement, vous désirez un renseignement miss ?
- Je viens voir Natacha Bolkanski, je réponds.
- Ah, son sourire se fane un peu, vous devez être sa fille. Emily c'est ça ?
- Oui, j'hoche la tête.
- Suivez-moi, je vous pris, elle m'entraine dans le couloir étriqué et bleu ciel, elle parle beaucoup de vous vous savez.
- Ah…
- Elle vous appelle souvent, enfin quant elle parle en anglais, continue-t-elle, c'est gentil d'être venue la voir.
- C'est ma mère. »
Christelle me sourie en réponse, je l'ignore jusqu'à ce qu'elle s'arrête enfin devant la porte trente-cinq. Elle me lance un regard compatissant qui me laisse de marbre. Elle actionne la poignée et je retiens imperceptiblement ma respiration, serrant mes poings cachés dans les poches de mon manteau. Je fais le premier pas dans la petite chambre. Un lit simple en bois, une table, où trône un bouquet de tulipes roses, et une chaise en métal. Une fenêtre à barreaux. Comme en prison.
« Bon eh bien je vous laisse, fait Christelle, si vous avez besoin de quoique se soit je suis au bout du couloir Emily.
- Merci. »
La porte se ferme. Je pose silencieusement mon manteau sur le dossier du siège. Elle suit le moindre de mes gestes, comme un papillon attiré par la lumière. J'ose enfin croiser son regard bleu. Il est vide. Comme l'est cette pièce, ce long couloir, ce hall d'entrée, ce bâtiment. Vide. Vide de raison, vide d'affection. Elle ne semble pas me reconnaitre, se balançant machinalement d'avant en arrière, assise sur le bord du lit. Me fixant sans me voir.
Ses cheveux blonds sont sals, remontés en un chignon sur le sommet de son crane. Dévoilant de larges et longilignes marques rougeâtres et bleuies. Sa bouche, tout comme la moindre parcelle de peau, est exsangue. Figée dans une expression abrutie. A mi chemin entre les vivants et les morts.
« Maman ? je murmure doucement en russe,maman ? C'est moi, Emily. Je suis venu et te voir… »
Ma voix lui provoque un léger tressaillement. Ses paupières papillonnent, comme pour réveiller son esprit et reprendre contact avec la réalité. Je tends ma main vers la sienne, la glisse entre ses doigts qui se referment brusquement sur les miens. Elle ouvre la bouche, sa voix est enraillée. Laide.
« Emily ? Ma chérie ? C'est toi ? C'est vraiment toi ?
- Oui maman, je gémis douloureusement, c'est moi. »
Son regard s'adoucie alors qu'elle s'accroche à mon poignet pour me rapprocher d'elle. Ses bras me serrent contre sa poitrine. Sa tunique blanche et bleue sent le désinfectant. Sur sa peau, le plâtre et la menthe ont remplacé l'odeur des fleurs d'oranger et de vodka. Ses bras sont maigres et livides. Ses doigts dans mes boucles sont décharnés et fébriles. Elle me tâte de partout, éclate en sanglots. Son sourire n'est pas doux. Il est hystérique. Les pleurs sont violents, me broyant la poitrine. Je tente de la calmer en la berçant contre moi.
« Tout va bien maman, je murmure, tout va bien aller maintenant.
- Oh ma chérie, mon ange, mon bébé, geint-elle en plantant ses ongles dans mon dos m'arrachant un cri de surprise, pourquoi vous m'avez laissé ? Pourquoi sont-ils venus ? On était pourtant heureux ensemble ! Ils ont caché les bouteilles ! Ils sont méchants.
- C'est pour ton bien maman, je souffle. Après tout ira bien…
- Non ! Non ! Il faut aller leur dire mon bébé ! s'écrie-t-elle en m'étouffant presque, j'en ai besoin ! Ils ne comprennent pas combien j'en ai besoin !
- Non maman, je suis désolée, je réplique fermement.
- Tu es méchante ! Tu ne m'aimes pas ! Toi aussi tu ne comprends pas ! se lamente-t-elle en me repoussant brutalement.
- Maman… »
Je me rapproche lentement d'elle, elle tremble. Ses yeux roulent dans leurs orbites. Je déglutie difficilement en apercevant sur ses poignets deux bandages blancs, cachant sans doute les entailles et le sang séché.
« Laisse-moi ! hurle-t-elle violemment, où est Nikolaï ? Pourquoi ne vient-il pas ? Il comprendrait lui ! Il est le seul à comprendre !
- Non maman, non…
- Tais-toi ! Tais-toi ! TAIS-TOI ! crie-t-elle en bondissant sur ses pieds pour me toiser. Tu ne m'aimes plus ! Tu nous as abandonné en allant à cette école ! Tu nous as oubliés ! Tu as oublié notre maison !
- Non maman ! je proteste en me levant,c'est faux ! Tu le sais que c'est faux ! Je t'aime !
- Tais-toi ! Tu les as laissé m'enfermer ! crache-t-elle, tu les as laissé faire ! Tu as tout manigancé avec ton père !
- Maman…, je souffle en tentant de caresser ses joues, calme-toi.
- Ne me touche pas ! »
La gifle part et marque mon visage. Je ne détourne pas les yeux, la fixant désespérément. Essayant de chercher dans son regard son amour. Mais il est vide. Tellement vide.
« Natacha ! s'écrie Christelle qui déboule dans la pièce pour attraper sa main qui se lève à nouveau. Arrêtez-vous ! C'est votre fille ! Calmez-vous !»
Soudain, elle semble se détendre un peu, perdue. Cherchant mon regard fébrilement. Je sens une main étrangère me tirer vers la sortie. Elle hurle alors, elle se débat. Je reste muette. Chaque cri est un poing dans mon estomac. Faisant remonter mon ventre dans ma gorge, me donnant la nausée.
«Je suis désolée ! Mon bébé ! Reviens ! Reviens ! Ne me laisse pas ici ! Je t'en pris ! Non ! Rendez-moi mon bébé ! Laissez-moi ! Emily ! EMILY ! Ne m'abandonne pas ! EMILY ! Je t'en supplie ! Je suis désolée ! Emily, je t'en supplie ! Emily ! PITIE ! Emilyyyy ! »
La porte se ferme en un claquement sec. Je ne respire plus. Tout est blanc comme du coton. Tout est agressif, comme de la laine de verre. Les battements de mon cœur son lointains. Lents. La tête me tourne, les hurlements m'atteignent de plein fouet. Les suppliques désespérées me brisent la poitrine.
« Est-ce que ça va Miss ? demande l'infirmier en me tendant mon manteau. »
Je l'enfile, tourne les talons et court jusqu'à la sortie. Éclatant en sanglots avant d'avoir pu franchir le hall d'entrée.
« Miss ? »
OoOo
Je ne sais pas comment je suis arrivée à revenir à la maison. Je n'ai pas transplané. Je me suis terrée dans un coin d'un bus où j'ai pu pleurer tout mon soûl. Reniflant et gémissant sous les regards intrigués de parfaits étrangers. Où aucun de mes proches n'a pu me voir m'effondrer. A ressasser les paroles de maman dans mon esprit, à accepter sa déchéance. Jamais, plus jamais elle ne reviendra chez nous. Plus jamais elle ne retrouvera le chemin du piano. Ma mère dépéri dans cette chambre trop propre. Ma mère n'existe plus.
Je serre contre moi mon manteau, frissonnant sous la caresse du vent froid de février. Hébétée, abrutie par les larmes, j'ouvre lentement le portail de la maison. Dehors, l'échelle est sortie et sur le toit les tuiles ont été remises en place. Ça sent la peinture, le pot est encore ouvert et les pinceaux sont abandonnés sur la barrière à moitié repeinte.
A l'intérieur règne un silence de mort. Mes pas font grincer le plancher. Je pose mon manteau, ceux de Niko, Lena, Harold et Piotr ont disparu. Tout comme leurs chaussures. Je monte dans la salle de bain, m'accroche au lavabo pour me dévisager. Mes yeux sont translucides, tranchants comme la lame du rasoir que Niko et papa ont momentanément oublié ses jours-ci. Mes cheveux sont négligés et secs, pendant le long de mes épaules sans grâce. Ma peau est si pâle qu'on dirait un cadavre, de gros cernes s'étalent sous mon regard. Je passe de l'eau glacée sur mon visage. Comme pour immerger ma douleur et pouvoir à nouveau faire face.
Lorsque je sors, ma tête est lourde, bourdonnante. Je me dirige vers la chambre du fond, ouvre la porte pour voir papa assis sur le lit, les yeux perdus dans le vague, du côté du matelas réservé à maman. Je viens me poser en face de lui, cherchant son regard gris. Doucement je me penche et l'enlace.
« Elle ne reviendra pas, souffle-t-il d'une voix amorphe.
- Je sais. »
Alors nous nous levons, il va chercher les cartons. J'ouvre la penderie. L'odeur maternelle me soulève le cœur et déchaine ma respiration. Ce sont ses gilets, ses jupes, ses robes, ses pantalons. Ce sont ses affaires que l'on range petit à petit dans les cartons humides. Papa éclate en sanglots lorsque que sors le pull en cachemire bleu qu'elle préférait. Je sens les larmes couler sur mes joues, sans que je puisse les arrêter. Papa caresse mon dos, m'incitant à me laisser aller. Il va chercher ses bijoux, me tend la petite boite rose.
« Elle te les aurait donné.
- Non…, je siffle en reculant.
- Mon ange, c'est à toi, il la pose sur mes genoux. Prend-la »
On monte les cartons au grenier. On n'inscrit rien dessus. J'ai l'impression d'enterrer maman. Je redescends derrière lui. Un pâle sourire se dessine sur ses lèvres, le pas est fait. Il me propose un chocolat chaud. J'acquiesce, la gorge nouée. Je m'arrête devant le bureau. La porte est ouverte. Le piano est là, dressé comme une relique du passé. Je pose doucement mes doigts sur les touches. Le son est clair. Je m'arrache vivement à lui, comme brûlée. A la place réservée à mon violon, il n'y a qu'une fine couche de poussière. Le visage satisfait de Spencer m'apparait et me glace le sang. Je ferme vite la porte pour filer dans ma chambre.
Dans mes mains, le pull préféré de maman que j'hume pour m'enivrer de son parfum qui meurt doucement. Ça me fait plus de mal que de bien. Mes jambes tremblent, je me laisser glisser sur mon lit, ouvre la boîte à bijoux. Des bracelets en perles, quelques médaillons, peu de bagues –gênantes pour jouer du piano selon maman-. Il n'y en a qu'une, en argent. Sa bague de fiançailles. Une petite pierre brillante est logée dedans. Je glisse la bague à mon doigt. Sans savoir vraiment pourquoi. J'enfile lentement le pull en cachemire bleu. D'une douceur qui a disparu. Je recouvre mon visage de mes mains, pour effacer de ma mémoire ses suppliques, ses insultes, ses hurlements de tout à l'heure. Mais ils remontent dans ma gorge, me donnant envie de vomir.
Des coups secs me font lever les yeux sur la fenêtre. Je tombe nez à nez avec un hibou frappant le carreau. Je fronce les sourcils, c'est peut être Dumbledore vue la boite de chocolats que transporte le grand duc gris. Je détache la lettre et le paquet avant de plonger ma main dans le sac de graine de Speedy pour lui en tendre. J'essuie mes yeux, mais ne reconnaît pas l'écriture. Je la décachète, intriguée.
J'écarquille les yeux avant d'éclater en sanglots violents en lisant la signature. « En espérant que tu vas bien, Jared. » Je me recroqueville sur-moi-même, me laissant glisser sur le lit. Sans comprendre l'hystérie qui me secoue. Mon silence hurle. Non ! Non ! Ça ne va pas ! Rendez-moi ma maman ! Rendez-la-moi !
Je n'essaye même pas de lire la lettre, qu'importent les mots. La simple présence de ce papier de la part de Jared m'apaise et me déchaine. J'avale un à un les chocolats. Tarissant peu à peu les pleurs. Mais pas le manque.
OoOo
« Amusez-vous bien, et pas de conneries c'est clair ?
- Vous inquiétez pas ! assure Lena à mon père. On va bien s'amuser ! »
Je suis un peu plus réservée mais ne la dissuade pas. J'aime son entrain et sa bonne humeur. Bras dessus bras dessous avec elle, Nikolaï et Harold nous descendons la rue principal de notre hameau pour rejoindre Haworth et son pub où quelques amis à Laïko nous attendent pour une partie de babyfoot. Histoire de nous changer les idées. Niko a malencontreusement perdu son paquet de cigarettes, ce qui le rend plus réactif et à vif mais aussi nettement plus vivant. Ce matin, il s'est rasé et a échangé plusieurs répliques acerbes avec Lena et Spok. Il revient peu à peu lui aussi.
Au grand bonheur de Maddy, il y a peu de filles, seulement Gaëlle et Mariam. Je reconnais Bill, le meilleur ami de mon frère, et Josh. C'est un petit comité qui nous accueille joyeusement sans la moindre pitié ou compassion. Les autres clients nous dévisagent, les mots « communiste russe » sont sur leurs lèvres. Les présentations et commandes faîtes, je me glisse près de la fenêtre donnant sur la petite ruelle adjacente à la fameuse maison des sœurs Brontë, de grandes auteurs anglaises du XIXème siècle. J'ai quelque livre d'elles sur mes étagères, il faudrait que je songe à les ranger un peu.
J'observe du coin de l'œil Lena et Niko provoquaient en duel Josh et Mariam au babyfoot. Je remarque le regard de cette dernière sur mon frère, tiens… J'en connais une qui aimerait bien que Laïko s'intéresse un peu plus à son décolté plutôt qu'aux gesticulations de Maddy. Je souris, dissimulant mon amusement derrière mon verre de Coca –que je peux boire en toute tranquillité vue que Lena ne semble pas pressée de revenir, trop occupée à rigoler avec mon frangin-. Une idée germe alors dans mon esprit. Ils formeraient un joli couple…
« Alors, Emi, m'apostrophe Bill à ma gauche, tu deviens quoi ? Ça fait longtemps qu'on t'avait pas vu par ici.
- Ben tu sais, l'internat tout ça, je réponds évasivement.
- Tu étudies quoi ?
- La musique,je réponds avec fermeté.
- Ah ouais ! Niko m'a dit que t'avais postulé pour le Conservatoire de Londres ! Alors ? Tu es prise ?
- J'en sais rien, les résultats seront donnés après les vacances…,je souris doucement.
- De toute façon, c'est dans la poche pour toi ! J'me souviens bien de Noël dernier, t'avais joué du violon dans l'orchestre du village. Et t'étais la meilleure, il me fait un clin d'œil auquel je souris de remerciement. »
Harold en face de moi, arque un sourcil suspicieux. Et me lance un regard éloquent que je ne comprends pas du tout. Ben quoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
« Au fait, Emi… je dois aller acheter le cadeau pour Niko, souffle-t-il honteux, tu veux bien venir avec moi ? J'ai pas d'idées…
- Bien sûr, j'hoche la tête en me levant pour enfiler mon manteau,il faut que je passe prendre un coli à la poste aussi au passage.
- Aucun problème, me sourie-t-il.
- Emi, grince Spok.
- Quoi ? je demande étonnée.
- Non, rien,soupire-t-il. »
Mais son regard noir en direction de Billy me laisse perplexe. Quoi ? Bill est cool, qu'est-ce qui lui prend ? Je sourie à Harold qui grommelle quelque chose que je n'entends pas avant de sortir dehors en enfonçant mon bonnet sur ma tête.
« Ya le dernier single des Rolling Stones qu'est sorti, je propose.
- Ah oui ? s'étonne-t-il.
- Oui, oui, il nous en parle depuis des semaines ! j'assure en l'entraînant à ma suite, on y va ?
- Je te suis. »
OoOo
« Quoi ? je fais, agacée.
- Rien, rien, sourie Niko narquoisement.
- Crache le morceau Laïko, je réplique -toujours en russe d'ailleurs, au grand dam de Lena qui a décidé de faire la conversation en espagnol à Harold pour se venger-.
- Comment ça c'est passé avec Billy ?
- Avec Bill ? je répète interloquée.
- Oui… Oui… J'ai bien vu votre p'tit jeu là, on m'la fait pas à moi, ricane-t-il ravi.
- Mais t'es malade, j'écarquille les yeux, Bill est juste…
- Juste ? un sourire lui dévore les lèvres, il est cool et ouvert, hein ? Et gentil n'est-ce pas ? Et célibataire en plus…
- Euh oui…,comprenant tout à coup l'insinuation en levant les yeux au ciel. Occupe-toi plutôt de ton problème à toi.
- Quel problème ?
- Tu ne vois pas ? Allons… Que fais-tu de ton obsession pour Lena,je lâche par-dessus mon bol de céréales.
- Qu… QUOI ?
- Tiens, tout de suite tu vois très bien ce que je veux dire, je le taquine.
- Bon ça va hein,grommelle-t-il, elle me plait, t'es contente ?
- Ben franchement, c'est pas à moi qu'il faut le dire.
- Hum. »
Son regard se porte sur Lena et son grand sourire d'incompréhension tandis qu'elle tartine de marmelade son pain. Un sourire amusé glisse sur le visage de Niko qui rapporte alors son attention vers moi.
« Elle est libre ? J'veux dire…, marmonne-t-il, célib ?
- Absolument, je sourie.
- Et tu crois qu'elle voudrait que…
- Aucune idée…
- D'accord… Et… Et si tu allais lever Piotr ? demande-t-il alors, le plaisir éclatant dans son regard.
- De suite Laïko! j'acquiesce en hochant de la tête. Bonne chance. »
Et je me lève pour les abandonner sur la table de la cuisine, lui se tournant vers elle qui l'observe, intriguée.
Une petite review ? :D
