Coucou les gens ! :D

Wow déjà le 35ème chapitre ! Que le temps passe vite .. BREF on arrête la séquence nostalgie pour vous remercier de vos reviews fidèles et aussi pour vous souhaite une bonne rentrée (moins réjouissant du coup !)

Bonne lecture,

Cameron : Oooh c'est trop adorable qu'on soit un réconfort *O*. Qui a dit que Mary et Jeremy avait rompu ? Lol c'est vrai que le titre pouvait porter à confusion ;) Non mais c'est ça, Lena reste Lena quoi qu'il arrive c'est comme si on mettait Cindy en ange, elle resterai Cindy XD Un vrai gentleman ce Jared, un compliment pour les deux filles ;) Où est Emi ? Le chapitre qui suit répondra à cette interrogation héhé ! Pourquoi ce serait toujours la faute de Cindy ? Rho quel préjugé ! xD Je comprends vraiment pas pourquoi hein.. Je suis d'accord, Lena est très fragile aussi sous son aspect bête de décoffrage (bien que le terme soit un peu dure je trouve -") Oui on a déjà une fic en tête et l'écriture est en cours si tu veux savoir ;) Productives n'est-ce pas ? c'est vrai que Parasite a un message c'est ça qui fait sa force je pense.. :) *o* et nous on adoore te lire :D Bon Week end !

PS : News sur le blog, suite à une demande de Cameron, les photos des filles au concert et un p'tit "bonus" sont en ligne sur le blog au dernier article !


Chapitre 35 : Crescendo

Je souris doucement, elle est très belle. Lena fronce les sourcils en se tortillant dans le miroir pour dévisager son reflet qui lui ressemble étrangement sans pour autant la représenter. Ses longs cheveux m'ont donné du fil à retordre, j'ai vite compris qu'ils ne connaissaient pas beaucoup de soins alors qu'ils sont pourtant très beaux. Heureusement que j'ai lu quelques magasines sorciers pour avoir des sorts permettant de lustrer et de donner une teinte lumineuse. Si ça a toujours été un échec pour ma tignasse bordélique, ça a marché pour Lena et ses cheveux fins qui cascadent harmonieusement dans son dos. Je n'ai pas trop maquillé son visage, Maddy n'a pas besoin de mascara ou d'une couche de font de teint, elle est belle naturellement. Elle a des traits harmonieux, et un corps bien découpé que la robe dévoile discrètement et élégamment – faut dire que je l'ai un peu rafistolé aussi.

« Elle est très en beauté ce soir, fait remarquer Mary qui s'échauffe la voix alors que Dicksen est parti chercher le violon. Ça lui va bien les cheveux détachés.

- Oui, j'hoche froidement la tête. »

C'est clair, Lena ce soir égale même Cindy, et Mary ne lui arrive pas à la cheville malgré son chignon et sa robe qu'elle a recousu -surement mieux que moi- pour qu'elle épouse mieux ses formes.

« Mais toi aussi tu es très jolie ce soir, s'empresse alors White. Je ne voulais pas dire que…

- C'est bon, je lâche en souriant discrètement, pas la peine.

- Je suis désolée, gémit Mary. Je ne voulais pas t'oublier hein mais…

- Arrête, je m'agace, je m'en fiche de ma tenue. »

Et royalement même vue le peu de temps que j'ai passé à me préparer, au total dix minutes en comptant la recherche de cette robe noir qui me fagote mal, - elle baille dans mon dos. Logique c'était une taille unique. Mes cheveux… est-il nécessaire de parler de la bataille acharnée que je leurs ai pas menés ? Ils sont en désordre, ça part dans tous les sens, sans la moindre harmonie. J'ai vraiment fait aucun effort. A quoi bon, de toute façon, je ne compte pas m'éterniser ici. J'ai même pas osé jeter un regard dans le miroir, -de toute façon j'étais trop occupé à m'afférer autour de Lena- mais je suis sûre de ressembler à un épouvantail ou un clown.

Je glisse un coup d'œil à Mary dont la lèvre tremblote de façon piteuse alors que les larmes pointent au coin de ses paupières. Elle va pas se mettre à pleurer parce qu'elle m'a « oublié » quand même ? Cette fille est pas croyable, j'ai dit que je m'en fichais de ressembler à Cruella d'enfer !

« Euh, Mary, c'est bon, ça fait rien, je soupire. Je t'en veux pas.

- C'est… C'est pas ça, geint-elle en s'essuyant le visage.

- Qu'est-ce qu'il se passe alors ?

- Emilyyy… C'est Jeremy, elle éclate en sanglots en s'appuyant sur moi, il m'a quitté.

- Pardon ? je m'exclame en écarquillant les yeux.

- Mais moi je l'aime encore ! continue-t-elle, pourquoi il veut plus de moi ? »

Parce que t'es un peu gourde ?

« Euh… Je sais pas, je marmonne. C'est bizarre un mec tu sais…

- Quand on aime, continue-t-elle, c'est bien pour être aimé en retour ! Sinon c'est trop cruel ! »

A qui le dis-tu… Le problème White, c'est que la vie c'est pas un conte de fées. Les princes font grèves et marraine la bonne fée est à la retraite. Et l'amour à sens unique ça existe et hélas, ça fait très mal. Bienvenue dans le monde réel. Je grimace en silence, et lui tapote maladroitement le dos. Elle se reprend un peu avec dignité mais est toujours en train de chougnier. Je laisse mon regard fouiller la salle, Lena est en train de s'exciter avec Harold et Doug, Allan semble grognon, Jared un peu amusé et Sean et Conrad visiblement jouent à lui tirer les cheveux. Soudain, j'accroche la silhouette du batteur de Serpentard. Handon a lui aussi les yeux rivés sur Lena. Je reste un instant interloquée, ce n'est pas les yeux de quelqu'un qui s'étonne de la transformation de mon amie, ou qui s'en moque un peu. Ce sont des yeux qui dévorent littéralement les courbes de Lena, d'une façon qui ne me fait pas le moins du monde douter que si Handon a quitté White, c'est à cause de cette expression qu'il a quand il regarde Maddy. Et que je n'avais pas encore remarqué.

Est-ce qu'il en pincerait pour elle ?

Mes sourcils se froncent, je ne sais pas trop quel sentiment est le plus grand, la colère de le voir débarquer si tard, ou la petite joie de savoir que Lena finalement a gagné et va avoir la personne qui lui plait. Il aura fallu plus de six mois, des pleurs et le cœur brisé de mon frère qui s'emmure dans son mutisme boudeur… Mes dents se serrent, je détourne mon regard des élèves dont les conversations bruissent à mes oreilles comme les mouvements de tissus.

« Emily ! Vous êtes là, soupire de soulagement Dicksen en bondissant sur moi, Merlin soit loué ! Tenez, voici votre instrument ! J'espère que ça ira, il n'a pas été utilisé depuis longtemps.

- Ne vous inquiétez pas, ça ira, je mens.

- Bien ! Bon dans cinq minutes il faut être en place, hoche-t-il la tête, Mary ? est-ce que tout va bien ?

- Oui monsieur, sourie-t-elle le regard embué.

- Alors en scène ! »

Sans moi. White lui emboite le pas, il y a un mouvement collectif mais moi je reste clouée là sans bouger, le violon pendant au bout de ma main. Le grain du bois est différent de celui du mien. Sa couleur est plus foncée et il n'arbore pas mes initiales entrelacées dans son dos. Je dérive en direction des masses de personnes dans l'assistance et qui montent sur scène. Me noyant derrière elles.

La terreur revient enfin, celle qui m'a empêché de bien dormir cette nuit, celle qui m'a fait aboutir à la conclusion que je ne participerai pas au concert annuel du club de musique. Parce que je ne veux pas qu'on me voie, je ne veux pas qu'on se moque. Et puisque je sais qu'ils s'en fichent bien tous de ma prestation, pourquoi faire l'effort de jouer ? Aucun ne comprendra le sens qu'ont les notes, ni l'émotion qu'elles transportent lorsqu'elles dansent dans l'air. Tout le monde s'en fiche de la musique, ils tendront l'oreille sans rien percevoir de l'harmonie des sons. Comme a surement du le faire Jared en écoutant distraitement ma compo. A quoi bon se mettre en avant ? Je préfère l'intimité de la salle de musique. Là où personne ne me voie, où je suis en sécurité. Je raffermie ma poigne, non. Personne n'entrera dans mon monde. Spok et Lena sont les seuls à en avoir le droit, à comprendre. Ça me va très bien comme ça.

Je pose lentement mon violon contre le mur, tourne les talons. Discrètement je traverse la foule trop afférée à trouver son siège, évitant soigneusement Harold. Je passe le pas de la porte sans soulever le moindre regard, et lorsqu'elle se referme derrière moi un sentiment de liberté m'étreint. Et de solitude aussi.

Mais ce n'est pas grave, il y a la musique en moi, pour toujours.

OoOo

Les couloirs sont silencieux, les tableaux me regardent étrangement, s'étonnant de la présence d'un élève ici alors que le concert va débuter. Je les ignore royalement, rasant un peu les murs pour pourvoir traverser Poudlard sans me faire choper par un prof. Je grogne de mécontentement en sentant les talons hauts me meurtrir les pieds, je les retire et les mets sous mon bras alors que j'arrive aux pieds des escaliers. Je soupire, indécise de l'endroit où j'ai envie de passer la soirée à écouter. Le parc me parait désert, et le bruissement des feuilles qui renaissent sur les arbres me captive un instant. Décidée, je bifurque à droite. Soudain, une main agrippe mon bras. Je me retourne, étonnée.

« Milou ! Qu'est-ce que tu fais ? s'écrit Lena, les toilettes c'est pas ici !

- Les toilettes ? je répète.

- Quoi ? C'était pas une envie pressante ? fait-elle, mais qu'est-ce que tu fiches ici alors ? La scène c'est à l'opposé ! Tu t'es perdue ?

- Non, je sourie doucement en me dégageant de sa poigne, je sais très bien ce que je fais.

- Mais tu fais quoi ? s'étonne-t-elle. Tu viens pas jouer ?

- Non, je murmure sans baisser les yeux, je vais dans le parc, tu veux venir ?

- Mais… mais… Qu'est-ce qu'il se passe ? s'exclame-t-elle en me retenant par le poignet. J'comprends pas !

- Il n'y a rien à comprendre Lena, je ne jouerai pas. A quoi ça sert ? Tout le monde s'en moque, tu le sais bien. Toi-même tu n'aimes pas beaucoup ce qu'on prépare depuis le début d'année avec Dicksen…, je lui sourie, c'est pas grave Lena, je comprends très bien.

- C'est pas vrai ! rétorque-t-elle boudeuse, moi j'aime t'écouter pendant les répétitions, c'est vrai j'aime pas beaucoup ce genre de musique mais t'écouter, c'est super !

- C'est vrai ? mon regard s'illumine, Vraiment vrai ?

- Donc, tu vas sur scène et tu leurs montre à eux aussi ! Tu leurs fais voir ce que tu vaux Milou !

- Lena… Je m'en fiche de montrer ce que je vaux, je réplique, ce qui compte c'est que toi et Harold le sachiez, les autres n'ont pas d'importance.

- Dada a pas d'importance ? s'écrit-elle. Tu as composé quelque chose pour lui, Milou !

- C'est pas ce que je voulais dire, je baisse les yeux. Mais tu comprends lui, il…

- Et les autres aussi ont droit de savoir ! C'est ton match, remonte sur le ring, s'insurge-t-elle, fais le au moins pour que Roldy et moi, qu'on soit fier de savoir que tout le monde t'admire ! Rah, va leur montrer !

- Lena…, je souffle, touchée.

- Et puis si tu viens pas, Dicksen va faire une attaque, continue-t-elle en me trainant brusquement à sa suite, il a le cœur fragile j'suis sur ! C'est pour ça qu'il devrait se mettre à la course ! Ce serait pas gentil de le laisser tomber ! C'est par fairplay ! Alors, tu viens jouer !

- Lena, non ! je répète en tremblant alors qu'elle ouvre la porte en me tirant derrière elle, j'ai peur.

- Ça va bien se passer Milou, m'assure-t-elle en ébouriffant mes cheveux. »

Elle agrippe ma main et nous fait traverser la salle sans se préoccuper l'attention qui converge sur nous deux, je rougie et traine mes yeux au sol. En plus on est pieds nus. Je cherche fébrilement la silhouette d'Harold mais dévie aussitôt le regard, les amis de Lena me dévisagent aussi. Soudain, Dicksen est sur moi, et se retient apparemment de pleurer et m'enlacer.

« Emily ! Par merlin, que faisiez-vous ? Nous allons commencer dans une minute !

- Elle était aux toilettes, répond Lena. vous savez le stress…

- Vous n'avez pas à vous en faire Emily, réplique alors le prof, j'ai confiance en vous. Mettez vous en place, je vous en pris… »

C'est presque une supplique. Il parait complètement affolé, se tortillant ses ongles manucurés pour se détendre. Lena allée chercher son triangle me rapporte le violon, tout sourire. Je me crispe mais ne me dérobe pas. Mary et Zuerk, le duo de chanteurs, sont au devant de la scène. Je tente de me faire une place le plus loin possible du devant. Mais Dicksen ne l'entend pas de cette oreille.

« Mettez-vous devant Emily.

- Si ça ne vous dérange pas, je préférerai rester…, je commence en sentant poindre l'affolement dans ma poitrine.

- Vas-y Milou, me coupe Lena en me poussant en avant.

- Nooon, je supplie en m'agrippant à elle, s'il te plait…

- Emi, pas de discussion, j'ai dit devant, fait-elle avec autorité, comment tu veux qu'on te voie sinon ?

- Emily, vite, mettez vous devant, s'excite Dicksen qui revient vers nous après avoir vérifier l'ordre du chœur.

- Attendez, je…

- Allez Emi ! souffle Lena en me donnant une plus grande poussée en avant. »

Prise dans l'élan, je me retrouve bientôt à une hauteur proche, bien trop proche, du bord de la scène. Non ! Je lance un regard désespéré à Lena qui me montre du doigt mes chaussures que je tiens encore à la main. Je les enfile vivement, -je suis horrible ce soir mais au moins je suis chaussée- et c'est le temps qu'il faut à Dicksen pour se poster devant et dire quelques mots à l'assistance que je n'entends pas tant l'angoisse m'étouffe. Mon estomac remonte dans ma gorge, je sers l'archet à m'en faire mal. J'inspire profondément, essayant de mettre de l'ordre dans mes idées qui s'emballent. Mais je n'ai pas le temps de m'évincer, de fuir la lumière vive qui m'éblouit. Je voudrais retourner dans l'ombre, qu'on ne me fixe pas. Qu'on me laisse en paix. Mais maintenant ce n'est plus possible. Tout le monde me voie.

« Emily, souffle discrètement Dicksen d'une voix stridente, c'est à vous de commencer !»

Fébrilement je cherche son visage dans la foule, le trouve au troisième rang. Il y a un grand sourire sur ses lèvres. Le visage d'Harold détend mes doigts en un instant. Je peux presque sentir la chaleur du regard de Lena dans mon dos. Fais comme s'il n'y avait qu'eux, Emi. Fais comme si il n'y avait que toi.

Mes doigts effleurent les cordes, saluant l'instrument, comme on salue un vieil ami, que l'on a perdu de vue… Mais jamais oublié. Je sens la peur disparaître instantanément. Je pose ma joue contre la boiserie tiède du violon, et mes yeux se ferment. Mon univers m'engouffre. Ma respiration se fait profonde, apaisée et soulagée, comme si je venais de retrouver un membre de mon corps, un morceau de mon être. Avec lenteur, l'archet caresse doucement les cordes. Et le monde se dissous.

Tout devient si intense que j'ai du mal à respirer. Tout devient si profond que j'en ai le vertige. Il n'y a plus rien autour de moi, même plus mon propre corps. Il n'y a que la musique, et uniquement la musique. Mes doigts pincent les cordes, le chant du violon est grave, dur comme une souffrance. Une plainte désespérée. J'expire, et enchaîne, sans même y songer. Mon cœur bat plus fort alors que les notes montent. L'archet fait gémir des sons plus doux, plus clairs. Des sons libérés qui m'emportent, qui m'envolent. Plus loin que le reste des instruments. Plus haut que la voix de Mary White.

Mes doigts dansent, l'archet ondule, je perds la notion des barrières de mon propre corps. Je laisse la mélodie m'engloutir avec délectation. Ma respiration se calque fiévreusement sur le rythme. Il n'y a plus rien, juste la musique qui résonne dans ma poitrine. Chaque son que je créé appuie sur mon cœur, résonne en moi. M'invite plus profondément dans les méandres sonores des instruments et des voix qui s'entremêlent les unes aux autres. J'ai l'impression de m'éparpiller au grès des notes. Et pourtant je suis plus entière que jamais. Les mots n'existent plus.

A cet instant, un sentiment de grandeur m'envahit.

Je suis au-dessus de tout.

OoOo

« Tu as été géniale, Princesse. »

Harold me prend dans ses bras et embrasse le sommet de mon crâne avant de me dévoiler un sourire lumineux. Je niche mon nez dans son cou et respire à plein poumons son odeur qui a un goût de réalité. Les paroles ne sont plus nécessaires, lorsque je croise son regard je sais qu'il pense comme moi, à ce chemin qu'on a fait depuis ce début d'année où nous nous étions promis de devenir populaires. Ça n'a pas marché mais nous avons obtenus mieux, je songe, alors que Lena me bondit dessus dans un grand éclat de rires.

« Alors ? J'avais pas raison ? s'exclame-t-elle, fallait pas s'en faire, c'était super Milou !

Tu as bien respecté les temps pour ton triangle, je la félicite avec un clin d'œil, tu t'es peut être découvert un talent !

- Merlin nous en préserve, raille Allan. On a déjà bien assez de ses cris, manquerait plus que ça ! Bon tu reprends tes godasses maintenant !

- Ça vient du cœur dis moi, je rétorque en levant les yeux au ciel.

- Pfff, pourquoi c'est elle qui écope des compliments, marmonne Lena en levant un œil mauvais en direction de Mary rougissante et assaillie par les félicitations qu'on lui lance.

- Tu as déjà vu le bassiste avoir plus de succès que le chanteur ? je demande en souriant, Non, et pourtant il compte tout autant.

- La vie n'est pas toujours juste, souffle Spok rien que pour moi.

- Elle peut se faire pardonner, tu crois pas ? je réponds à son oreille.

- Je commence à le croire, il me fait un clin d'œil et semble vouloir rejoindre Owen, Doug, Jared, Sean et Conrad. Tu viens ?

- J'arrive. »

Je me détache de lui pour retrouver Dicksen, répondant aux questions des « recruteurs » d'école de musique. Il bondie sur moi, ne me laissant pas le temps d'expliquer que je viens rendre le violon, et commence à me présenter comme sa brillante-et-talentueuse-violoniste-reçue-au-prestigieux-conservatoire-de-Londres. Tout ça sans reprendre sa respiration, la vache ! Je suis toute rouge et extrêmement gênée. Je m'entortille nerveusement une mèche de mes cheveux, jetant des coups d'œil dans la direction de Lena… qui n'est plus là ? Où est-ce qu'elle est par Merlin ? J'ai beau la chercher du regard, elle n'est nulle part. Je soupire… Surement en train de tabasser le quatrième année qui l'emmerde, pendant que Jared a le dos tourné. Pff… Sa coiffure va partir en miette malgré mon sort de laque…

OoOo

Je ne sais pas comment j'ai fait mais je me suis sortie de l'étouffante attention qu'on avait soudainement pour moi. Victoire ! Je reviens, les pieds en compote, vers Jared, Allan et Doug. Epuisée, je m'écroule sur une chaise libre alors qu'Harold et Owen reviennent vers nous, avec des boissons.

« Qui a soif ? lance Spok alors que Doug s'empare aussitôt d'une canette de Coca. Tiens Princesse, me souffle-t-il, thé glacé à la pèche !

- Génial, je le remercie avant de demander en fronçant les sourcils, où est Lena ?

- Aucune idée, secoue la tête Winny, un peu inquiet.

- Ben t'inquiète ça va pas tarder, rétorque Allan, dans deux secondes va y avoir des cris et des hurlements, on sera sur la bonne voie pour la retrouver.

- Profite s'en ! ajoute Douglas en sortant de sa robe de sorcier un paquet de choco-grenouille. »

Je suis un peu inquiète quand même, qu'est-ce qui peut la retenir ? Mis à part une bagarre… C'est forcément ça ! Je me lève dans le but de partir à sa recherche. Faut éviter un bain de sang ! Pourquoi les gens trouvent-t-il toujours à redire quand une personne change ? –même pour un soir ?-. Surement qu'ils n'aiment pas perdre certains repaires.

« Où tu vas ? demande Spok, étonné.

- Chercher Lena, je réponds, on va éviter un meurtre ce soir…

- Je t'accompagne, lâche Jared en se levant à tour. »

J'acquiesce en souriant et lui emboite le pas. Mais les couloirs sont déserts, aucune tignasse longue et soyeuse ni de longues jambes mates et galbées. Bon… Penser comme Lena… où irait-elle casser tranquillement la gueule à des petits merdeux ? Je tripote ma canette de thé glacé sous l'effet de l'intense concentration –essayez de penser comme Magdalena Gonzales ! Ce n'est pas facile du tout !-

« Emi, s'élève alors la voix de Jared, en fait je voulais te parler. »

J'ai comme un mauvais pressentiment. Ça sent jamais bon quand quelqu'un vous dis ça… C'est toujours pour vous sortir une mauvaise nouvelle, ou vous annoncer une bêtise. Je lève mon regard vers lui mais il n'a pas une tête obscure, non… il est plutôt… paisible. Détendu et serein. Instantanément je m'apaise et sourie.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? je demande gentiment. Si c'est à propos de mon livre que t'as pas fini, t'inquiète j'en ai pas besoin pour l'instant. Tu peux le garder autant que tu veux.

- Non –d'ailleurs si, je l'ai fini-, c'est pas à propos de ça, fait-il.

- C'est Lena ? je m'arrête aussitôt, inquiète.

- Non, cette fois il est amusé de ma tête affolée, pas du tout. Non en fait je voulais te parler de ta demande. »

Je me fige instantanément. J'le savais bien que ça allait pas me plaire ! Je tourne nerveusement ma canette entre mes mains. Je croyais qu'on avait un accord tacite… Qu'on oubliait tout et qu'on restait amis… Pourquoi il remue le couteau dans la plaie ? Comme si je n'avais déjà pas assez souffert et étais assez humiliée.

« Ah oui ? je fais d'un voix rendue aigüe par la nervosité.

- Oui, répond-t-il calmement en me regardant droit dans les yeux. En fait, je ne sais absolument pas si elle est toujours d'actualité ou si tu as changé d'avis, trouvé quelqu'un d'autre mais… avant que tu me dises ce qu'il en est, il faut que je réponde. Lena m'a fait écouter la musique que tu as écrite pour moi, Emi. »

Ma respiration se bloque, je cherche désespérément de l'air. C'est pas possible ! C'est pas possible ! Mon cerveau se met en pause, pétrifié d'horreur. Je rougie violemment et tente de calmer les battements affolés de mon cœur pour fixer ma canette de thé glacé. Merlin, achevez-moi maintenant. Ou je meurs d'apoplexie puisque l'air refuse de rentrer dans mes poumons.

« Comment t'as… je commence d'une voix trop faible pour qu'il l'entende.

- Sur le moment, je savais pas que c'était de toi mais… ce j'ai ressenti en écoutant ta musique… c'était… très fort. »

Je suis statufiée sur place. Mais me force à croiser son regard noir pour y trouver une sincérité qui me fait frissonner. Qui me tord les tripes. Il n'a pas oublié ma compo, il l'a aimé… Il a écouté, vraiment écouté. Il n'a pas juste entendu. Il m'a écouté. Il a aimé.

« Tu sais, continue-t-il toujours en me fixant intensément, je l'ai réécouté plusieurs fois après avoir découvert que c'était toi, en t'entendant jouer dans la salle de musique. Et à chaque fois, c'était plus fort parce que… à côté de ça… j'apprenais à te connaître. »

Merlin stop ! Attendez avant de m'achever ! Attendez… Encore un peu, un tout petit peu. Le temps de savoir si je vais mourir ou m'envoler. Je le dévore des yeux, attentive. N'essayant pas de faire taire l'espoir qui me brule la colonne vertébrale. Mon cœur bat faiblement, comme pour mieux écouter ce que Jared dit.

« Ce qu'il faut savoir en fait, c'est que je ne prend vraiment rien à la légère, lâche-t-il calmement. C'est comme ça. Et à moi ça me va, mais je peux comprendre que ma lenteur de réaction te déplaise…, il a un petit sourire désolé, c'est pour ça que j'espère que tu as réfléchi toi aussi et que tu es sûre de vouloir être ma petite amie, maintenant que moi je le suis. »

Mon cœur fait un grand bond en avant dans ma poitrine. Une longue inspiration m'envahit tandis qu'une violente chaleur me brule le front et le ventre. Tous mes souvenirs passent en vitesse accélérée pour finir par ma déception ce jour-là dans ma cuisine, mes pleurs, la tristesse… et maintenant il me demande si je suis sûre ? Il n'a pas compris que je suis sérieuse, que ça m'a demandé beaucoup d'efforts pour accepter le fait que je sois amoureuse de lui et que la compo en était une preuve ? Je fais tourner ma canette dans mes mains. Et continue de le fixer droit dans ses prunelles toujours aussi noirs que la terre de Russie et où brille une petite lueur à la lumière des chandelles. Il ne bouge pas, pas plus que moi.

Un sourire s'illumine doucement alors sur mon visage.

« J'en suis sûre Jared, vraiment… »

Sans rien dire, juste en me souriant, il me retire la canette que je tortille nerveusement entre mes doigts. Il la pose lentement sur le rebord de la fenêtre. Gênée je me rabats sur mes mains à entortiller, mais il ne m'en laisse pas le temps. Les siennes les attrapent.

Son sourire se rapproche de mon visage et ses lèvres se posent sur les miennes, avec chaleur et tendresse. Mon cœur fond brutalement et enflamme tout mon corps de plaisir. Je ferme les yeux et accroche mes mains à son cou tandis que les siennes glissent dans mes cheveux. Je me dresse sur la pointe des pieds, et ne touche plus le sol lorsqu'il m'enlace. M'enveloppant de sa chaleur, m'emportant plus près de lui et de ses lèvres déroutantes.


Je crois que ça mérite une review, pas vous ? :)