Coucou !
Manque de temps (examens blanc) donc rapidos prestos !
Merci de votre soutien (j'oublie jamais ça :))
Bonne lecture,
Cameron : excuse moi si ma réponse est courte, ça ne veut pas dire que la tienne ne valait que je m'étale mais je n'ai pas le temps en ce moment, désolée... Sinon je suis d'accord : Jeremy est une girouette ! Jared est un passif qui n'aime pas se mêler à la société, et il ne peut aider Emi qu'en prenant les gens sur le fait et s'il veut la "venger" comme il n'aime pas la violence ben il a pas d'autre choix... la meilleure chose était de montrer sans exposer qu'il aimait Emi et point. Les autres il s'en balance, ce qui compte c'est qu'Emi comprenne qu'il s'en fiche de ce que les autres pensent d'elle :) c'est super que le moment t'es touché ! Je suis ravie que le chapitre t'es touché et ai été à la hauteur du reste de l'histoire ^^. Bisous et merci beaucoup ! PS : Niko EST un percé de la gueule XD ! Mais c'est pour ça qu'on l'aime non ? ;)
Chapitre 38 : Droit au but !
-Tout va s'passer comme sur un balai ! assurais-je, enthousiaste, en claquant des doigts –en principe- avec détermination.
Mais au mot « balai », Owen tire une tête encore plus terrifiée. Bon, mauvaise comparaison, d'accord. Comme d'habitude, il est à la limite de me retenir par les jambes pour que je n'aille pas faire mon match. Encore plus que d'habitude, en fait. Allan a fait entendre au repas de ce soir que j'allais faire n'importe quoi et jouer ma cinglée, à enchainer des loopings, sauter sur l'adversaire en plein vol et taper avec la batte dans la bouche –et d'autres exemples aussi… mais j'en ai oublié pleins…-, parce qu'il y aurait les recruteurs. Donc, Owen en est malade d'inquiétude et veut me faire renoncer à y aller. Mais c'est impossible ! C'est justement le match que je ne peux pas louper –si tant est que je puisse en louper un…
C'est l'un des jours les plus importants de ma vie ! Il faut absolument que je sois prise pour les Canons de Chudley ! Parmi les équipes britanniques, c'est ma préférée ! Ils ont déjà vu le match entre Serdaigle et Poufsouffle, et seulement un joueur a été choisi au sein des deux équipes ! Un Poufsouffle, d'ailleurs, un des trois poursuiveurs. C'est ma chance de faire le métier dont j'ai toujours rêvé, de devenir ce que je veux ! Je vais leur prouver que je mérite ma place dans une équipe pro, à coup de batte et de balai ! Je vais tout donner et je l'aurais parce qu'il faut que je l'aie, cette place !
Je prends Owen dans mes bras et le serre contre moi, très fort.
-T'en fais pas, mon Winny, ça s'est toujours passé et aujourd'hui, ça se passera encore mieux ! Le Quidditch, c'est moi, faut pas que t'aies peur ! Va rien m'arriver, c'est juré, craché, si j'mens, je suis une Serpentard ! fis-je en lui collant une bise sur la joue alors qu'il est penché vers moi, tant il est grand.
-Gagne vite, m'implore-t-il.
-Oui mais avec classe !
Je lui dis qu'il faut vraiment que j'y aille. On est encore devant l'entrée des vestiaires, au dehors, alors que toute mon équipe se change déjà. Je ne peux pas être en retard. J'allais m'extirper à regret de ses bras quand il resserre encore sa prise autour de mes épaules. Je n'insiste pas plus, c'est trop dur de lui refuser un câlin ! Je vais en retaaaaard !
-Je… Je voulais te dire aussi un truc, ce matin…, me fait-il.
-Oh ! Pourquoi tu l'as pas fait ?
-Tu parlais du match avec Sean, Charly et Conrad, je ne voulais pas…
-Vas-y, dis-moi ! le pressais-je, un peu inquiète mais surtout très nerveuse à l'idée de manquer le début du match.
-J'ai… J'ai dit à Harold que je l'aimais, m'avoue-t-il, rouge comme une tomate.
Je lève la tête vers lui, la bouche en cœur. Oh, mais c'est trop bien ! Il n'osait pas le faire et ne pensait qu'à ça depuis deux semaines. Il ne savait pas comment le faire et j'avais beau lui dire que c'était que trois mots et qu'il n'y avait pas trente six milles façon de le dire, il finissait toujours par pleurer d'embarras et de frustration. J'allais demander plus de détails, bondissant de joie sur place, quand la voix de Charly, déjà habillé, me fit revenir à la situation présente :
-LENA ! Mais qu'est-ce que tu fabriques ? Tout le monde est quasiment prêt et toi, t'es là, même pas dans les vestiaires ! Ramène-toi immédiatement !
-Oui, oui, j'arrive !
Charly ne s'énerve pratiquement jamais. Il est toujours d'un calme relevant de l'exploit mais il y a quand même des événements qui le mettent quelque peu à cran… ce match doit en faire partie…
-Évidemment que t'arrives ! Manquerait plus que le contraire, tiens ! On joue la coupe, là, hein ! Tu papoteras avec ton pote après que je l'ai tenue dans mes mains, ok ?
Sur ce, il ne me laisse pas le temps d'embrasser le visage livide d'Owen une dernière fois et m'agrippe par le bras pour me trainer à l'intérieur des vestiaires où tout le monde s'agite, fermant la porte derrière nous. Il me pousse avec empressement vers les vestiaires pour filles et me prévient que si j'en sors pas avant cinq minutes, il revient me chercher que je sois nue ou pas. De toute manière, je m'en fiche, je ne suis pas pudique et, surtout, je m'habille en bien moins que cinq minutes !
J'ôte mon sweet et mon tee-shirt quelques secondes après qu'il m'ait quitté et la première chose que je mets contre ma peau est le collier auquel le coquillage de Maman est pendu. Je l'enferme dans ma paume et souris. Je vais gagner.
xOxOxO
Il fait beau, un peu venteux mais ensoleillé. Un jour impeccable pour voler. Je crois avoir repéré deux des recruteurs et la femme ne me dit rien qui vaille. J'ai l'impression qu'elle s'ennuie à mourir. Alors, j'essaye de la distraire en faisant des écarts artistiques et les figures qui me viennent à l'esprit entre deux retours de cognard.
J'ai loupé seulement trois fois ma cible et ça fait une heure que l'on joue. Les points ne sont pas franchement en notre faveur… les Serpentard nous mettent même une déculottée royale ! Ça a le don de m'énerver au plus haut point et Charly est dans tous ses états, tellement sur les nerfs qu'il a loupé plus d'une fois le vif d'or alors qu'il voletait près de lui. Stendford me nargue du regard, très content de leurs bonnes chances de victoires, et Jeremy arbore un grand sourire orgueilleux qui, bien qu'il le rende encore plus beau, me tape sur le système ! Ces Serpentard… ils ne peuvent pas faire semblant d'avoir un peu de considération pour notre défaite ?
Sean arrête pourtant la grande majorité des tirs et est très concentré mais il est assailli de toute part. Ses plutôt rares échecs secouent la foule en huée qui l'énerve petit à petit et lui fait perdre ses moyens.
Avec Ulrick, on essaye d'empêcher les poursuiveurs de trop s'approcher de nos anneaux mais les batteurs de Serpentard ont choisi la technique de s'échanger les cognards pour nous empêcher d'y toucher. J'arrive la plupart du temps à le récupérer mais, bien souvent, les poursuiveurs adverses ont déjà marqué avant qu'on ait pu les intercepter.
L'un des batteurs Serpentard comptait renvoyer son cognard sur son coéquipier, donnant l'impression de jouer plus au tennis qu'au Quidditch –non mais vraiment, ces Serpentard !-, mais je fonce me mettre en travers et, remarquant trop tard que je suis trop haute, je pivote sur la gauche et fais un soleil autour de mon balai, les cuisses étroitement serrées sur celui-ci, et, batte au poing, je renvois le cognard, la tête en bas. Visant le poursuiveur qui se trouvait à quelques mètres de Sean, mon cognard le percute de plein fouet et il fait un écart fatal, en plein dans son accélération. Il se paye le bord d'un des anneaux en plein dans le menton tandis que je reviens dans le bon sens, sur mon balai. Assommé sur le coup, il glisse de son balai et tombe, freiné magiquement dans sa chute par Dumbledore. Le souafle se retrouve dans les mains de Conrad qui se lance à toute vitesse, zigzaguant, vers les anneaux adverses…
Et marque !
xOxOxO
On a perdu. Et bien perdu ! On s'est vraiment ramassé. Serpentard a mené de plus de deux cents points et Charly a eu beau coller au train de Stendford quand il pourchassait le vif d'or, c'est le Serpentard qui a mis la main dessus. Les Serpentard ont donc eu la coupe et se pavanent dans les couloirs. C'est un vrai supplice.
Jeremy a même tenu à venir me voir, à la fin du match, pour poser une main condescendante et moqueuse, en me sortant :
-Tu t'es bien battue… pour une bouffondor… tant pis !
La suite a été assez violente. La preuve, je suis en retenue jusqu'à l'arrêt des cours qui ne va pas tarder puisque les ASPICS sont tout proches. Autre raison d'avoir le cafard. En plus, je vais tous les louper, à part peut-être la DCFM et encore… mon père m'a envoyé la première lettre depuis des années, pour me dire que j'avais intérêt de réussir au moins la moitié de mes examens. Je vais me faire tuer ! Je sais très bien que j'en aurais qu'un si j'ai de la chance, alors…
Et vu ma chance, ces derniers temps… je vais finir secrétaire… à cette idée, j'ai envie de pleurer. Je sais même pas écrire sans faire de faute !
En plus, Niko ne veut toujours pas répondre à mes lettres et m'ignore royalement. Emi dit que c'est juste parce que mon râteau lui a fait trop de mal et qu'il m'aimait vraiment, ou un truc du genre l'empêchant de tourner la page mais qu'il va se calmer. Je n'ai pas bien compris mais je crois que c'est dans cette idée-là. Moi, je pense plutôt qu'il ne m'aimait pas vraiment. Un peu comme Jeremy quand il m'a demandée de sortir avec lui. Juste pour être sa copine. Ça s'arrête là. Sauf que Jeremy a bien pris mon refus mais que lui, ça l'a vexé alors il ne veut même plus être mon ami… Parce que s'il m'aimait comme le dit Emi, alors, honneur ou pas, pourquoi il continuerait à me snober quand je lui répète que je suis tombée amoureuse de lui ? Ou alors, il m'aimait mais il ne m'aime plus. Il pourrait me le dire, quand même, au lieu de demander à Emi de me dire de le lâcher.
J'en ai marre. J'ai perdu, j'ai loupé mon recrutement, je vais me ramasser comme la brêle que je suis aux ASPICS, je vais prendre le premier métier qu'on me donne, je vais être trucidée par mon père et, en plus, je vais finir vieille fille. J'en ai vraiment marre !
Mon regard macabre se détache un instant de ma salade-potirons pour regarder Jared et Emily discuter, en mangeant, juste à côté de moi. Quand je pense qu'on les a enfermés dans le terrain de Quidditch, avec Harold, alors qu'ils s'étaient déjà mis ensemble ! Enfin ! Ils forment vraiment un très beau couple et je suis certaine qu'il va durer encore, et encore ! Mais, en ce moment, ils parlent de livres, à ce que je comprends, et ça me déprime encore plus.
Jared me pose une main sur mon épaule et la caresse, se voulant réconfortant, tandis qu'Emily se penche légèrement pour me lancer un gentil sourire.
-Allez, mange, Maddy. Il faut que tu sustentes pour les ASPICS, me dit-il avec un léger sourire.
-Pourquoi tu m'causes de tentes ? Ça sert à rien, tente ou pas tente, je vais avoir que des T…, marmonnais-je, accoudée mollement à la table.
Harold éclate de rire bruyamment mais voyant que je ne le suis pas dans son hilarité, il cesse aussitôt, m'offrant un regard accablé. Il échange un regard embêté avec Emily et Jared qui font aussi une drôle de tête. Puis, ils font mine de recommencer de discuter en m'observant, en chien de faïence. Je pousse un soupir.
J'en ai vraiment, vraiment marre…
Quelqu'un s'assoit sans douceur près de moi et je me retourne sans conviction pour voir Allan, l'air énervé. Tiens, c'est étonnant ! Depuis que j'ai perdu hier, il était d'excellente humeur ! Il se serre violemment des frites et prend la salière, enlève le couvercle et renverse un bon paquet de son contenu sur ses patates.
-Concert, commentais-je, grommelant.
-Cancer, Lena ! me repend-il, en s'agaçant. Et je m'en fiche ! Je suis très en colère, ça ne se voit pas ?
-Si, si…
-Rho, arrête de bouder, ça me gave ! se plaint-il.
-J'boude pas ! m'indignais-je.
-Bien sûr que si ! Owen en est même traumatisé !
J'hausse les épaules, bougonnant dans ma barbe. Je ne boude pas… j'ai le bourdon, c'est tout. Jared dit à Allan de me laisser tranquille et Emily me répète de manger, bientôt repris en écho par Harold qui me fait du chantage, me disant que si je ne mange pas, il se ressert une part de tarte à la mélasse. Je lui lance un regard irrité mais, décidant que je ne pouvais pas sacrifier son motobollisme, je plante ma fourchette dans ma laitue.
Jared, Emily et Harold reprennent leur discussion, et je prends une seconde bouchée, mâchant lentement.
-C'est Spencer. Depuis tout ce temps, c'était Spencer, lâche Allan, en s'approchant légèrement de moi avec humeur.
-De quoi ?
-Les lettres.
Je laisse en suspens ma fourchette dont la feuille de laitue retombe dans mon assiette et le regarde, étonnée. Sa correspondante secrète ? La fille mystérieuse qu'il trouvait forte et spirituelle ? En Cindy ? Ouais, bon, je dois vraiment un problème intellectuel parce que je n'y ai jamais pensé !
-Et ben putain… c'est quelque chose…, fis-je, moyennement enthousiaste à cette idée.
-Tu m'étonnes, grogne-t-il. J'y crois pas… elle… elle !
Il répète ce pronom en enfonçant sa fourchette dans ses bouts de pommes de terre frittes.
-C'est elle qui te l'a dit ? demandais-je.
-Ouais. Elle m'a donnée rendez-vous et, voilà, je l'ai vue… Spencer…
Il soupire, aigre. Je ne sais pas trop quoi dire. Je serais tentée de lui souhaiter toutes mes condoléances mais bon… je suis sûre qu'il le prendrait mal !
-J'hallucine ! Pendant tout ce temps, toutes ces années, elle m'a fait croire… elle m'a laissée croire, dans ses mots, dans ses pensées, qu'elle était déterminée, audacieuse et pragmatique ! Elle se faisait passer pour une fille sûre d'elle et de ses opinions, et là, je tombe sur ça ! Une fille molle, introvertie et si… si écrasée devant sa sœur ! Se pliant à ses quatre volontés, la suivant comme un caniche ! Elle m'a menti ! poursuit-il, rageur.
-Cindy ? m'étonnais-je.
-Mais non, Gwen, sa p'tite sœur ! Lena, tu m'suis ? s'énerve-t-il.
Aah, je comprends mieux ! Parce que là, je dois avouer que non, je ne le suivais pas du tout ! Gwen Spencer est bien plus dans la peau du personnage… j'ai, de toute façon, du mal avec les filles en général mais elle, elle fait vraiment partie des filles que je ne cerne pas et ne veux pas vraiment cerner. Elle ne parle jamais et est en totalement admiration devant sa sœur.
Au regard d'Allan, je peux comprendre qu'il se sent trahi et sali. Je me colle sur son bras et pose ma joue contre son épaule. Pour une fois, il ne me repousse pas, se contente de continuer à manger, acceptant mon étreinte sans pour autant y répondre.
-J'étais amoureux de personne, en fait. D'une fille qu'on a inventé pour me berner. J'ai l'impression d'avoir le cœur brisé mais comment ça peut, alors que la fille que j'aimais n'existe pas ? me demande-t-il avec rancœur.
-Elle a existé, répondis-je.
C'est vrai, quoi. Elle était là, même si ce n'était personne en particulier. Allan a aimé et c'est tout ce qui compte, non ? Il baisse son regard vers moi qui suis toujours appuyée contre son épaule et hoche finalement de la tête.
-Ouais. Et elle est morte, fit-il. J'ai dit à Spencer de ne plus jamais me réécrire.
-Elle est peut-être un peu dans Gwen mais elle la cache, proposais-je.
-Si elle la cache alors qu'elle la garde ! claque-t-il. J'en ai assez qu'on se cache ! Elle s'est cachée pendant des années et elle a tout brisé en une minute. Je n'en veux plus, de cette chimère, j'en ai ma dose.
Il engouffre une grosse fourchette de frittes et la mâche en silence. Je l'observe, sans rien dire non plus. Le voir aussi triste me fait sortir de mon humeur noire. Il faut que je lui remonte le moral ! Me forgeant un énorme sourire sur les lèvres, je lui souffle à l'oreille pour que Jared n'entende pas :
-Et si on allait à Pré-au-lard, cet aprèm ?
xOxOxO
Par la vitre, je vois s'approcher la Gare à une vitesse de plus en plus lente, suite au ralentissement progressif du Poudlard Express. Le ciel est assez dégagé pour que le Soleil m'aveugle, me forçant à plisser les paupières. C'est notre dernier trajet dans ce long train rouge coquelicot. La dernière fois que l'on occupera l'un de ses compartiments et je ne sais pas trop si je dois m'en réjouir.
Je jette un coup d'œil vers Emily qui a la tête posée sur le torse de Jared qui lit, l'entourant d'un bras. Puis, je regarde Allan et Harold qui parlent de jeu vidéo, ce dernier a les doigts entrelacés à ceux d'Owen qui est en face de moi, à côté de la vitre lui aussi et dont les yeux bleus se perdent également dans le paysage défilant. Juste à ma droite, Doug feuillette mon journal de Quidditch en mâchonnant ses Choco-Grenouilles qu'il a réussi à m'interdire de jeter par la fenêtre grâce à un pari qu'il a gagné hier soir.
J'imagine Conrad flirter avec une fille dans un coin du train et Sean parler avec Charly de sa lettre d'acceptation dans l'équipe des Canons de Chudley. Il l'a reçue, avant-hier matin, en même temps que moi ! J'ai été remarquée par le recruteur des Tornades de Tutshill, une équipe du Sud-Est des Pays de Galles. C'est une très vieille équipe et celle d'aujourd'hui est excellente… ils avaient besoin d'un nouveau batteur. J'aurais bien voulu être chez les Canons mais ils recherchaient un Gardien et c'est super pour Sean ! Cindy ne s'imaginait pas, en le vannant, qu'il ferait partie des quatre seules élèves à être recrutés !
J'ai été si heureuse en ouvrant la lettre que je l'ai fait lire par toute la table de Gryffondor et que je suis allée la montrer à Dumbledore ! J'ai réussi et je suis très fière de moi ! Ça prouve qu'une défaite ne veut rien dire et je suis bien contente que ce soit vrai… maintenant, je suis bel et bien certaine qu'il ne faut jamais baisser les bras !
-Tu crois que je suis prêt pour Gaëlle ? me souffle Doug, alors, en se cachant derrière le magazine pour qu'Allan n'entende rien et ne se foute pas de lui.
-Moi, j'crois que t'as toujours été prêt ! assurais-je.
-J'ai la méga trouille ! gémit-il.
-Moi, j'aurais plutôt la flippe pour les résultats des ASPICS !
Pour ma part, je file droit vers la mort puisque je pense n'avoir réussi seulement deux de mes ASPICS –moi qui m'attendais à n'en avoir qu'un seul, je m'en sors bien, je trouve ! Et pourtant, j'ai révisé à temps pleins avec Jared, Doug, Owen et Emily. Allan préférait réviser tout seul et Harold n'a pas ouvert un seul livre –comme je l'ai envié ! Enfin, bon… je me suis super bien débrouillée en DCFM et un peu moins en Soin aux Créatures Magiques, l'une de mes deux options. Donc, mon père va piquer une crise meurtrière en recevant la lettre des résultats… avec un peu de chance, j'en ai un troisième entre la Botanique et l'Astronomie, mais je n'en suis pas convaincue du tout.
-Pourquoi tu m'parles de ça ? se plaint-il, bougon. J'ai fait péter mon chaudron, en Potion !
-Et moi, ma potion a dissous le chaudron, puis la table !
-Moi, elle a fini bleu au lieu de rouge…, grommelle Harold.
-A vous trois, vous pourriez écrire les « Perles des ASPICS », commente narquoisement Allan.
-Hé ! s'offusque Doug. C'est pas mieux que Winny qui avait même pas mis le deuxième ingrédient au bout de trois heures !
Owen rougit violemment et je lui lance un sourire compréhensif. Ya ceux qui sont faits pour les ASPICS et les autres… et puis, voilà, c'est comme ça ! Quoique les Potions, c'est quand même la matière que la plupart des élèves loupent…
-Je suis certaine qu'on va tous avoir de bons résultats, déclara Emily, confiante.
Mouais. C'est mal barré.
-On peut espérer, au moins…, marmonne Doug.
-Vous pouvez ! ironise Allan, avant d'éclater de rire.
A sa tête de psychopathe en plein délire sadique, je ne peux pas me retenir plus longtemps et je partage son fou-rire, même si, en principe, il se foutait littéralement de moi –entre autre…
Mais bon, les ASPICS, c'est pas toute notre vie et le plus important reste dans le fait que je sais que jamais l'on se séparera, et ce malgré qu'on ait neuf Optimales ou la moitié en Troll.
xOxOxOxO
Je suivais Emi et Jared dans la mêlée de sortie du train, quand, le pied enfin sur le Quai, on m'arracha l'une de mes deux valises des mains.
-Hého, là ! m'indignais-je, en me retournant difficilement.
Mes camarades de tout âge me bousculent et j'ai beau les pousser pour qu'ils me laissent de la place, il n'y a pas moyen ! Je vois alors Stendford, suffisamment éloigné pour se trouver à l'écart de la foule grouillante. Mais le plus agaçant, présentement, ce n'est pas que c'est un –ex… ô nostalgie subite !- Serpentard mais qu'il est agenouillé devant ma valise, posée à terre, qu'il a déjà ouverte, fouillant dedans avec l'aide de deux filles de Sixième Année, à Serpentard aussi. Oh, ça va chauffer !
Retroussant les manches de mon sweet marron, je m'avance vers eux et referme la valise violemment sur les doigts de l'une des filles qui n'a pas eu le réflex de les retirer à temps. Bien fait ! Sale Niaise !
-C'est ma valise !
-On le sait, idiote ! réplique-t-il, narquois. Sinon, pourquoi je l'aurais choisi elle plutôt qu'une autre ? Surtout que dans la tienne, on risque pas de trouver de sex toy…
-La ferme, Stendford ! Sale Serpentard un jour, sale Serpentard toujours ! déclarais-je, en le foudroyant du regard tandis que je récupère ma valise –donnant exprès un coup à la deuxième fille, au passage tandis que la première se suce les doigts, en m'insultant.
Il ricane et je m'en retourne, mes deux valises en mains, pestant contre les mauvais coups de Stendford qui vont surement me manquer, après… Quoique s'il sort vraiment avec Alex, étant la petite sœur collante d'Owen, je risque de l'avoir sur le dos plus d'une fois. En fait, non, il ne va pas me manquer, malheureusement…
-Tu veux pas récupérer ça ? me lance Stendford.
Je me retourne une dernière fois, franchement agacée, pour l'apercevoir, entouré des deux pimbêches gloussantes, faisant tournoyer un de mes soutifs autour de l'index.
-Garde-le, s'tu veux, j'en ai pleins !
Je ne suis pas une fétichiste des fringues, moi ! Il ouvre de grands yeux ahuris et j'hausse les épaules. Quoi, encore ? Oh et puis, yen a marre, il faut que je trouve Niko, je n'ai pas mon temps à perdre ! Je regarde autour de moi tandis que la foule se disperse par tous les côtés et que les familles se retrouvent. Mais où est-il ? Surement avec Emi. Mais où est-elle ? Certainement avec Jared… mais où…
-Lena ! Cette fois-ci, on s'éternise pas, frangine ! C'est maintenant ou j'te laisse ici ! s'enflamme Damian, à l'instant où il apparait devant moi.
-Juste deux secondes !
-Non, non et non ! Si tu fais ça, je…
Il tend la main vers mon bras gauche dans l'idée évidente de me trainer avec lui mais il en est hors de question ! Il faut absolument que je parle à Niko ! Et que je dise au revoir à tout le monde aussi. Bref, je ne peux pas partir maintenant !
Je recule d'un bond en arrière juste à temps pour y échapper, je fais un petit zigzague rapide pour coller une bise sur la joue de Damian qui est dépassé par les évènements et lui assure que je reviens très vite, puis je pars au quart de tour, laissant mes bagages à ses pieds, tandis qu'il me hurle qu'il va partir sans moi. Je sais très bien qu'il ne le fera pas ! Et promis, je me dépêche !
Je remarque alors Niko toisant avec rage Jared, juste à côté d'Emi. Qu'est-ce qui se passe ? J'accélère et je les rejoins en moins de deux.
-Saluut, Nouki ! m'exclamais-je, un peu essoufflée.
Il ne me lance qu'un bref regard et ne me répond pas, m'ignorant complètement. Je fais la moue. Enfin, ce n'est pas bien étonnant puisqu'il ne faisait pas plus attention à mes lettres… Je regarde Jared, tout à fait impassible et calme, puis Emily qui a l'air partagé entre la lassitude et la colère.
-Je pensais avoir été clair ! J'veux pas que tu touches à ma sœur ! gronde Niko avec un regard mauvais pour Jared.
-C'est pas tes affaires ! s'écrie Emily.
-Et puis, quoi, encore ?
-C'est pas à toi de choisir mes petits-amis !
-Pas si tu le fais aussi mal !
-Excuse-moi mais, niveau garçon, je ne pense pas que tu sois assez qualifié pour te prononcer !
-Ah oui ? J'en suis un, pourtant !
-Vu comme ça, c'est sûr qu'on peut comprendre que tu sois aussi méfiant !
Niko la fusille du regard tandis que je comprends enfin qu'il sous-entend que Jared serait un garçon capable de faire du mal à Emi. Ça, c'est la meilleure, tiens ! Jared ne ferait jamais une chose pareille ! Celui-ci n'intervient pas, regardant tour à tour sa copine et son frère se jeter des piques, rageurs.
-Dada est un gars extra ! déclarais-je avec conviction.
-Bon, ça suffit comme ça, on rentre ! Viens, Mily ! décide-t-il, sans me jeter un regard et prenant Emily sans douceur par la main pour la forcer à le suivre, valises en main.
Elle se retourne pour nous jeter un regard alarmé et Jared semble hésiter à la retenir. Ce n'est pas possible. On ne peut pas finir ça comme ça ! Poudlard est fini, on risque de se revoir beaucoup moins souvent et on se séparerait de cette façon ? Sans qu'Emily nous ait dit au revoir comme il se doit ? Sans que je n'ai pu dire à Niko tout ce que j'ai à lui dire ? Enfin, pas beaucoup plus que dans mes lettres mais, comme il ne les a pas lu, il faut que je lui récapitule tout… ça va être un boulot monstre ! Bon, alors, dans l'ordre… je t'aime et… je t'aime. En fait, non, ça va, je pense que je vais réussir à ne rien oublier !
-Attends, Niko ! Au moins, laisse-moi lui dire au revoir ! m'écriais-je, en leur emboitant le pas.
Il cesse d'avancer, fait volte-face et me regarde, hésitant et tenant toujours Emi par la main fermement.
-S'il te plait, juste au revoir…, insistais-je en prenant mon plus beau sourire suppliant –qui ne marche qu'avec Owen bien que je m'entraine d'arrache-pied !
-Okay… juste au revoir ! claque-t-il avec humeur.
Oh bah, en fait, mon sourire implorant a peut-être bien de l'avenir ! Je m'avance vers Emily et la prends avec chaleur dans mes bras. Elle me serre contre elle en retour, me souffle que je vais lui manquer mais au lieu de répondre, je lui souffle :
-A trois, on court aux chiottes, ok ?
-Oh… avec plaisir !
-Un, deux… TROIS !
La prenant à mon tour par la main, je démarre en trombe dans le sens inverse, l'entrainant dans mon sillage à travers les occupants du Quai toujours aussi bondé. Niko nous crie de revenir immédiatement mais je ne fais qu'accélérer à cet ordre. Je saute par au-dessus des valises, aide Emily à se relever quand elle tombe et, courant toujours plus vite pour ne pas se faire rattraper par son frère qui nous a pris en chasse avec Jared, on se réfugie enfin dans les toilettes des filles qui sont magiquement protégées contre une quelconque irruption masculine. Ya pas à dire, la magie, c'est top !
Emi s'adosse alors à l'une des portes des petites cabines de toilettes et je vais boire quelques gorgées d'eau fraiche au robinet. Je suis tout sourire, fière d'avoir réussi à retarder le départ des Bolkanski.
-C'était une idée de génie ! commente-t-elle, entre deux inspirations saccadées. Ça va refroidir mon frère ! Enfin, j'espère…
-D'génie ? C'est bien la première fois qu'on m'dit ça ! remarquais-je en éclatant de rire.
Emi rit avec moi. Une dizaine de minutes passe pendant lesquelles on discute de ce que l'on compte faire cet été et où on va aller camper. J'aimerais bien à la plage, elle préfèrerait à la campagne… à la montagne, ce serait cool, aussi !
Elle jette enfin un coup d'œil à sa montre.
-Bon, ça fait douze minutes, ça va peut-être suffire, analyse-t-elle. On sort ?
-Ouais ! Mais vas-y, toi ! Je te rejoins, j'ai vraiment envie d'aller aux toilettes, en fait !
xOxOxOxO
Je me sèche les mains après les avoir lavées, excitée par la perspective que Niko m'écouterait enfin. Je ne demande pas qu'il veuille encore sortir avec moi mais juste qu'il cesse de m'ignorer et de m'éviter. C'est blessant et ça ne sert à rien. Ça ne mène nulle part. Et moi, je veux avancer. Le sur-place, ça n'a jamais été mon fort.
Quand je sors, ils sont tous les trois à quelques mètres en pleine discussion qui m'a l'air bien plus calme que la précédente. Je souris à cette pensée. Je savais bien que ça s'arrangerait. Tout finit par s'arranger, il suffit de faire tomber le bon domino et tout s'enchaine. J'espère ne pas encore me tromper avec Niko…
Je me cache un instant derrière la porte des toilettes en voyant Damian passer, me cherchant furieux parmi les très nombreuses personnes qui sont toujours là, sur le Quai. Si tout se passe bien, je n'en ai plus pour longtemps !
Je sors enfin et m'avance vers eux.
-… mais j'aime autant vous prévenir que ça veut pas dire que j'aurais pas un œil sur vous deux ! Si vous avez cru ça, vous vous êtes foutu le doigt dans l'œil et jusqu'au coude ! les informe Niko, renfrogné mais résigné.
-C'est surement vrai que l'espoir fait vivre mais à ce point-ci, ça friserait la fable, ironise Jared poli mais glacial.
Niko arque un sourcil mais je devine à son regard qu'il n'a pas compris beaucoup mieux que moi, la réplique de Jared. Dada est très doué pour paumer les gens, simplement en parlant. Emily se tient dans ses bras et m'offre un sourire triomphant en me voyant débarquer. Je me retourne vers son frère qui prend toujours ce soin déterminé à ne pas me regarder, ne serait-ce qu'une seule seconde.
-On peut parler ? demandais-je.
-Pour quoi faire ? grince-t-il. Va plutôt voir ton Serpentord !
-Serpentard, le reprend Emi.
-Qui ça ? Jeremy ? m'étonnais-je.
-Quoi, yen a un autre, en plus ? siffle-t-il, mordant.
L'idée de faire collection des Serpentard me fait grimacer. Quelle vision d'horreur ! Je préfère encore collectionner les chaussettes trouées de Dumby ! Lui aussi va me manquer, d'ailleurs… je passais tellement de temps, convoquée, dans son bureau… bon, par contre, je doute que Rusard me manque excessivement, bien que j'ai additionné les retenues. Ni Miss Teigne, d'ailleurs !
-Nan ! Mais… j'ai plus aucune envie d'être avec Jeremy ! Je lui ai collé un râteau, au concert ! Enfin, un faux-râteau puisqu'il m'aimait pas, en fait…
-Tu as quoi ? répète-t-il.
-Milou te l'a pas dit ? m'étonnais-je, en me tournant vers celle-ci, incrédule. Je m'suis rendue compte à ce moment-là que je te préférais de très loin et que…
J'allais revenir à Niko, détachant mes yeux de ceux malicieux d'Emi, mais une main se pose sur ma joue bien avant et attire mes lèvres contre celles toujours aussi brûlantes que la dernière fois de Niko. Fermant les yeux sans réfléchir, je souris contre celle-ci et je pense bien ne pas avoir cessé de le faire pendant tout le temps que dura le baiser… et il dura longtemps, parole de scout !
-Sois ma copine, Mag, et cette fois-ci pas de non possible, me souffle-t-il quand on reprit un peu de distance –un tout petit peu, hein !
-Et pourquoi tu veux que j'le sois ? demandais-je.
La réponse de Jeremy est toujours présente. Il n'avait aucune raison précise. Sa demande ne voulait rien dire. Si la sienne est du même acabit, je préfère le savoir. Il me regarde un instant, pensif, puis, souriant, énigmatique, me répond :
-Découvre-le ! J'attends tes lettres !
Il m'embrasse une dernière fois puis se recule. Il dit à Emi de le suivre et cette fois-ci, il n'a pas à la forcer pour qu'elle obéisse. Elle dépose un baiser sur les lèvres de Jared, m'adresse un clin d'œil et aide son frère à porter ses valises. Je les observe s'éloigner, perplexe face à la réponse que j'ai reçue mais aussi infiniment heureuse, un sourire énorme au visage. Jared s'approche plus de moi, se posant à ma gauche et les regarde également se diriger vers la sortie.
-Je me demande si je ne préférais pas Jeremy, en fait, lâche-t-il placidement.
-Et ben, pas moi !
-Oui, ça, j'ai vu ! raille-t-il.
-Au fait, comment tu l'as convaincu pour Emi et toi ? demandais-je, curieuse.
-Je lui ai dit que je ne cherchais pas à gagner sa permission parce que je ne la considérais pas comme indispensable à la continuité de ma relation avec sa sœur et qu'il soit d'accord ou non, je continuerais à la voir d'une manière ou d'une autre.
-WOW ! commentais-je.
-N'est-il pas ?
-LENAAA ! C'est bon, là, je te TRUCIDE ! AUX PIEDS !
Et ainsi se clôt le dernier chapitre de Lena avant l'épilogue de samedi :)
Moment d'émotion ? xD
