Bonne lecture !
Chapitre 16
Tapotant le bec de ma plume contre le bois de la table, j'observe mes camarades autour de moi. Tous des adolescents entre seize et dix-sept ans, baignant dans cette retombée d'euphorie post-bal et qui s'échangent les derniers potins en des murmures excités, sous l'air excédé de notre professeur d'Astronomie. Pour une fois, il donne un cours théorique et personne ne l'écoute. Mes yeux tombent sur la mâchoire de John, serrée comme un piège à loup qui s'est refermé et j'ai peur qu'elle claque brutalement. Je sais qu'il est en colère contre moi pour le long moment pendant lequel j'ai disparu hier soir, au bal. Il n'a fait que me rabâcher le même discours. Où t'étais, Cath ? T'étais bien avec quelqu'un, alors c'était qui ? T'es en train de me mentir ?! J'te jure si jamais tu me mens…
Je grimace parce que, mentir, c'est ce que je n'ai pas arrêté de faire depuis 24 heures. Alors, je ne sais pas vraiment ce qu'il ferait si jamais il l'apprenait. Pas une fois, il n'a fini cette phrase mais j'ai une vague idée que ça irait mal pour mon matricule. Mais il ne l'apprendra pas, personne ne l'apprendra, de toute façon. Il était le dernier crétin, hier soir, et vraiment pas le petit-ami en or ! Il n'arrêtait pas de crier et de râler ! Et de me critiquer ! Et je voulais danser, m'amuser ! Il me gâchait ma soirée de bal alors que tout le monde avait tellement l'air d'en profiter ! Pourquoi est-ce que j'aurais dû rester dans mon coin et attendre qu'il s'intéresse à moi, hein ?! Et est-ce que c'est de ma faute si Henry était si gentil et…
« Tu devrais peut-être copier le cours, non ? me lance alors Chris, juste à côté. Enfin, j'sais pas, je propose… ça pourrait être utile…
-Je réfléchis ! protesté-je en lui pointant ma plume sur son nez accusateur. Et ça aussi, c'est utile !
-Et à quoi tu réfléchis, Hercule Poirot ? Une nouvelle piste ? »
Oh ah. Oui. C'est vrai qu'il y aussi ce problème des encagoulés et des floutés. Sacré Poudlard ! Grand et palpitant château que tu es !
« Mes petites cellules grises sont hyper-actives !
-Elles font quoi ? Elles recherchent hyper-activement ta case en moins ?
-Jaloux ! »
Je lui tire la langue et il le reçoit avec un sourcil haussé, un brin aristocratique, quand même. C'est alors que la fille devant nous se met à rigoler et j'entends sa copine assurer :
« Je te jure ! C'est la p'tite Hanna qui les a vues… et c'était assez chaud, d'après ce que j'ai compris…
-Quand Kate va apprendre ça… »
Je me mordille la lèvre, mal à l'aise. Poudlard est peut-être un peu trop palpitant, tout bien considéré… Chris lâche un reniflement de dédain.
« Que des ragots, bougonne-t-il. Depuis ce matin, y'a que ça… on n'a pas dû être au même bal !
-C'est sûr ! » prétendis-je avec un vague rire archi-faux.
Sans pouvoir m'en empêcher, je regarde par-dessus mon épaule, mes yeux se braquant instantanément sur Henry et ses cheveux défiant les lois de la gravité sur sa tête penchée vers mon frère. Ils rigolent eux aussi et je ne sais pas de quoi ils parlent. Peut-être qu'eux aussi se racontent les dernières actualités de la vie sentimentale et sexuelle de la population de Poudlard. J'allais me retourner à nouveau quand Henry lève soudainement les yeux vers moi, et mon souffle s'accroche dans ma gorge. Il me sourit avec cet air mystérieux et je comprends que c'est sa manière de me rappeler qu'on partage un secret. Et mon cœur ralentit peu à peu, je me sens plus légère, et presque plus vivante ! J'avais peur d'avoir fait quelque chose de mal mais Henry ne m'aurait jamais souri de cette façon, si ça avait été le cas. Et puis, si c'était mal, je ne me sentirais pas aussi bien. Je n'aurais pas autant envie de recommencer. Je me retourne en riant et Chris m'observe étrangement.
« Qu'est-ce qui t'arrive ?
-C'est un secret ! »
Tous les détectives ont des secrets, sinon ils ne sauraient jamais où chercher pour découvrir ceux des autres.
xOxOxO
« Et donc, ça c'est la liste des élèves ! Tous nos suspects, triés par années et maisons ! Je sais que c'est un peu raciste, enfin… maisoniste, mais c'est quand même un détail important parce que si on part du principe que le choixpeau nous décrypte bien, on peut essayer de cerner les élèves ! Pour le côté psychologique de l'enquête !
-C'est vrai que c'est important, la psychologie, m'approuve Fred avec un sourire en coin.
-Oui ! »
Heureuse que Fred soit d'accord avec moi, je lui souris de toutes mes dents et fais une mini danse, en tenant mon parchemin devant nous. On est assise dans un coin de la bibliothèque où Mme Pince ne traîne pas trop, parce que c'est une vraie commère, et elle serait bien capable d'aller raconter ma stratégie à tout Poudlard ! En plus, si ça se trouve, c'est une complice, on n'est jamais assez prudents ! Tout le monde est suspect. Bon, j'exclue Fred, Jamie, Chris et Henry mais c'est tout. Quoique, imaginez ça ! Ce serait un dénouement incroyable !
Je détaille Fred du regard qui continue à me sourire doucement et rigole. Perplexe, elle me demande ce qui se passe.
« Je t'imagine floutée, partagé-je en riant encore.
-Et ça rend comment ? plaisante-t-elle après un hochement rieur de la tête.
-Mystérieux ! Peut-être qu'il faudrait que je t'interroge !
-Avec plaisir ! Loin de moi l'idée de faire obstruction à la justice ! »
Je ris de plus belle avant qu'une ampoule s'allume dans mon cerveau et je me penche vers ma liste, plume en main.
« Je rajoute les elfes de maison, on sait jamais ! J'avais déjà mis les profs et le reste du personnel, à la fin !
-Euh… je ne pense pas que les elfes de maison puissent être les encagoulés…
-C'est sûr que ce serait du retournement de situation de grand niveau ! A la Agatha Christie ! m'enthousiasmé-je. Après tout, puisque les gobelins peuvent bien se révolter tous les dix ans, les elfes de maison peuvent se laisser influencer ! Ils sont quand même pas super bien traités ! Oh mais oui, c'est ça ! C'est comme pour les esclaves ou les colonisés ! Ils se révoltent contre leurs oppresseurs et font un massacre généralisé !
-Oui mais pourquoi ils s'attaqueraient aux né-moldus, alors que c'est les plus étrangers au problème ?
-Baaaah… »
Je me trifouille les méninges avant d'admettre, en faisant la moue :
« Ouais, bon… c'est p't-être pas eux…
-Salut, les filles ! Qu'est-ce que vous faites de beau ? »
Je lève instantanément le menton vers David qui s'assoit juste à droite de Fred que je vois blanchir subitement. Inquiète, je fronce les sourcils mais elle m'ignore et se saisit de ma liste pour s'y intéresser avec dévotion, et alors, je me réjouis de son implication parce que, sérieusement, c'est quand même l'enquête de l'année –que dis-je ! de toute notre scolarité ! et il serait bien que nos camarades prennent exemple sur Fred !
« Nous allons déflouter et décagouler les malfaiteurs de Poudlard ! annoncé-je fièrement à David. Nous allons te venger, Davidou !
-Ah…
-Pour ça, faudrait d'ailleurs que je t'interroge…
-KitKat, tu m'as déjà interrogé dix-mille fois à l'infirmerie !
-Et tu nous as pas franchement aidés ! » lui reproché-je.
Il soupire et demande à Fred de lui passer la liste pour qu'il voit de quoi il retourne. Une millie-seconde plus tard, c'est fait et Fred gesticule sur sa chaise, mal à l'aise.
« Si tu n'avais pas fini de lire…, commence David gentiment.
-Non, non, c'est bon ! J'ai fini !
-Freddy est une rapide !
-C'est une liste de tous les élèves ?
-Huhum, je compte tous les interroger. »
David jette un regard incrédule à Fred, comme pour savoir si je suis sérieuse –je sais que les projets de taille impressionnent souvent-, mais elle a ses yeux fixés sur moi, et je souris à sa solidarité.
« Mais il y en a dont tu connais même pas le nom ! C'est qui « petite blonde au nez-champignon » ?! »
Vexée, je lui arrache ma liste, mon labeur, de ses mains indignes et irrespectueuses.
« J'ai pas fini ! Rho ! Ingrat ! »
xOxOxO
« Pas d'attaque depuis le bal mais ça veut pas dire qu'il faut dormir sur ses deux oreilles, nous met en garde Dylan. Au contraire, il faut redoubler de vigilance et…
-C'est même pas possible, grommelé-je.
-Quoi ? s'enquit John.
-De dormir sur ses deux oreilles, c'est pas possible. Physiquement, personne n'a la tête aussi souple pour dormir sur ses deux oreilles… il faudrait avoir une tête plate pour ça ! »
Les bras croisés sur ma poitrine, je secoue la tête avec agacement. Ça m'énerve les expressions qui ne veulent rien dire. Je jette un coup d'œil à John pour voir ce qu'il en pense mais, un air excédé au visage, il m'ignore. Enervée, je le fusille des yeux, pour la forme.
Devant nous, Dylan continue son discours pour bien nous faire comprendre que la lutte continue et que ce n'est pas parce qu'on est tous encore plongé dans notre euphorie d'après-bal qu'il faut se ramollir. On est au centre de la grande pièce que nous prépare la Salle-sur-Demande pour chaque regroupement –auquel je vais vraiment à reculons parce que, il faut bien le dire, c'est toujours le même refrain… et c'est ennuyant à pleurer. Si je suis là, c'est seulement pour Jamie. Il dit que ça le rassure que je me tienne au courant des avancées. Pff. Ici, c'est moi la plus informée ! Je sais qu'il y a deux bandes bien distinctes d'agresseurs à Poudlard ! Et j'ai le témoignage de Nick-Quasi-Sans-Tête qui pense que Peeves est dans le coup ! Et il avait des arguments plutôt convainquants… suite à cela, j'ai rajouté le nom des fantômes et des tableaux comme complices possibles parce que, honnêtement, dans cette école, faut même se méfier des escaliers, alors !
Jamie est juste à côté de Dylan, captivant l'attention générale, et un peu derrière lui, il y a Henry. Je ne sais pas comment c'est possible mais avant sa présence seule suffisait à m'agacer, et maintenant il suffit qu'il soit là pour que tout soit agréable. La preuve, je ne regrette même pas d'être ici !
« Oh Merlin, c'est angoissant ! gémit Rita, l'amie de Marianne.
-Ca va aller, la rassure Dylan, en souriant. Si vous êtes prudents, y'aura pas de souci.
-Et on va les coincer, ces enculés ! » assure mon frère.
Sur ce, pleins de cris de guerre et le sujet est clos. Enfin, non, pas vraiment, puisque les élèves présents se divisent en petits groupes pour commenter tout et n'importe quoi. Je réentends les anciens ragots du bal mais modifiés et épicés depuis la dernière fois, et je ris parce que Dylan devrait revoir ses discours. Ils ne sont pas assez poignants, c'est évident. Il faut raconter des histoires d'horreur pour marquer les gens ! Moi, si je leur racontais comment ils m'ont étranglée avec ma propre cravate, je suis sûre que j'aurais un bien meilleur effet.
Secouée de frissons rien que d'y repenser, je m'éloigne de John qui me fait toujours la gueule à cause du bal. Il n'a aucune raison, en plus ! Enfin… si, peut-être une ou deux, mais il les connait pas donc, c'est comme s'il n'en avait pas. Non, là, franchement, c'est juste pour le plaisir de m'ignorer ! De toute façon, il n'arrête pas de faire ça. Dès qu'il y a ses amis, je n'existe plus…
« NON ! Reste là, je te parle ! »
Je me tourne vers Isa qui, à quelques pas, tient le bras de mon frère qui, d'après moi, a dans l'idée de s'en aller. Il baisse un regard dégoûté sur la main d'Isa avant d'arracher son bras de son emprise. Henry, à côté, fait une drôle de tête et a l'air d'hésiter à intervenir. Je me rapproche d'eux quand mon frère grince :
« T'avise pas de me retoucher, Isa...
-Je veux juste te parler et tu refuses de m'écouter !
-Je t'ai d'jà bien assez écouté comme ça, toi et ta sale langue de pute ! Et où ça m'a mené, hein ? Pile dans les beaux quartiers de Cocu-Land ! » il a un rire mauvais avant de secouer la main et de la prévenir, « M'prends pas trop pour un con, Isa…
-Oh non, toi, tu es Monsieur Parfait ! Qui ne fait jamais d'erreur !
-Rassure-toi, j'en fais, des erreurs… »
Avec un regard éloquent, Isa comprend bien vite qui il considère comme une erreur personnelle et je la vois retenir ses larmes mais elle se reprend vite et ironise :
« Et t'appelles ça comment quand tu te tapes ta pouffiasse de capitaine ?
-Du putain de bon temps ! » répond-il joyeusement.
Et cette fois-ci, quand il part, elle ne le retient pas et Henry s'en va avec Jamie. Je faisais un pas vers elle, la sentant au bord des larmes, mais Jamie m'attrape par le bras au passage. J'ai le droit à un regard assassin tandis qu'il me traîne derrière lui, et il s'énerve :
« Arrête de vouloir toujours traîner près des ordures, Cathouille !
-Elle va pleurer…
-Ouais. Justement. Laisse-moi profiter du moment. »
xOxOxO
« Ouais, les Serpillères ont des sales petites fouines de mouchards partout !
-Grave, y'a rien qu'à voir comment ils connaissent toujours nos stratégies de Quidditch…
-John…, l'appelé-je.
-J'avoue ! L'an dernier, avec leur sale coup de… »
Je toussote de façon délibérément appuyée tout en tirant sur le poignet de John pour lui rappeler que ça fait près de deux heures qu'on est ici et que je m'ennuie, que je me fiche de leurs théories du complot et de leurs résumés de matchs de Quidditch. Mais bon, ça, il le sait ! D'ailleurs, lui et ses deux abrutis d'amis le savent pertinemment puisque je n'arrête pas de lui lancer des coups d'œil implorants et de lui dire que je veux partir, mais c'est comme parler à un macaque !
Il m'ignore royalement et fait comme s'il ne me sentait pas tirer sur son bras comme si je voulais allumer une fichue ampoule dans sa tête !
« Mais on va tellement les défoncer la prochaine fois que ça va être vite réglé !
-Je veux bien m'occuper de Rogers personnellement !
-John ! m'écrié-je en remuant mes deux mains comme pour appeler un bateau. John-john-john, ohé ! Je suis lààà, est-ce que tu m'entends ?!
-Merlin, Cath, quoi ?! »
Il tourne une tête colérique vers moi et j'ouvre de grands yeux, abasourdie. Non mais c'est le monde à l'envers ! C'est lui qui fait comme si je n'existais pas et c'est moi qu'il regarde comme ça ?! J'écarte les bras avec exagération et lui jette :
« On y va, oui ou non ? C'est bientôt le couvre-feu !
-Ca va, lâche-moi ! On a encore le temps, putain !
-Non ! Il est presque 21 heures, là ! m'exaspéré-je. Et même ! J'en ai marre, je veux qu'on parte !
-Tu peux pas rentrer toute seule, princesse ? se moque son ami Clint.
-Mêle-toi de tes affaires, Clint ! éclaté-je. Je t'ai pas parlé !
-Ouuuh… faut que tu la maîtrises, ta copine, gros, se charge de riposter Franck, le troisième gros lourd du lot.
-Je la maitrise très bien ! »grince John
Lui et moi fusillons du regard ses deux crétins toutes catégories de copains. Tiens, allez, prends-toi ça, Francasse-citrouilles, tu vois bien qu'il me… quoi ?! Je fais volte-face sur John pour le frapper à l'épaule du plus fort que je puisse. Il grogne et s'écrie :
« Mais ça va pas ! T'as craqué ou quoi ?!
-Tu es vraiment un abruti ! craché-je. Je rentre ! Amuse-toi bien avec Dingo et Pluto !
-De quoi elle parle encore… ?
-Dingo et plus tôt que quoi ? »
Pff, en plus de ça, ils sont incultes. Je renifle de dédain en marchant le plus loin d'eux en direction de la porte de sortie. J'espère qu'ils vont dépasser le couvre-feu et se retrouver nez-à-nez avec le concierge, ça ne leur fera pas de mal d'astiquer des cuvettes de w-c tout leur samedi après-midi, à ces trois-là ! Et John… oh John… demain, je ne lui parle pas de la journée ! Et il n'a pas intérêt de m'attendre à la sortie de ma salle-commune, demain matin, parce que sinon…
« Je la maitrise très bien, hinhinhin, imité-je sa voix de gorille en poussant la porte à deux mains. Je m'appelle John et je suis un sale babouin ! Il faut toujours que je fasse le gros malin devant mes copains, hinhinhin ! »
Je lève les yeux au plafond en faisant claquer mes talons avec colère contre le sol, le son se réverbérant dans le long couloir. Quel abruti…
« Les babouins sont les pires…, s'élève une voix derrière moi. »
Je sursaute et me retourne, paniquée. Henry ! Oh, Merlin soit loué ! Il me sourit de sa façon habituelle, un large sourire fermé qui fait briller ses beaux yeux noisette. Aussitôt, les abeilles sortent de la ruche qu'elles ont confectionné dans mon ventre et vont bourdonner un peu partout, me chatouiller et me faisant trembler, vibrer.
Je pose une main sur mon cœur qui bat la chamade et ris un peu nerveusement.
« Henry ! Tu m'as flanqué la frousse !
-J'ai vu ! rit-il en s'avançant vers moi. Désolé, je voulais pas… alors, ce connard de babouin ? »
Je fais la moue et grommelle dans ma barbe, tournant des talons pour reprendre mon avancée dans le couloir. Henry me rejoint sans mal et il me regarde avec malice, un sourcil épais et brun levé haut sur son front.
« Il te laisse rentrer toute seule ?
-Je préfère rentrer seule qu'avec lui, de toute façon, craché-je avec énervement.
-Mais rentrer avec moi, ça te va ? »
Son ton suavement charmeur me rappelle le bal et notre coin sombre, et ses lèvres, et les abeilles font une folle farandole autour de la ruche. Et toute ma colère s'évapore, je ne peux que lui sourire en penchant la tête sur le côté. Tout d'un coup, je n'ai plus du tout envie d'aller me coucher…
« Et si on allait faire un tour au parc ? proposé-je.
-Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse, dans le parc ? raille-t-il. On va se les cailler ! »
Je perds instantanément mon sourire et lui lance un regard noir. Ca faisait longtemps qu'il ne s'était pas moquée de moi, dis donc ! John et lui font vraiment la paire !
La minute suivante, il m'attire contre lui, un bras encerclant mes épaules et il penche un visage mystérieux et malicieux sur moi.
« Mais je sais où on peut aller…, me glisse-t-il avec un clin d'œil. Pré-au-Lard.
-Quoi, maintenant ?! »
Je frémis, incroyablement excitée à l'idée de quitter Poudlard si tard avec Henry en empruntant un passage secret. J'y suis déjà allée le soir mais jamais après le couvre-feu en semaine ! Et puis, c'est Henry, pas n'importe qui… tous les endroits qu'il doit connaître… où il est sûrement allé avec mon frère…
« Pourquoi attendre demain ?
-Je veux pas attendre demain !
-J'en étais sûr. »
Il me prend par la main et se remet à marcher vite, m'entrainant derrière lui et je ris de plaisir. L'anticipation est tellement euphorisante. Et ça ressemble à toutes ces histoires fictives d'aventures nocturnes et illicites, secrètes. Bon, elles seront peut-être pour nous, les cuvettes des toilettes, samedi, mais honnêtement…
Je m'en fiche pas mal !
