Et voilà, nous voilà arrivé·e·s à la fin de cette histoire avec un épilogue partagé entre nos deux héroïnes austiniennes. On espère que vous avez aimé.
Bonne fin de lecture !
Epilogue :
"C'est vraiment bon, m'extasié-je avec bonheur, tu pourras le dire à Marianne, Freddy !
-Oui, répond-elle, elle sera heureuse d'apprendre qu'on a suivi ses conseils."
Le nouveau café est adorable. Un peu reculé dans Pré-au-Lard mais tout de même victime du succès de son ouverture récente. L'endroit est petit mais cosy, et les fauteuils en velour qui encadrent les tables rondes sont tout aussi beaux qu'ils sont confortables.
"Tiens, vos preux chevaliers reviennent de leur mission intrépide," ironise Chris.
Il conclut sa remarque en logeant son menton dans le creux de sa main dont le bras est accoudé a la table, et Fred et moi échangeons un regard rieur. Chris boude parce qu'il considère qu'il nous tient la chandelle, entre Freddy et David, et moi et Henry… il est jaloux, c'est adorable !
Nous prenons tout de même en compte l'information et regardons toutes les deux nos petits copains revenir avec deux nouveaux cappuccinos puisque Fred et moi avons fait un sort aux premiers. Mes dents mordillant les lèvres pour retenir quelque peu le sourire béat qui me prend à la vue de Henry, je l'admire alors qu'il approche de son pas assuré et énergique.
Déposant les boissons fumantes devant nous, David s'asseoit auprès de Fred en déposant une douce bise sur sa joue rosissante tandis que Henry prend place à mes côtés, tout en allongeant son bras sur le dossier de mon fauteuil pour me caresser tendrement l'épaule.
"Et mon thé ? grommelle Chris.
-Il est pas prêt, répond David, mais ils ont dit qu'ils nous préviendraient quand ce serait bon !
-Mais faut pas être comme ça, Chris, lui dis-je, c'est pas grave si t'es célibataire…
-C'est pas le souci, Catherine, je veux mon thé, c'est tout ! Et y'a du favoritisme…"
A l'entente de mon prénom complet, je me recule avec une mine choquée tandis que Fred dissimule un petit rire dans le cou de David qui ne cache pas le sien.
"Ca a pas marché avec Elisa ? demande alors Henry.
-Non… on était trop différents…
-Mais t'inquiète pas, Chris ! le rassuré-je. On va…
-"On" va rien du tout ! m'interrompt celui-ci, je suis désolé de te l'apprendre, Cathy, mais t'es pas la marieuse la plus douée que je connaisse…"
Bah dis donc ! Comme si je pouvais deviner qu'Elisa et lui ne finiraient pas le bal aussi bien qu'ils l'avaient commencé ! Sur le papier, ils étaient parfaits l'un pour l'autre. Et puis, on dit bien que c'est l'intention qui compte ? Pff, Chris n'est qu'un ingrat… A l'époque, on avait quand même une malédiction qui planait sur nous comme l'ombre d'un vampire !
Bafouée, je fais la moue en me tournant vers Henry qui déménage son bras du dossier de mon fauteuil à mes épaules pour m'emmener vers lui et je me blottis contre lui.
"Ah bah moi, j'suis pas d'accord, intervient David, tu es même ma marieuse préférée, Kitkat !"
A ses côtés, Fred sourit avec un doux contentement tandis que David me lance un clin d'œil, et forte de cette victoire, je tire la langue à Chris, revancharde, qui ne trouve rien de mieux que de lever les yeux au plafond.
"Votre thé, se présente alors une serveuse plutôt jolie.
-Oh merci," fait Chris en retrouvant toute sa politesse et courtoisie caractéristiques.
Et sur un sourire charmant pour lui, celle-ci s'en va. Oh, tiens, tiens… j'ouvrais à peine la bouche pour commenter le moment que Chris lève un index autoritaire pour me stopper :
"Pas un mot !
-Mais…
-Pas de mais !
-Pff."
OoOoOo
Oh, un recueil de contes moyenâgeux sorciers ?! Emerveillée par la trouvaille, ma main bondit sur le dos en cuir brun du livre, parmi les nombreux autres qui s'étalent le long des étagères fournies de la librairie, et je m'en empare aussitôt. Mais alors que je l'ai retiré de l'étagère, mon attention est happée par la grosse tête de Jamie qui m'observe par le trou que je viens de créer dans la bibliothèque. Ses sourcils noirs sont froncés et ses yeux me fixent avec irritation avant qu'il ne me lance :
"Ah bah te voilà, Cathouille !"
En soufflant fort par le nez d'exaspération, je replace le livre à sa place pour éjecter mon jumeau de mon champ de vision et dans un roulement oculaire, je m'en vais, abandonnant le recueil. Tant pis ! Je trouverai quelque chose de mieux, celui-là ne va pas me porter chance ! J'atteignais le bout de l'allée, quand Jamie dérape dans un crissement de ses baskets contre le parquet vieilli pour me barrer le chemin. Derrière lui, David, Fred, Chris et Henry papotent autour d'une des petites tables qui servent normalement à accueillir les lecteurs… bien que présentement aucun d'eux ne tient de livre… il vaut mieux pas que Mr Tetters ne les voit, ou il va les jeter dehors à grands renforts de coups de pied dans le derrière -je l'ai déjà vu faire, et il prend un malin plaisir dans cette activité !
Henry tourne la tête vers nous et surprend la scène, me trouvant aux prises avec mon satané frère jumeau, et je le vois très distinctement rire de ma position. Je secoue la tête avec dérision. Je crois pourtant savoir qu'ils se reparlent pas plus que Jamie et moi, pourtant, la solidarité masculine reste bien présente… tss, tss.
Jamie me rappelle à sa présence sur un implacable :
"EHO ! Je te cause !
-Et c'est bien ça, mon problème ! rétorqué-je en faisant mine de le contourner. Je n'ai rien à dire à un TRAITRE !
-Comment tu peux me traiter de traître ?! s'indigne-t-il en insistant pour me coincer dans mon allée. C'est toi la traîtresse dans l'histoire… et pourtant, je fais pas la gueule, moi !
-Traîtresse de quoi ? m'enquis-je en croissant les bras sur ma poitrine.
-Tu kifferais si je bécotais Freddy dans ton dos et que je le découvrais par la bouche de son copain ?"
Quel étrange scénario. Assez confuse, j'essaye d'imaginer la chose alors que mon regard vogue sur Freddy qui rit à une intervention de David. Freddy et Jamie… c'est drôle, ça…
"Ok, me coupe-t-il, excédé, arrête de l'imaginer ! Rho, c'est pas vrai…
-Mais c'est toi qui…
-D'accord, c'est ma faute ! admet-il en brandissant ses deux mains en avant. Parfois, j'oublie que ton cerveau fonctionne pas normalement et je te donne des mauvaises idées…"
Perplexe, je fais la grimace en penchant la tête. Qu'est-ce qu'il raconte ? Qu'est-ce qu'il a mon cerveau ?
"Allez, arrête de me faire la tronche, ok ? reprend-il en prenant un air presque désolé. J'aurais pas dû demander à Henry de plus te voir… et j'aurais dû le cogner non plus…"
Ma grimace se change en moue et je le surveille avec précaution. Il tente un petit sourire que je ne lui ai que très rarement vu. Seulement alors qu'il avait fait une si grosse connerie que nos parents le disputaient et qu'il devait demander leur pardon. Ce qui n'arrivait que très rarement. Papa étant pasteur et Maman, toujours son cœur hippie, sont tous les deux d'une indulgence quasiment inépuisable.
"T'es vraiment désolé ? vérifié-je, un peu triste soudainement en me souvenant de son comportement. T'es mon frère jumeau, tu dois toujours être de mon côté normalement…
-Ouais, Cathouille, je suis vraiment désolé. Promis."
Un sourire crépite alors contre mes joues et je fonds dans ses bras qu'il ouvre aussitôt pour m'accueillir contre lui.
"Tu m'as manqué, Jamie !
-Toi aussi, espèce de timbrée."
OoOoOo
Je frissonne, enfonçant mon bonnet sur mes oreilles pour me protéger du vent froid et de la nuit qui tombe sur le village de Pré-au-lard. L'après-midi n'est pourtant pas si avancée, ou alors je n'ai peut-être pas vu le temps passer. Ma main est lovée dans celle de David, ma poitrine ronronnante d'affection pour ce simple geste. Cath, lui et moi contemplons les illuminations des boutiques qui scintillent de chaleureuses lumières dans le crépuscule.
« Comment ça les moldus font d'aussi belles illuminations ? fait David étonné.
Ah si si, insiste Cath, tu as jamais vu celles de notre jardin pour Noël c'est tout ! Tous les ans on met une journée à tout installer ! Et on a toute la crèche ! Papa est très fier !
La crèche ? répète-t-il sans comprendre. C'est quoi ça ?
Ben tu sais, Jésus, Marie et tout... avec l'âne grandeur nature et les rois mages ! »
Cath fait de grands gestes pour accompagner son explication, mimant la fameuse scène biblique. David m'adresse un regard éperdu, j'ai un petit sourire amusé en serrant ses doigts.
« La crèche c'est un ensemble de personnages en statuette qui représente la naissance du dieu de certains moldus, soufflé-je. A Noël c'est une tradition de la montrer.
Ah bon... fronce-t-il les sourcils perplexe, non mais ils croient en des dieux mais ils ne croient pas à la magie ?
A une sorte de magie, expliqué-je songeuse, un peu comme un tour de passe-passe sans baguette magique qui repose plutôt sur la dextérité !
Et tu en connais ?
Pas vraiment, c'est beaucoup plus dur qu'il n'y paraît en fait ! Plus dur qu'un sort avec la baguette ! »
Il m'écoute avec une attention curieuse et peut-être dubitative, complètement fasciné par ce monde que je lui décris. Sa mine nous fait nous esclaffer avec Cath. Elle lui promet de l'inviter assister à une des messes de son père pour se faire sa propre opinion ce à quoi il répond avec enthousiasme. Je lui glisse que c'est tout de même assez ennuyeux et répétitif, lui proposant plutôt d'aller voir un spectacle de magie. Il semble enchanté par ces deux perspectives pour en apprendre plus sur les moldus.
« Au fait, t'as donné ton autographe de Tina Gordon à ton frère ? demande-t-il.
Ah non ! s'exclame-t-elle.
Tu le gardes pour une occasion ? fais-je intriguée. Votre anniversaire n'est pas dans longtemps...
Naaaan, sourit-elle narquoisement, j'aime bien le faire tourner en bourrique surtout, il doit ruminer là à attendre que je lui donne ! »
Elle a retrouvé sa légèreté naturelle depuis son échange avec James dans la librairie. Je suis heureuse qu'ils aient trouvé rapidement un terrain d'entente, j'espère que lui et Henry arriverons aussi à redevenir amis. Je ne trouve pas du regard. Sont-ils allés eux aussi avoir une conversation à cœur ouvert ? James ne semble pas le genre à admettre son erreur deux fois dans la même journée.
J'aperçois en revanche Chris en train d'acheter sa barbaraignée à la petite échoppe du coin de la ruelle. Je me balance sur place, essayant de faire circuler le sang jusqu'à mes orteils, lorsque Marianne nous tombe brusquement dessus. Des petits flocons parsèment sa chevelure dorée, elle affiche un sourire rayonnant.
« Freddy ! S'exclame-t-elle avant de roucouler, alooooors comment se passe ce double rencard ? »
Je me sens rougir vivement, bourdonnant de gêne autant que de plaisir à cette apostrophe. Je glisse un petit coup d'œil maladroit à David qui semble peu affecté. Il m'adresse un petit clin d'œil qui me réchauffe jusqu'à la pointe de mes pieds. Marianne semble aussitôt deviner mon trouble et affiche un petit rire amusé.
« Au top ! répond David en mâchant un morceau collant de sa barbaraignée avant de dire avec humour, Je crois que Christopher est le plus heureux de nous cinq !
Vraiment ? se moque-t-elle gentiment. »
Elle adresse un regard à Chris qui revient vers nous avec sa friandise sucrée. Henry apparaît soudainement derrière lui, faisant voltiger avec sa baguette une boule de neige en l'air. Il adresse un regard narquois. Cath qui met aussitôt les mains devant son visage pour se défendre en poussant une exclamation défensive. Surpris, Christopher se retourne vers lui, cherche à sortir de la trajectoire. Son mouvement vif le fait glisser sur le bois humide du trottoir en battant des bras. La boule de neige atterrit au beau milieu de sa barbaraignée.
Un éclat de rire jaillit de nous quatre tandis qu'Henry, désolé, s'excuse piteusement. Chris, encore à terre, marmonne :
« Et ça se prétend poursuiveur de Poufsouffle ? »
Sa remarque acerbe fait sourire Marianne qui lui tend la main pour l'aider à se relever. Il s'en empare pour se redresser sur ses jambes. Elle lui adresse un sourire lumineux en lui tendant sa babaraignée spongieuse qui le laisse dépité.
« Si jamais tu en as marre de tenir la chandelle, tu peux venir avec moi et Fanny ! Propose-t-elle, On rentre en calèche !
Volontiers, lâche-t-il en adressant un regard agacé à nos mines amusées.
Super ! s'enthousiasme-t-elle. A toute à l'heure alors ! »
Déstabilisé par son visage rayonnant, il reste couac alors qu'elle disparaît de notre vue pour retrouver Fanny.
« Tu veux vraiment rentrer en calèche ? Fait Cath avec une petite moue.
Ma présence vous manquerait-elle vraiment ?
Je prévoyais un détour par la cabane hurlante moi !
Alors comme ça c'est sûr, je ne viens pas avec vous ! S'exclame-t-il. »
OoOoOo
« Frédérika ! s'exclame Sarah d'une voix aiguë, tu sors avec mon frère ?! Je le crois pas ! Il t'a jeté un sort, c'est pas possible autrement ! »
Sa remarque me fait piquer un fard, je baisse les yeux et tripote machinalement mes doigts. David pose d'autorité son bras sur mes épaules et répond à sa sœur d'une voix exagérément outrée :
« Hé ! Je te signale que je suis incroyable comme mec ! T'es juste pas objective !
C'est ce qu'il se répète depuis qu'il a découvert ses premiers poils de barbe, me glisse-t-elle. Comment il a fait pour te convaincre d'être avec lui...
Oh... en fait, murmuré-je maladroitement avant de rougir, c'est... c'est en partie moi qui lui ai demandé. »
Sa petite bouche s'ouvre de stupéfaction, elle adresse un regard ébahi à son frère qui la toise narquoisement. Elle pointe sans y croire son petit index sur lui, en me dévisageant.
« NON ?! »
Je me sens devenir complètement cramoisie. Elle décoche un regard perplexe à David, semblant ne pas voir ce qui peut le rendre attirant aux yeux d'un autre être humain. Mon pauvre cœur lui en a des palpitations. Il s'emmêle dans son rythme pour essayer de contenir toutes les jolies choses que j'aurais à dire sur son frère. Un sourire stupide me saisit. Il plante un baiser sur le sommet de mon crâne avant de crâner :
« Impressionnée, hein ? Et même qu'elle m'a presque harcelé !
Mais bien sûr... Frédérika si jamais il est trop lourd, tu peux me le dire, me souffle-t-elle, et n'hésite pas à lui mettre une tape derrière la tête. Ça lui remet les idées en place. »
Après une boutade à son frère et une chamaillerie échangée, elle nous adresse un petit signe de la main pour retrouver ses deux amies près des calèches. Il m'entraîne à sa suite rejoindre Cath et Henry qui nous attendent de pied ferme sur le petit sentier qui serpente jusqu'au château. Elle a réussi à nous convaincre de passer par la cabane hurlante, en promettant de ne pas chercher à y entrer. Je doute fortement qu'elle soit capable de résister et de tenir cette promesse. Henry et David aussi d'ailleurs.
Elle enroule un bras autour de moi alors que nous prenons la tête de l'équipée. Je lui adresse un petit sourire.
« Je suis heureuse pour toi, soufflé-je, que tout finisse par s'arranger.
Oh Freddyyyyy, ronronne-t-elle, c'est gentil !
Tu mérites le meilleur, secoué-je maladroitement la tête.»
Nos baguettes projettent un petit lumos dans la nuit tombée et nous guident pour éviter les racines des arbres et en sortant de la forêt on découvre le saul-cogneur dressé dans le champ en contrebas du château. Sa silhouette intimidante découpe des arabesques tortueuses à la lumière de la lune. Cath a un petit air ravi au visage qui m'enchante. Là où elle voit la fameuse cabane hurlante où le dernier loup garou connu de Poudlard s'est transformé, je vois un paysage digne des poèmes lugubres de Pouchkine. Cette pensée dessine un sourire sur mes lèvres, et une bouffée d'affection me saisit. Je resserre mon étreinte autour d'elle.
Un hurlement de loup, assez grotesque, nous fait sursauter. Je me retourne avec elle sur Henry qui fait mine de rien en prenant un air terrifié qui fait éclater de rire David.
« Cath ! Vite, tirons-nous ! Nino Caravelo est en pleine transformation !
C'est pas la pleine lune, ça prend pas ! Fait-elle avec un petit air entendu avant de sourire de toutes ses dents, mais j'pense qu'on peut aller vérifier, hein !
Ah ouais ? s'esclaffe David, tu te portes volontaire pour aller chatouiller le saule-cogneur Kitkat ?
Et comment ! J'ai toujours voulu voir le passage secret moi ! Allons-y ! »
D'un bon pas elle s'élance vers l'arbre sous les yeux médusés des deux garçons.
« Cath ! Attends ! m'écrié-je ».
Je me précipite à sa suite pour l'empêcher de se faire assommer.
