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Sam fut réveillée en sursaut par le gémissement de Jack. Il était couché en cuillère contre elle. Elle écouta, guettant dans le silence jusqu'à ce que le cri étouffé se reproduise. Les doigts de Jack serrèrent vigoureusement sa hanche.

Sam tendit la main et alluma la lampe de chevet puis, elle se retourna vers Jack et lui secoua doucement l'épaule.

– Jack ! Réveille-toi ! Tu fais un cauchemar…

Il était très agité. Son corps était trempé de sueur et ses jambes étaient traversées de tremblements convulsifs. Il tournait la tête de droite à gauche sur l'oreiller, comme s'il cherchait à échapper à quelque chose ou à quelqu'un.

– Jack ! cria Sam en le secouant plus fermement.

La main du Colonel jaillit brusquement et se referma sur la gorge de Sam avec une force brutale. Sam suffoqua immédiatement et saisit son poignet pour tenter de lui faire relâcher sa prise.

Elle se débattait toujours lorsqu'enfin, Jack ouvrit les yeux. Il se figea, mettant une seconde à réaliser ce qui se passait et où il se trouvait. Sa poigne la libéra brutalement au moment où il laissait échapper son prénom.

– Bon Dieu, Sam ! Est-ce que ça va ?

Sam se frottait douloureusement la gorge mais elle hocha fermement la tête pour le calmer.

Elle avait vu pire. Elle survivrait. Retrouvant son souffle, elle tendit une main apaisante vers Jack qui avait prudemment reculé de son côté du lit pour lui laisser de l'espace.

– Je vais bien…

Sa voix était éraillée. Elle attrapa le verre d'eau posé sur la table de nuit et but une longue gorgée, essayant de contrôler le tremblement de sa main.

– Je suis désolé…

– Tu faisais un cauchemar, Jack. Cela nous arrive à tous.

– J'aurais pu te tuer !

Elle lui jeta un regard narquois. En fait, elle aurait pu lui casser le bras pour se dégager mais, elle avait espéré qu'il se réveillerait à temps.

Jack soupira lourdement. Il devina le cours de ses pensées : oui, elle pouvait le mettre K.O. Surtout maintenant… Mais cela n'enlevait rien au fait qu'il était terrifié par ce qu'il venait de lui faire.

Des marques rouges apparaissaient déjà sur sa peau pâle. Des marques de doigts…

Jack blêmit en les voyant.

Puis, un spasme de douleur le traversa, le faisant grimacer. Ses doigts se crispèrent sur les draps froissés et il ne put réprimer un gémissement.

Sam réalisa que c'était ça qu'elle avait entendu. Il ne faisait pas un simple cauchemar. Il souffrait dans son sommeil.

– Depuis combien de temps as-tu ces douleurs ? demanda-t-elle.

Reprenant son souffle entre deux spasmes aigus, Jack soupira :

– Je ne sais pas… trois… peut-être quatre jours. Mais ça n'avait jamais duré aussi longtemps.

Sam quitta le lit et disparut durant quelques instants dans la salle de bain. Elle en ressortit avec des flacons de comprimé et un autre verre d'eau.

Elle versa dans sa paume deux gélules anti-douleur et un comprimé de myorelaxant prescrit par Janet. Elle les tendit à Jack avec le verre. Il les avala docilement, sans demander ce que c'était.

Il avait trop mal pour réfléchir.

Sam récupéra le verre vide et se rallongea à côté de Jack.

Le Colonel se remit sur le dos avec un grognement sourd, les traits tirés par la souffrance.

Sam se rapprocha de lui, posant une main apaisante sur son ventre.

– Est-ce que tu te rappelles ton rêve ? demanda-t-elle.

– Ouais… On était prisonniers d'un groupe de Jaffas… Nous étions enfermés dans une de ces cellules sombres et humides, tu vois ?

– Oui, je vois bien. Qu'est-ce qui se passait ?

– Ils me torturaient… Je ne sais même pas pourquoi parce qu'ils ne posaient pas de questions… Juste… Ils semblaient prendre du plaisir à me voir me tortiller sous leurs bâtons de douleur.

Il se tut, semblant revivre son cauchemar. Sam posa sa tête sur son épaule pour l'ancrer dans la réalité. C'était la première fois qu'il s'ouvrait ainsi à elle.

– Ensuite, ils ont voulu s'en prendre à toi… Alors, j'ai essayé de t'atteindre… Je voulais te protéger mais… je ne pouvais pas bouger. J'étais comme cloué au sol…

Sam se serra davantage contre lui, glissant une jambe par-dessus sa hanche, entre ses cuisses.

– Tout va bien. Je suis là… Je suis en sécurité…

Jack renifla et grommela :

– En sécurité, c'est un bien grand mot… J'ai failli t'étrangler en te prenant pour un Jaffa…

Sam éclata de rire. C'était probablement inadapté et incohérent mais, c'était plus fort qu'elle. Leur vie était vraiment trop étrange.

Jack la regarda, un instant surpris puis, son rire se mêla au sien.

Il enroula son bras autour de ses épaules et déposa un baiser sur sa tempe.

Il commençait à se détendre lorsqu'une nouvelle vague de spasmes lui coupa le souffle. Il haleta de douleur. Son dos se cambrait presque sous la souffrance et ses jambes étaient parcourues de tressautements incontrôlables.

– Viens par-là… murmura Sam en l'attirant vers elle pour l'aider à se mettre sur le ventre.

Jack s'installa sans protester, espérant que le changement de position l'apaiserait un peu. Jim lui avait dit que le retour des sensations dans les muscles et les nerfs pouvait être très douloureux. Il avait aussi affirmé que cela ne durerait pas.

Sam retourna dans la salle de bain et revint avec un flacon d'huile de massage. Elle grimpa sur le lit, s'installa à cheval entre les cuisses et les fesses de Jack, sans peser sur lui et versa dans sa main un peu de liquide parfumé. Elle frotta ensuite ses mains l'une contre l'autre pour réchauffer le liquide avant de commencer à masser doucement le dos de Jack, commençant par le bas, là où la peau plus rose témoignait de la blessure cicatrisée grâce à l'appareil Tok'ra et en remontant lentement. Elle dessina des cercles apaisants, appuyant juste ce qu'il fallait pour détendre les muscles crispés et apaiser les nerfs en feu.

Jack soupira lourdement et commença à se détendre sous ses mains.

– Tu es douée…

Elle rit doucement et se pencha en avant pour déposer un baiser léger sur son omoplate.

– Reste tranquille, ordonna-t-elle.

Il grogna en réponse en s'abandonna à ses soins.

Lorsqu'elle eut terminé avec le dos, Sam se glissa à côté sur le lit et massa les fesses et les cuisses de Jack, suivant le nerf sciatique pour détendre complètement ses jambes.

Lorsqu'elle eut achevé ses soins, Jack s'était paisiblement endormi.

Sam se leva sans faire bouger le lit, se lava les mains et rangea le flacon d'huile avant de revenir se coucher. L'odeur parfumée avait apaisé ses sens et elle trouva le sommeil en quelques minutes.

oOo

Lorsque Jack s'éveilla, le soleil filtrait à travers les rideaux. La journée promettait d'être belle.

Il mit quelques instants avant de se souvenir de l'épisode agité de la nuit et il s'aperçut qu'il s'était endormi pendant que Sam le massait. S'aidant de ses bras, il pivota sur le flanc. Sam dormait encore et lui tournait le dos, sans doute dans un instinct de protection lié son agression involontaire de la nuit précédente.

Avec un soupir désolé, il enroula un bras autour de la taille de Sam et la tira doucement vers lui. La jeune femme ne résista pas et se coula contre son corps chaud avec un petit soupir de contentement. Jack sentit la petite main de Sam se poser sur la sienne, par-dessus son ventre. Rassuré qu'elle ne le fuit pas, il nicha son menton dans le creux de son épaule et respira doucement pour ne pas troubler son repos.

Lorsque Sam ouvrit les yeux, elle se sentit merveilleusement bien, noyée dans le parfum de l'eau de toilette de Jack et encerclée par ses bras puissants. Elle sentit son souffle chaud dans son cou et sut immédiatement qu'il était réveillé.

– Bonjour… souffla-t-elle.

– Bonjour toi…

– Je vais aller préparer le petit déjeuner, tu as une envie particulière ?

En réponse, il mordilla son épaule nue, seulement barrée par la fine bretelle de sa chemise de nuit. Sam gloussa et se tortilla dans le lit. Jack la câlina dans ses bras durant quelques minutes avant de la libérer. Il devait se rendre chez Jim et ne voulait pas être en retard.

Sam l'embrassa et se leva. Elle attrapa son peignoir en soie posé sur la chaise et se retourna pour lui sourire avant de filer à la cuisine.

Jack se figea soudain à sa vue et déglutit difficilement. La marque autour de sa gorge était à présent violacée.

Sam suivit son regard et comprit. Elle porta inconsciemment la main à sa gorge, sentant la peau enflée et douloureuse.

– Tout va bien, Jack… Je le sens à peine.

Il lui jeta un regard noir. Il savait qu'elle mentait.

Furieux, il se rallongea en lui tournant le dos, blessé et meurtri de lui avoir fait du mal.

Sam tenta de s'approcher et de lui caresser l'épaule pour le rassurer mais, elle le sentit se tendre et préféra ne pas insister pour le moment.

Elle fila à la salle de bain et profita de ce moment de calme pour étaler une couche de fond de teint sur la marque de doigts. Une fois le maquillage posé, les bleus étaient bien estompés même si une ombre subsistait. Sam devait se rendre à la base ce matin elle s'obligea à se rappeler de prendre un foulard avant de partir. Une fois sur place, elle passerait voir Janet. Peut-être que son amie aurait un remède miracle…

Jack ne quitta pas le lit malgré les appels de Sam à venir prendre son petit déjeuner. Finalement, consciente qu'elle allait finir par être en retard, Sam laissa le repas sur l'ilot de cuisine et cria à Jack qu'elle partait.

La porte claqua un peu plus fort que prévu.

Jack resta encore un moment sous les draps avant de se décider à faire surface. Il se rafraîchit et se rasa puis, se rendit à la cuisine dans l'espoir de trouver un reste de café.

Sam lui avait laissé un grand café dans un mug de transport qui le tenait au chaud et une assiette avec du bacon, des œufs brouillés et des pancakes sous cloche.

Jack soupira. Il ne la méritait vraiment pas.

Il avala son repas, l'esprit perdu dans ses pensées, se demandant ce qu'il pourrait faire pour se faire pardonner sa bêtise.

On sonna bientôt à sa porte et Jack ferma la maison pour se rendre au kiné avec l'ambulance assise qui le menait aux soins chaque jour.

Une fois dans le bureau de Jimmy, Jack décida de lui raconter les événements de la nuit.

– Tu devrais accepter de voir quelqu'un, tu sais, Jack… Tu as un syndrome de stress post-traumatique plutôt sévère…

– Ce n'est pas récent… grommela Jack.

– Peut-être mais, cette blessure a pu l'aggraver. Tu tiens vraiment à ce que l'incident de la nuit dernière se reproduise ?

– Bon Dieu, non ! s'exclama vivement Jack.

Jimmy lui lança un regard insistant et Jack finit par céder.

– Ok, je verrai quelqu'un…

Jim fouilla sur son bureau et lui tendit une carte de visite.

– C'est une de mes amies, tu verras, elle est vraiment géniale.

Jack lut le nom inscrit sur la carte et hocha la tête.

Il ferait ce qu'il fallait et si cela passait par s'allonger sur le divan d'une psy, eh bien… Il ne voulait pas perdre Sam.

– Je te propose de faire un peu de piscine, cela devrait soulager tes douleurs dorsales et te permettre de mieux dormir.

– D'accord. Sam m'a fait un massage dans la nuit, cela m'a bien soulagé.

– Tu as de la chance, mon gars. Cette femme est vraiment en or ! plaisanta-t-il.

Jimmy avait raison et Jack le savait parfaitement.

Peut-être qu'il était vraiment temps de lui montrer à quel point elle comptait. Ils n'étaient jamais allés au restaurant. Jack avait fait semblant d'oublier et Sam ne lui avait pas rappelé son gage. Il était gêné à l'idée de se rendre au restaurant en fauteuil roulant. Boire un café était une chose mais, faire tout un repas dans un lieu chic, c'était autre chose. Mais, il commençait sérieusement à douter de ses capacités à sortir un jour de ce carcan de métal alors, peut-être qu'il fallait simplement avancer désormais, tenter sa chance avec les cartes qu'il avait dans son jeu…

En sortant de chez Jim, Jack se sentait détendu et prêt à affronter le monde. Une fois à la maison, il décrocha son téléphone et réserva une table au Fairmont. Sam avait laissé entendre qu'elle avait toujours voulu essayer ce restaurant sélect de Colorado Springs. Par chance, un couple s'était désisté et une table était libre le samedi soir suivant. Jack réserva sans hésiter.

Puis, il raccrocha et appela Daniel.

– Allo ?

– Salut Danny ! ça va ?

– Jack ? Oui, tout va bien. Et toi ?

– Est-ce que tu es seul ?

– Ouais… Attends, je vais fermer la porte de mon bureau.

Daniel reprit le combiné quelques instants plus tard :

– C'est fait. Qu'est-ce qui se passe ?

– En fait, j'aurais besoin de ton aide… Je voudrais faire une surprise à Sam.

– Oh ! Eh bien… Oui, c'est une excellente idée ! Elle avait l'air un peu triste lorsque je suis passé à son labo tout à l'heure et elle a refusé de me dire ce qui n'allait pas… Je suppose que c'est ta faute, ironisa l'archéologue.

Le cœur de Jack se serra en apprenant que Sam était toujours blessée par son comportement.

– Tu sais bien que je peux être le dernier des crétins…

Daniel laissa échapper un rire.

– Allons, je suis sûr que ce n'est pas si grave ! tenta-t-il de le rassurer.

Mais Jack déclara :

– Je l'ai étranglée la nuit dernière. Je faisais un cauchemar et… je l'ai prise pour un Jaffa…

– Wow… Je ne savais pas, Jack… Je suppose que ça explique le foulard…

– Probablement… Elle avait une énorme ecchymose ce matin. J'ai piqué une crise en réalisant ce que je lui avais fait et je lui ai méchamment tourné le dos… Je crois qu'elle m'en veut plus pour mon attitude que pour cette nuit.

– Connaissant Sam, ça ne m'étonnerait pas. Qu'est-ce que tu pensais faire pour te faire pardonner ?

– Je vais aller voir un psy…

Daniel garda le silence, conscient de l'effort consenti par son ami.

Jack poursuivit :

– Et j'ai réservé une table pour deux au Fairmont pour samedi prochain. Mais je voudrais faire quelque chose dès ce soir…

– En quoi puis-je t'aider ?

Jack hésita puis se lança :

– J'ai une course à faire en ville. Tu crois que tu pourrais m'accompagner ? C'est trop compliqué en taxi avec le fauteuil…

– Euh, ouais, bien sûr. Sam a une réunion avec Hammond à 18 heures, si je quitte la montagne vers 17 heures, cela devrait nous laisser le temps avant qu'elle rentre.

– Super ! Je te remercie !

– Pas de problème, à ce soir, Jack.

SJSJSJSJ

Le soir, lorsque Sam rentra du SGC après s'être préparée à affronter la mauvaise humeur de Jack, elle tomba sur une table mise, un feu dans la cheminée et une musique douce. Jack émergea de la cuisine, manœuvrant habillement son fauteuil. Il portait un pantalon habillé et une chemise propre. Il était rasé de frais.

Tout le stress de la journée s'effaça et le cœur de Sam s'adoucit instantanément.

Il pouvait être tellement imbécile parfois et d'autre fois, si parfait…

– Bonsoir… murmura-t-elle en posant sa veste et son sac.

– Bonsoir. Comment s'est passée ta journée ?

– Bien. Fatigante. Felder a encore failli faire exploser une partie du labo, soupira-t-elle.

Jack lui offrit un sourire et lui tendit la main. Sam s'avança, la prit et se laissa aller lorsqu'il la fit asseoir sur ses genoux. Elle enroula ses bras autour de son cou et respira l'odeur de son après-rasage avant de déposer un baiser sur sa joue puis un autre, sur ses lèvres.

– C'est en quel honneur ? demanda-t-elle en désignant la table d'un regard.

– Je crois que tu le sais…

Elle soupira.

– Le repas sera prêt dans quinze minutes, annonça Jack.

– Génial, ça me laisse le temps de me changer.

Sam se releva et disparut dans la chambre. Quelques secondes plus tard, Jack entendit le bruit de la douche. Il retourna en cuisine, surveiller son plat de lasagnes.

Lorsque Sam reparut, elle avait enfilé une robe en laine qui moulait délicieusement ses formes et dessinait sa silhouette. Jack sortit le plat du four et dressa les assiettes.

– Laisse-moi t'aider, proposa Sam en portant les plats sur la table.

Jack la suivit avec une bouteille de vin rouge.

Sam s'installa et jeta un coup d'œil à l'étiquette de la bouteille : son vin préféré.

– Dis donc, tu as travaillé dur… constata-t-elle en admirant l'assiette odorante.

Jack jeta un coup d'œil vers sa gorge dégagée. L'hématome semblait moins vif qu'au matin. On le voyait à peine. Sam ajouta, en surprenant son regard :

– Janet m'a donné une dose d'arnica en granules, c'est remarquablement efficace… Cela devrait avoir disparu dans un jour ou deux.

– C'est bien. Je suis vraiment désolé, Sam…

Elle était sur le point de l'interrompre lorsqu'il lui fit signe de le laisser terminer. Elle se tut donc.

– J'ai accepté la proposition de Jimmy d'aller voir une amie à lui. Elle est psychiatre. Il pense que cela pourrait m'aider. Elle me reçoit lundi après-midi.

Sam écarquilla les yeux, manifestement agréablement surprise.

– C'est génial, Jack…

– Et, j'aimerais que tu me réserves ta soirée, samedi en huit. J'ai une petite surprise pour toi…

Sam lui offrit un sourire rayonnant.

– Entendu ! Qu'est-ce qu'on fera ?

– Est-ce que tu connais le sens du mot « surprise », Carter ?

Cette fois, Sam éclata de rire.

– Allez, mangeons avant que ça refroidisse ! déclara Jack avec un regard taquin.

Le repas achevé, ils s'assirent devant le feu, dans un nid douillet de couvertures. Sam lui raconta sa journée. Ils parlèrent de leurs projets pour le lendemain et finalement, Sam commença à embrasser Jack.

La soirée avait été parfaite et Carter se sentait d'humeur câline. Le baiser, doux et suave au départ, finit par s'embraser au point de les laisser tous deux pantelants et essoufflés.

Sam glissa ses mains sous la chemise de Jack et le caressa avant de commencer à défaire les boutons un par un. Jack la laissa faire et une fois le vêtement retiré, il s'attaqua à sa robe et la fit passer par-dessus sa tête, la laissant délicieusement ébouriffée et en sous-vêtements en dentelle.

Jack déglutit. Il avait encore du mal à s'habituer à cette version sexy de Samantha Carter.

Lorsqu'elle s'attaqua à sa braguette, Jack réagit enfin et murmura, tout en embrassant son épaule nue :

– On devrait déplacer ça dans la chambre, tu ne crois pas ?

Elle secoua la tête et, le fixant d'un regard coquin, elle répondit d'une voix enrouée de désir :

– J'ai toujours voulu le faire devant un feu… C'est romantique…

Jack ne mentirait pas. Il y avait pensé aussi… Et qui était-il pour lui refuser quoi que ce soit ?

Elle acheva sa tâche et s'installa sur ses genoux. Jack passa ses bras autour de sa taille et ses mains vinrent se poser sur le renflement doux de ses fesses, l'attirant doucement vers lui.

Sam l'embrassa à nouveau et ondula des hanches pour se frotter sensuellement contre Jack. Ils gémirent de concert et se laissèrent emporter par la vague de besoin qui les jeta l'un contre l'autre avec passion.

oOo

Le jeudi suivant, Jack était allongé dans le canapé devant un épisode des Simpsons, en train de siroter tranquillement une bière lorsque, soudain, un flash de lumière blanche l'avala.

Il n'eut pas le temps de cligner des yeux mais, il savait ce qui se passait.

Il ne lui fallut qu'un instant pour reconnaître les lignes épurées de l'appareil et la silhouette ronde et brillante de la Terre qui se découpait par l'immense baie vitrée.

Il était assis par terre dans le poste de pilotage d'un vaisseau Asgard.

Avec un soupir, Jack O'Neill jeta un coup d'œil circulaire alentours pour apercevoir la silhouette grise et frêle du Commandant du navire.

Thor descendit de son siège et s'avança vers lui de sa démarche dodelinante.

– Salutations O'Neill, déclara l'alien.

– Salut Thor ! Ça faisait longtemps, dis donc ! Pardonne-moi de ne pas me lever mais… en fait, je ne peux pas.

La tête de Thor s'inclina sur le côté et ses grands yeux noirs clignèrent à plusieurs reprises tandis qu'il examinait le terrien, assis au milieu de son vaisseau. L'homme ne portait pas la tenue habituelle des membres de SG1 et son attitude laissait perplexe de petit extra-terrestre.

– Puis-je vous être d'une quelconque assistance, O'Neill ?

– En fait, maintenant que vous le dites… Oui. Mais je suppose que ce n'est pas une visite de courtoisie ?

– J'ai besoin de votre assistance, O'Neill. Une des planètes protégées est actuellement menacée.

Jack regarda l'Asgard avec perplexité :

– Eh bien, je crois que ce serait plutôt à vous d'intervenir, non ? C'est vous le Protecteur…

– La planète Nyria accueille un peuple primitif pacifique mais elle est menacée d'extinction à cause d'une déstabilisation de son noyau central.

– Je croyais que dans le cas de phénomènes naturels, vous n'interveniez pas ?

– C'est la raison pour laquelle je sollicite votre assistance. Ce peuple dispose d'une Porte des Etoiles.

– Ah ! Je vois ! Vous voulez qu'on aille là-bas et qu'on les sauve à votre place, c'est ça ?

Jack aurait été amusé si la situation n'avait pas été aussi critique.

– C'est exact, répondit posément Thor.

– Attendez une seconde ! Je ne comprends pas. Pourquoi n'y allez-vous pas carrément vous-même dans ce cas ? Avec vos vaisseaux, ces gens seraient en sécurité en quelques secondes.

– Le Grand Conseil Asgard n'approuve pas ce genre d'ingérence mais, ce peuple a subi pendant des siècles les invasions Goa'Ulds. Ils ne sont libres que depuis quelques décennies. Nous leur avions promis qu'ils seraient en sécurité sous notre protection.

Jack soupira.

– D'accord… Je vais voir ce que je peux faire. Je suis sûr que le Général Hammond pourra envoyer une équipe pour tirer ces gens de là. Nous les ramènerons sur Terre, le temps de leur trouver un monde habitable.

– Merci. Mais, je pensais que SG 1 se chargerait de cette mission.

– Ah… Eh bien, oui, peut-être… Je ne sais pas ce que Reynolds a au programme cette semaine.

Thor inclina à nouveau la tête et interrogea :

– Qui est Reynolds ?

– Le nouveau commandant de SG1.

Thor sembla réfléchir puis demanda encore :

– Est-ce que cela a un lien avec le fait que vous ne semblez pas pouvoir vous mettre debout, O'Neill ?

– En fait, oui. Totalement. J'ai été blessé lors de ma dernière mission. Un tir d'arme à énergie apparemment. Le dos a été touché et maintenant, je ne peux plus vraiment compter sur mes jambes.

– Puis-je vous examiner O'Neill ?

– J'espérais que tu le proposerais…

Thor se déplaça jusqu'à son tableau de commande et bougea un galet.

Jack fut enveloppé dans un rayon de lumière blanche et fut déposé dans une sorte de caisson transparent. Des lueurs circulaient autour de son corps, semblant le scanner.

Jack resta immobile et attendit.

Thor consulta les données sur son écran avant de déclarer :

– La lésion est tout à fait curable. Je peux lancer le traitement dès à présent si vous le souhaitez.

– Ce serait génial !

Thor bougea un autre galet et le couvercle de la cellule de soin se referma. Jack n'eut cependant pas le temps de paniquer. En moins d'une seconde, il était plongé dans l'inconscience.

Lorsqu'il reprit connaissance, il était allongé sur ce qui ressemblait à une couchette rigide. Jack grogna et se remit instinctivement en position assise devant l'inconfort de la plateforme.

Il lui fallut quelques instants pour réaliser ce qu'il venait d'accomplir sans même y penser.

Il tenta de bouger sa jambe droite. Son pied remua et sa jambe se leva, obéissante.

– Eh ! Mais c'est génial ! Est-ce que je peux marcher ?

– Les examens indiquent que toutes vos fonctions motrices sont rétablies, répondit Thor.

Jack se leva lentement. Il tituba un bref instant, le temps de retrouver ses sensations puis, se stabilisa, les yeux embrumés. Il s'agenouilla lentement devant le petit alien gris et lui prit doucement la main.

– Merci mon ami. Tu ne sais pas à quel point ce que tu viens de faire va changer ma vie !

Thor cligna des yeux.

– Je vous en prie, O'Neill. Puis-je compter sur votre assistance en retour ?

– Naturellement !

Thor lui tendit un galet. Jack le fit tourner dans ses mains sans comprendre.

– Toutes les informations concernant Nyria sont contenues dans ce galet.

– D'accord mais, je ne suis pas certain que nous avons la technologie pour lire ce genre de chose… Est-ce que tu pourrais…

Jack n'eut pas le temps de terminer sa phrase. Un rayon Asgard l'entoura et il se retrouva téléporté dans le bureau du Général Hammond.

– Bon, tant pis… On se débrouillera… grimaça O'Neill.

Le Général regarda son second comme s'il venait de lui pousser une deuxième tête.

– Colonel O'Neill ? Que faites-vous ici ? Et, vous remarchez ?

Jack se frotta négligemment la nuque et expliqua :

– Ouais… Thor avait besoin d'un coup de main. Il m'a téléporté sur son vaisseau pour m'expliquer la situation et il en a profité pour me soigner.

– Vous êtes guéri ?

– Comme neuf !

Hammond était incroyablement heureux de l'issue de toute cette affaire même si un autre problème lui donnait déjà des maux de tête…

– Que voulaient les Asgards ? demanda-t-il pour éviter le sujet épineux.

– Un coup de main discret pour évacuer une planète, Mon Général. Il semblerait que la planète en question soit sur le point d'exploser d'après ce que j'ai compris…

– Pourquoi ne le font-ils pas eux-mêmes dans ce cas ? s'étonna Hammond.

– J'ai posé la même question, figurez-vous ! Il paraitrait que ça viole leur loi de non-ingérence dans les affaires des peuples qu'ils protègent. Thor semble être en désaccord avec cette politique concernant ce peuple. Je lui ai promis que nous irions leur porter secours, Mon Général.

– Très bien. Je dois appeler le Président.

Il décrocha d'abord son téléphone :

– Sergent, dites à SG1 et au Major Carter de me rejoindre en salle de briefing d'ici une demi-heure.

Puis, le Général croisa le regard de Jack et demanda :

– Je suggère que vous descendiez à l'infirmerie pour que le Dr Fraiser me confirme votre guérison miraculeuse, Jack… Enfin, si vous souhaitez participer à cette mission ?

– Je l'ai promis à Thor mais, je n'ai pas encore pris de décision définitive pour le reste…

– Entendu. Disposez, Colonel.

A suivre…