Désir anormal
Dudley n'allait pas bien. Il se sentait mal. Lui qui avait toujours été l'enfant parfait et normal aux yeux de ses parents se rendait compte qu'il ne l'était pas autant que ce qu'ils croyaient.
Que diraient ses parents si ils avaient qu'il s'intéressait à une personne venant du monde d'anormaux de son cousin. Et que non seulement ça mais en plus c'était un homme. Ces sentiments n'auraient jamais dû exister. Ça faisait de lui un pédé, une horreur, une honte aux Dursley. Un truc qui n'aurait pas droit de poser le pied dans les lieux publics selon l'éducation qu'il avait reçu.
Alors pourquoi il ne pouvait se le retirer de la tête? Ses cheveux de feu. Son accent irlandais. Sa façon de traiter son jardin pour que le gazon n'y pousse pas mais qu'il soit recouvert de trèfles. Sa tendance à faire exploser des choses en tentant de faire à manger.
Ou encore la jalousie intense qui le prenait aux tripes quand il entendait ce sale noir venir voir son voisin en l'appelant «Seamus!» alors que lui en était toujours à «monsieur Finnegan». Dudley savait que son père en voudrait à ce qu'il appelait la «sous-race» d'avoir obtenu quelque chose que désirait son fils avant lui.
Le jeune Dursley savait que son père avait tort. Au plus profond de lui-même, il savait que l'éducation qu'il avait reçue était tordue, mauvaise même, mais il avait beaucoup de difficulté à passer au-dessus. Pourtant, il se devait d'y arriver pour que Seamus daigne au moins devenir ami avec lui. Car traiter le meilleur ami du rouquin comme s'il lui était inférieur ne l'aiderait pas à s'attirer sa sympathie.
