Leçon sur l'amour


Deux garçons étaient dans le dortoir de Gryffondor de sixième année. L'un était en train de fouiller dans sa malle tandis que l'autre était installé en travers du lit de son ami, la tête et les pieds pendant dans le vide.

- Dis, Cornedrue. Comment on fait pour savoir quand on est vraiment amoureux?

- C'est juste maintenant que tu te poses la question, Patmol? Sérieusement?

Le Black huma.

- Ouais... mon ex me reproche de ne jamais l'avoir aimé et d'être sorti avec elle juste parce qu'elle s'était confessée. Elle m'a crié dessus qu'elle aurait préféré se prendre un râteau à la place, que ça aurait fait moins mal que le fait que je lui donne un espoir de... c'est quoi déjà le mot qu'elle a dit? Ah oui! De réprocicité! Je sais même pas ce que ça veut dire ni même si c'est un vrai mot...

L'héritier Potter cessa de fouiller dans ses affaires pour à la place observer son ami.

- T'as jamais été amoureux? Pour de vrai?

Sirius soupira lourdement et changea de position sur le lit maintenant complètement défait par sa propre faute.

- J'en sais rien. L'amour, c'est pas quelque chose dont on parle chez moi. C'est vu comme un truc inutile qui est pratiqué par les pauvres et les ignorants ne se rendant pas compte de la valeur d'une union politique ou économique. Se mettre avec quelqu'un parce que c'est notre amour est vu comme une bêtise sans nom et qu'on doit éviter à tout prix...

James savait que l'actuelle génération Black avait de sacrés problèmes mais pas à ce point.

- Donc... Je vais faire votre éducation, mon bon monsieur!

Patmol se retourna sur le ventre, la tête au pied du lit. Ses pieds battaient dans le vide pour ne pas toucher l'oreiller.

- Premièrement, l'idée reçue des nés-moldus comme quoi on a des papillons dans le ventre est complètement fausse! On en a fait une farce il y a quelques mois et c'est pas du tout la même sensation!

Les deux adolescents eurent le même sourire moqueur, complices.

- Souvent, on ressent une douleur au ventre ou alors une sorte de chatouillis. Le cœur s'accélère. Les mains veulent se tendre pour toucher l'autre et les efforts plus ou moins conscients pour les en empêcher les rendent bien souvent moites. Les yeux se fixent sur l'autre et refusent de changer de cible. Quand on se souvient de ses rêves, on se rend compte qu'ils concernent presque toujours voire toujours l'autre. L'esprit pense toujours à ce qui pourrait plaire ou déplaire à l'autre avant qu'on effectue une action, parce qu'on veut toujours lui plaire de toutes les façons possibles. Il n'est pas rare qu'on commence à faire plus attention aux types de vêtements que l'on porte. Parfois, on met même du parfum pour sentir bon mais surtout pour que notre odeur capte son attention. Il nous arrive même de changer de comportement autour de cette personne soit pour lui plaire, soit par nervosité. Bien! Je crois que j'ai fait le tour!

Sirius se mit en boule sur le lit, réfléchissant, le visage à moitié caché dans l'oreiller de James.

- Je...

Sa bouche était sèche.

- Je crois que... j'ai déjà ressenti ça... pas TOUT ça mais quand même...

Son ami à lunettes lui sourit, encourageant.

- Sauf que c'est pas pour une fille.

Les yeux de James s'écarquillèrent un bref instant avant qu'il ne se reprenne.

- C'est quoi le problème? Les Black refusent le mariage gay et la prise de potion pour qu'un des deux tombe enceinte? Je croyais que tu te foutais de leur avis!

L'animagus chien rougit.

- Wow là! J'ai pas pensé jusqu'à là! Tu vas un peu vite en affaire!

- Haha! Excuse-moi, je te charrie. C'est juste tellement rare de te voir aussi nerveux que je n'ai pas pu m'en empêcher...

- Gna gna gna! fit Sirius avant de reprendre plus sérieusement. En vérité, ça fait longtemps que je me sens comme ça.

- Et tu ne t'es jamais confessé?

Le Black secoua la tête.

- Tu comptes le faire? Si c'est le cas, tu me diras comment ça s'est passé!

- Ok…

- Bien! Aller! Vas-y!

Sirius prit une grande inspiration.

- Cornedrue, je… c'est toi qui fais accélérer mon cœur. C'est toi qui hante mes nuits. C'est toi qui capte mon regard du lever au coucher du soleil. C'est toi que j'ai envie de serrer contre moi à chaque fois que tu souries. C'est toi que j'aime… et toi, est-ce que tu m'aimes?