Heyy ! Voici le chapitre 4 ! Cette fois il y aura les deux points de vue des personnages principaux, même si les parties d'Aomine sont beaucoup plus longues. Il y aura aussi des réponses à vos questions ! Youhou ! Et potentiellement de nouvelles questions... Enjoy et merci pour vos reviews, vos hypothèses étaient super intéressantes ;)
Shadow : La scène est énigmatique, en effet ! Tu n'es pas seul à avoir était déçu par l'absence de match... Mais t'en fais pas, il aura lieu ! Normalement :) Je te laisse continuer à lire et trouver les réponses à tes questions ;) Bises et merci pour ta review ;D
[Aomine]
- Aomine-san, je n'ai pas eu le temps de vous féliciter hier-, commença Ryo.
- C'est pas grave, le coupai-je. On a des nouvelles ?
- Hum… oui. Déjà l'homme qui a été arrêté hier s'appelle Nash Gold Jr. Il vient des États-Unis et j'ai reçu le dossier judiciaire de ses 24 ans passés là-bas.
- Et ?
- Et je n'ai pas eu le temps de tout regardé mais je vous ferai un rapport dès que j'aurai fini.
- D'accord.
Je m'installai sur ma chaise de bureau et m'étirai. J'étais encore plus crevé qu'hier. Mes paupières restaient beaucoup trop longtemps fermées dès que je clignai des yeux et je devais fournir un effort surhumain pour les rouvrir. Je remplis quelques fiches sur l'arrestation pour les envoyer au tribunal et leur permettre de juger le mieux possible. Nash Gold Jr… Ce nom m'était complètement inconnu. Kagami le connaissait-il ? Forcément, sinon l'homme ne se serait pas introduit chez lui pour l'attaquer… Mais quelle raison avait-il de le faire ? Kagami était-il mêlé à des histoires de drogue en Amérique ? En tout cas son casier judiciaire n'en montrait rien.
Je sortis quelques minutes pour fumer une cigarette. Il faisait froid dehors, de sombres nuages se formaient dans le ciel, il y avait de gros risque de pluie, ça allait me déranger dans mes missions. Mon téléphone se mit soudainement à sonner. C'était mon médecin généraliste qui m'appelait. Qu'est-ce qu'il avait encore à me dire ? Je n'avais rien fait de dangereux ces derniers jours.
- Un problème, Midorima ?
- Tu serais surpris de savoir que mon patient est Kagami.
Je faillis m'étouffer avec ma fumée. Je ne m'attendais certainement pas à ça.
- Il va bien ?
- L'opération s'est bien passée, il s'est réveillé ce matin.
- Pas de séquelle ?
- Il n'en montre aucun même s'il est évidemment choqué par les événements d'hier.
- Tu m'étonnes… Du coup je peux lui rendre visite quand je veux ?
- Exact. En revanche, je sais que ça ne fait pas parti de tes principes mais essaie d'être au moins un minimum doux et rassurant avec lui.
- Je sais, t'inquiète pas. Ça serait contre-productif de le braquer.
- Bien, sur ce, je te laisse travailler.
- Ciao.
J'envoyai un rapide message à Kise et retournai à mon bureau. Je vis sur mon ordinateur que j'avais un nouveau mail de Ryo sur Gold Jr :
Nash Gold Jr. :
-Homme âgé de 24 ans
-Fonction au Japon : chômeur
-Fonction aux États-Unis : employé dans un restaurant
Délits commis aux États-Unis :
-Trafic de stupéfiants
-Violences conjugale
-Tentative de viol
Condamnation :
- 6 ans de prison
Six ans de prison pour tout ça ?! Au Japon il aurait sûrement été jugé à l'exécution. Je ne sais pas ce qu'il s'était passé au tribunal mais il y avait un problème.
Décidément, ce type était violent de nature. Je ne pouvais malheureusement pas enquêter sur cette affaire parce que je n'étais pas un enquêteur. Mais je pouvais toujours suivre les recherches de mes collègues ou demander à Kagami pourquoi ce drogué l'avait attaqué. J'allai quand même attendre quelques jours, le temps qu'il se remette de ses émotions. La patience ne faisait pas parti de mes qualités mais je pouvais toujours essayer.
Je terminai de compléter les documents et les envoyai à mes collègues et au tribunal. La radio de la salle sonna, nous étions appelés pour une mission. J'étais épuisé mais je me proposai tout de même pour y aller, je voulais me changer l'esprit.
[Kagami]
Un médecin était venu me voir ce matin pour m'expliquer ce que j'avais et m'encourager à me reposer. Me reposer… Il me faisait rire lui. Ma cuisse me faisait souffrir à un point indéfinissable… C'est comme si on me tranchait la jambe avec un couteau, encore et encore. On m'avait donné des anti-douleurs, évidemment. Mais on ne pouvait pas non plus me droguer à ça.
J'aurais tout donné pour avoir quelqu'un à mes côtés actuellement. Le plus dur à l'hôpital, c'était d'y être. Être seul, entouré de quatre murs blancs, sans rien à faire, aucune nouvelle de personne car de toute manière je n'avais pas mon téléphone… Et souffrir, souffrir, souffrir. Ça ne m'étonnait pas que les grands-parents dans les maisons de retraite deviennent fous. J'allais peut-être le devenir, après tout.
Je voulais quelqu'un, n'importe qui, qui puisse m'écouter, me rassurer, me soutenir… J'attends cette personne depuis si longtemps. Je pensais l'avoir trouvé à l'époque, avant qu'il ne se transforme en drogué, violent et sans pitié. Le pire était de me dire que je n'avais même pas vu quand il avait vrillé. Quand est-il devenu ce monstre ?
J'étais parti au Japon pour le fuir. Pour trouver la personne qui serait faite pour moi. Voilà six ans que je la cherche, et six ans que je ne parviens plus à donner ma confiance. J'avais rencontré un grand nombre de gens durant ces années mais personne n'avait réussi à m'aimer comme je le voulais. La solitude était mon pire problème au Japon.
Je fermai les yeux, essayant de faire disparaitre ces idées négatives de ma tête. Il ne fallait pas que je succombe à ma tristesse. Je n'avais que 26 ans, des centaines d'aventures allaient encore m'arriver. J'espérai simplement qu'elles seraient plus heureuses que les précédentes, parce qu'être victime de tentative d'homicide volontaire par son ex, on avait connu mieux. Mes yeux me piquèrent à ce souvenir. Je relevai la tête et papillonnai des yeux pour chasser les larmes qui s'apprêtaient à couler. J'étais plus fort que ça.
On toqua à la porte, je me secouai, espérant que les médecins ne voient pas que j'étais à deux doigts de pleurer.
- Entrez, dis-je, la voix enrouée.
Mais ce ne fut pas un médecin qui entra. C'était sûrement la personne que je ne m'attendais le moins à voir.
- Aomine ? Qu'est-ce que tu fais là ?
[Aomine]
- Je viens prendre de tes nouvelles, abruti.
Bon, ok, peut-être que l'«abruti » était de trop. Mais la douceur ce n'était pas spécialement mon truc. Surtout que je sortais d'une journée plus que crevante et que j'avais les nerfs à vif. Je cherchai autour de moi et finalement trouvai une chaise au fond de la pièce. Je la tirai jusqu'au lit et m'assis à califourchon dessus.
Kagami était vraiment mal en point. Je ne voyais pas sa cuisse cependant ses yeux étaient bouffis, son teint pâle, ses traits tirés… Il paraissait avoir 4 ans de plus qu'avant. La tête et la posture sûr de lui qu'il avait au bar avant-hier me revinrent en tête et mon cœur se serra de nouveau.
- Comment tu te sens ?
- Fatigué, j'étais sensé me reposer mais ma jambe me fait trop mal.
- Ils ne t'ont pas donné d'anti-douleur ?
- Si, mais la douleur est toujours présente.
- Je vois…
Je baissai les yeux pour trouver quelque chose à dire et mon regard se posa sur la chaise. Pourquoi était-elle au fond de la pièce si le blond était venu ?
- Kise n'est pas venu te voir ?
- Non, t'es le premier à venir.
Je fronçai les sourcils. Effectivement Kise n'avait répondu à aucun de mes messages depuis hier soir bien qu'il les ait vu. Il avait répondu à mon appel puis plus rien. J'avais comme une impression de déjà vu avec l'histoire de Kagami hier.
- Pourquoi, il était censé venir ?
- Bah, logiquement oui. Il était presque près à nous rejoindre devant chez toi hier.
- « Nous » rejoindre ?
J'arquai un sourcil et il me recopia. Je compris qu'il n'était pas au courant de comment s'était passé l'intervention hier.
- C'est moi qui aie lancé l'intervention hier. Et c'est moi et un collègue qui t'avons trouvé chez toi avec l'autre drogué.
- Vraiment ?
- Oui. Personne ne t'a raconté ?
Je me rendis compte que ma question était bête qu'après l'avoir posée. Raconter le moment le plus traumatisant de la vie de quelqu'un alors qu'il venait juste d'en sortir, ça n'avait rien de doux et de rassurant.
- Non… J'imagine que personne ne voulait raviver mes souvenirs.
- C'est compréhensible… Dis, ça te dérange pas si je passe un coup de fil à Kise pour être sûr que tout va bien ?
- Euh, non, vas-y.
Je le remerciai d'un hochement de tête et sortis de la pièce pour appeler le blond. Une seule sonnerie retentit avant qu'il ne décroche.
- Hey, Aominecchi ! Un problème ?
Il avait l'air toujours aussi enjoué que d'habitude mais je perçus une infime fatigue dans sa voix.
- Et toi ? Tu ne réponds pas à mes messages depuis hier soir.
- Ah, euh, oui, attends.
J'entendis quelque grésillement sur la ligne et des bruits qui paraissaient sourds puis la voix de Kise revint.
- Enfaite, je ne voulais pas t'embêter avec ça après les événements d'hier mais on a eu une bagarre à la discothèque.
J'ouvris la bouche mais ne dit rien. Ce n'était pas la première fois qu'une petite dispute éclatait mais à l'intonation de mon interlocuteur, je compris que ce n'était pas une dispute habituelle.
- C'est parti de deux personnes qui se battaient à presque l'entièreté de la salle. On a réussi à s'en sortir sans appeler la police mais on a eu bien peur.
Pile le jour ou leur second vigil est absent en plus.
- T'as été blessé ?
- Non, personne ne l'est vraiment à part Kiyoshi qui a pris quelques coups.
- T'en fais pas pour lui, il est robuste.
- Oui, c'est ce qu'il m'a dit aussi… Sinon quelques tables et chaises ont été abimées… Il va falloir que j'en achète des nouvelles, ne t'attends pas à ce qu'on ouvre avant un petit moment.
- D'acc tiens moi au courant si t'as besoin d'aide…
- Mais quelle âme charitable ! Est-ce que je parle toujours à Aomine Daiki ?!
- Oh, la ferme, soupirai-je, amusé. Je suis juste fatigué, je réfléchis pas à ce que je dis.
Je l'entendis rire à l'autre bout du fil. J'étais content de voir qu'il n'était plus tendu.
- Et Kagami ? T'es allé le voir ?
- Oui. Je suis dans le couloir à côté de sa chambre, j'ai interrompu ma visite pour t'appeler.
- Quoi ?! Mais retourne le voir ! Le pauvre, il est tout seul !
- Oui 'fin ça va, il a plus cinq ans !
- Chut ! Va le retrouver et dis-lui que je passe le voir demain !
- Mais puis que je te dis qu'il-
Il raccrocha sans me laisser le temps de répondre. Je soupirai et me redressai. J'étais rassuré de savoir qu'il n'avait rien mais je ne pouvais pas dire la même chose pour Kagami. Il fallait que je reporte mon attention sur lui.
- Re, tu ne t'es pas trop ennuyé sans moi ?
Il leva les yeux au ciel.
- Donc tout va bien ?
Je me rasseyais sur ma chaise en soupirant.
- Pas vraiment…
Il m'interrogea du regard et un trait d'inquiétude se forma sur son front.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Apparemment il y a eu une baston et plusieurs meubles ont été endommagés. Kiyoshi a morflé aussi mais il est résistant donc ça ira.
- Punaise… Je manque à mon devoir dès le lendemain de mon embauchement, soupira-t-il en posant son avant-bras sur ses yeux.
- N'importe quoi. T'étais à l'hôpital, personne ne t'en veux de ne pas avoir était là.
Il releva un peu le bras pour me regarder dans les yeux. Ses lèvres s'entrouvrirent pour dire quelque chose mais rien ne sortit. A l'inverse ses yeux semblaient me remercier. De grands yeux rouge carmin surplombés de sourcils fendus. Des yeux où l'espoir et la joie faisaient encore briller une petite lumière, bien que cette étincelle paraisse plus faible qu'hier. Des yeux envoutants qui ne me lâchèrent pas.
- Mais, et toi ? demanda-t-il après de longues secondes.
- Moi quoi ?
- T'étais pas au bar hier ?
- Non, je suis rentré direct après l'intervention.
- Je vois.
On se tut, ne sachant plus quoi dire. Je fis un rapide état de la pièce et me dis qu'il allait vraiment devenir fou à force de rester seul ici.
- Oh, d'ailleurs, Kise m'a dit de te dire qu'il allait te rendre visite demain.
- Vraiment ? Tu pourras lui demander de m'apporter à manger ? Je crève de faim ici.
- T'as pas mangé ?
- Si, tout. Mais ce n'est pas assez nourrissant.
J'arquai un sourcil comprenant sa plainte car je sentais moi-même mon ventre se creuser par le manque de nourriture. Une idée germa dans mon esprit.
- Hey, ça te dit que j'aille nous chercher à manger au Maji-Burger ?
Ses yeux s'illuminèrent et son ventre me répondit par un grognement, ce qui provoqua un léger rire des deux côtés. Je me relevai, lui fit un signe de la main et il me répondit de la même façon.
Je descendis les marches deux à deux, ne souhaitant pas faire attendre Kagami. Je retrouvai le parking en face de l'hôpital et rejoignis ma moto. Je mis mon casque, m'installai, fis vrombir mon moteur et démarrai. Je roulai quelques minutes avant de me diriger vers le drive du fameux bâtiment à burger. Il fallut patienter un peu alors je dégainais mon téléphone et voulus demander à Kagami ce qu'il souhaitait commander… Avant de me rendre compte que je n'avais pas son numéro et que de toute façon il n'avait pas son téléphone. Espérons que les inspecteurs le lui amènent demain. Mais il faudrait quand même qu'il prenne mon numéro, ça sera plus simple pour communiquer si un jour on se met d'accord pour un match de basket.
Je décidai de commander une grosse portion pour nous deux. Après tout, il était bien baraqué, il fallait qu'il le nourrisse ce corps. Je pris les deux sachets de nourriture et repartis. La nuit s'était couchée et je pus compter sur les immeubles éclairés, les lampadaires et les feux de circulation pour me repérer. La lune était à mes côtés me suivant partout j'allais, tournant avec moi et reprenant son souffle quand je devais m'arrêter aux feux rouges.
J'entrai de nouveau dans l'imposant bâtiment gris et remontai les marches. Je n'avais pas pris la peine de toquer et, quand j'ouvris la porte, Kagami dormait. Il respirait profondément et ses traits étaient relâchés. J'hésitais à le laisser dormir et à revenir demain quand il bougea. Il sembla sentir ma présence car il ouvrit un œil en ma direction. Doucement, peut-être même inconsciemment, un sourire fleurit sur son visage. Je crois que je ne l'avais jamais vu sourire et ça provoqua des chatouillements dans mon ventre, drôle de sensation.
- T'en as pris du temps…
- Pas du tout ! J'ai jamais été aussi rapide pour acheter des burgers !
- On n'a pas la même définition de rapide, alors.
- Continue de te plaindre et tu peux faire une croix sur tes burgers.
Et pour le narguer je sortis cette délicieuse nourriture de mon sac pour mordre dedans et gémir de plaisir. Je lui fis un magnifique sourire moqueur et accentuai ma mastication. Son ventre se mit à grogner et il tendit le bras vers les sachets mais pas de chance je lui attrapai le poignet avant qu'il ne les atteigne. Au même moment, on toqua à la porte. Je le lâchai et mis les sachets en dessous du lit quand la porte s'ouvrit.
Un homme aux cheveux vert et aux lunettes rectangulaires entra dans la pièce. Il me remarqua directement et leva le regard vers moi, ou plus précisément sur ce que j'avais ans les mains.
- Dis-moi Aomine, tu n'étais pas en train de donner à manger à Kagami par tout hasard ?
- Vraiment pas, mentis-je en détournant le regard.
- Sûr ?
- C'est pas ce que disent les sachets en dessous du lit.
Je fis les gros yeux à Kagami et celui-ci me répondit par un sourire de vengeur. Je fronçai les sourcils et lui lançai un regard meurtrier, il s'était joué de moi.
- Je pense pourtant que tu es au courant qu'il ne faut pas donner à manger aux patients sans l'autorisation d'un médecin.
- J'allai le faire, ronchonnai-je.
- Mais oui, à d'autre…
Je croisai les bras, continuant à tuer Kagami du regard. Ce dernier n'en avait que faire et continuait de se moquer de moi. Puis soudain il haussa les sourcils et perdit son sourire.
- Ça veut dire que je ne peux pas en manger ?!
Je ricanai face au visage démuni qu'il offrait à Midorima.
- Si, tu peux, je ne pense pas que ça soit nuisible à ta santé. Fais juste attention à ne pas en abuser.
Il soupira de soulagement et je me calmai, ça m'inquiétait tout de même d'en avoir acheté pour rien. Midorima et Kagami discutèrent quelques temps sur sa blessure et sur son sommeil puis le docteur prit congé.
Avant que je n'aie eu le temps de réagir, Kagami prit un des sachets sous le lit et commença à manger. Il gémit également de satisfaction et ses lèvres s'étirèrent pour montrer sa joie. Il engloutit le premier d'une traite, puis le second, etc… Un vrai glouton. Je fis pareil et pendant un long moment, seul nos bruits de mastication se faisaient entendre.
- T'es policier depuis combien de temps ?
- Hum, 6 ans.
- Sérieux ?! C'est super long !
J'haussai les épaules ne souhaitant pas rentrer dans les détails.
- Moi, vigil, ça doit être mon huitième métier…
- Comment ça se fait que t'en ai fait autant ?
- Bah, j'suis jamais satisfait…
- Pourquoi ?
- J'sais pas. Je ne m'entends pas avec mes collègues la plupart du temps.
- En même temps, si tu les caftes comme tu l'as fait avec les sachets du Maji-Burger tout à l'heure. Je comprends qu'ils ne t'apprécient pas.
- J'suis pas comme ça d'habitude ! C'est juste toi qui m'as énervé…
- Parce que maintenant c'est ma faute ?! Ah bah bravo !
- Attends ! J'suis souffrant sur mon lit d'hôpital et toi tout ce que tu trouves à faire c'est me priver de ma seule source de bonheur !
Les mots de Midorima sur la douceur et la bienveillance dont je devais faire part à Kagami me revinrent en tête… Mais je les chassais.
- Je te rappelle que j'ai pris le temps de sortir d'ici pour t'acheter des burgers et toi pour me remercier tu mes dis que j'ai été lent !
- J'suis désolé mais c'est la vérité !
- N'importe quoi ! On verra si tu me trouves toujours aussi lent quand tu n'arriveras pas à me rattraper quand on fera ce foutu match de basket !
- Eh ben vas-y je t'attends, je vais te mettre la raclée de ta vie !
- J'attends de voir ça !
On se fusilla du regard puis il croqua rageusement dans son burger tandis que je prenais la plus puissante gorgée de coca de ma vie. On rumina chacun dans notre coin et je me mis à penser à notre futur match et me demandai quel pouvais être les atouts de Kagami. Il était grand, comme moi à peu près, il était musclé avec de larges épaules : il devait avoir beaucoup de puissance dans les bras. Je n'avais pas pris le temps de regarder la partie basse de son corps mais je la devinai tout aussi musclé. Les muscles étaient importants au basket mais seulement si on savait les utiliser et en tirer profit.
- On le fera où notre match ?
- Je sais pas… Oh d'ailleurs, y a des feuilles ici ? Je me suis dis que ça serait plus simple pour communiquer.
- Il y a des feuilles derrière toi. Le problème c'est que je n'ai pas encore mon téléphone…
- Normalement des policiers te l'amèneront demain, accompagné de quelques questions.
Je reposai la feuille et ramenai mon regard sur le carmin. Ce dernier c'était rembruni, la mine sombre.
- T'as pas envie d'en parler c'est ça ?
Il détourna la tête et opina. Ses cernes me parurent plus marqués de profil et je me mis à me demander s'il avait fait des cauchemars de hier. Un élan de compassion me vint.
- Eh, Kagami. Ils ne te forceront pas si tu n'en as pas envie, tu sais ? Prends le temps de t'en remettre et va porter plainte après.
- J'ai pas envie que ça se passe comme aux Etats-Unis…
Je me tus, comprenant qu'il voulait rajouter autre chose.
- J'avais porté plainte aussi… Mais il est quand même sorti de prison et encore plus enragé qu'avant. Voilà la conséquence, termina-t-il en se désignant dans le lit.
- Je sais pas ce qu'il s'est passé au tribunal aux États-Unis mais il n'aurait jamais dû prendre une si petite peine. Au Japon, ce ne sera pas la même chose, on est beaucoup plus sévère et on ne laissera pas un type comme lui s'en sortir aussi facilement. Mais pour ça il va falloir que tu racontes ce qu'il s'est passé.
Il inspira profondément et hocha la tête, toujours le regard fuyant. Il était tard maintenant et nos burgers étaient finis. Je me relevai et les yeux de Kagami me suivirent. Je lui lançai un sourire compatissant et ébouriffai ses cheveux.
- Tu pars ? demanda-t-il, l'inquiétude présente dans sa voix me comprima le cœur.
- Je reviens demain, ne t'inquiète pas. Et de toute façon tu as mon numéro maintenant, envoie-moi un message quand tu veux.
Je sortis de l'hôpital presque à regret. Ça me faisait de la peine de le laisser seul… J'étais pressé de la retrouver demain.
Merde… Je n'aimais pas ce qu'il se passait en moi actuellement. Les chatouilles dans mon ventre se transformèrent en une douloureuse boule qui gonfla jusqu'à ma gorge et la bloqua. Les sensations précédemment agréables me rappelèrent d'affreux souvenirs.
Des souvenirs que j'avais enfoui au plus profond de mon esprit. Des souvenirs capables de me faire tout lâcher si elles m'assaillaient trop puissamment. Des souvenirs qui attaquaient comme des vagues et ravageait tout sur leur passage.
Ma respiration se fit saccader tandis que les sensations, comme des madeleines de Proust, me rappelèrent des atrocités. L'attachement était nocif pour ma santé. Je devais prendre du recul. Kagami n'était qu'une connaissance rien de plus. Ce n'était pas comparable à ce qu'il m'était arrivé.
Je m'en persuadai le plus possible tout en me brûlant la peau avec l'eau de la douche. Ma tête bourdonnait et, excédai par toute ses émotions, je donnai un puissant coup de poing dans le carrelage du mur en face de moi. La dureté du choc se rappela à moi et me fit jurer. Je secouai ma main pour faire partir la douleur.
Je préférais une douleur physique à une morale. Je sortis de la douche et partis me pieuter sans plus de cérémonie. Je parvins à m'endormir plutôt rapidement, épuisé par toutes les émotions de la semaine passée.
Fun fact : à la base l'agresseur n'était pas Nash mais un mec lambda, inconnu au bataillon XD Enfaite, quand j'ai commencé à écrire, je crois que je n'avais pas encore vu le film et je ne le connaissait pas du tout... Mais là, dans les reviews, j'ai vu Nash dans les propositions et je me suis dit : "Mais bien sûr ! " XD Il correspond très bien à l'image que je vais donner de lui dans les prochains chapitres, donc c'est parfait, merci à Setsuna et Dawlly XD
Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Kagami et Aomine se rapprochent mais est-ce que ça va rester comme ça ? Quel est le passif de Kagami avec Nash ? De quoi Aomine parle-t-il à la fin ? Eh non, ce n'est pas la fin des questions...
Bises et à la prochaine pour la suite ;D
