Heyy ! Bonne année et bonne santé à toutes et à tous !

Presque deux mois plus tard, me voilà avec un nouveau chapitre XD Bon en vrai, désolée pour l'attente. J'ai pas eu de coup de mou pour écrire ce chapitre mais disons que j'ai pas trouvé le temps pour me plonger entièrement dedans... Mais au moins, pour me pardonner, ce chapitre est le plus long que j'ai écrit jusqu'à présent !

C'est parti pour le premier jour de leur cohabitation avec le point de vue de Kagami ! Désolée d'avance pour les fautes d'orthographe ;) Bonne lecture ;D

Shadow : Coucou ! Il y a une certaine gêne, mais pas tant que ça... Ils apprennent à se connaitre et ils dorment déjà dans la même maison, c'est un peu gênant, c'est sûr ;) Mais leur franc-parler les aide pas mal ! Aomine est une bille en cuisine et en rangement, ça va sans dire XD heureusement que Kagami sera là pour sauver le désastre ;) Merci beaucoup pour ta review ! Je te souhaite une bonne lecture, bises ;D


[Kagami]

Si j'en crois le réveil posé sur la table de chevet en face du lit, il était dix heures du matin quand je me réveillai. Ce n'était pas dans mes habitudes de dormir aussi longtemps, j'étais davantage un lève-tôt d'habitude. Mais, il fallait dire que ce lit-là était beaucoup mieux que celui de l'hôpital. Alors même si ma jambe me faisait toujours souffrir, surtout quand je me retournai pour trouver une bonne position, ma nuit fut très agréable.

En plus, l'odeur d'Aomine était partout autour de moi, dans ses habits, son lit, sa chambre… Et qu'est-ce qu'elle était agréable à sentir… Normalement, c'était la lessive que j'aimais avoir autour de moi. Mais Aomine, lui, avait une odeur féline, épicée et salée. Je ne la sentais pas quand j'étais près de lui, ses vêtements m'en empêchaient. Mais sa peau avait une odeur qui me rendait fou.

Je me levai difficilement, mes muscles se rappelant à moi. Je me mis debout, des points multicolores vinrent me brouiller la vue. Une fois que ma stabilité fut revenue, je me dirigeai vers la cuisine en m'étirant et bâillant. Mes nuits irrégulières avaient raison de moi, je m'étais endormi comme une masse hier.

J'avisai le départ d'Aomine qui avait laissé ses draps froissés sur le canapé. Je les étendis à côté de celui-ci pour qu'ils retrouvent une forme convenable et me dirigeai vers la cuisine. Je remarquai un post-it sur le comptoir.

Hey

Je suis parti au boulot. Pour le petit-déj, tu peux prendre des restes dans les placards et y a du lait au frigo. Sinon pour le midi, il y a toujours rien alors tu vas devoir passer au konbini en bas de la rue. C'est pas très loin, je pense que ça ira pour ta jambe.

Rappelle-moi de faire les courses en rentrant. Si t'as des idées de repas, dis le moi.

À tout à l'heure. (*message écrit avec beaucoup de fautes)

Je reposai le post-it et ouvris les placards pour trouver de quoi apaiser mon appétit. Il y avait quelques biscuits déjà ouverts et je trouvais une banane en fin de vie à côté du micro-onde. J'hésitai à la prendre, me demandant depuis combien de temps elle était là et combien de maladies elle avait pu contracter dans ce laps de temps. Puis je finis par la manger, me disant que j'étais déjà suivi par l'hôpital pour mes blessures, ce n'était pas une intoxication alimentaire qui allait changer la donne. Je mis les biscuits de côté pour m'hydrater à l'aide du lait.

Je frôlai la syncope en apercevant les restes de viande dont Aomine m'avait parlé la veille. Je les jetai en vitesse, remerciant le ciel pour m'avoir épargné ce poison en guise de repas hier. Laisser de la viande pourrir au frigo, il est fou ! Une fois munie de mon lait, il me fallait maintenant trouver un verre, parce que je n'allais pas boire à la bouteille, rien que d'imaginer Aomine le faire ça me donnait des hauts le cœur… Je déglutis malgré moi face à cette image visuelle qui me dégoutait autant qu'elle m'attirait.

J'ouvris les placards, les tiroirs, regardai même dans le frigo au cas où, mais non, aucune trace de verre. Après avoir fait le tour de la cuisine sans en trouver un seul, je me décidai à fouiller dans la pile de vaisselles sales qui trainaient dans l'évier. Je ne voulais pas imposer mon ménage à Aomine, mais il y avait des limites à ne pas dépasser. Puis ça m'étonnerait qu'il se plaigne d'un peu plus de propreté. Je me mis donc à nettoyer et ranger toute la vaisselle. Le lavage ne fut pas compliqué, le produit vaisselle était plein, sûrement car Aomine ne l'avait jamais utilisé.

En revanche, le rangement fut d'une autre intensité. Je voulus ranger tous les couverts dans un seul tiroir par exemple. Mais quand je les ouvris, je remarquai l'absence de toute logique qu'avait la cuisine. Des restes de nourriture, des couverts, des assiettes, des tupperwares, des ciseaux, du scotch, des post-it… Tout était mélangé. Et puis, pour en rajouter une couche, je vis que certains ustensiles rangés étaient encore sales. Ne voyant pas d'autres solutions, je me décidai à tout sortir et tout replacer correctement.

Il était déjà aux alentours de midi quand j'eus finalement terminé. Ce fut avec un soulagement évident que je m'affalai sur le canapé. Mais il fallait encore que je me lave les dents, m'habille, mette du déodorant, etc… Sans oublier le repas du midi. Ma première journée de repos n'était pas une franche réussite, soyons honnêtes.

J'étais sur le point de m'endormir quand mon téléphone vibra, m'indiquant un nouveau message. Je fus presque excité en m'imaginant que c'était Aomine. Et je m'en voulus d'être déçu en apercevant le nom de Kise.

[Kise 11 :54]

Hey Kagami ! Je vais prendre ma pause de midi et en profiter pour passer te voir à l'hôpital, qu'est-ce que t'en dis ?

Apparemment il avait déjà oublié que j'étais parti de l'hôpital. En même temps, je n'avais pas trop creusé le sujet avec lui, car je savais que je voulais le laisser en dehors de mes problèmes d'hébergement.

[Moi 11 :55]

Salut Kise, je ne suis plus à l'hôpital depuis hier, tu te souviens ?

Je reposai mon téléphone et tentai de trouver la force pour me lever quand mon téléphone vibra à nouveau.

[Kise 11 :55]

Oh désolé, j'avais complètement zappé ! Je peux passer chez toi si ça te dérange pas, alors ?

Oh oh… La boulette… Honnêtement, je ne voulais pas que Kise sache que j'étais chez Aomine pour pas qu'il le prenne mal en remarquant que je ne lui avais pas proposé de m'inviter. Puis au fond, même si on s'entendait super bien, ça restait mon patron et ça ferait bizarre de vivre avec lui. Pas que ça ne le soit pas avec Aomine… Mais bref…

[Moi 11 :57]

Ah désolé je suis pas retourné chez moi, je ne me sentais pas encore prêt…

Évidemment, il savait ce qui m'était arrivé, déjà parce que c'était mon patron, et que c'était normal qu'il sache. Et deuxièmement, parce que c'était l'ami d'Aomine.

Franchement, je me demande comment ils se sont trouvé ces deux-là. Ils sont un peu comme la nuit et le jour, Kise est une personne si enjouée et étincelante alors qu'Aomine est tellement taciturne et sombre. Mais je reconnais qu'hier, ce dernier m'a montré une nouvelle facette de lui-même plus séductrice. C'est bizarre de se dire qu'en seulement une soirée, j'en ai appris plus sur un seul gars lambda que sur mon propre père en 24 ans d'existence. Ce type s'est vraiment invité dans ma vie et a tout chamboulé sans pitié.

Ce qui me perturbe, cependant, c'est que quand on a défini notre deal, je lui ai dit qu'après ces quelques jours passés chez lui, je retournerai chez moi et nous ne nous verrons sûrement plus jamais. Mais maintenant que je connais son passé aussi lugubre, que choquant, que triste, j'ai envie de tout sauf d'arrêter de lui parler. J'ai envie de rester à ses côtés et d'assister à sa reconstruction après toutes ces années. J'espère qu'il y parviendra, même si c'est mal barré.

[Kise 11 :58]

Mais tu es où alors ?

Je soupirai, j'étais obligé de lui dire maintenant. Je ne souhaitais pas lui mentir et même si je le voulais j'en étais incapable.

[Moi 11 :58]

Chez Aomine, il a accepté de m'héberger pendant quelques jours.

Je vis d'abord trois petits points s'agiter au-dessus du nom de Kise, preuve qu'il était en train d'écrire. Puis les petits points disparurent alors j'attendis le message, mais rien ne vint. A la place, mon téléphone m'annonça un appel.

- All-

- Comment ça Aominecchi t'héberge ?!

Je reculai mon téléphone de mon oreille trop tard et je pus sentir un sifflement désagréable avant d'entendre à nouveau.

- Kagami ?

- Oui, oui, je suis là.

- Comment ça Aominecchi t'héberge ? reprit-il plus calmement.

- Comme je t'ai dit, soupirai-je, je n'avais pas très envie de retourner chez moi et comme je savais que t'étais occupé avec le bar et tous les problèmes autour je me suis dit que je n'allais pas te rajouter un problème en plus. Donc j'ai demandé à Aomine si on pouvait cohabiter pendant un moment et il a accepté.

- Ouah… Tu sais je suis pas tout seul à m'occuper du bar, il y a Takaocchi, Hayamacchi, Kiyoshicchi et bientôt de nouveau toi ! Donc si tu as un problème tu peux venir me voir.

- Hm, acquiesçai-je. J'y penserai.

- Bien. Bon, dis-moi, comment ça se passe avec Aominecchi ?

Je laissai un blanc s'installer. Je ne m'étais pas préparé à ça. Est-ce que Kise savait pour le passé d'Aomine ? Ce dernier m'a dit qu'il l'avait raconté qu'une seule fois dans sa vie, non ? C'était Kise ? Bon, dans le doute, mieux valait ne pas en parler.

- Pour l'instant ça va.

- Il est pas trop froid ?

Froid ? C'est vrai qu'au départ il l'était mais après notre deal il s'est un peu déridé. Quoique la manière avec laquelle on s'est séparé pour dormir était un peu tendue.

- Ça a été, je l'ai déjà connu plus froid que ça.

- Cool alors. Ne lui en veut pas s'il se montre vexant parfois, il a un fort caractère et il mâche pas ses mots mais au fond c'est une bonne personne.

- Comme toutes les personnes avec un fort caractère et qui mâchent pas leurs mots, non ?

- Oui, peut-être… Puis, ça ne sert à rien que je te dise ça, tu lui en voudras s'il te vexe de toute façon.

- Exactement.

- Même moi je m'énerve quand il commence à raconter n'importe quoi.

- J'ai du mal à t'imaginer énervé.

- Je le suis rarement mais Aominecchi est le professionnel pour me faire sortir de mes gonds.

A qui le disait-il ? J'avais bien remarqué qu'il prenait un malin plaisir à me faire perdre mon sang-froid. Et je le perds vite, c'est un fait. Mais je ne comptais pas me laisser faire si facilement.

- T'as bien mangé sinon ? enchaina Kise. Je sais qu'Aominecchi et la cuisine ça fait deux…

- Plus ou moins… Je suis pas fan des plats tout-faits, mais ça restait bon. Peut-être pas assez en revanche. Il est grand mais il a pas l'air d'avoir un appétit gargantuesque.

- Détrompe-toi, il peut être sacrément glouton quand il le veut. C'est juste qu'il aime pas dépenser trop d'argent alors il prend en petite quantité mais quand c'est moi qui paye, je peux te dire qu'il se laisse aller.

- Il est radin, en fait.

- Oui, un peu… Mais il a ses raisons !

Je voyais bien que Kise essayait de défendre Aomine. Peut-être qu'il connaissait son passé autant que moi, finalement. Ça expliquerait leur proximité. Mais j'avais quand même l'impression que le blond en savait plus sur Aomine que moi. En même temps, ils se connaissent depuis plus longtemps.

Au fond, moi aussi je voulais connaitre le bleuté comme mon patron le connaissait. Le voir glouton si je lui paye à manger, l'entendre me taquiner et pouvoir lui répondre, comprendre ses faits et gestes et connaitre les détails de sa vie aussi minime soient-ils. J'avais vraiment l'impression d'avoir regardé un épisode d'une série géniale et de ne pas pouvoir m'empêcher de connaître la suite.

- Après, si tu as envie de manger plus je te conseille de cuisiner tes repas, parce que c'est sûrement pas Aomine qui va le faire.

- Oui, on en a parlé hier et c'est ce qu'on va faire.

- Bonne idée ! T'as déjà mangé pour midi ?

- Non, je viens seulement de terminer mon petit déjeuner... J'ai perdu du temps parce que je me suis mis en tête de faire sa vaisselle.

- Ohlala, mon pauvre Kagamicchi, t'en a pour toute la journée avec sa vaisselle…

- Mais j'ai déjà terminé, tu sais ?

- Sérieux ?!

Une nouvelle fois de plus, je n'ai pas été assez réactif pour éviter le saignement de mon oreille suite au cri de Kise.

- Je vais pas t'embaucher comme vigile mais comme aide pour la vaisselle, finalement !

- Non merci, j'ai nettoyé sa vaisselle parce qu'on avait atteint un point critique mais ça veut pas dire que j'aime faire ça.

- Oui, oui, je rigolais ! Je te souhaite bon courage pour la suite de la journée si tu as autant de mal à résister à la propreté, sa maison est une vraie porcherie.

- M'en parle pas.

Je l'entendis rire à travers le haut-parleur, il avait un rire communicateur et je ne pus me retenir de sourire en l'écoutant.

- Bon, c'est pas tout ça mais il faut que je retourne travailler, moi ! Encore bon courage et n'hésite pas à m'appeler si tu as un souci !

Je pus sentir d'ici son sourire et même son clin d'œil à la fin de sa phrase. Je le remerciai et raccrochai. Il était déjà parvenu à sauver mon début de journée qui n'était pas spécialement réussi jusqu'à présent.

Je me décidai enfin à me lever pour rejoindre la salle de bain. À peine entrer, je sentis déjà l'immense pression que me mettait ce miroir brisé. Je me sentais mal à l'aise dans cette pièce. Je me brossai donc les dents en quatrième vitesse et pris un médicament à prendre plus tard avec le repas de midi.

Je me dirigeai à présent dans la chambre pour m'habiller. Je me permis de prendre des habits à Aomine. Malheureusement pour moi, sa lessive n'avait pas son odeur mais heureusement pour moi, Aomine faisait des lessives. J'entrepris finalement de me poser sur le canapé pour reposer ma jambe et réfléchir à quoi acheter ce midi.

J'avais faim. J'avais rarement aussi mal mangé que ces derniers jours : entre l'hôpital et le niveau culinaire d'Aomine, j'étais (mal) servi. Je dressai donc une liste mentale de tout ce qui me donnait faim actuellement et la liste fut longue. Je finis par décider deux plats qui me donnaient le plus envie. L'un serait pour le midi et l'autre pour le soir, entre les deux j'allais me prendre de simples petits en-cas. Enfin, « petits », tout était relatif.

Je partis donc dans le fameux konbini au bout de la rue. Cette rue avait beau être laide, elle n'en était pas moins pratique. Un konbini, une pharmacie et deux bars étaient réunis. J'avais profité de la proximité de la pharmacie pour m'acheter une brosse à dents hier. La réaction du bleuté m'avait d'ailleurs surpris sur le moment. Moi qui pensais qu'il n'attendait que mon départ pour ne plus être contraint de s'occuper d'un handicapé, il m'était apparu presque inquiet de ma course au coin de la rue. Peut-être qu'il se préoccupait plus de moi que ce qu'il voulait admettre. Enfin… C'était beau de rêver. S'il tenait tant que ça à moi, il se serait arrangé pour ne pas m'envoyer faire les courses. Après tout, je ne m'attendais pas à ce qu'il soit empathique, ce type avait le cœur aussi vide que ses yeux.

Perdu dans mes pensées, je remplis mes bras de nourriture comme un automate. Une fois que j'eus tout ce qu'il fallait, je rejoins la caisse qui me semblait la plus vide. En posant mes produits, je sentis quelque chose me rentrer dedans.

- Aïe ! entendis-je à mes côtés.

Je me tournai pour voir la personne que j'avais percutée mais il n'y avait personne. Je regardai de l'autre côté puis derrière moi et toujours rien.

- Ici.

- AHHH ! criais-je en apercevant un homme devant moi.

Il était petit, chétif, avec des cheveux et des yeux bleu cyan. Aussi surprenant que cela puisse paraitre, je ne l'avais pas vu quand je lui étais rentré dedans. Alors qu'il était bien là, à me regarder avec des yeux inexpressifs et semblant me détailler.

- Pardon, je ne vous avais pas vu…

- Ne vous en faites pas, ça m'arrive souvent.

- Ah bon ?

C'est vrai qu'il n'avait pas une très grande présence, il passait même inaperçu. Il hocha la tête et descendit son regard sur mes achats.

- Vous préparez un festin, analysa-t-il avec un semblant de sourire.

- Hum… Pas vraiment, c'est juste mon repas du midi et du soir.

Il releva des yeux étonnés sur moi puis les fit redescendre sur mes articles et à nouveau sur moi. Finalement, il esquissa un sourire amusé.

- Vous avez un sacré appétit, conclut-il avant d'aller payer ses articles.

Je ne sus quoi dire alors j'acquiesçai simplement. Une fois mes produits achetés et emballés, je rentrai à la maison. Encore une fois, je fus bien content qu'Aomine habite au rez-de-chaussée parce que je n'étais pas en état pour monter les escaliers. J'étais en train de sortir les aliments dont j'avais besoin pour cuisiner quand je reçus un message.

[Aomine 13 :08]

Yo, bien dormi ? T'as mangé ?

C'était bête, mais ça me fit plaisir qu'il pense à moi et qu'il prenne des nouvelles. Je reposai mes sachets de nourriture et m'empressai de lui répondre.

[Moi 13 :09]

J'ai bien dormi et je suis en train de préparer à manger, j'ai fait les courses pour ce soir, tu n'auras pas à y penser. Et toi ?

[Aomine 13 :11]

Super. J'attendrai peut-être de recevoir ma paie pour faire les courses finalement. Sinon je n'ai pas très bien dormi mais je mange bien.

[Moi 13 :12]

Dommage pour ton sommeil, si tu dors trop mal sur le canapé on peut encore échanger si tu veux. Bon appétit.

[Aomine 13 :13]

C'est pas le canapé le problème, t'inquiète. Bon appétit à toi aussi.

Je reposai mon téléphone, satisfait de cet échange. Je ne m'étais pas trompé tout à l'heure avec Kise : Aomine n'est pas spécialement froid avec moi, ou en tout cas il a déjà été pire.

Je repris ma cuisine en laissant mon esprit divaguer. « C'est pas le canapé le problème », pourquoi avait-il mal dormi alors ? Des cauchemars peut-être ? J'étais moi-même plutôt étonné de ne pas en avoir fait. La plupart du temps, quand je pense trop longtemps à Nash dans la journée, je peux être sûr de le voir dans mes rêves la nuit. Mais pas cette fois, heureusement.

Je fus obligé de faire des pauses sur le canapé pendant la préparation de mon repas. En effet, ma jambe se rappelait douloureusement à moi toutes les vingt minutes environ. Je fus tenté d'avaler un médicament pour soulager la douleur mais j'étais déjà sensé en prendre un pendant que je mangeais et loin de moi l'idée d'abuser des médicaments. Après une longue session de cuisine, mes gyozas étaient enfin prêts. J'en avais fait 100 pour en manger 50 maintenant et 50 demain. Je m'installai de nouveau sur le canapé avec mon plateau, allumai la télévision en face de moi et commençai à manger. La télé affichait la chaine principale du Japon où je pus voir un reportage sur une intervention de la police faite il y a quelques jours. Je regardai attentivement l'émission au début, me demandant si Aomine allait apparaitre mais le sujet changea sur un match de football qui avait eu lieu récemment.

Je me mis de nouveau à penser à Aomine et à son métier. Si j'avais bien tout suivi, il avait arrêté les cours en troisième. Comment avait-il donc pu accéder au métier d'agent de police aussi rapidement ? Pour avoir tenté d'entrer à la caserne de pompier, je peux dire qu'ils ne prennent pas les premiers venus pour assurer la sécurité de la population. Alors par quel miracle avait-il réussi l'exploit d'intégrer les forces de l'ordre ? Il faudrait que je lui demande. Et puis, quel était son rôle en tant que policier ? Peut-être qu'il avait juste grossi le terme et qu'il était en fait qu'un simple contrôleur des papiers dans le métro ? Ça se trouve, il fait les patrouilles et je vais le croiser en ville un jour… Est-ce qu'il se met en danger dans son métier ? Décidément, ce type avait bien trop de mystère…

Finalement ce match de foot me donna envie de regarder des replays de match de NBA. Comme je m'en doutais, Aomine avait accès aux chaines qui les retransmettaient. Je terminai mon repas et je m'allongeai. Petit à petit, bercé par l'odeur d'Aomine sur les draps, je m'endormis.

Ce fut deux heures après que j'émergeai à nouveau, il était aux alentours de dix-sept heures. Je m'étirais de tout mon long craquant mes vertèbres une par une. J'étais presque plus fatigué après cette sieste qu'avant. C'était bien pour ça que je n'en faisais jamais d'ailleurs. Je restai quelques instants dans les vapes du sommeil, tanguant entre rêve et réalité, bien au chaud dans ce canapé sentant bon l'épice salée. Inconsciemment, je pris même l'oreiller dans mes bras pour pouvoir le renifler plus facilement.

Après un temps incertain, je me levai en me frottant les yeux. Ce n'était pas la sieste la plus intelligente que j'avais faite, j'allais avoir du mal à m'endormir ce soir. Je coupai la télé qui avait fini de retransmettre les matchs. L'appétit avait dû me réveiller parce que mon ventre grogna dès que je fus debout. Je me dirigeai vers la cuisine et sortis un paquet de biscuits qui allaient bientôt être périmé ainsi qu'une glace que j'avais trouvée au fond du frigo. Rien n'avait été équilibré dans mes repas aujourd'hui. J'eus presque honte de m'affaler comme ça avec mes aliments sucrés en train de zapper des chaines de télé. Il fallait réellement que je me remette au sport avant que ça devienne critique. Peut-être qu'Aomine avait des haltères chez lui pour pouvoir se muscler ? Sinon mes seules options étaient les abdos, les pompes, la planche ou les squats. Cependant, sur les trois derniers il fallait user de la puissance des jambes pour se maintenir, et je ne pouvais malheureusement pas faire ça.

Finalement, pris d'une profonde culpabilité, je me décidai de faire une série d'abdos quand j'eus fini ma glace. J'étais allongé sur le sol, mes jambes reposant sur l'accoudoir et mes doigts sur mes tempes. J'en fis quelques-uns, puis repris ma série de zapping en terminant mes biscuits et retournai à mes abdominaux. Je n'en fis pas autant que si j'étais vraiment dans un entrainement sportif parce que le sol me faisait mal au dos. Je me forçai quand même à en faire un maximum dans mon état quand j'entendis la porte s'ouvrir. Je poussai sur mes abdos pour me relever et regarder par la baie vitrée du balcon : la nuit était déjà tombée, je ne m'en étais même pas rendu compte.

- Tadaima, entendis-je dans l'entrée.

- Okaeri, répondis-je.

Il entra dans le salon quand je me relevai.

- Tu faisais quoi, par terre ?

- Des abdos, dis-je en me grattant l'arrière de la tête, gêné qu'il m'ait surpris comme ça.

Il se moqua de moi avec un ricanement que je plaçai directement dans la catégorie « énervant ». Il se fit une place à mes côtés. Moi qui voulais que sa couette soit lisse pour quand il aille dormir, ce fût loupé.

- Bon t'as pas oublié ce que tu devais faire, hein ? demanda-t-il en changeant de chaine pour celle des infos.

Je me tournai vers lui en fronçant les sourcils, l'incompréhension se lisait dans mon regard. Il se tourna vers moi, attendant que je dise quelque chose. Quand il comprit que je ne voyais pas du tout de quoi il parlait, il afficha une tête blasée et soupira.

- Le cours d'anglais, me rappela-t-il.

- Ah mais oui !

J'avais complétement oublié ce cours. Nous en avions parlé que brièvement hier, j'étais surpris qu'Aomine s'en souvienne. Peut-être que ça lui portait vraiment à cœur enfaite…

- T'avais déjà oublié ? soupira-t-il en piochant un biscuit dans la boite sur la table basse.

- Oui, bon, ça va…

- Surtout que t'as passé la journée à rien faire, je vois pas à quoi t'as bien pu penser.

- Comment ça j'ai passé la journée à rien faire ?! J'ai fait les courses je te signale.

- Ouah, bravo champion, t'as fait un truc dans ta journée ! ironisa-t-il. T'es pas trop fatigué, ça va ? Tu veux un massage aussi, peut-être ?

- Et j'ai cuisiné, j'ai fait ta vaisselle et j'ai réorganisé toute ta cuisine. Sans oublier que je suis blessé, je te rappelle ! On t'avait quand même dit de pas me faire bouger, si je peux me permettre c'est pas une franche réussite.

- Comme si c'était moi qui t'avais dit de faire ma vaisselle ?! Je t'ai rien demandé du tout, c'est ta faute.

- Si t'avais fait les courses avant que je vienne, je n'aurais pas eu à me déplacer déjà.

- C'est au bout de la rue, t'as pas fait un marathon non plus ! Arrête de te plaindre, sois déjà content que je t'héberge.

- Toi aussi arrêtes de te plaindre, tu m'héberges peut-être mais en contrepartie je fais tes tâches ménagères alors sois content.

- Je répète : je ne t'ai jamais dit de la faire.

- Oui, j'ai compris ! Mais je le fais quand même, alors tu pourrais être plus sympa avec moi.

- Je suis sympa avec qui je veux, point barre.

Je serrai les poings. Il commençait vraiment à m'énerver. Il veut tout faire comme bon lui semble et ça me fait enrager. Jamais content, toujours en train de critiquer. Je vais finir par lui mettre mon poing dans la tronche, on verra s'il l'ouvre encore… Une puissante envie de l'insulter me prit, mais je la retins, ça n'allait pas faire avancer les choses. Pour l'instant je me retenais pour ne pas créer de problèmes, mais j'allais rapidement finir par craquer…

- Bref… Ton cours d'anglais…

- Ah, on y vient enfin.

Je soupirai d'agacement. Prends sur toi, Taiga, il fait ça pour t'énerver.

- Qu'est-ce que tu sais dire en anglais, déjà ?

- Euh…dunk, lay-up, one on one, dribble-

- Autre que des termes de basket ?

- M'en demande pas trop non plus…

- Juste les bases ! Comment tu dis « Je m'appelle Daiki Aomine » ?

- Bah… I am Aomine Daiki.

Je soupirai de nouveau, nous n'étions pas sortis de l'auberge. Je pensais qu'il rencontrait juste des difficultés mais là on touchait le fond. Il n'avait pas un mot de vocabulaire autre que ceux du basket.

- Tu connais pas « My name is… » ?

- Ah, si, maintenant que tu le dis…

- Et sache que dans les autres pays, on dit plus fréquemment le prénom en premier et le nom à la fin.

- Oui, 'fin ça va, ils comprendront… Essaie pas de rendre les choses plus compliquées qu'elles ne le sont déjà.

- Attends, là je t'ai seulement demandé de me dire « je m'appelle Daiki Aomine », je te demande pas le bout du monde, non plus !

- Arrête de crier, c'est bon…

Je le foudroyais du regard tandis qu'il sortait une cigarette de sa poche. Il l'emmena à ses lèvres, l'alluma et inspira la nicotine puis laissa la fumée s'échapper de ses lèvres. Nash m'avait habitué à la fumée dans la maison et même si cette fois ce n'était pas de la drogue, j'étais quand même irrité par l'odeur. Bien que cette image visuelle ne fût pas des plus désagréable, je souhaitais quand même lui mettre mon poing dans sa joue.

- Bon… Fais la phrase.

- Quelle phrase ?

- My name is Daiki Aomine ! m'énervais-je.

- Rah mais calme-toi, bon sang.

- Si t'étais plus coopératif je serais peut-être plus calme !

- Eh, je sors d'une journée de travail super fatigante, ok ? Alors estime-toi heureux que je sois pas plus chiant !

- Oh, super ! m'exclamai-je. Nan vraiment, tu peux pas savoir à quel point je suis content de voir que tu n'es pas plus chiant, quelle joie !

- Au moins y'en a un qui est content, ici, soupira-t-il, restant au premier degré.

Je soupirai aussi et secouai ma tête. Le cours d'anglais allait être reporté à plus tard. On resta silencieux en regardant la télé. Il continua à tirer sur sa cigarette à intervalle régulier et l'odeur commençait vraiment à m'énerver. Ça m'arrivait aussi de fumer, quand j'étais stressé habituellement. Mais là j'avais envie de tout sauf de sa fumée sur moi. Je finis par me lever et aller dans la cuisine pour commencer à cuisiner une entrée. J'aurais pu tout simplement lui dire d'arrêter mais j'étais trop fatigué pour partir dans une nouvelle dispute.

Je sortis du riz, des algues, des champignons et tout ce qu'il me fallait pour une soupe miso. Dès que je me lançais dans la cuisine, comme au basket, toutes mes pensées parasites s'en allaient pour ne me laisser que ma réflexion quant au geste et à la quantité. J'étais tellement perdu dans ma cuisine que je ne sentis pas Aomine s'approcher de moi. C'est seulement quand son corps s'appuya contre le mien et que sa tête effleura mon épaule que je pris conscience de sa présence. Je sursautai sur le moment et il s'amusa de ma réaction.

- Tu prépares quoi ?

- Riz et soupe miso.

- Quoi d'autre ?

- Des gyozas.

- Cool.

Sur ce il ouvrit le frigo pour se prendre une bière.

- Moi qui pensais que t'allais au moins te proposer pour m'aider, le critiquai-je.

- Rêve pas, j'ai pas envie de te faire pleurer fasse un mon talent culinaire. Déjà que t'as pas grand-chose pour toi, si en plus je te fais complexer sur tes points forts…

Son ego surdimensionné, encore et toujours.

- Comment ça j'ai pas grand-chose pour moi ?

- Faut voir la vérité en fasse Kagami. Avec des sourcils comme les tiens tu peux pas être en haut du paquet.

- Arrête avec mes sourcils, bon sang, ils sont très bien !

- C'est beau de croire en ses rêves… Tu veux une bière ?

- Tss. Mouais…

Il m'en tend une. Je ne connais pas la marque mais le niveau d'alcool n'est pas trop élevé alors je la bois sans me poser de question. Rapidement, le gout pétillant et un peu âcre emplit ma bouche. Ce n'est pas mauvais mais ça faisait longtemps que je n'avais pas pris de bière alors je fais une petite grimace quand je sens ma gorge piquer.

- Faible nature, commente Aomine en me voyant faire.

Je suis tenté de lui envoyer ma bière dans les yeux, mais je me retiens pour l'instant. Pour compenser je lui lance un regard noir. Mais évidemment il me répond par son sourire moqueur. Il s'installe sur le comptoir derrière moi et je sens son regard porté sur moi. Ma jambe commence à me faire un peu mal, mais j'ai bientôt terminé alors je continue à cuisiner. J'entends Aomine boire une nouvelle gorgée de bière puis soupirer.

- My némeuh iseuh Daiki Aomine, souffle-t-il.

Je suis bien sûr surpris qu'il remette ça sur le tapis, mais je suis surtout mort de rire par sa prononciation. Je ne me retiens pas de lui faire comprendre mon hilarité en me moquant de lui ouvertement.

- Arrête de rire, Baka !

- Ohlala… On est pas sorti de l'auberge… Essaie de copier ma prononciation du mieux possible, ok ? demandais-je en étant toujours tourné vers le plan de travail.

Je l'entends faire un faible son qui pourrait se traduire par un « hm » et je comprends qu'il a hoché la tête.

- My…

- My.

- Name…

- Né- Name.

- Is.

- Iseuh.

- Mets pas de « euh » à la fin. C'est « is » tout simplement.

- Iz.

- Voilà. Maintenant tout attaché ?

- My… name… iz.

- Et la suite ? lui demandai-je en remarquant l'absence de nom.

- Ah oui ! Daiki Aomine.

- Tout attaché, une nouvelle fois mais avec ton nom à la fin.

Je l'entendis soupirer plus fort que tout à l'heure et prendre une nouvelle gorgée de sa boisson.

- My name is… Daiki Aomine.

L'anglais sonnait bizarre dans sa bouche, mais sa prononciation était enfin correcte. Je portai moi aussi ma bière à mes lèvres et lui fit un pouce pour lui signifier que c'était bon. En même temps, je sortis le riz de son cuiseur et le mis dans deux bols. Je sortis deux baguettes et Aomine me rejoignit pour m'aider à mettre la table. On se mit sur le canapé et on posa les deux bols de riz sur la table basse toujours en bazar pour commencer notre soupe.

- Ta journée ? demandai-je pour faire la conversation.

- Bof, ennuyant. Et toi ?

- Pareil.

Il hocha la tête et on retourna dans un silence gênant. Quoiqu'Aomine, lui, ne semblait pas plus dérangé que ça par ce blanc. Il buvait sa soupe sans se préoccuper de moi. Je me forçai donc à faire de même, attendant qu'il souhaite parler.

- Mh, fit-il, la bouche pleine.

- Quoi ? demandai-je en amenant ma cuillère à ma bouche.

- On connait la date du procès de Gold Jr. C'est dans un mois.

Je stoppai mon geste. Je le fixai, réfléchissant à cent à l'heure. Le procès. J'étais parvenu à l'oublier. Mais non, évidemment que non. Il va avoir lieu. Je vais revoir Nash. Il va me revoir. Je vais devoir écouter quelqu'un racontant la scène de mon agression en le regardant dans les yeux. Nash. Je ne veux pas le revoir. Revoir ce qu'il est devenu. Sa maigreur due à la drogue, ses yeux creux, ses cheveux sales, son odeur me donnant la nausée… Tout me revenait en tête. Ses yeux fous. Ses insultes. Lui.

Voyant la panique dans mes yeux, Aomine reposa son bol et me prit par l'épaule pour me secouer un peu.

- Hé Kagami ! Calme-toi. C'est dans un mois, t'as le temps. Il sera menotté, il ne pourra rien te faire, ok ?

J'hochai la tête par automatisme. Je laissai finalement l'air que j'avais inconsciemment conservé dans mes poumons s'échapper. Un mois. C'était à la fois trop long et trop court.

- Je sais que c'est stressant mais tu savais que ça allait arriver, non ?

J'opinai à nouveau.

- T'auras un avocat de toute façon, tu feras juste acte de présence.

Le même mouvement de la tête.

- Juste calme-toi et termine ta soupe pour qu'on puisse passer au plat.

J'esquissai un sourire, je lui étais reconnaissant de changer de sujet. Je suivis ses paroles et finis ma soupe ainsi que mon riz. Je me levai pour mettre les gyozas à réchauffer. Heureusement, les gyozas se conservent très bien au frais et c'est possible de les garder pendant un mois. Mais c'est qu'en cas de grande nécessité, ils sont quand même meilleurs quand ils viennent juste d'être dorés à la poêle.

Je les mis sur une assiette recouverte d'un film alimentaire, puis les mis dans le micro-onde. Je le lançai pour une minute et attendis, assis sur le comptoir.

- Au fait, Aomine…

- Quoi ?

- T'as quel rôle dans la police ?

- J'traine dans mon bureau jusqu'à ce qu'on m'appelle pour une mission.

- Tu fais des trucs dangereux, parfois ?

- Ça fait longtemps que ça m'est plus arrivé.

La sonnerie du micro-onde nous coupa. Je sortis les gyozas et en plaçai la moitié sur une autre assiette puis les disposai une nouvelle fois sur la table basse.

- Itadakimasu.

- Bon appétit.

- Hein ?

- Bon appétit, répétai-je. C'est du français.

- Oulah, je suis déjà pommé en anglais, ne va pas me perdre encore plus en utilisant du français.

Je laissai échapper un petit rire de moquerie. On commença à manger notre plat, toujours en silence malgré le bruit de la télé. La chaine d'infos sur laquelle Aomine était allée, montrait à présent des pubs et Aomine ne semblait même pas s'en être rendu compte.

- Définitivement, c'est mieux si c'est toi qui cuisines.

- Je pense aussi. T'aimes bien ?

- C'est pas trop mauvais.

Je glissais mes yeux vers lui et aperçus un léger sourire à chaque fois qu'il prenait une nouvelle bouchée, je compris que c'était mieux que « pas trop mauvais » mais qu'il n'avait certainement pas l'intention de le dire. Je souris, amusé par ce constat. Il n'avait pas l'air d'être quelqu'un qui s'ouvrait beaucoup, alors j'étais fière qu'il m'ait raconté son passé. Quoiqu'il advienne, je ne briserai jamais sa confiance.

- T'as quelque chose pour le dessert ?

- Je voulais acheter des fruits à la base, mais le primeur était trop loin, alors on a des yaourts.

- J'vais les chercher.

En attendant je rassemblais les couverts et les assiettes sur un coin de la table pour faire de la place. Je fis même quelques tas avec les sachets de nourriture que je trouvais sur la table basse ou les jeux de vidéos, presque inconsciemment.

- Tu voudras que je passe chez le primeur quand j'aurai ma paye ?

- Je suis pas contre. Tu l'auras quand ?

- J'en sais rien. Mais tu pourras m'écrire une liste de tout ce que tu veux, pour que je sache ce que je dois acheter.

- D'acc, j'essaierai d'y penser. Donc j'achète à nouveau à manger pour demain midi et demain soir ?

- Ouais, ça m'aiderait bien. Sinon si t'as trop mal je demanderai à Kise d'y aller.

- Ça ira je pense. On va pas exploiter Kise, non plus, ris-je.

- Oh je pense qu'il serait ravi de pouvoir nous aider. Il est un peu masochiste sur les bords…

- J'ai l'impression qu'il est toujours ravi de tout faire, lui.

- Grave. Il est toujours trop heureux, ça m'énerve.

- Et toi t'es toujours énervé. Je sais pas comment vous êtes devenu amis…

- Je me pose la même question. T'as fini ?

J'hochai la tête en reposant mon yaourt tout autant raclé que celui d'Aomine. Il s'étira de tout son long, il avait l'air vraiment fatigué, je n'y avais pas fait attention avant.

- Bon, on va se brosser les dents ?

- Vas-y je vais laver la vaisselle.

Il fit la moue avec un air contrarié.

- Je t'héberge pas pour que tu fasses le ménage à ma place.

- Si t'es pas content, tu peux le faire toi, répondis-je.

- Flemme. Fais-le si ça te fait plaisir, bâilla-t-il.

- Ça me fait pas plaisir, je suis obligé ducon, lançai-je, mais il était déjà parti.

Je grognai tout seul. Qu'est-ce qu'il était énervant quand il le voulait ! Il m'envoyait balader dès que ça lui chantait et revenait avec la fleur à la main après, comme avec l'anglais. Je crois qu'il n'avait pas très bien compris le principe de prendre soin de moi. En même temps, il ne sait pas s'occuper de lui-même, alors il est pas prêt de s'occuper de moi. Je commençai à considérer sérieusement la proposition de Kise. Mais je n'étais pas encore sûr, je n'avais pas décidé de venir chez Aomine pour plier bagage au bout d'un jour. J'allais lui laisser le temps. Au fond, hier ça ne s'était pas trop mal passé, il n'y avait pas de raison que ça n'aille pas dans les prochains jours. Aujourd'hui il était fatigué, c'est tout.

Je m'énervai à vouloir lui trouver des excuses, mais je voulais me convaincre de rester encore un peu. Je souhaitais quand même continuer à être aux côtés d'Aomine, je n'étais pas prêt à disparaitre de sa vie aussi rapidement. Finalement, il revint de la salle de bain quand j'eus fini.

- Bonne nuit, souhaitais-je en passant à ses côtés.

- Ouais, ouais, me répondit-il.

Je soupirai d'agacement, je voulais retirer mes mots et lui dire de passer la pire nuit de sa vie, mais c'était trop tard. Je fis ma toilette en vitesse et fonçai dans le lit presque immédiatement. Ma jambe m'élançait douloureusement depuis quelques minutes, mais au moins je n'avais pas à faire la vaisselle demain.

Seulement, même après une vingtaine de minutes, ma jambe continuait de me faire souffrir. Je n'osai pas bouger mais la position dans laquelle j'étais, était tout sauf agréable. Je me pinçais pour avoir mal autre part ou je me mordais la joue pour ne pas gémir de douleur.

Mais rien n'y faisait, je dirai même que ça empirait. J'avais si mal… Je décidai de me lever et d'aller chercher un antidouleur. Je ne voulais pas retourner à l'hôpital aussi tôt. J'aurais vraiment dû écouter le médecin et ne pas bouger, j'ai été bête.

À peine au sol, je dus me dépêcher de relever ma jambe, j'étais presque incapable de m'appuyer dessus. Je boitai jusque dans la cuisine pour me prendre un verre d'eau. Évidemment, dans mon processus, je réveillai Aomine sur le canapé.

- Qu'est-ce que tu fous ? souffla-t-il, encore endormi.

- Je dois prendre un antidouleur, j'ai trop mal, grognai-je.

Il se redressa en soupirant. Je l'ignorais jusqu'à ce que mon bras passe autour de son cou.

- Assieds-toi sur le canapé, je t'apporte ton médoc et ton verre d'eau.

- Je peux le faire tout seul.

- Peut-être mais ça t'évitera de réveiller tout l'immeuble.

Je fronçai les sourcils et m'installai sur l'accoudoir. Il m'apporta tout ce qu'il fallait et s'en alla à nouveau dans la salle de bain pour revenir avec une trousse de soins.

- Tu peux relever ton jogging pour que j'observe ta plaie ?

Heureusement, le jogging que m'avait passé Aomine était large et je n'eus pas à trop forcé pour le monter jusqu'à ma cuisse. Il décrocha l'aiguille qui maintenait mon bandage fermé et l'enleva. Je vis ma plaie recousue, et rien que cette vision me renvoya la douleur de ma blessure.

- De l'extérieur tout à l'air ok… Je te mets de la crème et je te remets ton bandage, d'accord ?

J'hochai la tête, incapable de sortir un son de ma bouche qui ne soit pas un grognement. Et justement, un mélange entre un gémissement m'échappa quand Aomine commença à étaler la crème.

- Pardon, murmura-t-il en diminuant sa pression sur ma cuisse.

Ce simple mot me ramena dans l'instant présent. Aomine était là, en train de prendre soin de ma plaie avec une douceur inattendue, au beau milieu de la nuit. Et dire que j'étais en train de l'insulter mentalement i peine une heure. Enfin, son action ne retirait en rien son attitude face à moi tout à l'heure. Mais j'étais quand même content d'être resté ici et de ne pas avoir fui cette maison.

- Ça y est j'ai fini, à moins que tu veuilles une pipe, tu peux partir.

Je rougis brusquement dès que sa phrase avait quitté ses lèvres. Puis je me rappelai que je m'étais promis de ne plus rester sans rien faire face à ses réflexions et je répliquai :

- Si c'est toi qui proposes, je vais pas refuser…

Je me délectai du visage surpris qu'abordait à présent Aomine mais de nouveau, son visage devint moqueur et joueur.

- Tu peux pas résister à mon charme, hein ? s'amusa-t-il en se relevant et me surplombant de sa hauteur.

Je déglutis. Je ne pouvais pas résister à son charme. Il ricana, il pensait avoir gagné.

- Prends pas tes rêves pour la réalité, baka.

- Mes rêves ? Il n'y a que dans mes cauchemars que je pourrais m'imaginer te sucer.

- Ah ouais, pourtant t'avais pas l'air dégouté quand tu m'as proposé ça ?

Il fronça les sourcils. Je me ravis de ce silence où il ne trouvait rien à répliquer.

- Contrairement à certains… Je sais cacher mes émotions.

Je faisais partie de ces « certains » et il savait que je le savais. Je fronçai les sourcils et l'assassinai du regard. Un sourire vainqueur fendit son visage.

- Allez, assez discuté. Faut que j'aille dormir, moi.

- Si t'arrêtais de raconter n'importe quoi tu serais couché depuis longtemps.

- Je peux pas m'empêcher de te faire perdre ton sang-froid…

- Espèce d'abruti.

Il me prit par les mains pour me relever mais il tira un peu trop fort et je perdis mon équilibre et tombai dans ses bras. Mes joues chauffèrent alors que je décollai pressement ma joue de son poitrail.

- Bah alors, tu tiens pas sur tes pattes, chaton ?

Je me reculai, cherchant mes mots, les joues aussi rouges que mes cheveux. Mais par-dessus mon incompréhension, la douleur de ma blessure me fit grimacer. Il se dépêcha de passer mon bras autour de son cou.

- Baka.

Pourquoi « baka » sonnait si bien dans sa bouche ? Encore une question à laquelle je n'avais pas de réponse. Et je n'en voulais pas spécialement. Nous marchâmes jusque dans ma chambre où il me laissa avec cette fois un « bonne nuit ». Je m'endormis dès que mon dos toucha la surface du matelas. Au final, je gardais un bon souvenir de cette journée.


Et voilà un nouveau chapitre !

J'ai maintenant le correcteur Antidote (merci Maloriel pour la proposition ;)) donc normalement il y a moins de fautes que d'habitude ^^' Il m'a quand même indiqué plus de 150 fautes, j'avoue que j'ai un peu paniqué XD Mais la plupart du temps c'était la ponctuation ou la négation, donc ça va ;) Après, je suis toujours pas sûre pour la conjugaison des verbes... Je fais de mon mieux mais la différence entre imparfait et passé simple est encore assez flou pour moi, surtout à la première personne ^^' J'espère que ça n'a pas été trop dérangeant pendant votre lecture !

Le bilan est plutôt positif pour Kagami, même s'il s'est bien énervé contre Aomine. En même temps, ce dernier lui en fait voir de toutes les couleurs ! Vous allez avoir son point de vue pour le prochain chapitre, je sais que certaines étaient intéressées de voir le quotidien d'Aomine à son travail, alors vous pourrez en profiter ;D

Je vous dis à la prochaine pour la suite, bises ;D