Heyy !

Heureusement que je ne me suis pas donnée de limite de temps pour écrire mes chapitres parce que je n'aurai jamais réussi à m'y tenir '^^ Mais voilà un nouveau chapitre tout beau tout neuf pour vous ! Cette fois on verra la journée du point de vue d'Aomine ;) Certaines voulaient voir le quotidien d'Aomine dans le police, vous allez être servies ;) Et vous comprendrez peut-être un peu mieux son côté lunatique de la veille...

Désolée pour les fautes d'orthographes ;p Bonne lecture à vous ;D

Shadow : Les ressentis d'Aomine seront expliqués dans ce chapitre, tu comprendras peut-être un peu mieux sa manière d'agir :) Kagami et le repos ça fait deux ! Mais oui, il va bien devoir se poser un moment ou un autre sinon ça va mal tourner ! Est-ce Kuroko que Kagami a rencontré ? Tu vas le savoir dans ce chapitre (Même si je pense que tu as déjà ta petite idée ;)) Désolée pour le long délai qu'il y a eu entre mon chapitre précédant et celui-ci... Merci pour ta review ! Bonne lecture, bises ;D


Aomine

Si l'on m'avait dit, quelques jours plus tôt, que je me retrouverais à acheter un petit déjeuner à Kagami à six heures du matin avant de partir au boulot, j'y aurais pas cru. Et pourtant, me voilà à faire la queue au konbini en bas de chez moi avec du lait et les premières céréales bon marché que j'ai pu trouver. Il avait de la chance d'avoir mal à la jambe, sinon il se serait débrouillé.

Enfin, « chance » n'était pas le bon terme. Mais au moins il avait l'honneur que je fournisse des efforts pour lui. J'en faisais peut-être même trop. Ou pas assez. Ou les deux.

En fait, je ne savais pas comment me comporter avec lui. Je savais qu'il avait besoin de soutien moral et qu'il était dans une mauvaise passe et que, sachant que j'étais celui qui l'hébergeait, je devais fournir un minimum d'effort pour qu'il se sente bien. Mais c'était pas moi, ça. Être doux, attentionné, affectueux, patient… Je n'avais aucune de ces qualités. J'étais arrogant, froid, fort… Voilà ce que j'étais. Alors pourquoi me sentais-je obligé de revenir sur mes décisions et lui donner une bonne image de moi ? C'est vrai, quoi. On se connait à peine. Quoique… Il en connait plus sur moi que la plupart des personnes que je fréquente. Mais il ne sait pas qui je suis dans mon quotidien. Mon passé, c'est mon passé. Je suis différent de celui que j'étais. Cela étant, je n'ai pas l'impression qu'il se fasse beaucoup de préjugés sur ce que je lui ai raconté.

Mais je ne lui dois rien. Alors pourquoi suis-je dans cette putain de file d'attente en train de lui rendre un service ?

- Aomine-kun ?

Je me tournai vers le son d'où la voix provenait mais il n'y avait personne. Je me tournai de tous les côtés mais rien. J'entendais des voix, maintenant ? Il ne manquerait plus que ça.

- Ici.

- AHH ! m'écriai-je en apercevant bel et bien un homme devant moi.

Une peau pâle, des yeux bleu ciel inexpressifs, une expression impassible et une présence des plus inexistante. Aucun doute, c'était le gars qui s'était incrusté au bureau un jour pour me remercier d'avoir sauvé son père. Personne n'avait le droit d'entrer si ce n'était pas des détenus ou des victimes. Mais ce type-là avait échappé à la vigilance des autres policiers.

- Bonjour, vous vous souvenez de moi ?

- Attends. Tu t'appelles Te… tsu… et un truc derrière je crois.

Il cligna des yeux.

- Kuroko Tetsuya.

- Ouais voilà, c'est ça ! Bon, Tetsu, Kuroko Tetsuya, c'est la même chose.

- Si vous voulez, je suis déjà honoré que vous vous souveniez de moi.

- En même temps tu marques les esprits ! Première fois que je vois un gars faire le déplacement pour remercier un policier, surtout que tu n'étais même pas la victime.

- Ça m'a paru normal sur le moment, désolé si ce geste vous a dérangé.

- Pas de problème, ça m'a pas du tout dérangé. Par contre, ne me vouvoie pas, j'ai l'impression d'être vieux.

- Pardon, c'était une marque de respect.

- 225 ¥, s'il vous plait, me demanda la caissière.

Je fronçai les sourcils en remarquant que mes céréales et mon lait n'avaient pas été encaissés.

- Excusez-moi, ce sont mes articles, intervint Tetsu en levant la main devant lui pour que la dame le remarque.

La pauvre femme fit un bond en arrière sur sa chaise en l'apercevant. Apparemment je n'étais pas le seul à ne pas sentir la présence de cet homme. J'esquissai un petit sourire, il avait l'air marrant comme gars.

Il attendit que je me fasse encaisser par la dame encore sous le choc et nous sortîmes de cet endroit. J'avais l'impression que je pouvais le perdre dès que je retirai mon regard de lui.

- Tu as toujours aussi peu de présence ?

- Oui.

- Ça doit être comme ça que tu as échappé à la vigilance des policiers…

Je le vis écarquiller les yeux. Il se tourna vers moi en me questionnant et je lui rendis son regard, ne sachant pas ce qui l'inquiétait.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- J'ai enfreint la loi ? m'éclaira-t-il.

- Hein ? Oh, non, t'en fais pas… Enfin, si, t'as enfreint la loi, mais personne ne va te le reprocher. T'es juste venu me remercier, tu risques rien.

- Ah, bonne nouvelle… Je ne savais pas que je n'étais pas en règle en entrant.

- Bah, ça arrive à tout le monde d'être hors la loi parfois.

- En tant que policier, vous ne devriez pas dire ça.

Je ris, s'il savait… Je suis loin d'être le policier le plus sage. Je suis même l'un des pires. C'est vraiment un miracle que j'aie été accepté dans la police. Mais c'était une trop longue histoire pour qu'elle vaille la peine d'être racontée maintenant. Surtout que j'étais arrivé chez moi. Je le lui signifiais en pointant ma porte du doigt.

- C'est ici que j'habite.

- Oh, d'accord. Je te souhaite une bonne journée, Aomine-kun.

- Toi aussi.

J'ouvris la porte et entrai, mais au dernier moment je me rappelai une question que je souhaitais lui poser.

- Eh Tetsu, l'interpelai-je.

Il se retourna et je crus apercevoir un soupçon de sourire sur ses lèvres, mais je n'étais pas sûr.

- Je ne t'avais jamais vu ici avant, tu habites dans le coin ?

- Oui, à quelques pavés de maison plus loin. J'allais dans une autre épicerie avant, mais elle a fermé. Ils construisent une boulangerie à la place.

- Ah, je savais pas… Bon ben, à la prochaine, prends soin de toi et de ton père !

- Merci, toi aussi.

Je rentrai, content de cette petite entrevue avec ce fameux Kuroko Tetsuya. Il avait vraiment l'air gentil et il dégageait une impression de calme. Notre petite discussion m'avait plu et j'espérai avoir l'occasion de discuter à nouveau avec lui.

Je descendis rapidement de mon petit nuage quand je remarquai le retard que j'avais pris. En moins de temps qu'il en faut pour le dire, je déposai mes courses sur le plan de travail, dégainai un stylo pour écrire un petit mot pour Kagami et me pressai de sortir et rejoindre le commissariat.

Je ne fus heureusement pas désigné pour les plaintes aujourd'hui, il y avait assez de monde pour faire cette corvée. On m'annonça une intervention dès que je sortis du vestiaire. Une embrouille entre deux alcooliques qui sortaient d'une discothèque. Un gars s'est interposé pour les calmer mais il s'est fait prendre dans la bagarre à son tour, son ami nous a appelés. J'embarquai dans une voiture avec deux de mes coéquipiers, Susa et Wakamatsu.

Susa est un bon type, je sais qu'il est dans l'équipe de Imayoshi depuis plus longtemps que tout le monde. Ils s'entendent bien et de toute façon Susa n'est pas prise de tête. Je lui parle rarement, on n'a pas souvent des missions ensemble, c'est plus un policier de seconde zone, il n'a pas de qualité qui le fait sortir. Mais il est bon en tout, sinon il ne serait pas dans cette équipe.

Wakamatsu cependant… Lui et moi, c'est loin d'être l'amour fou. C'est un peu l'inverse de Susa, toujours sur les nerfs, en train de prendre la tête à tout le monde, un sanguin qui réagit toujours au quart de tour… Tout ce qui m'énerve. Dès le début on ne s'est pas bien entendu. Il est toujours après moi. Lorsque je me repose deux secondes, juste pour fumer un coup, on peut être sûr qu'il va me traiter de tire-au-flanc. Enfin, cette détestation est mutuelle. Dès que je peux l'énerver, je saute sur l'occasion. Mais on sait quand même faire la part des choses entre le travail et la vie personnelle, on arrive plus ou moins à coopérer sur le terrain.

D'ailleurs, nous arrivâmes devant l'édit discothèque. Les deux bagarreurs nous apparurent, se donnant des coups et se roulant au sol comme deux imbéciles. De l'autre côté, le jeune homme qui avait voulu s'interposer était assis au sol, le nez ensanglanté et une branche de lunettes cassée, ainsi que son ami, agenouillé à ses côtés, appelant à présent une ambulance. Nous n'eûmes pas à nous concerter et Susa s'en alla s'occuper du blessé tandis que Wakamatsu et moi, nous nous occupâmes de séparer les deux hommes éméchés. Nous les prîmes par les aisselles pour les relever et les écarter. Ils continuèrent, visiblement bien alcoolisés, à donner des coups dans le vide et crier des choses incompréhensibles. L'agitation interpela quelques personnes dans les immeubles voisins : parfait on pourra également les sanctionner pour tapage diurne. On leur passa les menottes et on leur appuya sur la tête pour les faire entrer dans le véhicule. L'ambulance était arrivée entre temps. On nota l'adresse de la discothèque avec l'intention de parler au gérant qui n'était apparemment plus là, et nous pûmes repartir.

- C'est déjà la quatrième dispute qui a lieu dans une discothèque ce mois-ci, m'informa Susa.

- Logiquement, cette dispute-là n'a pas eu lieu à l'intérieur de la discothèque, précisa Wakamatsu.

- Il n'empêche que ça peut avoir un lien. Qui se charge de l'écriture du compte-rendu ? demandai-je, priant pour qu'on ne me refile pas cette tâche.

- Je peux le faire, je connais quelqu'un qui s'est occupé d'un conflit comme celui-là récemment. Je verrai s'il y a des circonstances similaires.

Wakamatsu et moi hochâmes la tête de concert, bien heureux d'être exemptés de ce devoir. Je retournai dans mon bureau dès que nous fûmes rentrés, non sans prendre un café sur le chemin. J'ouvris mes mails pour voir si on avait besoin de précision sur certains rapports que j'avais fait. Et justement, un avocat m'avait envoyé un mail sur une bagarre qui avait eu lieu dans un quartier mal fréquenté de Tokyo. Il voulait plus d'indications sur le lieu précis où l'action s'était déroulée. Je dus partir à la recherche des photos prises par les enquêteurs et posées dans un dossier pour me rappeler plus ou moins de l'endroit exact de la baston. Je dus également envoyer d'anciennes interventions au tribunal ou à un avocat, etc…

Je répondis à plusieurs mails comme ça avant que l'on m'appelle pour une nouvelle mission. Une femme avait appelé après s'être fait voler son portable dans le métro. La localisation était encore activée et on partit rejoindre le voleur qui était à côté de la gare.

J'étais dans une voiture de police avec Imayoshi, cette fois. Il avait l'œil pour repérer les voyous cachés dans la foule. Ce type, qui était par ailleurs mon chef d'équipe, était particulièrement effrayant pour tout ce qui était décryptage du visage : il s'occupait souvent des interrogatoires grâce à ça. Il savait à quoi je pensais rien qu'en me regardant. Cette sensation d'être mis à nu devant lui était souvent désagréable mais ça facilitait la communication. Il ne poussait pas le bouchon trop loin quand il sentait que j'étais énervé, contrairement à un certain Wakamatsu. Le plus flippant chez lui était son satané sourire qui était toujours accroché à ses lèvres. Un sourire maléfique qui mettait des frissons dans le dos. Mais c'était encore pire quand il arrêtait de sourire. À ce moment-là, on savait pertinemment que nous étions dans un merdier sans pareil. Enfin, ça c'est ce que Susa m'avait raconté, particulièrement je l'ai toujours vu sourire.

Nous arrivâmes près de la gare, toujours avec notre sirène pour inquiéter les personnes qui auraient quelque chose à se reprocher. Malheureusement, la femme qui s'était fait voler n'a aucune idée de ce à quoi peut ressembler son agresseur. Nous ralentîmes, Imayoshi scruta chaque visage avec une sorte de plaisir malsain. Je fis de même mais j'étais bien moins efficace que lui, de mes yeux tout le monde paraissait suspect. Soudain, un éclat brillant passa sur les lunettes rectangulaires de mon capitaine. Les coins de ses lèvres parurent s'élever encore plus haut sur ses joues et je compris qu'il avait trouvé notre délinquant.

- Aomine, tu vois l'homme près de la statue de Hachiko avec une casquette bleue ?

Je plissai les yeux, il y avait tant de monde près de cette statue, j'avais l'impression de chercher une épingle dans une botte de foin. Imayoshi continua de me donner des précisions sur l'endroit où il se trouvait et finalement je l'aperçus pendant une demi-seconde avant qu'il disparaisse à nouveau derrière quelqu'un.

- Il fait exprès de se cacher, quand tu regardes les jambes tu peux voir qu'il s'est un peu accroupi pour se fondre dans la masse.

Il ne me serait jamais venu à l'esprit de regarder les jambes des gens, décidément Imayoshi savait toujours me surprendre. Je sortis de la voiture et parti à sa recherche tandis que mon chef d'équipe restait à l'intérieur au cas où ce n'était pas lui. Ma grande taille et mes longues jambes étaient des atouts non négligeables pour ce genre de mission : je pouvais avoir une vue d'ensemble sur les passagers et marcher vite sans avoir à courir pour rattraper notre suspect. Il commença à accélérer quand il sentit ma présence dans son dos. Mais la rapidité c'était ma force et je lui agrippai l'épaule pour qu'il se tourne vers moi avant qu'il ait eu le temps de me distancer.

- Excusez-moi je suis pressé, mon train ne va pas tarder à arriver, se plaignit-il en vain.

- Si vous loupez votre train à cause de moi, j'en assumerai l'entière responsabilité. Levez les bras, je dois vous fouiller.

Il déglutit difficilement, la panique était présente dans ses yeux. Il leva ses bras tremblants, à contrecœur. Je commençai par le haut du corps puis descendis peu à peu. Je sentis des affaires dans ses poches et je lui demandai de bien vouloir me les montrer.

- Monsieur, vous devez me croire, je n'ai rien qui ne m'appartient pas ! Je me mets en retard et vous aussi car vous interrogez la mauvaise personne.

- Si vous ne voulez pas perdre votre temps ni le mien, je vous invite à vous dépêcher de faire ce que je vous dis.

Il soupira, à court de mots. Il sortit ce qu'il avait dans ses poches. Des clés, des écouteurs, des mouchoirs, une carte de train, et un seul téléphone. Il me défia du regard et je fus tenté de lui en mettre une.

- Et vos poches intérieures ?

Il baissa les yeux et contracta sa mâchoire.

- Je n'ai pas de poches intérieures, siffla-t-il entre ses dents à cause du stress.

Bizarrement, il évitait mon regard à présent. Je le sentis se tendre quand j'approchai ma main de sa veste et, soudain, il s'échappa en courant aussi rapidement qu'il le put. Mais c'était sans compter sur Imayoshi qui avait tout prévu, comme à son habitude, et qui bloqua la route au voleur.

- Vous allez où comme ça ? sourit-il.

Déjà que fuir un contrôle de police et se faire griller par un policier était flippant, alors fuir un contrôle de police et se faire griller par Imayoshi devait multipliait la peur par cent. Et ce jeune homme à la casquette n'échappa pas à la règle. Il se paralysa immédiatement, comme si le lunetteux lui avait lancé un sort. Puis comme remis de sa transe, il recula d'un pas en cherchant une échappatoire en tournant la tête de tous les côtés, mais trop tard pour lui : je lui mis les menottes. Mon capitaine sortit le téléphone volé de la poche intérieure du voyou avec un petit rire à glacer le sang. Nous l'embarquâmes dans la voiture et nous le plaçâmes en garde à vue dès que nous fûmes arrivés. Puis nous rendîmes le téléphone à la dame qui nous avait appelée et qui, à présent, se confondait en excuse et en remerciement.

Je fis un rapide bilan de l'intervention et je l'enregistrai avant d'être de nouveau appelé. La journée continua comme ça jusqu'à ma pause de midi où je pus enfin m'enfuir pour manger un sandwich bien mérité. Et échangé avec Kagami et Kise.

[Kagami 09 :32]

Merci pour le petit déjeuner.

[Aomine 13 :30]

De rien. T'as déjà mangé ? Comment va ta jambe ?

[Kagami 13 :38]

Je viens de finir de manger, t'as une idée de ce que tu veux pour ce soir ? Ma jambe va mieux. Comment se passe ta journée ?

[Aomine 13 :40]

Un truc avec de la viande et qui nourrit bien stp. Grosse journée, je suis déjà crevé (ou alors c'est parce que quelqu'un m'a réveillé au beau milieu de la nuit parce qu'il ne sait pas s'occuper de sa jambe comme le gros débile qu'il est).

[Kagami 13 :41]

Je vais essayer de cuisiner ça, ça me fera passer le temps. C'est qui que tu traites de débile, abruti ?

[Aomine 13 :41]

C'est qui que tu traites d'abruti, débile ?

[Kagami 13 :42]

C'est toi le débile, abruti.

[Aomine 13 :42]

Le seul débile que je vois ici c'est toi, Bakagami.

[Kagami 13 :42]

Le seul abruti que je vois ici c'est toi, Ahomine.

Un sourire étira mes lèvres sans que je puisse le contrôler. C'était niais mais pouvoir taquiner quelqu'un avec du répondant m'amusait plus que je le pensais. D'habitude je prenais ce plaisir avec Kise mais il se laissait trop facilement faire. J'étais content de trouver quelqu'un qui se dressait enfin face à moi. Surtout qu'il démarrait au quart de tour et ne mâchait pas ses mots, la meilleure personne à embêter en soit.

Je terminai mon sandwich en vitesse et repartis sur le chemin vers mon lieu de travail tout en écrivant à Kise :

[Kise 12 :25]

Coucou Aominecchi ! J'espère que ta journée se passe bien ! Moi ça va super, on avance bien et vite ! D'ailleurs toute la troupe te dit bonjour :D On a pas encore attaqué le plus gros du travail, par contre… On a réfléchi à la couleur, à l'emplacement, aux aménagements comme des ventilateurs ou des sièges plus confortables, etc… Mais on n'a pas encore commencé à tout installer. Prends soin de Kagamicchi, je le veux en forme pour quand il reviendra travailler !

[Aomine 13 :56]

Ma journée se passe bien pour l'instant, on est plutôt chargé donc j'ai pas le temps de m'ennuyer. Tu peux rendre le bonjour à la troupe. Bon courage pour l'installation, peut-être que je viendrai vous aider vendredi ou samedi si tu me promets des bières gratuites. C'est à Kagami de prendre soin de lui, je suis pas infirmière.

J'entrai à nouveau dans mon bureau, une cigarette coincée entre les lèvres. Je sentis le regard de Wakamatsu peser sur moi.

- Ah bah enfin ! s'exclama-t-il. Quand on te donne des horaires t'es censé les respecter ! Qu'est-ce qui se serait passé si on avait reçu un appel et que personne n'était là ?

Je m'assis sur mon siège avec un ennui visible et inspirai la fumée avant de la laisser s'échapper entre mes lèvres, tout ça devant les yeux furibonds du blond.

- C'est bon…T'étais là, non ? Alors tout va bien.

- Heureusement que j'étais là, oui ! La moindre des choses serait de me remercier !

Je ris sans joie. Le remercier ? Et puis quoi encore ? Je secouai la tête, amusé par sa naïveté. Je jetai un coup d'œil à son visage qui se transformait en une grimace de colère.

- Oï ! Je te cause !

C'est ce moment que choisit Imayoshi pour rentrer, Wakamatsu se tourna immédiatement vers lui prêt à lui rapporter mon insolence.

- Imayoshi ! Demande à Aomine de me remercier !

Je soupirai, ce type n'en avait pas marre de nous percer les tympans ? Il pouvait toujours rêver pour que je fasse preuve de politesse envers lui. Même à sa mort je continuerai à le détester. Il était évident que je n'allais jamais lui montrer mon respect pour quoique ce soit, alors je ne comprenais pas pourquoi il s'évertuait autant à me faire changer.

- Pourquoi il doit te remercier ?

- Parce que figure-toi que cet imbécile est encore arrivé en retard et j'ai dû garder sa place le temps qu'il arrive !

- Détends-toi Wakamatsu… Tu sais qu'Aomine a eu une grande importance dans la police, il faut lui pardonner certaines de ses frasques.

- Mais on lui pardonne toujours tout !

- Mais il nous le rend bien en effectuant un travail efficace.

- Voilà, écoute le capitaine un peu, m'amusai-je.

Il se tournèrent vers moi, Wakamatsu à deux doigts de m'exploser la tête contre le bureau et Imayoshi, exaspéré par mon attitude. Et moi je toisais le blond en tirant une nouvelle latte. Finalement on nous appela pour de nouvelles interventions et cette histoire resta derrière nous.

Il était 19h12 quand je rentrai enfin chez moi. La journée avait été bien chargée. Comme je l'avais dit à Kise, au moins je n'avais pas eu le temps de m'ennuyer mais je n'avais pas non plus eu le temps de me reposer. Alors c'est complétement épuisé que je passai le pas de ma porte.

- Tadaima, m'annonçais-je en retirant mes chaussures.

J'entrai dans le salon où je vis Kagami concentré sur un jeu vidéo sur la télé. Il appuyait sur les touches de la manette avec tellement de rapidité qu'il devenait imprécis et qu'il perdu sa partie. Il ragea en levant la manette au-dessus de sa tête comme pour la jeter au sol mais heureusement pour sa vie, il n'en fit rien.

- Okaeri, souffla-t-il.

Il posa la manette à ses côtés et éteignit la télé. Je me dirigeais directement vers le canapé pour m'affaler comme un sac.

- T'as passé une bonne journée ?

- Fatigante. Toi ?

- Ennuyante.

On resta un certain moment comme ça, en silence sur le canapé, sans rien à se dire. Finalement, mon ventre grognon vint percer ce blanc et nous rappeler qu'il était l'heure de manger. L'estomac de Kagami vint rapidement rejoindre le mien et avec un échange de regard on comprit qu'on était tous les deux aussi affamé l'un que l'autre. D'un même mouvement on se leva du canapé pour rejoindre la cuisine.

- T'as préparé quoi finalement ? demandai-je en ouvrant les tiroirs à la recherche des couverts.

- J'ai fait un oyakodon (bol de poulets et œufs sur du riz japonais). Les couverts sont dans le tiroir là et les assiettes sont au-dessus.

- Tu sais vraiment tout cuisiner toi… T'as pas pensé à être cuisinier au lieu de pompier ?

- Si, j'y ai pensé mais y'a pas assez d'action dans le métier de cuisinier. J'ai besoin de pouvoir me donner à cent pour cent physiquement pour me sentir bien.

- Ah ben, t'es bien servi avec ta blessure, ironisai-je en sortant deux bières.

- T'as vu ça, soupira-t-il fatalement.

On s'installa sur le canapé en face de nos bols qui étaient remplis à ras bord. Kagami faisait à manger en grande quantité et ce n'était pas pour me déplaire. Comme hier, le goût jouissif du plat fit frémir mon palais et glissa avec douceur dans ma gorge. Je m'en léchai les lèvres et pris rapidement une autre bouchée. Chaque nouvelle cuillère était meilleure que la précédente. Je savais que Kagami n'était pas censé rester très longtemps chez moi mais si je pouvais garder un cuisinier personnel pendant encore un petit bout de temps je n'allais pas dire non. Je bus plusieurs gorgées de ma bière pour faciliter la descente de la nourriture dans ma gorge.

- Ta jambe, ça va toujours bien ?

- Ouais, ouais, ça va mieux qu'hier.

- Cool.

- J'ai un peu cherché et j'ai pas trouvé d'haltères chez toi, t'en as pas ?

- Nan, je me muscle au travail le mercredi et le dimanche et je m'étire vite fait le matin. Pourquoi ?

- Pour me muscler, évidemment. Sinon t'en voles une demain après le sport et tu me la ramènes.

- Tu demandes à un policier de voler quelque chose pour toi ? T'as beaucoup de culot quand même.

- Quoi ? T'as les chocottes ?

- Peuh ! Et puis quoi encore ? Si tu savais tout ce que j'ai déjà fait dans ma vie de policier, tu douterais pas de mon courage !

Je terminai mon bol avec rage. Pour qui se prenait-il de me sous-estimer ? Je le reposai en claquant la céramique sur la table basse qui avait été nettoyée dans la journée. Kagami me rejoignit en le posant avec un peu plus de douceur. Il but une gorgée d'eau avec ses médicaments et se tourna vers moi.

- T'en veux encore ?

- T'en as encore ?

- Toujours.

- Donne.

Il rit devant le ton urgent que j'avais utilisé avant de se lever pour remplir nos bols à nouveau. Je sentis mes muscles tendus à cause de la fatigue et c'est avec un plaisir non dissimulé que je m'étirai en bâillant un grand coup. Je disposai mes bras de part et d'autre du dossier du canapé et m'installai encore plus profondément dans mon canapé. Je fermai les yeux et profitai simplement de la bonne odeur de nourriture dans ma maison. Je me relevai seulement quand Kagami me rejoignit avec le Graal.

- Tu peux me ramener une bière aussi ?

- T'as de la chance que j'en veuille une aussi sinon tu te serais débrouillé, soupira-t-il.

- Quel amour…

- Arrête de dire des conneries, tu vas le regretter quand tu te prendras ta bière dans la tête.

- T'oserais pas.

- Tu penses ?

Je secouai la tête et il fronça les sourcils.

- Je ne pense pas. Je sais.

- Ah ouais ?

Il fit mine de me lancer la cannette mais je ne bougeai pas et son petit effet rata. Il me l'envoya réellement, résigné. J'esquissai un sourire victorieux qui l'énerva encore plus.

- Bon toutou, me moquai-je.

Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Il se jeta sur moi, les poings serrés prêt à me les envoyer dans la face. Je les retins par les poignets avant qu'ils ne m'atteignent.

- Bah alors, c'est tout ce que t'as ?

- La ferme espèce d'Ahomine !

Il mit tout le poids de son corps dans ses mains mais je ne flanchai pas. Finalement il en retira un en vitesse et me l'envoya dans le ventre. J'eus le temps de contracter les abdos juste avant l'impact, in extremis. Il se releva, toujours un peu énervé mais fier de lui. Je souris sachant qu'il avait peut-être gagné une bataille mais certainement pas la guerre. Nous prîmes une gorgée de bière et nous nous lançâmes sur nos plats.

Une nouvelle bataille éclata quand, après un regard échangé, nous nous bâtâmes pour savoir qui allait terminer son bol en premier. Même plus le temps de mâcher, nous enchainions les bouchées à une rapidité folle. Nous reposâmes nos récipients dès qu'ils furent vides. Égalité parfaite. Nous nous regardâmes en chien de faïence, prêt à insulter l'autre si l'un s'annonçait victorieux. Mais nous restâmes silencieux. Une égalité n'était pas une victoire alors je décidai de lancer un nouveau défi. Mais sans le prévenir, sinon ce n'était amusant. Je pris ma cannette et, en moins de temps qu'il en faut pour le dire, elle se retrouvait vide, le liquide au fond de mon gosier. Kagami eut à peine le temps de ramener la bière à ses lèvres que j'étais déjà en train de reposer la mienne.

- Ça compte pas ! Tu m'as pas prévenu !

- Parce qu'on s'est prévenu pour manger ?

- Oui ! On s'est lancé un regard !

- Là aussi je t'ai regardé, t'es juste trop con pour comprendre.

- C'est toi qui es con !

Il croisa les bras et ses sourcils se rejoignirent presque au point de se toucher.

- Pense ce que tu veux mais je refuse de m'avouer vaincu.

- Qu'est-ce que je m'en fous de ce que tu penses… J'ai gagné un point c'est tout.

- Pas du tout !

Je soupirai, fatigué de me battre contre un abruti borné comme lui, et sortis une cigarette de ma poche. Je l'allumai et Kagami arrêta de me dévisager pour repartir dans la cuisine et mettre la vaisselle dans l'évier. Il revint avec un yaourt et une cuillère. Je fronçais les yeux à son égard, profondément outré.

- Et moi ?!

- Quoi ?

- Tu me prends pas de yaourt ?

- Je t'ai regardé pour te dire que j'allais en chercher mais tu m'as rien demandé, faut croire que t'es juste trop con pour comprendre, répéta-t-il avec un petit air fier de lui qui me donnait envie de lui mettre des claques.

- Ahah, c'est trop drôle ça, ris-je sarcastiquement.

Je me levai et partis en chercher dans le frigo. Je revins avec un yaourt à la banane et m'installai violemment, sans me priver de donner un coup de coude dans les côtes de Kagami. Il m'en rendit un moins violent. On mangea en silence jusqu'à ce que Kagami prenne la parole à nouveau.

- T'as des anecdotes en tant que policier ?

- Plein.

- Tu peux m'en raconter ?

- Si tu veux. Tu veux des histoires drôles ou dangereuses ?

- Comme tu veux.

Je me réinstallai plus confortablement et posai mon menton dans ma main, réfléchissant à ce que je pouvais bien lui raconter. Finalement, je terminai mon pot, posai mes pieds sur la table basse et lui demandai :

- Tu te souviens de la fusillade qui a eu lieu dans le centre-ville il y a quelques années ?

- Bien sûr ! Tout les médias en ont parlé pendant des mois. T'y étais ?

- Un peu que j'y étais ! Tu veux que je te raconte ?

- Vas-y !

Je soufflai la fumée de ma cigarette et entamai mon récit.

- Ils étaient huit, ils faisaient partie d'un gang. Juste avant l'attaque, il y avait eu un incendie assez important de l'autre côté de la ville et une grande partie des équipes y avaient été envoyées. Ça avait duré une éternité de déplacer tous les habitants, borner les lieux, arrêter l'incendie… Mais cet incendie avait été organisé de toute pièce pour laisser libre jeu aux attaquants sur la place centrale. À cette époque je venais d'intégrer un groupe de patrouille et avant ça je m'occupais seulement des PV. Alors tu te doutes que je n'avais presque aucune expérience. Mais comme je faisais partie d'une des seules équipes qui était restée sur place, je dus me confronter à ces gars-là.

Je tirai à nouveau sur ma cigarette pour mettre du suspens, Kagami ne me quittait pas des yeux, plongé dans mon histoire.

- Ils avaient déjà fait deux blessés quand nous arrivâmes donc nous devions agir vite avant qu'il y ait d'autres victimes. Je chargeai mon arme, tremblant de stress et d'excitation. Un policier utilisa un haut-parleur pour dire aux assaillants de se rendre et de poser leurs armes au sol. Évidemment ils n'écoutèrent pas et une première balle fusa. C'était l'un d'entre eux qui avait tiré sur l'un des nôtres, heureusement qu'il était protégé par un bouclier. Mais cette attaque nous rappela qu'ils ne plaisantaient pas et qu'à la moindre hésitation nous pouvions nous faire tuer. Des ordres supérieurs nous ordonnèrent de nous rapprocher d'eux pour les encercler plus étroitement. Au début personne n'osa bouger par peur de se faire tirer dessus. Mais les ordres sont les ordres alors nous commençâmes à nous déplacer tout doucement, bien cachés derrière nos boucliers. Puis nous nous arrêtâmes. Un nouvel ordre : ouvrir le feu.

« Ça a peut-être duré quelques secondes mais l'attente entre le moment où on entendit les ordres dans notre oreillette et le moment où on entendit l'homme au haut-parleur crier « FEU ! », j'eus l'impression qu'il s'était écoulé une heure. Ce cri nous réveilla nous, et les assaillants. Les munitions partirent. Nos oreilles sifflaient, nos protections recevaient des chocs douloureux, certains commençaient à reculer sous la violence des projectiles. On en touchait un, ils en touchaient deux. Nous étions pourtant en supériorité numérique et notre équipement nous donnait un avantage non négligeable. Et pourtant nous tombions plus qu'eux. Il nous fallut quelques secondes catastrophiques pour comprendre que des balles ennemies arrivaient dans notre dos aussi. Il y en avait sur les toits des bâtiments, à travers les fenêtres, rapidement des véhicules nous foncèrent dessus. Dans la précipitation pour éliminer les huit tireurs, nous avions sous-estimé le plan ennemi. Et finalement, nous étions ceux encerclés.

« Mais c'était sans compter sur les troupes parties pour l'incendie qui revenaient. Ils commencèrent eux aussi à prendre part à la bataille avec un plan plus élaboré que le nôtre à présent. Heureusement pour moi, je ne fus même pas touché, je m'étais rapidement débrouillé pour me cacher derrière des poubelles et des bancs. Même avec les attaques par derrière, les huit attaquants principaux étaient hors d'état de nuire alors nous nous approchâmes du centre de la place pour nous écarter des bâtiments. La plupart des policiers étaient touchés et leur pronostic vital pouvait être engagé alors après une courte discussion ponctuée par des cris, nous nous décidâmes à emmener les blessés aux pompiers. Le plan était simple, les meilleurs en tir s'occupaient de libérer le passage jusqu'aux ambulances et les autres devaient porter les invalides en restant sous la protection des tireurs. J'étais bon en tir.

« Inconsciemment, les policiers arrivés en retard à cause de l'incendie occupaient pleinement les assaillants aux alentours alors c'est sans trop grande difficulté que nous atteignîmes les camions. Les policiers touchés furent rapidement pris en charge. Des équipes de journalistes nous rejoignirent et commencèrent à nous interroger sur l'attaque. On était encore sous le choc, certains des nôtres étaient entre la vie et la mort. On essaya d'organiser nos pensées du mieux qu'on put mais nos explications étaient dubitatives. Je me sentis rapidement sous-pression à cause de toute cette foule, des cris, des balles et du sang, donc je m'éloignai. Je partis en essayant de retrouver un souffle moins saccadé. C'est en me penchant pour attraper mes genoux et me calmer que je sentis une balle siffler à côté de mon oreille et s'écraser à quelques centimètres de mon pied. Je dégainai mon arme à la vitesse de la lumière et cherchai mon agresseur des yeux. J'entendais mon cœur battre dans mes oreilles. Mes mains tremblaient. Mes yeux à l'affut scrutaient chaque fenêtre de l'immeuble d'où le tir venait. Je vis à peine le bout d'une main que ma cartouche était déjà partie. Je l'avais touché.

« La fin tu la connais, la police a réussi à arrêter la fusillade, la grande majorité des membres du gang ont été arrêtés mais il en reste encore en liberté. On a perdu beaucoup de nos hommes ce jour-là et beaucoup d'entre nous ont été blessés. Ce jour reste un moment mémorable dans la tête de tous les policiers. Mais on en parle comme une victoire même si l'on n'a pas assuré sur le début. Fin. »

- Putain… J'ai beau connaitre l'histoire par cœur c'est encore plus dingue quand c'est quelqu'un qui l'a vécu qui le raconte ! Je n'imagine pas le stress que ça devait être…

- Avec le temps on s'habitue, tu sais.

- T'en as d'autres des histoires comme ça ?

- Evidemment, mais ce sera pour une prochaine fois.

- Tss...

Il claqua la langue et reposa son yaourt avec une moue ennuyé. J'haussai les sourcils face à cette réaction.

- Fais gaffe Kagami je vais finir par croire que tu es addict à mes histoires, souris-je malicieusement. Je raconte si bien que ça ?

- Pour un quasi-illettré disons que ça passe…

Il se recala sur son siège, les bras croisés et un sourire narquois aux lèvres. J'arquai un sourcil, choqué par cette attaque frontale.

- Quasi-illettré ? C'est bien ça que t'as dit ? Parce que tu crois que tu écris aussi bien que Mozart peut-être ?

Il fronça les sourcils et se tourna face à moi en secouant la tête.

- Mozart c'est un peintre, aho.

J'eus presque un doute pendant quelques secondes mais je me repris, je n'allai pas me laisser faire par Kagami

- Ah ouais ? Eh ben on va vérifier ça ! Ne me prends pas pour un imbécile, je sais ce que je raconte !

- Ok, vérifie, me gagea-t-il d'une voix emplie de certitude.

Je pianotai rapidement sur mon téléphone pour trouver la réponse que j'allais lui afficher en pleine face. J'appuyai sur « rechercher » ainsi que sur le l'encadré qui m'indiquait une faute d'orthographe que je cachai à Kagami aussi discrètement que possible. Pourquoi mettre un « t » muet à la fin de son nom aussi, ils font toujours trop compliquer ces européens !

- Alors ?

- Alors… Ah ! Pan dans tes dents baka !

Je lui montrai le site qui affichait « compositeur » en gros sur l'écran avec un air de défi et un sourire vainqueur au visage.

- Mais c'est pas un auteur non plus, qu'est-ce que tu racontes ? s'emporta Kagami.

- J'ai jamais dit que c'était un auteur !

- Si ! T'as dit que j'écrivais pas comme lui ! Bah c'est logique il écrit des musiques.

- Et alors, t'écris pas des musiques que je sache ? Donc voilà, j'avais raison.

- Mais t'écris pas des musiques non plus !

- J'ai jamais dit le contraire. J'ai dit que t'écrivais pas comme lui, et j'avais raison. Un point en plus pour moi.

- Mais n'importe quoi ! Je refuse de t'accorder ce point !

Je secouai la tête avec un petit sourire, amusé par sa débilité. Je me levai du canapé devant les yeux de Kagami qui me lançaient des éclairs. Je me penchai quand j'arrivai à sa hauteur pour que nos visages se fassent face.

- Au lieu de contester les points que j'ai, tu ferais mieux d'en gagner, Bakagami.

Et sur ce, je me relevai et partis dans la salle de bain pour ma toilette, laissant un Kagami perturbé derrière moi. J'entrai dans la pièce et ce grand miroir brisé renvoya mon reflet en millier de fragments. Je pris mon dentifrice et l'étalai sur les poils de ma brosse à dents avant de mettre cette dernière dans ma bouche. Je me lavai les dents en silence jusqu'à ce que le bruit du lavabo se fasse entendre. J'en conclus que Kagami faisait la vaisselle. Ça ne m'interpela pas au début mais rapidement, le souvenir de Kagami hier en souffrance avec sa jambe au point qu'il n'arrivait presque plus à marcher, me revint en tête. Je crachai la substance dans ma bouche et passai ma tête par l'encadrement de la porte.

- Kagami ! l'appelai-je.

- Oui ? répondit-il en coupant l'eau.

- Laisse la vaisselle pour après, viens te brosser les dents.

- Fais pas genre que tu vas la faire, j'te connais.

- Qu'est-ce que tu connais ? Tu sais rien du tout !

- Je te connais assez pour savoir que t'es pas capable de faire le ménage.

Je soupirai. Bon, je pouvais pas réellement le contredire là-dessus, c'est vrai que j'étais incapable de faire le ménage. Même quand j'étais motivé pour le faire, c'est-à-dire à peu près une fois par an, je n'arrivais pas à laver correctement. Puis ma maison est beaucoup trop grande pour être lavée entièrement… Même quand je vivais chez les Momoi et que l'on m'obligeait à passer l'aspirateur par exemple, il m'arrivait fréquemment de casser des objets sans faire exprès. Nan, si j'étais riche je m'achèterais une femme de ménage, mais pour l'instant je vis bien avec mon style de vie.

- Tant pis pour toi, fais la vaisselle si ça te fait plaisir.

- Je fais pas ça par plai-

Je fermai la porte avant d'entendre la fin de sa phrase. Je terminai ma toilette et retournai dans le salon pour aller me coucher. Au même moment, Kagami termina son nettoyage et nous nous regardâmes en chien de faïence pour aucune raison particulière jusqu'à ce que l'on se retrouve dos à dos.

Je m'affalai sur le canapé avec un soupir qui vida tout l'air de mes poumons. Je devais encore me mettre en pyjama mais honnêtement j'avais une flemme monumentale de le faire. Je m'enveloppai dans mes draps et attendis de trouver le courage pour retirer mes habits et mettre les nouveaux dans mon petit cocon chauffé. Je concentrai toute la force qui était encore en moi pour retirer mon pull ainsi que mon jeans puis mon slip et mettre le pyjama que j'avais froissé sous mon oreiller. Tiens ? Il n'était plus froissé ? Encore un coup de Kagami ça… Ma maison n'aura jamais été aussi propre que depuis qu'il est là. J'imagine que je devrais le remercier mais je suis loin d'être une personne polie et respectueuse. Et dire ces mots-là… je sais pas, ça me bloque. Peut-être un jour je lui sortirais ? Si on continue à se parler dans le futur, éventuellement.

Je restai dans mon lit en me tournant et me retournant et me reretournant, mais le sommeil ne venait pas. Mes yeux s'ouvraient sans mon autorisation et devenaient secs. Je soupirai. Kagami était dans ma chambre en train de dormir, maintenant, je ne pouvais pas prendre mes somnifères dans ma table de chevet. Je me mis sur le dos et tentai une dernière fois de fermer les yeux et essayer de penser à quelque chose qui pouvait m'emmener dans le pays des rêves. Mais rien ne parvint à capter mon attention. Peu désireux de laisser mes pensées s'en aller trop loin dans la noirceur de mon esprit, je décidai de me changer les idées autrement et attrapai la télécommande.

Cependant, je ne savais pas que le son était aussi élevé et la voix d'un journaliste fit sauter mon cœur de peur. Je baissai le son de la télé aussi rapidement que je le pus mais le mal était fait. Je restai quelques secondes à l'affut, au cas où un bruit survenait de la chambre. Et en effet, j'entendis bientôt la porte s'ouvrir et des bruits de pas s'approcher du salon.

- Je t'ai réveillé ? chuchotai-je.

- Nan, je dormais pas. Je peux te rejoindre ?

- Si tu veux, mais je risque de m'endormir à tout moment.

- Moi aussi, bâilla-t-il en se frottant les cheveux.

Je repliai mes jambes pour lui laisser la place pour s'installer. Il s'assit à mes côtés et passa la couverture sur ses jambes. Je changeai de chaine pour une sportive et j'arrivai sur un match de NBA. C'était Milwaukee contre Brooklyn.

- Qui va gagner selon toi ? demandai-je.

- Mmh, bonne question. Milwaukee était troisième la saison dernière, non ?

La saison régulière de cette année était finie et ils en avaient commencé une nouvelle il y a quelques jours. C'étaient les premiers matchs de Brooklyn et Milwaukee pour cette nouvelle saison.

- Ouais et Brooklyn deuxième.

- Milwaukee alors.

- T'es pour le perdant ?

- Je crois en eux, ils ont la rage de vaincre ! Puis ils ont un nouveau joueur cette saison, ils sont bien partis.

- Deux mètres de haut, cent dix kilos et deux mètres vingt-et-un d'envergure, tu m'étonnes qu'ils soient bien partis, ils ont choisi un monstre.

- Un gars à lui tout seul ça fait rien, ils ont une bonne équipe aussi.

- Brooklyn aussi a une bonne équipe. Moi je suis pour eux. En plus, ils sont arrivés deuxièmes parce que leur meilleur joueur était blessé au moment de la finale. Maintenant qu'il est de retour ils vont tout défoncer. Ils ont les crocs, ça se voit.

- On verra bien.

Un silence s'installa mais aucun de nous chercha réellement à le retirer. On était juste là, dans mon salon sombre, sur mon canapé en miettes, à regarder un match de NBA. Les mouvements des joueurs occupaient pleinement notre esprit et faisaient fonctionner nos cerveaux comme rien d'autre n'en était capable.

- Mais je me dis, commença Kagami. Toi, tu comprends rien à ce que racontent les commentateurs ?

- À part les mouvements techniques comme lay-up ou dunk ou encore les phrases qu'ils utilisent tout le temps du style « That was unbelievebale ! », nan je comprends rien.

- Unbelievebale ça veut dire quoi ?

- Fabuleux, incroyable, quelque chose comme ça, non ?

- Incroyable, en effet. Believe en anglais ça veut dire croire. Believable c'est l'adjectif croyable. Et unbelievable c'est incroyable.

- Ah, ouais, pas bête. Et amazing ça veut dire quoi ?

- C'est une autre manière de dire incroyable… On peut aussi dire I'm amazed by something, qui veut plus ou moins dire, « je suis étonné par quelque chose ». Et par« étonné »je sous-entends « C'était fantastique ». On peut aussi dire amazing pour dire fantastique, je pense. Après, j'ai pas tous les codes du japonais, ça m'arrive de me tromper sur certains mots… Enfin, ça arrive rarement parce que je suis né japonais et je parle japonais depuis tout petit mais-

- C'est la fatigue qui te rend aussi bavard ? Nan parce que là t'es presque aussi chiant que Kise quand il parle de mannequinat, et faut le faire quand même.

- C'est pas la fatigue, c'est juste que j'essayais de t'expliquer mais je me suis emmêlé les pinceaux puis- Pff, t'as compris…

- Amazing ça veut dire incroyable mais ça dépend du contexte, c'est ça ?

- Hein ? Ah oui, ça parait plus logique comme ça.

- C'est quelque chose que même un abruti comme toi devrait réussir.

- Tch… C'est toi qui m'a demandé de t'apprendre l'anglais, t'as qu'à te débrouiller tout seul si t'es pas content.

- J'y réfléchi de plus en plus, faut dire que t'es quand même un prof bien pourri.

- Parce qu'il t'arrive de réfléchir à des choses, toi ?

Je relevai mon genou sur ma poitrine et envoyai un coup de pied dans les côtes de Kagami. Un bruit non identifié quitta les lèvres de ce dernier tandis qu'il se pliait en deux. Il jura à nouveau et me donna un coup de poing dans la cuisse. Je lui redonnai un coup de pied et il me renvoya un coup de poing. Je pris mon oreiller et lui envoyai en pleine face avant qu'il ait eu le temps de réagir. Je me relevai au-dessus de lui et lui pris les poignets pour qu'il ne puisse plus me frapper.

- Arrête de dire que je suis con, lui intimai-je.

- Je ne fais que dire la vérité, cracha-t-il en se tortillant sous moi pour échapper à ma prise.

Finalement il remonta son genou pour me l'enfoncer dans le bas du ventre. Heureusement qu'il avait visé haut parce qu'il aurait gagné par K.O si son coup avait atteint un point plus bas. Il parvint tout de même à me faire faiblir pendant une demi-seconde, et en profita pour retirer ses mains des miennes. Je voulus les lui reprendre mais la roue tourna et c'est lui qui se retrouvait avec mes mains dans les siennes. J'étais tout de même au-dessus de lui et en appuyant de tout mon corps sur mes bras, je parvenais à prendre l'avantage.

- Ok, ok, arrête, soupira-t-il. Tu veux savoir qui est le plus intelligent, alors réglons ça à l'amiable.

Je me relevai doucement, méfiant de ce qu'il allait me proposer. Il se redressa également et me lança son défi :

- Je donne un calcul à faire, le premier qui trouve le résultat gagne, ok ?

- Pas le droit de donner un calcul auquel t'as déjà la réponse.

- Promis.

Il regarda la télé qui diffusait toujours le match en direct.

- 32 fois 38 ?

Il avait choisi le score des deux équipes qui s'affrontaient. Je souris, et commençai à réfléchir. Je fermai les yeux pour me permettre de mieux me concentrer et il fit de même. Nous étions tant concentré pour prouver à l'autre qu'on était intelligent, qu'il était presque possible de voir de la fumé s'échapper de nos têtes. Mais notre concentration causa malheureusement notre perte.

Petit à petit, comme les deux abrutis que nous étions, nous nous perdîmes dans nos réflexions, et le sommeil finit par se frayer un chemin en nous. Nous tombâmes finalement de fatigue sans connaître la réponse.


L'ambiance a l'air de s'être un peu adoucie, mais est-ce que cela va continuer ? Est-ce que les deux fauves vont réellement s'entretuer ? Ou vont-ils devenir les meilleurs amis du monde ? Est-ce que la caissière s'est remise de son arrêt cardiaque suite à l'apparition de Kuroko ? Qui de Brooklyn et Milwaukee va gagner ce match ? Est-ce que Aomine parviendra à survivre à sa journée de travail demain malgré l'heure tardive à laquelle il s'est endormi ?Est-ce que Kise va réussir à finir sa rénovation un jour ? Est-ce que Kagami va finir par devenir un vieux croulant qui passe ses journées devant la télé sans bouger ? Est-ce que Kuroko va devenir un hors-la-loi et utiliser sa misédirection à des fins peu conseillée à mes jeunes lecteurs ? Est-ce que mon prochain chapitre sortira dans un an ? Est-ce que mon addiction nouvelle à My Hero Academia va compromettre la sortie de mes prochains chapitres ? MAIS SURTOUT... Est-ce que vous préférez regarder les animes en VO ou en VF ?

Tant de question sans réponses...

Je vous souhaite une bonne journée/soirée et à la prochaine pour la suite, bises ;D