SI VOUS LISEZ CECI, C'EST QUE CE MESSAGE S'APPLIQUE ENCORE À CE TOME. LISEZ-LE ATTENTIVEMENT.
Bonjour les amis. Après une longue réflexion, j'ai décidé de prendre une décision déchirante, et de me retirer du monde de la fanfiction. Je ne prends plus aucun plaisir à lire, et donc à écrire. Ma vie a énormément changé, et j'ai beaucoup de mal à me reconstruire. Certaines choses m'aident à tenir, mais publier ELM n'en fait plus partie. Alors je vais en rester là. Je vais republier tous les chapitres dépubliés en l'état, pour qu'ils ne soient pas perdus lorsque les exports de documents expireront dans 180 jours. Parce que même si je ne sais pas de quoi demain sera fait, je sais qu'il ne sera pas fait de réécriture. J'assurerai toujours la coordination du Multivers Parfum-Potter, et je suis ouvert à toutes questions. En revanche, aucun "c'est dommage" ne sera toléré ; je ne prends pas une telle décision à la légère, m'en blamer n'aidera personne. Je n'affirme pas en ce jour que je ne reprendrai jamais l'écriture ou la réécriture, mais si ça se fait, ça sera probablement au fur et à mesure, en éditant les chapitres déjà publiés sans pour autant assurer de continuité.
Mais même ça, à moyen terme, c'est improbable. Alors je me contenterai de vous dire au revoir, et merci.
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Si vous arrivez ici en inconnu·e, sachez que vous vous êtes égarés. Ceci est le tome 4 de la saga Entre les Mondes, qui marque le début du second Cycle : Le Secret. Pour lire les trois premiers tomes, qui forment la trilogie de La Chute des Anges, il suffit d'aller voir sur mon profil.
La saga Entre les Mondes est ma création exclusive, et évolue dans le Multivers Parfum-Potter, un univers alternatif à la saga Harry Potter basé sur la divergeance de canon dans Le Parfum des Arums d'Ywëna, et qui au moment où j'écris ça est composé de 5 auteurs, 16 fanfictions, le grand Wiki Parfum-Potter (bientôt 900 pages !), et la page Facebook ParfumPotterOfficiel. Avoir lu cette fanfiction n'est toujours pas requis pour suivre ELM, mais est toujours conseillé parce que c'est de la bombe. En revanche… La lecture des one-shots déjà publiés dans mon recueil Destins Parallèles sont, sinon une condition sine qua non, du moins un avantage conséquent !
Disclaimers :
– La saga Harry Potter et tout cet univers de sorcellerie sont la propriété exclusive de ses ayant-droits.
– Le Multivers Parfum-Potter et ses personnages sont les créations exclusives des auteurs qui le composent :
* L'Histoire et la majorité des personnages de cette fanfiction sont mes créations propres, et je tiens à ce que mon travail soit respecté.
* Les personnages de Sigfus Leifsson et Charlus Glenn (et Brinjar Olvirsson en caméo), ainsi que toute information liée à la Hekseri Akademiet sont des créations de ma collègue DreamerInTheSky, pour sa saga des Marchands de Secrets. Merci !
* Les emprunts à Ywëna sont plus subtils et potentiellement plus spoilant, alors chut. Mais merci pour tout ça, et encore merci pour feu le rouquin irlandais volant.
– Aucun bénéfice financier ne sera tiré de cette fanfiction, mais la satisfaction humaine sera énorme.
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Ceci étant dit, revenons entre amis et reprenons où nous en étions !
Dans la fin du tome précédent, les rêves de grandeur de l'Ange pas si déchu s'envolaient alors qu'il tentait d'en faire de même en se faisant tout petit. Tout ça à cause d'un augurey et ses Augures. Augures qui, voyant poindre la bonne fortune (ou bonne augure), trouvèrent une idée enrichissante, en manipulant l'Autorité de manière à obtenir des avantages scolaires. L'un d'eux, baptisé le Projet Rosa, était particulièrement épineux : un programme d'échange international entre les écoles sorcières du Monde entier et Beauxbâtons, entièrement financé par la Prévôté de France. Le Prévôt prévenu, c'est en prévision des préparatifs que la directrice, prévenante, prévint le Conseil. Elle leur conseilla expressément de coopérer. Et cerise sur le gâteau, du moins pour quelqu'un qui hait le petit fruit, une faille dans la fausse impression de victoire éclata : la légendaire Faille des Pyrénées s'ouvrit. Cela faillit passer innaperçu, mais c'était sans compter l'esprit d'initiative du petit groupe s'étant donné un nom de toute ironie : le Mauvais Augure, si mauvais qu'il a été le seul à prévoir d'où viendrait le Mal.
Vous imaginez même pas à quel point c'est l'éclate d'écrire des trucs pareils. Je pense que tous les résumés prendront cette forme désormais.
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Hello Dreamer ! En effet, désolé d'avoir oublié de le préciser. Donc : les Bourgeois et les Pivert, membres de la Caste Noire mentionnée par Azraël (l'Ange Déchu), sont des familles majeures dans l'univers des Marchands de Secrets. L'une de ces familles va jouer un rôle commençant pas plus tard qu'incessamment sous peu, alors je me dois de le préciser.
Son nouveau rôle va te plaire, alors. Tu te doutes bien qu'avec l'arrivée annoncée de Visperi…
Salut Rominet ! Merci pour cet honneur X)
Ça c'est toute l'oeuvre de Mathis. Je pense soit écrire un OS là-dessus, soit l'intégrer dans un flash-back. Mais ça sera raconté, comment il tente de tous les manipuler pour faire passer ses propres idées de réformes, et comment Sertorius le grille en beauté, lui faisant perdre une belle idée (sinon c'est pas drôle) au profit de sa sœur.
"Pas que ça m'est déjà arrivé" pourquoi, t'es déjà morte de quelle manière, précisément ?
Mais qui a dit qu'il était mooooooort ? C'est un fantôôôôôôôme ! Non je plaisante, aucun Duc ne peut revenir, vu que comme plus ou moins déjà expliqué leur âme est une clé. Les clés fantômes, c'est pas marrant.
Romane ? Ah non, moi c'est Zeidra.
Bah au final ils ont été entièrement intégrés avec les autres grâce à Madame Maxime, c'est encore mieux !Pourtant le doute subsiste : depuis le début, c'est eux qui détruisent les sceaux… *smiley sadique*
Aaaaah ouuiiiiii ! J'avais oublié ces bestioles ! Hum, les Ts'lich ressembleraient plus à la bestiole (canon) qui est l'épouvantard de Raven. Désolé, mais la Faille n'ouvre pas sur Gwendalavir, ça serait moins grave.
'Lut, Ywëna ! J'ai trouvé que c'était le summum du sadisme de finir sur un cliffhanger… Mais tu t'y connais bien en sadisme HEIN ?
Merci pour ton soutien !Le pire c'est que je prépare ce coup depuis le tout début, très peu de temps après te l'avoir… emprunté. Pardon, je l'ai un peu beaucoup cassé…
Ce genre de discours s'entend de la bouche des "méchants" parce qu'alors que les gentils sont pétris de bonnes intentions nobles et arbitraires, les méchants font des choses pour des raisons précises, avec les moyens nécessaires. Eux sont capables de justifier leurs choix autrement que par "c'est ce qui est juste". La vie n'est pas juste. Albus et Scorpius ne scorbusent pas, et Saint-Potty est un abruti congénital. C'est ça, la vie.
Aloooors… il est pooooooossiiiiible queeeeee… peut-êêêêêêêêtre queeeeeeeeeeeee… j'ai un peu pompé dans notre débat sur la SSD à propos des améliorations à apporter aux écoles de Magie pour rendre le système plus juste. Oui. Carrément, même.
En effet, la tournure était spécialement choisie ! D'ailleurs on m'a même demandé si c'était Demy… Dommage, elle était pas libre cette année-là !
Et on termine par… Le Fou ! Eh bien c'est simple : j'aime pas le chocolat en général, et le Nutella c'est une version pâteuse qui s'infiltre partout partout dans la bouche et laisse un goût très fort de chocolat longtemps. C'est au chocolat ce qu'une poignée de chewing gum est à un bonbon à la menthe.
Aucune idée, je t'avoue ! En fait j'ai des titres potentiels, mais encore plus de trucs à titrer, et je sais pas trop comment combiner ça.
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Et maintenant, nous attaquons ce second cycle et ce quatrième tome (ou plutôt premier, dans le contexte) par de longs voyages peuplés de personnages exotiques hauts en couleur. Bienvenue à booooooooord !
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1) Un bateau, un train et un carrosse
Le puissant trois-mâts aux voiles de lin fendit la surface du lac, à dix mètres à peine de la puissante cascade. En basculant en avant, le mât de misaine faillit percuter un joueur de Quidditch à l'uniforme bleu et jaune, avec une spirale stylisée sur l'épaule, qui tentait d'attraper le souaffle.
– C'EST QUOI CE BORDEL !? brailla Brinjar Olvirsson. ILS ESSAIENT DE NOUS TUER OU QUOI ?!
Il jeta le souaffle contre la porte de la cabine de pont pour la forme. Ladite porte qui ne tarda d'ailleurs pas à s'ouvrir à la volée, laissant une jeune fille blonde surgir en tempête.
– Enfin, de l'air libre ! s'écria l'adolescente. J'en peux plus de cette coquille de noix de malheur !
– Mais il fait horriblement froid ici ! grinça le tas de fourrures sur pattes qui l'accompagnait.
Ophélia Haley tenta de croiser le regard du jeune Sud-Africain à travers les couches d'habits, en vain. Elle haussa les épaules.
– La fin d'été en Norvège, ça vaut bien l'hiver écossais…
– L'hiver sud-africain est plus chaud que l'été écossais, marmonna Isaki Ngcobo en frissonnant.
Ce n'était pas exact pour l'ensemble du pays, mais Ophélia ne le fit pas remarquer. Tandis qu'Isaki rentrait au "chaud", d'autres personnes sortaient. Le circuit suivi par le bateau avait été assez erratique. Alors qu'il émergeait en tout discrétion en contrebas du Collège Poudlard, laissant embarquer les deux élèves britanniques, le Morskoyvolk avait reçu un hibou rapide de la Prévôté de France : un problème de tournée pour le Scivoloso à cause de la saison des pluies, impossible de rouler jusqu'à l'Afrique du Sud. La frégate russe avait alors dû faire un détour de quelques dizaines de milliers de kilomètres pour récupérer les deux élèves Sud-Africains avant de rejoindre l'Hinnøya. L'Union de Kalmar était très certainement le pays où le Morskoyvolk était le plus malvenu. Il fallait dire que les classes de la Hekseri Akademiet étaient souvent surchargées, à cause des élèves nés-moldus refusés à Durmstrang, et n'ayant pas les moyens financiers ou matériels de rejoindre Koldovstoretz ou Mighty Adler. Cette anecdote géopolitique justifiait ce qui suivit :
Du sommet de la crête descendait un chemin longeant plus ou moins le puissant torrent, s'en écartant pour contourner la cascade par une pente moins raide afin de rejoindre le terrain de Quidditch en contrebas. Sur ce chemin s'activaient trois silhouettes, l'une courant, les deux autres traînant, toutes trois écrasées sous le poids de leur malle de voyage massive.
– ALLEZ CHARLUS, UN VOYAGE SCOLAIRE ÇA SE MÉRITE ! s'écria Sigfus.
– Hmgfgh.
– J'ai rien entendu ! Du nerf par Thor ! Ou je te donne des coups de pied au cul pour t'apprendre à aller plus vite ! Eirik, tu crois que je ne t'ai pas vu ? Si je te reprends à te servir de la magie pour alléger ta valise, je t'enfonce ta baguette là où rien n'est supposé rentrer !
– Espèce de taré, soufflèrent les deux garçons.
– J'en ai rien à… Holà c'est quoi ce bordel !?
L'Islandais marqua un temps d'arrêt en apercevant le trois-mâts.
– C'est une plaisanterie j'espère ?!
– Il sort d'où ce bateau ? Comment il est arrivé là ?
Eirik sembla réfléchir à la question de Charlus, puis haussa les épaules. En se rapprochant du bateau, les trois kalmariens purent remarquer les personnes sur le pont. L'une d'elle était un véritable géant. Ionafan Matveev n'était pas une armoire à glace. Il avait comme Sigfus la musculature sèche et efficace des guerriers ectomorphes, et une crinière blonde d'une longueur indécente pour un homme. Sa finesse rendait d'autant plus impressionnante sa taille, d'au moins deux mètres vingt. Il fit signe au trio d'une très longue main accrochée à un très long bras. Sigfus brailla :
– IONAFAN !
– SIGFUS ! répondit l'autre, de même.
– VOUS VOUS FOUTEZ DE MA GUEULE ? IL EST HORS DE QUESTION QUE JE MONTE À BORD DU MORSKOYVOLK !
– Et pourtant tu n'as pas vraiment le choix, fit remarquer le prof russe d'une voix posée, maintenant que les kalmariens étaient au bord du lac, à portée de voix. À moins que tu ne souhaites me confier la garde de tes élèves avant de rejoindre la France par tes propres moyens…
– Va te faire mâcher les organes par une anguille.
– À la bonne heure ! Ramène ta carcasse d'Islandais sur ma frégate, fils de Leif.
– Ta frégate ? ricana Sigfus. Tu peux même pas t'acheter une barque !
– On monte ? proposa Charlus, ignorant les deux coqs.
– Avec joie ! s'exclama Eirik. Locomotor barda !
– HÉ J'AI DIT PAS DE MAGIE EIRIK APPELBAUM ESPÈCE DE MOLLUSQUE SANS COQUILLE !
– Techniquement nous sommes à bord d'une propriété exclusive de l'Institut de Durmstrang, fit remarquer Ionafan Matveev. Ton autorité ne s'applique pas ici.
Surgie de nulle part, l'immense baguette-canne islandaise de Sigfus Leifsson vint percuter le côté de la mâchoire de son collègue russe. C'était un bâton de chêne plutôt clair, dans des tons caramels, tout engravé de runes et de lierre. L'embout qui était entré en contact avec Matveev se divisait en deux courtes branches carrées formant un V.
– MON AUTORITÉ SUR EUX S'ÉTEND PARTOUT OÙ JE ME TROUVE, COMPRIS ?
Ionafan redressa la tête, et sourit.
– Ça défoule, hein ?
– En effet.
– Bienvenue à bord, Sigfus. Les cabines de la délégation kalmarienne se trouvent au second pont. Cabines 23 à 25.
– Merci.
Une des autres personnes sur le pont, restées silencieuses jusque-là, héla Eirik lorsque Sigfus fut entré dans la cabine :
– Hé, ils sont tous tarés comme ça, vos profs ? lança Ophélia.
– Heureusement non ! grinça le Norvégien. Malheureusement, c'est le meilleur.
L'élève russe, qui n'avait pas décroché un mot d'anglais depuis le début du voyage, rit à gorge déployée.
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À l'Est du Lac Turkana, dans une zone à priori déserte à proximité de la frontière séparant l'Éthiopie et le Kenya, un train à vapeur filait à toute allure. Il y avait trois choses notables à propos de ce train. La première, c'est qu'il s'agissait d'une FS 740 d'un blanc immaculé, dorée à l'or fin, qui tirait une demi-douzaine de voitures classieuses colorées de même. La seconde, c'est que ledit train se déplaçait à une vitesse de croisière de Mach 0.7, soit plus de 860 km/h. La troisième, enfin, c'est que ce train se déplaçait sur des rails qui apparaissaient devant lui, et qui disparaissaient derrière, sur une portion ferrée à peine plus longue que le train lui-même. Ce train, baptisé Scivoloso, le "Glissant", avait été prêté par l'École Italienne du Délicat Art de la Magie (Fin'Arte del Magia) à l'Académie de Beauxbâtons dans le cadre de la coopération magique internationale autour du Projet Rosa, un échange scolaire inter-écoles de magie proposé par Olympe Maxime, directrice de l'académie française. Ou plutôt par l'une de ses élèves, une certaine Katharine Magnus de Veriasinis, pour les rares personnes qui connaissaient l'histoire derrière ce projet. Et le Glissant "glissait" actuellement en direction de la Communauté Enseignante Uagadou, uniformément considérée comme l'une des meilleures écoles de magie du Monde.
Pour des raisons de discrétion, le point de rendez-vous avait été fixé à l'École des Métamorphoses, l'un des multiples bâtiments disséminés entre les deux pays, qui se situait à une cinquantaine de kilomètres au Nord de Kalacha. C'est devant ce bâtiment tout d'arches et de pierres rosâtres ciselées que s'arrêta enfin la puissante machine. De la vapeur s'échappa des soupapes de décompression dans un vacarme du tonnerre, tandis que les quatre occupants du train en descendaient. Leurs silhouettes projetaient des ombres dans le nuage de vapeur.
La première était celle d'un quinquagénaire à la moustache fine et aux cheveux aussi blancs que son train et son uniforme de conducteur de train.
La seconde était celle d'une octogénaire dodue aux cheveux gris noués en chignon, vêtue d'une robe tourterelle recouverte d'un tablier céruse. Sur ce dernier étaient brodées les armoiries de l'école.
Les deux dernières se contentaient d'une seule description, car il s'agissait de jumeaux parfaitement identiques. Erio et Iago Alessandri n'avait pas seulement le même aspect, des silhouettes filiformes aux cheveux blonds et aux yeux ambrés, mais également la même coupe en brosse et les mêmes habits. Il n'existait aucun moyen de les distinguer par leur apparence. En revanche, Iago était beaucoup plus exubérant que son frère.
– C'est trop beau ici ! s'écria ce dernier.
– C'est… désert, fit bêtement remarquer son frère.
Les élèves se mirent à sortir de la bâtisse. Ils étaient tous noirs de peau, et aucun ne parlait italien. Ici, on parlait kiswahili, et si certains élèves avaient de bonnes notions d'anglais, ce n'était pas le cas des jumeaux Alessandri.
– C'est bien utile d'avoir des colliers traducteurs si l'on ne peut être compris que de ceux qui en portent également, fit remarquer Iago.
– Cette restriction du champ d'application est compensée par une autonomie quasi-illimité, répliqua une voix derrière eux.
Les jumeaux se retournèrent. Derrière eux, il y avait le train.
– Qui… ?
Sur le train se trouvait un adolescent. Iago siffla d'admiration : l'appentis de la voiture culminait à plus de deux mètres dix au-dessus du marchepied, et n'offrait que très peu de prise de par sa courbure. Pourtant le garçon avait réussi à y grimper, et ce dans le dos des deux Italiens sans attirer leur attention.
– Bonjour ! C'est toi que nous sommes venus chercher ? s'enquit Erio.
– Moi et mīsisi Likanos, confirma simplement le garçon, qui portait lui aussi un collier traducteur. Noham Zula, ravi.
– Erio Alessandri. Et voici mon frère, Iago.
– Les parents de jumeaux vous donnent des noms à consonance similaire pour avoir moins d'effort à faire pour les retenir ?
– Pardon ?
– Question rhétorique. Je sais pas vous, mais j'ai hâte de visiter l'Égypte. Paraît que leur école est au milieu d'un désert… encore plus désert qu'ici.
– C'est en bordure du Sahara, oui, confirma Iago. Où as-tu eu ce collier traducteur ? C'est exactement le même que les nôtres.
– J'ai piqué ça dans un coffre, à l'intérieur du premier wagon. Ça avait l'air important, vu la quantité qu'il en contenait, et le fait que vous et votre prof en portez tous un. J'en conclus que c'est pour ça que vous parlez si bien kiswahili ?
– Où que tu parles si bien italien, répliqua Iago.
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La masse énorme d'air déplacée par les battements d'aile des sept abraxans faisait un vacarme de tous les diables. Florine Brindargent portait un charme anti-bruit autour de la tête, mais avait conscience de la puissance qui œuvrait sous ses yeux. Célestia Attorney, son amie et collègue professeure de Potions, la sollicita du coude, lui indiquant du doigt l'immense masse sombre dans les nuages. En ce jour, le ciel néo-zélandais était assombri de nuages. Mais cette masse n'était pas composée de vapeur d'eau. Il s'agissait du plus gros objet volant jamais conçu. Une véritable forteresse volante. Immense, puissante, et uniquement maintenue dans les airs par des charmes élémentaires d'une puissance inimaginable. Ce miracle volant répondait au doux nom de Typhon Chantant, et pour l'instant, Florine espérait de tout son cœur ne pas avoir à assister à l'évènement valant ce surnom à la bâtisse. Bâtisse qui s'avérait être l'école néo-zélandaise et polynésienne de Sorcellerie, où deux élèves avaient été sélectionnés pour le Projet Rosa.
C'est chargé de deux élèves supplémentaires que le carrosse conduit par la directrice-adjointe de Beauxbâtons décolla de l'école atypique pour en rejoindre une autre l'étant tout autant, à quelques centaines de kilomètres en direction du Sud-Est. En effet, à ce moment de l'année, le Campus Flottant d'Arnhem flottait dans l'Indien, quelque part au large de Perth. Les écoles ayant une interface sur l'eau étaient normalement desservies par le Morskoyvolk, mais le magnifique trois-mâts n'avait pas un quart de la puissance nécessaire pour se maintenir à l'allure du titanesque radeau. C'est donc le carrosse qui avait été chargé de cette école aussi. Il se posa sur la place principale, ou du moins la zone la plus dégagée du village flottant. Ses occupants en descendirent. Au poste de pilotage se trouvaient deux jeunes professeures de l'Académie de Beauxbâtons : Célestia Attorney, aux cheveux roux, dont c'était la quatrième année d'une carrière de maîtresse des Potions déjà marquée par ses frasques mémorables, et Florine Brindargent, aux cheveux presque blancs, guère plus âgée mais bien plus sage, ce qui lui avait valu d'obtenir le poste convoité de directrice-adjointe à vingt-cinq ans à peine, poste qu'elle cumulait avec ses fonctions de professeure de Français, ainsi que de référente de l'Ordre d'Aloysia bien que ce titre relève plus du décorum que d'une quelconque fonction. Descendant de la vaste cabine enchantée, les invités. En Allemagne, le carrosse était allé chercher Greta Salers, une élève extrêmement douée en Métamorphose, accompagnée de son enseignante, la non moins talentueuse animagus Skye Ingram. Puis le carrosse avait fait un long voyage en direction de l'Asie, s'offrant une courte halte en Inde afin de récupérer le jeune Bhaksar Sharma ainsi qu'une cargaison de mangues qu'un arbre pluricentenaire dans l'enceinte de l'école produisait à un rythme effrayant, et en Chine pour une élève plus âgée, Zhu Huiling. Au Typhon Chantant, elles avaient été rejointes par Ihipera Paewai, ainsi que par le second garçon du convoi, Tipene Paewai, le frère aîné d'Ihipera. Dommage pour lui et Bhaksar, le carrosse avait abordé le Campus Flottant pour récupérer deux filles supplémentaires, ainsi qu'une enseignante…
– Tu dois être Nyurapayia Nakamarra, devina Célestia. Ta camarade est dans le coin ?
– Pia, corrigea mécaniquement l'adolescente. Elle doit être en train de faire ses adieux à son copain, un vrai mélodrame, je vous jure… Ils ne sortent ensemble que depuis trois semaines…
– Et toi, tu as fait tes adieux au tien ?
– Je l'ai largué il y a un mois, ce salopard de tête d'enclume a cru malin de me tromper avec une fille de mon propre dortoir. Oh pardon ! Ce sal…e individu !
– Pas de mal ! ricana la prof. Ta vengeance a été à la hauteur ?
– Je l'ai jeté par-dessus bord.
– Je n'en aurais pas fait moins, approuva Célestia.
– Vous n'êtes pas censée me raisonner, me dire que c'était dangereux, me mettre sur le droit chemin ?
– Bienvenue à Beauxbâtons, un peu en avance, répliqua la Française. Si ce n'est pas interdit par notre règlement, c'est autorisé. Or chez nous, il n'y a pas vraiment d'occasion de jeter des gens à la mer.
– Ne répétez pas ça devant Mrs Curtis, elle trouverait le moyen de m'interdire de partir…
– C'est pas le tout, mais on a de la route, le Brésil c'est pas la porte à côté ! Elles se dépêchent ?
… Avant de reprendre la route pour en récupérer une troisième au Brésil.
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La surface de la mer explosa dans une gerbe d'eau salée, tandis que le Morskoyvolk surgissait à côté de la massive structure flottante, dont l'architecte s'était senti fortement inspiré par les icebergs et l'architecture médiévale européenne. Ancrée au fond de l'Atlantique Nord par une chaîne dont chaque maillon pesait la moitié du poids du trois-mâts, l'École d'Apprentissage Magique des Provinces Maritimes Canadiennes flottait au gré des courants. Ce qu'on pouvait identifier comme l'avant de la structure comportait une sorte de crique artificiel, un port parfaitement circulaire, dans lequel la frégate russe s'amarra. La passerelle fut déployée, et les passagers purent descendre se dégourdir les jambes sur la terre plus ou moins ferme.
– Le sol bouge presque autant que le bateau ! déplora Ophélia. … Hé, je ne me plains pas, je constate.
Sandra haussa les épaules.
– C'est ce qu'a dit le professeur Matveev, confirma Ophélia. J'espère que ça sera une fille ! … De ? … Oh, oui, merci.
Sandra tendit une bulle baveuse à son amie.
– Je suis le premier Zellars à mettre les pieds dans l'école des Provinces Maritimes, lança Nelpha. Il n'y a pas de petite fierté !
– Je pourrais dire la même chose, souligna Lyon Rooney. Je suis le premier Rooney à mettre les pieds ici.
– T'es aussi le premier Rooney à mettre les pieds à Banff, répliqua Nelpha.
– Et je serai le premier Rooney à mettre les pieds à Beauxbâtons, insista Lyon.
– Et personne n'en a rien à faire, parce que de toute façon, t'es le premier Rooney à avoir le moindre pouvoir !
– Va te faire foutre, sale raciste !
– Je ne considère pas ma race supérieure à la tienne. Je considère simplement que je suis supérieur à toi.
– Il y en a qui sont nés avec une cuillère en argent dans la bouche. Toi, c'était dans le c…
Nelpha empoigna son rival. Sa silhouette évoquait celle d'un ours : il était trapu aux bras longs, aux cheveux en brosse sombres, et à la peau tannée. Lyon, lui, méritait bien son prénom : son grand visage entouré d'une crinière blonde indomptable surmontait un corps galbé, pâle, d'un port royal. Pourtant, Nelpha était l'héritier Sang-Pur d'une famille de tailleurs spécialisés dans le prêt-à-porter sorcier, alors que Lyon était un né-moldu issu d'une famille modeste de la banlieue de Winnipeg. Et tous deux se détestaient incontestablement depuis le début de la première année, l'un étant riche et méprisant, l'autre populaire et moqueur. La réaction de son rival fit d'ailleurs sourire Lyon.
– Hé les gars, on se calme ! intervint Charlus, qui venait de quitter la passerelle. Si Sigfus vous vois vous battre, il va en prendre un pour taper sur l'autre, et ça ne sera pas une métaphore !
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Le Scivoloso s'arrêta au beau milieu du campus grec. D'aucuns auraient pu se demander comment un train en fonctionnement pouvait se retrouver au beau milieu d'une école. D'aucuns ne se poseraient alors pas la bonne question, qui était la suivante : comment un train pouvait rouler jusqu'à une île ? La réponse, bien que peu satisfaisante pour les Moldus comme pour les théoriciens de la magicologie, était fort simple : magie. À condition que les distances ne soient pas excessives, et que la mer ne soit pas trop agitée, il était théoriquement possible au Scivoloso de glisser sur l'eau, pour la raison improbable qu'il avançait plus vite que la vitesse à laquelle les rails qui le supportaient s'enfonçaient dans la mer sous son poids. Moyennant une trajectoire cahotique et un angle improbable, et à la condition préalable d'avoir laissé sur le continent une partie de ses voitures, le train avait pu traverser les bras de mer de l'archipel grec pour rejoindre l'île anonyme abritant l'Institut Grec de Magie Avancée Perséphone Coré.
Deux élèves y étaient montées. Deux filles nées sur l'Île de Stamfani la même année, à quelques mois différence et quelques centaines de mètres de distance. Deux filles aussi différentes que le jour et la nuit. L'une, Sophía Apíōnellis, était une princesse, unique héritière de la famille la plus puissante de Grèce, l'une des familles les plus puissantes d'Europe. Son père, Theógnōstos Apíōnellis, était parmi tant d'autres titres et attributions le propriétaire officiel de l'Île de Stamfani, et le dirigeant officieux du pays (malheureusement pour lui, le titre de Marionnettiste Suprême n'était pas légalement reconnu). L'autre fille, Psamáthē Xérispolis, était une roturière. Sang-pure, comme tous les habitants de Stamfani, mais dépourvue d'ascendance notable. Pourtant, elle avait quelque chose que Sophía n'avait pas, et jalousait intérieurement : quoi que fasse la petite princesse, quoi que son père lui offre, quoi que la vénale directrice lui accorde, Psamáthē la surpasserait toujours dans le domaine intellectuel. À la naissance, Sophía avait presque tout reçu. Psamáthē n'avait reçu que son esprit, mais elle n'avait rien à envier à sa suzeraine, car celui-ci dépassait de loin ce à quoi le pouvoir de l'argent pouvait mener. Alors ne pouvant la surpasser, Sophía l'avait achetée. Elle avait fait de Psamáthē son amie par intérêt. Son propre intérêt. Psamáthē le savait, et ne perdait pas de vue qu'elle devait construire sa vie à la sueur de son front et non au gré des faveurs de sa bienfaitrice.
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Le carosse manqua de s'écraser. À cause de la disposition particulière de l'Institut de Salem, le point de rendez-vous avait été convenu au Nord de la ville, et Florine avait dû le faire atterrir… invisible. Celle-ci sauta au sol, tandis que le carosse redevenait visible.
– Du calme, Mihrab ! Tout doux, Vigrid !
– Ce sont de bien belles bêtes que vous avez là ! constata l'homme fort séduisant qui avait guidé le carrosse à sa zone d'atterrissage grâce à l'aide d'un sort de détresse.
Florine adressa un signe de tête neutre à son interlocuteur, une sangle d'attelage entre les dents.
– Christian Mason, se présenta-t-il en tendant une main que Florine serra. Je suis le père de Danielle.
– Florine Brindargent, directrice-adjointe de l'Académie de Beauxbâtons. Où est votre fille ?
– Elle est allée aider le professeur Bullis-Duriot à ramener ses affaires. Les voilà, justement !
Tirant deux chariots de bagage empruntés à un hotel, les deux participants de l'Institut de Salem abordaient la place. L'aîné, Léandord Bullis-Duriot, était un Canadien, ancien élève de l'Académie de Banff, et professeur de Magicologie de l'Institut de Salem. La cadette, Danielle Bourgeois, était une élève de la Division Zeta, très douée en Métamorphose, en Magicologie, et une occlumens accomplie. Danielle avait la peau ambrée, le chignon haut et le dos droit. Ses cheveux roux encadraient un visage fin, où deux yeux en amande aux iris marron brillaient d'intelligence et de calme. Elle inclina la tête :
– Bonjour, Professeure Brindargent. C'est un honneur pour moi de vous rencontrer.
– Honneur partagé, Danielle. Ma collègue va vous aider à monter vos bagages.
À cet instant, la porte du carosse s'ouvrit à la volée, et deux touffes de cheveux frisés bondirent au sol.
– C'est moi qui ai sauté le plus loin !
– Tricheuse, t'as fait deux petits pas !
– On va leur demander ! Laquelle de nous deux a sauté le plus loin, Miss Brindargent ?
– Il me semble que c'est Nyurapayia, répondit calmement l'enseignante.
– C'est pas juste, elle a triché…, marmonna Isadora. Je demande réparation. Concours de pompes, Pia ?
– Avec plaisir, Isa !
Florine sourit : les deux adolescentes débordaient d'énergie, et les longs trajets en carrosse les faisaient trépigner. Danielle détailla ses deux nouvelles camarades avec étonnement. L'une d'elles, la dénommée Isa, portait un mini-short blanc en toile épaisse, des sandales de cuir tressées jusqu'à mi-cheville et un t-shirt blanc distendu arborant un logo à moitié effacé de quelque marque moldue sur lequel était épinglé une broche représentant un soleil doré. Sa peau n'était guère plus claire que la sienne, et son épaisse crinière frisée, une teinte plus sombre. Ses iris étaient eux aussi un peu plus clairs que les siens, et étrangement cerclés de cyan. L'autre, Pia, ou plutôt Nyurapayia, avait la peau plus sombre, les cheveux plus courts, et le visage plus rond. Mais si ses yeux étaient noirs comme la nuit, son regard exprimait la même espièglerie que sa camarade. Sa tenue était similaire, mais les sandales laissaient place à des bottes montantes, et au lieu d'un t-shirt, elle portait une tunique de juste bariolée, ornée de tout un tas de tresses colorées, de perles de bois et de petites figurines. Ce qui ressortait des deux filles, actuellement mains au sol en train d'enchaîner les pompes, c'était une franche camaraderie. Si ce n'était leur physique franchement différent, on aurait plus les prendre pour des sœurs. Des demi-sœurs, peut-être ?
– De quelle école sont originaires ces deux filles ? s'enquit Danielle auprès de Miss Brindargent.
– Nyurapayia Nakamarra est originaire d'Australie. Nous l'avons récupérée avec une camarade et leur professeure d'Herbologie sur le Campus Flottant d'Arnhem hier. Nous avons ensuite volé toute la nuit, et nous sommes arrivés au petit matin au cœur du Brésil pour récupérer Isadora Castilho ainsi que l'une de ses enseignantes. Puis après un très long voyage qui nous aura pris près de dix-huit heures, nous avons enfin atteint Ozarkhawk, où une jeune amérindienne nommée Nizhoni Bylilly nous a rejoints. Et après une petite nuit de sommeil et quelques heures de vol… nous voilà !
– Attendez… vous voulez dire qu'elles ne se connaissent que depuis… hier matin !? s'étonna l'américaine.
– Dix-huit heures de vol et une nuit ensembles, ça rapproche ! sourit Miss Brindargent. Elles se sont mutuellement adoptées. Et je suis sûre que tu seras aussi bien intégrée à ton tour !
– J'en suis persuadée, sourit Danielle.
– Allez les filles, on y va ! annonça vivement la jeune enseignante. Je compte jusqu'à trois. Un… deux…
– Top ! s'écria Isa. J'ai gagné !
– Vous voilà à égalité. Et maintenant ? Une petite pause sur les concours ?
– Vous rigolez ?! s'écria Isa. Maintenant qu'on est un nombre pair on va pouvoir faire un tutti frutti par équipe !
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Et voilà qui conclut cette introduction, à propos du Projet Rosa que la précédente conclusion a introduit. Rendez-vous pour la rentrée de BeauX+ !
