Bonjour à vous mes chers lecteurs ^^
Voici la première partie de la fin de cet arc.
La passion et les rêves sont comme le temps, rien ne peut les arrêter, sauf le... ou la ...
WARNING :
J'espère que vous avez prévu des mouchoirs, car scène belle et émouvante. Moi en tout cas je chiale. Vous êtes prévenus.
Chapitre 61 : Mariage
[POV Rubia]
On est arrivé sur Piacere il y a quelques jours et j'ai rencontré le couturier recommandé par Rayleigh, un certain Léor. C'était un homme d'une quarantaine d'année, il était roux aux yeux verts et m'avait confié qu'il avait une maladie incurable, qu'il allait bientôt mourir. Il me remercia de permettre à lui et ses enfants d'avoir un dernier projet couture ensemble. Cela m'avait touché et rendue triste, j'avais voulu renoncer à lui confier ma robe, pour qu'il profite du temps avec ses enfants, mais la couture était une passion qui les unissait.
J'avais rencontré ainsi, Thatch son fils ainé et Cléa et Mana deux petites jumelles bien mignonnes. Cléa et Thatch, bien que jeunes s'amusaient à aider leurs pères dans la réalisation de ma robe de mariée. Mana elle préfère s'amuser en dessinant et soumettant des croquis, en cherchant les tissus, décorations et accessoires, elle adorait le côté logistique et créatif, étant moins adepte de la partie couture. À eux quatre il y avait une belle symbiose :
- Merci de me permettre de réaliser un si beau projet, me fit Léor.
- Je vous en prie… c'est plutôt moi qui dois vous remercier de faire ma robe… alors que vous devriez passer du temps avec vos enfants.
- Ne vous tracassez pas, c'est tout ce que je peux leur transmettre, j'aurais juste voulu les aider plus encore dans la vie… j'ai laissé des dettes avec mon entreprise, j'ai tenté de les réduire, les effacer… mais ils vont en hériter… ils le savent…. Mon travail est tout ce que je peux leur offrir et je m'en veux tellement de les laisser seuls… ils sont encore si jeunes.
- Monsieur, du peu que j'en ai vu vous avez bien éduqué vos enfants, ils ont la tête sur leurs épaules, vous leur avez donné autant de clés possibles pour réussir. Même si votre deuil sera difficile, ils ne partent pas sans rien, ils auront les précieux souvenirs de leur père, votre amour, votre honnêteté, vos enseignements sur la couture, la vie, la modestie, l'amour, la compassion. Tout ira bien, vous avez fait en sorte que votre deuil soit le moins douloureux possible, alors souriez et vivez les précieux instants qu'il vous reste.
- Merci mademoiselle, murmura Léor ému.
Ses enfants nous écoutaient, même s'ils faisaient mine de travailler, car ils enlacèrent tous trois leur père :
- T'en fait pas papa je prendrai soin de mes sœurs, jura Thatch.
- Madame a raison, tu as fait tout ce que tu pouvais, tu nous as montré tant de choses, continua Mana.
- Et puis nous ne sommes pas seuls papa, les voisins prendront soin de nous à ton départ, continua Cléa.
- On t'aime papa ! S'écrièrent les trois enfants.
- Je vous aime tant mes enfants, vous êtes si bons, si forts, si matures, je vous admire, vous me rendez fiers.
Je versai des larmes silencieuses à cette scène et j'étais heureuse de leur permettent de travailler ensemble une dernière fois, mais c'était déchirant.
Je les voyais s'activer à faire les dernières finitions, avant l'essayage final pour faire les derniers réajustements :
- Venez madame on va vous aider à mettre votre robe, firent en cœur les jumelles.
Je souris et je pris dans mes mains celles des jumelles pour me laisser guider, elles m'accompagnèrent jusqu'au paravent et m'aidèrent à passer la robe.
- Papa, Thatch préparez-vous ! S'exclamèrent les filles en cœur.
Je gloussai en les entendant, elles sont impatientes de me montrer, aussi elles me présentent à leur père et grand frère, quand je me révèle vêtue de ma robe de mariée :
- Tout tombe parfaitement il me semble, fis-je en faisant une petite révérence. Je vous laisse juger de votre travail, moi je le trouve splendide.
- Vous êtes ravissante, venez regardez-vous dans le miroir, me lança Léor.
Je m'approchai et je me regardai, j'étais ravie du rendu. C'était une robe bustier courte, avec une jupe un poil plus longue derrière pour avoir un petit côté asymétrique.
La partie bustier était composée d'un corset où il y avait de la dentelle, des broderies fleuries, agrémentée de perles blanches et argentées.
Pour la partie jupe il y avait plusieurs couches de mousseline blanche sans aucune perles et autres décorations, tout était sur la partie supérieure.
Mana me tendit des petits gants en dentelle avec de délicates broderies blanches et argentées qu'elle avait réalisées, je les mis et je me trouvais incroyable.
Quant aux chaussures c'étaient des escarpins blancs vernis avec des petites ailes de papillons bleu ciel et blancs à l'arrière du talon, cela m'était joliment en valeur mes chevilles. C'était là aussi la petite touche charme de Mana :
- Hum… vous avez fait vraiment un superbe travail mes enfants, j'observe sous toutes les coutures la robe, je n'y vois aucun défaut, vraiment rien à reprendre, fit Léor. Vous avez vraiment hérité du savoir-faire familial.
Je vis les trois enfants être empreint de fierté et de bonheur, c'est vrai que ce sont surtout les enfants qui avaient fait le plus gros du travail, sous la supervision attentive de leur père qui leur avait donné de précieux conseils et encouragements.
- Je suis fier de vous mes enfants.
- Merci papa ! Firent-ils en cœur en l'enlaçant avec amour.
- Merci à vous, cette robe est somptueuse, j'ai hâte de la mettre pour demain.
Demain je me marierai, cela me faisait drôle… et pourtant tout s'était enchainé vite, il faut dire qu'avec une île entière qui préparait tout sous notre direction, aidé de l'équipage entier de Roger, tout allait bon train.
Les invités étaient déjà arrivés, j'avais eu la joie et bonheur de rencontrer une certaine Luna, Whitey Bay et Toki, trois femmes pirates dans l'équipage de Barbe Blanche. Autant dire que je me sentais bien moins seule, nous avions toutes quatre sympathisés.
D'ailleurs elles n'allaient pas tarder à débarquer pour qu'on teste le maquillage et la coiffure, il fallait s'entrainer et voir avec la robe terminée si tout se coordonnait à la perfection.
Et puis je crois bien que ça les amusait de s'occuper de moi.
On entend quelqu'un toquer à la porte de l'atelier de Léor, j'imagine que ce sont elles et quand Léor ouvre ce sont bien les filles :
- Rubia nous a informé de votre visite, entrez, elle est en habits de mariée.
- Merci… oh mon dieu ! Tu es magnifique Rubia ! S'exclama Luna.
Je rougis et m'avançait timidement vers elles :
- Il va falloir qu'on se surpasse les filles pour égaler cette magnifique robe, sinon on ça va faire tache, fit Whitey Bay.
- Mais non, ne dit pas ça, tu es trop sévère, moi j'ai trouvé que le maquillage et la coiffure étaient faits avec soin et goût et respectaient bien mes attentes, coupai-je. Allez embellissez-moi je veux voir le rendu final.
- Tu es toute excitée, rit Toki.
- Je la comprends, j'aimerai tant vivre aussi ça un jour, fit Luna.
- Je suis sûre que tu trouveras ta moitié et que tu vivras heureuse, c'est tout ce que je te souhaite, m'exclamai-je.
Luna avait des yeux acier et de beaux cheveux raides noirs, elle avait des traits délicats un peu comme moi avait-on dit. Plusieurs de ses camarades nous avait taquinés car nous avions une personnalité très similaire et je devais admettre que c'était bien vrai, je me sentais très proche de Luna, je la voyais un peu comme une petite sœur.
Je m'étais d'ailleurs demandée si j'avais une sœur ou un frère quelque part dans ce monde… mais j'avais des doutes. Rayleigh et moi on avait scruté chaque article des journaux et cela tous les jours, personne n'avait mentionné la disparition d'une jeune femme rousse aux yeux clairs, à croire que je n'existe pour personne….
J'enviai même Luna qui avait un frère qui lui ressemblait beaucoup, elle m'avait montré un photo de lui, un certain Crocodile, où Luna et lui souriait, tout heureux d'être ensemble. On sentait la complicité qu'ils avaient, son frère avait un regard fier et protecteur pour sa sœur. Cela devait être merveilleux d'être aimé par des proches et pour une raison assez inconnue ça me faisait mal, mais j'ignorais d'où venait exactement ce malaise. C'est… cela me laissait le sentiment très étrange que je n'avais jamais connu la joie d'avoir une famille.
Et imaginer que j'étais orpheline, sans attache… cela me peinait, mais c'était possible…. On ne savait rien de moi après tout. Et puis, j'imagine que mon amnésie me mine énormément, car j'ai trop de questions et aucune réponse en face.
Mais pour l'heure je ne souhaitai qu'une chose qu'on passe un bon moment entre filles !
Aussi je m'assois et je laisse mes nouvelles amies s'affairer, Toki et Whitey s'occupent de mes cheveux pour me les coiffer, pendant que Luna me maquille.
J'avais demandé un maquillage discret et naturel, Luna m'avait donc proposé de faire mes yeux dans les tons parme et pastels avec une touche de paillettes blanches et irisées. Et pour ma bouche elle avait opté pour un rose légèrement plus prononcé que mes lèvres, pour que la couleur soit bien présente, mais reste discrète et j'avais été ravie de son rendu lors des tests.
Pour la coiffure, j'allais avoir les cheveux détachés, mais on allait me travailler mes boucles pour qu'elles soient plus accentuées. J'allais avoir un petit chignon à l'arrière agrémenté d'une vigne perlée, réalisée par les trois pirates à qui ça tenaient à cœur de m'offrir quelque chose de leurs compositions.
De plus pour un mariage parfait, il me fallait quelque chose de neuf, de vieux, de prêté et de bleu. Aussi les filles avaient fait en sorte de me trouver ces quatre éléments.
Whitney Bay m'avait offert un ensemble de lingerie blanche, qui était aussi adorable qu'aguicheur, elle m'avait lancé un clin d'œil complice, tout en me souhaitant d'avoir une nuit de noce inoubliable. Ce qui m'avait fait particulièrement rougir.
Luna m'avait prêté un collier en argent avec un pendentif en topaze bleue en forme de goutte, il était simple, mais c'était tout ce que j'aimais.
Toki m'avait offert une broche en me précisant qu'elle venait d'il y a 800 ans, car elle avait voyagé dans le temps. J'avais été étonnée, mais on avait toutes rigolées en disant qu'il n'y aurait pas plus vieux que cela. Ladite broche avait une forme d'étoile à quatre branches et était sertit d'aigues marines.
Et pour la touche de bleue, j'avais décidé d'acheter avec les filles des petites boucles d'oreilles en argent en forme de rose, sertit en leur cœur d'une aigue-marine. En les ayant acheté à quatre c'était aussi un symbole de notre amitié.
- Merci les filles pour tous vos présents.
- Tu vas êtes à tomber, la plus belle de toutes les mariées, sourit Whitey Bay.
- Me dit pas ça… ça me rend nerveuse.
- C'est normal, demain est un grand jour, sourit Toki.
- Pour l'heure ne t'occupe de rien, tu peux ouvrir les yeux et regarder ton maquillage, prévient Luna.
Je les ouvris et je me contemplai dans le miroir de la coiffeuse en face de moi :
- C'est parfait Luna, tellement que j'ai envie de pleurer…
- Ça c'est le stress, la joie, l'excitation mélangé qui parlent, rigola Toki.
- M'en parle pas je ne tiens plus…, blêmis-je en arrivant à me calmer pour ne pas faire couler le maquillage.
- Quant à tes cheveux on finit, j'ajoute la petite touche finale et voilà ! Annonça fièrement Whitey Bay.
Toki et Whitey Bay me placèrent à miroir dans le dos pour renvoyer le reflet dans le miroir de la coiffeuse, j'étais plus que ravie du résultat :
- Merci les filles !
Je me lève et je tournoie avant de me poster devant un grand miroir, je me tourne vers mes amies, Léor et ses enfants qui sont restés pour voir la mariée entièrement prête et vue leurs visages aussi ravis que le mien je savais que c'était une parfaite réussite :
- Je n'ai pas les mots… merci d'avoir rendu tout cela possible, j'aurai une pensée pour vous tous, demain sera merveilleux.
- Tu es la plus belle Rubia ! S'exclamèrent en joie les petites jumelles.
- Merci, j'ai hâte de découvrir Rayleigh.
Mine de rien ça fait plusieurs jours qu'on ne s'est pas vu et l'attente commence à se faire longue, il me manque :
- De ce que je sais il est à tomber dans son costume, me lança Whitey Bay.
- Vous serez beaux comme tout, confirma Toki.
- Merci…, souris-je émue au possible.
Je décidai de me changer pour retrouver mes habits de tous les jours et de laisser tous les bijoux et accessoires dans l'atelier de Léor, qui m'avait prêté avec joie l'endroit, pour que je puisse me changer demain.
Je me séparais de Léor et ses enfants, ces derniers seront les demoiselles et garçon d'honneur au même titre que Shanks et Baggy.
Pour mes témoins j'avais demandé à Roger et Crocus de l'être, n'ayant personne de ma famille ou des amis proches, avant mon amnésie, ces dernier avaient acceptés avec joie.
La fin de la journée arriva assez vite et je profitai de ces dernières heures avec mes amies pour profiter de massage, soins détentes et de baignade.
Cela aurait dû suffire pour que je m'endorme épuisée et détendue… mais non un mélange d'impatience et de stress, me retenait éveillée.
Je n'arrivais pas à fermer l'œil et quand j'y parviens je ne m'en rendis pas compte. En tout cas les filles viennent me réveiller le moment venu, déjà toutes prêtes, et n'ayant qu'une hâte m'aider à me préparer.
Je mange un peu, même si j'ai du mal tant le tract me prend, puis j'enlève mon pyjama pour une petite douche et je me lave les dents, avant de revêtir les premiers vêtements qui me tombent sous la mains, direction l'atelier de Léor !
Je me change pour mettre ma robe de mariée et ses chaussures, ensuite les filles me coiffent, parfument et maquillent avant de mettre les accessoires.
- Tu es encore plus belle qu'hier, me flatta Luna.
- Tu trouves ? Pourtant j'ai mal dormi je dois avoir l'air fatiguée.
- Cela ne se voit pas, je pense que même si tu as peu dormi cela a été un sommeil de qualité, me dit-elle.
- Peut-être….
- Tu es resplendissante, confirma Toki.
- Allez un petit massage des épaules pour te détendre, fit Whitey Bay en me palpant.
- Vous êtes toutes adorables, ris-je.
- Je t'en prie, en tout cas on est dans les temps, pas de retard à l'horizon, me rassura Whitey Bay.
- Ouf alors, tant mieux, soufflai-je devant cette bonne nouvelle.
- Je vais te chercher ton bouquet Rubia, me prévient Toki qui se retira quelques instants.
- Détends-toi Rubia, me sourit affectueusement Luna.
- J'essaye, mais j'ai tellement le tract et je suis en même temps euphorique.
- On voit ça, voilà j'ai fini ton maquillage, m'annonça Luna.
- Moi je finis ta coiffure, là… voilà c'est terminé !
Je les remerciai encore une fois avant que Toki ne revienne avec le bouquet composé de roses rose, de gypsophiles blanches et roses, de freesias blanches, de feuilles de fougères et d'eucalyptus. Le bouquet est sublime et sent divinement bon :
- Rayleigh l'a composé lui-même en pensant à toi, il voulait que tu ais quelque chose de lui avant la cérémonie, m'expliqua Toki.
- C'est si gentil, il est magnifique, souris-je ému.
- Quel romantique, s'extasia Luna aux anges.
- Il t'aime vraiment pour te faire un beau bouquet, confirma Whitey Bay.
Je leur souris en respirant l'odeur des fleurs, nous entendons quelqu'un toquer c'est Léor et ses enfants qui arrivent :
- Vous êtes magnifique mademoiselle, commenta Léor. Si vous êtes prête je vous prie de prendre mon bras.
Je me levai et prit le bras de Léor qui serait celui qui m'accompagnait à l'autel, ses enfants nous suivirent, avec hâte et bonheur.
- Merci d'avoir accepté de m'accompagner.
- Je vous en prie, vous avez fait preuve d'une telle gentillesse avec mes enfants et même moi, j'étais très honoré de votre demande, surtout en apprenant que vous n'aviez personne.
- Oui… et puis vous m'avez réalisé cette si belle robe, je trouvais cela assez logique que vous soyez celui qui m'accompagne à l'autel, pour le côté symbolique.
- Merci pour votre bienveillance et délicatesse, me souffla Léor.
- C'est normal, souris-je doucement.
On marcha doucement vers la plage où un plancher et un autel avait été installé pour l'occasion le tout entouré de bancs. L'ensemble avait été drapé de beaux tissus blancs, agrémenté de fleurs.
C'était magnifique, j'étais toujours euphorique… mais… une émotion inquiétante commença à s'installer, c'était plus fort que le tract et le stress, c'était de la peur…. Pourquoi avais-je peur ? Est-ce que je craignais que notre mariage tourne mal ? Probablement, il y avait eu tant de préparatifs, d'investissements, d'émotions, bref, beaucoup de choses. Néanmoins je n'étais pas sereine, c'était curieux mais j'avais la sensation étrange que j'allais commettre une énorme erreur, mon instinct semblait m'hurler cela.
Je soufflai doucement, je devais me calmer :
- Détendez-vous mademoiselle, tout ira bien, me rassura Léor.
- Je crois que la pression commence à retomber et j'ai du mal à gérer.
- Je comprends j'étais dans le même état que vous quand j'ai épousé ma défunte épouse, profitez de cette journée, c'est la vôtre après tout.
- Merci.
On s'avança, je vis de loin Rayleigh me faire dos, avant de se retourner, vêtu d'un costume blanc et parme pour l'occasion. Il me fixa avec intensité avant de me sourire, je rougis aussi flattée que nerveuse. Je m'agrippai plus fort à Léor, qui me massa discrètement ma main pour tenter de me détendre et de me rassurer.
Puis nous arrivions à hauteur de Rayleigh où Léor me laissa, avant d'aller s'asseoir avec ses enfants :
- Tu es… éblouissante, souffla Rayleigh émerveillé.
- Merci…, toi… tu es… somptueux, bégayai-je.
- Tu es nerveuse ?
- Oui…
- C'est mignon et adorable, détend-toi mon amour, tout va bien se passer.
- Je sais.
Je disais ces mots, mais… le sentiment de peur resta là, bien présent, un sentiment d'urgence commençait à prendre le dessus.
Qu'est-ce que cela signifiait ? Pourquoi cette peur ? Pourquoi j'avais l'impression étrange de commettre une erreur ? Je voulu, quitte à gâcher un peu le moment, me confier à Rayleigh mais mes lèvres restèrent closes.
Ce n'est pas possible, je me retrouve de nouveau incapable de parler… je n'étais pas tranquille, comment le faire savoir ? Mon aura devait être violette, mais tout le monde devait penser que c'était le tract, alors que je sentais qu'il y avait autre chose.
Le maire de l'île arriva et commença la cérémonie, tout se passa bien du long, même si mes appréhensions ne voulaient pas me quitter, pire elles grossissaient, je tentai par tous les moyens de parler en vain et cela jusqu'à l'échange de consentement :
- Silvers Rayleigh voulez-vous prendre pour épouse Rubia… heu… vous… vous n'avez pas de nom mademoiselle ? Demanda le maire hésitant.
Il eut une vague de murmures :
- Oh bon sang, j'ai oublié de te dire, toutes mes excuses Harry, elle est amnésique, elle ignore son identité, précisa Rayleigh confus en se tapant le front.
Je fixe Rayleigh avant de me sentir partir et de m'effondrer.
- Rubia !
[POV Rayleigh]
Je rattrape Rubia, encore ses malaises, c'était à prévoir.
Je l'enserre contre moi et caresse sa joue gauche en l'appelant :
- Rubia reviens à toi… ah elle revient à elle… comment te sens-tu Rubia ?
- Ariel…
- Quoi ?
- Je m'appelle Ariel, haleta-t-elle.
Oh ! « Harry, elle… » la sonorité, c'est ça qui lui a fait retrouver son nom !
- Tu as retrouvé ta mémoire ? M'exclamai-je heureux pour elle.
[POV Ariel]
Oh seigneur ! Qu'est-ce que j'allais faire comme connerie ? L'enchantement !
Je n'ai pas le temps de demander de mettre fin au mariage que mon corps entier me brûle et j'hurle à la mort, je vois avec horreur comme des marques de craquelures lumineuses sur mon corps, c'est comme si j'allais exploser. Mon cœur…
- Je m'oppose à ce mariage ! Tonna la voix de Toki.
Je la vis se jeter sur moi et me planter son épée dans ma poitrine, elle m'agrippa. Pour une raison étrange, je n'avais rien sentis quand sa lame m'avait transpercé, pire j'avais l'impression que j'étais moins opprimée et que ça calmait mes douleurs :
- Toki ! S'exclama horrifier Rayleigh.
- Je la maintiens en vie avec mes pouvoirs que j'ai infusé dans ma lame, claqua Toki. Rubia tu étais amnésique, c'est ce qui t'a sauvé jusqu'à aujourd'hui. Maintenant que tu as retrouvé ta mémoire, tu es devenue aux yeux du temps et du passé une anomalie temporelle !
Ces termes ! Comment sait-elle que je suis une anomalie temporelle ?
- Je suis la gardienne du fruit du temps, dans sa version du futur, celui du passé a disparu de ma famille dans des raisons obscures, mais il est évident que tu subis la malédiction de l'anomalie temporelle. Rubia de quelle époque viens-tu ? Il faut que je te renvoie à ton époque tout de suite ou tu mourras, ta seule autre façon de repartir dans ton époque c'est de te tuer, mais là c'est trop tard, il ne reste que mon pouvoir comme solution ! S'exclama-t-elle à toute vitesse. Ton époque !
J'essayai de me souvenir et cela me revient :
- 14 juin… 1522, articulai-je.
J'entendis certains murmurer l'année que je venais de prononcer, ils devaient comprendre ce que je subissais et en même temps, ils n'arrivaient certainement pas à croire que je venais du futur :
- Très bien, tu ne dois croiser sous aucun prétexte ton toi du futur, tant qu'elle n'aura pas disparue pour être envoyée à notre époque ou tu périras.
- C'était… autour de midi, je crois… que j'ai disparu, soufflai-je en sentant mes forces partir je me sentais mourir.
- Très bien je te ramène à ton époque.
- Attends…
Je vis que Toki activa ses pouvoirs, je me tourne vers Rayleigh catastrophée :
- Ne m'attends pas ! Trouve Shakuyaku sur Sabaody ! C'est elle ta femme ! Je suis désolée, j'aime….
Le décor autour de moi changea, je me sentis mieux, le sentiment de malaise que j'avais, tout ce qui était lié à l'enchantement s'évapora.
Et je me sentis tomber, avant d'être retenue et réceptionnée par des bras forts :
- Aussi belle que dans mes souvenirs.
Je relève mes yeux et croise ceux de Silvers Rayleigh âgé de 76 ans, j'étais de retour en 1522 :
- Rayleigh…, soufflai-je.
J'étais aux bords des larmes, qu'avais-je fait ?
- Je suis désolée….
- Chut, tout va bien Rubia… ou plutôt devrais-je dire Ariel.
Je fondis en larmes, il me prit dans ses bras et me consola :
- Toki nous a tout expliqué après ton départ, cela a été un choc et j'ai eu du mal à l'accepter, même si je voyais qu'elle ne me mentait pas. Je sais que tes sentiments et les miens étaient biaisés, même si malgré tout nous avions mutuellement une tendresse, une affection sincère et profonde. Ne pleure plus, je ne t'en veux pour rien au monde, tu as été victime d'un fruit du démon, maintenant j'ai compris pourquoi quand je t'ai repêché tu t'es débattue. Tu étais encore lucide et pas sous l'emprise de ce sortilège et tu voulais désespérément ne pas être sous le charme d'un inconnu. Je suis désolé à l'époque de t'avoir fait boire la tasse pour que tu cesses de te débattre.
- Rayleigh… tu pensais bien faire… je m'en veux tellement… je t'ai brisé le cœur, et Shakky… je….
- Non Ariel, si tu n'avais pas été manipulée et ensorcelée rien de tout cela ne serait arrivé. Et quand je vois comment tu culpabilises alors que tu es la première victime de tout cela, cela me fait de la peine et me montre à quel point tu es un amour et profondément gentille. Tout va bien Ariel, calme-toi.
- Est-ce que… tu m'as attendu… pendant 25 ans ? Osai-je demander la voix nouée.
J'avais peur de la réponse :
- Tu veux savoir si je suis célibataire aujourd'hui…. J'ai rencontré celle que tu me disais être ma future femme… il a fallu t'oublier, mais… Shakky m'a aidé, elle a été patiente et quand j'ai fait le deuil de notre relation, j'ai commencé à m'intéresser à elle. Et nous sommes mariés elle et moi.
Je soupirai de soulagement avant d'éclater en sanglots :
- Chut Ariel, calme-toi, me berça Rayleigh. Toki m'a dit qu'en te renvoyant à ton époque certaines choses allaient rentrer dans l'ordre et que l'Histoire ne serait pas beaucoup impactée ou sur des changements mineurs. Rassure-toi ta présence n'aura pas changé le cours de l'Histoire de manière drastique.
- C'est vrai ? Hoquetai-je.
- Oui je te le promets.
- Mais comment Toki a-t-elle su que j'étais une anomalie temporaire ?
- Elle l'a compris lors de votre première rencontre, tu lui as montré tes dessins, dont celui où tu pensais que c'était la dernière image que tu avais vu avant ton plongeon dans la mer. Toki a immédiatement reconnu ce décor comme étant les couloirs du temps, mais elle ne pouvait rien dire car ton amnésie te protégeait. Si elle t'avait parlé de l'enchantement cela t'aurait tué, elle devait donc attendre le jour du mariage, car c'était pour elle certain que ce jour signerait ta mort. Si tu n'avais pas retrouvé la mémoire, elle t'aurait embrochée et elle t'aurait demandé que tu empoignes son épée pour te l'enfoncer de toi-même. Par cet acte tu serais morte et tu serais revenue à cette époque, car tu t'éliminais toi l'anomalie de notre époque, cela aurait corrigé le cours des évènement. Mais en retrouvant la mémoire la malédiction t'a ôté cette porte de sortie car tu avais trop commis de changement dans ma vie de ce que m'a dit Toki, il ne restait que ses pouvoirs qui pouvaient te renvoyer dans le futur.
Savoir tout cela me calma et en retrouvant un peu de lucidité je réalisai autre chose. Je regardai autour de moi, c'était l'endroit où se dressait auparavant l'autel de notre mariage :
- On est sur Piacere ?
- Oui.
- Le 14 juin 1522 ?
- Tout à fait.
- Il est quelle heure ?
- Midi.
J'agrippe la chemise Rayleigh catastrophée :
- Rayleigh j'étais sur le Red Force lorsque j'ai été envoyée dans le passé, on était presque arrivé au port de Piacere ! Shanks… tout le monde est en danger ! J'ai eu la chance de rencontrer Toki, mais eux ne l'auront pas ! Je t'en prie amène-moi jusqu'au port de Piacere ! Suppliai-je alarmée.
Rayleigh me regarda avec gravité, il me prit par la taille et me porta dans ses bras :
- Agrippe-toi à moi.
Je ne réfléchis pas et m'exécute, Rayleigh fonce grâce à ses capacités de haki et nous arrivons en un clin d'œil au port, je vois au loin le Red Force :
- Est-ce qu'on peut y aller ? Demandai-je.
- Seulement si tu n'y es pas, n'oublie pas ce que t'as dit Toki, tu ne dois pas croiser ton autre toi, coupa Rayleigh.
Il sortit de son manteau une longue vue, je le fixai avec angoisse, attendant sa réponse :
- Tu es en train de te faire attaquer par un type qui est, je suppose, le responsable de tout ce merdier.
- Est-ce que je peux voir ?
- Tiens.
Je pris la longue-vue et je regardai en direction du navire de Shanks, je voyais que le dôme était attaqué par Shanks et ses hommes. Alors cela signifie que je vais bientôt être envoyée 25 ans en arrière.
- Une dernière chose Ariel, Toki nous a dit que tu serais immunisée contre les pouvoirs de celui qui t'a fait ça. Il ne peut plus rien contre toi.
Bonne nouvelle. Je m'avance vers la plage et trempe mes chaussures dans l'eau de mer :
- Rayleigh je te le demande, peux-tu m'amener sur le Red Force ? Je veux régler mes comptes avec cet énergumène et protéger ceux qui me sont chers. Je vais disparaitre dans les prochaines secondes on peut y aller, je ne risque pas de croiser mon autre moi.
Pour simple réponse il me tendit son bras, je le saisis et nous fonçons droit sur le Red Force.
Shanks, mes amis, ceux dont j'ai oublié, tenez bon j'arrive !
La passion et les rêves sont comme le temps, rien ne peut les arrêter, sauf le futur ou la mort.
On peut remercier Toki ^^.
J'espère que vous aurez apprécié de croiser même furtivement la route de Toki, Luna la défunte sœur de Crocodile et Whitey Bay la sorcière des glaces. Ainsi qu'un Thatch et ses sœurettes enfants ^^
Un peu de chronologie :
1492 : Oden et Toki se rencontrent = Intègrent l'équipage de Barbe Blanche. Voilà pourquoi Toki est présente au mariage, car Barbe Blanche était invité, donc forcément il s'est pas ramené seul (et heureusement) ^^
1497 : Rayleigh et Shakky tombent amoureux et c'est aussi l'année où Ariel est envoyée dans le passé.
1498 : Oden et Toki rencontrent Roger = Du coup dans cette histoire ils se rencontrent quelques mois plus tôt, mais ça n'aura pas vraiment d'incidence.
A dimanche pour la suite ^^ et y'aura un petit moment baston, car cette raclure qui a fait subir tout ça à Ariel va pas s'en tirer à si bon compte. Non mais oh !
