SHINIGAMIS' ENDING — FALLEN ERA
Rukongai — Planque d'Aryen Kaseren.
Yasuharu Takanashi — Prelude to Destruction
La fumée épaisse s'élevait.
Grimmjow Jaggerjack ne comprenait pas tout à fait ce qui se tramait. Son instinct lui clamait avec insistance qu'un projet de très grande ampleur se déroulait sous ses yeux.
Mais cela ne lui importait alors que maigrement. Parce que dans l'immédiat, seuls ses intérêts personnels entraient en compte dans le calcul, à savoir sa vengeance contre ceux qui avaient osé le réduire à l'état de bétail. L'Arrancar avait de nouveau asséné un puissant coup d'épée à cet homme mystérieux, à la voix lente et sérieuse. Un homme nommé Hôshi Kanata.
Là encore, les bouillantes intentions meurtrières du Sexta se heurtèrent à un véritable mur.
Merde … !
La poigne solide, Hôshi venait de parer avec une redoutable efficacité l'assaut frontal lancé par son adversaire.
« — Dépenser excessivement de l'énergie ici est inutile, argua-t-il.
— Rien à foutre ! s'esclaffa la panthère. Je vais vous démonter tous les deux ! »
L'autre personne étant évidemment le responsable principal de toute cette histoire, à savoir Aryen Kaseren.
Quelques mètres derrière, le scientifique avança en direction des nombreux appareils situés dans les alentours.
Grimmjow Jaggerjack représentait une menace crédible pour sa vie, mais cela ne lui importait finalement que peu.
L'engrenage lancé ne saurait être arrêté, pas même avec sa propre mort.
« — J'ignore la façon dont vous vous êtes totalement sorti de mon contrôle, déclara Aryen. Mais je suppose que cela doit avoir un rôle avec cet Urahara Kisuke ?
— Ta gueule et amène-toi ! »
Les réponses de cet homme resteraient éternellement des odes à la poésie.
Grimmjow fut d'ailleurs repoussé vers l'arrière, occasionnant de nouveaux remous dans l'atmosphère, mais prit rapidement appui sur le sol pour repartir à l'assaut.
La posture défensive de cet homme forçait le respect, mais l'Arrancar était encore loin d'avoir abattu toutes ses cartes.
Sa vitesse restait un atout à exploiter et le bleuté comptait maintenant tester celle de son ennemi. Disparaissant par le biais d'un sonido, Grimmjow réapparut juste dans le dos de sa cible, faisant s'abattre sans ménagement sa lame.
Mais là encore, le Général Kanata pivota efficacement, pour bloquer efficacement l'assaut ennemi.
Il planta ensuite son regard d'un bleu pur sur celui de sa cible.
« — Tu sembles encore avoir le corps lourd, déclara-t-il. J'imagine que toute l'énergie que tu as dépensée ne t'es pas encore revenue.
— Ferme-la !
— … C'est une perte de temps. »
Une nouvelle sainte lumière apparaissait depuis cette lame.
« — Lorsque le sort du monde est en jeu, les petites batailles inutiles perdent encore plus en valeur. »
Qu'est-ce qu'il raconte encore ?!
À l'instant suivant, Grimmjow Jaggerjack fut repoussé vers l'arrière, percuté par de multiples rayons lumineux.
Bien sûr, loin d'être novice en matière de bataille, l'Arrancar chercha à s'en prémunir. Mais même son solide hierro fut mis à rude épreuve, une fois heurté par cette force mystique. Lourdement, malgré l'utilisation de son Zanpakutô et de son bras gauche à des instants différents, l'Espada finit par atterrir à plusieurs mètres de distance, fumant encore davantage par rapport au début du combat.
« — Me prends pas pour une merde, connard ! »
Au milieu de la fumée, un éclat scintillant.
Écarlate, il ne pouvait annoncer qu'une chose. Le regard du Général Kanata se plissa légèrement, alors que la vérité s'imposa d'elle-même, au moment même où Grimmjow leva la main dans sa direction.
« — Cero ! »
Le puissant rayon illumina tout le secteur, offrant une spectaculaire offensive à l'Arrancar. Le Sexta se doutait évidemment qu'un seul et simple Cero ne suffirait certainement pas à annihiler cet homme si étrange, mais servirait amplement à rééquilibrer les choses un tantinet.
Toutefois, la destruction promise par l'attaque ne vint pas. Pire, sous l'œil hagard du Sexta Espada, un phénomène improbable se déroula sous ses yeux courroucés et surpris.
« — Q-Quoi ?! »
Dans une effusion lumineuse, cette épée venait d'absorber l'énergie engendrée ?!
Les images du combat défilaient ensuite dans l'esprit de Grimmjow, semant progressivement les graines du doute dans son être tout entier, concernant les pouvoirs de cet homme.
L'agitation, palpable pendant tout le processus, disparut alors. Hôshi marcha progressivement dans sa direction. Il frappa alors ensuite rapidement, avec une force accrue. Grimmjow réagit pourtant assez promptement, mais son Zanpakutô parut alors soudainement bien fébrile face à cette nouvelle force. Serrant les dents, la panthère décida spontanément de mettre un terme à l'échange, pour disparaître par le biais d'un sonido.
Hôshi ne le perdit pas un instant du regard, tandis que son adversaire s'élança de nouveau dans sa direction, un air particulièrement courroucé greffé au visage. Il fut néanmoins incapable de prendre le pas sur cet homme.
Pourtant, il frappa fort.
Il frappa vite.
Il frappa sur des angles différents.
Mais ce Général bloquait chacun de ses assauts avec un timing effarant.
Dents serrées, l'Arrancar se positionna convenablement, regard suintant la haine.
… Pas question.
Pas question de rester bêtement surpris par cette force. Il ne connaissait pas encore exactement tous les rouages de cette force, mais cela …
« — … Désolé, Grimmjow Jaggerjack. Votre rôle a suffisamment duré. Vous devriez utiliser votre avenir de façon moins absurde. »
La voix d'Aryen Kaseren venait de retentir.
Elle annonçait un bien gros problème : sur le sol, Grimmjow finit par repérer un étrange dispositif, comme de petites balises.
Toutes ces dernières se mirent à briller d'un seul et unique éclat, générant ce qui ressemblait à un champ de force grandeur nature, englobant immédiatement l'Arrancar.
À cet instant précis, il ressentit un phénomène bien trop familier : ses forces le quittaient totalement.
Exactement comme s'il se trouvait dans ces étranges bocaux !
Encore ?!
Pas question !
« — Ne paniquez donc pas, tempéra Aryen. Ce champ de force est bien provisoire. Mais je ne peux pas vous laisser interférer beaucoup plus longtemps. Je vais donc vous renvoyer au sous-sol. Privé de votre énergie, vous allez certainement avoir du mal à en sortir. Mais qui sait, peut-être parviendrez-vous à le faire malgré tout ? »
Tout en prononçant ces paroles, Aryen actionna un levier, dont les effets furent quasiment instantanés.
Lentement, le sol sur lequel Grimmjow se tenait descendait vers un étage inférieur, comme s'il ne s'agissait finalement que d'une trappe menant à des sous-sols tortueux et inhospitaliers.
« — Cela devrait être notre dernière conversation, Grimmjow Jaggerjack. Vous avez été un spécimen turbulent jusqu'au bout.
— CONNARD ! REVIENS-LA ! »
Malgré son absence de pouvoir et la faiblesse de son corps, l'Arrancar rebelle redressa la tête et se mit à courir en direction de cet effronté.
Il trouva néanmoins sur sa route cette barrière solide, qui le repoussa aisément en arrière.
« — … Maintenant, nous pouvons officiellement débuter cette dernière phase. »
Aryen Kaseren récupéra quelques fioles lumineuses, situées dans son dos. Hôshi hocha positivement la tête.
Chapitre 36 : Farewells
La nuit tombait déjà sur le Seireitei.
Le flux multiple des événements se faisait clairement ressentir.
Lorsque les pupilles du lieutenant Matsumoto s'ouvrirent, elle ne put que ressentir un poids assez lourd sur les épaules.
Combien de temps … ?
Son sommeil, plus lourd qu'elle ne l'aurait espéré, lui avait toutefois été bien bénéfique. Son corps affaibli par la guerre et le poison du capitaine Kurotsuchi —involontairement cette fois— se portait dorénavant plutôt bien.
Elle ignorait encore beaucoup de choses sur les événements qui se déroulaient à l'extérieur des murs du Seireitei et même de la future organisation qui se profilait ici.
Seule dans la chambre, la belle Shinigami décida néanmoins de se redresser. Rien de notable dans ses mouvements, rien d'inquiétant dans sa condition : voilà le moment parfait pour quitter cet endroit.
Récupérant son shihakusho, placé sur la chaise à côté de son lit, la belle femme se dirigea d'un pas feutré à l'extérieur.
« — Je peux savoir ce que tu fais ?
— Hi ! »
Elle sursauta, prise en flagrant délit.
Il n'y avait pas beaucoup de bruit dans le couloir, signe que la journée se calmait enfin. Mais cette accalmie avait également été utilisée par Hitsugaya Toshirô pour la faire sursauter.
« — C-Capitaine ?! Vous m'avez fait peur !
— Peut-être, mais je t'ai posé une question. Qu'est-ce que tu fais, à sortir de ta chambre ?
— … Vous me surveillez ?
— Et à raison visiblement.
— Mmh. Je vais bien, je cherchais juste Isane ou quelqu'un qui pourrait me renseigner.
— Pour ?
— Bah, partir.
— … Tu es convalescente, Matsumoto. Une personne convalescente doit rester en soins.
— Mais ça va mieux. Je vous l'avais déjà dit. D'ailleurs, vous auriez pu rester avec moi au lieu de partir et ensuite revenir devant ma porte.
— Aucune importance, railla Toshirô. Retourne te reposer et un point c'est tout. On aura besoin de tout le monde dans les prochains jours.
— Je n'ai rien suivi de ce qu'il s'est décidé, lâcha Rangiku. Vous ne voudriez pas rester avec moi et m'expliquer un petit peu ? »
Elle le regardait avec des yeux faussement implorants.
Toshirô lâcha un faible soupir.
Évidemment, en tant que capitaine de la Dixième Division, ses responsabilités comprenaient la diffusion d'informations utiles à ses troupes.
« — Retourne dans la chambre, je vais te faire un topo rapide.
— Oh c'est gentil et mignon ! »
Et forcément, malgré ses protestations intérieures, la belle femme vint l'enlacer avec sa douceur habituelle.
Quelques minutes plus tard, Rangiku se trouvait simplement assise sur son lit, avec un Toshirô bras croisés et adossé au meuble situé à quelques mètres.
« — … Je vois, murmura Rangiku. Le capitaine-commandant, le capitaine Unohana … on a perdu du monde. »
Et pas n'importe qui, d'ailleurs.
Rangiku se racla la gorge, envisageant directement dans son esprit l'état dans lequel sa pauvre amie, Isane Kotetsu, devait se trouver.
Bien sûr, au cours du combat mené dans le Seireitei, elle avait été mise au courant que lesdits capitaines avaient été vaincus. Mais entre être vaincu et être tué, la marge restait possible.
Ici, plus de place au doute. Plus de place à l'espoir. Il ne restait plus qu'une froide, cruelle et désespérante réalité.
« — Et donc on fait quoi demain ?
— Plusieurs équipes de Shinigamis vont être dispatchées, argua Toshirô. Dans le Rukongai et dans la ville de Karakura. Il va falloir retrouver ce Kaseren et l'éliminer pour de bon.
— … Et donc, pour Ichigo … ?
— … Je t'ai dit ce que je savais, lâcha Hitsugaya. Un clone, un faux ou tout ce que tu veux … c'est ce qui est ressorti des différents rapports. Cela va sans dire, mais il ne participera à aucune des missions.
— On ne sait pas ce que l'ennemi pourrait vouloir en faire, hein ? C'est vraiment cruel de l'emprisonner ici. Je n'ose même pas imaginer ce qu'il doit ressentir maintenant.
— D'un autre côté, on peut encore sauver l'autre Kurosaki.
— … Ça veut dire qu'on en revient à abandonner le « faux » ?
— … L'objectif est d'éliminer Aryen Kaseren. Si jamais on le fait, il est fort probable que ce Kurosaki disparaisse également. »
Ils ne pouvaient pas le faire avec beaucoup d'entrain.
Rangiku Matsumoto connaissait en tout cas suffisamment son capitaine pour deviner que cela ne l'enchantait pas le moins du monde et qu'il avait certainement déjà envisagé d'autres solutions, infructueuses sans aucun doute. Elle poussa un léger soupir, avant de se laisser tomber sur le lit, laissant ses yeux azurés se perdre sur le plafond.
« — Vous ne voulez pas dormir avec moi ce soir ?
— Quoi ? marmonna Toshirô, devant cette question inattendue.
— Il me faut de la compagnie, c'est déprimant d'être toute seule. Et puis vous ne risquez pas de prendre trop de place sur le lit, hahaha !
— N'importe quoi. Je retourne chez moi.
— Vous pouvez m'emmener avec vous !
— Hors de question.
— Allez ! Pas toute seule ici ! Je n'ai même pas un pauvre traversin ! »
Tandis qu'Hitsugaya Toshirô secouait la tête de dépit, face à ces répliques pour le moins ennuyeuses et déplorables, la conversation entre les deux officiers de la Dixième Division approchait de son terme.
Le capitaine se dirigea vers la porte d'entrée et lança un regard sérieux à sa subordonnée.
« — Repose-toi correctement, Matsumoto. Je viendrai sûrement te réveiller demain.
— Je viens de dormir hein, au cas vous auriez déjà oublié. Je fais quoi durant les trois prochaines heures ?
— Si tu t'ennuies, je peux toujours te ramener de la paperasse que tu dois rattraper, marmonna Toshirô.
— P-Pardon ?! Je suis convalescente, je vous rappelle !
— Alors repose-toi.
— N-Non mais il y a une différence, là ! Hééé ! Ne partez pas !
— Ne fais pas trop de raffut, je te rappelle qu'il y a des blessés et des personnes qui ont sûrement perdu des proches lors de l'attaque. »
Elle soupira face à cette intransigeance.
Finalement, pas le choix. Elle irait s'ennuyer en priant pour que les choses s'améliorent pour les jours à venir.
Mais même si Rangiku Matsumoto était d'un naturel plutôt optimiste, ce futur ne s'annonçait définitivement pas sous les meilleurs auspices.
L'océan glacial pouvait s'apparenter à d'obscures Ténèbres, vers lesquelles plonger et continuer de sombrer n'offrirait qu'un lot grandissant de désespoir.
Pourtant, Ichigo Kurosaki n'hésita pas davantage. Une fois son corps au cœur de cette eau froide, le rouquin poursuivait sans relâche son objectif.
Il ne voyait pas, il n'entendait pas.
Cette eau lui paraissait lourde, mais il n'avait pas l'impression qu'elle l'empêche réellement de respirer.
Comme dans son propre Monde Intérieur, cette eau ne devait être qu'un symbole, davantage une énergie spirituelle qu'un phénomène physique réel.
Cela dit, Ichigo ressentait tout de même un froid et une lourdeur de plus en plus importants, au fur et à mesure qu'il s'enfonçait au cœur de cet océan.
Rukia.
Il ne la distinguait toujours pas.
Il ne savait pas exactement où la retrouver.
Mais il devait poursuivre son chemin.
Il ne céderait pas avant de le faire.
Parce que se retourner maintenant ne lui apporterait rien.
Il n'avait plus rien. Il n'existait que par la volonté cruelle de cet homme.
Son passé était celui d'un autre. Alors la seule chose qu'il pouvait accomplir, résidait dans le fait de réparer les fautes commises depuis sa véritable naissance.
Il devait la sauver.
Il s'agirait de la seule bonne action valable de son existence.
La descente au cœur de ces abysses s'étendait.
Le corps du rouquin tremblait, frigorifié et toujours plus lourd.
Mais il ressentait enfin un changement. Son regard ambre tomba alors sur ce qui ressemblait à un énorme bloc de glace, un iceberg piégé sous les tréfonds de ces eaux glaciales.
« — Rukia ! »
Sa voix, étouffée par la pression de l'eau, ne donnait même pas l'impression de porter.
Serrant les dents, le Shinigami Remplaçant chercha à droite, à gauche, la silhouette fluette de la jeune femme.
Et effectivement, en se rapprochant, en dépit d'une luminosité toujours plus déclinante, il finit par la distinguer, piégée au milieu de la glace.
Première approche : l'unique qu'il connaissait, certainement. La méthode frontale.
Serrant les dents et rassemblant toutes ses forces, le rouquin asséna un violent coup d'épée à l'épais bloc de glace. Il ne suffisait pas. Alors il frappa de nouveau, encore et encore.
À chaque coup donné, Ichigo ressentait quelque chose de toujours plus lourd sur son corps.
Comme si le froid environnant prenait le pas, progressivement, sur son être tout entier.
Pas question de perdre contre ce genre de choses.
« — Réveille-toi, Rukia … ! »
Un autre coup d'épée, toujours plus violent.
« — Il y a encore des gens qui t'attendent, là-haut … ! »
La glace ne donnait pas l'impression de faiblir.
Mais il n'abandonnait pas.
Il ne comptait pas le faire, pour l'unique bataille qu'il livrerait réellement.
« — Rukia … ton Zanpakutô a dit que tu t'en voulais. Mais … je ne sais pas de quoi tu peux t'en vouloir. Tu n'as rien fait de mal. Tu m'as sauvé à de nombreuses reprises … alors laisse-moi réellement te rendre la pareille. »
Keita Haga — Ever Present Feeling
Un son lointain.
Mais un son qui se répétait un peu trop.
Comme si quelqu'un frappait à la porte de chez elle, sans qu'elle ne puisse bouger.
Oui …
Rukia Kuchiki entendait un son qui l'empêchait presque de fermer définitivement les yeux.
Pourquoi ?
Pourquoi s'en voulait-elle à ce point ?
Pourquoi refusait-elle de ressentir le monde ?
Elle l'ignorait.
Elle ne saurait donner une réponse tranchée.
Elle pensait pourtant avoir réussi à surmonter cela lors de ses précédentes batailles, encore récemment contre Ichigo lui-même.
Mais peu importait les efforts fournis, Rukia Kuchiki ne voyait dans le reflet de cette glace que les mêmes images qui repassaient.
Ses échecs. Les uns après les autres. Des échecs qui se multipliaient, qui faisaient souffrir ses proches.
Une rédemption contre l'Espada ? Face à Ichigo, sous l'emprise d'Aryen ?
… Cela n'avait ramené aucun mort.
Cela n'avait permis aucune absolution.
« — Rukia. Les petits discours pour remonter le moral, c'est toi qui devrais les faire. Alors … si tu pouvais au moins suivre tes propres conseils. »
Il frappa encore plus fort, son sabre s'entourant d'une énergie plus intense.
Elle ferma encore davantage les yeux, pour refuser la réalité.
Il n'abandonnerait pas, jusqu'à atteindre son objectif.
Elle refusait de l'entendre.
Il l'appelait encore plus longtemps.
Il n'existait qu'une seule personne aussi insistante …
« — Tu es toujours aussi têtue, hein … ? »
Affaibli, Ichigo Kurosaki ne pouvait plus bouger convenablement.
De la glace recouvrait de plus en plus son corps.
… Si elle ne l'écoutait pas …
Serait-elle sauvée ?
Ou bien cela ne serait qu'un crime de plus commis sur son registre ?
Ichigo Kurosaki souleva de nouveau son Zanpakutô.
« — Je ne sais pas ce qui te retient continuellement, Rukia … mais puisque tu n'as rien de mieux à faire visiblement … tu vas devoir m'écouter. »
Il frappa fort.
Le son résonna davantage dans ses tympans.
« — … Je ne suis pas ''Kurosaki Ichigo'' … je suis un faux, créé par Aryen Kaseren. Je t'ai blessée, sous cette forme. Désolé. »
… Il s'excusait ?
Il n'en n'avait pas besoin …
« — … Je vais bientôt disparaître. Je le sais très bien. Et … ça fait peur. »
Elle tressaillit.
Elle n'avait jamais été capable d'endurer la souffrance des autres.
Ichigo Kurosaki ne le disait pas souvent.
Mais cette perspective l'effrayait.
« — Tôt ou tard, je vais disparaître, parce que je n'appartiens pas à ce monde. Je n'appartiens à aucun monde. »
… Arrête.
« — … Je te mentirais, si je te disais que je le ferai sans regret. Même si je suis un faux … j'aime ma famille et mes amis. Je voudrais prolonger ce temps avec eux. Revoir la clinique, Ishida, Inoue, Chad et les autres … »
Ichigo Kurosaki n'agitait plus son sabre.
Progressivement, la glace avait pris le dessus sur une bonne moitié de son corps, en commençant par le bas. Pourtant, il parlait maintenant avec une clarté facilement audible.
« — … Et toi aussi, Rukia. Me disputer avec toi, t'entendre râler, critiquer mes mauvaises manières ou celles de Renji … j'aimerais pouvoir y assister. »
Arrête.
« — … Alors tu comprends. Je suis venu ici pour deux raisons. La première, c'est te sauver. »
… Elle ne voulait pas l'entendre.
« — … Et la deuxième, c'est pour te dire adieu. »
Le regard améthyste de Rukia s'ouvrit faiblement.
Tous deux n'étaient séparés que par une couche de glace, mais cet instant furtif fut amplement suffisant. Ichigo Kurosaki élargit vivement son regard.
« — I… Ichi … »
Elle éprouvait des difficultés à parler, même dans son propre Monde Intérieur.
Cela ne fit qu'arracher un faible sourire au Shinigami Remplaçant.
Hideyuki Fukusawa — Moonline
« — T'en as mis du temps à te réveiller, râla le rouquin.
— Ichigo … Ichigo … ! »
Elle revenait progressivement à la réalité.
Une partie du corps gelé du Shinigami Remplaçant commençait déjà à se désagréger, d'où l'alerte sonnée par la petite Kuchiki, qui ne comprenait que trop bien ce qui se déroulait.
« — … Oh, ne t'inquiète pas pour ça. Je t'ai déjà dit que j'allais disparaître, tôt ou tard. »
Il avait aussi dit que la perspective l'effrayait.
Mais cela passait maintenant en second plan.
Face à sa propre perte, Ichigo Kurosaki venait aussi de sortir un proche d'une potentielle tombe. Finalement, il était plutôt gagnant. Il ferma lentement les yeux, se raclant la gorge pour éviter de céder face à ses propres émotions.
« — … À plus tard, Rukia, souffla-t-il.
— Crétin ! s'égosilla la brunette derrière. Remonte à la surface ! Tu peux encore le faire ! Je vais sortir de là ! »
Il ne bougea pourtant pas davantage.
De son côté, elle, finit par céder face à sa propre faiblesse et ses propres larmes.
« — Ichigo ! »
Son appel teinté de désespoir et de tristesse résonnait.
La glace commençait à se fissurer, sur l'iceberg.
Mais il était trop tard.
Encore !
« — Ne tire pas cette tête, lâcha le rouquin. S'il y a encore quelqu'un que tu peux sauver, ce n'est pas moi. Il t'attend là-haut, plus que n'importe qui d'autre. Je suis bien placé pour le savoir. »
Le corps de Kurosaki Ichigo finit pratiquement par être recouvert de cette glace froide.
Même ses faibles et discrètes larmes y furent scellées, avant de disparaître progressivement dans les abysses, se désagrégeant au passage.
« — Ichigo ! »
À la surface, Sode no Shirayuki releva la tête.
Le monde changeait, tout autour d'elle.
La neige, si insistante, déclina progressivement. La visibilité si médiocre devint nettement plus claire, à commencer par le ciel qui se vidait de ses sombres nuages. Au-delà, trônait une lune blanche immaculée, qui éclairait de plus en plus un monde toujours en proie au désespoir.
« — … Je vous remercie, Kurosaki Ichigo. Vous avez réussi à la secourir. »
Il n'y avait pas besoin d'épée.
Il n'y avait même pas besoin d'être le « véritable » Kurosaki Ichigo.
Parce que si son existence était falsifiée, ses sentiments et ses motivations brûlaient du même éclat que l'original.
Sous ce clair de lune, Rukia Kuchiki émergea hors de l'eau, tête la première, complètement trempée, les larmes et l'eau se mêlant sur son visage. Essoufflée, elle éprouvait des difficultés à reprendre une respiration normale.
« — C'est … »
Son regard humide se leva sur cette lune blanche.
« — Ce n'est qu'un au revoir, Ichigo … »
Elle devait s'en faire la promesse.
Quand bien même elle ne paraissait pas crédible.
Ils ne pouvaient pas être séparés ainsi.
Preview du Prochain Chapitre
Rangiku Matsumoto : Woaw ! C'est trop romantique !
Rukia Kuchiki : A-Ah bon ? Tu trouves ?
Toshirô Hitsugaya : Bof. Trop de temps d'antenne à ma place. Même si je suis choqué d'en avoir autant aujourd'hui.
Ichigo Kurosaki : Donc je suis « mort » parce qu'il faisait trop froid. Alors que j'ai affronté Kenpachi, Aizen, Byakuya, Grimmjow, Ulquiorra et tout en survivant. Mais oui c'est logique.
Rukia Kuchiki : Je t'en prie, ne commence pas à faire le rabat-joie.
Ichigo Kurosaki : Je suis mort à cause de toi d'ailleurs !
Rukia Kuchiki : Oh ça y est ! Bah tu n'avais qu'à pas venir ! J'allais bien finir par me réveiller !
Toshirô Hitsugaya : Matsumoto. Comment s'appelle le prochain chapitre ?
Rangiku Matsumoto : Heu … je ne sais pas trop, en fait.
